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Conditions comparables à celles d’une année moyenne avec cependant des poches à surveiller

  • Perspectives sur la sécurité alimentaire
  • Mauritanie
  • Octobre 2013 - Mars 2014
Conditions comparables à celles d’une année moyenne avec cependant des poches à surveiller

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  • Evenements Qui Pourraient Changer les Scenarios
  • Messages clé
    • Une insécurité alimentaire aiguë Minimale (IPC Phase 1) est prévue dans la majeure partie du pays grâce à des conditions pastorales et des récoltes comparables globalement à celles d’une année moyenne, un approvisionnement régulier et suffisant des marchés, des capacités d’accès alimentaires renforcées par des programmes d’assistance fonctionnels et des termes d’échange favorables. Il existe cependant des poches à surveiller.

    • Dans la partie occidentale de la zone agropastorale le mauvais développement des cultures pluviales à cause de pluies irrégulières s’est soldé par une importante baisse de la production céréalière pluviale et des revenus que les ménages pauvres du travail agricole. Ces derniers éprouveront, après novembre, une situation de Stress alimentaire (IPC Phase 2) qui va prendre fin avec la maturation et cultures de décrue en février.

    • Dans le nord-ouest de la zone de cultures pluviales (centre et nord du Guidimakha et est du Gorgol) la forte baisse de la production céréalière pluviale, unique source annuelle de propre production des ménages pauvres, conduira, à partir de janvier 2014, ces derniers dans une situation de Stress qui ne sera modérée que par les apports de l’exode à partir de mars.


    Présentation Nationale
    Situation actuelle

    Progrès Saisonnier : La saison des pluies s’est achevée, comme on s’y attendait en début octobre. Si la plupart des stations affichent des cumuls pluviométriques supérieurs à ceux d’une année moyenne, la répartition temporelle de ses pluies a été mauvaise, dans de nombreuses zones où les activités agricoles et pastorales sont prépondérantes.

    Sur le plan agricole : Au niveau national on s’attend à une production céréalière supérieure ou au moins égale à celle d’une année moyenne, mais toujours avec quelques zones de production déficitaires. La récolte des cultures de court cycle s’est achevée depuis fin septembre. A l’exception des zones pluviales du sud-est (zone de cultures pluviales du sud de Hodh El Gharbi et Hodh Chargui) où elle est relativement proche de celle d’une année moyenne, dans le reste du pays la production est à peine égale au tiers de celle d’une année moyenne. Les cultures de long cycle qui fournissent, en année normale, environ 30 pour cent de la production céréalière pluviale ont connu des baisses de 50 à 70 pour cent selon les zones. Leur récolte est attendue en fin octobre/début novembre, mais elle ne sont arrivées à maturation complète, qu’avec de faibles rendements. L’espoir des agriculteurs du sud la zone agropastorale et de l’est de la zone de cultures pluviales (sud de l’Assaba et des deux Hodh), réside dans les cultures tardives semées en août et dont la récolte est prévue en décembre/janvier et on s’attend à une production égale à celle d’une année moyenne où elle représente environ 10% de la production pluviale. La reprise pluviométrique de septembre a permis une bonne régénération de ces cultures qui concernent surtout les bas-fonds mixtes. Elles sont actuellement en phase montaison, retrouvant ainsi leur stade saisonnier de développement dans une année normale et les exploitants s’y attendent à une production au moins égale à celle d’une année moyenne.

    Le retrait des eaux ayant commencé depuis la première décade d’octobre, les semis sont en cours dans toutes les zones de décrue (walo, berge du fleuve Sénégal et de ses affluents, bas-fonds et barrages). Dans toutes les zones concernées (sud de la zone des oasis, la zone agropastorale et le nord de celle de la vallée du fleuve) les superficies exploitables sont supérieures à celles d’une année moyenne et la résolution du problème des semences (soit par distributions gratuites réalisées par le gouvernement, soit par achat de semences de décrue, soit par recours à d’autres types de semences) laissent espérer une bonne exploitation de ces superficies. Si les attaques des sauteriaux, de la sésamie et des oiseaux sont contenues, la production de décrue sera supérieure à celle d’une année moyenne.

    Les superficies exploitées en irrigué hivernal sont globalement supérieures à celles de 2012 où elles étaient considérées comme les plus importantes des dix dernières années. La mise en place en temps opportun du crédit agricole, le respect du calendrier cultural et l’appui apporté par l’Etat dans l’acquisition des intrants devraient logiquement se solder par une production rizicole nettement supérieure à celle de 2013. Ce qui  rassure  aussi, c'est que la situation acridienne reste calme. Le Centre National de Lutte Antiacridienne (CNLA) a renforcé son dispositif de surveillance et de lutte et ne s’attend à une dégradation de la situation locale actuelle que si des pluies hors saison pouvant entretenir des écosystèmes favorables aux criquets, tombent entre novembre et janvier.

