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Une hausse atypique des prix limitant l’accès alimentaire des ménages

  • Perspectives sur la sécurité alimentaire
  • Niger
  • Février 2021
Une hausse atypique des prix limitant l’accès alimentaire des ménages

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  • Messages clé
  • CONTEXTE NATIONAL
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    • Les effets directs et indirects des crises sécuritaires et sanitaires sur les mouvements des personnes et des biens ainsi que sur les activités de moyens d’existence et des marchés s’observent et vont persister, engendrant ainsi des situations d’insécurité alimentaire dans le pays.

    • Les disponibilités alimentaires sont bonnes pour une consommation des ménages adéquate à la faveur d’une production agricole. Les disponibilités sont aussi bonnes dans la zone pastorale grâce à une production fourragère globalement excédentaire, suffisante pour les animaux jusqu’en mars-avril 2021.

    • A la faveur d’une production de cultures de rente (niébé, arachide, sésame, oseille…) et de produits animaux et maraichers au-dessus de la moyenne, les ménages gagnent des revenus moyennes. Le pouvoir d’achat des ménages est renforcé par les contributions des activités de main d’œuvre agricole et pastorale et d’auto-emploi dans la majorité des zones de moyens d’existence.

    • Les zones affectées par les conflits persistants sont confrontées à une insécurité alimentaire de Crise (Phase 3 de l’IPC) dans la zone nord de la région de Tillabery et Tahoua et d’insécurité alimentaire en Stress ! (Phase 2 ! de l’IPC) dans la région de Diffa et le sud de Maradi grâce à l’assistance fournie. Dans la majorité des zones de moyens d’existence, les ménages sont en insécurité alimentaire Minimale (Phase 1 de l’IPC) qui va continuer jusqu’en septembre 2021.


    CONTEXTE NATIONAL

    Situation actuelle

    Le contexte sécuritaire a été très mouvementé au cours des derniers mois de l’année 2020 et début de l’année 2021. La situation est surtout marquée par une augmentation relative des incidents sécuritaires commis à travers des incursions sécuritaires des groupes armés non étatiques (GANE) avec des assassinats, des enlèvements, de prélèvements de zakat, des agressions physiques et menaces de mort.  

    Les activités des groupes armés sont surtout observées dans la zone du Liptako Gourma, notamment le long de la frontière avec le Mali et le Burkina Faso, mais aussi le long de la frontière avec le Nigeria dans le bassin du Lac Tchad et dans le nord-ouest du Nigeria.

    Cette dégradation de la situation sécuritaire a touché le plus, les régions de Tillabery et de Tahoua, où 1,316 cas d’incidents sécuritaires ont été enregistrés selon UNHCR, avec au moins 100 incidents par mois depuis le mois de juin 2020 et le pic qui a été atteint en septembre avec 169 cas d’incidents sécuritaires. Depuis octobre, la tendance des incidents est à la baisse suite à un renforcement des patrouilles militaires, avec toutefois une tendance à la hausse observée depuis janvier 2021.  Dans les deux régions, les incidents sécuritaires ont ciblé aussi bien les populations hôtes que les déplacés internes et les refugiées. En outre, les incidents sécuritaires sont plus marqués par des extorsions des biens, les agressions physiques, les enlèvements, les vols et pillages.

    La détérioration de la situation sécuritaire dans les zones frontalières avec le Nigeria, le Mali et le Burkina Faso a entrainé le déplacement de 567 000 personnes en fin décembre 2020 dont environ 300 000 personnes déplacées internes contre 187 000 personnes et 158 000 personnes respectivement en 2019 et 2018.

    Le regain d’activités des groupes armés non étatiques a accrue les mouvements internes dans le pays comme ce fut le cas dans la région de Tillabery où le nombre de déplacés internes est passé de 57 080 personnes en fin décembre 2019 à 82 604 personnes déplacées en fin décembre 2020.

    Suite à ces conflits sur les frontières avec des incursions à l’intérieur du pays, 22 départements sur les 63 ont été placés sous état d’urgence sécuritaire. Ces départements sont localisés dans les régions de Tillabery, Tahoua et Diffa, soit trois régions sur les 8 régions du pays. Les mesures liées à l’état d’urgence sécuritaire ont conduit à un renforcement de la présence militaire dans les zones concernées et contribué à réduire l’espace des mouvements de personnes et des biens.

