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Une période de soudure avec des prix nettement au dessus de la moyenne saisonnière

  • Perspectives sur la sécurité alimentaire
  • Niger
  • Juillet - Décembre 2013
Une période de soudure avec des prix nettement au dessus de la moyenne saisonnière

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  • Messages clé
  • Contexte nationale
  • Zones de preoccupation
  • Evenements qui pourraient changer les scenarios
  • Messages clé
    • Conformément aux previsions meteorologiques, les pluies fortes à modérées enregistrées en fin juin/début juillet ont donné le top départ de la campagne agricole 2013/14 avec des semis réalisés dans 86 pour cent des villages agricoles contre 90 pour cent en moyenne à la même période. Toutefois, dans certaines localités des régions de Zinder, Tahoua et Diffa, les pluies tardives pourraient occasioner de légers retards  dans l’installation de la saison. 

    • L’analyse des prix des céréales locales (mil, sorgho) montrent une tendance saisonnière en hausse typique mais à un niveau moderement au desssus de la moyenne saisonnière à cause des flux atypiques. Cette tendance des prix correspond à des hausses mensuelles extremes de 5 à 10 pour cent par rapport a la normale.  La continuation des hausses atypiques va probablement continuer dans les zones sur la frontiere de Nigeria pour atteintre leur pic en aout. .

    • En mai/juin 2013, 1 123 618 personnes, y compris les réfugiés, ont été identifiées en insécurité alimentaire à l’issue des analyses techniques du Dispositif National chargées des castastrophes et crises alimentaires. Cette situation traduit à une forte diminution de 56 pour cent par rapport au nombre moyen des 5 dernières années. 

    • Suite au déroulement normal de la campagne agropastorale, les revenus saisonniers vont se normaliser et s’ajouter aux revenus en cash et food des programmes d’assistances en juillet-septembre pour atténuer l’impact des prix elevés des ménages pauvres qui seront en insécurité alimentaire minimale (IPC Phase 1) dans la plupart du pays.   Toutefois, à Diffa et Nguigmi, les ménages pauvres vont continuer a se trouver IPC Phase 2 : Stress en juillet-septembre apres une soudure difficile et les prix des denrees de base tres elevees par rapport a normale. La consommation des produits des nouvelles récoltes en octobre-décembre et les différentes formes de payement en nature et en cash vont améliorer significativement l’accès alimentaire et une insécurité alimentaire au niveau IPC Phase 1 Minimale sera observée dans tout le pays à partir d’octobre.


    Contexte nationale
    Situation actuelle

    Après une timidité notée jusqu’en fin mai/début juin, le régime pluviométrique a repris un rythme régulier comparable à la tendance saisonnière principalement dans les régions de Dosso, Maradi, Tillabéri, Zinder et Tahoua. Les pluies sont devenues importantes depuis la fin du mois de juin et début juillet, caractérisé par une nette amélioration de la couverture des semis. Cette situation pluviométrique est conforme aux résultats de la mise à jour des prévisions saisonnières qui prévoient des précipitations normales à légèrement excédentaires pour la période de juillet, août et septembre. Avec des cumuls saisonniers des précipitations, pour le moment, inférieurs aux cumuls moyens estimés pour cette période, on pourrait s’attendre à des quantités de pluies importantes dans les mois d’août et septembre, si les prévisions se confirment.

    Le taux de réalisation des semis est de 86 pour cent au mi- juillet contre 82 pour cent en 2012 à la même période et 90 pour cent en moyenne pour cette période. Des taux  de couverture en semis de plus de 80 pour cent sont enregistés dans les principales régions du Niger avec  100 pour cent à Niamey, 99 pour cent à Dosso, 95 pour cent à Maradi et Tillabéri 85 pour cent à Zinder et Tahoua. Suite aux faibles pluies enregistrées le taux de semis le plus faible, soit 32 pour cent contre 100 pour cent en 2012 à la même période, est enregistré dans la région de Diffa. Toutefois, la situation est encore dans la tendance normale, car selon les dates moyennes de début de la saison établies par l’Aghymet et la direction des statistiques de l’agriculture, il n’ya pas encore d’anomalie notable dans l’installation de la saison des pluies dans cette région de Diffa. Cependant, l’installation de cette campagne pourait être estimée légèrement tardive dans les régions de Zinder et Tahoua où 15 pour cent des villages n’ont pas réalisé les semis à la date du début moyenne de la saison.

