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Augmentation de l’insécurité alimentaire en zones pastorales suite à une soudure atypique

  • Perspectives sur la sécurité alimentaire
  • Niger
  • Juillet - Décembre 2014
Augmentation de l’insécurité alimentaire en zones pastorales suite à une soudure atypique

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  • Messages clé
  • Contexte Nationale
  • Zones de Préoccupation
  • Evénements qui Pourraient Changer les Scenarios
  • Messages clé
    • Dans les zones pastorales, la période de soudure se prolonge et persiste en juillet avec la médiocrité des pâturages et les pénuries d’eau. Le niveau de l’insécurité qui est en Crise (IPC Phase 3) en juillet pourrait évoluer en Stress (IPC Phase 2) en août et en Minimal (IPC Phase 1) en septembre jusqu’en décembre si la bonne pluviométrie qui s’observe en fin juillet se maintienne jusqu’en fin septembre 2014.
    • Dans les zones agricoles et agropastorales, l’ampleur d’insécurité alimentaire des ménages, qui persiste, globalement en Stress (IPC Phase 2) n’a pas connu une augmentation à la faveur des assistances alimentaires du gouvernement et des actions humanitaires des partenaires. Toutefois, si le faible niveau de financement du plan national de soutien persiste, l’ampleur de l’insécurité alimentaire pourrait atteindre Crise (IPC Phase 3) dans des zones localisées.
    • Les résultats des analyses sur les prévisions des pluies indiquent une situation pluviométrique globalement moyenne pour les pays du Sahel dont le Niger. Toutefois, ces résultats aussi de fortes probabilités d’occurrence de séquences sèches plus longues prévues pendant la phase de reproduction des cultures, ce qui laisse présager des déficits possibles de rendements agricoles dans les zones à semis tardifs.

    Contexte Nationale
    Situation actuelle

    Progrès de la saison agricole et pastorale

    Le démarrage de la saison agricole a été précoce cette année comparée à la campagne précédente et à ce qui est typique. Toutefois, les premières pluies enregistrées en mai ont été suivies de longues périodes de sécheresses qui ont occasionné des pertes de semis sur la plus grande partie des superficies plantées. Après cette rareté observée jusqu’à la troisième semaine de juin, les pluies sont devenues régulières et importantes en juillet mais le cumul saisonnier est encore déficitaire en comparaison avec la moyenne. Le retour des précipitations a permis une amélioration des semis dont le taux de réalisation est de 89 pour cent contre 94 pour cent en 2013 et 95 pour cent en moyenne pour la période. Les taux de semis les plus élevés sont enregistrés dans les régions de Niamey, Dosso, Maradi, Tillabéry et Tahoua où 100 pour cent des villages ont semés suivis de Zinder avec un taux de 78 pour cent. La région de Diffa enregistre, le taux le plus faible de 41 pour cent contre 64 pour cent de semis en 2013 à la même période. Toutefois, selon les dates moyennes de semis établies par l’Agrhymet et la Direction des Statistiques agricoles, la situation actuelle de la campagne dans cette région est encore moyenne même si pour l’instant aucun village agricole du département de Nguigmi n’a enregistré de semis à la date du 20 juillet 2014 à cause du manque de pluies.

    Le développement phénologique des cultures est dominé par la levée avancée avec toutefois des stades plus avancés de floraison-grenaison observés dans certaines localités des départements de Gaya et Dogon Doutchi.

    En ce qui concerne la situation phytosanitaire, elle est globalement calme. Toutefois, des attaques d’insectes floricoles dans les départements de Gaya, Falmey, Dioundiou, et Tibiri ( 1760 ha infestés dont 444 ha traités) et de criocères dans les communes de Dan Issa et Djirataoua (152 ha infestés dont 98,5 ha traitées) sont observés sur le mil au cours de la deuxième décade de juillet. Dans les départements de Kantché, Dungass, Magaria et Mirriah, des attaques des pucerons sont enregistrées sur le niébé et l’arachide au stade levée et de croissance pendant la deuxième décade de juillet.

    Dépit de la situation agricole, il y’a toujours des préoccupations liées à la situation pastorale dont le manque de pâturages et la pénurie d’eau ont plongé les animaux et les populations en zones pastorales dans des difficultés alimentaires. Cela se manifeste par une dégradation des principaux moyens d’existence dans la zone, notamment les animaux et la production et la vente des produits d’élevage (lait et beurre).

