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Perspective d'avril a septembre 2012

  • Perspectives sur la sécurité alimentaire
  • Mauritanie
  • Avril - Septembre 2012
Perspective d'avril a septembre 2012

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  • Messages clé
  • Scénario le plus probable de la sécurité alimentaire de mars à septembre 2012
  • Messages clé
    • L’arrivée de presque 60,000 refugiés maliens (dont presque 30,000 en mi-mars) dans les localités frontalières (surtout Fassala) n’ont pas encore conduit à de chocs sévères sur le marché local.

    • Les prix des céréales sont relativement stables depuis janvier avec un assouplissement relative de l’accès alimentaire surtout aux produits importés de substitution, notamment le blé.

    • Le programme d’assistance gouvernementale est en cours mais certains de ces volets (distribution gratuite) ne sont pas entièrement approvisionnés. Le programme d’assistance du PAM qui vise à soutenir 510,000 mauritaniens, pendant cinq mois, ne dispose pas encore de l’ensemble des ressources nécessaires. 


    Scénario le plus probable de la sécurité alimentaire de mars à septembre 2012

    Les pluies faibles et irrégulières ont entraîné une diminution de 50 pour cent de la production céréalière par rapport à l'année précédente, et de 40 pour cent par rapport à la moyenne quinquennale au niveau national. Localement, les pires résultats aussi bas que 75 pour cent de la moyenne ont été observés dans la zone de production agricole pluviale du sud-est et de la décrue dans la zone agropastorale. Notons cependant, que même en année moyenne, les importations en Mauritanie céréales (sorgho au Mali et au Sénégal, le riz et le blé sur les marchés internationaux) constituent environ 70 pour cent de ses besoins en année typique. Une augmentation des importations d’environ 20 pour cent, surtout en blé, serait suffisante pour remplir les besoins céréaliers du pays.

    Du fait de la dépendance des importations céréalières, Nouakchott est le principal pôle d’approvisionnement des marchés de l’intérieur. Il est important de noter que l'évolution des prix à Nouakchott est fortement liée aux niveaux de prix internationaux. Les tendances internationaux ne sont pas nécessairement reflétés dans les marchés locaux où les dynamiques localisées impactent l'offre, la demande, et le comportement des commerçants. Généralement, les niveaux stables de prix nationaux sont tributaires des hypothèses suivantes: La stabilité et le fonctionnement normal du marché au Mali et le long de la frontière, la stabilité des prix internationaux; une saison des pluies normale, et des prix du carburant stables.

    Entre janvier et mars, les prix du riz et le blé importés ont diminué ou sont stables dans les  marchés primaires. Un léger assouplissement ou la stabilité relative du riz importé et le prix du blé a été observé en mars aux marchés de Nouakchott et à l’intérieur, par rapport à des niveaux de prix de février 2012. Les prix du blé ont diminué à Nouakchott et Adel Bagrou de 12% et 7%, respectivement. La légère réduction des prix, noté également à Kankossa peut être liée aux facteurs suivants: la reprise des flux maliens de sorgho et de mil; les distributions humanitaires gratuites de blé et la chute des pluies dans le nord qui réduit la pression cameline dans la zone agro pastorale et le nord de la zone de cultures pluviales. 

    Les prix et la disponibilité du blé et riz importé démontrent des tendances à la baisse dans presque tous les marchés primaires entre janvier et mars. Cette évolution des prix suggère une stabilité relative en mars pour les prix du riz importé par rapport à février, comme le riz importé a augmenté de 10% à Nouakchott, mais a diminué de 9% à Adel Bagrou. Bien que son prix connaisse une baisse à Nouakchott (-7 % entre janvier et mars,) dans certaines zones rurales, le prix du blé vendu par le gouvernement à 3500 MRO, a déjà dépassé le seuil de 7000 MRO. Cette hausse est surtout importante dans les zones de regroupement pastoral de l’Assaba et des deux Hodh. Des hausses de prix de 20-30 pour cent ont été enregistrées sur les marchés intérieurs spécifiques de la zone agro- pastorale (Tintane, Magta Lahjar), en raison de l’intensification de la concurrence entre les consommations humaine et animale, ayant entrainé une hausse généralisée de demande.