    Les impacts des incidents sécuritaires et les mesures prises par le gouvernement pour lutter contre l’activisme des groupes armés non étatiques sur les marchés et les moyens d’existence des populations ainsi que sur les infrastructures étatiques se sont étendues à la restriction des mouvements des acteurs humanitaires dans les zones concernées et particulièrement dans les régions de Tillabery et Tahoua où l’assistance humanitaire est limitée aux zones accessibles.

    Le Niger fait aussi face aux conséquences de la pandémie de la COVID-19 dont la seconde vague, commencée en novembre 2020, a été plus importante en termes de nouveaux cas de la maladie et de mortalité. En effet, du 1er novembre 2020 au 08 février 2021, un total de 3 405 nouveaux cas positifs a été notifié sur un cumul global de 4621 soit 74 pour cent de l’ensemble des cas. Toutefois, à cette date, on note effectivement une diminution importante du nombre de nouveaux cas. L’incidence cumulée hebdomadaire est passée de 1,8 pour 100,000 habitants à la première semaine du mois de janvier à 0,43 pour 100,000 habitants à la première semaine du mois de février 2021, soit 4 fois moins. Même si cette nouvelle vague n’a pas suscité la mise en application de mesures de mise en quarantaine ou d’isolement des zones les plus concernées, la fermeture des lieux de spectacles, des bars et des boites de nuit en vigueur de décembre 2020 jusqu’en début février 2021, a occasionné la mise en chômage et la perte de revenus pour les emplois de ces lieux de travail ou de prestations pour certaines populations des centres urbains.

    Les disponibilités alimentaires sont globalement bonnes dans le pays à la faveur d’une production céréalière prévisionnelle estimée à 5 576 371 tonnes, soit cinq pour cent de hausse par rapport 2019 et deux pour cent de baisse par rapport à la moyenne quinquennale. Ajoutés aux stocks initiaux de céréales des paysans, commerçants, publics et privés, les disponibilités en céréales pourraient avoisiner les 6 millions de tonnes.

    Concernant les produits de rente, les productions affichent des hausses variant de huit pour cent pour le voandzou, 13 et 14 pour cent respectivement pour le niébé et l’arachide jusqu’à 73 pour cent pour l’oseille, comparé à la moyenne quinquennale. Cette période de février coïncide habituellement avec la campagne de cultures irriguées de légumes qui se poursuit à la faveur d’une bonne disponibilité en eau pour l’irrigation et des appuis fréquemment obtenus des partenaires. Ces cultures horticoles qui sont aux stades de maturité/récolte dans tous les bassins de production avec des productions estimées moyennes, offrent de grandes opportunités de diversification de la consommation alimentaire et constituent de sources de revenus pour les ménages pauvres en contrepartie de leur main d’œuvre agricole.

    Les exportations de cultures de rente vers le Nigeria, principal pays de destination, enregistrent un repli par rapport aux années passées suite à la chute de la valeur du Naira. Les prix de vente se situent à des niveaux inférieurs à leur moyenne saisonnière pour le niébé surtout dans les zones de forte production, notamment la région de Zinder et cela contribue à réduire les revenus agricoles des ménages.

    Les offres de céréales locales sont moyennes et sont constituées aussi bien de céréales que de produits de rente en majorité provenant de la production locale, sauf dans les zones déficitaires où les céréales importées surtout le maïs et sur certains marchés le sorgho dominent. Toutefois l’offre de céréales importés sont en dessous de la moyenne suite aux perturbations de flux et à la baisse de production au Nigeria. La demande locale des ménages est moyenne et suit la tendance saisonnière, mais celle des commerçants et des institutions est plus forte que la moyenne à cause de l’épuisement des stocks suite aux opérations menées pour faire face aux effets des multiples chocs enregistrés l’année passée. Les prix des céréales suivent une tendance à la hausse par rapport aux mois passés, mais aussi par rapport aux moyennes saisonnières et à l’année passée. Les prix sont particulièrement élevés suite à un approvisionnement relativement faible sur les marchés consécutif a la hausse de la demande, a la perturbation des flux liées a la baisse de production au Nigeria et l’insécurité sur les corridors.  

