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Une insécurité alimentaire minimale dans la majeure partie du pays d’octobre à mai 2017

  • Perspectives sur la sécurité alimentaire
  • Mauritanie
  • Octobre 2016 - Mai 2017
Une insécurité alimentaire minimale dans la majeure partie du pays d’octobre à mai 2017

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  • CONTEXTE NATIONAL
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    • La mauvaise répartition des pluies, entre aout et septembre, n’ayant affecté les cultures pluviales que dans l’ouest de la zone agropastorale ou les productions seront nettement en baisse par rapport à la moyenne. Toutefois s’attend, malgré la baisse des superficies exploitées en irrigué, au niveau national, à une production agricole annuelle moyenne. 

    • Les conditions pastorales sont globalement satisfaisantes au niveau national et assureront l’alimentation du cheptel jusqu’en mai si les feux de brousse sont contrôlés. Les transhumances internes répondront aux besoins du cheptel de l’ouest de la zone agropastorale qui accuse un déficit de pâturages. 

    • Les marchés seront bien approvisionnés par des importations régulières et par des flux transfrontaliers redynamisés par les nouvelles productions des pays limitrophes comme Sénégal et Mali. Les prix des denrées alimentaires, stables depuis plusieurs mois, le resteront jusqu’en mai. Ceux des animaux s’inscriront dans les tendances haussières saisonnières. 

    • La majeure partie des ménages du pays sera en insécurité alimentaire Minimale (Phase 1 de l’IPC) jusqu’en mai. Dans l’ouest de la zone agropastorale Tagant, Gorgol et Brakna), du fait de l’échec de leurs cultures pluviales, la pression exercée sur le cheptel, et pour rembourser les dettes et acheter de la nourriture placera quelques ménages d’agropasteurs pauvres en situation de Stress (Phase 2 de l’IPC) jusqu’en mai. 

      Pour plus d'informations sur les perspectives des zones de préoccupation, veuillez, s'il vous plaît, cliquer en haut de la page pour télécharger le rapport complet.


    CONTEXTE NATIONAL

    Situation actuelle

    Sur le plan pluviométrique :   La saison des pluies s’est achevée en octobre après avoir été moyenne voir légèrement excédentaire dans la majeure partie des zones agropastorales comme prévue par les hypothèses de National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) European Centre for Medium-Range Weather Forecasts (ECMWS), et International Research Institute for Climate and Society (IRI).

    Sur le plan agricole : Le mauvais répartition des pluie et le déficit hydriques n’auront affecté les cultures pluviales que dans l’ouest de la zone agropastorale où les productions ont connu une forte baisse (60 à 70 pour cent comparativement à une année moyenne)  Dans le reste du pays, les récoltes des cultures pluviales  ont commencé et les productions agricoles s’inscrivent dans les tendances d’une année moyenne. La production rizicole est en baisse comparativement à 2015,  à cause du manque d’accès au crédit agricole n’aura qu’un impact limité sur la nationale, mais sera proche de celle d’une année moyenne.  

    Dans les zones oasiennes, la bonne pluviométrie enregistrée cette année devrait assurer un développement normal des cultures maraichères et conduire, entre janvier et mars,  à des productions au moins égales à celles d’une année moyenne.

    La situation acridienne : Les conditions écologiques sont encore favorables. Selon le Centre National de Lutte antiacridienne (CNLA) la résurgence acridienne en cours est jugée majeure. Elle demeure marquée par la présence d’essaims de petite taille et de groupes d’ailés solitaro-transiens en accouplement et ponte sur de grandes étendues réparties essentiellement entre le Trarza et l’Adrar et, dans une moindre mesure, dans l’Inchiri et le Hodh Chargui. Les traitements sont en cours.

    Sur le plan pastoral : A l’exception de quelques poches de la zone agropastorale (Moudjéria, Magta Lahjar et Monguel), les pâturages continuent encore de répondre au besoin du cheptel national jusqu’en mai si les feux de brousse sont empêchés ou rapidement maitrisés. Les mises-bas saisonnières s’inscrivent dans les tendances d’une année normale assurant une production laitière nettement supérieure à celle d’une année moyenne du fait de la succession de deux bonnes années pastorales.