    Les conditions d’une bonne couverture des superficies en semis sont renforcées par la mise en œuvre d’un programme d’appui 15,000 tonnes de semences dont 10,000 tonnes de semences contrôlées et 5,000 tonnes de semences de variétés locales contre 10,000 tonnes de semences en 2012.  En juin 2013, près de 8,600 tonnes de semences ont été distribuées à environ 860,000 ménages, soit plus que le nombre de ménages en insécurité alimentaire sévère identifiée lors de l’évalaution de la vulnérabilité alimentaire en mai/juin 2013. Les précipitations enregistrées créent des conditions favorables d’humidité propices aux bons développements végétatifs des cultures de mil, sorgho, niébé et arachide pour lesquelles cette phase d’installation est dominée le stade levée avec cependant la montaison du mil comme stade plus avancé observée dans certaines localités des régions de Dosso et Maradi.

    La situation pastorale se caractérise par une période de soudure qui se déroule normalement jusqu’en fin juillet et par un niveau moyen de l’embonpoint des animaux qui ont un accès typique aux ressources pastorales. Ces ressources sont représentées actuellement par quelques pousses d’herbacées formées suite aux pluies précoces enregistrées en fin avril et au cours du mois de mai dans les régions de Tahoua, Zinder, Dosso, Agadez, Maradi, Niamey et Tillabéri. L’intensité des précipitations, en fin juin a favorisé l’émergence d’une production fourragère, faible, mais émergente dans toutes les zones pastorales des régions. Cependant, à la suite du faible niveau de production fourragère consécutive au retard de l’installation des pluies en zone pastorale, l’alimentation du bétail est principalement composée de pâturage naturel (paille de brousse, herbacées pérennes et ligneux fourragers). Ces aliments sont renforcés par des compléments alimentaires de proximité mis en place à travers un programme conjoint annuel du gouvernement et ses partenaires qui a fournit près de 4 600 tonnes de son de blé, tourteaux, de grains de coton et près de 3 232 tonnes de luzerne enrichie  au maïs au niveau des régions. En zone agricole, l’alimentation est  assurée par la paille de brousse et ligneux fourragers au niveau des enclaves et des massifs forestiers et par les résidus des récoltes et les rejets des arbustes fourragers au niveau des parcs agroforestiers. L’abreuvement des animaux s’effectue, normalement, en grande partie au niveau des points d’eau souterrains (puits cimentés, forages), quelques points d’eau de surface surtout en zone pastorale formés suite aux précipitations enregistrées et des cours d’eau permanents (fleuves, affluents), mares permanentes et semi-permanentes (mares, lacs) en zone agricole et agro-pastorale.

    Les marchés sont caractérisés par un approvisionnement globalement typique à la faveur d’une diversification plus que la normale des sources d’approvisionnement. Les offres de céréales sont aussi constituées par les stocks des coopératives et du gouvernement qui sont en cours de vente à prix modéré, soit 13,000 F à 15,000 F le sac de 100 kg de mil, sorgho ou de maïs contre 25,000 F à 29,000 F sur le marché. Ces disponibilités vont évoluer à la hausse dans les mois d’août et septembre à la faveur des déstockages des commerçants qui seront incités par une allure de la campagne agricole.

    Les disponibilités alimentaires des ménages constituées par les stocks détenus par 20 à 40 pour cent des producteurs, autrement dit les groupes des ménages riches et moyens, disposant de stocks à des niveaux moyens selon les résultats de l’évaluation conjointe FEWS NET/PAM des marchés et stocks conduite en juin 2013. La demande actuelle provient globalement des éleveurs et surtout des ménages pauvres et très pauvres. Cette demande est normale, mais elle est devenue plus forte pour le sorgho qui est  la principale denrée de substitution au mil dont le prix se situe à 259 F le kilo sur le marché de Maradi en juin 2013, soit environ 36 pour cent plus élevé que la moyenne quinquennale.