    Sur le plan pastoral : Les pâturages sont homogènes dans la zone agropastorale, la zone de cultures pluviales et la vallée du fleuve qui sont d’importantes zones d’élevage et de transhumances mais, du fait des nombreuses et longues périodes de sécheresse qui ont affecté leur développement, nettement moins denses qu’en année moyenne, dans les zones agropastorales, de transhumance pastorale, de cultures pluviales et de la vallée du fleuve. Ils ne sont réellement abondants et de bonne qualité que dans l’espace qui englobe le centre et le sud du Hodh Chargui (Moughataa de Timbédra, Djigueni, Néma) et le long de la bande frontalière avec le Mali qui concerne le sud du Hodh El Gharbi (Kobenni et l’est de celle de Tintane). Dans le reste du pays, comparée à la situation d’une année moyenne où elle répondait au besoin des animaux locaux et transhumants jusqu’à l’arrivée des pluies en juin, la biomasse de cette année est nettement moins dense mais elle devrait répondre aux besoins du cheptel jusqu’au début de la prochaine période de soudure pastorale (avril/mai selon les zones) si les feux de brousse sont évités ou au moins fortement limités. Ce n’est que dans le centre et le nord du Guidimakha, le nord et l’est du Gorgol, le sud-ouest de l’Assaba et le nord du Brakna que l’importance du déficit fourrager peut contraindre les éleveurs à entreprendre des transhumances précoces (février/mars). La zone de transhumance pastorale connait également un important déficit de pâturages dans ses parties orientales et centrales mais l’existence de bons pâturages dans sa partie australe (Keur Macene et Rosso) et les pâturages relevant de la culture irriguée (paille de riz) constituent un apport complémentaire qui permet de résoudre une grande partie des déficits des autres zones pastorales. La disponibilité en eau est partout suffisante et le restera, au moins, jusqu’à la prochaine période de soudure pastorale.

    Sur le plan des revenus saisonniers : L’évolution des revenus saisonniers épouse bien celle de la saison agricole. En dehors des deux zones de préoccupation (ouest de la zone agropastorale et zone de cultures pluviales du nord du Guidimakha) ils sont relativement meilleurs que ceux d’une année moyenne. La stabilité des salaires journaliers autour de 1500 MRO, conformément aux quatre dernières années et du cours appliqué depuis le début de la saison, dans un contexte de plus grandes opportunités de travail conditionnées par l’importance des terres à exploiter dans les autres typologies (irrigué et bas-fonds pluviaux) justifient cette situation. Cette hausse des revenus saisonniers devrait se prolonger jusqu’en mars vue que l’exploitation des zones de décrue (décrue contrôlée, barrage et walo), en grande partie possédée par les riches et les moyens, nécessitera une importante main d’œuvre agricole. Par ailleurs, les activités agricoles étant réalisées dans le respect des calendriers culturaux, les exodes se feront comme d’habitude et pourront rapporter autant qu’en année moyenne.

    Sur le plan des marchés et des prix : L’approvisionnement des marchés est partout satisfaisant. En dehors des spéculations temporaires et localisées telles que celles qui existent autour du prix du blé dans les deux Hodhs et en Adrar où les prix du kilogramme varient entre 140 et 200 MRO, les prix des denrées alimentaires sont généralement stables, conformément aux situation des périodes de récoltes mais restent tout de même de 20 à 40 pour cent plus élevés que ceux de la moyenne des quatre dernières années, mais en général seulement supérieur de 11 pour cent ou moins par rapport à l'année dernière. Les prix des céréales traditionnelles (sorgho, maïs, petit mil) sont dans une tendance de baisse opportun sous les effets combinés de la poursuite des exportations maliennes d’anciens stocks et des récentes récoltes des cultures de court cycle en Mauritanie et au Mali. Cette tendance devrait s’accentuer avec les prochaines récoltes des cultures de long cycle et du riz hivernal, en fin octobre et novembre. Toutefois dans les zones agricoles où le déficit de la production pluviale est marqué (Guidimakha, Gorgol) ils enregistrent de hausses de 54 à 60 pour cent par rapport aux prix des zones de l’est où le kilogramme de mil et du sorgho varie de 130 à 200 MRO.

