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Les conflits se prolongent avec des résultats de Crise (Phase 3 de l’IPC) dans les zones affectées

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  • Messages clé
  • Contexte de la sécurité alimentaire
  • Anomalies actuelles des conditions de sécurité alimentaire en février 2026
  • Résultats actuels de l’insécurité alimentaire en février 2026
  • Suppositions clés sur les conditions atypiques de sécurité alimentaire soutenant le scénario le plus probable jusqu’en septembre 2026
  • Résultats projetés de l’insécurité alimentaire aiguë de septembre 2026
  • Annexe 1 : Principales sources de preuves utilisées dans cette analyse
  • Annexe 2 : Approche analytique de FEWS NET expliquée
  • Annexe 3 : Calendrier saisonnier
  • Annexe 4: Évènements qui pourraient changer les résultats projetés de l’insécurité alimentaire aiguë
  • Annexe 5 : Un examen plus approfondi du conflit et de ses impacts sur les résultats de la sécurité alimentaire
  • Messages clé
    • Dans les régions de Tillabéry et Diffa et le nord-ouest de la région de Tahoua, l’insécurité alimentaire aiguë de Crise (Phase 3 de l’IPC) persiste avec quelques ménages en Urgence (Phase 4 de l’IPC). Les conflits liés aux groupes armés terroristes, qui s’étendent à Dosso, continuent de perturber les activités de production agricole et pastorale ainsi que les circuits d’approvisionnement et le fonctionnement des marchés. Les ménages pauvres résidents et les personnes déplacées internes (PDI) sont les plus affectés.  Les ménages victimes des inondations répétées à partir de juin 2026 seront également parmi les plus affectés.
    • Des résultats de Stress (Phase 2 de l’IPC) sont anticipés dans les zones agricoles, agropastorales et pastorales non affectées par les conflits avec des proportions de plus en plus élevées de personnes affectées entre juin et septembre 2026. Le stock céréalier des ménages pauvres sera épuisé et ils vont dépendre des achats sur les marchés pour leurs nourritures. Cependant, avec ces achats, l’accès des ménages pauvres sera limité en raison des prix élevés et du faible pouvoir d’achat, qui s’est érodé suite à la baisse des salaires de la main-d’œuvre agricole. Toutefois, dans les zones pastorales, l’amélioration des conditions pastorales à partir de juillet 2026 va améliorer l’état d’embonpoint des animaux, leur productivité et leur valeur marchande, renforçant ainsi l’accès aux aliments et aux revenus pour les ménages éleveurs.
    • FEWS NET estime que 2,5 à 2,9 millions de personnes auront besoin d’assistance alimentaire, et le maximum sera atteint entre juillet et septembre 2026. La population la plus préoccupante est constituée par les PDIs et les ménages pauvres et très pauvres dans les zones affectées par le conflit et dont les stocks alimentaires sont précocement épuisés.
    • Les conflits et l’insécurité dus aux activités des groupes armés terroristes perdurent, avec une tendance à l’expansion territoriale à Dosso. La région de Tillabéry demeure l’épicentre des foyers de tension, avec une hausse de 23 pour cent des incidents sécuritaires entre 2024 et 2025. Cependant, les incidents ont fortement augmenté, de plus de 200 pour cent, à Dosso durant la même période.

    L’analyse présentée ici est basée sur les informations disponibles au 18 février 2026. 

    Contexte de la sécurité alimentaire

    Depuis 2015, la propagation de l’insécurité au Sahel, notamment au Mali, s’est étendue à d’autres pays de la région du Liptako-Gourma. Au Niger, les groupes Jama'at Nasr al-Islam wal Muslimin (JNIM) et l’État islamique dans la province du Sahel (EI Sahel) mènent des attaques dans les régions de Tillabéry et Tahoua depuis 2017, et dans la région de Dosso depuis 2023, tandis que l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP), anciennement le Boko Haram, est le principal auteur des attaques dans la région de Diffa depuis 2015. Enfin, les bandits organisés qui exploitent la porosité des frontières entre le Niger et le Nigeria, représentent la principale menace dans la région de Maradi. Les incursions et attaques de ces groupes terroristes ont entraîné d’importants déplacements de population, l’abandon des terres agricoles et des pertes de bétail, affectant gravement les moyens d’existence des ménages. De plus, ces attaques ont perturbé le fonctionnement et l’accès aux marchés, entravant les flux de produits alimentaires, tant internes que transfrontaliers.

    Les ménages pauvres en milieu rural dépendent de l’élevage et des travaux agricoles comme sources de revenus et d’alimentation. La production céréalière domine dans les zones de moyens d’existence agricoles et agropastorales, principalement le mil et le sorgho. La période d’octobre à décembre correspond à la saison des récoltes, durant laquelle les stocks des ménages sont reconstitués et durent généralement entre quatre et six mois. Les prix des denrées baissent saisonnièrement, réduisant la dépendance des ménages aux marchés. De janvier à mai, les ménages auront accès aux produits maraîchers. Dans les zones pastorales, les ménages comptent sur la vente de bétail comme source de revenus et sur les marchés pour leur alimentation. La disponibilité des pâturages en octobre, après la saison des pluies, qui améliore les conditions physiques des animaux, contribue à augmenter la valeur marchande du bétail. En raison d’une production agricole structurellement faible, le Niger dépend des pays de la sous-région, comme le Nigeria, ainsi que d’autres pays, tels que la Thaïlande, pour l’importation de certaines céréales, notamment le riz. Les moyens d’existence agricoles et pastoraux sont vulnérables aux chocs climatiques, tels que les inondations saisonnières, qui perturbent les activités, les services essentiels et l’accès aux marchés.

