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Une situation alimentaire améliorée dans toutes les zones de moyens d’existence

  • Mise à jour sur la sécurité alimentaire
  • Mauritanie
  • Septembre 2012
Une situation alimentaire améliorée dans toutes les zones de moyens d’existence

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  • Messages clé
  • Mise à jour des perspectives jusqu’à septembre 2012
  • Messages clé
    • L’intensification des pluies en août a amélioré les conditions d’exploitation agricoles et pastorales. Il en a résulté, dans toutes les typologies  autres que l’irrigué, des superficies exploitables supérieures aux prévisions gouvernementales dans toutes les zones de mode d’existence.  Etant donné les conditions favorables, on s’attend à une bonne production pluviale, égale voire supérieure à la moyenne des cinq dernières années.  La perspective des autres typologies dépend surtout de la disponibilité des bras valides, des semences et la prolongation de la saison pluvieuse jusqu’en octobre. 

    • Les résultats de l’enquête nutritionnelle réalisée en juillet 2012 par UNICEF, l’Office Nationale de la Statistique (ONS) et le  Ministère de la Santé (MS) montrent que la situation nutritionnelle varie de précaire à critique selon la zone. Sur le plan national le taux de malnutrition aiguë globale (MAG)  de 12,1%  est en légère hausse par rapport à  celui de l’enquête de juillet 2011 (10,7%) mais en sensible baisse par rapport à juillet 2009 (13,1%), qui est considérée comme l’année la plus récente de crise alimentaire. 

    • Les programmes d’assistance en cours continueront jusqu’en décembre à améliorer la capacité d’accès alimentaire des ménage pauvres. Les niveaux de l’insécurité alimentaire sont partout en baisse par rapport à juillet et août. La situation de IPC Phase 2 : Stress  vécue par les ménages va évoluer entre octobre et décembre vers une insécurité alimentaire minime dans la plupart du pays (IPC Phase 1 : Minime), sauf le sud-est du pays ou la Phase 2 : Stress continuera.


    Mise à jour des perspectives jusqu’à septembre 2012

    Production agricole

    Une bonne répartition spatio-temporelle des pluies au cours des deux dernières décades d’août a conduit à une amélioration des conditions d’exploitation dans les zones agricoles à travers le pays.  Les superficies exploitées en pluvial sont estimée d’être nettement supérieures à la moyenne des cinq dernières années (154 300 ha environ), dans toutes les zones exploitants des cultures sous pluie. Les emblavures en céréales de court cycle (sorgho et mil) sont moins importantes que d’habitude, car, après les hésitations de début de saison causées par la perte des cultures en 2011 et l’échec des premiers semis de 2012, les agriculteurs se sont plutôt orientés vers  les cultures de sorgho de long cycle.  Ces dernières  seront normalement récoltées entre octobre et décembre et sont jugées d’être importants cette année par rapport a la normal. L’état phénologique des cultures est satisfaisant et les stades varient de la levée au tallage pour les cultures de long cycle et de montaison à épiaison pour les cultures hâtives. Les autres cultures pluviales (niébé,  pastèque et l’arachide) sont au stade de floraison. 

    L’accès aux semences pluviales a été en partie résolu par les dons de la FAO (460 MT pour le pluvial et 100 MT pour la décrue) complété par un apport du gouvernement et de certaines ONGS en juillet/août. L’arrivée tardive de semences dans  certaines zones de cultures pluviales n’a affecté que les cultures hâtives. Il en résultera un prolongement de la période de soudure au delà de septembre mais ne dépassant pas un mois d’autant plus que le fonio sauvage est déjà  à maturité, ou les familles pauvres peuvent s’en approvisionner.  Dans certaines typologies (bas fonds, barrage et walo) la bonne pluviométrie au moins à fin septembre/octobre,  permettrait d’arriver à exploiter des superficies plus importantes que les prévisions établies par le gouvernement au début de la saison. Les  barrages de la zone agropastorale, du nord de la zone des cultures pluviales et ceux des oasis du pastoralisme avec les oueds, connaissent des niveaux de remplissage compris entre 70 et 100 pour cent de leur capacité. Selon les estimations informelles des services techniques des paysans, le walo est à son niveau de cote le plus élevé des cinq dernières années, et même supérieure à celui de  2006/2007 (ou 34 961 ha ont été emblavés) considéré, selon les résultats publiés par le gouvernement, comme année record.  Les superficies potentiellement exploitables en décrue seront donc importantes. 

