Skip to main content

Insécurité alimentaire significaticativement apaisée

  • Perspectives sur la sécurité alimentaire
  • Niger
  • Janvier - Juin 2013
Insécurité alimentaire significaticativement apaisée

Télécharger le rapport

  • Messages clé
  • Présentation nationale
  • Area of Concern
  • Evenements qui pourraient changer les scenarios
  • Messages clé
    • Les bonnes conditions alimentaires constatées depuis octobre/novembre sur le pays se sont globalement maintenues en janvier 2013.  Grâce aux récoltes de riz irrigué et des produits des cultures irriguées en décembre/janvier, la sécurité alimentaire s’est même améliorée par rapport aux mois passés surtout dans les départements affectés par les inondations comme Kollo, Say, Téra, Gaya, Boboye, Tillabéri. 

    • Cette annee, environ 2 à 3 millions de personnes, y compris les réfugiés, contre 4 à 5 millions de personnes en moyenne, auront besoins d’assistance alimentaire sous forme de programmes sociaux ou de renforcement de la résilience qui vont démarrer en février 2013  Cependant, le montant d’assistance destinée au Departement de Tillaberi est 30% plus elevées que dans une année normale suite effets de 2 années consécutives des deficits de production.

    • Suite à la reprise du conflit au Mali, l’insecurité risque d’empêcher le déroulement typique de la transhumance des animaux dans les zones de l’ouest du pays  vers le Nord Mali , en décembre-juin normalement.  Le suivi est nécessaire pour signaler des dysfonctionnements dans les systèmes pastoraux à l’entrée de la periode de soudure pastorale entre avril et juin.

    • Suite à une offre locale faible par rapport à une demande  stable à forte, les prix des céréales, surtout le mil, se situent encore au dessus de leurs niveaux moyens typiques pour cette période de janvier (10%-20%), à cause des délais de la période de commercialisation, qui est dominée par les ventes de cultures de rente jusqu’en décembre.  Ces prix ne se traduisent pas par des déficits d’accès car les marchés n’ont pas encore commencé à recevoir la pression de la demande locale. 


    Présentation nationale
    Situation actuelle

    La situation alimentaire actuelle du Niger est marquée par une disponibilité suffisante de produits céréaliers à la faveur d’une bonne campagne agricole et une commercialisation satisfaisante des produits agricoles. Les disponibilités céréalières prévisionnelles nettes en mil, sorgho, maïs, fonio, riz et blé dégagées par la production nationale de la campagne agricole 2011/12 sont estimées à 4 427 434 tonnes selon les résultats provisoires de l’évaluation préliminaire de la direction des statistiques de l’agriculture de novembre 2012. Si on ajoute les importations commerciales qui varient en moyenne de 300 000 tonnes à 430 000 tonnes de céréales de la disponibilité nationale augmentent de 9 pour cent soit 4 840 592 tonnes. En comparant ces ressources alimentaires aux besoins globaux de consommation estimés à 4 034 854 tonnes, le bilan dégage un excédent de 805 738 tonnes, confirmant les previsions fait par FEWS NET en Octobre/Novembre.  Ce bilan céréalier démontre une disponibilité nationale apparente annuelle de 287 kg par personne pour toutes les céréales (mil, sorgho, maïs, fonio, riz et blé) contre des besoins normaux de consommation estimés à 231 kg par personne par an. Cependant, dans certains départements à vocation agricoles, la production agricole ne représente que 30 à 40 pour cent des besoins comme Ayorou, Torodi et Tillabéri qui sont affectés par deux années de déficits successifs.

    Suite aux inondations en août et septembre 2012, la production en riz n’est pas au niveau moyen, soit un déficit estimé à 247 523 tonnes. Les disponibilités ne sont pas suffisantes pour couvrir la totalité des besoins de consommation d’une année typique, et est plus préoccupante dans les localités où les ménages consomment fortement du riz pour la plupart de la diete, telles que Tillabéri et Ayorou. Toutefois, pour couvrir les besoins nationaux de consommation en riz, les importations commerciales sont estimées, en moyenne des cinq dernières années, à 300 000 tonnes.  Pour les zones localisées touchées par ces pertes de production rizicole, les pauvres feront recours aux denrées de substitution, telles que le mil et le sorgho, jusqu’à la prochaine récolte du riz en mai/juin 2013.

