Perspectives sur la sécurité alimentaire

L’insécurité alimentaire persiste en Crise (Phase 3 IPC) due à une crise sécuritaire grandissante.

Février 2020

Février - Mai 2020

Juin - Septembre 2020

IPC v3.0 Phase d'Insécurité Alimentaire Aiguë

1: Minimale
2: Stress
3: Crise
4: Urgence
5: Famine
Serait probablement pire, au moins une phase, sans l'assistance humanitaire en cours ou programmée
La manière de classification que FEWS NET utilise est compatible avec l’IPC. Une analyse qui est compatible avec l’IPC suit les principaux protocoles de l’IPC mais ne reflète pas nécessairement le consensus des partenaires nationaux en matière de sécurité alimentaire.

IPC v3.0 Phase d'Insécurité Alimentaire Aiguë

1: Minimale
2: Stress
3: Crise
4: Urgence
5: Famine
Serait probablement pire, au moins une phase, sans l'assistance humanitaire en cours ou programmée
La manière de classification que FEWS NET utilise est compatible avec l’IPC. Une analyse qui est compatible avec l’IPC suit les principaux protocoles de l’IPC mais ne reflète pas nécessairement le consensus des partenaires nationaux en matière de sécurité alimentaire.

IPC v3.0 Phase d'Insécurité Alimentaire Aiguë

1: Minimale
2: Stress
3+: Crise ou pire
Serait probablement pire, au moins une phase, sans
l'assistance humanitaire en cours ou programmée
La manière de classification que FEWS NET utilise est compatible avec l’IPC. Une analyse qui est compatible avec l’IPC suit les principaux protocoles de l’IPC mais ne reflète pas nécessairement le consensus des partenaires nationaux en matière de sécurité alimentaire.
Pour les pays suivis à distance par FEWS NET, un contour coloré est utilisé pour représenter la classification de l’IPC la plus élevée dans les zones de préoccupation.

IPC v3.0 Phase d'Insécurité Alimentaire Aiguë

Pays de présence:
1: Minimale
2: Stress
3: Crise
4: Urgence
5: Famine
Pays suivis à distance:
1: Minimale
2: Stress
3+: Crise ou pire
Serait probablement pire, au moins une phase, sans
l'assistance humanitaire en cours ou programmée
Pour les pays suivis à distance par FEWS NET, un contour coloré est utilisé pour représenter la classification de l’IPC la plus élevée dans les zones de préoccupation.

Messages clés

  • L’ampleur des déplacements de populations s’est accrue suite une situation sécuritaire qui s’est significativement dégradée depuis le début de cette année. Plus de 11 000 personnes représentent les nouveaux déplacés internes estimés dans les régions de Tillabéry, Tahoua, Diffa et Maradi en janvier-février 2020.

  • Les effets des aléas climatiques ont provoqué des déficits agricoles dans certaines zones. Cependant la bonne production de cultures de rente (arachide, sésame et niébé) et les produits horticoles en cours constituent de bonnes opportunités de revenus et de nourriture renforçant l’accès alimentaire pour la majorité des ménages agricoles et agropastoraux.

  • Le fonctionnement des marchés se caractérise par une offre de produits suffisante pour une demande faible qui est constituée principalement par les achats des consommateurs locaux et des éleveurs. Les prix ont entamé une hausse modérée surtout pour les produits importants (mais et sorgho) à cause des perturbations des flux consécutives à la fermeture de la frontière et de l’insécurité aux frontières. 

  • Dans plusieurs zones pastorales, les disponibilités se limitent à de faibles pâturages insuffisants pour l’alimentation du bétail. Les dépenses pour les aliments pour bétail en plus des dépenses alimentaires des ménages vont occasionner des ventes plus que d’habitude d’animaux. Pour les ménages pauvres, la consommation alimentaire sera assurée mais aux dépens d’une pression forte sur les moyens d’existence et une insécurité alimentaire en Stress (Phase 2 de l’IPC) va s’installer progressivement dans la zone en mars jusqu’au moins en juillet 2020.

  • L’insécurité alimentaire aiguë est globalement Minimale (Phase 1 de l’IPC) avec toutefois, un niveau plus élevé de Crise (Phase 3 de l’IPC) observée dans les zones Nord de la région de Tillabéry et dans la région de Diffa ou l’assistance alimentaire permet de le maintenir en Stress ! (Phase 2 ! de l’IPC).

