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Les résultats de Crise (Phase 3 de l’IPC) persistent dans les zones affectées par les conflits

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  • Messages clé
  • Anomalies actuelles des conditions de sécurité alimentaire en décembre 2025
  • Mise à jour des suppositions clés sur les conditions atypiques de sécurité alimentaire jusqu’en mai 2026
  • Résultats projetés de l’insécurité alimentaire aiguë jusqu’en mai 2026
  • Annexe 1 : Mise à jour des principales sources de preuves utilisées dans cette analyse
  • Annexe 2 : Calendrier saisonnier
  • Messages clé
    • En décembre 2025 et janvier 2026, des résultats de Crise (Phase 3 de l’IPC) sont estimés dans les régions Tillabéry, Diffa et Tahoua en raison de la persistance des conflits. Il y a même des portions de ménages en Urgence (Phase 4 de l’IPC) parmi les populations déplacées et sinistrées par les inondations. L’insécurité alimentaire aiguë de Crise (Phase 3 de l’IPC) affecte la majorité des zones et des populations des régions de Tillabéry et de Diffa, mais seulement 2 sur 12 départements de la région de Tahoua.
    • En février-mai 2026, les résultats de l’insécurité alimentaire aiguë de Crise (Phase 3 de l’IPC) vont persister dans ces régions, avec toujours des catégories de populations qui seront en Urgence (Phase 4 de l’IPC). Cependant, si les zones affectées par l’insécurité alimentaire restent les mêmes que celles observées en décembre 2025 et janvier 2026, il y aura une évolution à la hausse des proportions des populations affectées en février-mai 2026.
    • Les zones de préoccupations sont celles affectés par les effets cumulés de l’insécurité civile, des inondations et des séquences sèches dont les impacts sont les baisses de la production agricole. Les ménages pauvres déplacés représentent plus de la moitié des ménages dans les phases les plus élevées de l’insécurité alimentaire. Les ménages pauvres sinistrés des inondations et ceux ayant été victimes des longues séquences sèches intervenues aux périodes critiques des stades phénologiques des cultures, font aussi partie des ménages affectés par les phases élevées de l’insécurité alimentaire aigue. Ils font face à une limitation des repas à 1 à 2 repas par jour.
    • La disponibilité des produits de consommation est faible chez les ménages ayant subi des déficits de production propres, mais le niveau de l’offre de denrées alimentaires est moyen sur les marchés. Les prix des denrées alimentaires poursuivent leur tendance à la baisse par rapport aux niveaux de l’année dernière et à la moyenne quinquennale. La situation observée sur les marchés des animaux est l’amélioration de l’offre et des prix, à des niveaux supérieurs à ceux de l’année passée et à la moyenne quinquennale. 

    Ce rapport fournit une mise à jour des perspectives sur la sécurité alimentaire d’octobre 2025 à mai 2026 et des messages clés de novembre 2025. L’analyse est basée sur les informations disponibles au 19 décembre 2025. 

    Anomalies actuelles des conditions de sécurité alimentaire en décembre 2025

    Figure 1

    Prix des céréales en décembre 2025 (FCFA/kg)

    Source: Système d’Information sur les Marchés Agricoles (SIMA)

    L’insécurité civile persiste avec des incidents sécuritaires et des dégâts matériels et humains commis par les groupes armés terroristes dans les régions de Tillabéry, Tahoua, Diffa et Dosso. Selon les données d’ACLED, de janvier à novembre 2025, les incidents sécuritaires au Niger ont augmenté de 15 pour cent par rapport à la même période en 2024. Dans les régions de Tillabéry et de Dosso, les incidents sécuritaires ont respectivement augmenté de 25 et 230 pour cent. Malgré cette forte augmentation dans la région de Dosso, elle ne représente que 17 pour cent des incidents sécuritaires totales contre 6 pour cent entre janvier et novembre 2024. Plus de la moitié des incidents sécuritaires ont été enregistré dans la région de Tillabéry, où il est aussi observé la tendance au maintien de la pression sécuritaire par les groupes armés terroristes. 