    Dans toutes les zones, les disponibilités actuelles sont renforcées par les produits horticoles et de décrue dont les activités d’entretien et de récoltes se poursuivent depuis le lancement en octobre 2012 de la campagne agricole des cultures irriguées. Les résultats attendus au cours de cette campagne se résument à la mise en valeur de 100 000 hectares de cultures irriguées et de décrue pour la production de 500 000 tonnes d’équivalent céréalier pendant la période de décembre 2012-avril 2013. Les produits qui sont actuellement disponibles sur les marchés sont principalment le chou, la tomate et la laitue avec des prix en hausse de 5 à 10 pour cent par rapport à 2011 et 20 à 25 pour cent par rapport à la moyenne suite à la perte de la production maraichère en hivernage.

    La situation des disponibilités sur les marchés est caractérisée par une augmentation, par rapport aux mois passés, de l’offre céréalière des producteurs excédentaires et des commerçants consécutivement à l’épuisement des stocks de cultures de rente (niébé, arachide). La vente de ces cultures de rente, très profitable cette année dans la période àprès la récolte a permis aux producteurs de disposer de revenus pour faire face aux différentes dépenses et d’épargner les céréales pour la consommation et les ventes à des périodes plus rémunétrices. Les transferts des surplus des zones excédentaires vers les zones déficitaires se font normalement surtout que la demande n’est pas très importante dans zones excédentaires des régions de Maradi et Zinder. La demande de céréales évolue dans la tendance saisonnière normale avec des acteurs constitués essentiellement par les ménages situés dans les zones déficitaires, les éleveurs et les commerçants.

    Par rapport à la moyenne saisonnière quinquennale, les niveaux en décembre 2012 des prix du mil et du sorgho (céréales locales) ont enregistré respectivement 18 pour cent et 12 pour cent d’augmentation. Ces augmentations, qui sont toutefois moindre que celles de 2011 à la même période où les augmentations étaient respectivement de 38 pour cent et 29 pour cent, sont peu signifatives mais importantes pour une année de consommation marquée par une bonne production agricole. Avec ce rythme d’évolution (10-20 pour cent à la hausse au cours des prochains mois) par rapport à la norme saisonnière, on ne s’attend pas à une baisse significative pour se situer au niveau saisonnier moyen dans les 3 à 6 mois à venir, surtout pour le mil. Cela est toutefois possible pour le sorgho et le maïs dont les niveaux atteints se situent en décembre 2012 à 9 à 10 pour cent au dessus de la moyenne saisonnière contre 24 pour cent en 2011. L’accès aux marchés pour les ménages demandeurs (ménages déficitaires, éleveurs) se font avec les revenus de la vente des animaux dont le bouc qui procure en moyenne 120 kg de mil en décembre 2012 soit une augmentation de 30 à 60 pour cent par rapport à 2011 et 6 à 10 pour cent par rapport à la moyenne. Les autres sources de revenus sont constituées par les ventes de produits maraichers et de la main d’œuvre qui permettent aux ménages d’accèder à 3 à 5 kg de mil supérieurs de 10 à 15 pour cent par rapport à 2011.

    Selon les données issues de l’enregistrement individuel des refugiés et de l’estimation des retournés de l’enquête biométrique de novembre 2012 , la population dans les camps et sites est estimée à 46 511 personnes contre 65 012 personnes estimées en octobre 2012. Selon le tableau de bord des indicateurs établi par le UNHCR en décembre 2012, la situation alimentaire dans les camps de refugiés de Abala et Tillia présente des déficits avec des quantités moyennes de 1849 kcal distribuées par personne et par jour. Le plan d’assistance dans les camps actuellement mis en œuvre par le les agences humanitaires concerne le blanket feeding pour les enfants de 6-23 mois, la prise en charge de la malnutrition aigue (sévère et modérée) à travers les formations sanitaires proches des camps, dépistage et référence des cas de malnutrition aigue, la prise en charge des maladies des enfants, l’accès à l’eau potable et la mise en place des infrastructures d’hygiène.

