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Accès alimentaire difficile continue dans la zone de cultures pluviales et la zone agropastorale

  • Mise à jour sur la sécurité alimentaire
  • Mauritanie
  • Mai 2012
Accès alimentaire difficile continue dans la zone de cultures pluviales et la zone agropastorale

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  • Messages clé
  • Mise à jour des perspectives jusqu’à septembre 2012
  • Messages clé
    • Les ménages pauvres du sud-est de la zone de cultures pluviales et ceux du centre et l’ouest de la zone agropastorale seront en situation de crise alimentaire (IPC 2.0 Phase 3) jusqu’en juin. Si la saison pluvieuse commence normalement en juin/juillet une certaine stabilité du pouvoir d’achat des ménages devrait être restaurée à partir de juillet, étant donné que le début des activités agricoles offrira des possibilités de revenu et d'améliorations des pâturages.

    • Près de 64,000 refugiés maliens sont maintenant installés dans le camp de M’Bera. Actuellement, l’impact des refugiés sur le marché ne se reflète ni dans les hausses de prix, ni la disponibilité des denrées, qui restent généralement stables, comme  les hausses ponctuelles et localisées observées en février/mars ont commence à se normaliser avec la mise en place des programmes d’assistance, réduisant la pression sur le marché local.  Cet équilibre ne devrait pas changer à moins que les niveaux d'aide diminuent dans la mesure où les réfugiés commencent à s'appuyer davantage sur les marchés pour répondre à leurs besoins alimentaires.

    • Avec l’arrivée des refugiés, revenus saisonniers des ménages pauvres mauritaniens  dans les zones d’accueil au sud est de la zone de cultures pluviale sont en baisse par rapport a une année typique et les tendances saisonnières. La multiplication des acteurs sur le marché a réduit les gains de ceux qui typiquement vivaient de la vente de bois, charbon, et paille, réduisant le pouvoir d’achat pour l'alimentation pendant la période de soudure. 

    • La situation de crise (IPC 2.0 Phase 3) vécue par les ménages pauvres du centre et de l’ouest de la zone agro-pastorale est stabilisée, par la stabilité (voire la baisse) des prix des principales denrées alimentaires, la reprise des flux transfrontaliers et par la mise en place de programmes d’assistance qui ont amélioré l’accès alimentaire des ménages.  Supposant un démarrage et distribution normale de la saison pluvieuse, l’amélioration des conditions pastorales à partir d’août retourne ces ménages pauvres à la stresse alimentaire (IPC Phase 2) en attendant les récoltes de septembre.


    Mise à jour des perspectives jusqu’à septembre 2012

    En général, les ménages pauvres du sud-est de la zone de cultures pluviales (moughataa de Bassikounou, Amourj, Djiguenni) et ceux du centre et l’ouest de la zone agropastorale (moughataa de Tintane, Tamchakett, Kiffa, Kankossa, Barkéol, Moudjéria, Tidjikja, Magta Lahjar, Aleg) les plus dépendantes de la production et de la demande de main d’œuvre agricole, des pâturages locaux, des produits de cueillette, et qui achètent une grande partie de leur nourriture, seront en situation de crise alimentaire jusqu’en septembre.  Dans toutes les zones de préoccupation (est et sud de la zone de cultures pluviale, centre et ouest de la zone agropastorale) les stocks familiaux issus de la production agricole  (bas fonds, barrages, et culture pluviales) sont épuisés trois mois plus tôt qu’en année typique. Par conséquence, les ménages vivent uniquement de l’achat. Toutefois, les besoins alimentaires sont partiellement comblés par l’assistance qui a démarré en mars qui est venue renforcer les stratégies traditionnelles d’emprunt des denrées alimentaires importées du Mali (mil, sorgho, niébé et arachides) et de Nouakchott (riz, blé, huile, sucre, thé, pâtes). De ce fait, on n’a pas  encore  assisté à une dégradation marquée des niveaux de l’insécurité alimentaire établis en mars  dans les zones agropastorales et de cultures pluviales.

