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Déséquilibre entre l’offre et la demande sur les marchés des denrées alimentaires

  • Mise à jour sur la sécurité alimentaire
  • Niger
  • Mai 2012
Déséquilibre entre l’offre et la demande sur les marchés des denrées alimentaires

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  • Messages clé
  • Mise à jour de la perspective alimentaire à septembre 2012
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    • Dans les zones agropastorales des départements de Filingué, Ouallam, Tillabéri, et Téra, les ménages pauvres et très pauvres seront en phase 3 (Crise) de l’IPC 2.0 jusqu’en septembre. L'accès alimentaire de ces ménages sera insuffisant pour remplir les besoins minimums alimentaires, en dépit de l’assistance d’urgence probable.

    • Le taux rapide d’augmentation des prix des céréales enregistré entre mars et avril 2012 est cause de préoccupation pour l’accès alimentaire. Pour les mois à venir et suite à la poursuite de l’augmentation de la demande consécutive aux travaux champêtres et au Jeun du mois de Ramadan, les prix vont rester anormalement hauts pendant la période de soudure.

    • L’afflux des animaux depuis février vers les zones de concentration de saison sèche était plus important que d’habitude du fait d’une faible transhumance du Niger et un fort afflux des animaux des refugiés suite aux conflits dans les pays voisins. Malgré cela, les pâturages, l’eau, l’assistance en aliment bétail, et le progrès normal de la saison seront suffisants pour assurer les besoins minimums alimentaires dans les zones de concentration à partir de juillet.

    • L’accès aux semences à temps et en quantité et qualité suffisante pose un problème, surtout dans les zones agropastorales de Tillabéri, Filingué, Ouallam et Téra où la production agricole n’était pas bonne en 2011/12.


    Mise à jour de la perspective alimentaire à septembre 2012

    La situation de la campagne agricole 2012/13

    La campagne agricole s’installe progressivement mais timidement dans les zones agricoles et agropastorales des régions de Maradi, Zinder, Dosso et Tillabéri où plusieurs villages ont semé depuis le début du mois de mai. La situation est préoccupante pour certains ménages pauvres et déficitaires de la région de Tillabéri qui font face à des problèmes pour accéder aux semences à temps et en quantité et qualité suffisantes suite aux déficits enregistrés l’année passée. Ainsi, dans le cadre du programme de soutien aux populations vulnérables, les services techniques concernés par la campagne agricole le Gouvernement du Niger, avec l’aide de ses partenaires, met en œuvre un programme d’appui en intrants agricoles d’urgence (des semences améliorées de mil et sorgho, des sachets de fongicides, des quantités importantes d’engrais, soit 6879 tonnes sur un besoin de 9642 tonnes). Environ 450 000 ménages bénéficieront du projet, contre 250 000 à 300 000 ménages typiquement.

    Les prévisions climatiques saisonnières établies pour les mois de juillet, août et septembre 2012 au cours du forum tenu en mai 2012 au Burkina Faso, prévoient de la probabilité de précipitations supérieures à la normale dans l’extrême Est.

    Situation des marchés

    Les prix enregistrés en avril sur les marchés sont globalement élevés par rapport au mois passé, à la même période de 2011 et à la moyenne quinquennale. Les hausses des prix les plus élevées en avril, par rapport à mars sont observées sur le marché de Bakin Birdji (31%) pour le mil. En outre, les hausses anormales des prix de maïs (8-21%), mil (11-31%) et de niébé (16-20%) sont observées sur les marchés autour du pays. Ces taux d’augmentation dépassent le taux d’augmentation moyenne (quinquennale) pour la soudure (juin-septembre).  La tendance des prix en mai est à la stabilité, alors que normalement les prix augmentent progressivement à partir de mai/juin jusqu'en septembre. Les prix des produits alimentaires restent toutefois stables en mai par rapport à avril, sur les marchés de Ouallam, de Diffa, de Tahoua, de Niamey et N’Gall/Agadez pour le mil à la faveur des flux de céréales provenant des marchés d’approvisionnement surtout du Nigeria et du Benin en direction des marchés des zones déficitaires. Ainsi, la substitution du mil vers le maïs et/ou le sorgho est généralisée entre les ménages très pauvres et pauvres dans les zones agropastorales et agricoles faisant face à une Crise d’accès alimentaire, surtout à l’ouest du Niger, à Agadez et à Diffa.