    Les résultats de la récente mission conjointe FEWS NET/PAM d’évaluation des marchés et des stocks, ont montré que les importations du Nigéria, dont dépend normalement la plus grande partie des offres sur les marchés du Niger, ont significativement diminué cette année. Les régions les plus affectées par cette situation de baisse des flux du Nigéria sont de Maradi, Zinder, Tahoua et Diffa où les ménages dépendent normalement à plus de 80 pour cent des marchés à cette période. Cette situation a engendré un bouleversement des flux se traduisant par un regain d’intensité des flux du Burkina Faso, du Mali et du Bénin qui sont devenus les sources les plus importantes pour l’approvisionnement en céréale des marchés de l’Ouest du pays notamment ceux de Tillabéri et Niamey. Ces flux sont aussi devenus significatifs dans l’approvisionnement des marchés du centre et du Sud-Est en maïs surtout et en sorgho.

    Les prix des céréales locales, surtou du mil, ont atteint un niveau qui dépasse généralement de 30 à 40 pour cent la moyenne des cinq dernières années. Toutefois, la comparaison de ces prix avec la tendance saisonnière normale indique une hausse 11 à 20 pour cent des prix sur les marchés de Maradi, Zinder et Diffa, fortement dépendant du commerce céréalier avec le du Nigéria et une stabilité ou hausse légère sur les  marchés de l’Ouest. Suite à cette situation, le différentiel des prix entre les marchés de l’Ouest et ceux de l’Est est réduit de moitié passant de 30 pour cent normalement à 14 pour cent cette année.  Si cette tendance se poursuit, les prix vont évoluer selon une tendance typique mais à un niveau plus élevé de 15 à 30 pour cent que la tendance normale sur les marchés de l’Est en juillet-décembre et dans cette hypothèse, les prix du mil et sorgho vont atteindre en octobre (période des récoltes) un niveau comparble au niveau de juin (période de soudure). La tendance saisonnière estimée pour les marchés de l’Ouest sera légèrement en dessous de la tendance normale pour le sorgho et légérement au dessus de cette tendance saisonnière normale pour le mil en juillet-décembre.

    Les prix des animaux sont moyens et même supérieurs  à la moyenne des 5 ans passés mais comparés aux prix des céréales plus hauts que leurs tendances saisonnières normales, ces prix permettent aux éleveurs d’acheter 70 à 80 pour cent des quantités de céréales habituellement obtenues avec les prix des mêmes catégories d’animaux.

    L’analyse de la situation nutritionnelle basée sur le nombre des enfants admis pour la malnutrition aigue dans les centres de récupération nutritionnelle montre une hausse en mai par rapport à avril. Le nombre des enfants souffrant de malnutrition aigue était en augmentation de 30 pour cent entre les mois d’avril et mai 2013 liée surtout à l’augmentation de 36 pour cent des cas modérés. Cette dégradation suit la tendance observée normalement à cette période qui coincïde avec le démarrage des opérations de blanket feeding conduites en mai jusqu’en septembre/octobre. Les résultats provisoires de l’enquête sur la malnutrition des enfants de moins de 5 ans, conduite conjointement par l’Etat et les partenaires dont l’UNICEF en mai/juin 2013 ont donné un taux de malnutrition aigue globale de 13,3 pour cent contre 14,8 pour cent en 2012 et 13,5 pour cent en moyenne sur sur les 5 ans passés. Le taux le plus élevés de malnutrition est enregistré dans la région de Maradi avec 16,3. Les autres régions d’Agadez, Tillabéri, Tahoua, Diffa, Dosso, Zinder et Niamey ont enregistré des taux variant entre 11 et 14 pour cent.

    Les résultats de l’évaluation de la vulnérabilité à l’insécurité alimentaire des ménages publiés par le SAP font ressortir une population en insécurité alimentaire estimées à 1 123 618 personnes y compris les personnes déplacées, soit une diminution de 83 pour cent et 56 pour cent respectivement par rapport à 2012 et à la moyenne des 5 dernières années à la même période. Les départements d’Arlit, Agadez Commune (Agadez) ; Diffa département, N’Guigmi (Diffa); Bermo (Maradi); Ouallam, Banibangou (Tillabéri) ; Gouré, Magaria, Zinder Commune (Zinder) regroupent les zones affectées par la dégradation de la situation de sécurité alimentaire entre ces deux périodes de l’analyse. Les pertes des ressources de la migration au Nigéria et en Libye consécutifs aux conflits dans ces deuxpays qui engendrent une baisse du pouvoir d’achat des ménages sont à la base de cette détérioration de l’accès aux aliments pour les ménages pauvres de ces zones.

