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L’insécurité alimentaire est en baisse dans les zones rurales

  • Mise à jour sur la sécurité alimentaire
  • Mauritanie
  • Août 2012
L’insécurité alimentaire est en baisse dans les zones rurales

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  • Messages clé
  • Mise à jour de la perspective alimentaire jusqu’en septembre 2012
  • Messages clé
    • L’exécution des programmes d’assistance et la reprise des activités agricoles ont  contribué à la réduction des niveaux de l’insécurité alimentaire dans les zones agricoles. (Figure 1). On s’attend à ce que les zones rurales évoluent, entre  août et décembre, vers l’insécurité alimentaire minime.

    • La pluviométrie enregistrée entre la troisième décade de juillet et la première décade d’août est supérieure aux   prévisions antérieurement établies par le centre AGRHYMET. Sa répartition spatiotemporelle est cependant encore  mauvaise. 

    • Dans la zone de cultures pluviales, l’importante demande de la main d’œuvre agricole locale a comme résultat la hausse (50 à 100 pour cent) des salaires journaliers des travailleurs agricoles. 

    • L’afflux des refugiés maliens dans le sud-est (actuellement plus de 103 000 personne)s continue sans pour autant avoir un impact négatif sur le fonctionnement des marchés et sur la capacité d’accès alimentaire des ménages mauritaniens pauvres. Cependant leur important cheptel est une menace pour les cultures. 


    Mise à jour de la perspective alimentaire jusqu’en septembre 2012

    Contexte National 

    Malgré l’existence de poches déficitaires par rapport à leur normale saisonnière,  on peut considérer que la saison des pluies s’est installée dans toutes les zones de productions.  Bien que la répartition temporelle soit mauvaise, les conditions pastorales se sont nettement améliorées dans la zone de cultures pluviales (Figure 3). La production laitière y est encore faible mais un meilleur embonpoint des animaux a entrainé une hausse de leurs prix. Dans la zone agropastorale, à l’exception du centre du Hodh El Gharbi et de l’Assaba et du nord du Brakna, les pâturages sont encore médiocres et les éleveurs continuent encore, comme dans la zone de transhumance pastorale  de recourir à l’aliment bétail, au lieu d'essayer de déplacer les animaux qui sont en mauvais état.  Les restrictions imposées par les autorités mauritaniennes sur la réexportation des produits et les retombées de la crise malienne (instabilité dans le sud-est) ont ralenti les échanges de céréales, si fondamentaux pour les zones mauritaniennes frontalières.

    Les programmes d’assistance sont maintenant exécutés dans tout le pays contribuant ainsi à l’amélioration des  systèmes d’accès alimentaire des ménages pauvres. La distribution du  cash (15 000 MRO par mois et par ménage) dans le centre et l’est de la zone de cultures pluviales, dans le centre et l’ouest de la zone agropastorale et dans le centre de la vallée du fleuve a redynamisé les pratiques internes (emprunt sur hypothèque des prochaines ressources) et favoriser l’accès aux produits des SAVS et des boutiques de solidarité.  Selon le HCR, au 21 août, 103 755 refugiés maliens (20524 familles) sont installés dans le camp de M’Bera, avec les flux qui continuent a signaler le potentiel pour l’insuffisance d’assistance alimentaire planifiée, tant en raison de la continuité des flux d’arrivants que des difficultés d’approvisionnement liées à l’insuffisance de la logistique. Le gouvernement mauritanien n’a pas encore de plan spécifique d’assistance mais travaille en étroite collaboration avec les parties prenantes. Le PAM, en considérant que la population actuelle (103,000 personnes) des camps pourrait doubler, a élaboré un plan de contingence,  qui sera soumis au Comité Humanitaire de Pays afin d’avoir un plan national de contingence.

    Production Agricole 

    Le gouvernement vise l’exploitation de 292 000 Ha (dont 35 000 ha en riz irrigué) et  espère arriver à une production céréalière brute de 265 000 MT  (135 000 MT en riz et 130 000M T en céréales traditionnelles). La mauvaise répartition des pluies de juin à la première décade d’août et les problèmes d’accès aux semences pourraient restreindre les résultats visés. 