    En mars 2012 les prix des denrées alimentaire de base, à l'échelle nationale, continuent de dépasser les 1 niveaux de 2011. Les prix des céréales importées sont modérément plus élevés que ceux  de 2011: jusqu'à 20 pour cent plus élevés pour le blé et 10 à 25 pour cent pour le riz. Le prix de blé vendu par le gouvernement à prix modéré est de 3500 MRO. Les prix actuels du sorgho sont beaucoup plus élevés que ceux de l'année dernière, affichant des augmentations comprises entre 50 et 100%, selon l'emplacement du marché, avec des pics très élevés au marché d’Adel Bagrou, (zone de cultures pluviales), de 65 pour cent d'augmentation par rapport à la même période  de 2011.

    En règle générale, le riz importé est plus cher que le riz local et aussi que le sorgho en grains. Le blé est typiquement la céréale le moins cher.  Pourtant depuis novembre ou décembre, certains marchés indiquent que les prix du sorgho sont supérieurs à ceux du riz importé. Ainsi, on suppose que les ménages consomment du riz importé en tant que substitut du sorgho.

    Les prix du transport s’inscrivent également dans une tendance spéculative, évoluant à la hausse, car la location d’un camion de dix tonnes qui tournait autour 150,000 MRO (de Nouakchott à Nema) est passée à 250,000 MRO entre mars 2011 et mars 2012, une hausse de 94% dans une année. Pourtant, on notera que malgré les hausses répétées du prix du gasoil et du transport (qui est passé de 15 à 25 MRO/Kg entre Nouakchott et la zone d'accueil dans le sud est du pays), les prix de certains produits n'ont pas encore connu de grandes hausses.

    L’arrivée de presque 60,000 refugiés maliens dans les localités frontalières (surtout dans l’arrondissement de Fassala) et l’absence de certitude à propos de la limitation de ce flux n’ont pas encore conduit à de chocs sévères sur le marché local. La plupart des déplacés qui étaient dans les camps n’avaient, jusqu’au 24 avril, reçu qu’une ration de 7 jours, au moment de leur arrivée. Pour l’instant, le gouvernement mauritanien n'as pas encore développé de programme d'assistance en faveur des refugiés. Selon OCHA, le PAM maintien un stock de 357 MT d’aide alimentaire à Bassikounou réservé aux refugiés. Ces distributions auraient commencé mais elles ne couvriraient que les besoins de quatre semaines pour 56,000 refugiés. En raison de l’insuffisance de l’assistance jusque là distribuée, certains refugiés avaient commencé à quitter les camps pour se diriger vers les villages environnants. Le problème de l’eau continue de se poser puisqu’on est encore à 9 litres par personne et par jour. L’achat local de céréales (700 tonnes de riz) est en cours et portera sur 2 mois de besoins alimentaires. Faute d’avoir déjà mobilisé l’ensemble des fonds nécessaires le PAM s’attend à une pause dans l’exécution de son programme en mi-mai 2012.

    Les récents événements politiques au Mali n’ont pas encore présentés des impacts perturbateurs ni sur les marchés en terme de disponibilité des denrées de base, ni sur les flux transfrontaliers (formels et informels). Bien qu’ayant diminué par rapport à ceux d’une année normale, les flux transfrontaliers continuent de soutenir le comportement typique du marché. Neanmoins on  suppose que les situations de la sécurité civile au Mali et en Mauritanie resteront stables et que le conflit malien apportera d’autres impacts négatifs sur les éleveurs et sur la demande de main d’œuvre dans les zones maliennes voisines pour les ménages mauritaniens pauvres et très pauvres. En plus, l’insécurité civile dans les villes près de la frontière malienne ralenti l’exode saisonnier de la main d’œuvre dans les localités urbaines le plus affectées ou proches des zones en crise. On s’attend à un fonctionnement normal des marchés céréaliers jusqu’en septembre 2012.

    Des programmes d’assistance du gouvernement étalés sur cinq mois, au profit de 109,850 ménages jugés en situation de crise alimentaire sont en cours sur un niveau national (puisqu’ils ne sont pas uniquement limités aux zones affectées). Ils portent sur des boutiques de solidarité et des stocks villageois de sécurité alimentaire dans lesquels les ménages peuvent acheter des denrées alimentaires de base (blé, riz, sucre, huile, lait etc.) à des prix réduits (20 à 40 % inferieurs à ceux du marché). Les volets relatifs aux boutiques de solidarité, à la vente d’aliments bétail et aux stocks alimentaires villageois de sécurité (SAVS) assurent leur réapprovisionnement par la récupération des fonds et la réalisation de nouvelles commandes. Cependant le volet des distributions gratuites, qui a commencé depuis mars, accuse encore un déficit de deux mois (mai et juin). L'appui aux 510,000 personnes mauritaniennes, par le biais du PAM ne devrait commencer qu'en juin avec l'arrivée des 3100 MT d'aides alimentaires.