    Les disponibilités en pâturage et en eaux en zones pastorales sont très faibles surtout dans les zones ayant enregistré des déficits de production fourragère comme celles de Abalak, Nguigmi, Aderbisnat et Nord Dakoro. Cette situation se traduit par un début précoce, depuis février, et prolongé de la soudure dans ces zones pastorales surtout avec la perturbation de la transhumance causée par la crise sociopolitique au Nigéria. Dans les zones à excédents fourragers, la pression sur le disponible fourrager suite à l’arrivée des troupeaux des autres zones a accéléré l’épuisement des pâturages. L’embonpoint des bovins et ovins est médiocre voire critique dans les zones de concentration situées au Nord Dakoro, Abalak, Aderbisnat, Ingal et Nguigmi avec quelques mortalités d’animaux enregistrés particulièrement par les ménages pauvres n’ayant pas de moyens suffisants pour assurer la disponibilité des aliments bétail et l’eau d’abreuvement.

    Avec l’amélioration significative de la situation pluviométrique au cours de ces deux dernières décades de juillet, on assiste à une émergence du tapis herbacé et la formation des points d’eaux dans la zone pastorale, ce qui va engendrer une installation des conditions pastorales favorables dans les deux à trois décades à venir.

    Situation des marchés céréaliers et bétail

    La situation des marchés de céréales est caractérisée par un approvisionnement normal en produits alimentaires. Les offres sont assurées aussi par les commerçants importateurs et les producteurs excédentaires qui ont commencé le déstockage de leurs propres stocks résiduels avec l’installation de la campagne hivernale. Les flux commerciaux de céréales fonctionnent normalement sauf ceux du Nigéria en direction de la région de Diffa qui continuent suivre un circuit plus long compte tenu de la persistance des problèmes sécuritaires sur les axes routiers traditionnels.

    La demande des produits alimentaires devient de plus en plus forte avec le retour des exodants saisonniers, des transhumants, les travaux champêtres et, le Jeun du Ramadan. Mais elle est quelque peu atténuer par les opérations de distributions gratuites de vivres conduites dans le cadre du programme social du gouvernement. Cette situation est consécutive aux opérations de vente à prix modéré et des distributions gratuites ciblées qui ont permis d’augmenter les offres de céréales et diminuer la demande des ménages pauvres sur les marchés.

    Les prix moyens nationaux du mil, du sorgho et du maïs sont respectivement en baisse de 11 pour cent, 9 pour cent et 8 pour cent en juin 2014 par rapport à la même période de 2013. Ces mêmes produits sont restés stables à hausse de 1 à 8 pour cent par rapport la moyenne et au mois passé. Toutefois, des hausses significatives des prix sont observées sur les marchés de Diffa (19 pour cent), de Nguigmi (19 pour cent) et d’Ingal (20 pour cent) pour le mil par rapport à la moyenne quinquennale. La hausse du prix de mil à Diffa et à Nguigmi, est liée au problème sécuritaire du Nigéria qui a non seulement diminué le flux transfrontalier mais aussi augmenté les frais de transport avec le changement observé dans le circuit commercial. Quant à la hausse du prix du mil à Ingal, elle fait suite à une demande des transhumants qui ont amorcé la monté vers les zones pastorales avec l’installation de la campagne agricole. Dans les mois avenirs (août-septembre), les prix pourraient connaitre une hausse normale avec l’épuisement progressif des stocks commerçants et des ménages ayant pour conséquence une faible offre sur les marchés. A partir d’octobre, les prix vont connaitre une baisse avec les nouvelles récoltes qui vont augmenter l’offre sur les marchés et diminuer la demande des ménages mais plus forte chez les commerçants.

    Sur les marchés à bétail, malgré la dégradation de l’embonpoint des animaux occasionnée par le faible niveau du pâturage, les prix sont restés globalement élevés par rapport à la moyenne suite à une forte demande de consommation de viande liée au Ramadan. Les prix moyens nationaux du taureau, du bélier et du bouc sont en hausse en juin 2014 jusqu’au 23 pour cent par rapport à la moyenne et à la même période de 2013. Toutefois, les prix des animaux ont enregistré des baisses de 59 pour cent pour le bouc et 52 pour cent pour le bélier à Diffa, et 28 pour cent pour le taureau à Tchirozérine comparativement à la moyenne de la période à cause de la diminution de la demande à l’exportation vers la Libye et le Nigéria.

