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Perspective de Juillet à Décembre 2012

  • Perspectives sur la sécurité alimentaire
  • Niger
  • Juillet - Décembre 2012
Perspective de Juillet à Décembre 2012

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  • Messages clé
  • Conditions actuelles de la sécurité alimentaire
  • Scénario le plus probable de la sécurité alimentaire (juillet à décembre 2012)
  • Factors that could change the scenario
  • Messages clé
    • L’installation de la campagne agricole 2012 est globalement définitive dans la majeure partie des zones agricoles et agropastorales qui reçoivent des quantités de pluies moyennes à excédentaires. Toutefois, des retards sont enregistrés dans la région de Tillabéri. 

    • Les espoirs que suscite l’allure actuelle de la saison agricole et pastorale sont mitigés à cause des préoccupations liées aux menaces d’attaques des criquets pèlerins. Un plan de lutte d’urgence a été élaboré par le Centre National de Lutte Antiacridienne.  La mobilisation immédiate des ressources pour détecter, traiter et prévenir la prolifération acridienne est essentielle pour éviter de grandes pertes de récoltes et les pâturages.

    • Suite à l’épuisement des stocks paysans, la forte demande consécutive au Ramadan pourrait engendrer des hausses des prix des produits de grande consommation de la période de juillet et août (le mil et le sucre) si les quantités prévues dans le cadre des ventes à prix modéré ne sont pas revues à la hausse.

    • Compte tenu du niveau élevé des prix et du nombre élevé des demandeurs de céréales, les assistances alimentaires seront inférieures aux besoins en juillet et août dans certaines zones de la région de Tillabéri.  Suite aux récoltes, les conditions seront plus favorables et les zones en insécurité alimentaire de niveau IPC Phase 3 : Crise vont se transformer à IPC Phase 2 : Stress à partir d’octobre. Entre novembre et décembre, la disponibilité des céréales récoltées, et la contribution de la main d’œuvre saisonnière vont améliorer la sécurité alimentaire à IPC Phase 1 : Minime,  sauf dans certaines zones situées dans la région de Tillabéri. 


    Conditions actuelles de la sécurité alimentaire

    Suite à la réévaluation conjointe SAP/partenaires de la vulnérabilité alimentaire des ménages en mai /juin 2012 environ 5.5 millions de personnes ont été identifiées comme étant vulnérables à l’insécurité alimentaire suivant la dégradation des conditions alimentaires observées dans leurs zones. Ces personnes vulnérables sont essentiellement composées de ménages agropasteurs localisés dans les départements de Téra, Tillabéri, Ouallam et Filingué où la production agricole 2011/12 a été mauvaise, les prix des produits situés à des niveaux très hauts et les actions de soutien menées n’ont pas pu couvrir les besoins restés énormes. Toutefois, le nombre de personnes vulnérables à cause des mauvaises conditions alimentaires prévalant dans leurs zones, est inférieur à celui obtenu en octobre 2011 où la première évaluation a identifié une population vulnérable estimée à plus de 6 millions de personnes. Les résultats du suivi permanent des zones vulnérables du SAP indiquent pour le mois de juin 2012 qu’à la faveur des multiples actions de soutien (ventes à prix modérés de céréales, distributions gratuites ciblées de vivres, distributions gratuites ciblées de cash, blanket feeding) qui se poursuivent, et malgré une évolution des marchés marquée par une hausse significative des prix, les différents niveaux d’insécurité alimentaire des ménages observés depuis avril/mai 2012, ont pu être maintenus  stables ou améliores en certains cas.

    La sécurité alimentaire des ménages profite aussi de l’évolution favorable de la campagne agricole qui se manifeste par un régime pluviométrique normal à excédentaire et qui a permis l’installation définitive des semis dans les principales zones agricoles du pays. Après une timidité notée jusqu’en fin mai/début juin, le régime pluviométrique a repris un rythme régulier comparable à la tendance saisonnière principalement dans les régions de Maradi, Zinder et Diffa. Les cumuls saisonniers des précipitations enregistrées dans ces régions dépassent significativement les cumuls moyens estimés pour cette période, ce qui est conforme aux prévisions saisonnières des pluies qui annoncent des cumuls pluviométriques normaux à excédentaires pour cette partie de la zone agricole du pays. Les pluies enregistrées depuis fin juin créent des conditions d’humidité favorables aux bons développements végétatifs des cultures qui sont en place dans 100 pour cent des villages agricoles des régions de Diffa, Zinder, Maradi et Dosso. Globalement, l’installation de la saison n’est pas effective dans des localités de Tillabéri et Tahoua où les villages agricoles qui n’ont pas encore semé par mi-juillet représentent environ 20 pour cent du pays. Cette année, l’appui à la production agricole a porté sur près de 10,000 tonnes de semences  dont environ 35 pour cent ont été fournis par la FAO. Pour la campagne maraichère prochaine, l’Etat et ses partenaires sont en train de prendre les dispositions pour que les appuis en semences soient disponibles au niveau des producteurs au plus tard fin septembre 2012 avec pour objectif la mise en valeur de 100 000 hectares pour une production attendue estimée à 500 000 tonnes en équivalent céréalier.

