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L’insécurité se dégrade encore les régions de Tillabéry, Diffa, Tahoua et Dosso

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Messages clé Anomalies actuelles des conditions de sécurité alimentaire en avril 2026 Mise à jour des suppositions clés sur les conditions atypiques de sécurité alimentaire jusqu’en septembre 2026 Résultats projetés de l’insécurité alimentaire aiguë jusqu’en septembre 2026 Annexe 1 : Mise à jour des principales sources de preuves utilisées dans cette analyse Annexe 2 : Calendrier saisonnier
Messages clé
  • L’insécurité alimentaire de Crise (Phase 3 de l’IPC) persiste dans les régions de Tillabéry et Diffa tout comme dans le nord-ouest de la région de Tahoua en avril jusqu’en septembre 2026. Les conflits continuent d’entraîner des déplacements de population et d’impacter les moyens d’existence et les marchés. Des prix dépassant le pouvoir d’achat des populations déplacées et des ménages d’accueil pauvres entraînent un accès limité aux marchés et une alimentation réduite à un à deux repas par jour en raison de l’absence de stocks alimentaires. Le nombre de ménages en Crise (Phase 3 de l’IPC) va augmenter en juin à septembre 2026, et une proportion ‘de 5 pour cent pourrait basculer en Urgence (Phase 4 de l’IPC) sous l’effet combiné des conflits et des inondations.
  • Les résultats de Stress (Phase 2 de l’IPC) sont attendus dans les zones agricoles, agropastorales et pastorales non affectées par les conflits de mai à septembre 2026. Le pouvoir d'achat des ménages pauvres ne suffit qu'à couvrir leurs dépenses alimentaires, alors que les stocks s'épuisent et que ces ménages se tournent vers des marchés caractérisés par des prix alimentaires très élevés. Des groupes restreints de ménages pauvres avec des déficits alimentaires plus importants connaîtront une détérioration de leur insécurité alimentaire en Crise (Phase 3 de l’IPC) de juin à septembre. Leur faible pouvoir d’achat ne leur permettra de se procurer que des quantités très limitées de nourriture.
  • Les impacts à moyen terme du conflit au Moyen-Orient dus à l’augmentation du fret maritime et au prix mondial du pétrole vont entraîner une hausse des prix des produits importés et des engrais. Cependant, à court terme, les prix sur les marchés ne sont pas encore perturbés par le conflit. Le statut de pays producteur de pétrole et la diversité des sources d’approvisionnement en produits importés permettent de retarder la transmission des perturbations en cours sur les marchés nationaux des produits manufacturés. 
  • La situation sécuritaire se dégrade en raison de l’augmentation et de la fréquence des incidents sécuritaires, entraînant des déplacements de population et des perturbations des marchés et des moyens d’existence. Les principaux foyers sont les régions de Tillabéry, de Diffa, du nord-ouest de Tahoua et de Dosso. 

    Ce rapport fournit une mise à jour des perspectives sur la sécurité alimentaire de février à septembre 2026 et des messages clés de mars à septembre 2026. L’analyse est basée sur les informations disponibles au 22 avril 2026.

Anomalies actuelles des conditions de sécurité alimentaire en avril 2026

Figure 1

Les incidents sécuritaires et le nombre de décès (janvier 2025 à mars 2026)

