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Augmentation du nombre de ménages en « Stress » à l'approche d’une soudure précoce

  • Perspectives sur la sécurité alimentaire
  • Niger
  • Janvier - Juin 2014
Augmentation du nombre de ménages en « Stress » à l'approche d’une soudure précoce

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  • Messages clé
  • Contexte Nationale
  • Zones de Préoccupation
  • Evénements qui Pourraient Changer les Scenarios
  • Messages clé
    • Des déficits de production localisées sont enregistrés cette année dans les zones agropastorales des régions de Tillabéri, Tahoua et Zinder avec comme conséquence, un recours plus précoce aux achats de céréales que la normale pour les ménages pauvres. Des prix nettement supérieurs aux niveaux normaux sur les marchés rendent l’achat plus très difficile pour ces ménages pauvres qui, du coup, font face à une insécurité alimentaire aiguë (IPC Phase 2) « Stress » entre janvier et juin.
    • Les prix plus élevée auront aussi un impact sur les ménages pastoraux dans les régions de Zinder et de Diffa, où la disponibilité des pâturages est inférieure à la moyenne. Même avec l’augmentation de la vente de bétail, ces ménages ne seront pas en mesure de satisfaire tous leurs besoins non alimentaires, et seront également en « Stress » (IPC Phase 2) de l'insécurité alimentaire aiguë entre janvier et juin.
    • Dans ces zones indiquées ci-dessus, certains ménages auront du mal à satisfaire leurs besoins alimentaires de base entre janvier et juin 2014 malgré leurs efforts visant à accroître les revenus et à limiter les dépenses non-alimentaires. Ces ménages connaîtront une insécurité alimentaire aiguë niveau « Crise » (IPC Phase 3). Toutefois, du fait que moins de 20 pour cent des ménages de ces régions sont affectés, ce niveau d’insécurité alimentaire, les zones resteront classées globalement en « Stress » (IPC Phase 2).
    • Malgré l'insécurité alimentaire aiguë localisée au Niger, la plupart des ménages du pays seront en mesure de subvenir à leurs besoins alimentaires et non-alimentaires essentiels sans recourir à des stratégies d'adaptation irréversibles, et une insécurité alimentaire aiguë « Minimale » (IPC Phase 1) va caractériser la situation alimentaire entre janvier et juin.

    Contexte Nationale
    Situation actuelle

    Le potentiel alimentaire estimé suite à l’évaluation préliminaire effectuée par la direction des statistiques de l’agriculture d’octobre 2013, est de 3 674 678 tonnes de céréales (mil, sorgho, mais, fonio, riz et blé). Une comparaison de ces disponibilités alimentaires par rapport aux besoins globaux de consommations, estimées à 4 018 219 tonnes, montre un bilan déficitaire de 343 566 tonnes causés par une insuffisance des précipitations pendant la saison de culture. Toutefois, les baisses de la production agricole sont plus importantes dans les départements de Ouallam, NGuigmi et Tahoua et dans d’autres localités des régions de Tillabéri, Tahoua, Zinder et Diffa.

    Les résultats préliminaires de l’enquête conjointe nationale sur l’insécurité alimentaire de novembre 2013 ont révélé environ 20 pour cent de la population en milieu rural nigérien sont vulnérables à une insécurité alimentaire. Les taux les plus élevés (plus de 25 pour cent) de prévalence de la vulnérabilité alimentaire sont obtenus dans les départements de Ouallam, Mirriah,  Matameye, Dakoro, Madaoua, Bouza, Keita, Tahoua, Illéla, Guidan Roumdji, Kollo, Gaya et Tessaoua.

    Dans les zones à potentialités maraichères, les disponibilités actuelles sont renforcées par les produits horticoles et de décrue dont les activités d’entretien et de récoltes se poursuivent depuis décembre 2013. Les résultats attendus au cours de cette campagne de cultures irriguées et de décrue sont estimés à 400 000 tonnes d’équivalent céréalier pendant la période de décembre 2013-avril 2014 contre 200 000 tonnes à 300 000 tonnes en moyenne. Ces cultures irriguées offrent d’énormes opportunités de renforcer et diversifier le régime alimentaire des ménages, d’emplois agricoles locaux et d’accès aux revenus pour les ménages pauvres et très pauvres sauf dans les zones où les disponibilités en eaux seront réduites compte tenu du faible niveau de recharge de la nappe phréatique.