    Les résultats provisoires de la saison agricole indiquent des zones ayant enregistré des déficits par rapport aux besoins de consommation alimentaire. Les déficits enregistrés sont observés dans les zones d’insécurité civile et d’inondations à cause des pertes de superficies et des récoltes. Cependant, les zones ayant enregistré des déficits de production agricole céréalière, sont, en effet, localisées dans les régions de Tillabéry, de Tahoua et de Diffa, selon les résultats de l’évaluation des récoltes de la Direction des statistiques du ministère de l’Agriculture et de l’Élevage.

    Les marchés demeurent bien approvisionnés en céréales en raison de la période post-récolte pendant laquelle la demande est timide. Les prix des céréales sont en baisse par rapport à l'année passée et à la moyenne quinquennale. Le mil, le sorgho et le maïs sont en baisse de 15, 14 et 22 pour cent, respectivement, par rapport à l'année dernière et de 5, 6 et 12 pour cent par rapport à la moyenne quinquennale (Figure 1). En outre, les interdictions d'exportation, sauf dans les pays de l'Alliance des États du Sahel, favorisent également la baisse des prix des céréales.

    Selon les données de suivi partagées par le Réseau Billital Maroobé (RBM), ce sont 4 741 têtes de bétail (toutes espèces confondues) que les ménages éleveurs ont perdu pendant la période de janvier à novembre 2025 suite aux vols opérés par les groupes armés terroristes. Parmi les animaux volés, les nombres les plus élevés de têtes de bétail volés sont enregistrés dans les départements de Téra, Bankilaré, Torodi, Tahoua et Dosso. 

    Selon les données de l’enquête sites sentinelles, le nombre de sources de revenus a diminué pour la majorité des ménages et cela entraîne une diminution des revenus dont les plus fortes proportions, plus de 50 pour cent des revenus des ménages, sont consacrées aux dépenses alimentaires, surtout dans les zones à accès limité. Cette situation, qui fait suite aux déficits de production agricole dans les zones d’insécurité civile, conduit à une réduction des dépenses essentielles non alimentaires.

    Les activités saisonnières génératrices de revenus pour les ménages pauvres déficitaires sont constituées principalement des cultures de contre-saison dont les travaux de pépinière, de repiquage/plantation et de récoltes selon les variétés des cultures sont en cours et qui offrent des opportunités de revenus. Compte tenu de la compétition consécutive à la présence des personnes dans certaines zones de production agricole excédentaire et à la dépendance accrue des ménages pauvres déplacés aux revenus de la main d’œuvre agricole, l’offre augmente conduisant à des salaires réduits par rapport au niveau moyen des années passées. 

    Assistance alimentaire humanitaire

    Les dernières opérations d’assistance alimentaire par le gouvernement et ses partenaires ont été menées en août-octobre 2025 pour les distributions aux populations en insécurité alimentaire, et en septembre et octobre 2025 pour les populations impactées par les inondations. Ce sont 16 796 tonnes de céréales qui ont été distribuées à 1 175 802 personnes en insécurité alimentaire, et 7 665 tonnes de céréales à 536 550 personnes impactées par les inondations. L’élaboration du plan national de réponse à l’insécurité alimentaire par le gouvernement et du plan de réponse humanitaire des partenaires pour la période de soudure est lancée et sera finalisée au 1er trimestre de 2026 avec l’utilisation des résultats de l’analyse Cadre Harmonisé et des différentes analyses sectorielles.

