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L’arrivée massive des réfugiés maliens dans le sud-est accroit la pression sur les ressources limitées

  • Mise à jour du suivi à distance
  • Mauritanie
  • Février 2024
L’arrivée massive des réfugiés maliens dans le sud-est accroit la pression sur les ressources limitées

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  • Messages clé
  • Calendrier saisonnier pour une année typique
  • Perspective Projetée à Septembre 2024
  • Messages clé
    • En février, dans les zones agricole et agropastorale, les stocks céréaliers paysans ainsi que la disponibilité moyenne des produits animaliers, permettent à la majorité des ménages de couvrir leurs besoins de consommations alimentaires et d’être en insécurité alimentaire de phase minimale (Phase 1 de l’IPC). Toutefois, les ménages dont le niveau des stocks alimentaires sont au plus bas et qui font recours aux marchés pour leur alimentation, vivent une insécurité alimentaire de phase stress (Phase 2 de l’IPC). Dans la région du Hodh El Chargui, l’arrivée massive de réfugiés maliens au cours des derniers mois suite à la dégradation de la situation au Mali, exerce une pression sur les ressources locales de la zone, déjà fragilisé par le déficit pluviométrique en 2023. Les besoins devraient augmenter au fur et à mesure que la pression sur l'approvisionnement alimentaire s'accroît, et la région devrait être en situation de crise (phase 3 de l'IPC) à partir de juin. 
    • L’UNHCR a dénombré 71 301 réfugiés hors camp dans la wilaya du Hodh Ech Chargui au 31 Janvier 2024 dont 14 410 nouveaux arrivés pour le seul mois de janvier 2024. Alors que la plupart des arrivants sont des transhumants qui ont amené leur bétail et qui ont pu accéder à des opportunités de travail journalier, plus d’un tiers d’entre eux ont déclaré s’appuyer sur la charité des population hôtes, selon une enquête de l’IOM. Toutefois, cette situation risque de s’aggraver dans les mois à venir. Pour les arrivants inscrits au camp Mbera, le PAM vient de recevoir un don de 5 millions de dollars à travers une convention avec l’USAID, au profit des réfugiés maliens qui devrait soutenir les programmes au sein du camp. 
    • Les marchés sont bien approvisionnés aussi bien en produits importés qu’en produits locaux. Toutefois les prix des produits agricoles locales sont partout en hausse par rapport au mois précédent à cause de la faiblesse de l’offre consécutive à l’amenuisement du stock paysan. En revanche, les prix des denrées alimentaires importées, notamment le sucre, l’huile végétale, le riz et les pâtes alimentaires, après avoir connu une forte hausse au cours des deux dernières décades de janvier, sont en légère baisse. Il faut cependant noter que les prix des légumes importés ont connu une hausse depuis janvier 2024 du fait de la nouvelle tarification sur ces produits. Les marchés à bétails sont également bien approvisionnés ce mois-ci. Alors que les prix sont en baisse en février par rapport au mois dernier à cause d’un ralentissement de la demande urbaine, ils restent toujours supérieurs à ceux de la même période en 2023. Au marché de Nouakchott par exemple, le prix du mouton moyen a chuté d’environ 200 MRU et au marché d’Adel Bagrou, la baisse est d’environ 300 MRU par rapport au mois dernier. 

    Calendrier saisonnier pour une année typique
    Seasonal Calendar
    Calendrier saisonnier pour une année typique en Mauritanie

    Source: FEWS NET

    ZoneAnomalies ActuellesAnomalies Projetées
    Nationale
    • Les pâturages dans la majeure partie du pays se détériorent de façon saisonnière, mais restent abondants dans le sud. Cela conduit à une forte concentration du bétail dans le sud qui contribue probablement à une forte détérioration de la disponibilité des eaux de surface. L’état embonpoint reste dans l’ensemble passable à bon (Figure 1). 
    • L’absence des pluies de saison froide (Janvier et février) dans le Nord (Tiris Zemmour, Nouadhibou et Adrar) entraine une rapide dégradation des conditions pastorales qui précipite et accélère les transhumances vers le sud.
    • Dans la zone de la vallée, la situation alimentaire demeure difficile pour les ménages pauvres qui dépendent en majorité des cultures de contre-saison chaude dont les récoltes sont attendues en mars.
    • L’afflux de nouveaux réfugiés avec leur bétail dans la région de Bassikounou en raison de la détérioration de la situation sécuritaire au Mali devrait se poursuivre en accélérant dans les prochains mois l’épuisement des pâturages et des sources en eau déjà très affectées par le déficit pluviométrique. Actuellement, aucun incident majeur en lien avec la sécurité n’a été signalé, mais des tensions pourraient surgir autour de l’accès aux ressources limitées. 
    • Le blocus imposé par les groupes armés sur les principaux axes d’approvisionnement au Mali continuera de limiter les flux de produits agricoles et du bétail en provenance du Mali.
    • L’ANSADE prévoit un ralentissement des prix à la consommation qui pourrait atteindre en 2024, un niveau inférieur à 5 pour cent son niveau de 2023 (Figure 2). Toutefois, la nouvelle taxe douanière sur les légumes importés va renchérir les coûts de ceux-ci. 
    • Pendant le mois du Ramadan qui démarre en mi-mars, le gouvernement a programmé une opération spéciale, dénommée « Opération Ramadan » qui va mettre à la disposition des consommateurs des denrées alimentaires de base à des prix accessibles. Cette opération permettra de soulager les ménages les plus pauvres.