    La situation des disponibilités sur les marchés est caractérisée par un approvisionnement régulier et suffisant grâce aux offres de produits alimentaires majoritairement assurées par les commerçants importateurs (sorgho, riz et maïs) et locaux (mil et niébé). Les offres permettent de répondre non seulement à la demande locale de consommation, mais aussi pour constituer des stocks pour les appels d’offres dans le cadre des achats institutionnels. Les disponibilités de céréales à travers les stocks publics gérés par l’Office National des Produits Vivriers du Niger (OPVN) sont estimées à 40 835 tonnes de céréales.

    La demande devient de plus en plus importante à cause du recours aux marchés des producteurs déficitaires et des éleveurs transhumants pour la reconstitution de leur stock céréalier. Toutefois, ces demandes locales se situent dans la tendance normale saisonnière et les hausses qu’elles occasionnent sont dans la tendance saisonnière moyenne. Les achats institutionnels sont en cours avec un approvisionnement de 30 000 de les 65 000 tonnes planifié.  Toute fois, ces achats directs qui ont été annoncés depuis début novembre 2013, malgré qu’ils contribuent à augmenter la demande, ne se manifestent pas, jusqu’à présent par un impact important ou atypique sur les prix céréaliers. Le prix moyen national reste stable en Décembre 2013 par rapport aux précédents mois pour le mil, le maïs et le sorgho mais reste en hausse pour l’ensemble de ces céréales de 6-24 pour cent par rapport à la moyenne quinquennale en fonction de la zone.

    Sur le plan pastoral, les résultats provisoires de l’évaluation de la biomasse par la Direction de Développement Pastoral du Ministère de l’Élevage montre le bilan fourrager est globalement déficitaire de 6 710 376 tonnes métrique par rapport de consommation des animaux séjournant dans le pays pendant les neuf mois suite aux insuffisances pluviométriques enregistrées dans certaines zones. Ce déficit est comparable au déficit fourrager de plus de 5 000 000 de tonnes enregistrés en 2008. Il est toutefois inférieur ceux enregistrés en 2009 et 2011 qui étaient respectivement plus de 16 000 000 de tonnes métriques et plus de 10 000 000 de tonnes métriques.

    Les déficits les plus importants sont de plus d’un (1) million enregistrés dans les régions de Tillabéri, Tahoua et Diffa. La situation pastorale sera dominée par une détérioration de l’état d’embonpoint des animaux, dès mars 2014 au lieu d’avril normalement suite à la diminution des ressources fourragères et des points d’eau surtout dans les zones de Tillabéri, Tahoua et Diffa concernés par des déficits fourragers importants.

    Les marchés à bétail sont caractérisés pour le moment par des prix qui ont gardé une tendance favorable aux éleveurs tout au long des mois d’octobre, novembre et décembre 2013 à la faveur de l’état d’embonpoint des animaux qui est encore bon en janvier 2014. Les prix en hausse de 16 pour cent pour le bouc, 12 pour cent pour le taureau et 11 pour cent pour le bélier en décembre 2013 par rapport à la moyenne de cinq dernières années, facilitent l’accès aux céréales pour les ménages pastoraux.

    La situation des moyens d’existence des ménages se caractérise par les revenus gagnés avec la vente des animaux, la vente de la main d’œuvre, la vente des cultures maraichères, de la paille/bois, des produits artisanaux et de la migration. Les dépenses sont essentiellement constituées pour les achats de céréales par les ménages en déficit de production agricole et pastorale. Les revenus gagnés grâce à ces activités sont normaux à supérieurs pour la plupart des zones du pays suite à la migration pour le travail saisonnier de 1 à 2 personnes par ménage et une intensification du ramassage de la paille à un prix supérieur à la moyenne en raison des conditions de baisse de disponibilité du fourrage. La vente d’un bouc de plus d’un an procure en moyenne 143 kg de mil en décembre 2013 soit une augmentation de 4 pour cent par rapport à 2012 et de 10 pour cent par rapport à la moyenne. Les échanges des revenus des autres sources de revenus notamment les ventes de produits maraichers, de la paille, de la main d’œuvre et la migration avec le mil permettent aux ménages d’avoir un niveau situé dans la même tendance que la moyenne.