    L’allure prometteuse de la pluviométrie de cette campagne agricole se traduit sur le plan alimentaire par une amélioration des approvisionnements des marchés en céréales de plus en plus importantes. Les offres de céréales sont dominées par celles effectuées par les commerçants à la faveur d’une installation normale de la saison agricole. Actuellement plus de 80 pour cent des offres des commerçants sont constituées par les céréales importées du Nigéria et du Bénin. Les disponibilités sont aussi renforcées par les ventes de céréales à prix modérés par l’Etat et ses partenaires. Certains producteurs excédentaires font des déstockages pour employer la main agricole.

    La demande est aussi forte à cause des besoins occasionnés par les travaux champêtres, les achats des éleveurs et des commerçants exportateurs vers certains pays de la sous région comme le Mali. Les opérations de distributions gratuites et de blanket-feeding, les cash transfert en cours dans les zones vulnérables au bénéficie des ménages en insécurité alimentaire contribuent à améliorer l’accès alimentaire des ménages et éviter une dégradation de la situation alimentaire malgré les prix élèves.  Les demandes de céréales pour la consommation locale conjuguées à celles qui s’opèrent sur les marchés d’approvisionnement contribuent à maintenir les prix des produits alimentaires de base à un niveau très haut, soit  en moyenne 278 XOF le kilogramme représentant une augmentation de 47% par rapport au niveau moyen. La comparaison avec le niveau du mois passé indique globalement une stabilité des prix élevés pour le mil et le sorgho. Toutefois, des hausses significatives ont été observées sur le marché de Magaria où la hausse a atteint 39% pour le sorgho qui est fortement demandé pour les semis par rapport à mai 2012. La hausse est aussi significative à Gouré avec 31% de hausse pour le mil qui est demandé pour la consommation locale mais surtout par les éleveurs de retour de la transhumance.  Comparée à la même période de 2011, les marchés qui affichent une augmentation comprise entre 40 pour cent et plus représentent 72 pour cent (26 sur 36 marchés suivis) dont le niveau le plus élevé est de 99 pour cent atteint sur le marché Mayahi pour le mil consécutivement à la forte demande suite au retour des migrants dans les ménages et les besoins de consommation pour les travaux champêtres. Par rapport à la moyenne des cinq dernières années, 66 pour cent des marchés ont des augmentations des prix de 40 pour cent et plus dont le marché d’Aderbisnat affiche la hausse la plus élevée de 78 pour cent pour le sorgho.

    A la faveur des précipitations enregistrées dans la zone pastorales, les points d’eaux pastoraux commencent à se remplir dans les zones où  on assiste à l’émergence du tapis herbacé favorisant une remontée des animaux dans la zone pastorale. Les animaux sont presque à la fin de la période de soudure et leur embonpoint s’améliorant progressivement se traduit par une appréciation de leur valeur marchande sur les marchés par rapport aux mois passés. Cette appréciation progressive de la valeur marchande des animaux s’observe à travers des augmentations de 5 à 12 pour cent enregistrées sur la majeure partie des marchés. Les termes de l’échange restent, toutefois, en dessous de leur niveau moyen suite à la forte hausse des prix céréaliers.

    Les assistances alimentaires relatives aux distributions gratuites (31,672 tonnes par mois jusqu’en septembre)  et aux ventes à prix modéré (26 500 tonnes en moyennes par mois jusqu’en septembre) vont renforcer l’accès alimentaire mais n’arrivent pas à couvrir les besoins alimentaires de ces ménages dont près de 80 pour cent sont localisés dans la région de Tillabéri qui est aussi la principale zone d’accueil des refugiés maliens. Ces assistances seront insuffisantes compte tenu du nombre plus élevés que la moyenne de ménages vulnérables. L’insuffisance des assistances et les prix des céréales plus élevés que normale se traduiront par un déficit alimentaire chez les pauvres et très pauvres en juillet, août et septembre dans les départements de Ouallam, Filingué, Tillabéri et Téra.  

    La situation nutritionnelle se caractérise par la poursuite des admissions des cas de malnutrition mais le nombre total de cas enregistrés en juin 2012 est presque égal à celui du mois passé. L’épidémie de choléra persiste dans la région de Tillabéri et tout récemment dans les sites d’accueil des réfugiés maliens où 9 cas ont été notifiés. A la date du 15 juillet, 2897 cas ont été enregistrés dont 58 décès. Les foyers les actifs  de cette épidémie sont les districts sanitaires de Tillabéri (avec 2060 cas dont 28 décès) et Téra (avec 420 cas et 21 décès). Les districts sanitaires de Kollo et Say ont aussi enregistré des cas, soit respectivement 369 et 41 cas.