    Dans le cadre des programmes sociaux du gouvernement, une estimation des populations vulnérables a été faite pour l’élaboration d’un plan de soutien qui comprend deux volets, notamment les interventions d’urgences et les interventions de relèvement précoce et de renforcement de la résilience.  Les interventions d’urgence au profit d’environ 2 millions de personnes dont 865 000 personnes au cours de la période décembre 2012 à mai 2013 pour anticiper la détérioration de la situation alimentaire et nutritionnelle des ménages affectés par les chocs conjoncturels.  En plus, presque 1 082 000 personnes seront ciblées durant la période de juin à septembre 2013 pour combler les problèmes d’accès à la nourriture pour les ménages vulnérables, dont le nombre est estimé inférieur à la moyenne. Cette année 2012/13, l'assistance sociale du gouvernement vise 127 216 personnes dans le département de Tillabéri (sans l'assistance des refugiés) contre une moyenne de 98 111 personnes au cours des 5 dernières années, soit une augmentation d'environ 30 pour cent du nombre des personnes vulnérables à l'insécurité alimentaire dans ce département.

    La demande institutionnelle du Gouvernement, pour les interventions de vente à prix modéré et de distribution gratuite de vivres, concerne des achats de 70 000 tonnes de céréales pour reconstituer le stock national de sécurité à hauteur de 100 000 tonnes dont 20 000 tonnes de céréales (10 000 tonnes de sorgho et 10 000 tonnes de maïs) sont en cours d’achat direct.  Ces achats directs ont été annoncés depuis début novembre 2012 et ont provoqué une augmentation de la part des commerçants et une rétention des stocks pratiquée par les producteurs excédentaires pour profiter des bénéficices que pourraient générer ces achats.  On attend que l’approvisionment institutionel, malgré qu’il contribue à augmenter la demande, ne se manifeste pas, jusqu’à present par un impact important ou atypique sur les prix céréaliers.

    Suppositions

    Le scenario le plus probable de la securite alimentaire de janvier à juin 2013 se basent sur des suppositions fondamentales par rapport à l’évolution du contexte nationale, qui sont:

    • Un fonctionnement normal des marchés marqué par une normalisation progressive de l’offre face à une demande stable en janvier-mars.  On n’attend pas une ferméture de la frontière et une rupture des flux commerciaux entre le Niger et le Mali, meme si les mouvements sont plus surveillés que typiquement.
    • La présence des refugiés même en augmentation (de 485 personnes depuis le 11 janvier 2013 selon le rapport journalier de l’UNHCR), ne va pas dépasser les 100 000 personnes programmées dans le plan d’assistance humanitaire.
    • La migration de la main d’oeuvre vers l’extérieur et à l’intérieur du Niger aura lieu en janvier-avri/mai comme d’habitude et étant donné que le Mali n’est pas un pays de destination pour les migrants du Niger, le conflit ne va pas affecter la migration et les transferts d’argent.
    • La transhumance des troupeaux du Niger vers le Mali  risque de ne va pas avoir lieu typiquement (en terme de calendrier, volume des mouvements), mais peut se faire vers d’autres régions du pays où la production fourragère est excédentaire et les conditions de la transhumance dans les pays d’acceuil sont normales.
    • La menace des criquets pelerins est levée et ne vas pas probablement causer des pertes ou dégâts sur les cultures irriguées en janvier-mars/avril car des mesures gouvernementales comprenantes une veille permanente sont prises pour prévenir les éventuelles menaces pour la campagne agricole 2012-2013.
    • La demande de main d’œuvre pour les travaux d’entretien des cultures irriguées sera normale à bonne dans les zones productrices entre janvier-mars vu les appuis importants apportés par le gouvernement et les partenaires dont la FAO pour la campagne de cultures irriguées.
    • Entre janvier et mars 2013, les opportunités d’emplois rémunérateurs se créeront à un niveau plus important que d’habitude dans les zones avoisinantes des departements inondés avec la reconstitution des infrastructures et équipements détruits par les fortes pluies et les travaux sur les aménagements hydro agricoles et les sites de cultures irriguées. Les ménages pauvres dans ces zones rizicoles seront capables d’accèder à la nourriture vendue aux marchés malgré les pertes rizicoles.
    • La reconstitution des stocks des coopératives et des stocks publics du gouvernement auront lieu normalement entre janvier/février et en mars/avril. Ce processus de reconstitution normal n’aura pas de conséquences atypiques sur la demande et ne va se traduire que par des hausses légères et localisées des prix pendant cette période.
    • Une tendance normale en avril-juin (début de la periode de soudure) à la dégradation de la situation nutritionnelle dans les zones traditionnellement affectées (Maradi, Zinder), aussi bien que dans des zones normalement en meilleur état nutritionnel, telles que les zones urbaines et peri-urbaines.
    • La campagne agricole en saison sèche, janvier-juin, de cultures irriguées de riz sera normal et la production qui sera moyenne va normaliser la sécurité alimentaire des ménages fortement affectée par les pertes de production et de revenus consécutives aux inondations sur les cultures pluviales.
    • Une bonne disponibilité d’eau permettra de mettre en valeur 100 000 hectares (augmentation de 10% par rapport a 2011) et d’augmenter la production de cultures de rente irriguées de  500 000 tonnes en équivalent céréalier en janvier-avril 2013, soit une augmentation de 40 pourcent par rapport a 2011 et plus de 50 pour cent par rapport à la moyenne.
    • La demande de la paille et du bois sera normale en zone urbaine pour toute la periode de scenario.
    • La saison de la méningite et la rougeole entre janvier/février et avril augmentera les dépenses ménagères et la malnutrition.
    • Le plan de soutien du gouvernement pour la période de février-mars –avril-mai-juin 2013 sera exécuté comme prévu et sans problème de financement, et livra une quantité suffisante d’assistance alimentaire aux populations à risque d’insecurite alimentaire sévère. Dans une année normale, le gouvernement met en place 50 000 à 60 000 tonnes de céréales pour la distribution gratuite et la vente à prix modéré.  Cette annee, le gouvernement va probablement fournir une quantité moyenne de 75 000 tonnes pour l’aide alimentaire.
    • Le programme d’assistance d’urgence des partenaires humanitaires va continuer au profit des réfugiés maliens au Niger. Comme dans les autres pays (Burkina, Mauritanie), les enquêtes biometriques ont abouti à de fortes réductions du nombre des refugiés et dans le même temps la planification est faite pour 100 000 refugiés.  Alors, même dans le cas des nouvelles arrivées entre janvier et mars, on prévoit suffisamment d’assistance pour satisfaire leurs besoins alimentaires.  
    • Les stocks producteurs seront normalement réduits en avril-juin et des augmentations normales de la demande sur les marchés pendant la période de soudure qui va débuter et au cours de laquelle des augmentations de prix normales pour la période de 10 à 17 pour cent par rapport à la période de décembre/janvier moyenne seront observées.
    • On attends à une installation normale de la saison des pluies en mai/juin.
    • Les prix des céréales seront plus hauts par rapport à la moyenne avec des tendances stables en juin/juillet mais des hausses localisées dans les zones déficitaires comme celles de Tillabéri en ce qui concerne le mil.
    • Une demande soutenue de bétail et des prix favorables aux éleveurs avec le départ en transhumance des troupeaux  avec pour corollaire des termes de l’échange très favorable aux éleveurs. Les revenus tirés de la vente de bétail permettront aux ménages pauvres de faire face aux dépenses surtout celles relatives au payement des dettes. 
    Résultats les plus probables de la sécurité alimentaire

    Suite aux bonnes récoltes de céréales et de cultures de rente (niébé, arachide) en octobre/novembre et les revenues tirés de la vente de ces produits, les disponibilités céréalières (surtout des bons stocks au niveau ménage) et les revenus sont globalement bons dans le pays en janvier et permettent aux ménages de disposer de quantités de nourriture pour couvrir leurs besoins alimentaires jusqu’au mois de février. Ces conditions favorables vont évoluer normalement et même s’améliorer jusqu’au mois de mars/avril, avec les apports des cultures irriguées et des programmes sociaux et d’urgence du gouvernement et de ses partenaires en février-mars /avril et les besoins alimentaires des 2 millions de personnes y compris les réfugiés seront couverts pendant cette période. En avri-mai-juin, comme typique pour la soudure, la majorité des ménages vont epuiser leurs stocks céréaliers et avec le fin des cultures irriguées les ressources alimentaires vont fortement diminuer et retourneront aux marchés pour s’approvisionner avec des revenus constitués des salaires journaliers des travaux agricoles de préparation des champs. Suite à l’arrêt de certains volets des programmes d’assistances sociales, notamment les cash et food for work, l’accès aux aliments pour les ménages pauvres dont le nombre augmente suite au retour des migrants sera réduit et de déficit de consommation alimentaire va s’oberver en avril –mai et juin pour les ménages pauvres et très pauvres, surtout ceux des départements de Tillabéri, Ayorou et Torodi dont l‘insécurité alimentaire sera en IPC Phase 2 : Stress. 