    En avril et mai, la demande des aliments du marché augmente typiquement à cause du  retour des migrants et de l’épuisement des stocks ménagers. Cependant au cours du mois d’avril 2012, l’approvisionnement du mil est jugé relativement faible par rapport au mois précédent, surtout dans des parties régions de Maradi, Diffa et Agadez. Le maïs et le sorgho sont généralement en quantités adéquates sur les marchés. En outre, sur de nombreux marchés, l’approvisionnement étant suffisante, la hausse des prix du mil, du maïs et du sorgho en avril 2012 est beaucoup plus attribuée à la hausse des prix sur les marchés d’approvisionnement observé en mars-avril. En plus, les augmentations des prix sur les marchés d’approvisionnement enregistrées en février/mars 2012 sont transférées rapidement sur les marchés de consommation en avril 2012. Aussi, les périodes de rupture des stocks destinés à la vente à prix modéré entre les mois de mars et avril se sont traduites par une hausse des prix sur les marchés dont les approvisionnements sont essentiellement assurés par les commerçants. Pour les mois à venir et suite à la poursuite de l’augmentation de la demande consécutive aux travaux champêtres et au Jeun du mois de Ramadan, les prix vont rester anormalement hauts pendant la période de soudure.

    Situation nutritionnelle

    Sur le plan nutritionnel, la hausse significative des admissions aux centres de récupération nutritionnelle constatée depuis le mois de mars s’est poursuivie de manière stable en avril. L’analyse de ces données des nouveaux cas enregistrés en avril 2012, soit 63 143 cas contre 67 171 cas en mars 2012. Au moins 6 cas sur 10 proviennent des foyers traditionnels comme Magaria, Matameye, Madarounfa, Tessaoua et Aguié, qui sont aussi proches à la frontière avec le Nigeria. Il est important à noter aussi que chaque année 30 à 60 pour cent des enfants malnutris admis dans ces centres frontaliers sont originaires du Nigéria. La dégradation de la situation sanitaire suite à l’incidence des maladies saisonnières va se traduire par une augmentation des admissions des enfants malnutris dans les mois à venir.                     

    Les assistances

    Suite aux déficits céréaliers enregistrés, le gouvernement a mis en œuvre, de novembre 2011 à avril 2012 dans tout le pays, un programme d’urgence  de cultures irriguées (oignon, pomme de terre, patate douce, choux, tomate, laitue) dont les résultats ont été évalués à plus de 1 200 000 tonnes, soit un équivalent céréalier de 338 224 tonnes  de production en kcal. Dans le domaine de l’élevage, les assistances ont porté sur 20 000 tonnes d’aliment bétail mis à la disposition des éleveurs sous forme de vente à prix modéré, soit 47 pour cent des besoins et la reconstitution du cheptel avec l’achat et la distribution de plus de 11 000 têtes de petits ruminants au bénéfice de 2750 ménages pauvres éleveurs de Dakoro en Mars 2012. Dans le cadre des appuis visant l’amélioration des revenus des ménages, un montant total de 5 milliards 269 millions de FCFA a été distribué au bénéfice de 675 471 ménages au cours de la période novembre 2011 à avril 2012. Les opérations de vente de céréales à prix modéré, conduite en février, mars et avril 2012, ont facilité l’accès des ménages pauvres à 52 500 tonnes de céréales. En perspectives, les assistances alimentaires programmées portent sur le cash transfert de 4 milliards 200 millions de FCFA et de distributions gratuites de 32 236 tonnes de vivres au profit de 432 000 ménages et de vente à prix modéré de 250 tonnes de céréales en mai, juin, juillet, août et septembre 2012. Les déficits importants constatés dans les conditions d’hygiène et d’assainissement des refugiés maliens et qui ont été rapportés dans les perspectives d’avril 2012, sont résorbés au niveau de tous les sites à la faveur de distributions de biens non alimentaires et alimentaires par les ONGs Plan Niger et World Vision en complément des appuis du Gouvernement du Niger.