    Toutefois, les effets conjugués des assistances alimentaires en cours sous forme de vente à prix modéré et distribution gratuite ciblée et la rémunération à des prix normaux à supérieurs de la main d’œuvre agricole permettent d’atténuer les impacts de la hausse des prix des céréales et de combler les déficits alimentaires des ménages. Dans la plupart du pays, les populations sont actuellement en insecurity alimentaire minimale (IPC Phase 1).    Toutefois, suite aux baisses atypiques des revenus des transferts des migrants et de la vente d’aniamux, dans les zones de moyens d’existence de Diffa et Nguigmi, même avec les assistances alimentaires, les ménages ne peuvent pas assurer des dépenses non-alimentaires et restent en IPC Phase 2 : Stress.

    Suppositions

    Le scenario le plus probable de la securite alimentaire de juillet à décembre 2013 se basent sur des suppositions fondamentales par rapport à l’évolution du contexte national, qui sont:

    • Les prévisions sur la situation pluviométrique, favorables avec des cumuls estimés moyens à excédentaires bien répartis dans le temps.
    • Une production agricole et pastorale moyenne à bonne dans la zone agricole et agropastorale du pays.
    • Le statut quo sera maintenu en ce qui concerne l’insécurité civile au Nigéria, avec comme corollaire les pertes des revenus des transferts, la baisse de la demande nigériane en bétail.
    • Dans l’hypothèse d’un déroulement normal de la saison des pluies, le déstockage des commerçants et les flux de céréales vont s’améliorer en août et septembre.
    • Pour le Mali la situation sociopolitique va s’améliorer eu égard aux résultats des négociations de Ouagadougou et on pourrait même assister un mouvement retour d’une partie des populations déplacées avec un début en octobre, soit deux mois après les élections présidentielles.
    • Une demande normale de céréales en septembre-décembre mais avec une forte augmentation en juillet-août à cause du Ramadan.
    • Les prix des céréales évolueront selon une tendance au dessus de la moyenne saisonnière, surtout  entre juillet-août. Les niveaux moderement supérieurs à la moyenne saisonnière pour le mil et le sorgho selon les zones seront atteints suivis d’une stabilité ou diminution des prix à des niveaux élevés. Des baisses de 5 à 15 pour cent suivant la tendance normale seront enregistrées entre août, septembre, octobre globalement. A la suite des opérations de reconstitution des stocks publics et privés en novembre/décembre, une demande normale va entrainer des hausses de 5 à 10 pour cent entre octobre et novembre et novembre et décembre sur les marchés de Maradi et Zinder pour le mil et sorgho. 
    • Dans le centre et l’ouest du pays, les prix des céréales seront plus élevés que la moyenne en juillet, août, septembre, octobre jusqu’en décembre à la faveur d’une forte demande de consommation pendant la période de Ramadan en juillet/août, de l’embouche pour en août/septembre et les fêtes réligieuses et de fin d’année en octobre-décembre.
    • Les élections présidentielles au Mali vont conduire à une paix sociale et politique et une bonne partie des refugiés vont retournés d’ici fin décembre mais le retour des éleveurs n’est pas envisagé compte tenu de l’insécurité résiduelle dans le Nord du Mali. Aussi, les ménages pauvres vont rester pour bénéficier des programmes d’assistance, mais même avec la présence de 6300 personnes venues du Nigéria (depuis avril/mai), leur nombre cumulé ne va pas approcher les 100 000 personnes programmées dans le plan d’assistance humanitaire.
    • La menace des criquets pelerins sera maitrisée et ne vas pas causer des pertes ou dégâts significatifs sur les cultures céréalières en juilet/août/septembre. Des mesures gouvernementales comprenant une veille permanente seront prises pour prévenir les éventuelles invasions pour la campagne agricole 2013-2014.
    • La demande de main d’œuvre pour les travaux d’entretien des cultures sera normale à bonne vu les prévisions prometteuses de la saison des pluies. Ainsi, même avec avec l’hypothèse que le prix du mil le prix de la main d’œuvre journalière évalué à 1500 à 2000 F permet d’acheter 5 à 6 kg de mil en moyenne, soit une quantité de mil supérieure à la moyenne de 4 kg de mil par jour.
    • Une tendance normale à la dégradation de la situation nutritionnelle, surtout dans les zones traditionnellement affectées (Maradi, Zinder), aussi bien que dans des zones normalement en meilleur état nutritionnel, telles que les zones urbaines et peri-urbaines de Diffa.
    • La reconstitution des stocks publics du gouvernement, des coopératives, des commerçants et des éleveurs en novembre-décembre va occasionner une hausse normale de la demande comme normale
    • Avec l’appui des partenaires, les actions de distributions gratuites de vivres, de blanket feeding et de vente à prix modéré vont se dérouler comme dans une année normale où le gouvernement met en place 50 000 à 60 000 tonnes de céréales pour la distribution gratuite et la vente à prix modéré surtout entre juin-août.
    Résultats les plus probables de la sécurité alimentaire