    Les prix des animaux continuent, conformément aux tendances saisonnière, leur hausse tant en raison de amélioration des conditions pastorales, que de la demande de la fête et du faible recours au marché en cette période de récolte. Les baisses localisées dans l’ouest et du centre de la zone agropastorale relèvent de facteurs commerciaux inhabituels causés  l’absence d’acheteurs sénégalais et maliens qui se sont réorientés vers de nouveaux marchés. Les prix resteront toujours élevés dans les zone urbaines où, en raison des charges de surveillance, d’entretien et des taxes journalières, auxquelles ils font face, les marchands de bétail sont obligés de maintenir des prix élevés.

    Les hausses fréquentes du prix du carburant (5 déjà en 2013) ont souvent été suivies de celles des denrées alimentaires importées non vendues dans les Boutiques de Solidarité (BS). La dernière en date (de 384.2 le prix du litre de gasoil est passé à 386.7), celle d’octobre n’a pour le moment influencé que le prix du transport public interurbain avec des hausses de 20 à 30 pour cent par rapport au prix de septembre.

    Les programmes d’assistance mis en place par le gouvernement avec l’appui du PAM et de la Banque Mondiale sont axés sur au réapprovisionnement et à l’augmentation du nombre des Stocks Alimentaires Villageois de Sécurité (SAVS) et des BS vont être poursuivis jusqu’en décembre. Vu que les prix y sont 30 à 40 pour cent plus bas que ceux du marché formel, ils constitueront donc, jusqu’en décembre, les principaux centres d’approvisionnement des ménages pauvres qui arrivent à disposer des revenus provenant du travail agricole et de ses activités annexes.

    Suppositions

    Le scénario le plus probable de la sécurité alimentaire au niveau national de d’octobre 2013 à mars 2014, se fonde sur les hypothèses générales suivantes:

    Sur le plan de la disponibilité :

    • On s’attend la bonne productivité des cultures tardives comble, au niveau national, le déficit de production accusé par les deux premières productions. La récolte du riz hivernal irrigué a également commencé dans la vallée du fleuve depuis la deuxième décade de septembre.
    • Les stocks céréaliers saisonniers des ménages pauvres resteront inférieurs à ceux d’une année moyenne, entre octobre et janvier, sauf dans le sud-ouest de la zone de la vallée du fleuve où le riz contre saison chaude a été récolté en juillet/aout  et dans l’est de la zone de culture pluviale où la production céréalière pluviale est jugée moyenne. Ils vont donc recourir au marché pour se nourrir. De février à mars on s’attend, vu la probabilité d’une hausse de la production de décrue, à ce que ces stocks soient plus importants que ceux d’une année moyenne.
    • Les importations commerciales de denrées alimentaires (riz, blé, sucre, huile) seront régulières et suffisantes. Les circuits de distribution resteront fonctionnels pour répondre à temps aux demandes internes.
    • Les flux transfrontaliers ne souffriront d’aucune restriction bien qu’on s’attende à une baisse des productions agricoles dans les zones maliennes et sénégalaises voisines.
    • Les programmes d’assistance du gouvernement, avec l’assistance de la Banque Mondiale des SAVS et des BS seront renforcés et vont continuer jusqu’en décembre 2013.
    • Les apports alimentaires du travail hors zone relevant des activités agricoles (battage, transport, vannage, stockage) ou de l’exode vers les autres zones de production du pays et vers le Mali vont, comparativement à ceux d’une année normale, accuser des baisses significatives, entre septembre et décembre, en raison d’un situation agricoles moins bonne que celle d’une année moyenne. Les mauritaniens qui partent en exode, au cours de cette période travaillent surtout dans les champs des maliens. On considère cependant que ces apports alimentaires vont se renforcer entre janvier et février, avec la récolte des cultures tardives.
    • La disponibilité en pâturages sera suffisante jusqu’au début de la prochaine période de soudure pastorale (avril/mai selon les zones). Le cheptel du nord n’entreprendra pas de transhumance précoce.