Source: ACLED

  • La situation sécuritaire continue de se dégrader, avec des attaques de groupes armés terroristes en hausse dans les régions de Tillabéry, Diffa, Tahoua et Dosso. Selon les données d’ACLED les incidents sécuritaires ont augmenté de 29 pour cent pendant la période de janvier à mars 2026 par rapport à la même période de 2025, avec les plus fortes augmentations enregistrées dans les régions de Tahoua, de Diffa et de Dosso (Figure 1). L’analyse montre que les attaques terroristes en 2026 ont fait en moyenne deux victimes par attaque mais ont été plus meurtrières dans les régions de Tahoua et de Tillabéry où en moyenne ce sont respectivement trois et quatre victimes par attaque.  Les attaques terroristes continuent de provoquer des déplacements forcés des populations. Selon les données de l'UNHCR, au 31 mars 2026, le pays compte 1 032 114 personnes en déplacement forcé, dont 548 386 déplacés internes, contre 459 000 à la même période de 2025, soit une augmentation de 19 pour cent. 
  • Selon les résultats définitifs de la campagne agricole 2025/2026 du ministère de l’Agriculture et de l’Élevage, la production agricole, est en baisse de 10,7 pour cent par rapport à celle de 2024/2025, mais similaire à la moyenne quinquennale. Les baisses les plus importantes sont observées dans les régions d’Agadez, de Diffa, de Tahoua et de Tillabéry, où des pertes de superficie et de production sont enregistrées, suite aux conflits et aux inondations. Dans la zone pastorale, le bilan fourrager indique une baisse de plus de 23 pour cent par rapport à l’année passée suite aux déficits pluviométriques enregistrés. Ce déficit fourrager, combiné à l’accès limité à certaines zones de pâturage, entraîne une installation précoce de la période de soudure dans les zones pastorales, à partir d’avril 2026.
  • Les marchés fonctionnent normalement de façon globale, avec toutefois des perturbations majeures concentrées dans les marchés situés dans les zones de conflit. Entre les offres locales provenant de producteurs excédentaires et les commerçants, ainsi que les ventes à prix modéré par le gouvernement (82 000 tonnes de mil, de sorgho et de maïs), les approvisionnements sont suffisants. Ces ventes subventionnées, initiées en mars 2026 par l’Office des Produits Vivriers du Niger (POPVN), devraient toucher 820 000 ménages en fin juin 2026 soit 1 435 000 personnes en quatre phases. La demande évolue de façon stable, mais demeure faible comparativement à l’année passée et à la tendance saisonnière normale grâce aux stocks de report. Les prix sont globalement inférieurs à leurs niveaux de l’année passée et à la moyenne quinquennale.
  • L'afflux continu de personnes déplacées a entraîné une hausse de l'offre de main-d'œuvre, une intensification de la concurrence et des revenus inférieurs à la moyenne. Les activités saisonnières génératrices de revenus pour les ménages pauvres et déplacés, telles que la vente de main-d’œuvre agricole pour l’entretien et la récolte des cultures de contre-saison, ainsi que pour la préparation des champs pour la prochaine saison pluviale, se trouvent davantage entravées par la réduction des superficies cultivées consécutive à l’insécurité. 
Mise à jour des suppositions clés sur les conditions atypiques de sécurité alimentaire jusqu’en septembre 2026

La plupart des suppositions qui ont soutenu l’analyse de FEWS NET concernant le scénario le plus probable pour les perspectives sur la sécurité alimentaire du Niger de février à septembre 2026 restent valables. Toutefois, les mises à jour suivantes ont été apportées afin d’intégrer de nouvelles données :  

  • Les offres de denrées alimentaires seront insuffisantes dans les zones de conflit. Outre le déficit de production agricole, qui ne permet pas l’offre locale, l’insécurité perturbe les routes et les flux pour l’approvisionnement des marchés. Cependant, les stocks des récoltes de la campagne agricole 2025/2026, ajoutés aux stocks de report et au maintien des mesures gouvernementales d’interdiction de sortie des céréales, permettront d’assurer une disponibilité des denrées alimentaires dans le pays, en particulier dans les zones non affectées par les conflits.  
  • Les ménages pauvres auront des revenus faibles suite à la migration des populations des zones affectées par les déficits agricoles et à la concurrence dans l’offre de main-d’œuvre consécutive au déplacement de la population des zones de conflit. Les opportunités de gagner des revenus constitués des activités saisonnières de vente de main-d’œuvre agricole seront au-dessus de la demande à cause de l’offre des personnes déplacées s’ajoutant à celle des ménages d'accueil pauvres.  
  • Les précipitations pour la saison agricole 2026/27 seront moyennes à excédentaires dans les pays du Sahel selon les dernières mises à jour des prévisions climatiques. Avec ces précipitations espérées très importantes, les risques d’inondation demeurent autant importants dans les différents bassins hydrologiques.
  • Le conflit au Moyen-Orient, avec son corollaire de hausse des prix du carburant et des prix de transport, va entraîner une augmentation du prix des engrais, ce qui se traduira par une réduction de leur utilisation et des superficies mises en valeur pour les cultures exigeantes en engrais. Ces réductions dans les superficies vont provoquer des baisses de la production agricole, de la demande de main-d’œuvre agricole et des salaires saisonniers des ménages pauvres.
  • Les impacts du conflit en cours au Moyen-Orient sur les marchés énergétiques mondiaux pourraient entraîner une hausse des prix alimentaires au Niger supérieure aux projections actuelles, notamment si les perturbations du commerce maritime et la hausse des prix du carburant se prolongent. Dans un contexte de forte dépendance aux importations via des corridors déjà contraints (Cotonou) et coûteux (Lomé), toute augmentation des coûts de transport sera rapidement répercutée sur les prix des denrées alimentaires. Combinée à la période de soudure marquée par une dépendance accrue aux marchés, cette situation pourrait accentuer davantage les pressions inflationnistes.
Résultats projetés de l’insécurité alimentaire aiguë jusqu’en septembre 2026