    Sur le plan des revenus saisonniers : Les revenus saisonniers provenant du travail agricole,  sont en baisse (entre -50 et -75 pour cent par rapport à une année moyenne) dans les zones (Moughataa de Moudjeria, de Monguel, de M’Bout et de Magta Lahjar)  ayant accusé des déficits pluviométriques ont profondément affecté les activités agricoles.  Dans le reste de la zone agropastorale et dans la zone de cultures pluviales, les revenus saisonniers sont proches de ceux d’une année moyenne. Dans certaines zones agricoles d’accueil (nord Moudjéria, ouest M’Bout, zones rizicoles du Trarza) l’afflux atypique  de la main d’œuvre ayant réduit le temps de travail. A cause de ça, les revenus des ménages pauvres provenant du travail agricole sont en baisse, comparativement à une année moyenne,  sans pour autant que le prix de la main d’œuvre (entre 1500 et 2000 MRO/J) ait connu de baisse. Une situation identique est observable dans les centres urbains et dans les centres miniers du nord où le rslentissement des activités économiques a reduit les opprtunités de travail. Les revenus provenant de la vente des animaux sont partout en hausse par rapport à la moyenen quinquennale, en raison du prix élevé des animaux. Causé par la baisse de l’offre.

    Sur le plan des flux transfrontaliers : A l’exception de ceux qui provenaient du sud Maghrébin affectés par l’insécurité militaire qui y règne, les autres, principalement ceux du Mali seront redynamisés par les nouvelles productions agricoles qui  sont en cours de récoltes. Comme en année moyenne, les agricoles maliens vont, opérer le premières octobre, déstocker leurs réserves des années précédentes. Il est probable que les nouveaux réseaux d’importation de riz malien soient assez dynamiques pour alimenter l’est et le centre des zones agropastorales et de cultures pluviales. Par exemple, la forte hausse du prix d’un sac de riz importé  qui fluctuait avant février 2016 autour de 12000 MRO, suite à la hausse de TVA et à l’incendie des magasins de la Société Nationale d’Importation et d’Exportation (SONIMEX)  a fait qu’il se vend maintenant autour de 18000 MRO dans ces zones pousse les ménages, tous niveaux confondus, à consommer du riz local et du blé.

    Sur le plan des marchés de consomption: Tous les marchés de consommation sont bien approvisionnés en denrées alimentaires de base importées (blé, riz, huile, sucre, farine, etc.) avec des prix qui ont peu varié depuis le début de l’année. Le prix du riz importé qui avait connu une forte hausse autour de 45 pour cent en début d’année, s’est stabilisé car beaucoup de ménages se sont reportés sur le blé, le riz local et le maïs réexporté du Mali et du Sénégal. Les prix du sorgho et du blé sont en nette baisse dans les zones agricoles ou voisines de celles où les productions agricoles seront moyennes. Même dans les zones du nord et dans les zones pastorales où le blé qui n’était qu’une céréale de substitution tend maintenant à devenir l’aliment de base des ménages pauvres qui consommaient surtout le sorgho récolté ou acheté, on note au plus une stabilité des prix.

    Les boutiques de solidarité alimentées par le gouvernement en denrées alimentaires de base (blé, riz local, huile, sucre, lait) et vendant à des prix 30 à 40 pour cent plus bas que ceux du marché formel continuent de fonctionner dans tout le pays.

    Sur le plan des marchés du bétail : L’offre en bétail est toujours nettement inférieure à celle d’une année typique tant en raison de bonnes conditions pastorales qui rassurent les éleveurs que de la baisse de la demande saisonnière et avec l’absence d’évènement motivant, une importante demande de bétail et des perspectives de récoltes moyennes. Ce n’est que dans les marchés des zones comme le Marché de Magta Lahjar dans l’ouest de la zone agropastorale, que l’on observe des fluctuations saisonnières atypiques des prix des animaux qui s’expliquent par les variations de l’offre essentiellement conditionnée par les besoins alimentaires et de semences. Des prix du bétail conditionnées par les besoins du calendrier cultural, semences surtout qui ne remettent cependant pas en cause la tendance haussière saisonnière toujours observée entre octobre et mai.

    Sur le plan alimentaire et nutritionnel : Globalement, l’accès alimentaire des ménages pauvres s’inscrit dans les mêmes tendances que celles d’une année moyenne. L’accès aux nouvelles productions agricoles et la bonne disponibilité en lait devraient permette aux ménages pauvres de la majeure partie du pays d’accéder à une alimentation régulière et suffisante et débucher sur un état nutritionnel satisfaisant. Dans les zones affectées par le déficit de production pluviale et la baisse de la production laitière (Moudjéria, Monguel, Magta Lahjar et M’Bout) le recours aux achats alors que les revenus saisonniers sont en forte baisse (entre -50 et -75 pour cent). Ca limite l’accès alimentaire des ménages pauvres et conduit probablement à des niveaux saisonniers octobre-mai de malnutrition aiguë globale plus élevés que ceux d’une année moyenne qui tournent autour de 8 pourcent pour le Gorgol, 5.7 pour cent pour le Brakna et 9 pour cent pour le Tagant.