    Sur le comportement des marchés et la tendance des prix :

    • Un approvisionnement régulier et suffisant, des marchés avec un fonctionnement normal des flux internes et transfrontaliers qui resteront assez dynamiques pour répondre aux demandes internes et à celles des moughataa voisines,  au cours de la période du scénario.
    • Des prix des céréales traditionnelles dans une tendance continue de baisse (entre 30 et 60 pour cent de moins) entre octobre et mars, comparativement à leur niveau de septembre et cela conformément au contexte d’une année moyenne.
    • La hausse importante continue du prix du bétail est attendue jusqu’en décembre. En effet les hausses saisonnières typiques devraient être renforcées par la forte demande des fêtes religieuses. A partir de janvier on s’attend à ce qu’ils soient en baisse, ce qui est un comportement  normale des marchés vu l’importance de l’offre dans la plupart des marchés urbains.
    • Les termes d’échange resteront cependant favorables aux ménages car on ne prévoit pas de hausse marquée du prix des denrées alimentaires vu le bon niveau actuels des stocks marchands et des programmes d’assistance ainsi que le régulier fonctionnement des flux internationaux et sous régionaux.
    • Une hausse saisonnière du prix du carburant de 10 pour cent, entre décembre et mars qui va accentuer la légère hausse enregistrée en début octobre Il est cependant peu probable qu’elle ait un négatif impact sensible sur le prix des céréales importées.
    • A l’exception des poches déficitaires du nord du Guidimakha, de l’est et du nord du Gorgol et du Brakna, on s’attend partout à des productions céréalières annuelles proches (voire supérieures) de celles d’une année moyenne. L’existence de stocks familiaux, au moins jusqu’en mars, devrait contribuer à une forte baisse des achats, même au sein des ménages pauvres.

    Sur le plan des revenus:

    • Des revenus provenant du travail local conformes à ceux d’une année moyenne, sauf dans une poche de la zone de cultures pluviales (au centre et au nord du Guidimakha) et dans l’ouest de la zone agropastorale qui englobe le nord et à l’est du Gorgol, le nord du Brakna et à l’ouest de l’Assaba. La baisse des activités du pluvial y a affecté les revenus que les ménages tiraient du travail agricole. Ces poches constituent nos zones de préoccupation.
    • Des revenus provenant du travail hors zone et de l’exode conformes à ceux d’une année moyenne sauf dans nos zones de préoccupation citées plus haut où on s’attend à ce qu’ils soient en hausse de plus de 30 pour cent vu le départ précoce (2 à trois mois avant avril) et la multiplication des acteurs (deux membres au lieu d’un).
    • Des revenus du travail pastoral en baisse dans toutes les zones pendant toute la durée du scenario en raison de la nature des conditions pastorales. A moins de chocs (feux de brousse, descente massive des animaux du nord suite à une mauvaise pluviométrie de la saison froide) les mouvements pastoraux seront restreints et on ne devrait pas assister à un besoin atypique de main d’œuvre pastorale qui entrainerait la hausse des salaires et des revenus.
    Résultats les plus probables de la sécurité alimentaire

    En raison des conditions d’exploitation des activités pastorales et agricoles pluviales, relativement moyennes, et de la continuation des programmes d’assistance, FEWS NET ne s’attend pas à des stratégies négatives, dans la plupart du pays et durant toute la période du scenario (octobre 2013 à mars 2014). Les périodes de stress alimentaire atypiques seront conjoncturelles et localisées. Dans le reste du pays, les importations internationales et sous régionales, la production nationale au pis des cas comparable à celle d’une année moyenne et les programmes d’assistance du gouvernement assureront une disponibilité alimentaire régulière et suffisante. L’accès sera facilité par des revenus au moins égaux à ceux d’une année moyenne, des termes d’échange (animal contre céréales) favorables et par la capacité de recourir aux programmes d’assistance qui vendent à des prix plus bas (-30 à -40 pour cent) que ceux du marché formel. D’octobre à décembre, toutes les zones seront en insécurité alimentaire minimale (IPC Phase 1). Cette situation devrait se prolonger entre janvier et mars pour la majeure partie des zones sauf  dans l’ouest de la zone agropastorale  et dans le nord-ouest de la zone de cultures pluviales (nord et centre du Guidimakha) où, entre la fin d’année et mars 2014, les ménages pauvres connaitront des difficultés à accéder à une nourriture régulière et suffisante.


    Zones de Preoccupations

    La zone de cultures pluviales

    Cette zone comprend le nord de la moughataa de Sélibaby et toute celle de Ould Yengé où environ 75 pour cent des agriculteurs sont pauvres et ne pratiquent, par an, que la seule culture pluviale qui leur fournit 35 pour cent de leur nourriture annuelle et dont la vente leur apporte 20 pour cent de leurs revenus annuels. Les travaux agricoles, réalisés de juin à novembre, leur procurent également 20 pour cent de revenus. Ils sont donc très vulnérables aux chocs pluviométriques qui affectent leurs activités agricoles. Leur principale stratégie de vie et d’adaptation est l’exode qui leur rapport environ 20 pour cent de leur revenus et leur permet en grande partie d’accéder aux denrées alimentaires commercialisées puisqu’ils achètent 38 pour cent de leur nourriture.

