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Le faible pouvoir d’achat couplé à une hausse atypique des prix des denrées alimentaires de base rendent difficile l’accès à une alimentation adéquate des ménages pauvres et très pauvres. Les ménages pauvres et très pauvres seront en Stress (Phase 2 de l’IPC) de juin jusqu’en septembre 2022. Dans les zones agropastorales, pluviales et de la vallée du fleuve Sénégal, l'installation normale à précoce de la saison des pluies en juin, va régénérer les pâturages et remplit les points d'eau au cours des prochains mois. D'octobre à janvier, les produits locaux (agricoles et fourragers), ainsi que le lait et la viande seront disponibles et reconstitueront les stocks alimentaires, cependant avec une inflation alimentaire continuelle et la faiblesse du pouvoir d’achat, les ménages pauvres et très pauvres de ces zones feront probablement face à une insécurité alimentaire Stress (Phase 2 de l'IPC).
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Les marchés, sources principales de nourritures pour les ménages en cette période de soudure, restent suffisamment approvisionnés avec une accessibilité difficile pour les ménages pauvres et très pauvres à cause de la hausse atypique des prix des aliments de base, particulièrement ceux importés par rapport à l’année dernière et à la moyenne quinquennale.
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Les précipitations pour la saison de juin à septembre devraient être supérieures à la moyenne. Les activités de préparation des sols pour les prochains semis sont en cours dans les zones dépressionnaires de la vallée du fleuve et les zones de cultures pluviales, et constituent des opportunités de travaux journaliers pour les ménages pauvres et très pauvres. Les faibles niveaux de pâturages observés pendant les trois derniers mois dans la grande partie du pays ont conduit à une transhumance transfrontalière précoce vers le Mali et le Sénégal et à un recours massif à l’aliment de bétail qui coûte plus cher.
| Zone | Anomalies actuelles | ANOMALIES PROJETÉES |
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| Nationale |
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La campagne agricole de 2022/23 s’installe progressivement dans les zones dépressionnaires de la vallée du fleuve et les zones de cultures fluviales. Les prévisions météorologiques indiquent de forte probabilité de cumuls pluviométriques supérieures à la moyenne. Les pluies s’établissent timidement dans le pays durant la deuxième décade du mois de juin. Les activités agricoles de préparation des sols pour les prochains semis sont en cours actuellement, constituant des opportunités de travails journaliers pour les ménages pauvres et très pauvres.
Le niveau des ressources pastorales reste faible en cette période de soudure marquée par un épuisement précoce des pâturages dans les zones de transhumance compare par rapport à l’année dernière pour la même période. Les mouvements de transhumance vers les zones du Sud et en direction du Sénégal, du Mali et de la Guinée continuent d’être observés.
Les flux internes, l’offre ainsi que la demande de bétail se redynamisent notamment dans les zones des marchés de regroupements et de collecte en perspective des fêtes de Tabaski prévus en juillet, mais ils restent inférieurs à ceux de la moyenne. Les prix du bétail restent toujours plus élevés que ceux de la même période de l’année 2021 où ils étaient déjà nettement supérieurs à la moyenne quinquennale. La demande en aliment bétail est en nette augmentation en cette période de soudure pastorale par les éleveurs impliqués dans la vente de lait aux usines, les petits éleveurs ainsi que les éleveurs urbains qui sont obligés de recourir entièrement à l’aliment bétail produit localement ou importé. Elle reste moyenne à supérieure à la moyenne comparée à une année normale et pourrait augmenter graduellement pour atteindre le pic en juillet avec l’installation optimale de la saison pluviale. De la période des premières récoltes jusqu’en janvier 2023, on assistera à un retour progressif de la transhumance des zones septentrionales du pays vers les zones du centre du pays. Cette période de régénération des pâturages, du remplissage des points dans les terroirs respectifs des éleveurs et de la redynamisation des activités pastorales permettra au ménages pauvres et très pauvres des zones de couloirs de transhumance de bénéficier d’un regain d’activités économiques journalières liées à l’achat/vente du bétail ainsi que les produits dérives.
Les flux internes et externes des produits alimentaires restent réguliers avec des importations en provenance des pays du Maghreb (Maroc et Algérie) et des pays frontaliers du sud. Les prix des aliments de base sont toujours en hausse comparée à l’année dernière et à la moyenne quinquennale. Les hausses de prix par rapport à l’année dernière sont très significatives surtout pour les produits manufacturés et importés (lait et huile végétale) (Figure 1).
