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L’accès à la nourriture s’améliore grâce aux nouvelles récoltes en cours

  • Mise à jour du suivi à distance
  • Mauritanie
  • Octobre 2023
L’accès à la nourriture s’améliore grâce aux nouvelles récoltes en cours

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  • Messages clé
  • Calendrier saisonnier pour une année typique
  • Perspective Projetée à Mai 2024
  • Messages clé
    • Avec l'arrivée des récoltes vertes de sorgho, mil, et maïs en octobre dans les zones de culture pluviale et agropastorale, la plupart des ménages font face à une insécurité alimentaire Minimale (Phase 1 de l’IPC). Toutefois, certaines localités du sud-est restent dans une situation d’insécurité alimentaire aiguë de Stress (Phase 2 de l’IPC) du fait du déficit de production de la culture du Djéri et des déficits de production de biomasse (Figure 1). En outre, les ménages pauvres des zones péri-urbaines de Nouakchott et de Nouadhibou restent en Stress (Phase 2 de l’IPC) : leurs possibilités d’emploi sont toujours faibles et les marchés, dont ils dépendent complètement, maintiennent des prix élevés.  
    • La Mauritanie continue d’accueillir un grand nombre de réfugiés maliens, en juillet 2023, 85 942 réfugiés étaient enregistrés par le HCR dans le camp de Mbera et ses environs au sud-est du pays. Ces réfugiés dépendent fortement de l'aide humanitaire. Pendant des rapports antérieurs, le PAM a fait part de sa crainte d’une interruption des distributions en octobre si des fonds supplémentaires n’étaient pas obtenus. Cependant, des mises à jour provisoires plus récentes du PAM ont confirmé que de nouveaux financements ont été obtenus pour maintenir les distributions à niveaux constant jusqu’en 2024. Par conséquent, la population reste en Stress ! (Phase 2 ! de l’IPC).
    • La situation pastorale est globalement bonne dans la bande frontalière sud avec le Mali et dans les wilayas du Guidimakha et du Gorgol ainsi que dans la partie nord du Tagant et du Trarza (Figure 2). En revanche, le niveau du pâturage est faible à nul dans certaines parties du centre, du nord et de l'est du pays. De nombreux cas de feux de brousse sont également signalés dans le Guidimaka et dans le Hodh El Chargui (Bassiknou) contribuant ainsi à réduire le potentiel fourrager de ces zones. Cette situation, combinée à la forte concentration du bétail et au surpâturage, va occasionner une transhumance interne précoce. 
    • Les marchés des produits alimentaires de base sont plutôt bien approvisionnés en produits importés, bien que les prix restent élevés par rapport à la moyenne quinquennale. En revanche, l’offre des produits locaux (sorgho, mil, etc.) est globalement inférieure à la normale. Les prix des produits, actuellement à leur niveau saisonnier record, resteront supérieurs à la moyenne en novembre avant d’amorcer une tendance haussière en décembre 2023 et ce, jusqu’à mai 2024. Sur certains marchés à bétail, l’offre en ovins et caprins est relativement importante du fait du déstockage typique des éleveurs. Les quantités importantes d’ovins et caprins sur ces marchés y ont entraîné une baisse des prix. Cependant, dans les autres marchés, les prix sont restés stables et les termes de l'échange globalement en faveur des éleveurs. 

    Calendrier saisonnier pour une année typique
    Calendrier saisonnier pour une année typique en Mauritanie

    Source: FEWS NET

    ZoneAnomalies ActuellesAnomalies Projetées
    Nationale
    • Les conditions pastorales sont relativement bonnes dans la zone de culture pluviale et dans la zone agropastorale (notamment au Brakna) après des précipitations moyennes à supérieures à la moyenne. Toutefois, dans plusieurs localités de Hodh El Gharbi et Hodh Ech Chargui, après un démarrage normal, la croissance de la biomasse a été perturbée par une séquence sèche (figure 1) qui a eu pour conséquence un déficit fourrager et qui a entrainé une transhumance précoce de ces zones vers l’ouest, à la recherche de meilleur pâturage (Figure 2).  
    • L’offre des produits locaux est inférieure à la normale sur la plupart des marchés. 
    • En ce qui concerne les produits locaux, une baisse saisonnière des prix sera observée d’octobre/novembre jusqu’en janvier 2024, toutefois cette baisse sera moins marquée qu’en année normale à cause des prix internationaux, y compris le prix du carburant, relativement élevés. Quant aux prix des produits importé (riz, blé, huile) aucune baisse significative ne sera observé, leur prix auront une tendance à la stabilisation.
    • Selon La FAO, la situation du criquet pèlerin est calme et les prospections acridiennes ont décelé des adultes solitaires isolés dans le sahel septentrional du pays. Les prévisions font état de précipitations supérieures à la normale attendues en octobre et novembre dans l’Inchiri et le sud-ouest de l’Adrar, ce qui qui devraient entrainer l’augmentation des effectifs acridiens et une reproduction à petite échelle dans le nord-ouest du pays.

