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Le début de période de soudure connaît des prix élevés des denrées alimentaires avec une dépendance accrue des ménages au marché

  • Mise à jour du suivi à distance
  • Mauritanie
  • Février 2022
Le début de période de soudure connaît des prix élevés des denrées alimentaires avec une dépendance accrue des ménages au marché

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  • Messages clé
  • CONTEXTE NATIONAL
  • PERSPECTIVES PROJETÉES À SEPTEMBRE 2022
  • Messages clé
    • En raison des faibles niveaux de revenus des ménages et la hausse continuelle des prix des denrées alimentaires, une grande partie des populations pauvres et très pauvres continuent d’être confronté à une insécurité alimentaire de phase Stress (Phase 2 de l’IPC) le plus remarqué à partir d’avril/mai jusqu’en septembre 2022 particulièrement dans les zones de cultures pluviales, agropastorales et pastorales. Néanmoins, durant la période de soudure plus rude d’avril jusqu’à juin, de nombreux ménages dans ces zones de moyens d’existence risque de faire face probablement face à une Crise (Phase 3 de l’IPC) mais ce sera inferieure a 20% de population totale dans ces zones.

    • Les prix des produits de première nécessité sont toujours en hausse comparé à l’année dernière et à la moyenne quinquennale dans le pays, et dans la plupart de la région de l’Afrique de l’Ouest, à cause des mauvaises récoltes 2021/22 et aux couts élevés des transport ainsi que les couts liés au fret maritime.

    • La campagne pastorale 2021 s'est illustrée par une production de biomasse négative dans la quasi-majorité des zones notamment au niveau des régions de Tagant, de l’Assaba, au centre et au nord du Guidimakha, dans le centre et le nord des deux Hodset et du Gorgol entraînant des départs précoces et massifs des transhumants vers les zones du sud du pays (réf. Figure 1). Une baisse de la production et les perspectives de revenu pour les ménages pauvres est attendue, notamment dans les zones agropastorale (MR07) et les zones de cultures pluviales (MR09).

    • Les marchés suffisamment approvisionnés restent la principale source de nourriture pour la quasi-totalité des ménages pauvres et très pauvres, tandis que les flux internes et externes en produits alimentaires de bases en provenance du Mali et du Sénégal sont réguliers.


    CONTEXTE NATIONAL

    Transhumance et marchés à bétail : En Mauritanie, les débuts de la saison sèche correspondent aux départs massifs des transhumants vers les régions sud du pays et dans les pays limitrophes, notamment le Mali et le Sénégal, à la recherche de conditions pastorales plus satisfaisantes. Cependant, à cause de la pluviométrie déficitaire chaque année durant les dix dernières années, les zones agropastorales du pays et des pays frontaliers font déjà l’objet de fortes concentrations d’animaux qui exercent une pression importante sur les ressources pastorales. Du fait du déficit pluviométrique de la campagne agricole 2021/2022, les éleveurs mauritaniens sont confrontés à l’arrivée précoce de la période de la soudure pastorale qui se traduit par une raréfaction du potentiel fourrager et des ressources en eau de surface pour l’alimentation du bétail.

    En effet, les éleveurs ont déjà recours à l’achat de l’aliment bétail depuis le début du mois de décembre 2021. L’offre en bétail est en baisse significative de même que les demandes (notamment les plus importantes en provenance du Mali et de la ville de Nouakchott) dans les marchés du pays. Cette baisse est due principalement au déstockage qui a déjà commencé en novembre 2021, ainsi qu’au départ des transhumants vers les zones du sud (Mali, Sénégal) qui ont considérablement réduit le niveau de l’offre sur les marches. La faiblesse des demandes d’achat du bétail est aussi directement due aux prix élevés des animaux sur le marché des centres urbains. La baisse de l’offre consécutive pour encourager la demande à la reprise des transhumances a ralenti la hausse des prix des animaux dans les zones rurales, mais les prix restent plus élevés que ceux de la même période de 2021 où ils étaient déjà nettement supérieurs à la moyenne quinquennale (réf. Figure 2a).