La hausse des prix des aliments de base enregistrée sur les marchés devrait se poursuivre jusqu’aux prochaines récoltes d’octobre. En l’occurrence, les prix du sorgho, la céréale locale de base sur le marché d’Ould Yenge, resteront supérieurs aux niveaux de l’année dernière et de la moyenne quinquennale durant toute la période de soudure. En fin octobre, une baisse relative en fonction de l’amélioration de la disponibilité du sorgho sur les marchés serait attendue. A partir de décembre 2023 la projection prévoit une relative stabilité des prix, mais à des niveaux toujours supérieurs à l’année dernière et à la moyenne quinquennale (Figure 2).
Les opportunités de travail journalier dans les zones urbaines et périphériques se regroupent essentiellement dans le secteur informel et de petits commerces, principales sources de revenus des ménages pauvres. Les opportunités de travail se redynamisent peu à peu avec le retour des actives rurales vers les zones de productions agricoles en raison de la préparation des sols pour les prochains semis des mois de juin et juillet.
Dans le but d’assister les populations vulnérables à faire face aux besoins nutritionnels et alimentaires et à la soudure, le gouvernement mauritanien et ses partenaires mettent en place un dispositif de réponse prévoyant une assistance alimentaire nationale ciblée et une distribution gratuite de vivres et du. Cela aura lieu durant la période de pic de soudure de juin à septembre. La ration alimentaire prévue pour la distribution gratuite comprend de blé, de riz local, d’huile, de sucre de lait concentré et de dattes, avec une ration de 450 MRU per capital pour chaque mois, durant 4 mois. Cette opération se fera sous forme d’une distribution unique couvrant un mois de consommation au profit de plus de 878,921 personnes et ciblant les ménages les plus vulnérables (Plan National de Réponse (PNR) 2022, Mars 2022).
Les ménages pauvres des zones portuaires et des zones de débarquement et de recharges des containeurs (Nouakchott et Nouadhibou) bénéficient de travails journaliers réguliers améliorant sensiblement les revenus du fait de la hausse des échanges commerciales tout en leurs assurant des revenus réguliers afin de faire face aux besoins alimentaires de base des ménages. Dans les zones minières les activités d’extractions des minerais ainsi que la pratique des petits commerces et de la vente du bétail (essentiellement des petits ruminants) permettent d’assurer un minimum de revenus aux ménages pauvre pouvant satisfaire a une partie non négligeable de leurs besoins alimentaires durant la période de soudure. Dans les zones rurales, l’installation des premières pluies en juin correspond à un regain d’activités agricoles et agro-pastorales dans les zones de cultures des pluies, dans les zones de dépressions de la vallée du fleuve ainsi que dans les zones agropastorales. La redynamisation des activités agricoles et pastorales se traduit par une l’amélioration des opportunités de travail journalier.
La diminution des stocks alimentaires, la baisse du pouvoir d’achat ainsi que la hausse atypique des prix de produits alimentaires de base entrainent une diminution des revenus et une limitation d’accès à une alimentation adéquate et suffisante des ménages pauvres et très pauvres. Ces ménages seront confrontés à une insécurité alimentaire de Stress (Phase 2 de l’IPC) jusqu’en septembre 2022 malgré l’amélioration des conditions pastorales attendues due à l’installation de la saison pluvieuse (de juin à juillet). Les zones de moyens d’existence les plus concernées seront globalement les zones pluviales, agropastorales et les zones périphériques des centres urbains.
Entre octobre 2022 et janvier 2023, les perspectives prometteuses des récoltes de la campagne agricole permettront d’améliorer les conditions de consommation alimentaire et les moyens d’existence des ménages dans les zones agropastorales, de cultures pluviales et de la vallée du fleuve Sénégal. la situation pastorale sera améliorée grâce à une disponibilité des ressources fourragères et le remplissage des points d’eau favorisent une amélioration de l’état d’embonpoint des animaux et de la production laitière, entraînant une amélioration de moyens d'existence des ménages pastoraux cependant avec une inflation alimentaire continuelle et la faiblesse du pouvoir d’achat, les ménages pauvres de ces zones feront probablement face à une insécurité alimentaire Stress (Phase 2 de l'IPC).
Source : FEWS NET
Source : WFP, May 2022
Source : FEWS NET estimates from WFP data, June 2022
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