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Des perspectives d’une soudure pastorale plus longue sont attendues

  • Mise à jour du suivi à distance
  • Mauritanie
  • Octobre 2021
Des perspectives d’une soudure pastorale plus longue sont attendues

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  • Messages clé
  • CONTEXTE NATIONAL
  • PERSPECTIVES PROJETÉES À MAI 2022
  • Messages clé
    • Le retard de semis des cultures de saison résultant du démarrage tardif de l’hivernage ainsi que l’impact des longues séquences sèches entraînent des conséquences significatives sur la production agropastorale et les perspectives de revenu pour les ménages pauvres, notamment dans les zones agropastorale (MR07) et les zones de cultures (MR09) (cf. Figure 1).

    • Fortement dépendante de la pluviométrie la situation pastorale a été très affectée par le déficit pluviométrique et les longues séquences sèches. En effet, toutes les zones de moyens d’existence du Nord et du Nord-Ouest connaissent des déficits de pluie modérés à sévère comparés à la normale et cela a négativement affecté le développement des pâturages. 78% des stations météorologiques suivis sont déficitaires par rapport à l’année dernière et 53% par rapport à la normale (1991-2020), selon le Groupe Technique Spécialisé (GTS), septembre 2021.

    • Avec les niveaux des rendements agricoles en dessous de la moyenne d’une année normale, la baisse des revenus en lien avec la morosité de l’économie et les perspectives en-dessous de la moyenne pour les productions de saison sèche, les éleveurs et les ménages pauvres devront faire face à une période de soudure agro-pastorale (avril - octobre) longue et rude.  


    CONTEXTE NATIONAL

    Comme la plupart des pays de la bande Sahélo-Saharienne, la fin de la campagne agricole a été observée à partir de la troisième décade du mois de septembre avec des pluies sporadiques à faible et des cumuls saisonniers déficitaires dans 78 pour cent des postes suivis et modérés à sévère notamment dans les zones du Nord et Nord-Ouest du pays (cf. Figure 1).  

    Malgré les pâturages relativement denses dans la bande frontalière du pays avec le Mali, le surcharge de transhumants provenant des deux pays commence à épuiser lourdement ce potentiel. Les transhumances internes sont moindres par manque de superficies disposant de pâturages suffisants. L’essentiel du cheptel transhumant reste encore cantonné dans les zones de cultures pluviales, ne pouvant pas traverser la frontière à cause des champs de cultures arrivés à maturité. Cependant le cheptel des zones pastorales de l’ouest du pays (Trarza, Brakna, Gorgol et Tagant) est en grande partie en transhumance au Sénégal et au Mali. Pour faire face à des ressources pastorales inférieures à la moyenne, un grand nombre de ménages déstockent davantage d'animaux, créant une suroffre d'animaux sur le marché. A ceci s’ajoutent des embonpoints des bétails inférieures à la moyenne, qui contribue à des prix inférieurs à la moyenne, notamment dans les marchés de regroupement de l’est du pays et principalement dans ceux des zones accusant un déficit de pâturages assez marqué (zone agropastorale des deux Hodhs, de l’Assaba, le Nord du Gorgol, du Brakna et du Tagant).

    Cette situation devrait persister, voire s’aggraver dans les prochains mois à venir. Les mauvaises conditions pastorales ont retardé le retour des transhumants de ce fait l’absence de production laitière accroit la demande sur les autres produits alimentaires sur les marchés. L’installation tardive de l’hivernage et l’irrégularité des pluies, la mauvaise répartition spatio-temporelle et les mauvaises conditions pastorales dans les zones à vocation pastorale ont conduit à une baisse de l’approvisionnement et accès saisonniers de lait et celle des revenus que les ménages éleveurs tiraient de sa vente. Par contre, la disponibilité en lait continue de s’améliorer dans le sud-est du pays (est de la zone de cultures pluviale) dû aux bonnes conditions pastorales dans ces zones.