    Globalement donc, les conditions d’insécurité alimentaire Minimale (Phase 1 de l’IPC) existent dans la majeure partie du pays. Seuls cependant les 6,000 de Moudjéria peuvent être considérés, actuellement, en situation de Stress (Phase 2 de l’IPC) vu la persistance des effets résiliant de plusieurs déficits consécutifs de pâturages, de revenus et de production agricole. Dans les moughataa de Monguel de Magta Lahjar et de M’Bout, des ménages d’agriculteurs actuellement en insécurité alimentaire Minimale (IPC Phase 1) pourrait évoluer.

     

    Suppositions                                                                  

    Le scénario le plus probable de la sécurité alimentaire au niveau national d’octobre à mai 2017 se fonde sur les hypothèses générales suivantes :

    • La situation pluviométrique : Les coulées d’air froid qui arrivent du nord seront assez normales, entre décembre et janvier, pour favoriser des pluies, dans le nord et le centre du pays et entrainer une régénération du couvert végétal (herbacé et aérien) favorable à la reproduction acridienne.
    • L’agro-climatologie : La crue fluviale ayant inondé tout le walo utile, les superficies qui seront exploitées en décrue seront au moins égales à celles d’une année moyenne.
    • Production agricole : Bien que les superficies exploitées soient inférieures à celles de 2015, la production de riz sera proche de la moyenne quinquennale. Celle de la décrue s’inscrira dans la même tendance mais celle des cultures pluviales devraient être en hausse par rapport à celle de 2015 et de la moyenne quinquennale. Vu l’irrégularité des pluies et les nombreux reprises de semis, les récoltes vont s’échelonner d’octobre à décembre alors qu’en année normale, elles ont lieu de septembre à novembre. Seules les cultures tardives traditionnellement récoltées entre décembre et janvier respecteront leur calendrier habituel. La production maraichère, entre novembre et mars sera proche de celle d’une année moyenne, avec des revenus directs (ventes) proches de ceux d’une année moyenne.
    • La situation acridienne et aviaire : Elles pourraient le demeurer jusqu’en février si les pluies de saison froide arrivent entre décembre et en janvier. La situation acridienne sera sous contrôle et les cultures tardives et de décrue seront épargnées. La pression aviaire quant à elle restera forte et semblable à celle de 2015 car aucune lutte concertée n’a été engagée par les trois pays concernés (Mauritanie-Sénégal et Mali).
    • Importations de denrées alimentaires : Les importations de denrées alimentaires (blé, riz, huile, sucre, etc.) seront, durant toute la période du scenario, régulières et suffisantes pour répondre à la demande nationale et animer les échanges transfrontaliers. Les flux transfrontaliers saisonniers de céréales traditionnelles en provenance du Mali, accroitront les disponibilités nationales et locales déjà alimentées par les récoltes. Les déficits localisés de production agricoles seront en conséquence comblés. Les marchés de l’intérieur seront donc bien approvisionnés en denrées alimentaires dont les prix continueront de rester stables jusqu’en mai. Les prix des céréales traditionnelles devraient connaitre des baisses significatives après les récoltes (novembre à février) et s’inscrire dans une tendance haussière de mars à mai comme en année moyenne.
    • Boutique de solidarité : Les boutiques de solidarité de gouvernement continueront de fonctionner jusqu’en mai.
    • Prix de bétails : À l’exception de ceux de l’ouest de la zone agropastoral qui seront bien alimentés par les ventes destinées à l’achat de la nourriture (déficit de production causé par l’irrégularité et l’insuffisance des pluies), les marchés de bétail du reste du pays (y compris le reste de la zone agropastorale) se comporteront, jusqu’en mai, comme en année moyenne avec un faible approvisionnement et des prix des animaux stables à défaut d’être en hausse.
    • Travail agricole : Les revenus tirés du travail agricole seront en baisse par rapport à ceux d’une année moyenne. A cause de la faiblesse des superficies cultivables.
    • Produits de cueillette: Les revenus tirés de la cueillette seront dans la plupart des zones (exception faites de celles qui ont connu des déficits marqués de pluies où ils baisseront de plus de 60 pour cent par rapport à une année moyenne) pratiquement égaux à ceux d’une année moyenne. Ils seront autant des sources de revenus (entre 70,000 et 100,000 MRO en année moyenne) que de nourriture (surtout pour les enfants et les adolescents).
    • Conditions pastorales : Les conditions pastorales resteront satisfaisantes durant toute la période du scenario, limitant ainsi les achats de blé destinés à nourrir les animaux. Elles favoriseront la reproduction animale et la production laitière. Elles renforceront l’embonpoint des animaux qui maintiendra des prix élevés du bétail. Les transhumances internes fonctionneront comme en année moyenne mais les transhumances transfrontalières seront limitées à la zone de transhumance pastorale et orientées où elles sont typiques, comme en année moyenne, vers le bassin arachidier du Sénégal.
    • Mouvements en exode : Les départs en exode s’inscriront dans leurs calendriers normaux mais les revenus saisonniers qui en proviennent seront en baisse de mars à mai alors qu’en année moyenne ces revenus envoyés par les migrants contribuent significativement, 20 à 40 pour cent environ, à la gestion de la période de soudure.
    • Les impacts internationaux et régionaux sur les marchés : Les perspectives de bonnes récoltes de blé au niveau  mondial, et de riz laissent espérer que les approvisionnements des marchés nationaux par ces deux céréales les plus consommées par les ménages seront réguliers et qu’il n’y aura pas de choc sur leurs cours internationaux qui auraient des répercussions négatives sur les capacités d’accès alimentaires des ménages. Les transferts de riz sénégalais et maliens vont s’amplifier en raison du prix élevé du d’Asie mais leurs prix ne riz importé connaitront pas de hausse significative par rapport à leurs niveaux actuels du fait des perspectives de bonnes récoltes de riz dans les deux pays et de la nécessité , pour les riziculteurs de ces pays fortement concurrencés par les importations de riz asiatiques, de trouver des débouchés pour leurs surplus. On devrait assister à une situation identique pour les transferts de céréales traditionnelles sauf entre le Mauritanie et le Sénégal où le nord du pays qui connait une production moins bonne qu’en année devrait s’accaparer d’une bonne partie des surplus du bassin arachidier.

