Skip to main content

Conditions encore favorables à la consommation alimentaire des ménages

  • Mise à jour sur la sécurité alimentaire
  • Niger
  • Novembre 2011
Conditions encore favorables à la consommation alimentaire des ménages

Télécharger le rapport

  • Messages clé
  • Mise à jour de la perspective alimentaire à mars 2012
  • Messages clé
    • La réunion annuelle, organisée par le SAP, a identifié 228 zones « vulnérables » à l’insécurité alimentaire. Toutefois, les  populations vulnérables à l’insécurité alimentaire et leurs besoins d’assistance alimentaire n’étant pas estimés lors cette réunion, seront ciblés suite aux résultats de l’enquête nationale sur la vulnérabilité à l’insécurité alimentaire. 

    • A l’exception de quelques zones, la production des pâturages est faible dans toutes les régions du pays. Les réserves fourragères ne permettent pas la satisfaction des besoins en aliments des animaux pendant une période aussi longue que la normale principalement dans les régions de Tahoua et Tillabéri. 

    • Les marchés sont suffisamment approvisionnés avec des prix globalement au dessus de la moyenne quinquennale mais sans impact significatif sur l’accès alimentaire des ménages dont au moins 80 pour cent disposent actuellement de ressources alimentaires constituées par les stocks céréaliers, les payements en nature et les produits de rente et de cueillette. 


    Mise à jour de la perspective alimentaire à mars 2012

    Les résultats des rencontres techniques organisées par le SAP pour procéder à l’analyse de la vulnérabilité alimentaire des zones indiquent qu’une situation de vulnérabilité affecte 228 zones du pays contre 164 zones identifiées dans la même période de l’année passée. A cette étape de l’analyse de la vulnérabilité, les données ne permettent pas de cibler les populations vulnérables à l’insécurité alimentaire et d’estimer leurs besoins. Une enquête conjointe nationale est en cours pour dégager la situation détaillée de la vulnérabilité alimentaire des ménages dans ces zones.

    Les informations disponibles sont relatives essentiellement sur les bilans céréaliers et fourragers bruts et sur les opportunités économiques  locales. Les attaques des ennemis des cultures notamment la chenille mineuse et les sautereaux sont aussi des facteurs utilisés pour analyser la vulnérabilité des zones surtout dans les régions de Maradi et Zinder même si les impacts de ces attaques sont d’une ampleur globalement moyenne, sauf à Aguié (région de Maradi) où la chenille mineuse s’est significativement attaquée aux premiers semis arrivés à maturité en début septembre et à Filingué, Tillabéri et Téra où les attaques des sautereaux ont coïncidé avec des stades vulnérables des cultures selon les observations faites sur le terrain et les avis des techniciens.

    Les crises en Libye et en Côte d’Ivoire ont aussi été retenues parmi les facteurs de vulnérabilité. Ainsi, les zones d’origine des migrants revenus de la Libye et de la Côte d’Ivoire ont été identifiées comme « vulnérables », ce qui suppose que la migration vers le Côte d’Ivoire n’aura pas lieu cette année et que les transferts d’argent des migrants de la Libye étaient destinés principalement à l’alimentation et de ce fait sans ces transferts les ménages seraient en insécurité alimentaire. Or, selon les agences de voyages et les transporteurs interviewés par FEWS NET, la migration vers la Côte d’Ivoire est actuellement en cours. Aussi, les résultats de l’enquête de FEWS NET de mai/juin 2011 sur la migration et les transferts ont montré que les ménages qui ont le pouvoir financier d’envoyer leurs membres à la Libye étaient surtout des ménages moyens ou riches, qui ont accès à d’autres sources d’alimentation et de revenus suffisantes pour maintenir les besoins essentiels même sans les transferts. De plus, les transferts d’argent en provenance de la Libye finançaient en premier lieu l’acquisition des biens de production. Finalement, les observations du terrain indiquent que la majorité des migrants de la Libye sont en train d’exploiter ces biens (eg. taxi moto) ou de changer de destination (en migrant vers la Côte d’Ivoire). Ces stratégies n’ont pas d’impact négatif sur les moyens d’existence et devraient être suffisantes pour remplir les besoins minimums sans besoin d’assistance d’urgence pour le moment. 