    Le scénario le plus probable de la sécurité alimentaire décrit au dessous pur les deux zones de préoccupation, d’avril à septembre 2012, se fonde sur les hypothèses générales suivantes:

    • Sur la base d’une analyse des prévisions climatiques de moyen terme, on suppose que la progression de la saison des pluies étant normale, les calendriers culturaux se dérouleront normalement.
    • Au Mali, le statu quo politique restera en vigueur au cours des six prochains mois, et ne changera pas radicalement les impacts actuels des flux commerciaux et d'approvisionnement des marchés car on ne s’attend pas à une perturbation de la sécurité civile en Mauritanie.
    • Au niveau national, les prix du blé et du riz importé sont susceptibles de baisser ou de rester stables pendant la période de la perspective (avril-septembre), mais resteront à leurs niveaux relativement élevés au début de la saison des pluies en juin.
    • Contrairement aux tendances des prix nationaux, des augmentations significatives de 10-20% sont probables dans les marchés intérieurs, en particulier dans ceux du sud-est (zone cultures pluviales) et dans ceux du centre et de l’est de la zone agropastorale en raison de la forte demande de ces produits entraînée par la concurrence persistante, jusqu’en juillet, entre les besoins en aliment de bétail et de la consommation humaine. En l’absence de pâturage et vu la faiblesse de l’offre en aliment de bétail, les éleveurs dans la zone agropastorale continueront de recourir au blé comme aliment de bétail. On s’attend à ce que la hausse de la demande en blé soit continuée car elle est déjà forte et les troubles qui affectent le Mali commencent à entrainer un mouvement de retour des éleveurs mauritaniens déjà présents dans ce pays. Ceci devrait se traduire par de nouvelles hausses du blé entre mai et juillet.
    • Ainsi, le prix du blé, principale céréale de substitution en raison de son bas niveau (140 à 160 MRO/kg en mars) sera en hausse vu la forte demande pour la nourriture humaine et animale jusqu'à mois de juillet dans l’intérieur de la zone de cultures pluviales et dans la zone agropastorale. Les prix ​​du riz importé sont stabilisés en mars et restera stable d’ici septembre. Les transferts en provenance du Sénégal resteront essentiellement axés sur le riz. Vu qu’en dehors des périodes de récoltes elles ne portent que sur la réexportation de riz, elles resteront stables jusqu’en septembre.
    • On suppose que les riziculteurs pourront accéder au crédit agricole à temps.
    • La migration mauritanienne aux zones pastorales du sud-ouest malien déjà surpeuplées est cantonne par le conflit malien, résultant dés janvier, à une minime disponibilité de lait (4 mois en avance que normale). Ce manque précoce des produits laitiers causera des déficits alimentaires et financiers pour les ménages pastoraux jusqu’au mois d’août.
    • Demande en main d’œuvre et l’exode interne relativement conforme à celle d’une saison normale, qui va commencer en juin.
    • La demande en main d’œuvre et les salaires hors zone seront normale égaux à ceux d’une année typique (entre 1000 et 1500 MRO selon la nature du travail agricole).
    • La retour de transhumance commencera en juillet mais ne s’intensifiera qu’à partir de septembre. Les précédentes pauses pluviométriques incitent les transhumants à la prudence.
    • Les ménages pauvres de la zone de cultures pluviales et de la zone agropastorale auront des difficultés à trouver des semences pour l’année agricole qui commence en juillet. Bien que ce soit un phénomène récurrent (c’est le cas, environ huit années sur dix), les conditions d’accès aux semences pourraient être plus difficiles vu les mauvaises productions de céréales traditionnelles dans les deux pays pourvoyeurs de semences (Mali et Sénégal).
    • Les programmes d’assistance actuels réalisés par le Gouvernement, le PAM et les ONG se prolongeront jusqu’en juin 2012 avec des distributions gratuites supérieures à celles de 2010 et 2011. Elles seront cependant insuffisantes pour combler tous les besoins alimentaires, jusqu’en septembre 2012.
    • Les marchés continueront à être bien approvisionnés mais on devrait s’attendre aux ralentissements des flux, dans les zones de cultures pluviales surtout en raison du mauvais fonctionnement des routes pendant la saison des pluies.
    • Les conditions écologiques sont défavorables à la survie et à la reproduction du criquet pèlerin.