    Le contexte politique et économique récent du Niger a été marqué par les sanctions imposées par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) à la suite du coup d’État de juillet 2023, ainsi que par la fermeture ultérieure des frontières avec le Nigéria et le Bénin. Ces mesures ont limité l’importation de produits alimentaires et l’exportation de bétail vers le Nigéria. Bien que la levée des sanctions en février 2024 ait permis la reprise des échanges commerciaux avec le Nigéria, le Niger maintient toujours la fermeture de ses frontières avec le Bénin, détournant ses échanges commerciaux sur une route plus longue et plus coûteuse, via le Togo et le Burkina Faso. En janvier 2025, le Niger, aux côtés des deux autres membres de l’Alliance des États du Sahel (AES), le Mali et le Burkina Faso, a officiellement quitté la CEDEAO.

    En savoir plus

    Les liens suivants fournissent des informations supplémentaires :

    Anomalies actuelles des conditions de sécurité alimentaire en février 2026

    Figure 1

    Situation des incidents sécuritaires selon les foyers de tension

    Source: FEWS NET avec des données ACLED

    Les conflits et l’insécurité continuent de causer des dégâts matériels et humains, suite à la persistance des attaques des groupes armés terroristes dans les régions de Tillabéry, Tahoua, Diffa et Dosso (Figure 1). Selon les données d’ACLED, les incidents sécuritaires au niveau national ont augmenté de 18 pour cent au cours de la période de janvier à décembre 2025 par rapport à la même période de 2024. Les régions de Tillabéry et de Dosso enregistrent des augmentations respectives de 23 et 226 pour cent. Toutefois, plus de la moitié des incidents sécuritaires est enregistrée dans la région de Tillabéry, en raison de la persistance des attaques et des exactions commises par des groupes armés terroristes. Par ailleurs, la région de Dosso enregistre 17 pour cent des incidents sécuritaires cumulés de janvier à décembre 2025 contre 6 pour cent à la même période de 2024. Ces activités terroristes provoquent des déplacements forcés de populations à la recherche de zones plus sûres. Ces déplacements forcés de populations entraînent une augmentation des besoins alimentaires et une réduction des sources de revenus et de nourriture du fait, d’une part, de l’abandon des champs de culture et, d’autre part, de la compétition autour des ressources locales et dans l’offre de la main-d’œuvre.

    Les inondations enregistrées en 2025 ont occasionné des dégâts dont les impacts sont persistants sur les biens et équipements des populations. Le bilan des inondations établi au 20 octobre 2025 par la direction générale de la protection civile a indiqué que 542 975 personnes ont été sinistrées par les inondations. Les régions les plus touchées sont celles de Maradi, Zinder, Dosso, Tillabéry et Tahoua. Ces sinistrés ont bénéficié d’assistances qui ont couvert les besoins primaires, notamment alimentaires, mais pas les besoins secondaires nécessaires à la réhabilitation des biens matériels perdus qui sont entre autres les maisons. Ces assistances n’ont pas non plus concerné la reconstitution des autres domaines du capital productif, car les pertes en capital bétail sont estimées à 567 têtes de bétail (gros et petits ruminants tués), ainsi que les pertes de cultures sur 23 233 ha.

    Plusieurs localités du pays accueillent des personnes en déplacement forcé consécutif aux conflits et à l'insécurité. En janvier 2026, l’UNHCR a enregistré 942 941 personnes déplacées au Niger, dont 435 980 réfugiés et demandeurs d’asile et 460 000 personnes déplacées internes (PDIs). Le nombre des PDIs a légèrement baissé de 9,3 pour cent par rapport à janvier 2025 où elles étaient estimées à 507 000 personnes. Ces PDIs sont concentrées dans les régions de Tillabéry, Diffa et Tahoua, avec des proportions respectives de 48, 32 et 12 pour cent. Leur présence engendre une forte concurrence dans l’accès aux revenus et à la nourriture. Les réfugiés sont des personnes en déplacement forcé suite aux conflits et sont originaires principalement du Nigéria, du Mali et du Burkina Faso, avec respectivement 59, 29 et 11 pour cent. La présence et l’afflux continu de déplacés augmentent l’offre de personnes en quête de revenus de la main-d’œuvre agricole et non agricole, tandis que la demande de main-d’œuvre reste stable, voire diminue, en raison de la réduction des superficies cultivées.