Contexte National

Situation actuelle

Les chocs sécuritaires continuent d’être les facteurs de risque les plus importants du début de cette année. Les incidents sécuritaires ont connu une augmentation sans précèdent dans les régions de Tillabéry, Diffa, Tahoua et Maradi et ont amplifié les mouvements de populations à l’intérieur du pays et sur les frontières avec le Nigeria, le Mali et le Burkina Faso.

Les flux de mouvements de populations ont été plus observés dans le mois de janvier 2020 qui a enregistré, selon OCHA, plus 11 000 personnes déplacées. Les plus grands flux des déplacements sont enregistrés dans la région de Tillabéry ou les nouveaux déplacées internes enregistrées en janvier et février 2020, représentent 6 personnes sur 11 personnes déplacées. Ces personnes déplacées sont accueillies dans des familles d’accueil dans les régions de Tillabéry, Maradi et Tahoua et viennent s’ajouter aux anciens déplacés estimés à plus de 250 000 personnes dont la majorité habitent dans des ménages hôtes.

La situation des marchés se caractérise par un équilibre entre l’offre et la demande de céréales, sauf dans les régions de Tillabéry, Diffa et Tahoua ou les approvisionnements sont très faibles suite à l’insécurité et au conflit limitant les flux ou conduisant à la fermeture de plusieurs marchés. L’offre est constituée aussi bien de céréales que de produits de rente en majorité provenant de la production locale, sauf pour le maïs et le sorgho dont l’offre sur les marchés est entre 80 et 100 pour cent en provenance des pays comme le Nigeria pour le sorgho et le Benin et le Burkina Faso pour le maïs. La demande locale est moyenne à la faveur de la présence des stocks paysans et de la reconstitution des stocks par les ménages éleveurs. La demande commerciale est aussi faible suite aux incertitudes concernant la tendance que va prendre la demande surtout en lien avec la dégradation continue de la situation sécuritaire dans la sous-région du lac Tchad et dans le Liptako Gourma. Les prix des céréales sont dans une tendance à la hausse par rapport aux moyennes saisonnières et même par rapport à l’année passée, surtout pour les produits importés dont les importations se font dans des circuits très longs à cause de la fermeture de la frontière du Nigeria et de l’insécurité qui créent des coûts de transactions très élevés qui sont transférés sur les prix à la consommation, contribuant à augmenter les prix sur les marchés.

Sur les marchés de bétail, les présentations des animaux ont fortement augmenté à la faveur de la descente précoce des éleveurs transhumants dans la zone agricole et agropastorale et qui pratiquent le déstockage stratégique suite au déficit fourrager. L’augmentation des présentations peut aussi s’expliquer par les offres des transhumants d’autres pays, du Tchad et du Cameroun surtout, sur les marchés situés dans les régions de Zinder et Maradi considérés plus en sécurité. Toutefois, l’offre a fortement diminué sur les marchés situés dans les régions de Tillabéry et de Diffa, compte tenu des problèmes sécuritaires. La demande d’animaux sur les marchés est moyenne car en plus de la demande locale de consommation et pour l’embouche, la demande à l’exportation se fait comme habituellement malgré la fermeture de la frontière du Nigeria. Ces conditions favorables de la demande et le bon état d’embonpoint des animaux contribuent à maintenir les prix en hausse par rapport à l’année passée et à la moyenne des cinq dernières années.

La disponibilité alimentaire est constituée par les céréales produites pendant la campagne agricole passée et des stocks de report des producteurs. Cette disponibilité est moyenne par rapport aux besoins de consommation humaine sauf dans certaines dont les productions sont détruites par les inondations et dans d’autres ou les superficies emblavées sont réduites suite à l’insécurité réduisant l’accès aux champs de cultures. Ces disponibilités sont renforcées par les produits issus de la campagne de cultures irriguées de légumes qui bénéficient d’une bonne disponibilité en eaux pour l’irrigation et des appuis obtenus des partenaires. Ces cultures horticoles qui sont aux stades de maturité/récolte dans tous les bassins de production avec des productions espérées moyennes, offrent de grandes opportunités de diversification de la consommation alimentaire et constituent de sources de revenus pour les ménages pauvres vendant leur main d’œuvre agricole.