    Les deux principales périodes de soudure au cours de l’année des zones de cultures des pluies ou agricole sont de mai à septembre et celle pastorale d’avril à juillet). Cette année, dans toutes ces zones de moyens d’existence les revenus saisonniers des ménages sont nettement inférieurs à ceux d’une année normale moyenne et les deux périodes de soudures dureront un mois plus que la normale. En effet dans les zones à vocation agricole, la mauvaise répartition temporelle et spatiale des pluies a entrainé une forte baisse des superficies agricoles exploitables par les ménages, l’offre et la demande en main d’œuvre agricoles ont été très faible. En année moyenne, à partir de fin septembre, les ménages de la zone de cultures pluviales et du sud de la zone agropastorale consomment déjà leurs productions agricoles de cultures de court cycle (sorgho, maïs, niébé, oseille et arachide). Cependant le retard des cultures consécutif au démarrage tardif de l’hivernage ainsi que l’impact des longues pauses pluviométriques ont retardé la maturation des cultures et les ménages de ces zones agricoles, comme ceux des autres zones, continuent de recourir presque exclusivement au marché pour se nourrir. La mission du Groupe Technique Spécialisé (GTS), un groupe conjointe étatiques et les partenaires en charge du suivi de la campagne agricole, note dans son rapport du mois d’aout 2021 que la majeure partie du Walo (principale zone de cultures de decrue se trouvant le long du fleuve Senegal et du sud-ouest de la zone agropastorale), n’a pas connu de crue assez suffisante et de ce fait ne sera pas exploitée comme d’habitude.  Dans les zones à vocation pastorale, l’insuffisance de pâturage et la baisse de la production saisonnière du lait ainsi que les prix du bétail ont conduit à la baisse des revenus que les ménages tiraient de la vente du lait et du bétail.

    Dans les zones urbaines, la léthargie du secteur informel et surtout tertiaire consécutive aux impacts de la morosité économique, de la faiblesse des investissements (des transferts) due à la pandémie du COVID-19 continue d’affecter les revenus des ménages pauvres. La distribution de cash par les humanitaires et par le gouvernement a été une des principales sources de revenus. Les aides des programmes humanitaires ont baissé en septembre, mais les opérations de distribution initiées par le gouvernement se poursuivent.

    L’inflation continue de peser sur les prix des denrées de base de façon générale. En effet dans tous les marchés formels, les prix des denrées alimentaires sont en constante hausse (cf. Figure 2). Les boutiques EMEL du gouvernement, ouvertes à Nouakchott et à l’intérieur du pays, ne sont pas suffisantes pour répondre à la demande des ménages et celles qui sont ouvertes par le patronat ne concernent que la ville de Nouakchott. La hausse des prix qui jusqu’en septembre ne concernait que certains produits importés touchent maintenant tous les produits, y compris, les produits locaux. Toutes ces indicateurs cités ci-dessus nous laissent présager d’une part, de la précocité des périodes de soudure et d’autre part, de sa longueur et de sa dureté sur le pouvoir d’achat des ménages pauvres.

     ANOMALIES ACTUELLESANOMALIES PROJETÉES
    Nationale

    La campagne agricole du pays pour cette années s’est traduit pas une installation tardive des pluies d’où un retard dans les semis, un déficit pluviométrique marqué par rapport à une année normale. Les longues et répétitives périodes de séquences sèches ont fortement impacté les semis des cultures de saison ainsi que la maturité des récoltes. A cela s’ajoutent les dégâts d’animaux dans les zones de cultures et la faible crue du Walo (principale zone de cultures de la zone vallée et du sud-ouest de la zone agropastorale).

    La faiblesse des activités agricoles génératrices de nourriture et de revenus fait que les ménages seront précocement dépendant du marché. La baisse de l’offre et la hausse de la demande maintiendront les prix au-dessus de leurs moyennes jusqu’en mai.

     

    Une disponibilité de ressources pastorales inférieure à la moyenne contraint les éleveurs à la transhumance précoce vers les zones du sud.

    La soudure pastorale sera plus longue et les mouvements de transhumance vers les régions du sud et vers les pays voisins seront plus importants. Les éleveurs devront déstocker plus pour l’achat d’aliments bétail et pour l’abreuvement des animaux.

     Des niveaux de prix des denrées de base sont au-dessus de la moyenne quinquennale, en particulier pour les produits importés, et cela affecte négativement le pouvoir d’achat des ménages.

    Les prochaines récoltes annuelles des cultures de contre saison devraient connaitre une baisse relative par rapport à la moyenne car le faible niveau de remplissage des retenues d’eau entrainera une baisse des superficies emblavées et des rendements.

      Dans les zones urbaines, les effets résiduels de la pandémie vont limiter la demande d’emploi issue du secteur informel entrainant ainsi une baisse des revenus pour les ménages pauvres des zones urbaines et les migrants saisonniers.