    La production agropastorale est estimée globalement moyenne, malgré des déficits céréaliers et fourragers enregistrés dans certaines localités. Selon la Direction des Statistiques du ministère de l’Agriculture et de l'Élevage, la production agricole 2025/2026 affiche une baisse de 6 pour cent par rapport aux résultats définitifs de 2024 et une hausse de 7 pour cent par rapport à la moyenne quinquennale. Elle est bonne dans les principales zones agricoles, notamment les régions de Maradi, Zinder, Dosso et Tahoua, alors qu’elle est en baisse de 8 000 à 100 000 tonnes dans les régions de Tillabéry, Diffa, Niamey et Agadez, qui sont des zones affectées par les conflits, limitant les superficies cultivées (Tillabéry et Diffa) et des zones structurellement déficitaires (Niamey et Agadez). Dans les zones pastorales, le bilan fourrager indique une baisse de plus de 23 pour cent par rapport à l’an dernier. Ce déficit, conjugué à l’accès limité à certaines zones fournies en pâturages mais soumises aux conflits et à l’insécurité civile, provoque une installation précoce de la période de soudure dans les zones pastorales.

    Les marchés sont globalement bien approvisionnés et les prix des produits agricoles sont de 20 à 28 pour  cent inférieurs à la moyenne quinquennale du fait de la disponibilité des nouvelles récoltes, des stocks de report et de la poursuite de l'interdiction de l’exportation des principaux produits en dehors du Burkina Faso et du Mali, en vigueur depuis 2025. Toutefois, dans les zones de conflit et dans les zones à déficit céréalier, la réduction des approvisionnements due à la perturbation des flux internes et transfrontaliers est exacerbée par les prix élevés des produits agricoles sur les marchés.

    Les revenus des ménages pauvres issus des activités agricoles et non agricoles sont généralement en baisse. Les activités saisonnières génératrices de revenus pour les ménages pauvres sont constituées de la vente de main-d’œuvre agricole pour les travaux sur les sites maraîchers et le défrichage dans les champs de culture. Compte tenu de la concurrence sur ces opportunités, due à la suroffre de main-d’œuvre et à la baisse des superficies cultivées, consécutives à la persistance de l’insécurité civile, les ménages pauvres déplacés dépendants ont des revenus inférieurs à leur niveau habituel. 

    Assistance alimentaire humanitaire

    Les activités humanitaires dans le cadre de la mise en œuvre du plan de réponse alimentaire et humanitaire de 2025 ont pris fin en décembre 2025. Selon les évaluations des plans de réponse à l’insécurité alimentaire au 31 décembre 2025, les financements ne couvrent qu’un tiers des besoins de l’assistance. Le processus d’élaboration et de mise en œuvre des plans de réponse du gouvernement et de ses partenaires humanitaires est en cours.

    Résultats actuels de l’insécurité alimentaire en février 2026

    Des résultats de Crise (Phase 3 de l’IPC) sont attendus dans les régions de Tillabéry, de Diffa et le nord-ouest de la région de Tahoua avec quelques ménages en Urgence (Phase 4 de l’IPC). Les conflits liés aux groupes armés terroristes, qui s’étendent à Dosso, ont négativement impacté les activités de moyens d’existence agricoles et pastorales, ainsi que les échanges commerciaux. En effet, suite aux faibles récoltes obtenues, la plupart des ménages ont épuisé leurs stocks et dépendent des marchés pour les achats de la nourriture. De plus, ils n’ont plus de revenus tirés de la vente des produits de récolte et les revenus qu’ils gagnent dans la vente de main-d’œuvre sont insuffisants face aux niveaux élevés des prix des denrées alimentaires dans ces zones. Par conséquent, les déficits de consommation alimentaire des ménages persistent et les ménages pauvres et déplacés continuent de faire face à une diminution de la ration de trois à deux repas par jour, soit une ration journalière inférieure à 2 100 kcal par personne et par jour. Ainsi, ils sont contraints de réduire leurs dépenses de santé et d’éducation ou d’emprunter de la nourriture ou de compter sur l’assistance alimentaire, mais toujours insuffisante pour combler le déficit de consommation alimentaire. Les ménages affectés par cette insécurité alimentaire aiguë sont les ménages pauvres et déplacés qui sont majoritaires dans la région de Tillabéry, suivie par la région de Diffa et les départements du nord-ouest de la région de Tahoua avec quelques ménages localisés dans la région de Dosso en faible proportion. Les ménages en Urgence (Phase 4 de l’IPC), qui constituent une proportion inférieure à 15 pour cent, sont les ménages pauvres et déplacés, dont les sources de nourriture et de revenus se sont complètement érodées à la suite des effets cumulés de plusieurs années de privation causée par l’insécurité, et qui n’arrivent pas à assurer leur consommation alimentaire qu’avec l’assistance des dons offerts par les bonnes volontés ou par la mendicité.