La production de cultures de rente en 2019/2020 est estimée bonne et permet aux producteurs de gagner des revenus agricoles sans des ponctions sur les produits vivriers, surtout que les exportations de cultures de rente vers le Nigeria, le Ghana, la Côte d’Ivoire et le Togo restent dans la tendance normale sauf pour le niébé dont l’exportation vers le Nigeria enregistre un recul persistant depuis la chute de la valeur du naira. Les prix de vente se situent à des niveaux inférieurs à leur moyenne saisonnière pour le niébé surtout dans les zones de forte production de Zinder et Maradi. Les productions du sésame et de l’arachide sont bonnes à la faveur des augmentations des superficies et de l’utilisation de semences améliorées et les prix gagnés par les producteurs sur les marchés sont bons grâce à la forte demande à l’exportation.

Avec le déficit fourrager estimé à plus de 11 millions de tonnes de matières sèches, le pâturage actuellement disponible pour les animaux est très faible dans les zones pastorales, mais les achats de compléments alimentaires contribuent à maintenir l’embonpoint des animaux et leur valeur marchande a un niveau favorable. Toutefois, les animaux séjournant dans la zone pastorale n’arrivent pas à trouver suffisamment de pâturage et leur entretien engendre des charges financières supplémentaires sur les dépenses des ménages.

A la faveur des moyens d’existence constitués par la propre production de céréales et de produits horticoles les ménages agricoles et agropastoraux ont globalement un accès suffisant aux aliments et aux revenus.

Les conditions alimentaires et de revenus sont aussi globalement favorables à une situation nutritionnelle comparable à la tendance saisonnière. Cependant dans les zones de conflit ou la destruction ou l’inaccessibilité des infrastructures sanitaires, la baisse des productions agricoles et les pertes des moyens d’existence peuvent se traduire par une dégradation de la situation nutritionnelle des enfants de moins de 5 ans.

Ainsi, la majorité des ménages dans les zones agricoles et agropastorales sont en situation d’insécurité alimentaire Minimale (Phase 1 IPC) grâce aux ressources alimentaires constituées par la production céréalière et horticoles qui permettent un accès aux aliments suffisants pour couvrir leurs besoins de consommation sans recourir à des stratégies inhabituelles. La bonne production de produits de rente permet de disposer de revenus tirés de la vente des produits de rente et de couvrir les besoins de dépenses non alimentaires essentielles.

Les ménages éleveurs nomades restant dans la zone pastorale font face à une situation d’insécurité alimentaire en Stress (Phase 2 IPC) car suite à la hausse des prix des produits de consommation, la perte d’embonpoint des animaux exige de vendre plus d’animaux que d’habitude pour assurer les dépenses alimentaires et non alimentaires essentielles.

Dans le sud de la région de Maradi, une minorité de ménages constitués de réfugiés et de ménages hôtes pauvres arrive à couvrir leurs besoins alimentaires grâce à l’assistance alimentaire fournie dans le cadre des mécanismes de réponse rapide en cours par le PAM et des ONGs. 

Dans la région de Diffa, une insécurité alimentaire en Stress (Phase2 de l’IPC) affecte la majorité des ménages des zones agricoles et agropastorales suite à une mauvaise production agricole et pastorale consécutive aux déficit pluviométriques et aux inondations avec toutefois des actions de filets sociaux du gouvernement en cours au bénéfice des populations affectées. Dans les zones de moyens d’existence de poivron et riz de la Komadougou, de pèche et de culture de décrue du Lac Tchad, c’est une insécurité alimentaire en Stress ! (Phase 2 ! de l’IPC) qui prévaut à cause du conflit et des inondations qui ont détruit les sources de nourriture et de revenus des ménages qui, malgré l’assistance alimentaire humanitaire reçue et couvrant les besoins, sont incapables de faire de dépenses non alimentaires.

L’insécurité alimentaire reste en Crise (Phase 3 de l’IPC) dans les zones de moyens d’existence agropastorale de la région de Tillabéry à cause de l’insécurité qui empêche les populations de faire les activités habituelles de moyens d’existence et d’accéder aux revenus et à la nourriture. Dans la partie pastorale de cette région, l’insécurité alimentaire se situe au niveau Stress (Phase 2 IPC), les populations ont perdu une bonne partie des moyens d’existences constitués par le capital bétail suite aux attaques, pillages et les ventes excessives pour faire faire aux besoins alimentaires. 

Suppositions

Les scenarios les plus probables de la sécurité alimentaire de février à septembre 2020 se basent sur des suppositions fondamentales par rapport à l’évolution du contexte national, qui sont :

Perspective de la saison agropastorale : La campagne agricole et pastorale pourrait démarrer à la date d’installation normale avec des cumuls des précipitations normaux et localement excédentaires pouvant occasionner des inondations avec pertes de moyens d’existence.