    Situation actuelle

    La productivité des cultures de court cycle a été affectée par une mauvaise répartition temporelle des pluies. Récoltées en fin septembre elles ne couvriront au plus que les besoins des mois d’octobre et de novembre alors qu’en, en année normale, elles représentaient 60 pour cent de la production céréalière locale et couvrent les besoins des ménages jusqu’en mars/avril. Les cultures de long cycle qui (30 pour cent en année normale) ne représentent, cette année, que 12 pour cent de toutes les cultures pluviales. Vu les tendances de la saison, les paysans qui s’attendaient à une fin de saison semblable à celle d’une année moyenne (fin septembre/début octobre) les ont limité et ont porté leur devolu sur les cultures tardives. Ces dernières n’arriveront malheureusement pas à boucler normalement leur cycle dans de bonnes conditions vu qu’on n’a pas noté de pluies significatives au cours du mois d’octobre. Les 10 pour cent qui concernaient la culture de maïs réalisées le long des cours d’eau et dans certaines zones dépressionnaires et dont la majeure partie de la production est consommée en vert pendant la période de soudure, ont été les seules à avoir connu un développement plus ou moins normal.

    Les pâturages, bien que moins denses que ceux d’une année moyenne, répondent actuellement au besoin du cheptel local et transhumant. La disponibilité saisonnière en lait, surtout chez les espèces caprines qui constituent l’essentiel du cheptel des ménages pauvres, reste cependant comparable à celle d’une année moyenne.

    La disponibilité alimentaire est satisfaisante grâce au bon approvisionnement des marchés en denrées alimentaires importées. Les flux transfrontaliers avec le Mali et le Sénégal fonctionnement normalement tout comme les programmes d’assistance existant dans la zone tels que les SAVS, les BS, les Centres de Récupération Nutritionnelle Ambulatoire et les cantines scolaires.

    Les prix des denrées alimentaires vendues dans les marchés formels sont plus ou moins stabilisés par les ventes des programmes qui sont 30 à 40 pour cent moins élevés. Comparativement à la même période de 2012, seul le riz importé a connu une hausse de 20 pour cent en raison de la hausse appliquée par les importateurs qui arguent une augmentation des prix d’achat et du transport maritime. Les prix des céréales traditionnelles se sont, conformément à la tendance d’une année moyenne, inscrits en baisse (-20 pour cent pour le maïs ; -33 pour cent pour le sorgho) typique de la saison. Toutefois ces prix restent nettement plus élevés que ceux de la moyenne des quatre dernières années.

    Les revenus saisonniers (juillet à septembre) qui provenaient en grande partie des activités agricoles de la saison (récolte de cultures de court cycle, transport et transformation etc.) étant de 50 à 60 pour cent inférieurs à ceux d’une année moyenne, les ménages pauvres n’ont pas eu la capacité de se constituer des stocks, au moment des récoltes de septembre et d’octobre alors que leur production propre ne peut couvrir au plus qu’un mois de leur besoin alimentaire. Ils devront donc, en attendant la période des activités hors pays, trouver des stratégies adaptatives saisonnières pour passer le cap de ce qu’on avait l’habitude d’appeler la période de la petite de soudure. Néanmoins on s’attend à ce que les apports des activités hors zone et hors pays (février à juin 2014) comblent le déficit et les ramène, pendant la période de soudure à un niveau proche de celui d’une année moyenne.

    Les prix des animaux bien qu’en en hausse selon les tendances saisonnières, sont cette année encore élevés sous l’impulsion de la demande de Tabaski, mais restent les plus bas de la zone de cultures pluviales. Au marché de Sélibaby on a -11 pour cent sur le prix du mouton moyen par rapport à Adel Bagrou qui est pourtant dans une grande zone de commercialisation d’ovins. La baisse est encore plus importante au marché de Ould Yengé dans le nord du Guidimakha oû elle atteint 18.5 pour cent. Ces hausses ne profitent cependant qu’aux ménages moyens et nantis car, en cette circonstance, la demande sur les cheptel et caprin possédé par les pauvres, est faible. Le sacrifice se faisant surtout en ovin.