    Le démarrage de la campagne irriguée dans la vallée du fleuve a été retardé au Brakna et au Gorgol par les difficultés d’accès au crédit agricole.  Contrairement à 2011, le gouvernement n’a pas imposé au Crédit Agricole un moratoire au profit des exploitants endettés.  Les paysans qui sont arrivés à s’acquitter de 90 pour cent au moins de leurs redevances n’ont pu commencer les travaux qu’au cours de la troisième décade d’août, alors que le calendrier cultural de semis (ou repiquage) s’étend de mi- mai au plus tôt à mi-août au plus tard. Ce n’est qu’au Trarza, où 18 500 ha sont déjà emblavés par la majeure partie des exploitants agricoles. Les services régionaux du Ministère du Développement Rural affirment que l’engrais est disponible en quantité suffisante pour la réalisation des objectifs visés (35 000 Ha). Les exploitants solvables auprès du Crédit Agricole pourront disposer d’autorisation leur permettant de s’approvisionner en engrais auprès de la Société Nationale d’Importation et  d’Exportation (SONIMEX)  au prorata des superficies évaluées par les services techniques du Ministère du Développement Rural (MDR). De nombreux exploitants se plaignent des lourdeurs de la procédure qui  affectent le calendrier cultural. Pour pallier à cette situation, les paysans ont fait recouru à des variétés de riz de cycle court, une variété peu appréciée par  les ménages. Il est donc peu probable qu’on puisse atteindre les objectifs souhaités par le Gouvernement à savoir les  35 000 ha prévu en  début de la saison.

    Les conditions pastorales sont bonnes dans la majeure partie du pays. De nombreux transhumants sont déjà de retour et le recours à l’aliment bétail est infime. Dans les zones agropastorales et de cultures pluviales les ménages (tout niveau confondus) ont un accès journalier au lait en général.

    Situation acridienne

    Les conditions écologiques, créées par la bonne pluviométrie d’août ont favorisés le regroupement de quelques individus des criquets dans certaines parties de l’est et du centre de la Mauritanie. Des reproductions à petite échelle vont se poursuivre, entre septembre et octobre dans l’ouest et le nord-ouest. On ne signale aucun traitement au cours du mois d’août et avec le desséchement des formations végétales en cours, l’hypothèse de superficies susceptibles d’être infestées a été revue à la baisse avec une hypothèse minimale de 30 000 Ha. Cependant la persistance de conditions écologiques favorables dans le nord du Mali inaccessible en raison de l’insécurité qui y règne peut constituer un facteur d’inquiétude  surtout si les pluies de saison froide touchent le nord du pays. Pour le moment, la situation est jugée sous contrôle par le Centre National de Lutte Antiacridienne (CNLA).

    Fonction de Marché

    Les marchés de consommation sont encore bien approvisionnés en céréales importées. On note cependant le déroulement d’une forte baisse des exportations maliennes de céréales traditionnelles causée par des restrictions sur les exportations mauritaniennes en direction du Mali.  Cette interruption continue à avoir des conséquences différentes sur les marchés frontaliers ou dépendants de ces derniers. Actuellement, l’assistance alimentaire des refugiés est revendue dans les marchés frontaliers des moughataa de Bassikounou, Amourj et Néma aux prix nettement plus bas que ceux du marché.  Par exemple, le sac de riz de 50 kg provenant de l’assistance, est revendu à 7000 MRO au marché de Bassikounou contre  9800 MRO pour le riz importé et à 8000 MRO contre 9000 MRO à Néma.  Alors, la présence de denrées moins chères sur ces marchés permet une amélioration d’accès alimentaire aux pauvres et très pauvres ainsi qu’une compensation partielle de l’impact négatif de la restriction sur le commerce transfrontalier des marchés de la zone agropastorale qui dépendent de ces flux tant pour la consommation que pour les semences.

    Les tendances à la hausse des prix continuent globalement pour le sorgho en août, allant de presque 12 pour cent (en zone agropastorale) à 2.5 pour cent dans la vallée du fleuve (Boghé) par rapport à juillet. Bien que le phénomène  à la hausse soit typiquement saisonnier, les prix n’ont rarement atteint ce niveau et concerne toutes les zones de cultures du sorgho autour du pays. Habituellement, les hausses se font en fonction des périodes d’exploitation des différentes typologies.  La forte demande en semences fait que dans certaines zones de cultures (vallée du fleuve et zone agropastorale où d’importantes superficies inondées seront probablement exploitées), les prix affichent de fortes hausses par rapport au début de la campagne agricole en juin dans les zones de décrue.  Les prix du blé sont en baisse dans la vallée du fleuve (-16 pour cent au marché de Boghé en août comparé à juillet) où la récolte du riz de contre saison chaude est en cours car les ménages pauvres accèdent, comme d’habitude,  au riz local comme revenu de travail journalier et ne recourent donc plus au blé pendant cette période.  Par contre, dans la zone de cultures pluviales,  le prix du blé est en légère hausse à cause de la demande des ménages pauvres qui le consomment à la place du sorgho et du mil devenus très chers.