     


    PERSPECTIVES PROJETÉES À MAI 2022
    • Grâce aux succès des campagnes de vaccination de la COVID-19 et la mise en place des passes sanitaires pour accéder et contrôler les entrées dans les grandes villes, les marchés fixes de consommation (urbains et ruraux) fonctionnent normalement mais les effets résiduels de la pandémie sur la baisse des revenus réduit leur niveau de fréquentation aussi bien que sur les activités et la fréquentation des marchés de bétail.
    • L’une des conséquences non négligeables de la pandémie dans le pays fut la forte baisse des transferts monétaires de la diaspora à cause de la léthargie des activités économiques des pays d’accueils des migrants. Cette baisse des transferts a été importantes dans les régions de forte émigration (Guidimakha, Gorgol, Assaba, les deux Hodhs et le Tagant) avec des conséquences néfastes sur l’accès alimentaire et des prévalences élevées de la malnutrition (Enquête SMART, UNICEF, Août 2021).
    • Les activités de la pêche industrielle tournée vers l’exportation avait aussi connu une baisse de ses activités à cause de la faiblesse de la demande dans les pays européens et asiatique. La situation va continuer de s’améliorer avec la reprise de la demande dans les pays ayant signé des conventions de pêche avec la Mauritanie.
    • Les perspectives de la bonne reprise des activités économiques notamment dans les secteurs tertiaires et informels est plus que probable. On assiste à un retour des investissements, la régulation des flux externes et internes des denrées de première nécessité ainsi qu’une reprise des transactions financières et des flux de marchandises avec les pays frontaliers et les états d’Europes et Asiatiques.
    • L’inflation des prix des denrées de premières nécessite enregistrée sur les marchés depuis septembre devrait se réguler avec la reprise des activités économiques ainsi que la redynamisation des flux internes et externes des marchés de marchandises importés et de bétails.
    • Les espaces de cultures des bas-fonds et des espaces irriguées n’ont pas eu les niveaux de crues souhaités, les prochaines récoltes de contre-saisons dans les bas-fonds et les espaces irrigués s’annoncent en dessous de la moyenne d’une année normale.
    • Les ménages pauvres de la zone de cultures pluviales devraient vivre de leurs récoltes en cours, les ressources pastorales encore disponible et des revenus des transferts, malgré la baisse des revenus issus du travail agricole et le déstockage préventif. Nationalement, l’insécurité alimentaire aiguë Minimale (Phase 1 de l’IPC) devrait prévaloir jusqu’en janvier 2022. Entre février et mai, il est probable que les ménages soient précocement plus dépendants des marchés avec des revenus inférieurs. Ce qui va dégrader leur pouvoir d’achat. Il est aussi probable que les déstockages d’animaux soient plus importants qu’en soudure typique, car les éleveurs feront face à une soudure plus difficile. En plus de leurs propres achats pour la consommation, ils devront aussi acheter plus d’aliments de complément (rakkal) pour le bétail et aussi dépenser plus pour soutenir la transhumance vers les pays voisins du sud (Mali et Sénégal). Les moyens d’existence vont se dégrader, mais les pauvres resteront exposés à l’insécurité alimentaire aigue au Stress (Phase 2 de l’IPC) à partir de février jusqu’à mai.
    Figures Un déficit pluviométrique très marque pour la Mauritanie. Pourcentage d'accumulation de précipitations saisonnières de la nor

    Figure 1

    Figure 1.

    Source: USGS/EROS

    Figure 2.  Prix comparatif (MRU) des principaux denrées alimentaires du mois d’octobre 2020 et d’octobre 2021, Marché de Aleg

    Figure 2

    Figure 2.

    Source: FEWS NET

    CALENDRIER SAISONNIER POUR UNE ANNÉE TYPIQUE

    Figure 3

    CALENDRIER SAISONNIER POUR UNE ANNÉE TYPIQUE

    Source: FEWS NET

    Dans le suivi à distance, un coordinateur travaille d’un bureau régional avoisinant. En comptant sur les partenaires pour les données, le coordinateur applique l’approche de développement des scenarios pour faire l’analyse et élaborer les rapports mensuels. Comme les données peuvent être moins disponibles que dans les pays avec des bureaux de FEWS NET, les rapports de suivi à distance peuvent montrer moins de détail. Pour en savoir plus sur le travail, clique ici.

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