    Area of Concern

    Zone agropastorale de Tillabéri, Torodi et Ayorou

    Situation actuelle

    Les disponibilités alimentaires estimées par l’évaluation préliminaire des récoltes publiée par la direction des statistiques agricoles et confirmés par la mission conjointe CILSS/FAO/PAM/FEWSNET/Gouvernement d’octobre-novembre 2012, sont de 59 682 tonnes de céréales pour les populations des départements de Ayorou, Torodi et Tillabéri dont les besoins de consommation humaine sont estimés à 98 909 tonnes soit 40 pour cent de déficit. Ces disponibilités alimentaires sont nettement inférieures à celles de 2011 et 2010 avec respectivement des baisses estimées à 54 et 74 pour cent.

    Les marchés de la zone assurent une disponibilité des produits avec toutefois des prix plus hauts de 19 pour cent  pour le mil, 14 pour cent pour le sorgho et 17 pour cent pour le maïs par rapport a la moyenne quinquennale mais restent comprables aux prix des autres régions/zones du pays.  Les animaux se vendent bien comparativement à l’année passée et à la moyenne avec des augmentations de 3 000 FCFA à 5 000 FCFA observées sur les prix de 2011 suite à une forte demande pour l’embouche.  Il faut noter que le prix de la principale culture de rente (niébé)  de la zone se situait à un niveau plus élevé de 24 pour cent par rapport à la moyenne quinquennale suite à une forte demande locale et extérieure, ce qui a permis de se procurer des quantités de mil plus élevées de 10 à 16 pour cent qu’en année typique.

    La production brute des ménages pauvres et très pauvres arrive à couvrir 60 pour cent de leurs besoins énergétiques contre 80 pour cent en année normale. Toutefois, cette production fait l’objet de plusieurs utilisations dont le remboursement des dettes qui peut représenter 50 pour cent et qui pourrait ramener la couverture des besoins à 3 mois au lieu de 4 à 6 mois normalement. Ils sont des acheteurs nets sur les marchés pour environ 100 pour cent de leurs besoins à partir de début janvier contre 80 pour cent en année normale. Les achats se font actuellement avec les revenus tirés des principales sources aux niveaux plus ou moins normale, portant sur  la vente des animaux,  la vente des  cultures de rente, la vente des aliments de la cueillette (palamites, doumiers et jujubier) mais aussi et surtout la vente de main agricole sur les sites de cultures irriguées.  Ces ventes de produits de cueillette procurent des revenus dont le montant journalier varient de 500 à 750 FCFA auxquels viennent s’ajouter d’autres ressources notamment celles de l’exploitation forestière dont la pratique actuelle est la tendance saisonnière normale. La confection et la vente de briques et sékos sont aussi pratiquées et génèrent des salaires qui augmentent significativement, par rapport à la moyenne, les revenus des ménages en cette période où les sékos et les briques sont fortement demandées pour la construction des maisons et greniers à mil. Ces revenues permettent de couvrir les dépenses alimentaires, médicales et scolaires des enfants sans dépendre des assistances sociales et des interventions humanitaires et même les ménages pauvres et très pauvres sont dans une situation d’insécurité alimentaire Minimale (IPC Phase 1) en janvier.

    Suppositions

    Le scenario le plus probable de la securite alimentaire dans cette zone de janvier à juin 2013 se basent sur des suppositions fondamentales:

    • Les conditions de la période soudure seront normales dans les zones pastorales mais plus tôt dans la zone agropastorale de Tillabéri.
    • La présence des animaux des éleveurs du Mali dans la zone pastorale va aggraver le déficit fourrager dans la zone pastorale de Tillabéri mais qui sera résorber par la transhumance vers de zones alternatives et les interventions humanitaires.
    • Les échanges concernant des céréales à l’intérieur de cette zone vont se réduire suite aux faibles niveaux des surplus des autres départements limitrophes affectés par les déficits de l’année passée,  mais les marchés vont bien fonctionner grâce aux autres sources d’approvisionnement des autres régions du Niger et ceux du Nord Nigéria.
    • Les appuis du gouvernement et des partenaires aux cultures irriguées de légumes de janvier à juin seront importants et une production pouvant générer des revenus et combler des déficits alimentaires est attendue.
    • On attends une demande normale de main d’œuvre agricole pour les travaux d’entretien des cultures irriguées de janvier à mars et pour les travaux de préparation des champs et sarclage d’avril à juin avec conséquemment des prix de la main d’œuvre agricole qui seront nomaux.
    • Les prix des animaux vont rester supérieurs à la moyenne suite à une demande plus soutenue en janvier-juin pour les beoins de reconstitution du cheptel et pour l’embouche et le report de la demande du Mali sur le Niger.
    • Les dons seront octroyés selon la tendance normale.
    • La migration et les transferts vont avoir lieu en janvier-mai et vont contribuer à renforcer les disponibilités et les revenus normalement.
    • L’élaboration et la mise en œuvre du plan national d’assistance sociale auront lieu en janvier-mai/juin et les quantités seront au dessus de la normale dans le departement (30% plus elevée) suite à la mise en œuvre des actions de résilience et de relèvement précoce cette année et la prise en compte des besoins des refugiés maliens.  
    • La mise en œuvre efficace d’un plan d’assistance gouvernement/partenaires est prevue au bénéfice des réfugiés et de leurs animaux afin d’éviter une dégradation de la situation alimentaire de la zone et protéger les moyens d’existence.
    Résultats les plus probables de la sécurité alimentaire

    Pour les ménages pauvres et très pauvres, les stocks sont notmalement nuls, le recours aux marchés va se poursuivre de janvier jusqu’en juin plus ou moins comme typique dans ces zones, mais le degré de dépendence serait presque 20% plus élevé et les ménages pauvres feront recours aux marchés pour 100% de leurs besoins. Les prix sur les marchés seront hauts par rapport à la moyenne, donnée les variations typiques de la soudure en plus des niveaux déjà elevées par rapport a normal. Les aliments sauvages vont constituer une source complémentaire de nourriture comme d’habitude. Les revenus de la vente de volaille, de petits ruminants seront complétés par les revenus tirés des ventes de paille et bois ainsi que des produits sauvages, de l’artisanat, de la cueillette et de la vente de main d’œuvre pour les cultures irriguées.  La demande de consommation au niveau du menage va baisser en janvier-mars avec le départ en exode de membres de la famille en exode saisonnier.  La forte demande de main d’œuvre pour les travaux d’entretien des cultures irriguées en janvier-mars/avril et les aides alimentaires sous forme de cash/food for work et la poursuite en janvier-mars des ventes de paille, bois, produits artisanaux et de cueillette vont renforcer le pouvoir d’achat de céréales.

    Ainsi, les ménages pauvres et très pauvres qui seront en insécurité alimentaire niveau d’IPC Phase 1 : Minimale en janvier-mars vont enregistrer une dégradation de leur sécurité alimentaire et vont évoluer en avril/mai-juin en insécurité alimentaire  au niveau d’IPC Phase 2 : Stress avec l’entrée de la période de soudure caractérisée par le retour des migrants, la réduction du pouvoir d’achat suite à une baisse des offres commerciales et une augmentation des prix sur les marchés de la zone à cause des effets du conflit au Mali. La fin normale des travaux agricoles sur les sites de cultures irriguées va entrainer une réduction des revenus des ménages.  

    Zone rizicole de Tillabéri, Dosso et Niamey

    Situation actuelle

    Suites aux inondations qui ont détruit de 75 pour cent la production hivernale de riz et de cultures hoticoles, les populations riveraines du fleuve Niger des régions de Tillabéri, Dosso et Niamey sont affectées par des pertes estimées en équivalent monétaire à 8.5 milliards contre 1.8 milliards enregistrées en 2010 dans la même zone. Face à cette situation, l’Etat et ses partenaires ont élaboré et mis en œuvre un plan d’assistance humanitaire dont les activités ont permis de couvrir les besoins alimentaires des ménages sinistrés pendant la période de septembre à décembre 2012.  Un programme de relogement est en cours de mise en œuvre, il concerne l’installation sur des terrains aménagés et viabilisés des populations victimes des effets des inondations. La situation sanitaire et nutritionnelle a aussi été affectée par les inondations dont les séquelles se manifestent par une forte prévalence des maladies comme le choléra et le paludisme dont 39 cas de choléra en décembre 2012 contre 23 cas en novembre 2012 dépistés dans la région de Tillabéri et une moyenne de 50 000 cas de paludisme enregistrés dans les régions de  Tillabéri, Dosso et Niamey en décembre 2012. Cette dégradation persistante de la situation sanitaire figure parmi les facteurs de hausse de plus de 47 pour cent des cas de malnutrition en décembre 2012 par rapport à novembre 2012 dans les régions de Tillabéri et Dosso selon les données des admissions dans les centres de prise en charge.