    Mise à jour des suppositions clés sur les conditions atypiques de sécurité alimentaire jusqu’en mai 2026

    La plupart des suppositions qui ont soutenu l’analyse de FEWS NET concernant le scenario le plus probable pour les perspectives sur la sécurité alimentaire du Niger d’octobre 2025 à mai 2026 restent valables. Toutefois, les mises à jour suivantes ont été apportées afin d’intégrer des nouvelles données :  

    • Les attaques des groupes armés terroristes contre des populations civiles et des forces de sécurité devraient continuer aux niveaux élevés actuels au moins jusqu'en mai 2026. La région de Tillabéry reste l'épicentre de l'activité des groupes terroristes, et Dosso connaît la plus forte augmentation relative de la violence. Cependant, de manière générale, l'activité militante devrait suivre les tendances saisonnières passées, avec des attaques qui s'intensifient jusqu'au pic de la saison des pluies, suivies d'une diminution relative due aux contraintes de mouvement associées aux conditions pluvieuses. 
    •  Il est probable que les groupes affiliés au JNIM continueront à mener des attaques complexes contre des positions et convois des Force De Sécurité (FDS) dans l'ouest du Niger, atterrissant leur position à Tillabéry, étendant leur présence à Dosso et dégradant la capacité de l'appareil d'État.
    • Pour les ménages pauvres, les revenus tirés de la campagne des cultures de contre-saison en cours d’installation, d’entretien et des récoltes devraient être inférieurs à la moyenne, en raison de l’offre excédentaire de main d’œuvre par rapport à la demande due à la présence des personnes déplacées dans les zones de production et la migration des populations des zones affectées par les déficits agricoles. Ces activités vont constituer non seulement des sources de nourriture mais aussi des revenus pour ces ménages.
    • Les flux internes et transfrontaliers seront perturbés par les attaques des groupes armés sur les routes de commercialisation, le maintien de la fermeture de la frontière du Bénin et les restrictions aux exportations vers le Nigéria. Les stocks de report et les excédents de production enregistrés dans certaines zones sans conflit et à faibles impacts des inondations vont permettre de maintenir l’offre sur les marchés, surtout avec les avantages de la reconduction de l’interdiction de sorties des céréales en dehors des pays de l’AES, mais ces flux internes resteront en dessous de la moyenne, compte tenu de la persistance des actes terroristes entravant les échanges commerciaux.
    • À la faveur des nouvelles récoltes, additionnées des stocks de report et des mesures gouvernementales visant à renforcer les disponibilités nationales, les offres de denrées alimentaires seront suffisantes et la demande restera comparable à la moyenne jusqu’en mai 2026. Les prix des denrées alimentaires vont suivre leur tendance saisonnière normale mais seront inférieurs aux niveaux de l’année passée et à la moyenne quinquennale. 

    Assistance alimentaire humanitaire

    Le plan de réponse à l’insécurité alimentaire des ménages sera élaboré, publié et soumis pour le financement au 1er trimestre de 2026. Toutefois, à cause des difficultés de financement et des restrictions au déplacement des acteurs humanitaires, les assistances demeureront insuffisantes pour couvrir les besoins. 

    Résultats projetés de l’insécurité alimentaire aiguë jusqu’en mai 2026

    L’insécurité alimentaire aiguë de Crise (Phase 3 de l’IPC) va persister de décembre 2025 jusqu’en mai 2026 dans les régions de Tillabéry, Diffa, dans l’extrême nord-ouest de la région de Tahoua à cause des impacts des conflits et inondations sur les moyens d’existence des ménages et le fonctionnement des marchés. Des poches des ménages en Urgence (Phase 4 de l’IPC) seront observées parmi les personnes déplacées internes et les ménages affectés par les inondations. De février à mai 2026, la situation sécuritaire va continuer de perturber les activités de moyens d’existence et des marchés en plus d’accroitre les déplacements continus des populations. Pour les ménages pauvres, en plus du manque de production agricole propre suite à l’insécurité civile et aux inondations qui vont également perturber les opportunités économiques, même si tous les revenus seront consacrés aux dépenses alimentaires, ils seront insuffisants pour accéder aux quantités d’aliments nécessaires pour couvrir les besoins énergétiques. Les ménages opteront pour le rationnement de la consommation alimentaire en favorisant les membres ayant les besoins les plus urgents, et la vente des derniers biens possédés. En outre, les assistances alimentaires sont insuffisantes à cause des contraintes financières et sécuritaires qui les limitent à des groupes réduits de populations situées dans les zones accessibles.   

