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Disponibilités céréalières se renforcent progressivement à la satisfaction de la demande

  • Mise à jour sur la sécurité alimentaire
  • Niger
  • Mars 2012
Disponibilités céréalières se renforcent progressivement à la satisfaction de la demande

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  • Mise à jour de la perspective à septembre 2012
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    • La période post récolte était marquée par des augmentations des prix et des niveaux élevés de 20-40 pour cent environ supérieure à la moyenne. La tendance depuis décembre/janvier est à la stabilité à la faveur d’un renforcement des disponibilités alimentaires et une baisse de la tension de la demande due à la fin des achats institutionnels et des commerçants. 

    • Suite aux prix élevés des céréales, au moins 20 pour cent des ménages de certaines localités, notamment ceux des régions de Tillabéri, Tahoua et Diffa, ont un déficit d’accès et de consommation alimentaires sur l’année de consommation sans la mise en place des aides alimentaires (Figures 1 à 3). 


    Mise à jour de la perspective à septembre 2012

    La période d’octobre-décembre/janvier était marquée par une forte pression de la demande émanant significativement des commerçants et du gouvernement pour la reconstitution des stocks céréaliers institutionnels.

    Dans la majorité des cas, à la faveur de la libération des stocks par les commerçants, les producteurs excédentaires et les ventes de 20 000 tonnes céréales à prix modérés, l’offre se situe à des niveaux équilibrés par rapport à la demande. En dépit de la fermeture théorique de la frontière avec le Nigéria, les flux informels continuent et les approvisionnements des marchés sont bons dans toutes les régions y compris celle de Diffa supposée être affectée négativement par la fermeture de la frontière entre le Niger et le Nigéria. Sur les marchés de Diffa, en effet, les prix des animaux ont gardé un niveau globalement stable à la faveur de la présence des commerçants exportateurs du bétail vers le Nigéria. Les disponibilités des céréales sont normales sur les marchés qui dépendent, à pareille période, à plus de 80 pour cent des importations du Nigéria.

    La demande des céréales provient essentiellement des ménages dont le nombre des membres a fortement diminué de 30 à 60 pour cent suite à la migration en décembre/janvier qui concerne plus de personnes cette année que d’habitude. Mais, a la date du 20 mars 2012, le Niger comptait près de 20 000 réfugiés maliens dans le nord Tillabéri. En générale, le nombre des refugies ne dépasse pas la moitié de la population locale.  Ainsi, l’arrivée des refugié n’est pas encore significative pour entrainer des hausses de la demande des céréales sur les marché ; ces réfugiés n’ont encore recours important aux marchés, car ils dépendent des assistances alimentaires. Grâce aux assistances apportées par les populations d’accueil, le gouvernement et les partenaires humanitaires, les conditions d’alimentation des réfugiés sont acceptables. Des déficits importants sont cependant constatés dans les conditions d’hygiène et d’assainissement qui rendent ces populations très vulnérables aux épidémies et une dégradation significative de la situation nutritionnelle des enfants.

    Selon les observations des missions de terrain de FEWS NET, cette période coïncide également avec la consommation des stocks de la production propre par les ménages disposant de stocks issus des stocks de report et ceux de cette année épargnés pendant les mois passés au profit des céréales achetés avec les revenus de la vente de produits de rente et de bétail. 

    Les disponibilités sont bonnes dans le pays et peuvent permettre une offre soutenue jusqu’en juin. La situation de l’offre qui est actuellement suffisante pour la demande solvable se traduit, actuellement par des tendances à la stabilité des prix qui se situent malgré tout à des niveaux encore plus élevés que la moyenne saisonnière.

    Compte tenu de la forte baisse de production agricole dans certaines localités du pays, les achats sur les marchés constituent pour la majorité des ménages la principale source d’alimentation. Suite aux prix exceptionnellement élevés sur les marchés de céréales et la faiblesse des revenus gagnés comparativement aux prix des produits, la sécurité alimentaire se caractérise par des déficits dans la consommation alimentaire sans que cela se traduise par l’adoption de stratégie de crise (ayant impact négatif sur les moyens d’existence) ou par un accroissement significatif des abandons scolaires ou des niveaux déjà élevés de malnutrition.

    En effet, les cas de malnutrition enregistrés entre décembre et janvier et entre janvier et février ne sont pas forcement des indicateurs d’une crise alimentaire aiguë. La comparaison des données nutritionnelles interannuelles démontre une augmentation significative des admissions en 2011 par rapport à 2010 malgré le fait que le nombre des personnes en insécurité alimentaire en 2011 était moins de la moitié de celui de 2010 (Tableau 1). Certaines augmentations significatives observées (cas de Kollo et Tillabéri dans la région de Tillabéri) sont les résultats de dépistages actifs dans des zones dépourvues de centres de santé. D’autres augmentations des cas de malnutrition (Diffa) rapportés s’expliquent par les fluctuations constatées dans les données collectées selon les agents chargés de la collecte dont certains n’ont pas reçu la formation sur la prise en charge des enfants malnutris. Les ruptures dans les distributions d’aliments thérapeutiques conduisent aussi souvent à enregistrer les données des admissions avec des omissions ou surestimation (cas de Magaria en février par rapport à janvier 2012). Le retard dans la transmission des données amène aussi à de fortes différences dans les données de malnutrition d’un mois à un autre (cas de Mirriah en février par rapport à janvier 2012).

