Skip to main content

L’assistance en cours stabilise à peine les écarts de consommation chez les ménages pauvres

  • Mise à jour sur la sécurité alimentaire
  • Mauritanie
  • Juin 2015
L’assistance en cours stabilise à peine les écarts de consommation chez les ménages pauvres

Télécharger le rapport

  • Messages clé
  • Situation actuelle
  • Suppositions mise à jour
  • Perspective estimée jusqu'à septembre 2015
  • Messages clé
    • Les programmes d’assistance en cours (distributions gratuites de vivres et d’argent, vivres ou argent contre travail etc..) au profit des ménages pauvres du centre et du sud du pays, arrivent à réduire le nombre de zones en insécurité alimentaire de type Crise (Phase 3 de l’IPC) au Brakna, à l’est de l’Assaba et au nord du Gorgol.

    • L’insuffisance des programmes actuels et leur mauvaise répartition spatiale font que, même dans le cas d’un hivernage moyen, la population du pays en Crise (Phase 3 de l’IPC) sera en augmentation, entre juillet et septembre 2015, et que certains ménages très pauvres de l’ouest de la zone agropastorale et du centre de la vallée seront en situation d’Urgence (Phase 4 de l’IPC).

    • Une situation de Stress (Phase 2 de l’IPC) très accentuée concernera la zone de cultures pluviales entre juillet et septembre. Dans les autres zones pastorales, malgré la levée de pâturages qui met fin à la période de soudure pastorale, les éleveurs vont attendre les prochains mises bas pour que leur situation commence à s’améliore d’une façon significative et resteront en situation de Stress (Phase 2 de l’IPC) au moins jusqu’à septembre.


    Situation actuelle

    Les cultures : Dans la vallée du fleuve Sénégal, la campagne hivernale de riz irrigué récolté en octobre a commencé mais elle n’est importante qu’au Trarza. Du fait de la limitation de l’accès au crédit agricole en raison du non-paiement des redevances de 2014, on s’attend, dans les zones rizicoles, comparativement à 2014, à une baisse des superficies exploitées. L’attribution par la FAO de 479 T de semences de céréales à 8050 ménages de toutes les wilayas du pays contribuera à réduire la crise de semences qui, faute de bonnes récoltes depuis 2013, affecte les agriculteurs pauvres. Pour le moment, vu le scepticisme affiché par les agriculteurs qui ont connu deux années successives d’échec de leurs cultures pluviales, ce n’est que dans le sud des deux Hodhs que les activités agricoles (préparation des champs et semis à sec) ont débuté alors qu’en année moyenne elles ont lieu en mai et les semis en juin. Dans les zones oasiennes, la production de dattes est nettement inférieure à celles d’une année moyenne et de la moyenne quinquennale du fait l’important déficit pluviométrique de 2014. On ne s’attend pas, pour autant, à une baisse des revenus des ménages car, avec le mois de Ramadan, les prix de vente seront plus élevés que ceux des deux périodes.

    Les conditions pastorales : Ce n’est que dans le nord-est du Trarza, au Tiris Zemmour et au Dakhlet Nouadhibou, où la pluviométrie de 2014 était moyenne que les pâturages répondent encore au besoin du cheptel local (camelins surtout). Dans le reste du pays, y compris les zones refuges du sud où les animaux disposaient normalement de pâturages secs jusqu’en juillet, la majeure partie du cheptel est, faute de pâturages, au Mali, depuis avril. Parmi ceux qui sont restés en place, de nombreux agropasteurs ayant vendu la majeure partie de leur cheptel (pour se nourrir et pour nourriture leurs animaux) sont confrontés à des déficits de moyens d’existence qui mettront plusieurs mois voir des années à se résorber. Le programme d’assistance pastorale avec des prix subventionnés (3500 MRO le sac de 50 Kg) a limité la hausse du prix de l’aliment bétail qui était acheté par les éleveurs en place, dans le commerce, entre 6500 et 8000 MRO. Environ, 117 220 éleveurs sont ciblés par 30 296 tonnes d’aliment bétail.

    Les revenus : Les revenus que les ménages pauvres locaux tirent du travail dans les zones rizicoles sont bas à cause de l’important recours à une main d’œuvre étrangère qualifiée et peu chère. Dans les périmètres communautaires travaillés par la main d’œuvre familiale, l’impact sur la sécurité alimentaire se résume aux récoltes, entre octobre et novembre. Dans les autres zones rurales non minières, l’absence d’activités saisonnières locales limite la possibilité de revenus. Les seules sources de revenus saisonniers actuellement actives sont la vente des animaux (pour ceux qui en ont encore) et les retombées de l’exode qui représentent à peine 25 à 30 pour cent de celles d’une année moyenne à cause de l’augmentation atypique du nombre de migrants qui a provoqué une concurrence accrue sur les opportunités d'emploi déjà limitées. Le PAM et certaines ONG (Save the Children, OXFAM, ACCORD etc..) accordent des transferts monétaires mensuels respectivement à 69 700 (sur 227 722 planifiés) et à 92 334 ménages. Ces derniers varient de 15 000 à 22 000 MRO sauf dans les zones qui bénéficient également des distributions alimentaires gratuites où ils sont limités à 12 000 MRO.

    Les marchés : Les marchés de toutes les zones de moyens d’existence sont bien approvisionnés en denrées alimentaires importées dont les prix sont relativement stables même si on s’attend aux habituelles hausses des prix des denrées alimentaires pendant le mois de Ramadan qui débute en mi-juin. En outre, le démarrage du programme d’assistance alimentaire pastorale qui a réduit la demande sur le blé destiné à la nourriture du bétail et les distributions gratuites de blé par le gouvernement, le PAM et quelques ONGs, ont stabilisé les prix du blé et du sorgho, dans la plupart des marchés. Dans les marchés de Magta Lahjar et de Boghé, le prix du blé est respectivement stabilisé, depuis avril, à 150 et 125 MRO.