    En général, les ménages pauvres du sud-est de la zone de cultures pluviales (moughataa de Bassikounou, Amourj, Djiguenni) et ceux du centre et l’ouest de la zone agropastorale (moughataa de Tintane, Tamchakett, Kiffa, Kankossa, Barkéol, Moudjéria, Tidjikja, Magta Lahjar, Aleg) les plus dépendantes de la production et de la demande de main d’œuvre agricole, des pâturages locaux, des produits de cueillette, et qui achètent une grande partie de leur nourriture, seront, jusqu’en avril, en situation de crise alimentaire jusqu’en septembre (Figures 2-3). Pour la plupart, ces groupes sont les ménages pastoraux et agro-dominants pauvres et très pauvres qui sont susceptibles de connaître des pénuries sévères sur le revenu et de la nourriture à travers la période de perspective. Le commencement d’une saison pluviale normale en juin/juillet restaure une certaine stabilité du pouvoir d’achat des ménages à partir de juillet, étant donné que le début des activités agricoles (préparation des walo, l’exode interne pour la main d’œuvre non-qualifiée, et des cultures pluviales) offrira des possibilités de revenu et d'améliorations des pâturages.

    Perspective pour la zone de cultures pluviales

    La grande majorité de la population (80 pour cent) dépend exclusivement des cultures pluviales (diéri) qui sont récoltées en septembre et en octobre. Les ménages pauvres constituent 60 pour cent de la population. La demande en main d’œuvre pour le travail agricole, entre janvier et juin au Mali, qui touche environ 20 pour cent de la population totale de la zone, fournit environ 12  pour cent que représentent leurs revenus annuels tirés de ce volet, connaissent une baisse d’environ 50 pour cent par rapport à une année typique en raison de la baisse des opportunités de travail relevant des compétences des migrants mauritaniens. Cette situation résulte des mauvaises conditions d’exploitation des activités agricoles de 2011-2012, dans les zones maliennes frontalières du pays, qui accueillent les mauritaniens en exode. Les apports de la cueillette et du bois qui fournissait environ 15 pour cent des revenus annuels sont fortement réduits (5% au plus). En plus, la vente des petits ruminants qui rapportait 5 pour cent des revenus annuels en année typique bien qu’ayant doublée (4 têtes sur 7 au lieu de 2 en année typique pour les ménages pauvres) n’arrive pas a combler le déficit de la production agricole en raison de la baisse du prix saisonnière du prix des animaux (20 a 40 pour cent, entre avril et juin). Puis, ces ventes qui n’auraient lieu qu’entre mai/juillet sont déjà épuisées puisqu’elles ont commencé depuis janvier. De ce fait ces ménages qui n’étaient, en année typique, entièrement dépendant du marché qu’à partir de mars (38 pour cent de l’alimentation annuel), ont commencé à l’être depuis janvier et le resteront jusqu’aux prochaines récoltes des cultures hâtives de septembre. Ils sont donc vulnérables aux hausses du prix des denrées alimentaires de 40 à 60 pour cent, par rapport à 2011. La précocité de l’exode qui commence anormalement en octobre 2011, alors qu’en année typique il ne démarrait qu’en avril, prouve que ces ménages pauvres n’étaient pas en mesure de couvrir localement leur besoin en nourriture.