    Perspective Projetée à Mai 2024

    Le mois d’octobre est marqué par l’arrêt des pluies sur toute l’étendue du territoire et le démarrage des récoltes des cultures pluviales ainsi que la préparation des superficies pour la contresaison dans la zone de la vallée, et dans la zone agropastorale. L’allure de la saison dans les principales zones (zone de culture pluviale et sud de la zone agropastorale) est favorable à une production céréalière pluviale proche de la moyenne. Aussi, le niveau de remplissage des barrages et bas-fonds est également favorable aux activités de contre-saison, notamment au Trarza et au sud-ouest du Brakna, ce qui augure des perspectives de bonne récolte de contre-saison entre janvier et mars. Au niveau national, les prévisions préliminaires annoncent une production agricole brute de céréales sèches (sorgho, mil, maïs, blé) proche de la moyenne quinquennale qui se chiffrait à 85 488 tonnes, mais inférieure à celle de l’année dernière qui a été de 137 373 tonnes. 

    Grâce aux conditions d’élevage globalement moyennes, notamment au centre et à l’ouest, les productions animales seront moyennes d’octobre à janvier et connaitront une baisse saisonnière à partir du mois d’avril, le début de la période de soudure pastorale. Toutefois, les déficits pluviométriques dans le sud-est ont entraîné une réduction de la biomasse qui se traduit déjà par des réductions des concentrations en bétail dans le sud-est et des mouvements de bétails vers l'ouest dans la zone agropastorale, à la cherche de meilleurs pâturages (Figure 1, Figure 2). Cette transhumance interne précoce et plus noté des zones à fort déficit de biomasse, notamment dans des Moughataas de Kankossa et Kiffa dans la Wilaya de l’Assaba ; Ould Yengé au Guidimakha ; Kobenni, Tamcheket, Aïoun et Tintane dans la Wilaya de Hodh El Gharbi. 

    Figure 1

    Pourcentage de l’Indice de Végétation Normalisée (NDVI) par rapport à la moyenne historique 2012-2021, pour la période 11-20 octobre 2023
    Comparaison de l’état de la végétation (NDVI) à la normale en fin d'octobre 2023

    Source: FEWS NET/USGS

    Figure 2

    Concentration en bétail et mouvements entre Août – Septembre 2023
    Mauritanie About - Septembre 2023 map showing concentration en betaili et mouvements

    Source: Action contre la Faim

    L’accès aux activités génératrices de revenu dans la plupart des zones du pays sera normal pour la période novembre à mai, à quelques exceptions près. Dans le sud-est, la migration précoce des animaux est susceptible de réduire les possibilités de travail pastoral plus tôt que d’habitude. Les possibilités d’emploi saisonnier toujours limitées dans les zones urbaines, ainsi que l’insécurité au Mali, réduiront également les ressources en nature et en espèces envoyées par les migrants. En outre, la faible demande en main d’œuvre journalière du fait de la morosité économique, ne permettra pas de satisfaire la forte demande. Dans les zones péri-urbaines de Nouakchott, Nouadhibou et Zouérate qui dépendent uniquement des marchés pour leur alimentation et leur besoins essentiels, les opportunités d’emploi vont demeurer faibles tandis que les prix resteront supérieurs à la moyenne quinquennale.

    Les prix des céréales traditionnelles (mil, sorgho et mais) connaissent une hausse typique au cours de la période aout-septembre comparativement à la période juin-juillet dans la plupart des marchés. Par exemple au Gorgol, le prix du sorgho connait une hausse de +30 pour cent et au Brakna une hausse de +23 pour cent. Toutefois, sur les marchés frontaliers approvisionnés par les flux maliens et sénégalais, on enregistre des baisses pouvant atteindre 33 pour cent notamment au Hodh El Chargui, selon les observations sur le terrain. La disponibilité en produits locaux sur les marchés va se renforcer au fur et à mesures que les récoltes vont se généraliser dans les zones agricoles. Les flux céréaliers en provenance du Mali et du Sénégal qui vont s’intensifier à partir de novembre, vont également renforcer la disponibilité céréalière nationale et favoriser l’amorce d’une tendance baissière saisonnière des prix des produits locaux. Puis, à partir de décembre 2023, ils vont amorcer une tendance haussière jusqu’à mai 2024.