    Accès alimentaire des ménages

    Les opérations de distributions gratuites et de blanket-feeding, les cash transfert en cours dans les zones vulnérables au bénéficie des ménages en insécurité alimentaire contribuent à améliorer l’accès alimentaire des ménages et éviter une dégradation de la situation alimentaire malgré les prix élèves. Les assistances alimentaires relatives aux distributions gratuites et aux ventes à prix modéré ont renforcé l’accès alimentaire mais n’arrivent pas à couvrir les besoins alimentaires des ménages dont près de 80 pour cent sont localisés dans les régions de Diffa, Tillabéri et Tahoua qui sont aussi les principales zones d’accueil des refugiés et retournés maliens et nigérians.

    Dans la zone pastorale, les animaux auxquels font recours les ménages en cas déficit alimentaire pour assurer leur sécurité alimentaire présentent un embonpoint médiocre avec la rareté des pâturages en juillet. Les prix pour l’entretien des animaux ont presque doublé par rapport à la moyenne. Les ménages pauvres de la zone pastorale ont procédé à des ventes de détresse à des en signifiant baisse que les prix normaux du marché pour assurer la survie des animaux et des ménages. Malgré ces ventes massives, certains pauvres des zones situées au Sud Agadez, Nord Dakoro, Centre-ouest Tahoua et Nord Diffa, n’arrivent en juillet à accéder aux quantités suffisantes de céréales pour leur consommation alimentaire.

    Situation nutritionnelle

    L’analyse de la situation nutritionnelle basée sur les tendances évolutives des admissions des enfants malnutris dans les centres de récupération nutritionnels fait ressortir au niveau national une baisse de 14 pour cent en juin 2014 par rapport à mai 2014 et de 11 pour cent par rapport à la même période de 2013. Cette amélioration peut faire suite aux opérations de blanket feeding conduites depuis mai et qui continuent jusqu’en septembre/octobre.

    Cependant, comparé à la moyenne quinquennale, le nombre des cas d’admission dans les centres montre une dégradation significative de la situation nutritionnelle avec une hausse moyenne nationale de 33 pour cent. Les hausses les plus importantes sont enregistrées dans les régions de Maradi, Diffa et Tillabéri où les hausses dépassent les 40 pour cent. Cette situation serait liée à une augmentation des centres de réhabilitation nutritionnelle et donc une intensification des activités de prises en charge intégrées de la malnutrition pour dépister plus d’enfants. Toutefois, l’épuisement progressif des stocks paysans et la faible diversification des aliments pourraient contribuer à l’augmentation des cas d’admission des enfants malnutris observé en juillet.

    Suppositions

    Les scenarii les plus probables de la sécurité alimentaire de juillet à décembre 2014 se basent sur des suppositions fondamentales par rapport à l’évolution du contexte national, qui sont:

    • La demande sur les marchés sera en augmentation suite à un accroissement du nombre des ménages et au Jeun de Ramadan en juillet/août.
    • Une disponibilité suffisante des produits est attendue sur les marchés où les offres seront assurées par les commerçants avec des produits sur les marchés qui sont majoritairement importés du Burkina Faso, Benin, Nigéria, et Mali. Les pays sources d’approvisionnement (Benin, Burkina Faso et Mali) seront plus importants que la normale pour combler les déficits de la disponibilité céréalière sauf les flux en provenance du nord-est Nigéria.
    • Les prix évoluent selon la tendance saisonnière mais restent toujours plus que la moyenne quinquennale. Et même avec cette tendance saisonnière, les marchés moins chers (Maradi) peuvent afficher environ 250 FCFA le kilo de mil et les marchés plus chers sont susceptibles d’afficher environ 350 FCFA le kilo de mil en juillet-août 2014.
    • Le plan de soutien du gouvernement pour la période du scénario ne sera pas exécutée comme prévu suite à un problème de financement, et certains volets de ce plan seront exécutés partiellement, y compris les ventes à prix modérés et les distributions gratuites ciblées.
    • Les prévisions saisonnières des pluies ont projeté des cumuls pluviométriques globalement normaux dans la zone agricole et pastorale du Niger, ce qui laisse entrevoir une campagne agricole satisfaisante en perspective pour la saison 2014/15.
    • Les récoltes des cultures irriguées de riz en saison pluvieuse auront lieu en décembre et comme il n’ya pas eu de choc majeur durant cette campagne la production sera moyenne et va renforcer la sécurité alimentaire des ménages des zones riveraines.
    • La campagne agropastorale devrait se dérouler normalement selon les résultats des prévisions saisonnières des pluies. La demande et prix de main d’œuvre pour les travaux d’entretien et les récoltes des cultures pluviales et des cultures irriguées seront normaux dans les zones productrices en juillet-septembre 2014 à la faveur des conditions pluviométriques estimées favorables pour la campagne agricole.
    • Les ressources pastorales resteront en dessous de la moyenne jusqu’en juillet dans les zones affectées par le déficit fourrager. Les eaux de surface seront suffisamment disponibles pour les animaux en août-septembre et la disponibilité fourragère sera importante dans les zones pastorales à la faveur d’une saison de pluies estimée normale.
    • La production et la consommation de lait seront normales en août-septembre 2014 grâce à la reprise de ressources pastorales.
    • Les prix des animaux vont rester stables jusqu’en juillet mais vont connaitre une hausse normale à partir de août jusqu’en septembre 2014 à la faveur de l’amélioration de l’embonpoint des animaux et une forte demande d’embouche pour la Tabaski en août-septembre. Les termes d’échange animaux/céréales seront en baisse de 15 à 30 pour cent par rapport à la moyenne en juillet 2014 mais seront normaux à hausses en août-septembre 2014.
    • En novembre-décembre la migration et les revenus des transferts seront normaux à supérieurs suite au nombre plus élevé des exodants vers les centres urbains du Niger et vers les pays traditionnels d’accueil où les conditions économiques et politiques se sont améliorées à l’exception du Nord-est du Nigéria et de la Libye qui seront moins attrayant à cause des crises sociopolitiques dans ces pays.
    • La situation nutritionnelle, avec l’épuisement total des stocks céréaliers des ménages, la fin des cultures irriguées, les fortes prévalences des maladies saisonnières (paludisme, choléras, méningite), il faut s’attendre à une détérioration typique saisonnière de la situation nutritionnelle en juillet-septembre. Des cas d’admission atypiques peuvent être enregistrés dans certains centres de ces localités mais qui ne sont pas forcément liés à un problème alimentaire mais surtout à des comportements liés aux travaux champêtres pendant lesquels les soins aux enfants diminuent au profit des préoccupations de production agricole.
    Résultats les plus probables de la sécurité alimentaire