    Le Ministère de l’élevage a procédé à l’estimation de la production fourragère disponible pour les animaux sur la base des résultats des relevés au sol et de l’interprétation des cartes de distribution de la végétation. Il existe cette année des zones de production fourragère médiocre particulièrement dans la zone pastorale et des pâturages peu ou pas appétés au niveau des enclaves pastorales et des jachères de la zone agricole. La production fourragère est moyenne à médiocre dans tous les sites de relevés et sur certains sites on peut s’attendre à une production largement inférieure à 300 kilogrammes de matières sèches à l’hectare.  Le bilan fourrager indique un déficit de plus de 10.222 millions de matières sèches, soit un l’équivalent de 50 pour cent du cheptel national en UBT. Les déficits les plus importants sont enregistrés dans les régions de Tillabéri, Tahoua et Zinder. Cette faible production des pâturages ne permettra pas la constitution d’une réserve alimentaire importante pour le bétail et son embonpoint. Cela se traduirait par un coût élevé du fourrage nécessaire à l’embouche bovine menée par les ménages et un prix élevé de l’entretien des animaux en général, surtout à partir de février/mars. La plupart des lacs et des mares sont totalement remplies à la fin de la saison des pluies, ce qui s'est traduit par une bonne utilisation des pâturages disponibles.

    La situation alimentaire est marquée actuellement, en ce mois de novembre 2011, par un maintien des disponibilités suffisantes et un accès des ménages aux produits agricoles sur l’ensemble du territoire national. Les conditions favorables ont été en grande partie créées par les impacts positifs des bonnes productions enregistrées, cette année, au niveau plusieurs commodités cultivées notamment les cultures de rente et les effets positifs de l’excédent céréalier enregistré l’année passée. Aussi, malgré le déficit de production enregistré pour les cultures céréalières, les informations du bilan alimentaire provisoire indiquent des conditions favorables de sécurité alimentaire dans toutes les régions du pays. Toutefois, suite aux déficits céréaliers et fourragers enregistrés dans certaines zones et principalement dans la majorité des zones de Tillabéri agropastoral, des déficits alimentaires vont se manifester dès janvier 2012 avec des tendances de fortes dégradations en mars/avril surtout en cas de poursuite des tendances haussières des prix des produits de consommation.

    Selon les données prévisionnelles disponibles du Ministère de Santé, les admissions des cas de la malnutrition aiguë globale sont supérieures à la moyenne dans toutes les régions. Cela pourrait être du à l’augmentation du nombre des centres nutritionnels, un meilleur approvisionnement en services, et un meilleur rapportage par rapport à la moyenne. Le nombre des admissions est en baisse entre septembre et octobre dans la majorité des régions, ce qui est normale selon la saison. La situation mérite un suivi rapproché, mais n’indique pas encore de signes de crise alimentaire pour les raisons suivantes :

    • Les récoltes étaient en retard en 2011, prolongeant le pic de la soudure à septembre au lieu d’août dans une année moyenne.
    • Les pics des maladies, surtout du paludisme, correspondent souvent avec une augmentation des nombres des admissions des enfants en situation de malnutrition aiguë. La poursuite des pluies pourrait avoir reporté les pics de ces maladies à septembre au lieu d’août.
    • Les demandes sur le temps des femmes en août étaient plus importantes que d’habitude avec les labours aux champs et la pression du mois de Ramadan. Cela pourrait avoir découragé la recherche d’appui nutritionnel pendant le mois d’août et augmenté le besoin en septembre.
    • Les tendances des admissions ne reflètent pas nécessairement des tendances de la prévalence de la malnutrition.

    FEWS NET attend à ce que les tendances des admissions de la malnutrition aiguë suivent la moyenne en générale avec une ampleur plus importante que d’habitude dans le centre et nord de Tillabéri et dans les zones pastorales de Tahoua.