    Suppositions

    Le scénario le plus probable de la sécurité alimentaire locale décrit ci-dessous, d’octobre 2013 à mars 2014, se fonde sur les hypothèses générales suivantes:

    • Les cultures de long cycle arrivent à maturation mais avec des rendements plus bas que ceux d’une année moyenne.
    • Les cultures tardives boucleront normalement leur cycle et donneront, à leur récoltes en fin décembre/début janvier, des rendements égaux à ceux d’une année moyenne.
    • Les conditions pastorales répondront au besoin du cheptel local et contribueront à une production de lait, au moins égale à celle d’une année moyenne, pendant toute la période du scenario.
    • La poursuite, entre octobre et mars, de la baisse des prix des céréales pluviales comparativement à la même période de 2012 (niébé -42 pour cent ; sorgho pluvial -64 pour cent ; maïs -20 pour cent). C’est là un phénomène saisonnier typique entretenu par la spéculation des marchands qui font, au moment des récoltes et pendant les proches périodes post récoltes, volontairement baisser les prix d’achat pour se faire rembourser leurs dettes à des rapports avantageux.
    • La hausse saisonnière du prix des animaux en relation avec l’amélioration des conditions pastorales. Bien que ce soit un phénomène typique, le taux de hausse a été cependant gonflé par la demande de la Tabaski. Passée la fête on s’attend à ce que la hausse retombe à un niveau plus bas (compris entre 15 et 30 pour cent).
    • La baisse du prix du blé (-21 pour cent) en août liée à celle de la demande humaine et animale, comparativement avec la même période de 2012. Les prix restent néanmoins nettement plus élevés que ceux de la moyenne des cinq dernières années (110 MRO le kg)
    • Le bon fonctionnement des flux transfrontaliers avec le Sénégal et le Mali car on s’attend à ce que leur probable baisse entre les régions de Kayes et du Guidimakha soit compensée par l’intensification des échanges avec les autres zones maliennes de bonnes production.
    • L’approvisionnement régulier des marchés en denrées alimentaires importées les plus consommées dans la zone (sorgho, maïs, riz, blé, sucre, thé et huile). On ne s’attend pas, malgré la nouvelle hausse du prix du carburant, à des hausses avant la fin des récoltes des cultures tardives (janvier).
    • Les ménages pauvres qui disposeront de stocks (pour deux mois au moins) limiteront leurs achats de nourriture jusqu’à janvier 2014. Cette faiblesse de la demande va pondérer la hausse des prix des céréales locales et par effet induit celle des céréales importées.
    • Le niveau de la capacité d’accès alimentaire des ménagés pauvres sera normal et renforcée par les bas prix des BS. Les programmes d’assistance sociale sont planifié pour le moment jusqu’en décembre.
    • Les revenus des ménages pauvres seront inferieurs a ceux d’une année moyenne à cause de la saison agricole inférieure à la moyenne, et qui ne seront améliorés qu’après par les apports de l’exode en mars.
    Résultats les plus probables de la sécurité alimentaire

    Les ménages pauvres resteront en insécurité alimentaire aiguë minimale (IPC Phase 1) jusqu’en décembre grâce aux apports de la production agricole, des effets des bonnes conditions pastorales et des revenus provenant du travail agricole. De janvier à mars la disparition des apports écologiques et la baisse des paiements en nature à cause de la fin des travaux locaux va se traduire par des difficultés d’accès à une nourriture régulière et suffisante. L’intensification de l’exode va contribuer à améliorer cette situation mais ses apports n’arriveront  ne profiteront au ménages qu’à partir  mars. Donc, la zone va se tomber dans une période de Stress (IPC Phase 2) entre janvier et mars.

    L’ouest de la zone agropastorale

    Cette zone englobe le nord et l’est du Gorgol, le nord du Brakna et l’ouest de l’Assaba. Environ 60 pour cent de la population est constitué d’agropasteurs pauvres à dominante agricole qui sont actuellement affectés par un important déficit de leur production agricole pluviale. En année moyenne celle-ci couvre 30 pour cent de leurs besoins alimentaire et sa vente 20 pour cent de leurs revenus. Ils achètent, entre mars et juillet 35 pour cent de leur nourriture le plus souvent avec l’argent procuré par l’exode (40 pour cent des revenus annuels) et par des emprunts en nature (20 pour cent) auprès des marchands locaux qui se feront rembourser en nature, lors des récoltes, où les rapports sont les plus avantageux.

    Situation actuelle

    Les récoltes des cultures pluviales, en septembre, ont été nettement inférieures à celle d’une année moyenne. Les stocks saisonniers de céréales des ménages pauvres ne couvriront, au plus, qu’un mois de leurs besoins céréaliers alors qu’en année moyenne ils couvraient ceux d’octobre et de novembre. Les zones de cultures de décrue (Bas-fonds, barrages, cuvettes, etc.) qui sont les principales sources de production agricole ont des taux de remplissage compris entre 80 et 100 pour cent. Leur exploitation qui vient de commencer demande une main d’œuvre supérieure à celle d’une année moyenne. Des problèmes d’accès aux semences de décrue sont déjà partiellement résolus par les ménages pauvres qui comptent recourir, si besoin, à d’autres types de semences pour exploiter le maximum de superficies.