    Pendant la période de juillet à septembre 2013, les assistances interannuelles alimentaires vont assurer la majeure partie des besoins alimentaires des ménages pauvres et avec les revenus des ventes de main d’œuvre agricole locale, de la volaille, des animaux, vont permetrede compléter les ressources alimentaires et faire aux beoins de dépenses non-alimentaires. Une diversification de la consommation alimentaire sera observée à partir d’août et septembre à la faveur de la disponibilité des produits de cueillettte. L’insécurité alimentaire sera globalement au niveau Minimale (IPC Phase 1) en juillet jusqu’en septembre sauf à Diffa et N’Guigmi où suite à la hausse des prix et la baisse des revenus, les ménages pauvres vont orienter l’utilisation des revenus vers les dépenses alimentaires et ne  pourront pas assurer les dépenses de protection des moyens d’existence.  Ils seront en IPC Phase 2 « stress ». En octobre-décembre, avec les meilleurs prix payés pour les animaux et pour les travaux de récoltes vont permettre aux ménages de détenir de bons niveaux de stocks financiers destinés essentiellement pour la reconstitution des moyens d’existence et les dépenses non-alimentaires. Les récoltes issues d’une production agricole moyenne à bonne et les payements en nature vont permettre à tous les ménages d’accèder à la nourriture et couvrir les besoins alimentaires. Les achats de céréales vont fortement diminuer dans les dépanses des ménages qui pourront donc utiliser les revenus en cash pour exécuter les dépenses pour la scolarité et la santé des enfants d’octobre jusqu’en décembre. Pendant cette période l’insécurité alimentaire va se trouver généralment au niveau IPC Phase 1 Minimale.


    Zones de preoccupation

    Dans la zone agropastorale de Diffa                                                                  

    Situation actuelle

    La situation dans cette zone agropastorale est dominée par les activité de production agricole qui sont en cours avec les travaux d’entretien des semis en place dans 1/3 des villages agricoles de la région au 20 juillet. Cette situation pourrait être qualifiée de normal eu égard à la date moyenne du début de la saison estimée globalement en juillet. Pour permettre aux ménages pauvres et très pauvres de conditions favorables de production, le gouvernement et les partenaires ont distribué 261 tonnes de semences à 26100 ménages, soit le même nombre de ménages identifiés déficitaires lors des différentes analyses de la vulnérabilité alimentaire.

    Pour leur alimentation les ménages pauvres et très pauvres font recours aux marchés pour acheter la totalité des quantités de céréales nécessaires pour couvrir les besoins alimentaires. Cette année, le retour des migrants n’est pas une occasion de rentrées d’argent et les transferts ont fortement diminué suite au conflit au Nigéria qui a entrainé un retour précoce des migrants et une arrivée de refugiés. Les sources principales activités qui procurent des reveus aux ménages pauvres et très pauvres restent principalement la vente de main d’œuvre et la vente de petits ruminants, de volaille et d’œufs.

    Les marchés de cette zone subissent fortement les effets du ralentissement des échanges avec le Nigéria où les populations achètent les céréales consommées et vendent les cultures de rente et les animaux. L’éloignement de cette zone par rapport aux principaux marchés du Niger est à la base de sa forte dépendance vis-à-vis du Nigéria où le développement de l’insécurité civile a amené les autorités à decréter l’état d’urgence dans les états frontaliers de la région de Diffa. Cette situation se manifeste par une baisse des flux occasionnant des réductions des offres surtout du mil et du sorgho dont les prix du coup augmenté de 22 à 27 pour cent en juin par rapport à la moyenne quinquennale. L’effet de la substitution et la forte demande des commerçants des autres régions notamment Zinder et Maradi, ont fait évoluer le prix maïs, produit localement, à un niveau dépassant la moyenne de 9 pour cent cent.