    La situation relative aux refugiés publiée OCHA Niger en Décembre 2013, fait ressortir 87 000 réfugiés dont 50 000 maliens et 37 000 personnes retournées du Nigéria (y compris 29 000 nigériennes rapatriés) qui résident pour la plupart au sein de familles d’accueil dans la région de Diffa. Cette situation ne prend pas en compte les centaines de mille de nigériens rapatriés de la République Centrafricaine suite au grave conflit sociopolitique en cours dans ce pays. Ces rapatriés de la République Centrafricaine sont dans leurs familles d’accueil ou d’origines et ne bénéficient pas pour le moment de programmes d’assistance.

    Dans le cadre des programmes sociaux du gouvernement, un plan de soutien préliminaire axé sur le cash for work est en cours au profit de 1 133 000 personnes qui bénéficient d’actions d’urgence et de résilience pour faire face aux effets des inondations et des sécheresses sur leurs moyens d’existence et pour lutter contre la malnutrition des enfants et des femmes enceintes et allaitantes. Un plan de soutien plus global et portant sur tous les aspects d’atténuation des crises alimentaires est en cours d’élaboration pour apporter une assistance alimentaire à plus de 3 millions de personnes en janvier-septembre 2014.

    Suppositions

    Les scenarii les plus probables de la sécurité alimentaire de janvier à juin 2014 se basent sur des suppositions fondamentales par rapport à l’évolution du contexte nationale, qui sont:

    • Les stocks producteurs seront épuisés en février/mars et des augmentations de la demande sur les marchés vont se traduire par une augmentation des prix des produits alimentaires qui sont déjà élevés au dessus de la tendance saisonnière normale ;
    • La demande institutionnelle du Gouvernement, pour la reconstitution du stock national de sécurité en vue des interventions de vente à prix modéré et de distribution gratuite de vivres, concerne des achats de 65 000 tonnes de céréales, dont 30 000 tonnes en cours, un niveau similaire à légèrement supérieur à la moyenne ;
    • La production des cultures irriguées et de décrue de janvier à avril seront moyennes à bonnes à la faveur de la disponibilité en eau et des appuis importants en semence potagère, céréalière/légumineuse et tubercule apportés par le gouvernement et les partenaires dont la FAO pour la campagne de cultures irriguées ;
    • La campagne de cultures irriguées de riz en saison sèche, janvier-juin, sera normal et la production qui sera moyenne, va renforcer la sécurité alimentaire des ménages des zones riveraines ;
    • La menace des criquets pèlerins ne vas pas probablement causer des pertes ou dégâts sur les cultures irriguées en janvier-mars/avril car des mesures gouvernementales comprenant une veille permanente sont prises pour prévenir les éventuelles menaces ;
    • Le plan de soutien du gouvernement pour la période du scénario sera exécuté comme prévu et sans problème de financement, et livra une quantité suffisante d’assistance alimentaire aux populations à risque d’insécurité alimentaire ;
    • Une disponibilité normale des produits sur les marchés où les offres assurées par les commerçants et les produits observés sur les marchés sont majoritairement importé à partir du Benin, Nigéria, Mali et Burkina Faso; On n’attend pas une fermeture officielle des frontières et les flux commerciaux entre le Niger et les pays sources d’approvisionnement (Benin, Burkina Faso et Mali) seront plus importants que la normale pour combler les déficits de la disponibilité céréalière sauf les flux en provenance du nord-est Nigéria ;
    • Les eaux de surface vont tarir normalement en février et l’abreuvement des animaux sera assuré par les puits pastoraux et les mares permanentes en février-juin 2014. La disponibilité fourragère sera très faible dans les zones pastorales de l’est et ouest du pays en mars-juin 2014 ;
    • Les prix des animaux vont rester stables à hausses jusqu’à février 2014 à cause de l’embonpoint acceptable des animaux mais vont connaitre une baisse normale à partir de mars jusqu’à juin 2014 liée à la dégradation de l’embonpoint des animaux consécutive à l’épuisement du disponible fourrager. Les termes d’échange animaux/céréales seront en baisse de 5 à 10 pour cent par rapport à la même période de 2013 en mars-juin 2014;
    • La migration et les revenus des transferts seront normaux à supérieurs suite au nombre plus élevé des exodants vers les centres urbains du Niger et vers les pays traditionnels d’accueil où les conditions économiques et politiques se sont améliorées à l’exception du Nigéria et de la Libye qui seront moins attrayant à cause des crises sociopolitiques dans ces pays ;
    • Entre janvier et mars 2014, les opportunités d’emplois rémunérateurs se créeront à un niveau plus important que d’habitude dans les départements inondés avec la reconstitution des infrastructures et équipements détruits par les pluies ;
    • La demande et prix de main d’œuvre pour les travaux de préparation des sols en mars à juin 2014 et pour l’entretien des cultures irriguées seront normale dans les zones productrices avec l’installation de la saison des pluies en mai/juin ;
    • La situation nutritionnelle va s’améliorer normalement en janvier – mars 2014, sauf en zone pastorale, liée à une bonne production maraichère (tomate, chou, laitue, carotte) qui augmentera la diversité alimentaire dans les zones de forte potentialité horticole. Par contre entre avril –juin et suivi la tendance saisonnière, avec l’épuisement total des stocks céréaliers des ménages, la fin des cultures irriguées, les fortes prévalences des maladies saisonnières (choléras, méningite), et la réduction de l’accès aux aliments, il faut s’attendre à une détérioration de la situation nutritionnelle.
    Résultats les plus probables de la sécurité alimentaire