    Zone Culture Pluviales

    Dans  l’est de la zone de cultures pluviales la présence de 64,000 refugiés constitue une source de préoccupation autant pour les institutions humanitaires qui se mobilisent que pour les populations locales qui voient leurs revenus baisser et leur environnement se dégrader.  Face à l’accroissement de la demande, les acteurs commerciaux mauritaniens et maliens (y compris les refugiés qui sont venus avec un fond de commerce) ont favorablement réagi en assurant un approvisionnement régulier des marchés locaux, malgré le ralentissement des flux maliens.  La subite hausse des prix (> à 60% pour le riz et à 70% pour le mil et le sorgho) observée entre février et mars, dans les marchés de Bassikounou et de Fassala, s’est maintenant estompée.  Elle s’expliquait par la subite augmentation de la demande par les refugiés qui disposaient de ressources et la faiblesse de l’offre, liée à une baisse de la disponibilité alimentaire résultant d’une faible production céréalière locale en 2011. Le ralentissement des flux maliens qui, en année normale, constituent la principale source d’approvisionnement en mil et sorgho, a également été un facteur aggravant.  Commencées en fin mars, les distributions gratuites, les ventes subventionnées et la baisse de la demande des éleveurs qui ont repris leur transhumance vers le Mali, ont réduit la demande sur les produits vendus dans les marchés et conduit à une stabilisation des prix.   A l’exception, le recours au blé comme céréale alimentaire des humains est de plus en plus courant. Bien que son prix n’ait connu que de légères variations dans les marchés des centres administratifs (Adel Bagrou et Bassikounou) dans les zones de concentration pastorale (marché de Soramassa), il a connu une haussement de 34%  entre janvier et avril.

    Même si les prix de céréales se sont stabilisés, les revenus saisonniers actuels des ménages pauvres sont en baisse par rapport à ceux d’une année typique. Le retour, depuis mars,  des personnes qui étaient en exode (environ 3 personnes par ménages) des centres urbains et le delta du Niger s’est traduit par une forte baisse de pouvoir d’achat, en raison de la perte des revenus que ces derniers envoyaient entre octobre et avril. En année typique ce retour n’intervenait que lorsque l’installation de la saison des pluies était imminente (juin). Les revenus tirés de l’auto-emploi local pendant la période de soudure ont accusé des baisses à cause de la concurrence (augmentation des bras valides disponibles) et selon les tendances saisonnières typiques.  La vente du bois, du charbon, et de la paille est constante dans une année normale, avec une tendance à se généraliser pendant la saison morte (février-mai) avec la fin des activités agricoles et la mise en équilibre des mécanismes familiaux d'exode.  Cette année,  la multiplication des acteurs a réduit la part de marchés de ceux qui typiquement vivaient de ces activités.  En guise d’exemple la charge de bois d’une charrette  qui se vendait dans une année typique  à 2500 MRO, vaut actuellement 7000 MRO (hausse de 65%).  Cependant, pendant cette période de soudure, en dépit de la forte demande en bois de plus de 12,000 ménages refugiés et de la population locale, le vendeur de bois gagne moins  qu’en année normale, vu que la distance qui le sépare des zones de collecte a doublée. Il en  résulte  une réduction des jours normalement réservés à la vente de bois.  Les pertes des revenus ont érodé anormalement le pouvoir d’achat des ménages pauvres et très pauvres.

    La reconversion dans les activités actuellement développées dans le camp de refugiés, possible avec la demande de la main d’œuvre pour les travaux d’assainissement et d’implantation des tentes, est certes une source de revenus alternative mais, elle aussi, offre des salaires de 50 pour cent inferieurs à ceux d’une année typique où la journée de travail était payée à 2000 MRO. En guise d’exemple, pour une installation de 65 tentes, un entrepreneur local  emploie 180 travailleurs pour 2500 MRO la tente. Ces derniers se partagent donc, en fin de journée, la somme de 162,500 MRO ce qui revient à un salaire journalier de 902 MRO, soit une baisse par rapport à une journée en année typique. 