    La situation pastorale se caractérise par une baisse normale de la disponibilité fourragère et tarissement normal des eaux d’abreuvement mais sans impact significatif sur l’embonpoint des animaux. Suite à l’afflux des éleveurs du Nigéria une concentration plus accrue des animaux s’observe autour des puits et des points d’eau et sur les ressources fourragères.

    A la suite de la perturbation des relations avec le Nigéria, les revenus des migrants de retour en mai/juin et les transferts ont diminué deux fois de suite après le choc libyen vécu en 2011/12. La main d’œuvre ne procure pas encore de revenus importants à cause du démarrage timide de la saison des pluies dans la zone. Les prix des animaux ont connu une baisse de 24 pour cent sur les marchés de Diffa par rapport à la moyenne se traduisant par une dégradation de 40 pour cent des termes de l’échange bouc par rapport au mil. Cette baisse des prix est liée à l’absence des demandeurs Nigérians et une augmentation de l’offre consécutive à la présence des animaux des éleveurs refugiés du Nigéria. L’analyse des marchés suivant la tendance saisonnière des prix indiquent que les marchés de Diffa sont ceux où les variations des prix ne sont pas significatives entre les mois, soit 3 à 11 pour cent  alors sur les autres marchés notamment ceux de Maradi, ces variations de l’odre de 10 à 18 pour cent.  

    Suppositions

    Le scenario le plus probable de la securite alimentaire dans cette zone de juillet à décembre 2013 se base sur des suppositions fondamentales:

    • Des récoltes issues d’une production agrricole moyenne à bonne en octobre avec une auto-consommation normale en octobre-décembre
    • La demande de céréales sera plus élevée que la normale suite au Ramadan en juillet et août et à la présence des refugiés et retournés du Nigéria en juillet-août.
    • En juillet-août, le prix  du mil  et du sorgho pourrait dépasser de 20 à 30 pour cent le niveau de la moyenne quinquennale. En septembre-décembre les prix vont évoluer à la baisse saisonnière mais vont être  plus hauts que leurs niveaux moyens aux mêmes périodes.  
    • La fin de la période de Ramadan en août, qui coincide aussi avec la fin de la soudure agro pastorale, sera marquée par une baisse de l’intensité de la demande de céréales par rapport aux mois passés .  Cependant, la demande sera plus élevée que la normale à cause de la présence de 6 300 refugiés et retournés du Nigéria en septembre-décembre.
    • La persistance de l’insécurité au Nigéria va entraver le fonctionnement des marchés de produits avec des baisses de plus de 50 pour cent des importations en mil et 20 pour cent en sorgho dont les ménages dépendent pour accèder aux céréales en juillet-août et septembre.
    • Le marché de l’emploi au Nigéria sera perturbé et les transferts des migrants en juillet-décembre ne vont pas avoir lieu et certaines dépenses vont diminuer pour les ménages.
    • Les ménages ne pourront plus vendre le poivron sur les va affecter le pouvoir d’achat en novembre-décembre.
    Résultats les plus probables de la sécurité alimentaire

    La persistance du conflit au Nigéria va continuer engendrer des restrictions des flux et des fortes baisses des offres de mil et sorgho. Avec la demande qui sera forte en juillet, août et septembre même pour le maïs du fait de l’effet de substitution et la demande des réfugiés et autres régions,  les prix vont continuer à s’augmenter. Pendant cette période les achats, la solidarité et les assistances alimentaires vont onstituer les sources de nourriture. Si les besoins alimentaires seront satisfaits par ces ressources alimentaires, la précarité des revenus ne permet pas aux ménages pauvres et très pauvres d’effectuer des dépenses autres que alimentaires et des déficits de protection des moyens d’existence vont se matérialiser par des pics des nombres des enfants admis pour cause de malnutrition aigue globale. La situation nutritionnelle serait en dégradation avec les incidences des paludismes conjugués aux effets des déficits alimentaires en juillet-août-septembre. Cette dégradation va se manifester en juillet-août-septembre par une hausse plus que la moyenne du nombre d’enfants admis pour cause de malnutrition aigue globale suite à l’arrivée des ménages des refugiés du Nigéria. Les effets conjugués des baisses des prix et des produits des nouvelles récoltes et l’intensification du programme d’urgence pour les refugiés en octobre, novembre et décembre, vont faire évoluer la courbe des admissions vers celle de la tendance saisonnière.  La zone sera en IPC Phase 2 : Stress entre juillet et septembre.