    Malgré le fait que les couloirs de transhumance ont été identifiés et définies pour la traversée des animaux pour éviter des conflits et des représailles de la part des populations d’accueil, des évènements en résultent. Durant le mois de décembre au total 41 alertes d’évènements et de mouvements ont été enregistrés. Ces alertes étaient constituées majoritaire de conflits entre éleveurs et agriculteurs liées pour la plupart au passage du bétail dans les champs, de disparitions et de vol d’animaux et de feux de brousses (Suivi des Mouvements de Transhumances, OIM, Rapport de suivi, décembre 2021), perturbant les pratiques normales de transhumance. Les départs hâtifs des transhumants et la précocité de la période de soudure pastorale induisent des bouleversements significatifs dans les activités génératrices de revenu des populations pauvres et très pauvres pour les transhumants dans des zones pastorales et agropastorales du pays et comme conséquence une dégradation/érosion des moyens d’existence de ces populations.  

    Cultures de contre-saison : En cette période de contre-saison, du aux faibles crues du Walo et des zones de dépressions les perspectives de récoltes de décrue entre janvier et mars restent de loin inférieures à celles de la moyenne de l’année dernière et aussi inférieures à une année normale. Les zones de dépression et des barrages en cultures (barrage et zones dépressionnaires de la vallée du fleuve Sénégal) se développent normalement et sont déjà au stade d’épiaison pour les stades les plus avancés. Les cultures maraichères sont également à des stades très avancées et dans certaines zones (oasis et vallée) leur consommation et même leur vente ont déjà commencé. Ces récoltes de saison froides permettront de couvrir à peine deux à trois mois de consommation auprès des ménages pauvres et très pauvres dans ces régions même si le taux de remplissage des retenus d’eau est jugé moyen par endroits. Les stocks issus des principales récoltes d’octobre de la campagne agricole 2021/2022 sont presque complètement épuisés. Avec le faible niveau de revenus des ménages pauvres et la hausse anticipée des prix des denrées alimentaires, une partie de ces derniers sera confronté à la Crises (Phase 3 de l’IPC) à partir d’avril/mai, jusqu’en septembre 2022 particulièrement dans les zones de cultures pluviales et celles agropastorales.

    Marchés et prix des produits alimentaires de base : Actuellement et durant toute la période des soudures (agricole et pastorale), le marché constitue la principale source de nourriture pour la majorité des ménages surtout ceux pauvres et très pauvres à l’exception de ceux des régions de barrage, des zones dépressionnaires de la vallée du fleuve Sénégal et dans les régions des oasis.

    Les flux internes et externes en produits alimentaires de base sont dynamiques et réguliers en provenance du Mali et du Sénégal, d’Algérie et du Maroc. Les flux internes de Nouakchott en direction des marchés de l’intérieur sont restés dynamiques même malgré la forte croissance de la demande des zones frontalières. La fermeture des frontières avec les plus importants corridors portuaires du Mali à savoir le Sénégal et la Côte d’Ivoire à la suite de la sanction économique de la CEDEAO depuis le 09 janvier 2022 a permis à la Mauritanie de palier à des besoins d’approvisionnement extérieurs.

    Dû à la faiblesse de la production agricole, les flux entre les régions du pays sont nettement inférieurs que ceux d’une année typique, ou, à pareille saison. Les transferts de céréales des zones de production de la campagne agricole (sorgho et niébé) de contre saison de février (bas-fonds pluviaux et barrage) étaient en partie vendues dans les zones déficitaires et dans les marchés de référence tels que Kiffa, Tintane, Ghabra, Nbeika, Magta Lahjar et Kaédi. Les niveaux d’approvisionnements en produits alimentaires de base sont moyens sur les marchés locaux. Les prix sont toujours en hausse comparé à l’année dernière et à la moyenne quinquennale dû notamment aux mauvaises récoltes 2021/22, à la hausse du coût du transport maritime et des taxes douanières (réf. Figure 2b). La tendance haussière des prix de tous les produits alimentaires (locaux et importés) se poursuit et même se renforce dans tous les marchés avec un accent particulier dans les zones rurales et périurbaines. La dépendance des ménages déjà renforcée vis-à-vis du marché sera davantage croissante avec des prix qui resteront probablement supérieurs à la moyenne jusqu’à la fin de la période de soudure en septembre 2022. 