    La pluviométrique excédentaire a engendré le remplissage satisfaisant des marres temporaires et permanentes et une régénération normale des plantes fourragères. La situation pastorale se caractérise par des ressources en pâturages et en eau de surface toujours abondantes sur la majorité de la zone. Ce qui améliore l’embonpoint des animaux et la disponibilité laitière, se traduisant par un renforcement de l’alimentation et des revenus pour les ménages éleveurs. La situation sanitaire du bétail est globalement calme avec quelques cas de maladies signalés au niveau de certains sites sentinelles. Les disponibilités sont aussi bonnes pour les animaux qui profitent d’une production fourragère évalué à 31 636 950 TMS contre 17 232 850 TMS lors de la campagne précédente, soit une augmentation de 45 pour cent.  Ainsi le bilan fourrager provisoire de la campagne pastorale 2020-2021 fait ressortir un excédent de l’ordre de 1 738 950 Tonnes de Matières Sèches (TMS). De plus, les marchés à bétail sont bien animés et les prix des animaux sont moyens avec la demande saisonnière dans les pays côtiers pour supporter les fêtes de Noël et la demande locale pour l’embouche.

    La situation alimentaire que vit la majorité de la population est une insécurité alimentaire Minimale (Phase 1 de l’IPC) avec toutefois des poches dans toutes les zones agricoles et agropastorales où les effets des inondations en 2020 ont détruit les productions agricoles et ont diminué les pouvoirs d’achat des ménages qui ont fait face à de multiples dépenses pour reconstituer leurs avoirs, notamment dans la zone péri-urbaine de Niamey et dans les régions de Tillabery et Tahoa. Malgré les revenus globalement moyens, les prix élevés des produits de consommation engendrent des dépenses alimentaires importantes qui ne permettent pas de faire des dépenses non-essentielles. La situation alimentaire dans les zones d’insécurité, notamment dans les régions de Diffa et de Maradi, l’insécurité alimentaire est en Stress ! (Phase 2 ! de l’IPC) grâce à assistance alimentaire fournie qui permet à la majorité des personnes dans le besoin de couvrir leurs besoins alimentaires. Cependant, la situation est plus critique dans le Nord des régions de Tillabery et Tahoua où l’insécurité alimentaire est en Crise (Phase 3 de l’IPC). Dans ces régions, l’assistance humanitaire qui ne couvre qu’une faible proportion (huit à douze pour cent) des ménages à cause des difficultés d’accès humanitaires provoquées par les conflits et l’insécurité, ne parvient à atténuer les déficits alimentaires et de protection des moyens d’existence. 

    La situation nutritionnelle au Niger reste préoccupante avec la conjugaison de facteurs défavorables comme les conflits et la violence armée ayant entraîné des déplacements massifs des populations limitant considérablement l'accès pour ces derniers aux services sociaux de base y compris les programmes de nutrition et d’assistance humanitaire. La situation nutritionnelle est marquée par une prévalence élevée de 12,7 pour cent de malnutrition aigues globale (MAG) au niveau national contre 10,7 pour cent en 2019 et par une prévalence de 2,7 pour cent de malnutrition aigüe sévère contre 2,6 pour cent en 2019.

