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Le développement des cultures retardé par le démarrage tardif de la saison des pluies

  • Mise à jour sur la sécurité alimentaire
  • Mauritanie
  • Août 2015
Le développement des cultures retardé par le démarrage tardif de la saison des pluies

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  • Messages clé
  • Situation actuelle
  • Suppositions mise à jour
  • Perspective estimée jusqu'à décembre 2015
  • Messages clé
    • Le regain pluviométrique observé depuis la dernière semaine de juillet a amélioré les conditions d’exploitation des activités agricoles et pastorales dans les zones agropastorales et de cultures pluviales. Cependant, comparativement à la même période d’une année moyenne, on note des retards de développement des cultures et des pâturages causés par le  démarrage lent de la saison des pluies.

    • L’amélioration des conditions pastorales ait renforce l’impact des programmes d’assistance. La période de soudure n’est cependant terminée que pour les grands et moyens éleveurs qui ont commencé à consommer le lait de leurs animaux. Les ménages pauvres d’éleveurs, d’agriculteurs et d’agropasteurs continueront, jusqu’en septembre d’être confrontés à de déficits de consommation et resteront donc en Crise (Phase 3 ou Phase 3 ! de l’IPC).

    • Dans les zones pastorales du nord et l’ouest du pays, l’achat de l’aliment bétail, la diminution du cheptel par rapport à une année normale, et l’arrêt des programmes d’assistance continueront à limiter la capacité d’achat de nourriture des ménages pauvres même après la fin de la soudure. Ces ménages resteront donc en situation de Stress (Phase 2 de l’IPC) entre octobre et décembre 2015.

    • Dans l’est et le centre du pays, la situation de Stress (Phase 2 ou 2 ! de l’IPC) très accentuée des ménages pauvres se résorbe grâce à des mises-bas moyennes, aux revenus du travail agricole, à la hausse du prix des animaux et à la stabilité des prix des denrées alimentaires. Ils seront après les récoltes d’octobre en insécurité alimentaire Minimale (Phase 1 l’IPC).


    Situation actuelle

    La pluviométrie : A l’exception de la zone de cultures pluviales et du sud de la zone agropastorale qui ont reçu des pluies en mi-juillet, dans la majeure partie des zones du pays, l’installation de la saison des pluies a été tardive, comparativement à une année moyenne. Cependant, le regain des activités pluviométriques de fin juillet se prolonge et malgré quelques périodes sèches, les déficits saisonniers sont entrain de se résorber et le bon niveau d’eau dans le sol permet aux plantes de se développer.

    Les cultures : Suite à la mission d’évaluation réalisée par le réseau de suivi de la campagne agricole dont FEWS NET est membre, il ressort que dans toutes les zones à vocation agricole pluviale, les cultures s’étalent des semis à la montaison. Les niveaux les plus avancés sont observables dans la zone de cultures pluviales, où les cultures réalisées dans les zones dépressionnaires ont résisté aux périodes sèches. De nombreux agriculteurs ont recouru aux variétés de court cycle qui en raison du retard de leurs semis ne seront probablement récoltées qu’en octobre (contre septembre en année moyenne).

    Les bas-fonds et les barrages sont, dans la majeure partie des zones, remplis et la crue du fleuve qui inonde le walo, bien que tardive (plus de 45 jours de retard) est en cours. Les travaux des cultures irriguées se poursuivent mais globalement les superficies emblavées sont en nette baisse, pour le moment comparativement aux mêmes périodes de 2014 et de la moyenne quinquennale.

    Les conditions pastorales : Dans les zones de pastoralisme et de commerce et de transhumance pastorale qui n’ont enregistré leur première pluie qu’mi-août, les levées de pâturages ne sont visibles que dans les zones dépressionnaires et sont si peu développées que même les caprins n’arrivent pas encore à les brouter. En année moyenne, ces pâturages répondaient au besoin du cheptel local dès le début du mois d’août.  Les ménages d’éleveurs continuent d’acheter de l’aliment bétail dans le commerce (entre 6000 et 6500 MRO le sac de 50 kg contre 4800 MRO en 2014) car le programme d’assistance du gouvernement, qui ne vend pourtant le sac qu’à 3500 MRO, ne couvrent pas les besoins.

    Dans la partie occidentale de la zone agropastorale où les premières pluies n’ayant été enregistrées qu’à partir de début d’août, les pâturages commencent à peine à se lever. Le cheptel qui était en transhumance commence à rentrer car sa cohabitation avec les aires de cultures pluviales posent de sérieux problèmes. Plus on avance vers l’est de cette zone plus les pâturages sont développés mais globalement ils sont, à ce stade de la saison, nettement moins denses qu’en année moyenne.

    Dans la zone de cultures pluviales les pâturages sont abondants et répondent largement aux besoins du cheptel en place.