L’insécurité alimentaire de Crise (Phase 3 de l’IPC) va persister dans les régions de Tillabéry, de Diffa et dans le nord-ouest de la région de Tahoua jusqu’en septembre 2026. Dans ces zones, les ménages pauvres n’auront plus de stocks car leur production agricole a été très faible suite aux effets des conflits et des inondations. Ils dépendront exclusivement des achats sur les marchés. Les ventes subventionnées de céréales contribuent, de façon générale, à la stabilisation des prix des denrées alimentaires sur les marchés, mais l’insécurité limite la couverture géographique de ces opérations. Ainsi, la hausse des prix des denrées alimentaires va persister et s'aggraver davantage en raison des répercussions du conflit au Moyen-Orient sur le coût du transport et des produits alimentaires importés. Cette hausse des prix atteindra son pic saisonnier durant cette période, ce qui limitera significativement le pouvoir d’achat des ménages pauvres et déplacés à de petites quantités d’aliments, qui ne permettront pas de couvrir la moitié des 2 100 kcal par personne et par jour. Entre juin et septembre 2026, des résultats d’Urgence (Phase 4 de l’IPC) seront observés chez une faible proportion de ménages pauvres déplacés (moins de 5 pour cent) qui font face à des changements significatifs de leurs moyens d’existence, suite aux vols et pillages par les groupes armés terroristes, et qui vont manquer d’opportunités de revenus dans les zones d’accueil. 

Les zones agricoles, agropastorales et pastorales non affectées par les conflits font face à des résultats de Stress (Phase 2 de l’IPC) d’avril à septembre 2026, avec un faible pourcentage de ménages en Crise (Phase 3 de l’IPC) de juin à septembre 2026. Les ménages pauvres de ces zones n’auront pas de stocks issus de leur propre production et feront recours aux marchés, qui afficheront des prix au-dessus de leur pouvoir d’achat, mais la substitution qu’ils feront à des produits alimentaires moins chers permettra de couvrir leurs besoins alimentaires. Les niveaux des prix des denrées alimentaires vont entrer dans une tendance soutenue à la hausse, due aux effets de la période de soudure, auxquels s’ajouteront progressivement les implications du conflit au Moyen-Orient, qui affectent les prix du carburant, le coût des transports et les produits importés. Ces perturbations vont se traduire par un pouvoir d’achat réduit pour tous les ménages pauvres de ces zones de juin à septembre 2026, se limitant à l’acquisition des denrées alimentaires, mais insuffisant pour couvrir les dépenses non alimentaires. Des faibles proportions d’environ cinq pour cent de ces ménages pauvres manqueront de quantités suffisantes d’aliments, réduiront le nombre de repas ou la ration et donc vont progressivement basculer vers une insécurité alimentaire aiguë de Crise (Phase 3 de l’IPC). 

Annexe 1 : Mise à jour des principales sources de preuves utilisées dans cette analyse

La plupart des principales sources de preuves utilisées pour les perspectives sur la sécurité alimentaire de février 2026 à septembre 2026 de FEWS NET restent inchangées. Toutefois, les nouvelles sources de preuves sont répertoriées ci-dessous. 

Preuves SourceFormat des donnéesÉléments d’analyse de la sécurité alimentaire 
Résultats définitifs de la campagne agricole 2025/2026Ministère de l’Agriculture et de l’ÉlevageQuantitatives

Production agricole totale comparée à l’année passée

Taux de couverture des besoins céréaliers

Assistance alimentaireMinistère du commerce/gouvernementQuantitativeAccès à l’assistance alimentaire et impact sur la couverture des besoins de consommation
Impacts du conflit au Moyen-OrientFEWS NETQualitativeAnomalies sur les marchés et les prix des produits alimentaires
Annexe 2 : Calendrier saisonnier

Source: FEWS NET

Citation recommandée: FEWS NET. Niger Mise à jour sur la sécurité alimentaire April - September 2026: Insecurity continues to deteriorate in Tillabéry, Diffa, Tahoua, and Dosso regions, 2026.

Cette mise à jour des perspectives sur la sécurité alimentaire présente une analyse des conditions actuelles d'insécurité alimentaire aiguë et de toute évolution de la dernière projection de FEWS NET concernant les résultats de l'insécurité alimentaire aiguë dans la géographie spécifiée au cours des six prochains mois. Pour en savoir plus sur le travail, cliquez ici.

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