    Dans les zones agricoles et agropastorales, entre décembre 2025 et janvier 2026, en raison de la disponibilité des récoltes qui permettra de couvrir les besoins de la consommation alimentaire des ménages pauvres, l’insécurité alimentaire aiguë Minimale (Phase 1 de l’IPC) persistera. Cependant, entre février et mai 2026, les résultats de Stress (Phase 2 de l’IPC) seront anticipés suite à l’épuisement des stocks céréaliers et des effets de la soudure pastorale pour les ménages pauvres, dont le pouvoir d’achat va se limiter à l’achat des denrées de base. Ils seront incapables de faire des dépenses essentielles non alimentaires sans s’engager dans des stratégies de crise, comme la réduction des quantités des aliments achetées et consommées. 

    Selon les résultats de l’enquête SMART conduite en septembre/octobre 2025 par la direction de la nutrition en collaboration avec l’UNICEF, la malnutrition aiguë globale chez les enfants de 6 à 59 mois a atteint des taux critiques dans la région de Maradi. Dans cette région, les départements de Tessaoua et Bermo ont enregistré respectivement 23,5 pour cent dont 5,7 pour cent de cas sévères et 17,5 pour cent dont 3,1 pour cent de cas sévères, de Diffa avec 17,1 pour cent, dont 3,4 pour cent de cas sévères et de Zinder avec 12,4 pour cent, dont 3,9 pour cent de cas sévères. Ces zones enregistrent historiquement des taux élevés de malnutrition aiguë globale qui s’expliquent par des causes structurelles comme les comportements alimentaires inadéquats pour les enfants et les mauvaises pratiques des soins.

    Annexe 1 : Mise à jour des principales sources de preuves utilisées dans cette analyse

    La plupart des principales sources de preuves utilisées pour les perspectives sur la sécurité alimentaire de FEWS NET d’octobre 2025 à mai 2026 restent inchangées. Toutefois, les nouvelles sources de preuves sont répertoriées ci-dessous. 

    Preuves SourceFormat des donnéesÉléments d’analyse de la sécurité alimentaire 
    Enquête de sources de nourriture Sites sentinellesQuantitativesCouverture des besoins alimentaires et fréquence des aliments
    Organisations partenairesEnquête SMARTQuantitativesMalnutrition aiguë globale et sévère des enfants de 6 à 59 mois, entre autres données nutritionnelles 
    Plan d’assistance alimentaire Rapport du Gouvernement et partenaires sur le suivi et évaluation de la mise en œuvre du plan d’assistance alimentaireQuantitativesDistribution gratuite de vivres
    Données de suiviRéseau Billital Maroobé (RBM)QuantitativesVols de bétail et données des moyens d’existence
    Anomalies sur les conditions alimentaires (cartes)ACLEDQualitativesDonnées, anomalies et analyses sur les conflits 
    Annexe 2 : Calendrier saisonnier

    Source: FEWS NET

    Citation recommandée: FEWS NET. Niger Mise à jour sur la sécurité alimentaire Décembre 2025: Les résultats de Crise (Phase 3 de l’IPC) persistent dans les zones affectées par les conflits, 2025.

    Cette mise à jour des perspectives sur la sécurité alimentaire présente une analyse des conditions actuelles d'insécurité alimentaire aiguë et de toute évolution de la dernière projection de FEWS NET concernant les résultats de l'insécurité alimentaire aiguë dans la géographie spécifiée au cours des six prochains mois. Pour en savoir plus sur le travail, cliquez ici.

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