    Les conditions pastorales continuent de se dégrader affectant du coup la santé et la rentabilité du cheptel dont la plus grande partie est encore au Mali. Avec la crise, les éleveurs se sont déportés vers l’ouest malien (région de Kayes). Les transhumances ralenties par le démarrage du programme d’assistance pastorale du gouvernement ont repris avec cependant moins d’intensité qu’en début d’année. Le prix mensuel de la main d’œuvre pastorale, qui tournait autour de 20,000 MRO par mois, fluctue actuellement entre 15,000 et 10,000 MRO. Nombreux sont les éleveurs qui ont renoncé à son utilisation, recourant plutôt à la main d’œuvre familiale pour limiter les dépenses.   Les ventes animales sont en forte hausse. Les ménages pauvres estiment avoir vendu les trois cinquièmes (contre le tiers) de leur cheptel  qui tourne en général autour de sept à 10 têtes et ne comptent plus en vendre par crainte de dépasser le seuil de reconstitution. Malgré la relative normalisation des prix des céréales, les termes d’échange animal/céréales évoluent au détriment des ménages vendeurs. Un ménage qui pouvait, en 2011, disposer de 166.6 kg de mil après avoir vendu son mouton au prix le plus élevé n’obtient actuellement que 52.6 kg soit une baisse de 67 pour cent environ par rapport à 2011.

    Les stratégies adaptatives sont, depuis mars, organisées autour de la modification des régimes alimentaires (consommation du blé et des pâtes alimentaires) et de la réduction du nombre (2 au lieu des 3 usuels) des quantités de repas.  En année typique cette stratégie n’est observée qu’entre juin et août. Le bon fonctionnement des systèmes sociaux permet aux ménages pauvres de recourir à des emprunts de nourriture ou à des partages internes car l’accès aux boutiques de solidarité est très limité du fait de leur éloignement des zones les plus affectées.  Ceci nous autorise à considérer que les stratégies adaptatives développées par les ménages couplées avec les retombées des programmes d’assistance permettent de stabiliser la situation. Pourtant, cette situation reste fragile et ne résistera ni à une installation tardive ou discontinue de la saison des pluies, ni à un afflux massif de nouveaux refugiés, ni à  un arrêt des programmes d’assistance développés au profit des refugiés et des ménages locaux pauvres, ni à de nouveaux chocs sur les prix du blé, du riz et du mil/sorgho. Dans le cas où l'un de ces événements se produit, les marchés pourraient être toujours bien approvisionnés mais les ménages pauvres n’auront plus de ressource ou de stratégies non négatives leur permettant d’y accéder et on pourrait, entre juillet et septembre passer du stade actuel de crise (Phase 3 IPC) à une situation d’urgence (Phase 4 IPC) dans toute la partie orientale de la zone de cultures pluviales.

    Zone Agropastorale

    La production agricole des bas-fonds et barrages n’a permis, de couvrir, qu’un à deux mois des besoins en céréales des ménages pauvres contre 5 à 6 mois en année moyenne.   De ce fait, ils sont dépendent sur le marché pour répondre aux besoins alimentaires.  Les prix des céréales sont stables depuis janvier 2012 mais, comparativement à la même période de 2011, ils sont partout en hausse (hausse de 40 à 60 pour cent selon les zones), avec des tendances plus marquées dans les zones enclavées. Par exemple, le prix du moud (unité de mesure de 4 kg) de sorgho est passé à 950 MRO depuis avril 2011, une hausse de 37% et le cout du transport entre les centres de vente et les zones rurales de consommation a enregistré une hausse de 20 pour cent environ pendant la même période.  La hausse est plus marquée dans la zone centrale, qui est plus enclavée que le nord desservi par la route qui relie Nouakchott à Nema. En guise d’exemple, le prix d’un sac de blé  et celui du riz est presque 50% et 14% respectivement plus haut que dans les marchés du de la zone centrale. Toutefois, l’existence dans la partie centrale d’assistance par les ONGs internationaux permet d’atténuer les effets de cette situation et de ses implications sur le plan économique (activités génératrices de revenus) alimentaires (boutiques communautaires) et nutritionnel (CAC et distribution de rations alimentaires) au profit des ménages pauvres identifiés.

    Des difficultés d’accès aux semences sont évoquées dans toute la zone agropastorale mais les ménages comptent en acheter s’ils ne sont pas assistés dans ce domaine. Déjà les hauts niveaux des prix des mouds de sorgho et de niébé laissent présager des difficultés que les ménages pauvres rencontrerons au moment des semis attendus dans trois mois (cultures pluviales) et dans 7 mois (cultures de décrue).