Disponibilité alimentaire : La disponibilité de denrées de base dans les ménages et sur les marchés devrait évoluer suivant la tendance saisonnière normale caractérisée par un accès et un approvisionnement suffisant entre février et avril avec les contributions alimentaires et financières des produits horticoles et une baisse normale au fur et à mesure que l’on approche la période de soudure en juin.

Les sources de revenus : Les produits de rente (niébé, arachide, sésame, souchet et voandzou) dont la production est estimée moyenne globalement vont permettre de gagner des revenus monétaires en février-mars. Les produits horticoles vont contribuer aux ressources des ménages entre février et avril 2020. Les ménages pauvres vont aussi bénéficier de revenus moyens à supérieurs à la moyenne issus des travaux de récoltes pour les cultures de décrue et de contre saison qui seront abondants jusqu’en avril 2020 grâce au bon niveau de recharge de la nappe phréatique favorisé par les fortes pluies enregistrées. Les autres sources de revenus telles que le petit commerce, l’artisanat, la vente de paille et de bois vont constituer des sources de revenus. Toutefois, les montants qui seront gagnés seront inférieurs à la moyenne compte tenu du nombre de personnes et de l’offre plus élevée car les personnes déplacées et celles a déficit agricole et fourrager vont en majorité s’engager dans ces activités de survie.

Migration : Avec les crises sécuritaires persistantes au Nigéria, au Mali et en Lybie les départs en migration vont diminuer ou seront de courte durée et les transferts d’argents vont rester faibles et inférieurs à la moyenne saisonnière.

Perspectives pastorales : La production fourragère est significativement déficitaire et vient s’ajouter à 3 à 4 années de baisse de production et disponibilités fourragères. Cela va entrainer une soudure pastorale globalement précoce en mars et plus longue que la normale, ce qui va se traduire par des conditions pastorales défavorables. Cette situation va conduire à une détérioration de l’embonpoint des animaux et de leur valeur marchande et une baisse de la production de lait et donc des revenus en zone pastorale. Pour faire face aux dépenses alimentaires et non alimentaires et suite à la baisse des prix des animaux et la hausse de ceux des produits de consommation, les ménages vont vendre plus d’animaux que d’habitude et cela va réduire la taille des troupeaux entre avril et juillet.  Toutefois, il est attendu un appui du gouvernement en aliments pour bétail qui sera cédé sous forme de vente à prix modéré permettant de réduire un peu l’incidence du déficit fourrager en avril-mai-juin.

Les achats institutionnels : La situation alimentaire dominée par une urgence humanitaire suppose des achats importants par les acteurs humanitaires pour faire face aux besoins d’intervention en augmentation suite aux crises sécuritaires et aux déplacements forcés de populations. Aussi, ces achats importants pourraient soutenir la hausse des prix mais dans les normes saisonnières entre février et mars/avril 2020 et limiter l’accès pour les ménages pauvres déficitaires.

Les actions humanitaires : Les partenaires humanitaires et le gouvernement ont élaboré les plans de réponse pour la période de février-septembre 2020 qui ciblent 1 444 905 personnes en période hors soudure et 1 932 539 personnes pendant la période de soudure. Les modalités de réponse comprennent les opérations de distribution gratuite de vivres ou d’argent et de non-vivres ainsi que la prise en charge de la malnutrition aigüe à travers les activités de prévention et de blanket feeding. Ces réponses vont couvrir les populations estimées dans le besoin mais les mesures sécuritaires et les attaques terroristes imposent des restrictions de déplacement qui rendent l’accès difficile aux populations des zones affectées par les conflits.

Demande sur les marchés : Elle sera constituée de celle des commerçants et des institutions auxquelles s’ajoute celle des ménages déficitaires et des éleveurs en février- mars et avril-mai et elle sera située à un niveau moyen pour la demande locale et des commerçants compte tenu de la bonne production qui ne va pas inciter les commerçants à faire des stocks au-dessus du niveau habituel. Mais elle va se situer à un niveau plus élevé pour les institutions suite aux besoins humanitaires en hausse consécutivement aux urgences humanitaires dans plusieurs zones du pays.