    Figure 1

    Concentration des animaux au 22 février 2024
    Concentration des animaux au 22 février 2024

    Source: Action Contre la Faim Bulletin surveillance pastorale de la Mauritanie

    Figure 2

    Evolution mensuelle de IHCP global comparé à celui des produits alimentaires au niveau national et international au cours des 5 dernières années
    Evolution mensuelle de IHCP global comparé à celui des produits alimentaires au niveau national et international au cours des 5 dernières années

    Source: ANSADE


    Perspective Projetée à Septembre 2024

    Dans les zones de culture pluviale et agropastorale les déficits pluviométriques ont entrainé une baisse de la production de cultures traditionnelles (mil et sorgho) de -7 pour cent par rapport à la moyenne des cinq dernières années et de -35 pour cent par rapport à l’année dernière. Toutefois, les perspectives de production de riz de contre saison chaude sont bonnes avec un accroissement attendu de 43 pour cent par rapport à la moyenne des cinq dernières années et de 4 pour cent par rapport à l’année dernière. Avec l’épuisement des stocks alimentaires, les ménages deviendront de plus en plus dépendants des marchés à l’approche de la période de soudure. Toutefois, grâce à leurs stratégies habituelles de moyen d’existence, les ménages devraient accroître leur engagement dans les activités maraichères, la cueillette, la vente des produits forestiers non ligneux (PFNL) ainsi que les départs vers les centres urbains et les sites d’orpaillage. Les départs en migration saisonnière vers les villes qui durent jusqu’en juin, seront plus importants en raison de l’épuisement précoce des stocks ménages. Toutefois, compte tenu du contexte économique difficile, les revenus de la migration seront plus faibles qu’habituellement. Ce qui aura un impact négatif pour les populations de la zone agropastorale pour lesquelles les envois des exodants constituent la principale source de revenus en année normale. En revanche, dans les zones de culture pluviale et de la vallée, les revenus issus de la main d’œuvre et du travail occasionnel seront similaires à une année normale du fait des opportunités offertes par les travaux de préparation et d’entretien des champs. Dans ces zones, les revenus de la main-d’œuvre contribuent en année normale pour plus de 50 pour cent au revenu du ménage pauvre.

    En général, les marchés seront bien approvisionnés en denrées alimentaires de base tout au long de la période de projection en dépit du déficit de production du djéri, grâce à la récolte moyenne à supérieure à la moyenne du décrue qui devrait intervenir en mars, aux importations de céréales en provenance principalement du Sénégal et aux importations internationales de riz, des pâtes alimentaires, d’huiles végétales, et de blé. Le mois de jeûne qui va intervenir en mars /avril, sera marquée par une forte demande et une flambée des prix des produits alimentaires de base dans un contexte marqué par la hausse des droits de douane à l’importation des légumes. Pour y faire face, le gouvernement a institué une opération spéciale, dénommée « Opération Ramadan » qui vise à assurer la mise à la disposition des consommateurs des denrées alimentaires de base à des prix accessibles. Elle va permettre de sécuriser l’approvisionnement des marchés en denrées de première nécessité en subventionnant les prix des denrées de base au profit des franges de populations les plus vulnérables. Pendant la période de soudure, les prix continueront d'augmenter de façon saisonnière à mesure que la demande augmente et que l'offre de produits locaux diminue. Dans l’ensemble en 2024, le niveau des prix des denrées alimentaires devrait rester supérieur à la moyenne, toutefois, selon l’ANSADE, l’inflation moyenne serait d'environ 5 pour cent ou moins en 2024, sous l’effet de la poursuite de la baisse constante et continue des prix des denrées alimentaires et de l’énergie. Pour le bétail, une hausse des offres des animaux et de leurs prix, notamment des petits ruminants, devrait être observée à cause des fêtes religieuses du Ramadan en avril, de la Tabaski en juin et du grand Magal de Touba/Sénégal en aout. Cela améliorera l’accès des éleveurs à des revenus pour se nourrir.

    Dans les zones à fort déficit pluviométrique, notamment dans la willaya du Hodh El Chargui, du Gorgol et au nord de l’Assaba, les éleveurs seront de plus en plus nombreux contraints à la transhumance dans les mois à venir. En outre, cette zone dans le sud-est va se dégrader jusqu’à la crise (IPC Phase 3) de juin à septembre en raison de l’arrivée de milliers de réfugiés maliens qui cré une pression sur les populations locales hôtes dans un contexte de ressources limitées. Dans les autres zones, entre juin et septembre, la situation alimentaire aigüe des ménages pauvres sera marquée par une consommation alimentaire limite du fait de l’épuisement des stocks alimentaires, des revenus limites ne leur assurant pas un accès adéquat à la nourriture et une insécurité alimentaire de Stress (Phase 2, de l’IPC) pour la plupart d’entre eux, avec des populations croissantes confrontées à de larges écarts de consommation indicatif d’une situation de crise (phase 3). 

    Citation recommandée: FEWS NET. Mauritanie Mise à jour du suivi à distance Février 2024: L’arrivée massive des réfugiés maliens dans le sud-est accroit la pression sur les ressources limitées, 2024.

    Dans le suivi à distance, un coordinateur travaille d’un bureau régional avoisinant. En comptant sur les partenaires pour les données, le coordinateur applique l’approche de développement des scenarios pour faire l’analyse et élaborer les rapports mensuels. Comme les données peuvent être moins disponibles que dans les pays avec des bureaux de FEWS NET, les rapports de suivi à distance peuvent montrer moins de détail. Pour en savoir plus sur le travail, clique ici.

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