    En septembre jusqu’en décembre, les baisses saisonnières des prix des céréales et la contribution des nouvelles récoltes permettent d’augmenter l’accès et la consommation alimentaires. Les revenus de la main d’œuvre agricole et les autres sources de revenus vont permettre de dégager des surplus de revenus en nature et en cash utilisables pour effectuer les dépenses non-alimentaires. Les ménages seront globalement en IPC Phase 1 Minimale  en Octobre-Décembre 2013.

    Dans la zone pastorale de NGuigmi

    Situation actuelle

    Dans cette zone, la majorité de la population, soit 56 pour cent sont des ménages pauvres et très pauvres avec comme moyens d’existence 1 à 2 têtes de gros ruminants, 4 à 6 têtes de petits ruminants et de la volaille. La pluviométrie de la zone varie de 100-200mm, mais les pluies enregistrées dans cette zone sont faibles et ne permettent pas un développement du tapis herbacé. Les conditions actuelles de la sécurité alimentaire des animaux se caractérisent, donc, par une installation très timide de la saison avec un tapis herbacé constitué par les résidus des cultures sur les sites irrigués dans la zone Sud de la région, un tarissement normal des eaux d’abreuvement qui conduit les animaux au tour des puits et forages qui sont actuellement surexploités suite à l’afflux des animaux des refugiés du Nigéria. Toutefois, l’état d’embonpoint est normal. Les  exportations des animaux vers le Nigéria et la Libye pour les ventes ont fortement diminué par rapport à la même période de 2012 et à la normale à cause de l’insécurité civile au  Nigéria et en Libye.  La situation des marchés à bétail est aussi marquée par l’absence des acteurs du Nigéria. On remarque, toutefois, une demande de consommation provenant des pétroliers opèrentant dans la zone.

    La situation nutritionnelle est marquée par un taux de malnutrition aigue globale estimé à 12,3 pour cent par l’enquête nationale conduite en mai/juin 2013 sur la nutrition des enfants. Ce taux est inférieur à celui de 2012 et au taux moyen des 5 dernières années qui étaient respectivement de 16,7 pour cent et 16,8 pour cent à la même période.

    Les aliments de base sont essentiellement le mil et sorgho importés du Nigéria. Ces céréales sont en faible quantité sur les marchés fréquentés par les ménages de la zone à cause des restrictions imposées suite à l’état d’urgence décretée par les autorités nigérianes. Compte de sa vocation pastorale, les aliments consommés par les ménages proviennent typiquement des achats sur les marchés pour la majeure partie et des dons et des assistances sociales du gouvernement. La demande de consommation est plus forte que la moyenne suite à l’arrivée des éleveurs venus du Nigéria. Les prix des denrées sont à des niveaux supérieurs à la moyenne de 23 à 30 pour cent, et au même moment, les prix des animaux sont stables par rapport a la moyenne, ce qui se traduit par un équivalent céréalier des animaux en diminution de 15 pour cent par rapport à la moyenne de la période. Pour les ménages pauvres et très pauvres, les sources de revenus sont constituées principalement par le gardiennage, la vente de la paille/bois, don, transferts des exodants et l’artisanat qui sont normaux mais les quantités de céréales qu’ils permettent d’acheter sont faibles par rapport à la moyenne. Ces ménages ne peuvent pas acheter suffisamment de céréales avec ces revenus sans réduire significativement le nombre de têtes d’animaux possédés et sans diminuer ou annuler les dépenses de santé et autres dépenses non-alimentaires en juillet et du coup ils seront en IPC Phase 2 Stress de insécurité alimentaire.

    Suppositions

    Le scenario le plus probable de la securite alimentaire dans cette zone se basent sur des suppositions fondamentales:

    • Une situation pluviométrique normale à excédentaire avec une bonne production de biomasse en août-septembre et un disponible fourrager pour les animaux en octobre-décembre.
    • Un départ en transhumance normal en décembre.
    • Baisse des revenus en juillet-septembre à cause de la perte de transferts d’argent des migrants de retour précoce.
    • Une baisse des termes de l’échange des animaux par rapport aux céréales à cause d’une faible demande à l’exportation en juillet-décembre et une augmentation de l’offre suite à l’arrivée des éleveurs étrangers avec leurs animaux.
    • Un épuisement précoce en décembre du disponible fourrager suite à une forte  pression sur les ressources fourragères à cause de la présence des animaux des éleveurs refugiés sur les pâturages de la région en juillet-décembre.
    • Hausse moyenne de 11 à 13 pour cent du prix du mil et du sorgho par rapport à la tendance saisonnière normale. L’évolution des prix des céréales de base entre les mois sera en baisse à partir d’octobre avec toutefois des augmentations qui seront observées entre novembre te décembre.
    • Dans le même temps une augmentation des prix des animaux en octobre-décembre suite aux fêtes (Tabaski et fêtes de fin d’année) avec une amélioration des termes de l’échange bélier/bouc par rapport au mil et sorgho.
    Résultats les plus probables de la sécurité alimentaire