    La situation pastorale est fortement dégradée par l’absence des pâturages mais le départ en transhumance de la plupart du cheptel février/mars (plus de 80 pour cent du cheptel dans l’ouest de la zone)  vers le Mali et le sud du pays (entre Kaédi et Sélibaby) a réduit la pression sur les disponibilités locales.   Dans un contexte normal, la transhumance porte sur une espace plus large s’étalant tout au long de la frontière entre les deux pays (700 Km environ).  De ce fait, les problèmes d’accès à l’eau sont moins pressants dans cette partie de la zone qu’en année typique même dans le nord ouest de la zone. Les ménages d’agropasteurs  moyens et pauvres  qui doivent multiplier les ventes pour nourrir sur place le cheptel (composé en grande partie d’ovins et de caprins) sont les plus affectés. Ils  recourent autant aux emprunts qu’aux achats réalisés à la fois chez les commerçants et dans les systèmes sociaux du programme EMEL. Selon la direction de l’élevage des pluies hors saison ont causé de grandes pertes, particulièrement sur les ovins qui se trouvent être le principal cheptel des ménages pauvres et moyens dans le nord-ouest de la zone agropastorale. 

    Dans l’ouest de la zone Les prix des animaux sont en baisse de 40 à 60 pour cent par rapport à 2011, entrainant des termes d’échange défavorables aux ménages vendeurs. Par contre dans le nord de la zone qui dispose d’un meilleur pouvoir d’achat que le sud, le prix du taurillon n’accuse qu’une baisse de 25 pour cent.  Le prix de la main d’œuvre agricole (3000 MRO par jour et sans prise en charge alimentaire) n’a pas baissé mais les opportunités de travail, pour les ménages pauvres, sont trop faibles, du fait qu’elles sont essentiellement organisées autour du travail agricole indisponible pendant cette période puisqu’elles sont uniquement conditionnées par la présence de la pluie qui n’arrive qu’en juin. Par contre celui de la main d’œuvre pastorale connaît une baisse de 10 à 15 pour cent, en raison du faible nombre de bêtes à entretenir car la plus grande partie du cheptel est partie en transhumance depuis février/mars. Ses apports, dans la partie centrale de la zone, sont actuellement très réduits du fait de la transhumance, mais ils restent importants dans le nord, où les opportunités de travail existent car les transhumances sont internes et l’entretien du bétail sédentaire demande une importante main d’œuvre. De nombreux ménages pauvres envoient deux à trois enfants garder les troupeaux pour des salaires variant entre 20,000 et 25,000 MRO. La crise pastorale n’a pas modifié cet état de fait car les compléments en main d’œuvre sont assurés par les membres du ménage qui accompagnent les bergers. En année normale ces derniers n’accompagnent les animaux et s’adonnent à d’autres activités génératrices de revenus (courtage pastorale, petit commerce, etc.).

    Les stratégies adaptatives, tournent, comme dans la zone de cultures pluviales, autour de la modification des régimes alimentaires (consommation du blé et des pâtes alimentaires) et de la réduction du nombre (1 à 2 repas au lieu des trois usuels) des quantités de repas (de 30 à 50 pour cent).   Les systèmes sociaux permettent aux ménages pauvres d’avoir des emprunts de nourriture ou/et  de partager avec les leurs les repas disponibles. Malgré leur multiplication l’accès aux boutiques de solidarité est très limité du fait de leur éloignement des zones rurales et de l’absence d’un système de prêt.

    Figures Calendrier de la campagne et des événements cruciaux

    Figure 1

    Calendrier de la campagne et des événements cruciaux

    Source: FEWS NET

    Cette mise à jour des perspectives sur la sécurité alimentaire présente une analyse des conditions actuelles d'insécurité alimentaire aiguë et de toute évolution de la dernière projection de FEWS NET concernant les résultats de l'insécurité alimentaire aiguë dans la géographie spécifiée au cours des six prochains mois. Pour en savoir plus sur le travail, cliquez ici.

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