    Suppositions

    • Prévisions pluviométriques : Sur la base de prévisions NMME, les pluies s’installeront à temps à partir de juin dans le pays. Le cumul pluviométrique sera normal à supérieur à la moyenne durant la saison des pluies qui se déroulera de juin à septembre 2021.
    • Perspectives pour les cultures de contre saison : La bonne disponibilité en eau augure une bonne campagne de production maraichère, de bonnes perspectives de récoltes pour les cultures de décrue et des opportunités de revenu moyen pour les ménages pauvres qui dépendent de ces activités.
    • Situation pastorale : Les effets conjugués des cas de feu de brousse enregistrés dans les zones pastorales de Maradi, Zinder et Tahoa et de la persistance de l’insécurité au Nord des régions de Tillabéry et Tahoua ainsi que dans la région de Diffa où les vols de bétail et les attaques des groupes armés non étatiques (GANE) continuent de perturber la transhumance et l’accès aux ressources en pâturages et en eau pour les animaux pourrait dégrader les conditions pastorales et provoquer une soudure précoce en début-mars 2021. La fermeture des frontières liée au COVID-19 constitue aussi un facteur limitant pour la transhumance transfrontalière du bétail. En outre, cette situation va se greffer à celle liée à l’insécurité pour créer des espaces de pâturage réduits pour les animaux.
    • Perspectives sur la situation sécuritaire :  L’insécurité dans la région de Diffa et dans la zone du Liptako Gourma va continuer selon la tendance observée d'une augmentation des événements qui sont de plus en plus mortels et d’une augmentation des déplacements au même rythme que celui observé ces dernières années.
    • Perspectives de la situation relative aux élections générales au Niger : Au Niger, malgré quelques passions suscitées, on ne s’attend pas à des actions violentes liées aux résultats des élections, donc la transition sera non violente et bien coordonnée.
    • Les perspectives sur la situation relative au COVID 19 : Compte tenu de la haute sensibilité de certaines mesures restrictives pendant cette période électorale, on ne prévoit pas la réactivation des mesures de confinement/de quarantaine des personnes et des certaines localités du pays (surtout les centres urbains). Ainsi, les effets attendus sur les moyens d’existence des ménages et sur les opportunités économiques du pays seront faibles par rapport à la situation observée l’année passée à la même période.
    • Perspectives sur les impacts de la dépréciation du naira :  La dépréciation du Naira par rapport au F/CFA va soutenir le transfert des denrées de base comme le mil et le sorgho en provenance du Nigéria et renforcer leur disponibilité sur les marchés locaux du Niger sur toute la période de projection. Toutefois, les disponibilités seront inférieures à la moyenne compte tenu du maintien de la fermeture de la frontière Nigérien consécutive à la progression de la pandémie COVID-19. Par ailleurs, les échanges du bétail et des cultures de rente du Niger vers le Nigeria pourraient bénéficier de la levée de la fermeture de la frontière du Nigeria mais la dépréciation du naira pourrait amoindrir l’incitation des commerçants importateurs et exportateurs d’investir dans ces échanges dont les volumes pourraient se situer à des niveaux inférieurs à la moyenne de la période.
    • Perspectives de la main d’œuvre : Les travaux agricoles vont se poursuivre jusqu’en avril pour les cultures de décrue et de contre saison comme en année normale et ils vont débuter en mai pour les cultures sous pluies. La disponibilité et l’accessibilité de la main d’œuvre agricole pour la prochaine campagne agricole seront globalement moyennes sauf dans les zones de conflit car on ne prévoit pas un éventuel durcissement des mesures sanitaires contre le COVID-19 qui comprendraient la limitation des mouvements des personnes comme ce fut le cas l’année passée. La demande de cette main d’œuvre sera normale en févier-avril 2021 pour les travaux d’entretien et de récoltes des cultures de riz et autres cultures irriguées à la faveur d’une intensification de ces cultures d’appoint pour résorber le déficit céréalier occasionné par les aléas climatiques par endroits. La disponibilité et les revenus de la main d’œuvre agricole seront similaires au niveau moyen en février-mai 2021 et même en mai- septembre 2021 y compris dans les zones riveraines du fleuve Niger de Niamey. La migration domestique et transfrontalière pourrait aussi diminuer en comparaison c la normale à cause des séquelles de la COVID-19 qui entraine un ralentissement des économies domestique et dans les pays d’accueil des migrants telles que le Benin et la Cote d’Ivoire. Toutefois, le nombre de migrants et les revenus qui seront gagnés seront supérieurs à ceux de l’année passée grâce à l’allègement des mesures sur les mouvements en lien avec le COVID-19. Aussi, les opportunités d’auto-emploi locales telles que la vente de paille, de bois et de produits artisanaux existe et seront exploitées pour générer des revenus permettant l’achat des produits de première nécessité et satisfaire les besoins vitaux. 