    Les pâturages, bien que moins importants qu’en année normale, répondent aux besoins actuels du cheptel local. On ne note pas, pour le moment, une arrivée de troupeaux allochtones malgré le déficit fourrager observé dans l’est de la zone de transhumance pastorale. Avec la bonne disponibilité en eau de surface les animaux n’auront pas besoin de se déplacer vers d’autres zones et ils sont dans un état d’embonpoint satisfaisant. Les prix des animaux restent nettement plus élevés que ceux des années moyennes antérieures et ceux de la moyenne des cinq dernières années, en raison de la demande urbaine.

    Les marchés sont bien approvisionnés en céréales traditionnelles (sorgho pluvial en provenance du Mali et reliques des stocks paysans des zones voisines qui avaient obtenu de bonnes récoltes de décrue en 2013) et de substitution (riz local et riz importé, blé). Les prix de céréales sont relativement stables (huile, sucre, riz importé) et accusant même de fortes baisses (blé, sorgho pluvial, maïs) par rapport à 2012 et par rapport à la moyenne des quatre dernières années.

    Les revenus monétaires saisonniers conformes à ceux d’une année moyenne en début de saison mais en nette baisse depuis septembre en raison de la faiblesse des superficies à récolter. L’importante reprise depuis début octobre, du travail agricole dans les zones de décrue avec des salaires journaliers tournant autour de 100 MRO/jour.

    Pour ces raisons les ménages pauvres consomment actuellement leur production laitière renforcée par les denrées alimentaires achetées dans les SAVS, BS et commerce formel. La baisse de leur production saisonnière de céréales pluviales qui en année normale constituait l’essentiel de leur consommation, est en partie compensée par le bon fonctionnement des marchés et des programmes d’assistance et par des termes d’échange qui leur sont favorables

    Suppositions

    Le scénario le plus probable de la sécurité alimentaire locale décrit ci-dessous, d’octobre 2013 à mars 2014, se fonde sur les hypothèses générales suivantes:

    • Des superficies de décrue plus importantes que celles d’une année moyenne et dont la mise en cultures sera assurée par les riches et les moyens, à travers la main d’œuvre locale.
    • Des revenus provenant du travail agricole en augmentation par rapport à ceux d’une année moyenne, entre novembre et décembre et en mars avec les activités annexes des récoltes (transport, battage, vannage, etc.).
    • Une disponibilité en lait qui suit les tendances d’une année normale (en hausse de juillet à novembre et en baisse progressive de décembre à juin).
    • Des conditions pastorales qui limitent les mouvements pastoraux jusqu’en janvier.
    • Une demande saisonnière en travail pastoral en baisse, entre octobre et mars, conformément aux tendances d’une année moyenne, en raison des conditions pastorales qui prévalent.
    • L’approvisionnement des marchés en denrées alimentaires importées sera régulier et suffisant
    • Les programmes d’assistance du gouvernement (SAVS et BS) continueront, durant toute la période du scenario, comme en 2011 et 2012.
    • La situation acridienne sera sous contrôle et les cultures de décrue seront sécurisées. Le centre National de Lutte Antiacridienne a renforcé son dispositif de lutte et de surveillance et considère que la situation est sous contrôle et le restera en l’absence de pluies.
    • Les prix de céréales traditionnelles seront en baisse entre octobre et mars. Ce phénomène typique de la saison sera néanmoins moins marquées qu’en année moyenne.
    • Des prix des animaux en baisse, à cause de l’importance de l’offre et d’une faible demande locale alors qu’ils auraient dû être en hausse, depuis août, en raison de la demande des fêtes.
    • Malgré les récoltes des cultures de court cycle en septembre, les flux internes restent faibles contrairement à la situation d’une année moyenne. Ils vont cependant s’intensifier, entre octobre et février avec les récoltes des cultures de long cycle (en Mauritanie et au Mali).
    • Les ménages pauvres vont continuer à recourir au marché car leur production céréalière saisonnière pluviale ne couvrant que le mois d’octobre alors qu’en année moyenne, elle assurait au moins leurs besoins alimentaires jusqu’en fin novembre/début décembre.
    • La disponibilité fourragère sera, moins bonne que celle d’une année moyenne car le développement des herbes a été affecté par la mauvaise répartition temporelle des pluies. Elle répondra au besoin du cheptel local et de celui des transhumants jusqu’en janvier. Les éleveurs locaux vont entreprendre des transhumances précoces.
    • Il est également probable, que dans leurs pratiques habituelles, les éleveurs du nord de la zone agropastorale et ceux du nord, entament des transhumances en direction du centre et du sud de la zone.
    • Un exode saisonnier tardif en raison des offres d’opportunité de travail agricole jusqu’en mars entrainant une hausse de 25 pour cent des revenus par rapport à une année moyenne.
    Résultats les plus probables de la sécurité alimentaire