Flux des produits : Les flux transfrontaliers en provenance du marché régional (Benin, Togo, Ghana, Cote d’Ivoire) vont se poursuivre normalement et approvisionner les marchés locaux du Niger. Toutefois, les flux en provenance du Nigeria, du Mali et du Burkina Faso vont évoluer en dessous de la moyenne à cause des crises sécuritaires et des tensions liées aux élections prochaines. Les flux sortants relatifs aux cultures de rente et aux animaux vont connaitre les mêmes baisses d’intensité à cause des contraintes qui seront observées au Nigeria. Quant aux flux internes des zones de bonne production agricole de Maradi et Zinder, ils seront perturbés et vont desservir faiblement les marchés éloignés surtout ceux situés en zones de crises sécuritaires.

Prix des produits agricoles : Les niveaux de prix de céréales vont probablement maintenir leur tendance stable par rapport à la moyenne quinquennale et a l’année passée sur la plupart des marchés de février à mai 2020 mais avec des tendances en hausse qui seront occasionnées par les suppléments de demande des institutions. En juin-septembre 2020, suite à l’épuisement des stocks des producteurs locaux la demande va connaitre des hausses et entrainer une évolution a la hausse des prix mais dans la norme saisonnière sauf sur les marchés situés en zones de crises sécuritaires. Les prix des produits de rente vont connaitre une évolution a la baisse en raison des demandes à l’exportation qui seront faibles à cause de la fermeture de la frontière avec le Nigeria et des insécurités persistantes aux frontières.

Marchés et prix du bétail : Les présentations seront moyennes suite à une demande à l’exportation et locale pour l’embouche en prélude à la Tabaski en juillet/aout 2020. A la faveur de cette relative amélioration de la demande et du taux du naira, les prix du bétail vont moyens de mars, avril et mai 2020 due une baisse de l’offre consécutive au départ en transhumance des éleveurs mais seront en baisse en juin-juillet avec la reprise de l’offre pour les achats de céréales en prélude a la remontée dans la zone pastorale.  

Les impacts de la dépréciation du naira et de la fermeture de la frontière du Nigeria : La relative amélioration du naira par rapport au FCFA ne va pas soutenir significativement le transfert des denrées de base vers les marchés locaux du Niger au cours de la période de projection suite l’impact du conflit et de la fermeture de la frontière qui vont réduire l’exportation du bétail et des cultures de rente vers le Nigeria et entrainer une hausse des prix des produits importés au Niger.

La situation sécuritaire et mouvement de populations : Les incidents sécuritaires vont continuer et les mouvements inhabituels des animaux suite au déficit fourrager vont accroitre les conflits intercommunautaires entre les éleveurs et agriculteurs au-dessus des tendances saisonnières dans les régions de Tillabéry, Diffa, Tahoua et Maradi. Cela va aussi amplifier les mouvements de populations dont le nombre de personnes concernées va largement dépasser la situation actuelle.

Résultats les plus probables de la sécurité alimentaire

De février à mai 2020, la situation alimentaire des ménages des zones agricoles et agropastorales sera dominée dans la majorité des zones de moyens d’existence sera Minimale (Phase 1 de l’IPC) en février et mars-avril 2020 a la faveur d’une disponibilité alimentaire et d’un accès aux aliments assurés par les stocks céréaliers résiduels et les produits horticoles qui sont des activités habituelles de moyens d’existence et qui vont permettre d’effectuer les dépenses non alimentaires habituelles.

Dans la zone pastorale, une insécurité alimentaire en Stress (Phase 2 de l’IPC) sera observée suite à des difficultés d’accès alimentaire chez les ménages pauvres dont le pouvoir d’achat va souffrir de la chute des productions fourragères et la baisse du bétail, principale source de revenu des populations.

Dans les régions soumises aux effets des conflits, la situation alimentaire restera en Stress (Phase 2 de l’IPC) dans la région de Diffa sauf dans les zones de moyens d’existence du poivron et de pèche et décrue ou elle sera en Stress ! (Phase 2 ! de l’IPC) grâce à l’assistance alimentaire humanitaire planifiée et en cours de mise en œuvre. La situation va rester en Crise (Phase 3 de l’IPC) dans la zone agropastorale de Tillabéry affectée par le conflit qui perturbent les moyens d’existence et provoque un déficit de consommation alimentaire chez les ménages déplacés et les ménages hôtes pauvres recevant la pression des déplacés sur leurs ressources alimentaires et ne reçoivent l’aide alimentaire à cause du conflit limitant leur accès aux acteurs humanitaires

Dans la partie Sud de la région de Maradi, ce sont les ménages hôtes ne représentant qu’environ 3% de la population des zones d’accueil des réfugiés nigérians, qui seront soumis à une insécurité alimentaire en Stress (Phase 2 de l’IPC) suite à un déficit de consommation consécutif au partage de la ration alimentaire. L’assistance alimentaire planifiée et en cours permet de couvrir les besoins alimentaires et de faire des dépenses non alimentaires.