    • Flux : Les flux internes vont se maintenir normalement grâce aux récoltes moyennes. A partir de mars jusqu’en septembre 2021, les flux transfrontaliers en provenance du marché régional des pays comme le Benin, le Togo, le Ghana, la Cote d’Ivoire et le Burkina Faso vont contribuer à approvisionner les marchés locaux du Niger. Toutefois, avec des restrictions frontières liée au COVID-19 qui réduisent les flux et les conflits dans le bassin du Lac Tchad et dans la région du Liptako Gourma, les flux vont rester perturbés, et les délais et couts de transactions vont devenir plus longs et plus élevés que la moyenne.
    • Offre :  L’offre de céréales sèches locales et importés va évoluer à la baisse par rapport à l’année passée et à la moyenne à cause de la faiblesse des flux du Nigeria consécutive à la dépréciation du naira et la baisse estimée de la production dans le nord du Nigeria. L’offre continuera d’être en dessous de la demande a cause d’une production locale stable contre une demande atypiquement élevé. De plus, les couts élevés d’importation sur le marché international consécutifs aux mesures restrictives liés au COVID-19 pourraient contribuer à diminuer l’offre qui sera surtout réduite dans les zones soumises aux conflits et à l’insécurité des régions de Diffa, Tillabery et Tahoua.
    • Demande : La demande locale des céréales pour la consommation des ménages sera moyenne au cours de la période février-mars 2021 et supérieur à la moyenne avril-mai jusqu’en septembre à cause de l’épuisement des stocks et le retour sur les marchés pour la majorité des ménages. On s’attend à une demande institutionnelle atypiquement élevée qui se poursuivra pour la reconstitution des stocks épuisé à cause des différentes utilisations dont certaines (assistance dans le cadre du COVID-19, forte mobilisation des stocks en faveur des sinistrés des inondations) non prévues. La reconstitution des stocks par les commerçants, actuellement situés à des niveaux moyens à inférieurs à la moyenne, ceux des organisations paysannes, des institutions et les structures étatiques sont en cours à un niveau au-dessus de la moyenne et vont continuer jusqu’en mars 2021.
    • Prix des produits alimentaires : Les prix resteront à des niveaux plus élevés que la moyenne saisonnière à cause de l’offre et des flux perturbés par les baisses de productions dans certains pays d’importation, des conflits et de la fermeture des frontières.
    • Prix du bétail : A partir de février/mars 2021, les prix des bovins pourraient connaitre une baisse par rapport à la moyenne quinquennale à cause de la faible demande à l’exportation du gros bétail. Toutefois, pour les petits ruminants, les prix vont suivre la tendance saisonnière normale à des niveaux moyens a supérieur a la moyenne.
    • Perspectives sur les interventions humanitaires : Les interventions humanitaires mises en œuvre par l’Etat et ses partenaires vont débuter et se poursuivront jusqu’au mois de septembre dans les régions de Diffa et Maradi affectées par l’insécurité. Ces interventions deviendrons plus importantes et concerneront toutes les zones vulnérables dans le pays à l’exception de du Nord Tillabery et Tahoua de juin à septembre pour répondre à la soudure qui sera caractérisée par des sinistres causés par les inondations et les conflits.
    • Perspectives de la situation nutritionnelle : La situation nutritionnelle au Niger restera préoccupante et se maintiendra par une augmentation des cas de malnutrition infantile même pendant les périodes post-récoltes. La situation nutritionnelle se dégradera davantage pendant la période de soudure (juin, juillet, août) en raison des difficultés d’accès à une alimentation suffisante pour les ménages pauvres. De plus, les inondations et les eaux stagnantes liées aux précipitations observées habituellement pendant cette période constituent des nids pour la prolifération des germes pathogènes et exposeraient davantage les enfants à une crise sanitaire liées au paludisme, à la diarrhée, au cholera...etc. Cette situation pourrait avoir un impact négatif sur la situation nutritionnel de ces derniers.