    Entre octobre et novembre, l’impact positif des conditions pastorales, la consumation des récoltes si déficitaires soient elles comparées à celles d’une année moyenne, et du bon fonctionnement des programmes d’assistance maintiendra les ménages pauvres en insécurité alimentaire aiguë minimale (IPC Phase 1). La baisse des revenus provenant du travail agricole (15 pour cent en année moyenne) va être comblée par le recours aux achats dans les BS où les prix sont 30 à 40 pour cent moins élevés. Cependant, entre décembre et février, en attendant les premières retombées de l’exode (40 pour cent des revenus annuels du ménage) qui n’arriveront au plus tôt que deux mois après le départ, les ménages pauvres qui ont déjà épuisé leur stock (qui n’a duré qu’un mois) aura des difficultés à accéder à une nourriture régulière et suffisante et sera une situation de Stress (IPC Phase 2). Cette situation de Stress prendra fin avec les récoltes de la décrue et les apports de l’exode à partir de mars, et ils retrouveront leur niveau d’insécurité alimentaire aiguë minime (IPC Phase 1).


    Evenements Qui Pourraient Changer les Scenarios

    Table 1. Evénements possible dans les prochains six mois qui pourraient changer les scenarios ci-dessus.

    ZoneEvénementImpacts sur les conditions de la sécurité alimentaire
    Nationale

    Hausse du prix des céréales de substitution (blé et riz) sur les marchés internationaux

    Forte hausse du prix des denrées d’où la limitation de leur accès par les ménages pauvres

     Disfonctionnement durable des flux transfrontaliersUn forte hausse du prix des céréales traditionnelles et inversion de la tendance actuelle des termes d’échange
     Multiplication des feux de broussePerte des pâturages actuels et précipitation de la transhumance pastorale
     Invasion acridienneVa affecter les cultures irriguées et de décrue ainsi que les pâturages
    Zone de cultures pluvialesEntrave à l’exode vers le MaliLa perte ou la baisse significative des revenus qui proviennent de ce pays qui est la principale destination de ceux qui vont en exode
     Incapacité des ménages pauvres à aller jusqu’à l’office du NigerLimitation du nombre des exodants et en conséquence forte baisse des revenus projetés
     Arrêt des exportations maliennes de céréalesHausse atypique du prix des céréales traditionnelles qui sont à la base de l’alimentation des ménages pauvres
     Arrivée des éleveurs de la zone agropastorale sous la pression de la descente de ceux du nordRapide dégradation des conditions pastorales qui pousse le bétail à aller au Mali
    Ouest de la zone agropastoraleL’échec des cultures de décrue à cause des attaques des menacesOn assisterait à des pertes de production agricole pouvant aller jusqu’à 80 pour cent de nos prévisions (supérieures a une année moyenne). Une telle situation pourrait conduire les ménages pauvres dans une situation de crise (IPC Phase 3) entre mars et juillet 2014.
     Reprise des demandes sénégalaises et maliennes de bétailHausse du prix du bétail entrainant une hausse des revenus provenant de leurs ventes entrainant une meilleure capacité à accéder aux céréales et autres denrées alimentaires vendues

     

    Figures Calendrier Saisonnier pour une Année Typique

    Figure 1

    Calendrier Saisonnier pour une Année Typique

    Source: FEWS NET

    Carte des résultats estimés plus probables de la sécurité alimentaire, octobre 2013

    Figure 2

    Carte des résultats estimés plus probables de la sécurité alimentaire, octobre 2013

    Source: FEWS NET

    Figure 3

    Source:

    Afin d’estimer les résultats de la sécurité alimentaire pour les prochains six mois, FEWS NET développe les suppositions de base concernant les événements possible, leurs effets, et les réponses probables des divers acteurs. FEWS NET fait ses analyses basées sur ces suppositions dans le contexte des conditions actuelles et les moyens d’existence locaux pour développer des scénarios estimant les résultats de la sécurité alimentaire. D’habitude, FEWS NET prévient du scénario le plus probable. Pour en savoir plus, cliquez ici.

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