    Dans le reste des zones affectées par les conflits, une insécurité alimentaire aiguë de Stress (Phase 2 de l’IPC) est observée en février 2026. Ce sont tous les départements de la région de Dosso, les départements de Kollo et Filingué de la région de Tillabéry et le département de Goudoumaria de la région de Diffa. Ces zones sont affectées par des incidents sécuritaires volatiles qui n’entraînent pas encore de déplacements massifs de population, dont les activités de moyens d’existence ne sont pas encore fortement perturbées, tout comme les circuits d’approvisionnement des marchés. Toutefois, les actes terroristes impliquent des vols de bétail, des pillages de biens et des prélèvements d’impôts et taxes. En plus de ces perturbations des actifs des ménages, les mesures prises par les autorités visant à interdire la circulation des motos, qui sont une source de revenus car exploitées comme moyens de transport des personnes et des biens. Même si les ménages pauvres ne souffrent pas de déficit alimentaire, ils font toutefois face à des changements dans leurs moyens d’existence qui les amènent à réduire certaines dépenses non alimentaires. 

    Dans les zones agricoles, agropastorales et pastorales non affectées par les conflits, l’insécurité alimentaire aiguë Minimale (Phase 1 de l’IPC) est observée en février. La production agropastorale 2025/2026 dans ces zones est meilleure que dans celles affectées par le conflit ou l’insécurité, tout comme l’accès aux pâturages et aux points d’eau pour l’alimentation des troupeaux d’animaux. Cette situation demeure stable, avec les cultures de contre-saison qui contribuent aux revenus, à la nourriture et même au disponible fourrager. Même pour les ménages pauvres, la majorité dispose de stocks alimentaires renforcés par des achats effectués avec les salaires obtenus sur les sites de contre-saison. Ils arrivent alors à satisfaire leurs besoins alimentaires et non alimentaires sans recourir à des stratégies négatives. 

    Suppositions clés sur les conditions atypiques de sécurité alimentaire soutenant le scénario le plus probable jusqu’en septembre 2026

    Figure 2

    Prix projeté du mil à Téra

    Source: Estimations de FEWS NET avec les données du SIMA

    • L’insécurité liée aux activités des groupes armés terroristes va continuer dans les anciens foyers de tensions sécuritaires et sera en expansion dans la région de Dosso entre février et septembre 2026. Les attaques du Groupe de Soutien à l’Islam et aux Musulmans (JNIM) et de l'État Islamique dans la Province du Sahel (ISSP) contre des populations civiles et des forces de sécurité devraient se poursuivre au moins jusqu'en février 2026, probablement à des niveaux similaires à ceux observés en 2025. La région de Tillabéry restera l'épicentre des attaques, tandis que Dosso enregistrera la plus forte augmentation relative de la violence. Cependant, de manière générale, l'activité des groupes terroristes devrait refléter les schémas saisonniers passés : les attaques augmentent jusqu'au pic de la saison des pluies, puis diminuent en raison des contraintes de mouvement associées aux conditions pluvieuses. Les violences liées aux activités terroristes dans la région de Diffa devraient rester aux niveaux actuels bas au moins jusqu'en septembre 2026, avec des attaques par le Jamā’at Ahl as-Sunnah lid-Da’wah wa’l-Jihād (JAS) et l’État islamique de la province de l’Afrique de l’Ouest (l'ISWAP) survenant de manière sporadique.
    • Les précipitations enregistrées pendant la saison des pluies qui ont permis une bonne recharge de la nappe phréatique favorable indiquent une bonne production agricole de saison sèche. Les cultures maraîchères bénéficient de bonnes conditions hydriques et cela augure une bonne production maraîchère, de bonnes perspectives de récoltes pour les cultures de décrue et de bonnes opportunités de revenus pour la main-d’œuvre agricole constituée par les ménages pauvres.
    • Les appuis du gouvernement aux producteurs, sous forme de subventions aux intrants agricoles, notamment à l’engrais, vont continuer et constituer des facteurs améliorant l’accès des ménages. Ainsi, l’utilisation de ces intrants contribuera à l’augmentation des rendements des productions maraîchères et pluviales.
    • Les quantités de pluie enregistrées ont favorisé la production de pâturages et un bon niveau de remplissage des points d’eau, assurant une disponibilité en pâturages et en eau pour l’abreuvement d’une durée au moins égale à la moyenne. Par conséquent, la soudure pastorale devrait débuter normalement en avril et se terminer en juin 2026.
    • Les précipitations pour la saison agricole prochaine seront moyennes à excédentaires dans les pays du Sahel, selon NOAA, ce qui augurera une bonne campagne agricole et pastorale. La saison va s’installer normalement et évoluer dans de bonnes conditions hydriques qui vont bénéficier aux cultures céréalières et de rente, ainsi qu’aux plantes fourragères. Une bonne évolution des développements phénologiques des cultures céréalières est attendue. Toutefois, les superficies qui seront semées seront réduites à cause de l’insécurité qui va entraver l’accès aux terres de culture. La situation climatique favorable va se traduire également par un bon état d’embonpoint des animaux et par un bon rendement laitier de juillet à septembre 2026.
    • En raison de la prévision de précipitations excédentaires, des inondations sont anticipées entre juillet à septembre 2026 dans les régions riveraines des cours d’eau, notamment celles d’Agadez, de Diffa, de Dosso, de Maradi, de Zinder, de Tahoua et de Tillabéry, avec des dégâts qui seront enregistrés sur les cultures et les biens des ménages.
    • Le maintien de la fermeture de la frontière avec le Bénin va continuer de contraindre les échanges commerciaux entre le Niger et le Bénin. Les produits importés, comme le maïs, le riz, les fruits et légumes, ainsi que les produits d’exportation, comme le bétail, l’oignon, le niébé et l’arachide, seront les plus concernés. Cette situation va continuer d’entraver l’offre de produits alimentaires sur les marchés du Niger, mais les approvisionnements en denrées alimentaires vont évoluer de manière similaire à la moyenne, à la faveur des bonnes disponibilités nationales et des mesures d’interdiction des sorties de produits céréaliers et de l’utilisation du corridor du Burkina Faso.
    • Les prix des denrées alimentaires et des produits de rente vont évoluer selon la tendance saisonnière normale, à des niveaux supérieurs à l’année passée en raison de la baisse de la production agricole, mais comparables à la moyenne, grâce à une amélioration de l’offre intérieure et à une demande de consommation de plus en plus faible (Figure 2).
    • Les prix du bétail resteront moyens à supérieurs à la moyenne, à la suite de la baisse de l’offre des zones soumises aux conflits, du bon état d’embonpoint et de la demande des pays côtiers, qui sera soutenue à la faveur des périodes de forte consommation de viande, notamment le Ramadan et la Tabaski.
    • L’économie nigérienne devrait continuer sa croissance robuste en 2026, avec une augmentation du PIB réel projetée autour de 6,7 pour cent. Cette performance s’appuie sur des projections récentes du FMI et sur l’augmentation des exportations d’hydrocarbures, qui stimulent les recettes et favorisent la croissance à court terme. L’inflation globale devrait se modérer vers des niveaux plus faibles, sous l’effet des baisses de prix des produits alimentaires et de la stabilisation des conditions monétaires. Le déficit budgétaire devrait rester maîtrisé, même si la forte dépendance aux recettes pétrolières et aux conditions climatiques constitue un risque. D’autres risques incluent les défis de financement extérieur, la volatilité des cours mondiaux des matières premières, ainsi que les tensions sécuritaires régionales et géopolitiques mondiales.