    Entre janvier-mars, les stocks céréaliers des ménages pauvres et très pauvres vont considérablement diminuer mais les produits des cultures de rente vont faire leur apparition sur les marchés et dans la consommation alimentaire. Les achats de céréales sur les marchés vont constituer au cours de cette période du scénario une source majeure de nourriture pour les ménages pauvres et très pauvres. Les disponibilités sur les marchés seront suffisantes mais les prix seront largement au dessus de la moyenne saisonnière suite à une demande qui sera forte surtout à cause de la demande additionnelle provenant des institutions. Le pouvoir d’achat des ménages pauvres et très pauvres sera moyen. Il sera constitué par les revenus de la main d’œuvre agricole, des transferts, des ventes de bois, de paille et des produits artisanaux. Bien que les ménages vont accéder difficilement à des quantités suffisantes de céréales en janvier jusqu’à mars une insécurité alimentaire aiguë «Minimale» (IPC Phase 1) va caractériser globalement la situation nationale du pays. Cependant certains ménages pauvres et très pauvres des zones pastorales et agropastorales ne disposant pas de potentialités pour les cultures irriguées et étant en déficit fourrager, ne pourront pas couvrir leurs besoins non-alimentaires et faire face aux dépenses sociales. Ces ménages situés dans certains départements des régions de Tillabéri, Tahoua, Zinder et Diffa seront en « Stress » (IPC Phase 2) de l’échelle d’insécurité alimentaire aiguë.

    En avril-juin 2014, les prix des céréales vont continuer leur évolution à la hausse par rapport à la moyenne malgré un bon fonctionnement des marchés. Les opportunités constituées par les cultures irriguées seront perdues, la demande de consommation va augmenter suite au retour des migrants et compte tenu de l’approche de la saison des pluies, les programmes sociaux du gouvernement vont s’arrêter sous leur forme cash/food for work. Les ventes à prix modéré des céréales par le gouvernement ne peuvent pas permettre de réduire considérablement les prix d’achat des céréales. La plupart des ménages pauvres et très pauvres dans le pays peuvent acheter des quantités de céréales pour couvrir les besoins avec les revenus typiques de la saison et ils resteront dans une insécurité alimentaire aiguë «Minimale» (IPC Phase 1) jusqu’au juin. Toutefois, dans les zones pastorale et agropastorale déficitaires indiquées ci-dessus, les ménages pauvres auront encore des difficultés à répondre à leurs besoins de dépenses non alimentaires. Il s’agit des ménages pauvres et très pauvres des départements de Ouallam, Nguigmi, Tahoua, Matameye, Abalak  et Gouré qui seront en « Stress » insécurité alimentaire aigué (IPC Phase 2).

    Au cours de la période d’après celle du scenario analysé, notamment de juillet jusqu’à la fin de l’année de consommation en septembre, on s’attend à ce que cette situation de Stress (IPC Phase 2) se dégrade en « Crise » (IPC Phase 3) insécurité alimentaire aiguë dans certaines zones suite à des niveaux de prix des aliments de base significativement très élevés qui vont conduire les ménages affectés par les déficits de production dans une situation de déficits dans la consommation alimentaire.