    Dans certaines zones, les retombées de la hausse des prix des animaux sont amoindries par la hausse des prix des aliments de base (riz, sorgho).  Les impactes des prix des animaux sur les termes d’exchange sont variables selon la zone et la céréale spécifique.  Dans la vallée du fleuve Sénégal (marché de Boghé), seul le prix du blé a connu une baisse sensible par rapport à juillet (-16%) et de ce fait, le terme de change mouton/blé est favorable à l’éleveur (+5,75%) alors que les augmentations de prix des autres céréales ne sont pas favorables aux éleveurs. Ainsi les ménages pauvres font plutôt recours au blé dont le prix du mouton moyen rapporte 187 kg au lieu de 177 kg au mois de juillet.  Dans la zone de culture pluviale (marché d’Abdel Bagrou), le prix du bétail et des denrées alimentaires sont en hausse de façon généralisée au mois d’août par rapport à juillet. Le prix du mouton moyen a augmenté (+ 8,5%) et les prix des céréales ont augmenté respectivement  par rapport au mois précédent : blé +5,8% ; sorgho +4,15% ; et riz importé +5,57%. Malgré la hausse  du prix du bétail, le terme de chance mouton/blé (-7,14%) au mois d’aout reste négatif à la défaveur des éleveurs par rapport au mois de juillet. Par contre le terme de change mouton/sorgho et mouton/riz reste favorable au marchand de bétail respectivement de +5,08% et +3,07%. Dans la zone agropastorale, au marché de Magta lahjar, le prix du mouton moyen a augmenté (+15.62%) au mois d’aout tandis que le prix du blé reste inchangé à la même période. Le terme d’échange mouton/blé (+15%) est favorable au vendeur de bétail par rapport au mois de juillet en tant que  terme d’exchange mouton/riz.

    Contexte nutritionnelle et sanitaire 

    Selon les résultats préliminaires de l’enquête nutritionnelle biannuelle réalisée en juillet 2012 par UNICEF, l’Office Nationale de la Statistique (ONS) et le  Ministère de la Santé (MS), sur le plan national le taux de malnutrition aiguë globale (MAG) s’élève à 12,1%, une légère hausse par rapport à  celui de l’enquête de juillet 2011 (10,7%).  Le seuil d’urgence pour la malnutrition aiguë globale (>15%) est dépassé dans 4 régions : Hodh Chargui (16,2%), Assaba (16,4%), Brakna (17,1%) et Tagant (18,2%), et approché par le Guidimakha 14.5 %.  Ces taux restent a la portée taux saisonniers et devraient connaitre de baisses conformément aux tendances saisonnières et aux programmes d’assistance en cours, et grâce aux apports améliorées de l’élevage (lait), de l’exploitation écologique (cueillette de feuilles surtout) et des cultures (récolte de contre saison chaude en aout et de sorgho hâtifs en septembre).

    Assistance Humanitaire

    Les programmes d’assistance en cours, (cash transfert, réapprovisionnement des Stocks Alimentaires Villageois de Sécurité (SAVS), distribution gratuites et boutiques de solidarité) seront prolongés, dans toutes les zones administratives du pays au profit d’un nombre de ménages au moins supérieur ou égal au précédent, jusqu’en décembre et porteront sur les mêmes volets. Les refugiés maliens (autour de 108 000 selon le HCR) continuent de bénéficier d’une assistance alimentaire relativement suffisante. On s’attend à une baisse du nombre des refugiés car le recensement biométrique en cours devrait arriver à supprimer les double emplois et à améliorer la disponibilité alimentaire des réels refugiés. Cependant, l’arrivée continue des refugiés maliens dans le sud-est de la zone cultures pluviales (arrondissement de Fassala Néré) y constitue un facteur de déstabilisation des ménages pauvres locaux si les programmes d’assistance actuellement développés à leur  profit ne sont pas suffisants, entre octobre et décembre. 

    Figures Calendrier de la campagne et des événements cruciaux

    Figure 1

    Calendrier de la campagne et des événements cruciaux

    Source: FEWS NET

    Cette mise à jour des perspectives sur la sécurité alimentaire présente une analyse des conditions actuelles d'insécurité alimentaire aiguë et de toute évolution de la dernière projection de FEWS NET concernant les résultats de l'insécurité alimentaire aiguë dans la géographie spécifiée au cours des six prochains mois. Pour en savoir plus sur le travail, cliquez ici.

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