    Assistance alimentaire humanitaire

    • Les assistances alimentaires seront irrégulières et insuffisantes pendant toute la durée de la perspective à cause des mesures sécuritaires prises par les autorités, notamment le maintien de l’interdiction de déplacement dans les zones d’insécurité et la réduction des financements des plans d’assistance alimentaire et humanitaire. Les effets de ces mesures seront plus sévères dans les régions affectées par les conflits où les actions humanitaires sont déterminantes à la sécurité alimentaire des ménages. 
    Résultats projetés de l’insécurité alimentaire aiguë de septembre 2026

    Crise (Phase 3 de l’IPC) persistera jusqu’en septembre à cause des conflits liés aux groupes armés terroristes, dont les activités se traduisent par une baisse des activités de moyens d’existence et une perturbation du fonctionnement et des approvisionnements des marchés dans les zones affectées et même dans les zones limitrophes. Le déplacement forcé des populations dû aux actes terroristes se traduit non seulement par une perte des actifs productifs, mais aussi par une perturbation de l’économie locale dans les zones d’accueil. 

    Entre février et mai 2026, les ménages pauvres déplacés, tout comme ceux des zones d’accueil, feront non seulement face à l’épuisement des stocks céréaliers, mais aussi à un faible pouvoir d’achat, conduisant à une réduction de l’accès aux aliments sur les marchés. Les quantités achetées n’assurent pas les besoins de consommation alimentaire requis, obligeant les ménages à réduire le nombre de repas à un ou deux par jour. Il y aura une augmentation des proportions des catégories de ménages pauvres, ne dépassant pas les 15 pour cent, qui seront en insécurité alimentaire d’Urgence (Phase 4 de l’IPC) et qui s’engageront dans des stratégies d’adaptation comme la mendicité et la migration des membres. 

    De juin à septembre 2026, une détérioration supplémentaire sera observée, suite à l’épuisement des stocks céréaliers, aux pertes des actifs productifs consécutives aux inondations, à une dépendance plus accrue et prolongée aux marchés, où les prix des denrées alimentaires seront à leur pic, et à une diminution plus forte des revenus. Cela aura pour conséquence une réduction de l’accès aux aliments et une limitation de la consommation alimentaire à un ou deux repas par jour chez une proportion plus élevée de ménages pauvres résidents et de ménages déplacés. La catégorie de ces types de ménages pauvres et déplacés, qui ne disposeront plus d’actifs et d’autres équipements de production suite aux effets persistants des inondations, sera en situation d’insécurité alimentaire aiguë d’Urgence (Phase 4 de l’IPC) dans des proportions plus élevées que celles observées de février à mai 2026, mais restant inférieures à 20 pour cent.