    Zones de Préoccupation

    Dans la zone agropastorale de Ouallam

    L’économie du département repose essentiellement sur l’agriculture (production hivernale de mil, sorgho, niébé, arachide et voandzou) et l’élevage (bovin, ovin et caprin) où la pluviométrie annuelle varie entre 400-600 mm. La production agricole de la zone contribue normalement à plus 40 pour cent dans la couverture des besoins alimentaires des ménages et 18 pour cent dans les revenus des ménages pauvres et très pauvres. Les secteurs de la migration et de la vente de produits forestiers (paille, bois) ont un poids non négligeable dans les revenus en cash des ménages.

    Situation actuelle

    La production de mil et sorgho est inférieure à la moyenne des 5 dernières années suite a la mauvaise répartition pluviométrique pendant la saison de pluies. Comparée aux besoins de consommation, la production agricole est déficitaire de plus 18 958 tonnes. Les stocks propres varient de 1 à 2 mois de consommation, soit d’octobre à novembre contre 3-5 mois de consommation en année normale, soit d’octobre à février. Les récoltes des cultures de rente (niébé, voandzou) ont également enregistré une importante baisse par rapport à la moyenne.

    La situation des échanges commerciaux est caractérisée par un approvisionnement suffisant et régulier des marchés de la zone dont les plus importants sont Ouallam et Mangaïzé. Le mil, le sorgho, le maïs et le riz sont les principaux produits céréaliers observés sur les marchés. Avec sa proximité, les marchés de Niamey, approvisionnés par le Burkina, le Mali, le Nigéria, le Benin et les régions du Niger telles Maradi et Dosso, constituent les sources d’approvisionnement et/ou d’écoulement de ces marchés du département. Les autres produits alimentaires observés sur les marchés de Ouallam tels les pattes alimentaires proviennent essentiellement de l’Algérie via par le Mali. Les prix tout en restant hauts, de 12% pour le mil et de 7% pour le maïs en décembre par rapport à leur moyenne sur le marché de Ouallam, continuent d’évoluer selon la tendance saisonnière normale.

    Contrairement aux mois précédents, les marchés sont approvisionnés en culture de rente par les commerçants locaux. Malgré la hausse de prix de 25 pour cent par rapport à la moyenne pour le niébé, les revenus tirés de ces cultures par les ménages pauvres sont actuellement faibles car les stocks sont épuisés en octobre-novembre.

    Malgré, une baisse de la production fourragère de 299 888 tonnes de matière sèche, l’embonpoint des animaux reste actuellement acceptable. Les principales animaux commercialisés sont les caprins, ovins et bovins avec pour principaux acteurs des marchés du bétail qui sont venus des pays voisins Nigeria, Mali, Benin et Burkina Faso. La volaille est aussi l’un des principaux produits échangés sur ces marchés.

    A la faveur d’une demande des fêtes de fin d’année et d’un bon embonpoint, les prix des animaux évoluent à des niveaux plus élevés que la moyenne quinquennale de 38 pour cent pour le bélier, de 27 pour cent pour le taureau et 28 pour cent pour le bouc. Les rapports du bouc par rapport au mil ont augmenté de 10% par rapport à la moyenne.

    Pour les autres sources de revenus notamment la vente de la paille, du bois et des produits artisanaux, les prix sont en hausse de 10-45% dans la zone par rapport à leur niveau moyen. Le prix de la paille permet de disposer une quantité de mil plus importante de 17% en novembre par rapport à la moyenne. Les revenus des ménages sont à des montants plus importants que leurs revenus moyens.

    Suppositions

    Le scénario le plus probable de la sécurité alimentaire décrit de janvier à juin 2014 se base sur les hypothèses suivantes:

    • Les stocks de céréales propres vont s’épuiser en janvier au lieu de février/mars. Les ménages feront précocement recours aux marchés pour les achats des céréales de base en janvier au lieu de mars ;
    • La production des cultures maraichères sera normale et les prix vont rester au même niveau que la moyenne des cinq dernières années ;
    • Une dégradation progressive du pâturage et un tarissement précoce des eaux de surface qui vont se traduire par une détérioration de l’état d’embonpoint des animaux et leur valeur marchande en janvier-juin et une période de soudure plus précoce mars-avril et plus longue pour les ménages agropastoraux ;
    • Les revenus des animaux vont  être stable  à baisse  par  rapport  la moyenne liée un embonpoint des animaux  relativement acceptable et une offre élevée par rapport à la normale pour faire face aux dépenses alimentaires.  Le déficit de la production ne  va pas significativement affecter  les petits ruminants mais plutôt les gros ruminants.  Les revenus tirés de la vente des petits ruminants sera stables  par rapport à la normale ;
    • Les ménages vont augmenter le nombre de personnes dans les activités de gardiennage, la vente de petits ruminants et la vente de la paille plus que d’habitude en janvier-juin 2014;
    • Les activités d’auto-emploi (confection des nattes, briques, bois) et les importations de céréales à partir de Niamey vont se dérouler normalement entre janvier-juin ;
    • Les revenus de la migration vont augmenter de 10-20% par rapport à la moyenne avec l’augmentation du nombre de migrants par ménage ;
    • Le ramassage et de la vente de la paille seront plus importants plus que d’habitude. Les prix de la paille en janvier-juin 2014 va évoluer à la hausse avec la baisse de la production fourragère ;
    • Les prix des produits alimentaires de base seront en hausse de plus de 15-30 pour cent par rapport à la moyenne vu que la hausse déjà vu au marché comblé avec la demande de céréales supérieure a la moyenne ;
    • Les programmes annuels d’assistance en janvier-juin 2014 vont évoluer à la hausse à cause de la baisse de la production céréalière qui va plus mobiliser l’état et les partenaires à assister les ménages vulnérables ;
    • Les marchés seront bien approvisionnés avec les flux traditionnels du Mali, Burkina Faso et Bénin durant toute la période ;
    • Grâce à la campagne hivernale 2014/2015 les revenus du travail salarié agricole entre avril et juin seront normaux.
    Résultats les plus probables de la sécurité alimentaire

    Suite à un retour précoce sur les marchés et les prix des céréales significativement plus élevés que la moyenne, et malgré des revenus normaux à bons, le pouvoir d’achat de céréales des ménages pauvres et très pauvres sera limitée en janvier-juin 2014. Ces achats seront effectués avec les revenus des transferts, de la vente de bois/paille et seront complétés par les revenus des cash for work, food for work et les revenus gagnés sur les sites de cultures irriguées. La réduction des besoins de consommation suite au départ en exode de certains membres des ménages et l’amélioration de la consommation avec les récoltes des cultures maraichères vont permettre à la plupart des ménages de couvrir leurs besoins alimentaires mais ne pourrons pas faire face aux dépenses non alimentaires en janvier-juin. Ils feront globalement face à une insécurité alimentaire du niveau de « Stress » (IPC Phase 2) insécurité alimentaire aiguë. Toute fois, certains de ces ménages pauvres et très pauvres (qui représentent moins de 20 pour cent de la population de la zone, du coup pas suffisamment nombreux pour changer la classification de zone) vont se trouver dans l’incapacité de couvrir tous leurs besoins alimentaires et feront face à une insécurité alimentaire de « Crise» (IPC Phase 3).

    Dans la zone pastorale de Nguigmi

    Avec une pluviométrie variant de 100-200mm, cette zone est caractérisée essentiellement par l’élevage. Dans cette zone, la majorité de la population, soit 56% sont des ménages pauvres et très pauvres avec comme moyens d’existence 1 à 2 têtes de gros ruminants, 4 à 6 têtes de petits ruminants et de la volaille. Les principales sources de revenus portent sur la vente d’animaux, vente de produits animaux, le gardiennage de troupeau, la vente de bois/charbon, vente de paille, et les transferts des exodants et l’artisanat. Les aliments consommés proviennent principalement des achats, produits du bétail, dons/Zakat, cantine scolaire et payement en nature. Les dépenses des ménages sont constituées par les achats de vivres (mil et sorgho), les achats de nourriture pour les animaux en avril-mai-juin, les remboursements des crédits et les dépenses sociales (fêtes et autres événements sociaux).