    Déjà, la baisse d’environ 50 pour cent de la production agricole en octobre s’était traduite, pour les ménages pauvres, par un égal besoin d’augmentation des achats de nourriture au moins cinq mois en avance, sur une année typique. Donc on s’attend à ce que le besoin de recourir aux achats dans la période de la perspective soit environ 55-60 pour cent des sources de nourriture contre 35 pourcent en année typique. Vu les tendances actuelles, une hausse de prix de 10 à 20% sur les niveaux de mars est probable sur ceux du blé, et du riz, entre avril et juillet. Dans le contexte d’une année agricole normale, on s’attend à ce que les apports de travail agricole locale et hors zone soient normaux entre juin-août et arrivent à combler une partie de ces besoins. Les salaires journaliers qui étaient entre juillet/septembre 2011 à février 2012 de 50 pour cent supérieurs à ceux de 2010/11 sont retombés à leur ancien niveau. Au cours de l’année de production 2011/12, les revenus tirés du travail agricole (entre 5 et 20 pour cent des revenus annuels selon les zones et groupes de richesse) sont 50 pour cent environ de ceux de leur niveau typique. Cette dégradation pourrait s’accentuer entre avril et juin, en raison de la faible opportunité de travail. Cette situation conduit à une évolution de l’insécurité alimentaire des ménages pauvres qui est passé, depuis février 2012 au niveau de Crise (IPC Phase 3).

    Entre février et mars, le nombre de jours de travail par semaine est tombé de 3 jours à 2 en raison de l’augmentation de la main d’œuvre causé par la fin des récoltes des bas fonds. L’arrivée subite de refugiés maliens et l’insécurité croissante dans la région ont limité les possibilités d’accroissement des flux alors que la demande s’était accrue. Si le conflit malien perdure et que la mobilité de la force active continue d’être limitée, on ne devrait s’attendre, entre mai et juillet, à une dégradation de cette situation qui conduirait à une situation d’urgence que dans la zone d’accueil des refugiés (moughataa de Bassikounou et probablement celles d’Amourj, de Djiguenni et le sud de celle de Néma) où la dégradation des conditions d’accès à l’eau et à la nourriture, pour les ménages mauritaniens pauvres, est probable. Jusque là, les programmes d’assistance, si limités soient-ils, sont essentiellement orientés pour la plupart vers les refugiés maliens. Dans le reste de la zone, la reprise des activités agricoles, à partir de juillet, devrait conduire au rétablissement des modes d’accès aux revenus d’une année typique et donc un meilleur accès aux denrées commercialisées. On devrait progressivement, entre août et septembre, revenir à un niveau de Précarité/Stress (IPC Phase 2) en attendant les grandes récoltes d’octobre/novembre. Projection des résultats de sécurité alimentaire dans la zone cultures pluviales sont basées sur les hypothèses suivantes :

    • Une baisse élevée et continue, entre avril et juin, par rapport à une année, des revenus tirés de l’exode en année typique où ces derniers constituent 20 pour cent des revenus totaux des ménages.
    • Des revenus saisonniers tirés du travail agricole au moins égaux à ceux d’une année typique entre juillet- septembre.
    • Des superficies exploitées égales à celles d’une année moyenne.
    • Des conditions pastorales normales à partir de juillet, supprimant le recours à l’achat de l’aliment bétail. Le retour de transhumance sera normal et favoriserait l’accès au lait qui est une importante source alimentaire et de revenus.
    • Un appui de la part du gouvernement et des institutions humanitaires et de développement (FAO, ACF etc.) à l’accès aux semences, entre mai et juin, en faveur des ménages pauvres qui ne pourront pas disposer de semences suffisantes pour réaliser une bonne campagne agricole.
    • Un approvisionnement régulier des marchés frontaliers par les exportations maliennes de céréales.
    • Une hausse des prix des denrées alimentaires de base sur les marchés a proximité des populations refugiées, entre avril et juillet, comprise entre 10 et 20 pour cent des niveaux actuels.
    • La poursuite des programmes d’assistance jusqu’en août, au moins.
    • La normalisation du conflit malien permettant une libre circulation de la force active et des animaux en territoire malien.
    • Des conditions d’exploitation agricoles au Mali similaires à celles d’une année typique.

    Perspective pour la zone agropastorale

    Les ménages pauvres constituent 60 pour cent de la population de cette zone. En année typique 35 pour cent de leurs besoins alimentaires annuels, entre janvier/février-août, sont achetés. Ces achats sont réalises par les revenus (20 pour cent environ) tirés de la production agricole de décrue et des emprunts monétaires octroyés sur hypothèque de la prochaine production ou de la future demande en main d’œuvre agricole. Environ 40 pour cent des revenus annuels de ces ménages, proviennent de l’exode externe, entrepris entre mars/avril et juin. Le reste des revenus et sources d’alimentation est relativement minime (moins de 10 pour cent chacun, sur l’année) et se repartit entre la consommation de la viande et du lait, la vente des animaux, les dons, le petit commerce, et la cueillette. A l’exception de ceux de la partie orientale, fortement dépendant du pastoralisme camelin, moins affecté que celui des ovins et bovins, les ménages pauvres de la zone qui étaient jusqu’en décembre en situation de Précarité/Stress alimentaire (IPC 2.0 Phase 2), sont actuellement en situation de crise alimentaire (IPC 2.0 Phase 3).