    Des résultats de Stress (Phase 2 de l’IPC) sont attendus dans les zones agricoles, agropastorales et pastorales non affectées par les conflits, avec des proportions de plus en plus élevées de personnes affectées jusqu’en juin-septembre 2026. Les conditions alimentaires seront caractérisées par l’épuisement des stocks céréaliers, des prix saisonniers élevés, des salaires bas de la main-d’œuvre agricole, des prix bas pour les produits forestiers et des cas d’inondation qui seront enregistrés suite aux précipitations estimées supérieures à la moyenne. Les revenus permettront juste d’effectuer les achats d’aliments pour couvrir les besoins alimentaires essentiels, mais seront insuffisants pour satisfaire les besoins essentiels non alimentaires. Les catégories de la population concernées sont les ménages pauvres et quelques ménages moyens déplacés, avec quelques poches de ménages pauvres, à des proportions de 5 à 10 pour cent, qui seront en Crise (Phase 3) à cause de la hausse des prix des denrées alimentaires qui, conjuguée aux pertes des actifs productifs consécutives aux inondations, va engendrer des déficits alimentaires. Toutefois, les précipitations estimées normales à excédentaires vont favoriser l’installation du tapis herbacé entre juillet à septembre 2026, améliorant l’état d’embonpoint des animaux, leur productivité et leur valeur marchande dans la zone pastorale non affectée par les conflits. Cette situation va se traduire par un renforcement de l’accès aux aliments et aux revenus pour les ménages éleveurs dont la situation va s’améliorer en Minimale (Phase 1 de l’IPC) entre juin à septembre 2026.

    Annexe 1 : Principales sources de preuves utilisées dans cette analyse
    Preuves SourceFormat des donnéesÉléments d'analyse de la sécurité alimentaire 
    Profils de moyens d'existenceFEWS NETQualitativesSources typiques de nourriture et de revenus par zone de moyens d'existence
    Evolution campagne agropastoraleMinistère de l’Agriculture et de l’Élevage, Institut National de la Statistique (INSQualitativeSources de revenus et de nourriture
    État des conditions d’élevage et du mouvement du bétailDirection du Suivi des Ressources Pastorales, de l’Alimentation et de la Gestion des RisquesQualitativeSources de revenus, pouvoir d’achat des denrées alimentaires
    Marchés et projection de prix 

    Système d’Information sur les Marchés Agricoles (SIMA)

    Système d’Information sur les Marchés de Bétail (SIM Bétail)

    QuantitativeÉvolution des prix et impacts sur l’accès alimentaire
    Analyse et projections de conflitACLEDQualitative/quantitativeDynamiques des conflits et impacts sur sources de revenus et nourriture
    Assistance alimentaireCellule Crise Alimentaire, PAMQuantitativeAccès à l’assistance alimentaire et impact sur la couverture des besoins de consommation
    Agro climatologie National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA), AGRHYMETQuantitativePrévisions saisonnières des précipitations et impacts sur le déroulement de la saison et perspectives des récoltes
    InondationsComité National de Prévention et Gestion des InondationsQuantitative/QualitativeAmplitude et intensité des inondations et impact sur les ménages, sur leurs biens et sur leurs actifs productifs
    NutritionMinistère de la Santé publique QualitativeÉvaluation des conditions nutritionnelles et sanitaires et l’analyse des impacts sur la sécurité alimentaire
    Annexe 2 : Approche analytique de FEWS NET expliquée

    L’alerte précoce en cas d’insécurité alimentaire aiguë nécessite de prévoir les résultats futurs plusieurs mois à l’avance afin de donner aux décideurs suffisamment de temps pour budgétiser, planifier et répondre aux crises humanitaires attendues. Toutefois, en raison des facteurs complexes et variables qui influencent l’insécurité alimentaire aiguë, il est impossible de faire des prévisions définitives. Le développement de scénarios est une méthodologie qui permet à FEWS NET de répondre aux besoins des décideurs en élaborant un scénario « le plus probable » du futur.

    Les principes clés du processus d’élaboration de scénarios de FEWS NET incluent l’application du cadre de réduction des risques de catastrophe et une approche basée sur les moyens d’existence pour évaluer les résultats de l’insécurité alimentaire aiguë. Le risque d'insécurité alimentaire aiguë d'un ménage dépend non seulement des dangers (comme une sécheresse), mais aussi de sa vulnérabilité face à ces dangers (par exemple, le niveau de dépendance à la production de cultures pluviales pour sa nourriture et ses revenus) et de sa capacité d'adaptation (qui prend en compte à la fois la capacité du ménage à faire face à un danger donné et le recours à des stratégies d’adaptation négatives qui nuisent à la résilience future). Pour évaluer ces facteurs, FEWS NET fonde cette analyse sur une solide compréhension approfondie des moyens d’existence locaux, qui sont les moyens par lesquels un ménage répond à ses besoins fondamentaux. Le processus d’élaboration de scénarios de FEWS NET prend également en compte le Cadre des moyens d’existence durables ; les Quatre dimensions de la sécurité alimentaire ; et le Cadre conceptuel de la nutrition de l’UNICEF, et est étroitement aligné sur le cadre analytique de la Classification intégrée des phases de la sécurité alimentaire (IPC).