    Résultats les plus probables de la sécurité alimentaire

    L’insécurité alimentaire de Minimale (Phase 1 de l’IPC) prévaudra pour la majorité des ménages en février-mars 2021 avec toutefois une évolution en Stress (Phase 2 de l’IPC) en avril-mai 2021 pour la majorité des groupes des ménages pauvres et déficitaires en production agricole et en revenus et qui feront face à des prix élevés des produits de consommation, toutefois représentant moins de 20 pour cent de la population des zones.Pour ces groupes de ménages dans les zones agricoles et agropastorales, le déficit de protection des moyens d’existence va persister davantage en juin-juillet et aout-septembre 2021 suite à l’épuisement des stocks et le déclin du pouvoir d’achat.

    Aussi, les groupes spécifiques comme les enfants de moins de 5 ans vont vivre une situation de « Crise » nutritionnelle avec des taux de prévalence élevés du fait des facteurs alimentaires telles que de déficits alimentaires dans certains groupes de ménages, facteurs sanitaires défavorables (insuffisances des activités de prévention et de prise en charge, accès limité aux services sanitaires) et mauvaises conditions d’hygiènes.

    Dans la zone pastorale, des difficultés d’accès aux pâturages vont apparaitre en mars jusqu’à juin 2021, suite à la dégradation saisonnière des conditions pastorales et des difficultés de mobilité vers le Nigeria et les zones d’insécurité. Les ménages pauvres de ces zones auront un pouvoir d’achat réduit suite aux prix élevés des produits alimentaires et de la baisse des prix du bétail consécutive à la détérioration de l’embonpoint des animaux. Une insécurité alimentaire Stress (Phase 2 de l’IPC) sera observée à partir de mars jusqu’en mai 2021. A partir de juillet, la régénération des plantes fourragers avec le début de la saison des pluies va améliorer l’embonpoint des bétails et augmenter les prix, ce qui va conduire à une insécurité alimentaire Minimale (Phase 1 de l’IPC) dans la zone.

    Les personnes déplacées et les ménages hôtes des régions de Diffa, Tillabery, Tahoua et Maradi, où l'insécurité a conduit à une production inférieure à la moyenne et à des prix plus élevés, seront dépendants des assistances humanitaires qui sont planifiées et seront distribuées aux ménages vulnérables des régions de Diffa et Maradi où l’insécurité va rester en Stress ! (Phase 2 ! de l’IPC). Dans les parties nord des régions de Tillabery et Tahoua, l’accès aux zones est limité même pour les acteurs humanitaires et les personnes déplacés dans le besoin auront un accès réduit aux aliments et seront affectés par une insécurité alimentaire en Crise (Phase 3 de l’IPC) durant toute cette période de scenario.

    Evènements qui pourraient changer les scenarios

    Événements possibles au cours des six mois à venir qui pourraient changer le scénario le plus probable.

     

    Zone

    Evénements

    Impact sur les conditions de la sécurité alimentaire

     

     

     

     

    National

    Plus forte tension sécuritaire

    • Réduction significative des flux des produits de consommation, de rente et d’animaux,
    • Diminution de la migration et des transferts
    • Réduction de l’espace humanitaire
    • Augmentation du nombre de personnes en Crise (Phase 3 de l’IPC) alimentaire.

    Recrudescence des cas COVID et reconduction des restrictions contre le COVID-19.

    • Baisse significative des revenus aussi bien dans les milieux ruraux qu’urbains conduisant à une insécurité alimentaire des ménages dépendant des activités informelles.

    Actions violentes suite aux résultats des élections générales

    • Prise et application de mesures sécuritaires limitant les mouvements des personnes et des biens
    • Hausse significative des prix de tous les produits

    Fermeture des frontières terrestres

    • Reduction significative des flux des produits
    • Faible départ en migration et transfert
    • Perturbation de la transhumance et accès limité aux zones fournies en pâturages

    Retard dans l’installation de la campagne agricole et déficit pluviométrique

    • Baisse de la production agricole et pastorale
    • Baisse des approvisionnements des marchés suite a une rétention des stocks par les spéculateurs
    • Hausse des prix des produits de consommation
    • Augmentation du nombre de zones et de ménages en insécurité alimentaire

    Invasion acridienne

    • Reduction de la production agricole de saison sèche
    • Reduction des fourrages verts des bords des cours d’eaux et dans les zones de bas-fonds
    • Baisse de la demande et des revenus de la main d’œuvre agricole

     

     

    This report is being translated to English.

    Figures Seasonal Calendar for a Typical Year

    Figure 1

    Seasonal Calendar for a Typical Year

    Source: FEWS NET

    Figure 2

    Figure 1

    Source: UNHCR

    Figure 3

    Figure 2

    Source: UNHCR

    Afin d’estimer les résultats de la sécurité alimentaire pour les prochains six mois, FEWS NET développe les suppositions de base concernant les événements possible, leurs effets, et les réponses probables des divers acteurs. FEWS NET fait ses analyses basées sur ces suppositions dans le contexte des conditions actuelles et les moyens d’existence locaux pour développer des scénarios estimant les résultats de la sécurité alimentaire. D’habitude, FEWS NET prévient du scénario le plus probable. Pour en savoir plus, cliquez ici.

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