    Entre juillet et septembre, les ménages pauvres vont couvrir leurs besoins alimentaires en vendant plus d’animaux mais ne peuvent faire de dépenses non alimentaires à cause de pertes moderes de revenus occasionnés par le conflit qui empêche la migration vers la Libye et le Nigéria. En octobre-décembre, une revalorisation des animaux à la faveur des fêtes va engendrer des termes de l’échange favorable aux éleveurs qui pourront couvrir les besoins alimentaires tout en étant capables de faire des dépenses non-alimentaires.  La malnutrition serait en hausse entre juillet et septembre suite aux maladies et les déficits dans les dépenses de santé mais en octobre-décembre, les évolutions seront conformes aux tendances saisonnières normales à la faveur des disponibilités et consommation de laits couplés aux rations des cantines scolaires.  La zone sera en IPC phase 2 Stress en entre juillet et septembre  et en IPC Phase 1 Minimal en octobre-décembre.


    Evenements qui pourraient changer les scenarios

    Zone

    Evénement

    Impact sur les conditions de la sécurité alimentaire

    National

    Invasion acridienne avec des impacts significatifs sur la production agricole et pastorale OU

    Mauvaise installation de la saison des pluies et arrêt précoce des pluies

    • Production agricole et pastorale inférieure aux attentes dessus
    • Demande de la main d’œuvre inféfieure aux attentes
    • Augmentation des prix supérieure aux attentes
    • Pouvoir d’achat inférieur aux attentes avec des déficits de protection de moyens d’existence ou des légèrs déficits de survie possibles dans certaines zones

    Troubles supplémentaires au Nigéria avec pour corollaire une amplification des mouvements de populations

    • Augmentation du nombre des refugiés plus que prévu
    • Ferméture des frontières
    • Augmentation de la demande des céréales, de l’offre de la main d’œuvre, et des prix plus important que prévu ;
    • Pouvoir d’achat moins que prévu avec des déficits de protection de moyens d’existence possibles surtout entre juillet-août

    Des cas d’inondations avec impact significatif sur les pâturages juillet-août-septembre

    • Baisse des productions pastorales en octobre-décembre.

     

    Demande du Nigeria des céréales significativement plus important que prévu OU

    Mauvaise campagne agricole au Nigéria OU

    Nouveau développement de l’insécurité civile au Nigéria.

    • Limitation des flux des produits et augmentation des prix des céréales supérieur aux attents
    • Déficits de protection de moyens d’existence ou des légèrs déficits de survie attendus dans certains endroits.

     

    Prolongement des flux venant de l’Ouest pour renforcer les offres sur les marchés et casser les prix des céréales

    • Renforcement de l’approvisionnement des marchés
    • Stabilité des prix
    Figures Calendrier saisonnier pour une année typique

    Figure 1

    Calendrier saisonnier pour une année typique

    Source: FEWS NET

    Carte des résultats actuels de la sécurité alimentaire, Juillet 2013

    Figure 2

    Carte des résultats actuels de la sécurité alimentaire, Juillet 2013

    Source: FEWS NET

    Prix de mil en juin rapport a la moyenne

    Figure 3

    Prix de mil en juin rapport a la moyenne

    Source: SIMA; Graphique: FEWS NET

    Figure 2

    Source:

    Afin d’estimer les résultats de la sécurité alimentaire pour les prochains six mois, FEWS NET développe les suppositions de base concernant les événements possible, leurs effets, et les réponses probables des divers acteurs. FEWS NET fait ses analyses basées sur ces suppositions dans le contexte des conditions actuelles et les moyens d’existence locaux pour développer des scénarios estimant les résultats de la sécurité alimentaire. D’habitude, FEWS NET prévient du scénario le plus probable. Pour en savoir plus, cliquez ici.

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