    Cette année, la production de décrue n’aura permis de couvrir qu’un mois des besoins et en raison de la faiblesse des superficies exploitables, et les revenus du travail agricole sont pratiquement nuls puisque la charge de travail était absorbée par la main d’œuvre familiale. Les apports de l’exode entre janvier et mars accusent une baisse importante malgré l’augmentation des personnes en exode. Le faible niveau de remplissage des bas fonds entre novembre et janvier a entrainé une réduction de plus de 75% de leur production (un mois de nourriture au lieu de quatre en année typique). Les revenus provenant du travail pastoral ont accusé des baisses de 70 pour cent en raison de la précocité de la transhumance causée par les mauvaises conditions pastorales.

    Les projections des résultats de sécurité alimentaire dans la zone cultures pluviales sont basées sur les hypothèses suivantes:

    • Des revenus journaliers tirés des activités locales sont, entre mars et avril retombées à leur niveau saisonnier après les hausses (50 %) de janvier à février, mais avec une réduction de 80% du temps de travail pour cause de transhumance de plus de 70 % du cheptel de la zone. Cette situation va se prolonger jusqu’en juillet.
    • Des revenus saisonniers tirés de l’exode interne (aux zones voisines) en baisse de 25% par rapport à ceux d’une année typique. Ce qui va accentuer, entre avril et juillet, l’impact négatif de la baisse de 50% observée en janvier avec des apports plus centrés sur la nourriture que sur le cash. Ceci devrait se traduire, entre avril et juillet, par une baisse, d’environ 50 pour cent des capacités d’achat alimentaire du ménage pauvre, qui en année typique achète 35 pour cent de sa nourriture annuelle.
    • Des termes d’échange défavorables, entre avril et juillet, aux ménages vendeurs malgré une sensible baisse de l’offre animale dans les marchés de bétail, résultant d’une totale dépendance du marché jusqu’en août (soit neuf mois contre quatre mois de dépendance en année typique).
    • De nouvelles hausses de prix du blé et du riz des prix actuels, entre avril et août, dans l’ouest et le nord de la zone. Vu que plus de 75 pour cent du bétail de la zone est déjà au Mali ou au Sénégal et dans la zone de cultures pluviales (en direction du Mali) la demande en blé y est moins forte et de ce fait l’évolution des prix sera moins marquée que dans la zone de cultures pluviales.
    • Une remontée des camelins vers les pâturages du nord en raison des pluies tombées au cours du mois d’avril.

    Le blé continuera à être la céréale des ménages pauvres et moyens tout en demeurant un aliment de bétail. En supposant que les importateurs soient en mesure d’assurer un approvisionnement régulier, la concurrence entre les éleveurs et les consommateurs à faible revenus et souvent situés dans des zones enclavées ou mal desservies en voies et moyens de communication, va se traduire par un mauvais approvisionnement de certains marchés. Pour faire face à la situation les ménages vont continuer à vendre des animaux et on va assister à une baisse des prix de ces derniers. En supposant que la baisse soit égale à celle d’une année typique (entre 20 et 30 pour cent, cas le plus favorable) le prix du mouton moyen (actuellement autour de 12,500) ne serait que 9,500 MRO entre avril et juillet. Ceci entrainerait des termes d’échange mouton/blé proches de 53 kg, soit dans une ration individuelle de 300 grammes par personne et par jour en ne prenant en compte que la moyenne nationale de la taille du ménage (5.9 personnes). Ceci conduirait à une réduction de 46 pour cent par rapport à la norme de 440 grammes/personne conventionnellement retenue dans les programmes d’assistance. On s’attend donc à une accentuation de l’insécurité alimentaire des agropasteurs (à dominante pastorale et éleveurs de bovins et d’ovins) mais qui ne devrait pas aller au-delà de la Phase 3 : Crise (IPC 2.0) car les risques d’aggravation de la perte des moyens d’existence sont réduits par le départ en transhumance et les programmes d’assistance en cours (SAVS, SACS, boutique de solidarité) devraient réduire leur dépendance des marchés. En plus, vu que l’hypothèse d’un démarrage normal de la saison est attendu, l’amélioration des conditions pastorales, à partir de la fin juillet (début de la saison des pluies) devrait les remplacer, à partir d’août dans leurs conditions d’une année typique et les ramener à la Phase 2 : Stress (IPC 2.0) en attendant les récoltes de septembre.