    Les bonnes conditions pluviométriques, créent des conditions écologiques propices au développement des acridiens. En effet, des groupes de criquets pèlerins en provenance de la Libye et de l’Algérie se sont infiltrées au Nord Niger et se sont dispersés dans les plaines du Tamesna, les montagnes de l’Aïr et dans le Sahel des pâturages. Des infestations ont été signalées plus au Sud dans les zones cultivées du centre et du Sud du Niger entre Tanout et Termit sur 2 295 hectares au 10 juillet dont 1 200 hectares ont été traitées. La mobilisation des services en charge de la lutte antiacridienne (le Centre National de Lutte Antiacridienne) a permis de neutraliser tous les groupes rencontrés et de diminuer la génération allochtone de criquets pèlerins dont l’occurrence est qualifiée de très faible (1 à 12 par site) selon la situation acridienne établie au 17 juillet 2012 par le Centre National de Lutte Antiacridienne (CNLA).  Des dégâts sur les cultures n’ont pas été signalés dans les zones à risque, sauf dans la zone de Tabelot et du Kawar où les criquets ont détruit les palmiers et les dattiers.  Toutefois, des pontes et des éclosions ont été observés dans le Tamesna et le Damergou et compte tenu de la dispersion des groupes à leur arrivée dans le Nord Niger, la situation reste potentiellement dangereuse dans le Nord Tamesna,  le Nord Aïr et le Nord Termit qui n’ont pas été couverts par les prospections et où les conditions écologiques sont favorables au développement des criquets pèlerins.

    Pour une lutte efficace contre le criquet pèlerin, le Centre National de Lutte Antiacridienne a élaboré un plan d’actions d’urgence pour la période juillet-août 2012. L’objectif de ce plan d’action est de protéger les productions agricoles et pastorales contre les attaques. Plus spécifiquement il s’agit de mener les opérations pour localiser et neutraliser à temps toute infiltration de groupes d’ailés ou d’essaims de criquet pèlerin avant qu’ils n’atteignent les zones de cultures, éviter tout départ d’essaims à partir des aires de grégarisation et de reproduction du territoire à savoir l’Aïr et le Tamesna. Le dispositif à mettre en place dans cette situation est le déploiement dans l’immédiat de 14 équipes de prospections, de 14 équipes d’intervention et d’une équipe de traitement aérien sur l’ensemble du territoire national. Selon des informations données par le dispositif national de prévention et gestion des crises alimentaire, les fonds prévus pour la mise en œuvre de ce plan sont totalement acquis et un plan alternatif d’urgence existe pour la lutte contre une éventuelle infestation des cultures et des pâturages par les populations de criquets pèlerins qui pourraient provenir du Mali où les interventions sont insuffisantes à cause de l’insécurité civile au Nord. 


    Scénario le plus probable de la sécurité alimentaire (juillet à décembre 2012)

    Le scénario le plus probable de la sécurité alimentaire décrit ci-dessous pour les deux zones de préoccupation, de juillet à décembre 2012, se fonde sur les hypothèses générales suivantes:

    • Les prévisions saisonnières des pluies qui ont projeté des cumuls pluviométriques normaux à excédentaires pendant la période de juillet à septembre se confirment, sauf a Tillaberi où la pluviométrie reste plus sporadique et déficitaire.
    • Les achats institutionnels et la reconstitution des stocks des coopératives auront lieu normalement en novembre et décembre. Les achats institutionnels pour constituer les stocks d’intervention sous forme de distribution gratuite ne vont perturber les marchés.
    • Le plan de soutien du gouvernement pour la période de juillet, août et septembre sera exécuté. 
    • Les productions agricoles et pastorales seraient moyennes à bonnes sauf dans la région de Tillabéri où le retard des semis pourrait engendrer un déficit céréalier si la pluviométrie ne continue pas normalement.
    • Avec  le démarrage uniforme de la campagne, de forte  demande de main d’œuvre serait observée à  des salaires  moyens  situant autour de  1500 FCFA homme  jour sur toute la période.
    • En absence d’information courante concernant le comportement, emplacement, activité, et mouvement des criquets pèlerins,  le scenario le plus probable suppose que l’arrivée éventuelle des criquets induise des légères pertes localisées sur les pâturages et les cultures.  Toutefois, étant donné l’évolution dynamique de la menace acridienne, surtout du Mali, l’impact prévu pourrait être plus important que prévu en termes de dégâts sur les cultures, les pâturages et les résultats de sécurité alimentaire.
    • Le plan d’actions d’urgence de lutte contre le criquet pèlerin sera financé et mis œuvre à temps et les équipes de surveillance des infestations en provenance du Mali disposent de moyens efficaces d’alerte.  Des moyens additionnels seront mobilisés pour tenir compte des risques d’invasion acridienne à partir du Mali.
    • L’offre des produits céréaliers sera régulière sur les marchés grâce à l’allure de la campagne agricole qui va inciter le déstockage des commerçants et des ménages excédentaires en juillet/août. Cette offre sera renforcée par les stocks de maïs issus des nouvelles récoltes dans la zone soudanienne en août et septembre et par les nouvelles récoltes de céréales locales en octobre, novembre et décembre.
    • La demande locale va augmenter avec le ramadan en fin juillet-août et septembre. A partir d’octobre jusqu’en décembre la production propre permet de diminuer la demande locale sur les marchés.
    • Les  prix resteront supérieurs à la moyenne saisonnière en juillet/ août, mais resteront stables à ces niveaux élevés jusqu'en septembre et des baisses pour se situer à leur niveau de la moyenne quinquennale entre octobre et décembre.
    • Des cas d’inondations d’une ampleur relativement faible à moyenne pourraient être observés dans la zone pastorale des transhumants et de nomades-camelins avec des mortalités des petits ruminants de petite ampleur.
    • A partir d’août, une prévalence des maladies saisonnières, notamment le paludisme favorisé par les conditions pluviométriques attendues moyennes à supérieures. Toutefois, la situation pourrait rester dans la tendance saisonnière normale à la faveur des interventions axées sur la prévention.
    • La poursuite des actions humanitaires (distribution gratuite, cash transfert, vente à prix modéré) continue jusqu’en septembre.
    • Les termes de l’échange du bouc par rapport au mil connaitront des améliorations en août et seront moyens et hauts en septembre, octobre et novembre à la faveur demande plus importante pour la Tabaski.
    • Les flux transfrontaliers de céréales vont fonctionner normalement de juillet à décembre.
    • La situation politique au Mali reste en statu quo.
    • Le nombre des enfants malnutris va connaître des augmentations dont les proportions vont se situer dans les tendances saisonnières en juillet, août et septembre.
    • La production des cultures maraichères sera bonne et les prix ne vont pas subir la compétition comme celle de l’année passée qui a engendré les méventes et les dégradations drastiques des cours des produits.