    Entre juillet-septembre 2014, les achats de céréales sur les marchés vont constituer la principale source d’approvisionnement en céréales pour les ménages pauvres. Durant cette période, les assistances sous forme de distributions gratuites et de blanket feeding ainsi que les ventes à prix modéré vont renforcer les disponibilités sur les marchés et dans les ménages pauvres qui seront en Stress (IPC Phase 2) en juillet-septembre. Ces ménages seront surtout localisés dans les départements agricoles et agropastoraux de Mainé Soroa, Diffa, Gouré, Mayahi, Illéla, Keita, Bouza, Tchintabaraden, Loga, Filingué.

    Toutefois le nombre plus élevé que la moyenne de ménages dépendant des assistances va entrainer une insuffisance dans la couverture des besoins de consommation. Suite aux niveaux élevés des prix des céréales, les déficits ne seront pas comblés par les achats sur les marchés au niveau des ménages pauvres des zones agricoles et agropastorales ainsi que ceux des zones pastorales des départements de Ouallam, Tahoua, Abalak, Tchirozérine et Nguigmi en juillet et même en août 2014. Leur insécurité alimentaire aigue va se situer en Crise (IPC Phase 3) en juillet-août 2014.

    En septembre-décembre 2014, les récoltes vont commencer et se terminer avec des résultats moyens. Le recours aux marchés va diminuer selon la tendance normale et les prix des céréales vont évoluer selon la tendance saisonnière se traduisant par des niveaux presque identiques à la moyenne. Les sources de revenus vont se comporter normalement, sauf les prix d’animaux qui vont profiter de leur bon état d’embonpoint et de la forte demande consécutive aux besoins d’embouche pour la Tabaski. Cette situation va se traduire par une amélioration de la situation alimentaire dans les zones pastorales qui vont évoluer vers une insécurité alimentaire aiguë Minimal (IPC Phase 1), sauf dans certaines zones de Diffa où la baisse significative des revenus des ventes des animaux à l’exportation va maintenir les revenus des ménages pauvres à un niveau seulement suffisant pour les dépenses alimentaires.


    Zones de Préoccupation

    Dans la zone pastorale de Nguigmi

    Dans cette zone où la pluviométrie varie de 100-200mm, l’économie repose essentiellement sur l’élevage. Les pauvres et très pauvres disposent en moyen de 1-2 gros ruminants, 4-6 petits ruminants et quelques têtes de volailles. Les principales sources de revenus portent sur la vente d’animaux, la vente de produits animaux, le gardiennage de troupeau, la vente de bois/charbon, la vente de la paille et les transferts des exodants. Les aliments consommés proviennent des achats, de leurs propres produits animaux, des dons/Zakat et des payements en nature. Les dépenses des ménages sont constituées par les achats de vivres (mil et sorgho), les achats de nourriture pour les animaux en avril-mai-juin, les remboursements des crédits et les dépenses sociales (fêtes et autres événements sociaux).