     

    Résultats les plus probables de la sécurité alimentaire

    Entre octobre et janvier 2017, des récoltes de céréales et légumineuses bonnes à moyennes, des conditions pastorales satisfaisantes malgré des déficits localisés, des marchés bien approvisionnés avec des prix en baisse par rapport à septembre ou au moins stables, des prix élevés des animaux, et un accès plus facile à l’eau potable, devraient placer la majeure partie des ménages pauvres en insécurité alimentaire minimale (Phase 1 de l’IPC). Seuls les agropasteurs à dominante pastorale de la moughataa de Moudjéria, qui connaissent pour la quatrième année consécutive des déficits de pâturages et de production agricole restent en situation de Stress (Phase 2 de l’IPC). Soumis au remboursement des dettes contractées au cours des années précédentes autant pour se nourrir que pour sauver leur bétail, ils continuent de dépendre des achats alimentaires réalisés par l’argent obtenu de la vente des animaux. Malgré la reconstitution en cours (mises-bas moyennes) la reconstitution des effectifs perdus à plus de 50 pour cent, la continuité des ventes constitue un facteur de déficit de protection de ce moyen d’existence qui leur est essentiel.

    De février à mai 2017, les impacts alimentaires et économiques des bonnes conditions évoquées ci-dessus seront renforcées par des productions maraichère et de de décrue qu’on s’attend à être moyennes. Toutefois, dans l’est du Gorgol (moughataa de Monguel et de M’Bout) et dans le nord du Brakna (moughataa de Magta Lahjar), les déficits de pâturages actuels, l’échec des cultures pluviales à cause du mauvais répartition des pluies et la faible exploitation des zones de crue qui sont essentielles pour la zone, pourraient conduire plus de 20 pour cent des ménages pauvres (60 pour cent de la population locale) dans une situation de Stress (Phase 2 de l’IPC) s’ils ne bénéficient pas de mesures qui limiter la pression sur le cheptel qui est leur deuxième source de nourriture mais la principale base de leurs stratégies adaptatives.. Comme ceux de Moudjéria ils soumirent endettés et soumis à des remboursements qui mettent la pression sur leur cheptel. 

    Pour plus d'informations sur les perspectives des zones de préoccupation, veuillez, s'il vous plaît, cliquer en haut de la page pour télécharger le rapport complet.

    Figures CALENDRIER SAISONNIER POUR UNE ANNÉE TYPIQUESEASONAL CALENDAR FOR A TYPICAL YEAR

    Figure 1

    SEASONAL CALENDAR FOR A TYPICAL YEAR

    Source: FEWS NET

    Current food security outcomes for October 2016

    Figure 2

    Current food security outcomes for October 2016

    Source: FEWS NET

    Afin d’estimer les résultats de la sécurité alimentaire pour les prochains six mois, FEWS NET développe les suppositions de base concernant les événements possible, leurs effets, et les réponses probables des divers acteurs. FEWS NET fait ses analyses basées sur ces suppositions dans le contexte des conditions actuelles et les moyens d’existence locaux pour développer des scénarios estimant les résultats de la sécurité alimentaire. D’habitude, FEWS NET prévient du scénario le plus probable. Pour en savoir plus, cliquez ici.

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