    La consommation alimentaire des ménages pauvres et moyens, surtout dans les zones agropastorale et agricole des départements de Téra, Tillabéri, Ouallam et Filingué, va connaître des déficits entre juillet et septembre malgré les interventions qui d’ailleurs ne peuvent pas couvrir tous les ménages de toutes les zones.  La situation alimentaire des populations continuera à dépendre des assistances extérieures jusqu’en fin septembre et va s’améliorer à partir d’octobre jusqu’en décembre 2012 se traduisant par une évolution d’une insécurité alimentaire dominée par le niveau « Stress »et  à une insécurité alimentaire minime pour les pauvres et très pauvres dans les zones agricoles et agropastorales de Maradi, Zinder, Diffa et Dosso.  Les marchés seront bien approvisionnés surtout avec les flux qui seront renforcés à partir d’août/septembre par les nouvelles récoltes de la zone soudanienne. L’offre locale pourrait connaître des améliorations en octobre, novembre et décembre et les prix seront nettement supérieurs à la moyenne des cinq dernières années de juillet à août suite à une demande de consommation qui va rester forte. La demande sur les marchés va se réduire progressivement en octobre et elle sera constituée de la demande normale des éleveurs, du gouvernement, des organismes humanitaires et des organisations paysannes pour la reconstitution des stocks céréaliers. Toutefois, dans la région de Tillabéri, il y’aura la demande additionnelle des réfugiés et la demande locale qui sera significative dès novembre/décembre à cause des retards de l’installation de la campagne qui pourrait se traduire par des déficits locaux céréaliers. La situation nutritionnelle s’améliorera progressivement à partir d’octobre 2012 et beaucoup plus en décembre avec le début des cultures de contre saison.

    Zone des cultures maraichères de l’Aïr

    Dans cette zone,  les achats constituent les principales sources des aliments consommés pour toute la période du scenario.  Les ventes de légumes (oignon), la vente des petits ruminants et la vente de main d’œuvre procurent les principaux revenus aux populations. La forte demande de céréales dans la zone a engendré une augmentation significative des prix des produits dont l’accès  est difficile pour la population suite à la mévente de l’oignon (qui est la principale culture de rente) et du non payement de la main d’œuvre qui intervient normalement en avril/mai, mais n’est toujours pas réalisé.  

    Actuellement, les ménages pauvres et très pauvres gagnent les revenus en vendant les produits artisanaux et en vendant la main d’œuvre pour la production agricole et maraichère. Dans certains, ils sont remboursés en nature par les ménages riches dont le pouvoir en cash est affaibli suite à la mévente de l’oignon. Ces ressources qu’ils gagnent s’ajoutent à des interventions humanitaires axées sur les distributions gratuites, les cash transfert et les ventes à prix modéré, ce qui devrait leur permettre de couvrir leurs besoins alimentaires jusqu’en septembre. La production pastorale serait bonne et améliore les termes d’échange suite  au bon état physique des animaux et de la forte demande des animaux pour la Tabaski

    Avec l’écoulement des koris plus que la normale, les conditions sont favorables aux activités maraichères dans les localités de Tabelot considérées comme les sites de bonne production maraichères. Les récoltes des céréales et des produits maraichers vont intervenir en fin septembre/début octobre car les conditions favorables de cette campagne laissent supposer que la production attendue sera bonne.  Du fait que les produits de la zone ne seront pas en compétition avec ceux des autres régions productrices qui n’exploitent les sites d’oignon en ce moment, et compte tenu de la bonne installation de la campagne pour les cultures céréalières, les prix vont se situer à leur niveau normal, ce qui va permettre le remboursement des crédits au profit des ménages pauvres dont la sécurité alimentaire va se transformer de « stress » à « minime » en octobre, novembre et décembre.