    Situation actuelle

    La situation des ménages actuelle est caractérisée par :

    • Un épuisement globale du pâturage et un retard dans l’installation de la campagne pastorale dans la zone ;
    • Une forte concentration des animaux continue de s’observer au bord du lac Tchad suite l’arrivée des troupeaux du Nigéria et la perturbation de la transhumance transfrontalière ;
    • Les eaux pour l’abreuvement des animaux ne sont pas encore reconstituées, ce qui conduit les animaux vers les puits pastoraux, les forages ou le Lac Tchad ; et
    • Une dégradation de l’embonpoint des animaux plus forte que normale due au déficit fourrager avec pour corollaire une baisse significative de la valeur marchande des animaux.

    Pour les marchés, ils sont caractérisés par :

    • Un approvisionnement des marchés par le maïs local pendant que le mil et le sorgho (d’autre principale aliments de base) proviennent essentiellement du Nigéria où le problème sécuritaire conduit à un dysfonctionnement des circuits normaux ;
    • Une hausse des prix du mil de 19 pour cent en juin 2014 par rapport à la moyenne quinquennale liée en part à l’insécurité civile au Nigéria qui entrave les échanges commerciaux entre la zone et le Nigéria ;
    • Une diminution des exportations des camelins vers la Libye de plus de 30 pour cent par rapport la normale ; et
    • Compte tenu du fait que les animaux, surtout les taureaux affaiblis par le déficit en alimentation, ne peuvent marcher pour atteindre les marchés hebdomadaires, les ventes s’opèrent dans la zone, dans les villages à des prix variant entre 25 000 et 50 000 FCFA par tête contre plus 200 000 FCFA normalement.

    La situation des moyens d’existence est marquée par :

    • Une baisse des termes de l’échange animaux/mil en juin 2014 de plus de 50 pour cent par rapport à l’année passée à la même période ;
    • Une baisse de plus de 40 pour cent des transferts des exodants par rapport à la moyenne suite aux problèmes sociaux dans les pays de migration (Nigéria et Libye) ;
    • Une normalisation des revenus du gardiennage des troupeaux suite à une forte demande occasionnée par la présence de plus d’animaux dans la zone ;
    • Les revenus tirés de la vente de paille sont moyens à la faveur d’une compensation de la baisse des quantités vendues par un doublement des prix de vente.

    Dans la région de Diffa, le nombre des déplacés est estimé, en Janvier 2014, à 37,332 personnes localisées surtout dans les départements de Bosso, Nguigmi, Diffa et Mainé Soroa. Ces personnes, en provenance du nord Nigéria, sont actuellement passées à environ 70 0000 personnes selon les estimations de l’ONG IRC.

    Suppositions

    Le scénario le plus probable de la sécurité alimentaire décrit de juillet à décembre 2014 se base sur les hypothèses suivantes:

    • Les flux des céréales selon les axes habituels seront perturbés suite au conflit au Nigéria. Ces flux vont toutefois continuer suivant des circuits plus, ce qui va pousser les prix surtout des céréales à la hausse en juillet-septembre.
    • La production moyenne de culture de maïs sur le lac Tchad et celle de mil et sorgho sur les sols en en octobre-décembre vont permettre de stabiliser les prix en octobre-décembre et les prix pourraient même évoluer selon la tendance saisonnière.
    • On s’attend à une amélioration de la disponibilité de fourrages en juillet/août et la situation va se normaliser entre août et septembre pour une réhabilitation en octobre-décembre suivant des pluies qui sont prévues pour être typiques.
    • Entre juillet/août, les prix des animaux seront en baisse à cause de la détérioration de l’embonpoint des animaux. De ce fait et comme les prix des céréales seront en hausse, les termes d’échange vont rester en baisse de 15-20 pour cent par rapport à la moyenne quinquennale.
    • En août/septembre-décembre, l’amélioration de l’embonpoint des animaux et de leur demande pour les fêtes (Tabaski et fin d’année), va provoquer une évolution à la hausse des prix et des termes de l’échange des animaux en regardent des prix des céréales en baisse aussi.
    • Les revenus du gardiennage resteront normaux à cause de la diminution du nombre d’animaux en transhumance.
    • Compte tenu de la saison des pluies normale prévue, une demande et des prix normaux de mains d'œuvre pour les cultures pluviales et de décrue au sud de la région en juillet-septembre 2014 est attendu. Les revenus de la main d’œuvre du poivron et des ventes de paille et bois/charbon sont à leurs niveaux moyens en avril 2014.
    • Une migration sera opérée vers le Lac Tchad où les opportunités économiques sont importantes sur toute l’année à la faveur d’une disponibilité permanente en eaux pour la culture de décrue, les activités de pêche et de transport par pirogues.
    Résultats les plus probables de la sécurité alimentaire