Il est attendu une hausse des cas d’admissions de la malnutrition aigüe au niveau des centres de prise en charge en mars-septembre 2020 surtout dans les zones affectées par les conflits et les tensions intercommunautaires ou une prévalence élevée de la malnutrition aiguë globale pourrait être observées en raison des destructions des formations sanitaires combinées à la faible couverture sanitaire, aux déficits alimentaires et des problèmes d’eau, d’hygiènes et assainissement en saison des pluies.

Entre juin à septembre, des proportions faibles de ménages pauvres localisés dans toutes les zones agricoles et agropastorales vont évoluer dans une insécurité alimentaire en Stress (Phase 2 de l’IPC) à cause de l’amenuisement des stocks, des effets des inondations sur les moyens d’existence qui vont réduire leur accès aux aliments dont les prix seront élevés.

Les ménages éleveurs vont évoluer en insécurité alimentaire Minimale (Phase 1 de l’IPC) en aout-septembre 2020 grâce à l’installation de la saison, l’amélioration de l’embonpoint et des termes de l’échange renforçant le pouvoir d’accès aux aliments pour couvrir les besoins alimentaires et faire face à toutes les dépenses essentielles.

L’insécurité alimentaire en Stress (Phase 2 de l’IPC) dans la majorité des zones de moyens d’existence de la région de Diffa mais dans les zones de moyens d’existence de culture de poivron et de pêche et culture de décrue ce niveau Stress ! (Phase 2! de l’IPC) ne sera maintenu que grâce à l’assistance alimentaire humanitaire prévue.

Dans la zone agropastorale de la région de Tillabéry, l’insécurité alimentaire de Crise (phase 3 IPC) va persister avec l’absence de stocks céréaliers propres et la perte de revenus pour accéder aux aliments. Les conditions sécuritaires ne vont permettre d’accéder aux assistances alimentaires pour réduire le déficit alimentaire auquel les ménages pauvres et déplacés feront face. Les ménages de la bande pastorale de cette région seront en situation d’insécurité alimentaire Stress (Phase 2 de l’IPC) suite aux pillages et vols dont ils sont victimes et qui ont détérioré leurs moyens d’existence mais les revenus des ventes plus que d’habitude d’animaux leur permettront d’accéder aux aliments nécessaires pour couvrir les besoins de consommation alimentaire.

Événements possibles au cours des huit mois à venir qui pourraient changer le scénario le plus probable

Zone

Evénements

Impact sur les conditions de la sécurité alimentaire

National

Augmentation des foyers de conflits et de l’insécurité aux frontières

La réduction significative des flux des produits de consommation, de rente et d’animaux, et la diminution de la migration et des transferts augmenteraient le nombre de personnes en Crise (Phase 3 de l’IPC) alimentaire.

 

Déficit pluviométrique

Baisse de la production agricole et des disponibilités

Baisse de la production fourragère avec impact sur les revenus des ménages éleveurs

A Propos de l’Élaboration de Scenarios

Afin d’estimer les résultats de la sécurité alimentaire pour les prochains six mois, FEWS NET développe les suppositions de base concernant les événements possible, leurs effets, et les réponses probables des divers acteurs. FEWS NET fait ses analyses basées sur ces suppositions dans le contexte des conditions actuelles et les moyens d’existence locaux pour développer des scénarios estimant les résultats de la sécurité alimentaire. D’habitude, FEWS NET prévient du scénario le plus probable. Pour en savoir plus, cliquez ici.

About FEWS NET

Le Réseau des systèmes d’alerte précoce contre la famine est l’un des principaux prestataires d’alertes précoces et d’analyses de l’insécurité alimentaire. Constitué par l’USAID en 1985 pour aider les décideurs à planifier pour les crises humanitaires, FEWS NET fournit des analyses factuelles  concernant quelque 35 pays. Les membres des équipes de mise en œuvre incluent la NASA, la NOAA, le département américain de l ‘Agriculture (USDA) et le gouvernement des États-Unis (USGS), de même que Chemonics International Inc. et Kimetrica. Vous trouverez d’autres informations sur notre travail.

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