    Selon les observations des missions de terrain de FEWS NET, la situation pastorale ne connaît pas encore une dégradation significative. Les animaux sont concentrés au Nord où la production fourragère est globalement moyenne et permet un embonpoint acceptable avec toutefois des déficits occasionnés par les problèmes d’eau d’abreuvement. Ces disponibilités sont renforcées par la mise en place d’aliments bétail (tourteaux, son de blé) en prévision des déficits qui vont commencer dès les mois prochains avec le retour des animaux transhumants et peut être plus précocement avec le retour des troupeaux nigériens en transhumance au Mali soumis à une insécurité civile liée à une rébellion armée.

    A la faveur d’une forte demande pour l’exportation les prix des animaux sont restés globalement normaux, à l’exception de certains marchés dont Diffa qui affiche une baisse de 20 pour cent par rapport à l’an dernier à la même période à cause de l’absence des acheteurs libyens. Des cas de hausses significatives (20 pour cent) ont été notés en février 2012 par rapport à la même période de 2011 sur les marchés de bétail (cas du marché de Ouallam). L’ampleur de la hausse des prix des céréales est comparable à celle des animaux, ce qui se traduit par des termes de l’échange bétail par rapport aux céréales stables en comparaison avec les moyennes en cette période.

    La situation des autres moyens d’existence se caractérise par une production au dessus de la moyenne de cultures maraichères (fruits et légumes). Selon les informations des services techniques du gouvernement nigérien, les objectifs de production de l’équivalent céréalier de 400 000 tonnes (le déficit céréalier brut anticipé en septembre 2011) sont atteints à plus de 90 pour cent dès la première décade du mois de mars 2012. Cependant, la bonne production a contribué à une baisse des prix par rapport à la moyenne compte tenu de l’offre des produits qui est supérieure à la demande de cette année. Les quantités de céréales obtenues (2 à 4 kg de céréales pour 1 kg de produits maraichers) grâce aux revenus des produits de maraichers en février, représentent une baisse d’environ 20 pour cent par rapport à janvier surtout pour les légumes dont l’offre est encore forte par rapport à la demande. Toutefois, les baisses des prix en février 2012 (de plus de 20 pour cent) par rapport aux mois passés interviennent dans un contexte d’une production en augmentation plus significative, donc ne sont pas synonymes de baisses de revenus que les producteurs maraichers pourraient garder à des niveaux normaux en vendant plus de quantités que d’habitude.

    Les cultures pluviales de rente notamment le niébé et le sésame, ont même augmenté respectivement de 15 pour cent et 20 pour cent par rapport au mois passé. Ces prix, surtout ceux du niébé profitent mêmes aux ménages pauvres qui détiennent encore de petites quantités de ce produit substitué dans les transactions de cette année par les produits maraichers. Dans la région de Maradi, les termes d’échange niébé par rapport au mil et sésame pour mil en février 2012 ont également évolué dans les mêmes proportions que leurs prix.

    La demande de paille comme aliment bétail est actuellement forte et le fagot de paille de brousse est vendu en mars 2012 à 1500 XOF contre 500-800 XOF en mars 2011 sur le marché de Ouallam. Malgré la mauvaise production de la paille dans les jachères, elle est encore disponible en grande quantité pour le moment dans la brousse car les travaux de récupération de terres on tune régénération importante d’herbacées.   

    Les perspectives de la sécurité alimentaire pour les prochains mois jusqu’en septembre 2012 se basent sur:

    • Une installation normale de la saison agricole et pastorale prochaine
    • Une augmentation de 30 à 60 pour cent de la demande consommation par rapport à aujourd’hui suite au retour des migrants en avril/mai
    • Des opérations nationales de vente à prix modéré de céréales et des distributions gratuites ciblées entre mars et septembre seront à 20 000 tonnes par mois environ ; le prix de vente est 13 000 XOF par sac de 100 Kg de mil, maïs et sorgho et par sac de 50 Kg de riz.  
    • Une forte détérioration des sources de revenus qui sera occasionnée par la non disponibilité de la paille, des produits de maraichage et de rente en mai-juin-juillet

    Sur la base de ces hypothèses, le niveau d’insécurité alimentaire sera globalement au niveau 2 « Stress » de l’IPC 2.0. En avril jusqu’en juin et en juillet/août/septembre, des déficits plus importants seront enregistrés par au moins 20 pour cent des ménages principalement dans les régions de Tillabéri, Tahoua et Diffa, ce qui les classe dans Phase 3 : Crise de l’IPC 2.0.

    Figures Calendrier saisonnier et des événements cruciaux

    Figure 1

    Calendrier saisonnier et des événements cruciaux

    Source: FEWS NET

    Nombre des enfants malnutris admis par an au Niger

    Figure 2

    Nombre des enfants malnutris admis par an au Niger

    Source: Système Nationale d’information Sanitaire (SNIS)

    Cette mise à jour des perspectives sur la sécurité alimentaire présente une analyse des conditions actuelles d'insécurité alimentaire aiguë et de toute évolution de la dernière projection de FEWS NET concernant les résultats de l'insécurité alimentaire aiguë dans la géographie spécifiée au cours des six prochains mois. Pour en savoir plus sur le travail, cliquez ici.

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