    En juillet/août 2014, les ménages pauvres vont vendre les animaux dans les circuits de commercialisation informels et vont gagner des revenus en signifiant bas que la moyenne. Par rapport à une année moyenne, ils auront moins de transfert d’argent et doivent manger et nourrir leurs animaux à cause du déficit fourrager enregistré dans la zone. Les prix des céréales qui seront plus hauts que la moyenne vont conduire les ménages à un faible pouvoir d’achat avec pour corollaire des déficits de protection de moyens d’existence et la zone reste en Stress (IPC Phase 2) insécurité alimentaire aiguë. Toutefois, il y aura une minorité de ménages très pauvres, qui ont moins d’animaux à vendre et donc qui ne peuvent pas disposer de revenus suffisants pour les dépenses alimentaires. Cette catégorie de ménages pauvres va commencer en juillet/août à éprouver des déficits de consommation et seront en Crise (IPC Phase 3). C’est une minorité de ménages mais avec des proportions importantes dans le département de Nguigmi tout comme dans le Nord Dakoro, Aderbisnat et Abalak.

    Entre août et septembre jusqu’en octobre-décembre, les conditions pastorales locales vont s’améliorer et se normaliser, mais les ruptures des échanges avec la Libye et le Nigéria, qui sont les principaux pays importateurs de bétail de la zone, vont se manifester par une perte importante des revenus des ventes d’animaux et des transferts. Ainsi, même si le nombre de ménages en Stress (IPC Phase 2) va diminuer, une proportion importante de ménages dans cette zone va continuer à minimiser les dépenses non alimentaires au profit des dépenses pour l’achat des aliments de base et resteront en Stress (IPC Phase 2). Toutefois, la période de soudure qui est particulièrement dure et plus longue cette année est aussi marquée par des pertes en têtes d’animaux enregistrées durant les mois de mai, juin et juillet qui concernent surtout les ménages pauvres. De ce fait, les améliorations qui seront constatées à partir du mois d’août et se renforcer pendant la période de septembre jusqu’en décembre 2014, ne vont profiter qu’aux ménages riches qui ont pu sauver leur cheptel de la mortalité grâce aux apports en aliments bétail et en eau d’abreuvement.

     

    Dans la zone agropastorale de Ouallam

    Les moyens d’existence de cette zone du département sont constitués essentiellement des produits de l’agriculture (production hivernale de mil, sorgho, niébé, arachide et voandzou) et de l’élevage (bovin, ovin, caprin, produits laitiers). La pluviométrie est très variable d’une année à une autre entre 400 à 600 millimètres. Les produits de l’agriculture contribuent normalement à plus 40 pour cent dans la couverture des besoins alimentaires des ménages et 18 pour cent dans les revenus des ménages pauvres et très pauvres. Les secteurs de la migration et de la vente de produits forestiers (paille, bois) sont les principales sources dont la majorité des ménages tirent les revenus en cash.

    La situation actuelle se présente comme suit :