    Situation actuelle

    La situation se caractérise par un déficit fourrager de 101 893 tonnes de matière sèche, soit une baisse de 35% par rapport à la moyenne. Suite à cette faiblesse du disponible fourrager une forte concentration d’animaux est observée dans les zones du lit du lac où il existe de pâturages verts. Beaucoup sont des éleveurs qui ont débuté très tôt la transhumance vers le Nigéria et le Tchad. Les marres temporaires ont commencées à tarir à cause des faibles quantités des pluies enregistrées pendant la période hivernale et l’abreuvement des animaux commence à se faire déjà au niveau des puits et mares semis permanentes. Toutefois, l’embonpoint des animaux est acceptable en janvier mais pourrait précocement détériorer avec la baisse de la production fourragère. L’offre des animaux est très importante sur les principaux marchés de la zone et la demande est faible avec les conflits dans les pays d’exportation (Nigéria et Libye) qui entravent le flux commercial. Les exportations des camelins vers la Libye ont enregistré une baisse de 20% par rapport la même période de 2012 suite au conflit persistant en Libye. Pour les bovins et les petits ruminants, la demande est principalement Nigériane. Avec le conflit au Nigéria, la demande des animaux est devenue faible par rapport à la normale. Néanmoins, les prix en décembre 2013 étaient en hausse de 18 pour cent pour le bouc par rapport à la moyenne des cinq dernières années et de 11 pour cent par rapport à la même période de 2012 suite à une forte demande pour les fêtes de fin d’année.

    Dans la partie sud du département, la production agricole (mil, sorgho et niébé) de la campagne hivernale 2013/2014 a connu une baisse significative de plus 70 pour cent par rapport aux besoins et une baisse de 35 % par rapport à la moyenne quinquennale. La production agricole propre couvre moins de deux mois de consommation contre trois ou quatre mois en année normale. Cette situation se traduit par un niveau des stocks propres presque épuisés.

    Les approvisionnements des marchés de céréales en mil et sorgho se font avec les importations commerciales du Nigéria qui sont actuellement en baisse par rapport à la normale et couteux suite à l’insécurité qui entrave les échanges entre la zone et la zone voisine du Nigéria. Les prix sont élevés en décembre de 18% et de 20% pour le mil respectivement par rapport à la même période de 2012 et à la moyenne des quinquennale. Pour le sorgho, les prix sont 15 pour cent supérieurs à la moyenne et 9 pour cent à la même période de 2012.

    La situation sécuritaire dans les pays de migration (Nigeria et Libye) a diminué les revenus des transferts à plus de 50 pour cent par rapport à la moyenne. Les revenus du gardiennage des troupeaux est en baisse à cause du départ précoce des animaux en transhumance. Par contre les revenus tirés de la vente de la paille sont en hausse mais les quantités vendues seront en baisse avec la faible disponibilité fourragère dans la zone.

    Durant les mois de mai à novembre 2013 la région de Diffa a accueilli 37,332 déplacés en provenance principalement des régions du nord-est du Nigeria dont 12 000 personnes sont assistées par le HCR. Selon une étude de HCR en Novembre 2013, environ 71% des déplacés vivent dans des familles d’accueil. Les sources de nourritures des déplacés sont les aides et les achats. Cette étude a montré que les sources de revenus des déplacés sont principalement de l’agriculture (40%) ; le petit commerce (28%), emplois journalier (24%) et autres 8%.

    Suppositions

    Le scénario le plus probable de la sécurité alimentaire décrit de janvier à juin 2014 se base sur les hypothèses suivantes:

    • Les flux des céréales ne vont pas se dérouler selon les axes habituels suite au conflit au Nigéria et vont pousser les prix surtout des céréales à la hausse en janvier-mars ;
    • Même si c’est retardée suite à un retard dans la mise en œuvre de la vallée du Lac Tchad, la production moyenne de culture de décrue de maïs sur le lac Tchad permettant de stabiliser le prix du mais entre mars-avril ;
    • Les appuis (semence maraichère et potagères) et les bonnes disponibilités en eaux pour les cultures maraichères et de décrues vont permettre une production agricole irriguée qui va améliorer la disponibilité alimentaire ;
    • Une baisse importante de la production de fourrages avec une diminution significative précoce, par rapport à la normale, en janvier/février des disponibilités suite à l’arrivée des troupeaux du Nigéria ;
    • Entre Janvier-Juin, les prix des animaux seront en baisse à cause de la faible demande Nigériane et la détérioration de l’embonpoint des animaux. Les termes d’échange vont baisser de 10-20 pour cent par rapport à la moyenne quinquennale.
    • Les revenus du gardiennage seront en baisse suite à une faible demande en janvier-mars par rapport à la normale;
    • Une demande et des prix normaux mains d'œuvre pour les cultures maraichères et de décrue dans le sud de la région en janvier-juin 2014 est attendu. Les revenus de la main d’œuvre du poivron et des ventes de paille et bois/charbon seront à leurs niveaux moyens ;
    • Les programmes annuels d’assistance en janvier-juin 2014 seront supérieurs à la normale avec la présence des déplacés venus du Nigéria.
    Résultats les plus probables de la sécurité alimentaire