    Actuellement, les sites inondés libérés par les populations reçoivent des appuis du gouvernement et viennent s’ajouter aux sites traditionnels pour augmenter les superficies emblavées en cultures horticoles irriguées avec pour conséquence une hausse de la demande de main d’œuvre pour les travaux agricoles d’entretien des cultures maraichères. Sur les sites, la main d’œuvre est payée 1250 FCFA par jour et par personne soit l’équivalent de 5 à 6 kg de mil ou de sorgho ou 3 kg de riz importé contre 1000 FCFA par jour et par personne en moyenne. Les 1250 FCFA permettent d’accéder en décembre 2012 à 7 kg de sorgho ou 3 kg de riz, soit l’équivalent pour couvrir les besoins énergétiques. Les revenus des autres telles que la vente de poisson et d’œufs de volaille peuvent aussi permettre de faire des dépenses sociales comme la santé et la scolarisation des enfants.

    Suppositions

    Le scenario le plus probable de la securite alimentaire dans cette zone de janvier à juin 2013 se basent sur des suppositions fondamentales:

    • On attends un déroulement normal de la campagne sèche de production de riz en janvier-juin avec un rendement normal de 5-6 tonnes/ha et une production annuelle moyenne de 40 000 MTs.
    • On n’attends pas une continuation d’assistance humanitaire pour les zones rizicole inondees entre janvier et juin, mais les programmess sociaux recommenceront apres janvier vont probablement procurer les ressources pouvant couvrir les besoins de consommation alimentaire.
    • Un déroulement normal de la campagne de cultures maraichères est prevu entre janvier et avril.
    • Approvisionnement des marchés en mil et sorgho serait normale pendant toute la periode de janvier à juin.
    • Demande soutenue des animaux avec prix favorables en janvier-juin .
    • La pêche et les ventes de poissons en janvier-juin seront au dessus de la moyenne avec des pics en mars-mai à la faveur de bonnes disponibilités des eaux.
    • La période de soudure se comportera normalement en juin/juillet.
    • Les pauvres auront un  accès normal aux crédits en avril-mai.
    • Appui du gouvernement et des partenaires en intrants agricoles pour les cultures irriguées. 
    • La solidarité de groupe serait utilisée en janvier-juin pour l’acquisition de matériels de pêche, pour la construction des maisons, et appuis à la réhabilitation des infrastructures de production en janvier-mars.
    • Les actions de résilience en janvier-juin vont renforcer la construction de logement décents et la reconstitution des moyens d’existence (achats de moyens de pêche).
    • L’education / sensibilisation pour la prévention de la malnutrition et les maladies hydriques continuera par les acteurs humanitaires.
    Résultats les plus probables de la sécurité alimentaire

    Les achats combinés aux assistances alimentaires  en janvier-avril et les payements en nature vont constituer les sources principales de nourriture. Les dépenses consacrées à l’achat d’aliments seront effectuées avec les revenus de la main d’œuvre qui vont aussi permettre de payer la scolarité et les soins de santé des enfants de janvier à juin. Au cours de la période de février à mars qui coïncide avec le pic des récoltes de produits maraichers et de pêche, des achats seront effectués pour renforcer les moyens d’existence notamment des filets et autres matériels de pêche.  Les actions d’assistances visant l’amélioration des conditions d’hygiène et d’assainissement couplées aux blanket feeding vont rendre les conditions locales plus favorables à une meilleure santé des enfants. Les disponibilités des produits maraichers et de pêche vont permettre une diversification du régime alimentaire avec des impacts positifs sur l’état nutritionnel des enfants, ce qui va permettre de ramener le niveau de malnutrition à un niveau comparable à la moyenne saisonnière en février-juin. Les revenus gagnés par les ménages pauvres et très pauvres couplés aux assistances alimentaires du gouvernement a partir de fevrier vont permettre d’accéder à une alimentaire suffisante et pouvoir protéger les moyens d’existence jusqu’en juin 2013.  Les ménages vont couvrir leurs besoins énergétiques et seront en IPC Phase 1 : Minimale insécurité alimentaire toute la periode du scenario. 