    La situation relative au criquet pèlerin est redevenue relativement calme au cours de ce mois de juillet comparativement au mois de juin passé pendant les interventions ont permis de traiter 1 190 hectares dans les aires grégarigènes. Des dégâts ont été enregistrés sur les palmiers et les dattiers de la zone, mais selon le bulletin du CNLA du mois juillet 2012, les prospections effectuées aussi bien dans l’Aïr, le Tamesna que dans le Sahel des pâturages, n’ont révélé aucune situation acridienne avec des impacts sur les cultures et les pâturages.

    Zones pastorales des transhumants et de nomades (Tchirozérine, Tchintabaraden, Abalak, Tanout et Gouré)

    Cette zone de préoccupation regroupe environ 483 000 personnes soit 38 pour cent de la population totale de la zone pastorale des transhumants et de nomades. L’économie de cette de zone repose essentiellement sur l’élevage (bovin, ovin, caprin et quelques camelins) où la pluviométrie annuelle varie entre 100-200 mm. Selon les groupes de richesse, les achats représentent 40% à 90% des sources d’alimentation. Les revenus des ménages proviennent essentiellement de la vente d’animaux et produits laitiers, vente de paille, de bois, gardiennage d’animaux. 

    Actuellement, la situation se caractérise par un développement, en juillet, du tapis herbacé favorable aux petits ruminants et des strates arborés pour les camelins et l’amélioration du niveau des points d’eau d’abreuvement.  Avec la fin de la soudure pastorale, cette situation favorise une amélioration de l’embonpoint des animaux se traduisant par une augmentation de la demande et des prix qui sont plus élevés de 5 à 15 pour cent par rapport à leur niveau des mois passés même si les termes de l’échange bouc/mil sont inférieurs par rapport à la même période de 2011 suite aux prix élevés des céréales. L’approvisionnement céréalier aux marches est suffisant, avec des prix très élevé par rapport au moyen, surtout pour le marché de Gouré, à cause de la demande des éleveurs transhumants qui s’ajoute à la forte demande locale. Pour les autres activités économiques, telles que la vente du bois et de la paille, les revenus évoluent normalement.  En juillet, les prix de la main d’œuvre pour le gardiennage d’animaux sont jugées normaux.

    Les fortes précipitations enregistrées au cours de ce mois de juillet ont occasionné des mortalités de plus de 20 000 têtes d’animaux (petits ruminants) dans les départements de Tchirozérine et Tchintabaraden.  Bien qu'un certain niveau de perte de bétail est enregistré au cours d'une bonne saison des pluies, le niveau des pertes atteint en Juillet est anormal, et est plus susceptible d'affecter les pasteurs pauvres et très pauvres comptant sur les troupeaux de petits ruminants qui constituent leurs principales sources de revenus et de nourriture. Toutefois, malgré ces importantes pertes de bétail dont sont victimes les pauvres et très pauvres, soutien social, qui fort parmi les communautés pastorales, est susceptible de réduire significativement l’impact à court terme sur les résultats de la sécurité alimentaire. En effet, les ménages riches et moyens pourront fournir du lait, habbanayé et dons aux ménages pauvres, ce qui compensera les pertes de revenus et de nourriture lié à la forte réduction des troupeaux.

    Les perspectives alimentaires au cours des 6 prochains mois seront dominées par une amélioration des disponibilités des pâturages suite à des précipitations régulières en août et septembre. Toutefois, les fortes pluviométries que la zone continue d’enregistrer vont occasionner des pertes d’animaux par les inondations.  L’alimentation des animaux en se renforçant en octobre va provoquer une augmentation de l’embonpoint et de la valeur marchande. La forte demande des animaux à partir de septembre/octobre consécutivement à la fête de Tabaski, les prix vont atteindre leurs niveaux normaux en septembre avec des pics observables en octobre et novembre 2012. Cette situation favorable va se manifester par une amélioration de la production de lait et des termes de l’échange. Les revenus vont augmenter à la faveur des prix intéressants des animaux pour les ménages riches. Les prix du gardiennage en cash et en nature (lait) vont significativement améliorer la sécurité alimentaire des ménages pauvres et très pauvres dans la zone.  Les ménages pauvres et très pauvres seront globalement au « Stress » de l’insécurité alimentaire en juillet et août, pourtant dans les départements de Tchirozérine et Tchintabaraden où les pertes des petits ruminants ont érodé les moyennes d’existence des pauvres et très pauvres, le soutien social les maintient au niveau IPC 2 : Stress jusqu'à décembre. Pour les autres, l’insécurité alimentaire serait minime à partir de septembre jusqu'à décembre.  