    Comment FEWS NET analyse-t-il les résultats actuels de l’insécurité alimentaire aiguë ? FEWS NET évalue dans quelle mesure les ménages sont susceptibles de satisfaire leurs besoins caloriques minimaux. Cette analyse fait converger les preuves des conditions de sécurité alimentaire avec celles de la consommation alimentaire au niveau des ménages et de changement des moyens d’existence. FEWS NET prend également en compte les preuves disponibles sur l'état nutritionnel et la mortalité, en évaluant si celles-ci reflètent les impacts physiologiques de l'insécurité alimentaire aiguë. FEWS NET utilise l’échelle de Classification intégrée de la sécurité alimentaire (IPC) en cinq phases, mondialement reconnue, pour classer les résultats actuels de l’insécurité alimentaire aiguë. De plus, FEWS NET applique le symbole de « ! » pour désigner les zones où la Phase de l’IPC cartographiée serait probablement pire d'au moins une Phase sans les effets de l'assistance alimentaire humanitaire en cours.

    Comment FEWS NET élabore-t-il ses suppositions clés pour le scénario le plus probable ? Une étape clé du processus d'élaboration de scénarios de FEWS NET consiste à développer des suppositions fondées sur des preuves sur les facteurs influencent les conditions de sécurité alimentaire. Cela inclut les dangers et anomalies susceptibles d'affecter l'évolution de l'alimentation et des revenus des ménages au cours de la période de projection, ainsi que les facteurs affectant l'état nutritionnel. FEWS NET développe également des suppositions sur les facteurs censés se comporter normalement. Ensemble, ces suppositions forment la base du scénario « le plus probable ». 

    Comment FEWS NET analyse-t-il les résultats projetés de l’insécurité alimentaire aiguë ? En utilisant les suppositions clés soutenant le scénario « le plus probable », FEWS NET projette les résultats de l’insécurité alimentaire aiguë en évaluant l’évolution de la capacité des ménages à satisfaire leurs besoins caloriques minimaux au fil du temps. FEWS NET fait converger les attentes concernant la trajectoire de la consommation alimentaire et les changements dans les moyens d’existence au niveau des ménages avec l’état nutritionnel et de la mortalité au niveau de la zone. FEWS NET classe alors les résultats de l’insécurité alimentaire aiguë.  Enfin, FEWS NET utilise le symbole de « ! » pour désigner les zones où la Phase de l’IPC serait probablement plus sévère d’au moins une Phase sans les effets de l’assistance alimentaire planifiée, qui devrait être financée et livrée.

    Comment FEWS NET analyse-t-il l'aide alimentaire humanitaire ? L’assistance alimentaire d’urgence (en nature, en espèces ou en vouchers) peut jouer un rôle clé dans l’atténuation de la sévérité de l’insécurité alimentaire aiguë. Les analystes de FEWS NET intègrent toujours les informations disponibles sur l’assistance, bien que ces informations varient considérablement selon les zones géographiques et au fil du temps. Conformément aux protocoles IPC, FEWS NET utilise les meilleures informations disponibles pour évaluer où l'assistance est « significative » (définie par au moins 25 pour cent des ménages dans une zone donnée recevant au moins 25 pour cent de leurs besoins caloriques grâce à l'assistance). En outre, FEWS NET analyse les impacts probables de l’assistance sur la sévérité des résultats, comme détaillé dans les orientations de FEWS NET sur L’intégration de l’assistance alimentaire humanitaire dans l’élaboration de scénarios

    Annexe 3 : Calendrier saisonnier

    Source: FEWS NET

    Annexe 4: Évènements qui pourraient changer les résultats projetés de l’insécurité alimentaire aiguë

    Même si les projections de FEWS NET se concentrent sur le scénario « le plus probable », il existe toujours un certain degré d’incertitude dans les prévisions à long terme. Cela signifie que les conditions de la sécurité alimentaire et leurs impacts sur les résultats aigus de la sécurité alimentaire peuvent évoluer différemment de ce qui était initialement prévu. FEWS NET publie des mises à jour mensuelles de ses projections, mais les décideurs ont besoin d'informations préalables sur cette incertitude et d'une explication des raisons pour lesquelles les choses peuvent se dérouler différemment de ce qui était prévu. En tant que tel, la dernière étape du processus d’élaboration de scénarios de FEWS NET consiste à identifier brièvement les événements clés qui aboutiraient à un scénario alternatif crédible et modifieraient considérablement les résultats projetés. FEWS NET considère uniquement les scénarios qui ont une chance raisonnable de se produire.

    National 

    Amélioration de la situation sécuritaire 

    Impact probable sur les résultats de l’insécurité alimentaire aiguë : Avec l’installation de la force unifiée des États du Sahel et l’installation et la formation sur les techniques militaires des groupes d’autodéfense, des baisses d’intensité et d’ampleur des activités des groupes armés terroristes pourraient être observées. Il y aura alors de moins en moins d’attaques sur les routes commerciales et sur les marchés. Les circuits d’approvisionnement internes et transfrontaliers seront rétablis et fonctionnels et vont permettre un approvisionnement suffisant et régulier des marchés. Les prix vont évoluer conformément à leur tendance saisonnière, et les opportunités économiques autour des marchés seront rétablies comme sources de revenus additionnels pour les ménages pauvres. Ainsi, la consommation alimentaire des ménages dans les zones affectées par les conflits s'améliorera significativement.