    Le diéri  et cultures pluviales : Les premiers semis de sorgho de court cycle, effectués, entre fin juin et début juillet n'ont réussi que dans le sud de Hodh el Chargui et Hodh el Gharbi. Partout ailleurs ils ont échoué, à cause des pauses pluviométriques prolongées, un phénomène assez courant surtout pour les premiers semis effectués de juin à la deuxième décade de juillet . Depuis la fin de la deuxième décade de juillet, on assiste à de semis et à des resémis qui portent surtout sur les cultures de long cycle (juillet-novembre) mais les superficies emblavées, bien que supérieures à celles de 2011, restent encore inferieures à celle d’une année moyenne, en raison du difficile accès aux semences. L’assistance apportée, dans ce domaine, par le gouvernement avec l’appui de la FAO (460 MT)  couvre 24 pour cent des besoins d’une année normale. Faute de semences de court cycle, les paysans recourent à des semences de long cycle achetées dans le marché, une pratique plus ou moins courante. A la fin de la première décade d’août, les cultures de sorgho évoluaient entre le stade de levée (dans le centre et l’ouest de la zone de cultures pluviales) et celui du tallage (dans l’est) avec des conditions hydriques jugées satisfaisantes. De nombreux paysans ont entrepris les travaux de préparation des sols de cultures tardives qui semées en août arriveront à maturation complète entre décembre et janvier.  Dans le sud de la zone agropastorale, les semis en diéri ont commencé au cours de la première décade d’août.

    Les bas-fonds : Ils sont essentiellement situés dans la zone agropastorale. De fortes pluies isolées y ont conduit à leur remplissage et parfois à  leur débordement occasionnant des inondations de villages (Magta Lahjar, Sangrava, Choggar). Si leurs niveaux actuels de remplissage est maintenu, jusqu’en octobre (période de leur mise en exploitation), on peut  arriver à de superficies exploitées supérieures ou au moins égales à celles d’une année moyenne et  les 100 MT  de semences destinées à cette typologie (soit 42 pour cent des besoins en semences  d’une année normale) seront insuffisants pour ensemencer les superficies exploitables cette année.

    L’irrigué hivernal : La campagne hivernale irriguée est en cours dans l’ensemble des quatre wilayas (Trarza, Brakna, Gorgol et Guidimakha). Vu les contraintes liées à la disponibilité du matériel de labours, aux intrants (semences, engrais) malgré la subvention de 50 pour cent octroyée par l’Etat, la limitation de l’accès au crédit agricole aux seuls exploitants ayant soldé leurs emprunts passés, à la fin de la troisième décade de juillet, seuls 1 500 Ha étaient emblavées en riz. En juillet, FEWS NET avait supposé que les exploitants, même ceux qui étaient redevables, pourraient bénéficier de moratoire leur permettant d’accéder au crédit agricole et d’échelonner leur remboursement. Ceci n’ayant pas été le cas, les exploitants ont été obligés de recourir à des financements internes souvent insuffisants pour exploiter tout leur périmètre, mais on n’attends un impact sur la perspective globalement.

    Le walo : Son inondation qui n’a commencé qu’au cours de la première décade d’août accuse un retard par rapport à une année normale où elle commençait en mi-juillet. L’inondation du walo se fait normalement entre  juillet /août et le retrait des eaux en octobre/novembre. Le niveau de remplissage du walo et la durée du temps de submersion  des terres sont fondamentaux pour déterminer les critères de production en février/mars 2013.

    Fonction de Marché 

    Les marchés de consommation ne sont bien approvisionnés qu’en riz, blé  et autres denrées alimentaires importées. L’offre en céréales traditionnelles reste encore faible malgré la forte demande en semences qui a fait grimper les prix du sorgho (+ 16 de mai à juillet à Boghé ; +29 pour cent à Adel Bagrou dans la zone de cultures pluviales). Bien que le phénomène soit typique, la hausse est plus marquée en raison de l’importante demande en semences et de la forte baisse des flux transfrontaliers. Le prix du blé est en hausse saisonnière depuis juillet, dans toutes les zones  à cause des retombées des restrictions (+5.8 à Tintane), de la demande en aliment bétail (+7 pour cent à Boghé, et +5.4 à Magta Lahjar qui sont les principaux marchés de ravitaillement des éleveurs du nord-ouest de la zone agropastorale),  et + 4.7 pour cent  à Adel Bagrou à cause de la demande des refugiés).  On s’attend cependant à ce que les prix de ces deux céréales accusent de fortes baisses, dans tous les marchés de consommation, à partir de septembre avec les récoltes des cultures hâtives. Ces baisses pourraient être moins marquées dans le sud-est (moughataa de Bassikounou et Amourj) où la demande des refugiés pourrait s’accentuer sous le coup de nouvelles vagues d’arrivants ou de l’insuffisance de l’assistance.  Les flux internes de céréales traditionnelles sont quasiment nuls mais ceux qui étaient organisés autour de la commercialisation du riz local ont repris avec les récoltes de contre saison chaude de l’ouest de la vallée du fleuve (sud du Trarza). Nouakchott continue d’être le principal animateur de ces flux bien que certains riziculteurs vendent directement leur production dans leurs régions d’origine (Adrar, Tagant). La hausse du prix des animaux en juillet (9 %  à Adel Bagrou ; 5.5 %  à Boghé ;  41 %  à  Aoujeft et  81.5 % à Magta Lahjar) va se consolider dans toutes les zones, entre aout et novembre en raison de la forte demande des fêtes religieuse, et l’amelioration de l’embonpoint des animaux avec les conditions pastorales plus favorables.  