    Les revenus : La relance des activités agricoles dans les zones de cultures pluviales et dans celles de la riziculture offre aux ménages pauvres des opportunités de travail et de revenus. Dans la zone de cultures pluviales, la journée de travail est rétribuée entre 2000 MRO (si le travailleur ne fait usage que de ses bras) et 8000 MRO s’il utilise une charrue et son attelage. Dans les zones près de la frontière malienne, la main d’œuvre agricole avec attelage peut atteindre les 10000 MRO par jour. Ces taux sont plus élevés que ceux de 2014 et s’expliquent par la faible disponibilité de la main d’œuvre agricole toujours en exode. Dans les autres zones agricoles du pays, la journée fluctue entre 1000 et 1500 MRO accusant ainsi une baisse de 25 à 33 pour cent par rapport à 2014. Le démarrage tardif de l’hivernage dans l’ouest et le nord de la zone agricole pastorale explique cette baisse qui peut cependant disparaître avec la probable intensification des cultures tardives (semées en août) et des cultures de décrue d’octobre. Les revenus provenant de l’exode restent encore peu significatifs car en plus de la faiblesse de l’offre de travail dans les zones urbaines d’accueil, de nombreux ménages pauvres en exode qui s’apprêtent à rentrer ont besoin de leurs maigres économies pour voyager. Le PAM et certaines ONG (Save the Children, OXFAM, ACCORD etc..) continuent leur programme de transferts monétaires mensuels.

    Les marchés : Tous les marchés sont bien approvisionnés en denrées alimentaires importées (riz, blé, sucre, huile) dont les prix sont relativement stables depuis juillet et par rapport à la même période de 2014. La demande en semences de la fin juillet a stimulé les prix du sorgho et du niébé à la hausse  dans les marchés de l’intérieur mais dans les marchés frontaliers (Adel Bagrou) cette dernière est modérée par le déstockage des paysans maliens. Les prix des animaux sont, comparativement à juin, à la même période de 2014 et à la moyenne quinquennale, en fortes hausses dans tout le pays. En plus de la confiance retrouvée grâce à la levée de nouveaux pâturages, la demande de la Tabaski est venue booster les prix. Cependant, les ménages pauvres bénéficient peu de cette situation puisqu’ils n’ont pratiquement plus de bétail à vendre.


    Suppositions mise à jour

    L’évolution de la situation alimentaire dans les zones de moyens d’existence reste relativement conforme aux perspectives projetées pour la période de juillet à décembre 2015.


    Perspective estimée jusqu'à décembre 2015

    Les résultats de l’enquête SMART de juin 2015 (période de soudure) révélant que 14 pour des enfants du pays souffrent de malnutrition aigue globale et que dans plusieurs wilayas, le seuil d’urgence (15 pour cent) a été dépassé offrant une situation nettement plus dégradée que celle de la même période de 2014 et la moyenne quinquennale. Cette hausse de taux de malnutrition, ainsi que les déficits de consommation et la détérioration des moyens d’existence, causés par les effets de mauvaises productions agricoles en 2014 et la faiblesse des revenus annuels placent actuellement les ménages pauvres dans une grande partie du pays en situation de Crise (Phase 3 ou Phase 3 ! de l’IPC) ou de Stress (Phase 2 ou Phase 2 ! de l’IPC) à peine stabilisées par l’assistance humanitaire dans certain zones.

    Bien qu’on s’attende à une amélioration de l'accès alimentaire en octobre avec les nouvelles récoltes et des conditions pastorales relativement bonnes, les ménages pauvres confrontés actuellement à une insécurité alimentaire de type Crise (Phase 3 ou Phase 3 ! de l’IPC), ainsi que les ménages pastoraux pauvres des zones du nord et l'ouest du pays, continueront d'avoir les difficultés à couvrir leurs dépenses non-alimentaires essentiels en raison des niveaux d'endettement plus élevés qu’en année normale, des effectifs du cheptel réduits, et la fin des programmes d'assistance humanitaire. Par conséquence, ces ménages resteront en Stress (Phase 2 de l’IPC) entre octobre et décembre même après la fin de la soudure. Dans les  zones actuellement en insécurité alimentaire de type Stress (Phase 2 de l’IPC), le début des récoltes de cultures de court cycle améliorera leur disponibilité alimentaire et don accès par les ménages et les fera évoluer vers une insécurité alimentaire Minimale (Phase 1 de l’IPC) entre novembre et décembre 2015.

    Figures Calendrier saisonnier pour une année typique

    Figure 1

    Calendrier saisonnier pour une année typique

    Source: FEWS NET

    Figure 7

    Source:

    Cette mise à jour des perspectives sur la sécurité alimentaire présente une analyse des conditions actuelles d'insécurité alimentaire aiguë et de toute évolution de la dernière projection de FEWS NET concernant les résultats de l'insécurité alimentaire aiguë dans la géographie spécifiée au cours des six prochains mois. Pour en savoir plus sur le travail, cliquez ici.

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