    Evenements qui pourraient changer les scenarios

    Zone

    Evénement

    Impact sur les conditions de la sécurité alimentaire

    National

    Augmentation de l’ampleur et de l’étendue du conflit malien

    • Limitation des flux des produits
    • Augmentation du nombre des refugiés plus que prévu
    • Ferméture des frontières avec le Mali
    • Déficit dans l’accès alimentaire pour les ménages pauvres urbains et ruraux
    • Prévalence de la malnutrition au dessus de la normale à partir de mars
    • Perturbation des systemes pastoraux

    Faibles opportunités d’emplois en janvier-mars suite à des baisses des superficies mises en valeur pour les cultures irriguées suite à des crues exceptionnells des eaux du Fleuve Niger en Janvier-mars.

    • Baisse des revenus
    • Déficit alimentaire pour les ménages pauvres fortement dépendant de la vente de main d’œuvre
    • Prévalence de la malnutrition aigue à un niveau anormal à partir février

    Sous-estimation des dommages aux récoltes au Nigeria après les inondations

    • Flux reduits des produits agricoltes, y compris les cereales
    • Augmentation des prix atypique et non-abordables

     

    Zone agropastorale de Tillabéri, Téra, Ouallam, Filingué

    Livraison  tardive des programmes de soutien (apres février)

    • Vente massive de bois et paille en janvier-mars, entrainant une baisse des prix en dessous de la moyenne
    • Epuisement rapide des stocks céréaliers des ménages pauvres en novembre-décembre, déficit alimentaire à partir de janvier et sur toute la période de la perspective pour les ménages urbains pauvres

    Baisse anormale importante des prix des cultures de rentes entre janvier-mars

    • Vente massive des céréales par les ménages pauvres en octobre-décembre, entrainant une baisse des prix en dessous de la moyenne
    • Epuisement rapide des stocks céréaliers des ménages pauvres en novembre-décembre, déficit alimentaire à partir de janvier

    Zone riveraine du Fleuve Niger

    Montée exceptionnelle des eaux du Fleuve Niger en novembre-décembre jusqu’en février-mars suite à une crue locale anormale

    • Inondations des sites de cultures irriguées
    • Baisse importante de la production des fruits et légumes en irriguée et de la production en irrigué de riz et hausses des prix des mêmes produits
    • Baisse des revenus des producteurs maraîchers
    • Baisse de la demande de main d’œuvre sur les sites et des prix de la main d’œuvre des migrants saisonniers
    • Insécurité alimentaire pour les ménages dépendant des produits du maraîchage

    Appui insuffisant en intrant et en matériel

    • Réduction des superficies emblavées
    • Baisse de la production horticole et des revenus des ventes
    • Insécurité alimentaire modérée à haute pour les ménages pauvres
    Figures Calendrier saisonnier pour une année typique

    Figure 1

    Calendrier saisonnier pour une année typique

    Source: FEWS NET

    Carte des résultats actuels de la sécurité alimentaire, janvier 2013

    Figure 2

    Carte des résultats actuels de la sécurité alimentaire, janvier 2013

    Source: FEWS NET

    Afin d’estimer les résultats de la sécurité alimentaire pour les prochains six mois, FEWS NET développe les suppositions de base concernant les événements possible, leurs effets, et les réponses probables des divers acteurs. FEWS NET fait ses analyses basées sur ces suppositions dans le contexte des conditions actuelles et les moyens d’existence locaux pour développer des scénarios estimant les résultats de la sécurité alimentaire. D’habitude, FEWS NET prévient du scénario le plus probable. Pour en savoir plus, cliquez ici.

    Get the latest food security updates in your inbox Sign up for emails

    The information provided on this Website is not official U.S. Government information and does not represent the views or positions of the U.S. Agency for International Development or the U.S. Government.

    Jump back to top