    Dans les marchés des centres administratifs, les prix des animaux sont, depuis mai, en hausse du fait de la baisse de l’offre causée par la transhumance des éleveurs au Mali. Le prix du mouton moyen a enregistré une hausse de 10 pour cent au marché de Boghé dans le centre de la vallée du fleuve Sénégal et de 7 pour cent dans celui de Magta Lahjar en zone agropastorale. A Adel Bagrou en zone de cultures pluviales les prix sont stables. En outre, ces prix sont globalement stables ou supérieurs à la moyenne quinquennale (-3 à +7 percent). Toutefois, dans les zones rurales ils sont plutôt en nette baisse à cause des courtiers ambulants qui imposent des prix bas aux ménages obligés de vendre pour acheter de la nourriture.


    Suppositions mise à jour

    L’évolution de la situation alimentaire dans les zones de moyens d’existence reste relativement conforme aux perspectives projetées pour la période d’avril à septembre 2015. Toutefois, la pluviométrie et l’assistance humanitaire peuvent influencer cette évolution et par conséquent, les hypothèses relatives à leurs impacts ont été mises à jour :

    • Les prévisions pluviométriques : L’exploitation de diverses sources laissent comprendre qu’on pourrait s’attendre à un hivernage moyen à déficitaire (Voir graphiques) qui peut limiter la reconstitution des pâturages et les activités agricoles pluviales. Dans un tel contexte, les ménages d’éleveurs et d’agropasteurs, déjà fortement affectés par les conditions pastorales actuelles devraient continuer à vivre des déficits de consommation et même des déficits de protection de leurs moyens d’existence qui vont s’accentuer si les programmes actuels d’assistance humanitaire ne sont pas assez souples et dynamiques pour les combler.
    • Actions humanitaires: Le CSA, le PAM et les ONG ont divers programmes d’assistance alimentaire (distribution d’aliments, transferts monétaires) destinés aux ménages pauvres des wilayas les plus affectées par les déficits de productions et de pâturages. Selon les données disponibles, FEWS NET suppose que l’assistance humanitaire atteindra au moins 50 pour cent des ménages pauvres et très pauvres au Gorgol, au Hodh Echargui, et au Tagant et devrait fournir au moins 20 pour cent de leurs besoins caloriques si les ménages bénéficiaires ne partagent pas leur assistance avec tous les pauvres de leur communauté. Cette pratique réduit certes les quantités reçues par chaque ménage mais elle augmente le nombre réel de bénéficiaires.

    Perspective estimée jusqu'à septembre 2015

    Entre juin et septembre 2015, les ménages pauvres de l’ouest de la zone agropastorale et du centre de la vallée du fleuve Sénégal accroitront leur consommation de blé et de riz local qui sont les seules céréales vendues dans les Boutiques de Solidarité à des prix subventionnés. Leur accès à la nourriture sera tout au plus stabilisé par les distributions alimentaires gratuites et monétaires en cours dans la plupart des zones. Cependant, malgré cette assistance, les ménages pauvres du Brakna, de l’ouest d’Assaba et du nord du Gorgol continueront de vendre des animaux (lorsqu’il en leur reste), de sauter des repas et de pratiquer de sévères réductions de leur consommation alimentaire. Il leur faudra attendre les apports agricoles (feuilles, niébé et sorgho de court cycle) de l’hivernage, entre août et septembre, pour espérer la résorption partielle de leurs déficits actuels de consommation alimentaire. Les groupes d’éleveurs, d’agropasteurs toutes spécifications confondues devront encore attendre que les conditions pastorales soient suffisamment améliorées pour permettre aux animaux de reprendre un embonpoint satisfaisant afin que leur valeur marchande s’améliore et les prochaines mises bas (6 à 12 mois après la reconstitution des pâturages) pour que leur situation alimentaire commence à retrouver son niveau d’une année moyenne. Les niveaux élevés d'insécurité alimentaire de type Stress (Phase 2 de l’IPC) et de Crise (Phase 3 de l’IPC) vont donc perdurer, dans les mois à venir, dans une grande partie du pays avec une forte probabilité de déficits de consommations très marqués conduisant certains ménages très pauvres (moins de 20 pour cent de la population des zones identifiées) à la phase d’Urgence (Phase 4 de l’IPC).

    Figures Figure 1. Probabilité de la catégorie la plus probable des précipitations – juil. à sept. 2015

    Figure 1

    Figure 1. Probabilité de la catégorie la plus probable des précipitations – juil. à sept. 2015

    Source: ECMWF

    Figure 2. Probabilité de précipitations inférieures à la moyenne – juil. à sept. 2015

    Figure 2

    Figure 2. Probabilité de précipitations inférieures à la moyenne – juil. à sept. 2015

    Source: UK MET

    Figure 3. Anomalies des précipitations (mm / jour) – juil. à sept. 2015

    Figure 3

    Figure 3. Anomalies des précipitations (mm / jour) – juil. à sept. 2015

    Source: NOAA CPC

    Figure 4

    Source:

    Cette mise à jour des perspectives sur la sécurité alimentaire présente une analyse des conditions actuelles d'insécurité alimentaire aiguë et de toute évolution de la dernière projection de FEWS NET concernant les résultats de l'insécurité alimentaire aiguë dans la géographie spécifiée au cours des six prochains mois. Pour en savoir plus sur le travail, cliquez ici.

    Get the latest food security updates in your inbox Sign up for emails

    The information provided on this Website is not official U.S. Government information and does not represent the views or positions of the U.S. Agency for International Development or the U.S. Government.

    Jump back to top