    Zone agropastorale de Filingué, Tillabéri, Téra et Ouallam

    Campagne agricole

    La situation de la campagne  agricole dans  la zone est marquée par une mauvaise répartition des pluies. Environ un tiers des villages du département de Tillabéri attend encore de semer à la seconde décade de juillet 2012 alors que la date moyenne de début de la saison dans la zone se situe entre 20 juin et 10 juillet. Les communes du nord sont les plus touchés avec 100 pourcent des villages sans semis à Dessa, 91 pourcent à Anzourou et  69 pourcent dans la commune d’Ayorou. Dans le département de Filingué, 37 pour cent des villages agricoles de la commune rurale de Sanam n’ont enregistré aucune pluie utile pour semer. En plus de ces villages, plusieurs localités ont connu des pauses pluviométriques ayant occasionné des ressemis partiels dans presque toutes les communes du département, soit 51 pourcent à Fillingué, 36 pourcent à Imanan, 24 villages à Tagaza, 38 pourcent à Kourfey centre, 16 pourcent à Tondikandia et 11 villages à Sanam. Dans les zones où les semis ont réussis, la situation phénologique varie de la levée au tallage. Compte tenu du retard accusé dans l’installation de la campagne agricole dans plusieurs localités de la région, le progrès saisonnière dans ces zones devrait être étroitement surveillés.

    Situation des marchés

    Globalement, les marchés sont bien approvisionnés en produits céréaliers par les commerçants dont la majorité importe du Nigéria. Les prix moyens sont relativement stables pour le maïs, en hausse légère pour le mil (5 pour cent) et pour le sorgho (6 pour cent) en juin par rapport au mois précédent. Toutefois, certains produits ont connu des hausses, les plus élevées sont observées sur les marchés d‘Ouallam pour le mil (16%), de Téra pour le sorgho (14%).  La hausse des prix de ces produits est liée à l’épuisement progressif des stocks commerçants suite aux mesures restrictions prises sur le sorgho par les autorités burkinabé. La hausse du prix du mil sur le marché de Ouallam s’explique principalement  par la forte fréquentation des ménages déficitaires bénéficiaires d’actions en cash. Entre juillet –août, les prix du mil et sorgho pourraient augmenter avec le mois de ramadan dans lequel le mil et le sorgho sont beaucoup consommés. Les prix de ces produits pourraient se stabiliser à partir d’octobre voire même baisser avec les récoltes entre octobre et décembre.  Pour le maïs, la stabilité des prix est liée à  l’arrivée des nouvelles récoltes des zones soudaniennes sur les marchés. Comparé à la même période de 2011 et à la moyenne quinquennale, les prix sont en hausse significative de 15 pour cent à  46 pour cent sur les marchés de la région. Dans la zone avec l’installation mitigée de la campagne agricole  dans certaines localités de Tillabéri, Ayorou, Abala et Sanam, les  hausses des prix des produits alimentaires pourraient se poursuivre jusqu’en septembre. Les termes d’échanges bouc/mil sont baisse en comparaison avec la moyenne.

    Les sources de revenus

    En juin/juillet les sources de revenus se limitent à la main d’œuvre agricole, et la vente de paille et de bois. Les produits maraichers (pommes de terres, oignon, tomate) et les ventes de main d’œuvre sur les sites de maraichage ne font pas partie actuellement de ces ressources.  Le prix de la main d’œuvre agricole en termes d’équivalent céréalier a baissé de 18 pour cent en juin 2012 par rapport à son niveau de 2011 à la même période à cause du prix des produits céréaliers qui est dans certains plus élevé de 50 pour cent comparativement au niveau de 2011. Les prix élevés de la paille et du bois permettent d’accéder à des quantités de céréales plus élevées que celles de l’année passée mais insuffisantes pour couvrir les besoins alimentaires importants en cette période de travaux champêtres et de Ramadan. 

    Situation des réfugiés

    La situation est marquée par des arrivées liées à la persistance du problème au nord du Mali.  A la date du 25 juillet,  plus de 52 000 refugiés maliens sont recensés dans les sites d’Ayorou, Abala et Ouallam contre environ 29 000 personnes recensées en avril 2012. Leur présence n’a pas un  impact notable sur  les marchés.  Les réfugiés continuent de recevoir l’assistance alimentaire du gouvernement nigérien et des organismes internationaux et l’assistance apportée couvre les besoins alimentaires des bénéficiaires qui vont continuer de recevoir ces assistances pendant les mois à venir.  Certains refugiés commencent à s’insérer dans le tissu économique local en fabriquant et vendant des produits artisanaux sur les marchés locaux. D’autres ont profité des premières pluies utiles pour demander et obtenir des portions des terres qu’ils ont semées à des fins de production agricole.

    Les assistances

    Les assistances alimentaires concernent les distributions gratuites de vivres et les cash transferts aux bénéfices des ménages en situation de vulnérabilité sévère. Les opérations de blanket feeding ont été lancées en début mai 2012 pour la première phase, la seconde phase a été lancée en fin juillet 2012. Les ventes à prix modéré de céréales sont aussi en cours pour plus de 3000 tonnes prévues dans la région. Pour permettre aux ménages pauvres de semer et ressemer, 449 tonnes de semences de mil ont été distribuées par l’Etat et la FAO dans le département de Filingué. Toutes ces assistances apportées ont été planifiées et vont continuer jusqu’en septembre 2012 en tenant compte de la vulnérabilité alimentaire qui est plus élevée dans la région de Tillabéri.