    Annexe 5 : Un examen plus approfondi du conflit et de ses impacts sur les résultats de la sécurité alimentaire

    Figure 3

    Fonctionnalité des marchés et des routes commerciales dans la région du Liptako-Gourma, janvier 2026

    Source: FEWS NET

    La région de Tillabéry est un foyer, sinon le plus grand, de violences dues aux attaques répétées des groupes terroristes principalement l’EI Sahel et le JNIM. C’est la partie nigérienne du Liptako Gourma où la tendance historique montre une diminution des attaques pendant la saison des pluies. Toutefois, contrairement à cette tendance, de plus en plus ces attaques persistent avec les mêmes niveaux de violence indépendamment des saisons, dues surtout à la présence accrue dans les groupes terroristes de personnes locales originaires des zones affectées et maîtrisant mieux les terrains. Les violences visant les civils et les forces de défense et de sécurité se poursuivent en 2026 avec une tendance à la hausse. 

    La région de Tillabéry fait partie des régions du Niger qui ont une forte densité humaine, répartie presque à égalité entre les milieux urbains et ruraux. Toutefois, les violences, forcent les populations à se déplacer à la recherche de zones jugées plus sûres comme les chefs-lieux de régions et de départements. Cela conduit à des déséquilibres de la densité de population, à des dépeuplements des zones affectées et à des surpeuplements des zones sécurisées. 

    L’agriculture et l’élevage sont les principales activités de moyens d’existence. L’insécurité civile persistante engendre une forte réduction de l’espace occupé par les champs de culture de mil, de sorgho et de niébé, et donc une tendance soutenue de réduction des superficies et des productions agricoles, surtout suite à l’abandon des terres de culture dans les zones qui comptent pour plus de 50 pour cent de la production agricole de la région. En outre, les effets des violences ont affecté les zones d’accueil des personnes déplacées, notamment par le partage des rations alimentaires et la concurrence pour les emplois locaux, ce qui a affecté les sources de revenus et de nourriture des ménages résidents.

    L’espace pastoral et le capital bétail se rétrécissent de plus en plus à cause de l’insécurité, qui limite la mobilité des troupeaux, dont la taille et la composition diminuent du fait des vols, des pillages et des ventes plus fréquentes que d’habitude pour faire face aux dépenses incompressibles. La limitation des mouvements des animaux et leur concentration dans les zones sécurisées provoquent une surcharge animale sur le fourrage disponible et un épuisement précoce et prolongé des ressources pastorales. Cette précarité des conditions pastorales entraîne une détérioration de l’embonpoint des animaux, de leur valeur marchande, et des termes de l’échange bétail/denrées alimentaires. Par conséquent, le pouvoir d’achat des ménages éleveurs est affaibli malgré la vente de plus d’animaux pour disposer de revenus pour faire face aux dépenses alimentaires et non alimentaires. Les conflits entravent l'accès des acteurs et des vendeurs aux points de vente et aux routes commerciales, tout comme ils ont provoqué la fermeture ou le dysfonctionnement de certains marchés, provoquant une réduction de la demande et des prix des animaux. Les ventes massives, combinées aux vols et aux pillages, conduisent à une baisse du nombre d’animaux dans la zone. 

    Suite aux déficits de production agricole et animale, la dépendance aux marchés comme sources de nourriture s’est fortement accrue pour les ménages pauvres, pour lesquels les achats sur les marchés procurent typiquement 50 pour cent des aliments consommés. Toutefois, les activités terroristes sur les routes commerciales ont provoqué une perturbation généralisée des circuits de commercialisation, internes et transfrontaliers, ainsi qu’une forte réduction des activités et des acteurs commerciaux sur les marchés (Figure 3). Les revenus saisonniers sont très faibles à cause d’une suroffre causée par la concurrence pour les opportunités entre les ménages pauvres locaux et les PDIs, ce qui entraîne une baisse de la demande de main-d’œuvre agricole. Les quantités de nourriture que le pouvoir d’achat permet d’acquérir sont inférieures aux besoins énergétiques. Les activités de vente de main-d’œuvre et de produits artisanaux sont intensifiées mais procurent de faibles revenus à cause de leur faible demande locale et de l’absence de demande extérieure. Le capital bétail est significativement réduit suite aux ventes massives de détresse pour acheter la nourriture et aux vols par les groupes terroristes. Certains ménages ont dû vendre tout leur bétail et les autres ont vu tout leur bétail volé. 

    Citation recommandée: FEWS NET. Niger Perspectives sur la sécurité alimentaire February - September 2026: Conflict persists with Crisis (IPC Phase 3) outcomes in affected areas, 2026.

    Afin d’estimer les résultats de la sécurité alimentaire pour les prochains six mois, FEWS NET développe les suppositions de base concernant les événements possible, leurs effets, et les réponses probables des divers acteurs. FEWS NET fait ses analyses basées sur ces suppositions dans le contexte des conditions actuelles et les moyens d’existence locaux pour développer des scénarios estimant les résultats de la sécurité alimentaire. D’habitude, FEWS NET prévient du scénario le plus probable. Pour en savoir plus, cliquez ici.

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