    La situation des marchés est aussi dominée par le maintien à un niveau élevé des prix des céréales. Les prix du mil en novembre 2011 sont supérieurs de 5 pour cent à Bakin Birdji (Tanout) et de 30 pour cent à Tahoua lorsque comparés à la moyenne des cinq dernières années à la même période.  Les marchés des zones déficitaires du Niger connaissent toujours les prix les plus élevés que les marchés des zones de surplus. Ce niveau élevé des prix des céréales serait la conséquence d’une insuffisance de l’offre sur les marchés. En effet, le niveau de l’offre de mil provenant des producteurs est relativement bas au profit du niébé en raison des bonnes productions et des prix rémunérateurs du niébé, surtout dans les principaux marchés de collecte et de rassemblement à Maradi et Zinder. La demande est globalement stable. Elle est essentiellement constituée de la demande normale des ménages urbains et éleveurs et ceux des zones déficitaires car celle émanant des producteurs n’est pas importante à la faveur de l’autoconsommation des produits des nouvelles récoltes. Cela s’applique même aux zones ayant enregistré une production mauvaise, mais pas nulle.

    La situation des marchés de bétail se caractérise essentiellement, en octobre 2011, par une forte animation et une amélioration de l’offre et de la demande en cette période de fête. Les transactions sont dominées par l’espèce ovine, principalement le bélier pour la fête de la Tabaski. Les prix moyens ont connu une hausse au niveau de l’ensemble des catégories des ovins et caprins avec des améliorations de 26 pour cent à 50 pour cent comparativement à la même période de 2010. Cette situation est liée au bon état d’embonpoint des animaux et à la demande croissante exprimée par les exportateurs étrangers mais aussi et surtout à la fête de Tabaski qui est une période de forte spéculation.

    Dans les départements de Filingué, Tillabéri et Téra

    L’approvisionnement des marchés est encore satisfaisant pour la demande. La hausse des prix du mil, observée par rapport à la moyenne, est essentiellement liée à la spéculation des commerçants qui anticipent déjà un rôle incontournable des marchés pour approvisionner les zones déficitaires. 

    Cette zone fait partie de la région qui a enregistré le plus grand déficit agricole. Elle est aussi confrontée à un déficit de production fourragère dans les enclaves pastorales. Pour le moment, à la faveur des disponibilités alimentaires des anciens stocks céréaliers et ceux issus des mauvaises récoltes de cette année, les déficits enregistrés sur le plan agricole et pastoral ne traduit pas à un déficit dans la consommation alimentaire des ménages et même au cours des trois prochains mois, soit janvier/février/mars, la dégradation de la sécurité alimentaire pourrait se limiter au niveau Précarité/Stress (Phase 2 de l’IPC) à la faveur des revenus de la vente de main d’œuvre dans les zones de productions de riz irrigué, dans les centres urbains et sur les sites d’exploitation de l’or, qui permettent l’accès aux besoins minimums alimentaires et non-alimentaires. Dès avril 2012 (soit 2-3 mois plus tôt que d’habitude), les stocks seront complètement épuisés et les revenus seront en diminution suite à la fin des travaux d’entretien du riz irrigué et à la forte affluence sur les sites d’or et dans les centres urbains. Pendant cette période, on va aussi assister à la perte des revenus tirés de la vente de niébé et de paille qui seront épuisés à cause de leur faible production dans la zone cette année. L’insécurité alimentaire pourrait donc évoluer se situer au niveau Crise (Phase 3 de l’IPC) à partir d’avril/mai à cause de la hausse prévisible des prix et suite à la baisse des revenus et l’augmentation de la demande de consommation occasionnée par le retour des migrants. 

    Figures Calendrier saisonnier et des événements cruciaux

    Figure 1

    Calendrier saisonnier et des événements cruciaux

    Source: FEWS NET

    Cette mise à jour des perspectives sur la sécurité alimentaire présente une analyse des conditions actuelles d'insécurité alimentaire aiguë et de toute évolution de la dernière projection de FEWS NET concernant les résultats de l'insécurité alimentaire aiguë dans la géographie spécifiée au cours des six prochains mois. Pour en savoir plus sur le travail, cliquez ici.

    Get the latest food security updates in your inbox Sign up for emails

    The information provided on this Website is not official U.S. Government information and does not represent the views or positions of the U.S. Agency for International Development or the U.S. Government.

    Jump back to top