    La zone agropastorale de Tillabéri, Téra, Ouallam et Filingué

    Les marchés situés dans cette zone sont bien approvisionnés par les commerçants surtout du Nigéria qui achètent en retour des animaux et autres produits de rente. Les prix sont hauts et la demande a augmenté suite à l’arrivée des migrants qui sont venus pour s’adonner aux travaux de production agricole. Les sources de revenus des ménages pauvres et très pauvres pour acheter les céréales sont constituées par les ventes de main d’œuvre pour les travaux agricoles dont la demande est normale dans les localités où la saison agricole s’est installée. Les ventes de bois et de paille génèrent des ressources financières. Toutefois, les prix anormalement élevées des céréales font que les quantités de céréales achetées avec des revenus normaux, ne sont pas suffisantes pour la consommation alimentaire. L’assistance planifiée, financée et probable ne sera pas suffisante pour diminuer la phase de l’insécurité alimentaire. La zone sera en phase 3: Crise jusqu’à septembre.

    La zone pastorale de Abalak, Tchintabaraden et Tanout

    Contrairement aux analyses faites dans les perspectives de la sécurité alimentaire en avril 2012, les assistances d’aliment bétail apportées dans la zone ont permis de maintenir les animaux dans un état d’embonpoint normal pour la période. Les aliments de bétail vendus par les partenaires à prix réduits, ont été des compléments alimentaires très appréciables pour les animaux qui convergent actuellement vers la réserve forestière de Gadabédji au Nord Dakoro où les ressources fourragères sont jugées suffisantes pour l’alimentation des animaux pendant encore un mois. À la faveur des conditions favorables localement et dans les zones voisines, les prix des animaux sont restés à des niveaux normaux. Les termes de l’échange d’animal à céréale montrent une dégradation en comparaison avec les tendances saisonnières normales à cause des prix des céréales exceptionnellement élevés. La saison pluvieuse devrait s’installer définitivement en fin juin. Au cas où les actions programmées (vente à prix modéré d’aliment bétail, de céréales et les cash transfert au profit des ménages éleveurs) se réalisent, on ne s’attend pas à une dégradation anormale de la sécurité alimentaire en zone pastorale. Ainsi, entre mai et juin, la zone sera en phase 3 (Crise) de l’IPC 2.0 mais cette situation va s’améliorer et évoluer en phase 2 (Stress) en juillet, août et septembre grâce aux renforcements des disponibilités fourragères qui seront favorisées par l’installation normale de la saison en zone pastorale.  

    La zone des cultures maraichères de l’Air des départements d’Arlit et Tchirozérine

    Les marchés ne connaissent pas de ruptures des approvisionnements mais les prix sont ailleurs très hauts suite aux niveaux élevés dans les marchés d’approvisionnements du Sud. Les stocks des ménages sont anormalement bas à cause du faible niveau de reconstitution consécutif aux prix non rémunérateurs de l’oignon. La récolte de la pomme de terre domine les activités de production dans cette zone et les prix de vente sont normaux mais n’arrivent pas au point de réhabiliter la zone qui a enregistré des déficits dans les activités génératrices de revenus dont principalement l’oignon. La vente de la production de l’oignon à des prix inférieurs à la moyenne a fortement affaibli le pouvoir d’achat des producteurs dont les revenus gagnés ne sont pas suffisants pour rembourser le prix de la main d’œuvre salariée employée à crédit sur les sites maraichers. Les déficits alimentaires ont été atténués grâce aux interventions humanitaires qui ont porté sur la distribution gratuite, la vente à prix modéré de 697 tonnes de céréales, le transfert de plus de 135 millions de FCFA sous forme de CFW qui ont permis d’acheter des céréales. Ces assistances ont permis aux ménages de couvrir leurs besoins alimentaires et ont encore besoin de la poursuite et du renforcement des assistances alimentaires qui viennent s’ajouter aux produits de l’oignon pour faire évoluer la sécurité alimentaire en phase 2 IPC2.0: stress en juin, juillet, août et septembre.

    Figures Calendrier saisonnier et des événements cruciaux

    Figure 1

    Calendrier saisonnier et des événements cruciaux

    Source: FEWS NET

    Cette mise à jour des perspectives sur la sécurité alimentaire présente une analyse des conditions actuelles d'insécurité alimentaire aiguë et de toute évolution de la dernière projection de FEWS NET concernant les résultats de l'insécurité alimentaire aiguë dans la géographie spécifiée au cours des six prochains mois. Pour en savoir plus sur le travail, cliquez ici.

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