    • Une situation agricole caractérisée par des pluies régulières depuis début juillet et qui ont permis de réaliser les semis dans l’ensemble du département. Les cultures et la végétation fourragère sont dans un état de développement phrénologique normal ainsi que les points d’eau pour l’abreuvement des animaux.
    • Suite à une production de mil et sorgho significativement inférieure à la moyenne des cinq dernières années, les stocks céréaliers sont épuisés six à sept mois plus tôt que normale. Les marchés constituent les sources d’approvisionnement en céréales.
    • La mise en œuvre des opérations de distributions gratuites ciblées de céréales aux ménages en insécurité alimentaire se déroule en juillet jusqu’en septembre 2014.
    • Des sources de revenus constituées surtout par la vente de main d’œuvre agricole pour les semis et les travaux d’entretien des cultures en place. Les salaires gagnés sont moyens et se situent entre 1 500 à 2 500 FCFA par jour. 
    • Les échanges commerciaux de céréales et autres produits de rente fonctionnent normalement. Les marches de la zone (dont les plus importants sont Ouallam et Mangaïzé) sont suffisamment approvisionnes. Le mil, le sorgho, le maïs et le riz qui sont les principaux produits céréaliers demandés dans la zone, sont en quantités suffisantes sur ces marchés. Les marchés sources de cette zone sont constitués, comme habituellement des marches des zones excédentaires du Niger notamment ceux de Filingué et Kollo mais les céréales importées du Burkina, du Mali, du Nigéria, du Benin et des pays et qui transitent par la région de Niamey.
    • Le prix du mil en mai 2014 se situe à 295 FCFA le kilo, soit un niveau se situant dans la tendance normale pour cette période.
    • Sur le marché du bétail, on observe un fonctionnement normal des flux commerciaux et les transactions concernent toutes les principales espèces d’animaux notamment les caprins, ovins et bovins. A la faveur d’une demande soutenue des animaux sur les marches de référence de la zone, les prix du taureau et du bélier sont restes hauts de 11 à 31 pour cent par rapport à la moyenne des cinq dernières années.
    • La situation nutritionnelle est caractérisée par une hausse de 14 pour cent des cas d’enfants malnutris admis dans les centres de récupération nutritionnelle en mai 2014 par rapport à la moyenne des cinq dernières années. Ce taux est toutefois égal à celui de l’année passée à la même période et inferieur de 43 pour cent par rapport au mois d’avril 2014.
    Suppositions

    Le scénario le plus probable de la sécurité alimentaire décrit de juillet à décembre 2014 se base sur les hypothèses suivantes:

    • Une situation pluviométrique normale en juillet-septembre avec des conditions favorables à une production agricole moyenne ;
    • La demande et les prix de la main d’œuvre agricole en juillet-septembre pour les travaux d’entretien des cultures et en octobre-décembre pour les récoltes seront moyens ;
    • Les approvisionnements des marches en céréales et en bétail vont suivre une tendance proche de la normale en juillet-décembre ;
    • La demande et les prix du bois et des autres produits artisanaux vendu seront normaux durant cette période du scenario ;
    • Régénération normale des pâturages et reconstitution des points d’eaux pour l’abreuvement des animaux en juillet ;
    • Les programmes annuels d’assistance (des opérations de vente à prix modérés, de distributions gratuites ciblées et de blanket feeding) en juillet-septembre 2014 seront exécutés comme prévus ;
    • L’avènement du Jeun de Ramadan en juillet avec pour corollaire une augmentation de la demande et consommation de céréales ;
    • Suite à une forte demande consécutive au mois de Ramadan et à la fête de fin du Jeun, une augmentation qui va amener les prix des céréales au-dessus de la moyenne sera observer en juillet, aout et septembre avec une évolution vers la tendance saisonnière en octobre, novembre et décembre ;
    • Forte demande d’animaux pour l’embouche en juillet-septembre jusqu’en décembre pour les fêtes de Tabaski en octobre et de fin d’année en décembre ;
    • Hausse des prix des animaux et de la volaille avec pour corollaire une amélioration des termes de l’échange bétail/céréales en août-septembre et une évolution au-dessus de la moyenne en octobre-décembre.
    Résultats les plus probables de la sécurité alimentaire

    Les ménages pauvres et très pauvres vont consommer les aliments achetés en cash avec les revenus de la main d’œuvre agricole et en crédit, des dons religieux en juillet et des assistances sociales et humanitaires en juillet-septembre. Ces ressources combinées seront globalement suffisantes pour couvrir les besoins alimentaires malgré la hausse des besoins alimentaires à couvrir suite au Jeun du Ramadan. Les ménages pauvres seront en insécurité alimentaire Stress (IPC Phase 2) durant cette période de juillet-août où les assistances seront déterminantes dans l’accès alimentaire de ces ménages pauvres.

    En fin août et en septembre, les aliments sauvages (feuilles et fruits sauvages) seront consommés pour compléter les disponibilités alimentaires assurées en grande partie par les assistances mais ne peuvent pas permettre de dégager des ressources pour faire face aux dépenses non alimentaires et d’ailleurs certaines catégories de ménages pauvres ne seront pas en mesure de couvrir leurs besoins alimentaires en juillet-aout sans d éprouver des pertes de moyens d’existence. La situation nutritionnelle va évoluer selon la tendance saisonnière en juillet-septembre 2014, période de pic des hausses normales du nombre des enfants malnutris. Les ménages très pauvres et pauvres seront en Stress (IPC Phase 2) en juillet, aout et septembre 2014 avec toutefois quelques catégories des ménages pauvres, notamment celles ne disposant pas de main d’œuvre, qui seront Crise (IPC Phase 3) en juillet-septembre 2014.

