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La flambée des prix des produits importés limite l’accès au marché des ménages urbains pauvres

  • Mise à jour du suivi à distance
  • Mauritanie
  • Février 2023
La flambée des prix des produits importés limite l’accès au marché des ménages urbains pauvres

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  • Messages clé
  • Calendrier saisonnier pour une année typique
  • Perspective Projetée à Septembre 2023
  • Messages clé
    • Au cours de cette période post récolte, la plupart de ménages ruraux des zones agricoles et agropastorales disposent encore de stocks suffisants pour couvrir leurs besoins, qui leur permet d’être une insécurité alimentaire de phase Minimale (Phase 1 de l’IPC). Cependant, les ménages pauvres des zones urbaines et du Centre-Nord de la zone agropastorale, dont les revenus sont en dessous de la moyenne à cause de l’environnement économique difficile, et qui font face à une flambée des prix, vivent une insécurité alimentaire de phase Stress (Phase 2 de l’IPC) et le demeureront jusqu’en septembre 2023.

    • En février, le niveau d’approvisionnement des marchés en denrées alimentaires importées, tels que le sucre, le riz, le lait, l’huile et les pâtes, est majoritairement moyen, et reste relativement stable par rapport à celui de janvier. Toutefois, on note une baisse de la disponibilité en blé du fait des difficultés d’approvisionnements sur le marché international. Néanmoins, les prix restent dans une tendance haussière, liés aux prix mondiaux élevés. Dans le marché de Nouakchott, par exemple, les prix des denrées alimentaires de base sont en hausse de plus de 60 pourcents par rapport à la même période de 2022.

    • En outre, les stocks commerçants locale du sorgho, du mil ainsi que du maïs, dont la plupart vient du Mali et Sénégal, sont, selon les acteurs du marché rencontrés au cours de la mission conjointe sur les marchés en février 2023, à leur plus bas niveau de ces trois dernières années. Cette situation est imputable à l’insécurité au Mali qui empêche les commerçants mauritaniens à s’y rendre. Face à la forte demande, les prix des céréales ont flambé et au marché de Boghé, par exemple, le prix détail du sac de 50 kg de sorgho a augmenté de plus de 35 pourcents par rapport à l’année passée.


    Calendrier saisonnier pour une année typique
    Seasonal calendar for a typical year in Mauritania.

    Source: FEWS NET

    ZoneAnomalies ActuellesAnomalies Projetées
    Nationale
    • Les flux céréaliers de Nouakchott vers l’intérieur du pays sont toujours réguliers. Toutefois, les flux interzones des productions agricoles locales ont une légère tendance baissière du sous la moyenne rendement du sorgho et de riz à cause de divers attaques d’ennemis de cultures dans certaines poches de zones agropastorales et de la vallée du fleuve Sénégal qui, en année normale, venaient renforcer les disponibilités céréalières.
    • Les flux commerciaux internes de bétail qui portent essentiellement sur les ovins, commencent à s’animer dans le centre et l’est du pays (Assaba et les deux Hodhs), ce qui est typique pour cette période. Les flux commerciaux vers le Mali sont relativement faibles du fait de l’insécurité au Mali qui décourage les commerçants mauritaniens à s’y rendre.
    • La transhumance est aussi celle d’une année typique. On note en ce moment très peu de mouvements de transhumance interne dans la zone agropastorale. Le gros du bétail reste toujours dans leur zone d’attache au nord du fait de l’existence de pâturage dans ces zones. En outre, les mouvements vers le sud sont aussi ralentis à cause des cultures de décrus qui sont toujours en place.
    • Les conditions pastorales restent toujours satisfaisantes, et des feux de brousse, qui détruisent généralement plus de 50.000 hectares de pâturage par an, surtout dans les zones de réserve pastorale entre octobre et janvier et constituent une menace pour la préservation de la biomasse pour le prochain hivernage, ont été moins nombreux cette année que lors des saisons sèches passées. 
    • Dans la zone de la vallée, les prix des denrées produites localement, tels que le niébé, le riz, et le sorgho (Bechna), sont stables, alors que l’on observe un accroissement plus important des prix des produits importés. La dégradation des termes de l’échange entre productions agricoles locales et denrées alimentaires importées qui devrait se poursuivre jusqu’en septembre aura un impact négatif sur l’accès aux denrées de base des ménages pauvres dans le walo. 
    • Les ménages pauvres urbains, dont la principale source de nourriture est l’achat de denrées alimentaires sur les marchés, rencontreront des difficultés d’accès au marché, non seulement, à cause de la cherté des denrées alimentaires, mais également, à cause de leurs revenus qui sont inférieurs à la moyenne du fait du contexte économique difficile marqué par une faible offre d’emploi. 