    Résultat de la sécurité alimentaire

    Les prix des céréales qui seront disponibles dans cette région seront à plus de 80 pour cent importés des pays voisins notamment du Nigéria, du Bénin et du Burkina Faso. Les prix de transactions seront au dessus de la moyenne saisonnière de juillet à septembre/octobre. L’accès aux aliments se fait par achat sur les marchés pendant la période de juillet, août et septembre. Compte des prix élevés des produits de consommation, les quantités achetées avec les ressources propres sont insuffisantes et même avec les assistances alimentaires, les déficits dans la consommation alimentaire sont aigus et placent les ménages pauvres et très pauvres en insécurité alimentaire du niveau « crise » en juillet, août et septembre. 

    Les retards dans l’installation de la campagne agricole pourrait se traduire par une potentielle baisse de la production et des rendements agricoles avec comme corollaire des déficits céréaliers qui viennent s’ajouter à une situation déjà précaire. Cependant, même en cas de déficits de production, les pauvres et très pauvres pourront disposer de stocks céréaliers des nouvelles récoltes qui pourront compenser les gaps alimentaires dans le court terme, ce qui permet aux ménages d’évoluer graduellement au niveau IPC Phase 2 : Stress entre  octobre et décembre.

    Les facteurs qui peuvent changer le scénario

    Menace acridienne

    Actuellement aucune évidence ne permet de prévoir une infestation généralisée des criquets pèlerins, toutefois, la situation pourrait changer immédiatement avec la disponibilité d’information à jour sur le mouvement, le comportement, et l’emplacement des criquets. Aussi, étant donné l’évolution dynamique de la menace acridienne,  l’impact prévu pourrait être plus important que prévu en termes de dégâts sur les cultures, les pâturages et les résultats de sécurité alimentaire.  Dans le scénario d’une infestation par des populations allochtones,  le menace acridienne pourrait se traduire par une destruction des cultures maraichères de l’Aïr, et une perte des pâturages dans la zone pastorale du Nord Zinder avec pour corolaire une destruction des moyens d’existence et de survie des ménages vivant dans l’Aïr et la zone pastorale du Nord Zinder. En plus, on attendrait de grandes pertes localisées des récoltes en août/septembre, et l’aggravation consécutive des résultats de sécurité alimentaire dans ces zones en octobre, novembre et décembre.

    En cas d’attaques dans la zone de Tillabéri, les cultures et la paille seront détruites et les impacts des déficits de production agricole et fourragère vont se traduiraient à des déficits alimentaires dès septembre et de revenus tirés de la vente de paille. La situation irait progressivement se dégrader à partir d’octobre et placer la zone dans une situation d’insécurité alimentaire niveau « crise » en novembre et décembre 2012.

    Arrêt précoce des pluies

    Compte tenu du retard enregistré dans plusieurs localités du pays, 20 à 30 pour cent des superficies développées auront besoins d’une continuation des pluies jusqu’en fin septembre début octobre sinon les cultures ne peuvent pas boucler normalement leur cycle et ne pourront pas donner de bons résultats agricoles.  Des baisses significatives des intensités des précipitations à partir d’août qui coïncide habituellement avec les périodes critiques de développement des premiers semis (floraison/grenaison) vont favoriser une forte infestation par les ennemis des cultures notamment la chenille mineuse qui provoque des pertes énormes de production surtout dans les régions ayant bénéficié d’une installation normale de la saison, notamment dans les régions de Diffa, Maradi et Zinder.   

    Table 1: Événements possibles dans les prochains 6 mois qui pourraient changer le scenario plus probable

    Zone géographique

    Événements

    Impacts sur les conditions de la sécurité alimentaire

    National

    Invasion acridienne

     

    Arrêt précoce des pluies 

    Une incidence des invasions acridiennes et des arrêts précoces des pluies vont réduire significativement les productions agricoles et pastorales. Les marchés seront moins approvisionnés à  des prix très élevés et des déficits alimentaires et  des taux de malnutrition très hauts vont se traduire par une insécurité alimentaire oscillant entre les niveaux 3 et 4 de l’IPC2.0 dans toutes les zones du Niger.

    National

    Extension des conflits du Nigéria et  du Mali au Niger

    Baisse de l'exportation des animaux, notamment les bovins. Une offre importante plus que la demande sur les marchés nationaux qui se traduisent par une baisse drastique des prix  et une faible reconstitution des stocks. Perturbation du commerce transfrontalier et baisse des produits importés et augmentation des prix  surtout des céréales importées à partir du Nigéria.  Les commerçants accéléreront la hausse des prix des céréales et les termes de l’échange seraient en baisse de 30 à 50 pour cent par rapport à la normale en septembre, octobre, novembre-décembre Les ménages pauvres et très pauvres n'ayant pas les moyens pour répondre aux exigences du marché diminueront leur demande des céréales et feront face à une insécurité alimentaire sévère.

    Ménages pauvres de la zone

    Maraichère de l’aïr

    Insécurité civile

     Plan de lutte efficace contre les criquets pèlerins

    Remboursement des impayés aux travailleurs

    Persistance des conflits au Mali et au Nigéria.

    Problème d’écoulement de la production, baisse des prix des produits Maraichers, non payement de la main d’œuvre, baisse des révenus,  faible reconstitution des stocks ; déficit alimentaire, insécurité alimentaire sévère.