    En octobre-décembre, les productions agricoles estimées normales sur la base d’un déroulement normal du régime pluviométrique, vont améliorer l’accès aux aliments avec la production propre. Les dépenses non alimentaires pourraient être exécutées avec les revenus de la main d’œuvre agricole, de la vente des animaux suite à l’allègement des dépenses alimentaires. L’alimentation des enfants va connaitre des améliorations et seuls les cas liés aux maladies saisonnières pourraient être admis dans les centres nutritionnels et globalement la zone sera en insécurité alimentaire Minimale (IPC Phase 1) en octobre-décembre 2014.

     

    Dans la zone agropastorale de Tahoua

    Dans cette zone les différents indicateurs de sécurité alimentaire continuent à évoluer comme prévus étant donné les hypothèses décrites dans le Rapport d'Outlook d’avril 2014.

    Entre juillet et septembre, les prix des céréales resteront hauts mais les programmes annuels du gouvernement sous forme de vente à prix modéré et de distributions gratuites ciblées ainsi que les transferts des migrants et les revenus de la main d’œuvre locale vont permettre de disposer de moyens suffisants pour couvrir les besoins alimentaires. Toutefois, des insuffisances qui seront constaté dans la couverture des besoins non alimentaires pour les ménages qui seront en Stress (IPC Phase 2) durant les mois de juillet à septembre.

    Entre octobre et décembre, la consommation sera satisfaite par la production propre estimée moyenne et avec les revenus saisonniers la majorité de ménages aura la capacité de couvrir la totalité des besoins alimentaires et non alimentaires. Ces ménages seront en Minimal (IPC Phase 1) insécurité alimentaire aiguë en cette période d’octobre-décembre du scenario.


    Evénements qui Pourraient Changer les Scenarios

    Table 1. Événements possibles dans les six prochains mois qui pourraient changer les scenarios ci-dessus.

    Zone

    Evénement

    Impact sur les conditions de la sécurité alimentaire

    National

    Augmentation de prix des céréales

    • Les difficultés plus grandes à répondre aux besoins alimentaires pourraient conduire à des déficits de protection de moyens d’existence ou des légers déficits de survie attendus dans certains endroits.

    Mauvaise installation de la campagne hivernale 2014-215

    • Rétention des stocks céréaliers par les grands producteurs et les commerçants
    • Baisse des revenus des travaux pour les préparations des champs

    Faible mise en œuvre du plan national d’assistance en juillet-septembre

    • Faible niveau d’atténuation des difficultés alimentaires
    • Persistance des situations d’insécurité alimentaire

    Troubles sociopolitiques supplémentaires au Nigéria avec pour corollaire une amplification des mouvements de populations

    • Augmentation du nombre des refugiés plus que prévu
    • Augmentation de la demande de céréales, de l’offre de la main d’œuvre, et des prix plus important que prévu
    • Pouvoir d’achat moins que prévu avec des déficits de protection de moyens d’existence

    Zone agropastorale de Tahoua

    Forte demande de céréales plus importante que prévu ou

    flux des produits alimentaires limités des pays d’importations

    • Limitation des flux des produits et augmentation des prix des céréales supérieur aux attentes

    Zone pastorale de Nguigmi

    Renforcement des mesures de fermeture des frontières avec le Nigéria

    • Arrêt des flux
    • Augmentations des prix

    Fortes mortalités des animaux plus que prévue par manque de fourrage ou zoo sanitaire

     

    • Diminuer en capacité de négocier pour les besoins alimentaires Dégradation des moyens d’existence

     

    Figures Calendrier Saisonnier pour une Année Typique

    Figure 1

    Calendrier Saisonnier pour une Année Typique

    Source: FEWS NET

    Carte des résultats actuels de la sécurité alimentaire, juillet 2014

    Figure 2

    Carte des résultats actuels de la sécurité alimentaire, juillet 2014

    Source: FEWS NET

    Figure 3

    Source:

    Afin d’estimer les résultats de la sécurité alimentaire pour les prochains six mois, FEWS NET développe les suppositions de base concernant les événements possible, leurs effets, et les réponses probables des divers acteurs. FEWS NET fait ses analyses basées sur ces suppositions dans le contexte des conditions actuelles et les moyens d’existence locaux pour développer des scénarios estimant les résultats de la sécurité alimentaire. D’habitude, FEWS NET prévient du scénario le plus probable. Pour en savoir plus, cliquez ici.

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