    Perspective après Septembre 2012

    L’évolution de l’insécurité alimentaire après septembre 2012 sera fortement tributaire des suppositions suivantes:

    • Les prix des céréales traditionnelles seront en baisse d’environ 50 % de leur prix actuels.
    • Malgré des prix élevés, les pauvres auront accès aux semences de décrue en temps opportun, ne serait-ce qu’en recourant au crédit, et/ou avec une assistance externe (distributions gratuites de semences).
    • La normalisation du conflit malien devrait se traduire par un retour à des conditions d’exploitation agricoles normales et permettre aux ménages pauvres de la zone de se replacer à un niveau de Stress/Précarité à partir de septembre.
    • Le nombre des personnes en insécurité alimentaire (environ 800,000) actuellement proche du triple de celui l’année passée, sera en baisse et on se retrouverait avec des niveaux similaires à ceux d’une année typique entre septembre et novembre, dans toutes les zones rurales du pays.

    Tableau 1. Événements possibles dans les six prochains mois qui pourraient changer le scénario le plus probable

    Zone

    Événement

    Impacts sur les conditions de la sécurité alimentaire

    Nationale

     

    Arrêt ou limitation des flux transfrontaliers céréaliers et pastoraux avec le Mali et le Sénégal

    Mauvais approvisionnement des marchés de Nouakchott; importantes pertes animales; réduction des apports de l’exode pour les pauvres du sud-est du pays qui vont travailler dans le delta du Niger malien.

    Une forte relance des activités industrielles qui offre des emplois

    Plus d’opportunité d’emploi et d’amélioration des revenus, notamment en zone périurbaine qui accueille la population en exode.

    Une assistance alimentaire d’urgence ciblée à, au moins, 800,000 personnes pauvres à risque d’insécurité alimentaire aiguë avec un accent particulier sur le sud-est de la zone des cultures pluviales, le centre et l’ouest de la zone agropastorale

    Diminution de la sévérité de l’insécurité alimentaire actuelle de Phase 3 maximum à Phase 2.

    La zone agropastorale

    Une attaque acridienne de grande ampleur

    Détruirait les récoltes de décrue (bas fonds et barrages) et augmenterait les déficits alimentaires attendus dans le scénario

    Une épizootie. C’est un phénomène récurent observé chaque fois que les conditions pastorales sont durablement dégradées. Le bétail affaibli meurt en grande quantité sous l’effet de la résurgence de certaines maladies locales

    Accentuerait les pertes d’animaux attendues dans le scénario

    Une hausse du prix des animaux liée à la demande du gouvernement et des organisations humanitaires dans le cadre des programmes d’assistance

    Les termes d’échange plus favorables que ceux d’octobre et une insécurité alimentaire moindre que celle attendue dans la perspective.

     La zone de cultures pluviales

    Climat d’insécurité et mesures restrictives

    Entrave de la libre circulation des biens et des personnes entre le pays, le Mali et le Sénégal 

    Figures Calendrier de la campagne et des événements cruciaux

    Figure 1

    Calendrier de la campagne et des événements cruciaux

    Source: FEWS NET

    Carte des résultats de la sécurité alimentaire les plus probables, avril 2012

    Figure 2

    Carte des résultats de la sécurité alimentaire les plus probables, avril 2012

    Source: FEWS NET

    Afin d’estimer les résultats de la sécurité alimentaire pour les prochains six mois, FEWS NET développe les suppositions de base concernant les événements possible, leurs effets, et les réponses probables des divers acteurs. FEWS NET fait ses analyses basées sur ces suppositions dans le contexte des conditions actuelles et les moyens d’existence locaux pour développer des scénarios estimant les résultats de la sécurité alimentaire. D’habitude, FEWS NET prévient du scénario le plus probable. Pour en savoir plus, cliquez ici.

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