    Perspective Projetée à Septembre 2023

    Dans l’ensemble, l’approvisionnement des marchés en denrées de base importées et en aliments pour bétail est moyen et la production additionnelle de culture de décrues, même si elle a baissé par endroit, ainsi que les flux entrants principalement du Sénégal devraient permettre de maintenir cette disponibilité satisfaisante pendant toute la période. Toutefois, le niveau des prix des céréales et des produits manufacturés qui sont supérieurs à la moyenne en raison du contexte international marqué par des prix élevés au niveau mondial, va se maintenir tout au long de la période jusqu’en septembre.

    L’offre en céréales traditionnelles (mil, maïs et sorgho) reste toujours faible par rapport à celle d’une année moyenne du fait de l’insécurité au Mali et cette tendance va se poursuivre jusqu’en septembre. Cependant, la disponibilité du riz local notamment ceux en provenance du Sénégal, du riz importé, et des pâtes alimentaires, va compenser le déficit en céréales locales, et assurer une bonne disponibilité alimentaire globale sur les marchés.

    Les conditions pastorales (pâturage et eau) globalement favorables réduisent le recours des éleveurs aux achats d’aliments de complément sur les marchés. Sur ces marchés à bétail, l’offre de bétail est plus importante qu’en année normale, toutefois, les prix sont en augmentation par rapport à la moyenne des cinq dernières années en raison d’une part, de la qualité des animaux présentés qui ont bénéficié de conditions pastorales favorables cette année et, d’autre part, à cause du fait que les éleveurs, confrontés à la flambée des prix des produits importés (huile végétale, lait, ris pâtes alimentaire) ont eu une tendance à  augmenter les prix de leurs animaux, et enfin, à cause de la demande précoce du Ramadan et de la Tabaski. Le prix du bovins est passé de 7500 MRU l’année passée à 8000 MRU cette année sur le marché de Ould Yengé. Les termes de l’échange bétail/céréales sont à la faveur des éleveurs et cette tendance devrait se maintenir au cours des prochains mois avec les fêtes de Ramadan en avril et Tabaski en juin.

    Les prévisions saisonnières annoncent des précipitations moyennes à supérieures à la moyenne sur le Sahel de juin à septembre et un démarrage normal de campagne agricole 2023-2024. De bonnes perspectives alimentaires seraient attendues pour la campagne agricole 2023-2024, et la demande en main d’œuvre agricole pour les activités de préparation des champs dès le mois de mai-juin sera moyenne et favorisera le maintien de revenus des ménages pauvres et très pauvres dans les zones agricoles et agropastorales. Le démarrage normal de la saison des pluies va favoriser un bon accès aux ressources en eau et des pâturages pour le bétail.

    Les mouvements de transhumance s’inscrivent dans leur tendance saisonnière normal et les flux transfrontaliers vont se poursuivre vers le Mali et le Sénégal jusqu’en juillet où on observera une inversion des flux avec le retour des transhumants du fait de la saison agricole qui s’installe dans les zones d’accueil.

    La période de transhumance, marquée par une demande croissante de main-d’œuvre pour le gardiennage des animaux, constitue une opportunité d’emploi des ménages pauvres dans la zone agro-pastorale qui y tirent habituellement plus de 50 pourcents de leur revenu. Ils pourront avoir des revenus similaires ou à la hausse par rapport à une année typique et avoir accès aux marchés pour vivre une insécurité alimentaire aigue de phase Stress (Phase 2 de l’IPC) jusqu’en juin. Cette situation se maintiendra jusqu’en septembre avec le renforcement de la disponibilité de lait et en produits de cueillette à partir de juillet. En outre, la distribution de cash par le PAM (WFP) en cours, permettra aux 20 500 familles démunies de la ville de Nouakchott de faire face à leurs besoins alimentaires de base, pendant quatre mois (de février à mai 2023) et d’améliorer leurs accès à la nourriture. Les prix des denrées alimentaires seront toujours à un niveau relativement élevé, et les ménages pauvres en milieu urbain qui n’ont pas d’activité de production agricole et ceux dans les zones agropastorale et de cultures pluviales, dont les stoks issus de l’autoproduction sont au plus bas et qui ont désormais recours au marché pour leur alimentation, seront exposés à une insécurité alimentaire de Stress (Phase 2 de l’IPC) entre juin et septembre 2023.

    Citation recommandée: FEWS NET. Mauritanie Mise à jour du suivi à distance février 2023: La flambée des prix des produits importés limite l’accès au marché des ménages urbains pauvres, 2023.

    Dans le suivi à distance, un coordinateur travaille d’un bureau régional avoisinant. En comptant sur les partenaires pour les données, le coordinateur applique l’approche de développement des scenarios pour faire l’analyse et élaborer les rapports mensuels. Comme les données peuvent être moins disponibles que dans les pays avec des bureaux de FEWS NET, les rapports de suivi à distance peuvent montrer moins de détail. Pour en savoir plus sur le travail, clique ici.

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