    Zone de Cultures Pluviales

    L’assistance humanitaire se poursuit. L’installation progressive de la saison des pluies à redynamiser tous les modes saisonniers d’accès aux revenus.  Le salaire journalier qui été déjà  passé de 1 500 MRO à  2 000 MRO par jour  en mi-juillet et passé à 3 000 MRO depuis le début du mois d’aout, soit une doublement par rapport à une année normale.  Malgré le retour de la main d’œuvre agricole motivée par l’allure de la saison, on ne devrait pas assister à une baisse de ce tarif car les exploitants sont soumis à une véritable course à la montre pour la mise en cultures de superficies importantes en cultures de long de cycle pour rattraper le déficit de cultures hâtives. L’amélioration des conditions pastorales, la hausse des revenus devraient faire évoluer l’insécurité alimentaire actuelle (Précarité/Stress niveau 2 IPC.2) vers une insécurité alimentaire minime à partir de septembre/octobre avec la récolte des cultures hâtives.

    Zone Agropastorale

    Malgré les fortes pluies enregistrées pendant la troisième décade de juillet et la première du mois d’août et qui parfois entrainé des inondations de villes (Magta Lahjar, Sangrava etc.) le déficit de pâturages est encore important, surtout dans le nord et l’ouest de la zone.  Ce n’est que dans le centre  de la zone qui jouxte les parties de la zone de cultures pluviales (moughataa de Kankossa et de Kiffa) où les conditions pastorales et d’exploitation agricoles sont  déjà bonnes que les apports de l’assistance, du travail agricole et l’accès au lait on conduit, chez les agropasteurs à dominante agricole,  à situation d’insécurité alimentaire minime (Niveau 1 IPC.2) inhabituelle pour la saison, dans toute la zone même en année normale.  Les superficies emblavées en pluvial sont encore faibles. Les marché sont pour le moment bien approvisionnés  et la hausse des prix des denrées alimentaires est fort contenue par celle du prix des animaux (entre 30 et 80 pour cent de leur prix de juin) qui conduit à des termes d’échange animal/nourriture évoluant en faveur des ménagés vendeurs.  Si l’évolution pluviométrique actuelle se maintient, la levée des pâturages va replacer les ménages pauvres, toutes dominantes confondues en situation d’insécurité alimentaire minime, entre octobre et décembre.

    Zone Transhumance Pastorale 

    Si les conditions d’accès alimentaire ont été améliorées par les récoltes de contre saison chaude de riz, dans la vallée du fleuve voisine, la situation pastorale reste encore préoccupante pour les éleveurs de la zone. A l’exception de ceux du sud-est de la moughataa de R’Kiz, ils continuent de recourir à l’aliment bétail. Ce sont les ménages moyens qui sont le plus affectés par cette situation. L’offre est importante dans les marchés de de Rosso,  Boutilimit et Aleg. Les baisses des prix des bovins observées en juin, comparativement à la même période de 2011 (53% pour les taurillons et 61% pour les laitières) se sont accentuées en juillet (58% pour les taurillons et 63% pour les laitières) mais depuis la chute des premières pluies utiles dans la zone (première décade d’août) une stabilité des prix qui prélude de leur prochaine remontée. 

    Figures Calendrier de la campagne et des événements cruciaux

    Figure 1

    Calendrier de la campagne et des événements cruciaux

    Source: FEWS NET

    Carte de l’indice de la végétation à la fin de la première décade d’août 2012

    Figure 2

    Carte de l’indice de la végétation à la fin de la première décade d’août 2012

    Source: Direction de l’Agriculture

    Cette mise à jour des perspectives sur la sécurité alimentaire présente une analyse des conditions actuelles d'insécurité alimentaire aiguë et de toute évolution de la dernière projection de FEWS NET concernant les résultats de l'insécurité alimentaire aiguë dans la géographie spécifiée au cours des six prochains mois. Pour en savoir plus sur le travail, cliquez ici.

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