    Zone pastorale

    Déficit de production fourragère

    Vente massive des animaux y compris les jeunes reproductrices pour accéder aux aliments ; baisse des prix des animaux et détérioration des termes de l’échange à plus 50 pour cent ; baisse de revenu de la main d’ouvre entrainant une migration et une transhumance précoces.  Cette situation occasionnerait une insécurité alimentaire du niveau  de phase 2 à 3  selon la classification de l’IPC et pourraient  affecter même les ménages moyens de la zone.

    Zone Agropastorale de Filingué, Tillabéri et Téra

    Faible assistance alimentaire ;

    Infestations par les criquets pèlerins;

    Forte demande sur les marchés, Hausse des prix,  déficit alimentaire, insécurité alimentaire de phase crise ou urgence (en pire cas)

    Mauvaise production agricole ; faible approvisionnement des marchés ; Hausse significative des prix  des produits agricoles de 30-50 pour cent   par rapport à la moyenne ;


    Factors that could change the scenario

    Locust threat

    At present, no evidence suggests a widespread desert locust infestation. However, this could change rapidly as updated information on locust movements, behavior, and locations are made available. Moreover, given the rapid evolution of the locust threat, its impact could be more severe in terms of damage to crops and pasture and food security outcomes. An infestation by migratory locust populations could mean the loss of market garden crops in Aïr and pasturelands in pastoral areas of northern Zinder, destroying the livelihoods and means of subsistence of households in both areas. This would also mean large localized losses of crops in August/September, further weakening food security outcomes in these areas in October, November, and December. Locust infestations in the Tillabéri area will destroy crops and supplies of straw. The effects of resulting crop and pasture production shortfalls would create food deficits by September and reduce income from the sale of straw. Conditions would steadily deteriorate beginning as of October, keeping the entire area in IPC Phase 3: Crisis levels of food insecurity in November and December of this year.

    Shortened rainy season

    With the growing season getting off to a late start in several parts of the country, continued rainfall activity through the end of September or into early October is required in order for crops in 20 to 30 percent of cultivated areas to mature normally and perform well. Sharp reductions in rainfall intensity beginning in August, which is normally a critical time for the growth and development of early-planted crops (in the flowering/seed-setting stage) would foster a major infestation of crop pests such as millet head miners, causing significant crop losses, particularly in areas where the growing season got off to a normal start such as the Diffa, Maradi, and Zinder regions. 

    geographic areaEventsImpact on food security conditions
    Nationwide

    Locust infestation

    Shortened rainy season

    Locust infestations and a shortened rainy season will sharply reduce crop and pasture production. Market supplies will tighten and prices will be very high, with food deficits and soaring malnutrition rates in parts of the country.
    NationwideSpread of the conflicts in Nigeria and Mali to NigerReduction in livestock exports, particularly cattle exports. Large supplies on domestic markets will outstrip demand, dramatically cutting prices and limiting herd rebuilding efforts. Disruption in cross-border trade, with a reduction in imports and increase in prices, particularly for cereal imported from Nigeria. Traders will speed up the pace of increases in cereal prices and terms of trade will be 30 to 50 percent lower than usual in September, October, November, and December. Very poor and poor households without the means to counteract these market conditions will curtail their demand for cereal and will be facing severe food insecurity problems.
    Poor households in the Aïr market gardening areaCivil security threats; Effective desert locust control plan; nonpayment of outstanding wages to workers; Ongoing fighting in Mali and nigeriaProblems selling crops, lower prices for market garden crops, nonpayment of wages, lower incomes, limited restocking, food deficits, severe food insecurity problems.
    Pastoral areasPasture production deficitMassive sales of livestock, including young breeding animals, to maintain food access; drop in livestock prices and deterioration in terms of trade by more than 50 percent; reduction in wage income, triggering earlier than usual labor migration and seasonal migration by transhumant herds. This would create food security conditions classified in IPC Phases 2 (stressed) to 3 (crisis) and could even affect middle-income households in these areas.
    Agropastoral areas of Filingué, Tillabéri, and TéraLimited food aid; desert locust Infestations

    Strong market demand, rising prices, food deficit, food crisis emergency in the worst case.

    Poor harvest, low market supplies, sharp rises in crop prices to 30-50 percent above-average

     

    Figures Calendrier de la campagne et des événements cruciaux

    Figure 1

    Calendrier de la campagne et des événements cruciaux

    Source: FEWS NET

    Estimation des conditions actuelles de la sécurité alimentaire, juillet 2012.

    Figure 2

    Estimation des conditions actuelles de la sécurité alimentaire, juillet 2012.

    Source: FEWS NET

    Afin d’estimer les résultats de la sécurité alimentaire pour les prochains six mois, FEWS NET développe les suppositions de base concernant les événements possible, leurs effets, et les réponses probables des divers acteurs. FEWS NET fait ses analyses basées sur ces suppositions dans le contexte des conditions actuelles et les moyens d’existence locaux pour développer des scénarios estimant les résultats de la sécurité alimentaire. D’habitude, FEWS NET prévient du scénario le plus probable. Pour en savoir plus, cliquez ici.

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