    Pour les produits importés, les prix sont restés globalement stables pendant les mois de soudure jusqu'au septembre, mais sont restés supérieurs à la moyenne quinquennale : sucre était (+42 pour cent), pâte alimentaire (+41 pour cent), lait en poudre (+25 pour cent), blé (+ 18 pour cent), et huile (+16 pour cent). L’approvisionnement des marchés sera suffisant dans l’ensemble du pays jusqu’en mai 2024 grâce aux importations régulières et suffisantes. Bien que les prix aient montré des signes de stabilisation au cours des derniers mois, ils devraient rester supérieurs à la moyenne quinquennale tout au long de la période de projection. Mauritanie dépend des importations pour environ 70 pour cent de ses besoins annuels et la persistance de prix élevés continuera donc à limiter l'accès des ménages à la nourriture (Figure 3). 

    Figure 3

    Evolution mensuelle de líndice de l’inflation sous-jacente en septembre 2023
    Evolution mensuelle de líndice de l’inflation sous-jacente en septembre 2023 en Mauritanie

    Source: ANSADE

    En ce qui concerne le bétail, le niveau des prix va demeurer supérieure à la moyenne et se maintenir jusqu’en avril/mai grâce à la hausse habituelle de la demande pour les fêtes de fin d’année mais également pour le Ramadan qui interviendra en avril. 

    D’octobre 2023 à janvier 2024, la majorité des ménages pauvres bénéficie des récoltes et fait face à une insécurité alimentaire aiguë Minimale (Phase 1 de l’IPC). Toutefois, certaines localités de la zone de culture pluviale et agropastorale vont demeurer en situation de Stress (Phase 2 de l’IPC). C’est notamment le cas des Moughataas de Kankossa et Kiffa dans la Wilaya de l’Assaba ; Ould Yengé au Guidimakha ; Kobenni, Tamcheket, Aïoun et Tintane dans la Wilaya de Hodh El Gharbi qui enregistrent une faible production agricole et un déficit fourrager très important du fait de l’irrégularité des pluies. Les ménages pauvres de ces zones agro-pastorales épuiseront précocement leur production et dépendront de plus en plus des marchés. Toutefois, les termes de l'échange, relativement en faveur des éleveurs, amélioreront légèrement leur accès aux achats sur le marché. 

    Le bon niveau de remplissage des mares et cuvettes et le niveau élevé de crue du fleuve favoriseront les cultures maraîchères entre décembre et février. Les cultures de décrue (maïs et riz irrigués) de saison chaude seront récoltées entre avril et mai, permettant ainsi de reconstituer les stocks alimentaires et donc de soutenir les zones en Minimale (Phase 1, IPC) pendant la période de février à mai 2024. Les ménages pauvres des zones péri-urbaines de Nouakchott, Nouadhibou et Zouérate vont demeurer en situation de Stress (Phase 2 de l’IPC) jusqu’en mai 2024. Ces ménages ont en effet un faible pouvoir d'achat dû à des opportunités de revenus limitées et au coût de la vie toujours élevé. Dans les camps de réfugiés maliens de Mbera et ses environs, l'insécurité alimentaire sera en phase Stress ! (Phase 2 !, de IPC). Elle le demeurera jusqu’en mai 2024 grâce à la poursuite de lassistance alimentaire humanitaire.

    Citation recommandée: FEWS NET. Mauritanie Mise à jour du suivi à distance Octobre 2023: L’accès à la nourriture s’améliore grâce aux nouvelles récoltes en cours, 2023.

    Dans le suivi à distance, un coordinateur travaille d’un bureau régional avoisinant. En comptant sur les partenaires pour les données, le coordinateur applique l’approche de développement des scenarios pour faire l’analyse et élaborer les rapports mensuels. Comme les données peuvent être moins disponibles que dans les pays avec des bureaux de FEWS NET, les rapports de suivi à distance peuvent montrer moins de détail. Pour en savoir plus sur le travail, clique ici.

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