    En janvier-mars, les ménages pauvres et très pauvres vont vendre plus d’animaux que d’habitude suite à la pression des besoins de consommation de céréales et des prix des animaux qui seront inferieurs à la moyenne. Ils auront moins de transfert d’argent, moins de revenus du gardiennage et doivent manger et nourrir leurs animaux à cause du déficit fourrager enregistré dans la zone. Les prix des céréales qui seront plus hauts que la moyenne va conduire les ménages à un faible pouvoir d’achat avec pour corollaire des déficits de protection de moyens d’existence. Cependant les quantités de céréales et de lait que leurs moyens permettent d’acheter seront suffisantes pour leurs besoins alimentaires et ils vont subir en janvier- juin une insécurité alimentaire aiguë niveau « Stress » (IPC Phase 2). Toutefois quelques ménages pauvres et très pauvres dans la zone (bien que inférieur à 20 pour cent de la population nécessaire de changer la classification de la zone) vont souffrir d’une baisse importante des revenus qui vont situer à des niveaux très insuffisants pour couvrir les besoins alimentaires fondamentaux et ils feront face à une insécurité alimentaire de niveau « Crise » (IPC Phase 3).


    Evénements qui Pourraient Changer les Scenarios

    Table 1. Événements possibles dans les six prochains mois qui pourraient changer les scenarios ci-dessus.

    Zone

    Evénement

    Impact sur les conditions de la sécurité alimentaire

    National

    Pression exceptionnelle exercée par les commerçants et les pouvoirs publics pour reconstituer les stocks à des niveaux atypique

    Limitation des flux des zones excédentaires vers les zones déficitaires avec une augmentation plus importante qu’attendu des prix

    Augmentation de prix des céréales plus élevés que prévu entre Janvier- juin

    Déficits de protection de moyens d’existence ou des légers déficits de survie attendus dans certains endroits.

    Mauvaise installation de la campagne hivernale 2014-215

    • Rétention des stocks céréaliers par les grands producteurs et les commerçants ;
    • Baisse des revenus des travaux pour les préparations des champs.

    Faible mise en valeur des sites de cultures irriguées

    • Faibles opportunités d’emplois agricoles en janvier-mars
    • Baisse des apports alimentaires des cultures irriguées
    • Diminution des revenus

    Troubles sociopolitiques supplémentaires au Nigéria avec pour corollaire une amplification des mouvements de populations

    • Augmentation du nombre des refugiés plus que prévu
    • Augmentation de la demande de céréales, de l’offre de la main d’œuvre, et des prix plus important que prévu ;
    • Pouvoir d’achat moins que prévu avec des déficits de protection de moyens d’existence

    Zone agropastorale de Ouallam

    Forte demande de céréales plus importante que prévu ou

    flux des produits alimentaires limités des pays d’importations

    • Limitation des flux des produits et augmentation des prix des céréales supérieur aux attentes

    Feu de brousse dans les zones de bonnes productions fourragères

    • Baisse de disponibilité fourragère plus que prévu ;
    • Baisse considérable des revenus issus de la vente de paille

    Nouveau développement de l’insécurité civile au Mali

    • Mouvement de populations
    • Augmentation de la demande de consommation

    Zone pastorale de Nguigmi

    Renforcement des mesures de fermeture des frontières avec le Nigéria

    • Arrêt des flux
    • Augmentations des prix

    Mévente du poivron

    • Pertes des revenus de la main d’œuvre ;
    • Dégradation des moyens d’existence

     

    Figures Calendrier Saisonnier pour une Année Typique

    Figure 1

    Calendrier Saisonnier pour une Année Typique

    Source: FEWS NET

    Figure 2

    Source:

    Afin d’estimer les résultats de la sécurité alimentaire pour les prochains six mois, FEWS NET développe les suppositions de base concernant les événements possible, leurs effets, et les réponses probables des divers acteurs. FEWS NET fait ses analyses basées sur ces suppositions dans le contexte des conditions actuelles et les moyens d’existence locaux pour développer des scénarios estimant les résultats de la sécurité alimentaire. D’habitude, FEWS NET prévient du scénario le plus probable. Pour en savoir plus, cliquez ici.

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