    Revenus des ménages : actuellement, les récoltes échelonnées dans la zone Vallée du fleuve Sénégal (Walo) et dans la zone agropastorale (Barrages et Bas-fonds) offrent aux ménages pauvres des opportunités de travail (les cultures, transport, coupe des tiges de sorgho et de maïs, des fanes de niébé, etc.) rétribué en argent.  

    Dans le sud la zone de cultures pluviales, les revenus du travail post récolte (battage, vannage, etc.) touchent à leurs fins. Avec la diminution des superficies exploitées et de faute de relance des activités informelles dans les villes, la main d’œuvre est en grande partie absorbée par les zones à vocation minière (Zouérate, Akjoujt, etc.), par les secteurs de la pêche artisanale en Nouadhibou et par le secteur informel des villages frontaliers du Mali et du Sénégal.

    Dans les zones urbaines et périphériques, les revenus des ménages pauvres et très pauvres sont affectés par le manque d’activités économique du secteur informels (mains d’œuvres, petits commerces, etc.). Ces ménages pauvres et très pauvres dépendent surtout du secteur informel, fortement saturée durant cette période de l’année. En effet, le blé, les pâtes alimentaires et le lait en poudre, utilisés comme aliments de substitution, tendent à devenir des aliments de base en raison de leur disponibilité et de leurs prix plus bas que par rapport aux autres produits. Les boutique EMEL et ceux du patronat mise en place par les autorités gouvernementales bien que proposant des produits à des prix largement subventionnes, sont largement insuffisants (en termes d’offre de produits) pour couvrir la demande et les besoins alimentaires et nutritionnelles des ménages. Pour compléter les rations quotidiennes, les ménages pauvres recourt le plus souvent à des petites activités informelles telles que dans les commerces et la main d’œuvres ouvrières notamment dans les secteurs miniers et de la pêche artisanale. Cette situation devrait au moins persister jusqu’aux prochaines récoltes de septembre 2022.

    Situation alimentaire : Aux déficits des production agricoles et pastorales se sont ajouté les impacts d’une forte hausse du prix des denrées alimentaires de base qui limite fortement les capacités d’accès alimentaire des ménages pauvres et très pauvres dont les revenus sont en forte régression. La précocité de la dégradation de la situation alimentaire des ménages pauvres et très pauvre dans le pays est en elle-même un signal d’alarme. En effet la prévalence de la malnutrition aiguë a toujours été élevée dans le pays et notamment dans la région du Guidimakha, selon les résultats de toutes les enquêtes nutritionnelles de 2012 à 2021. Ces populations pauvres et très pauvres seront confrontées probablement à une insécurité alimentaire Stress (Phase 2 de l’IPC), le plus remarqué à partir d’avril/mai jusqu’en septembre 2022.

    ZONEANOMALIES ACTUELLESANOMALIES PROJETÉES
    Nationale

    Une production de biomasse négative sur les zones strictement pastorales dans les régions de Tagant, Assaba, Guidimakha et Gorgol entraînant des départs précoces et massifs des transhumants vers les régions sud du pays.

    La faiblesse des activités agricoles génératrices de nourriture et de revenus fait que les ménages seront précocement dépendant du marché tout au long de la période de soudure jusqu’en septembre 2022.

     

    Les déficits de la production agricole pluviale et du pâturage amplifié par la baisse des revenus et la hausse des prix des produits alimentaires de base ont précipité les périodes de soudures agropastorales dans de nombreuses zones rurales. Il en résulte une accentuation de la dépendance vis-à-vis du marché pour se nourrir devenant ainsi la principale source de nourriture des ménages.

    La soudure pastorale déjà précoce sera plus longue et les mouvements de transhumance vers les régions du sud et vers les pays voisins seront plus importants.

     Les niveaux de prix des produits alimentaires de base (locaux et importés) sont largement au-dessus de la moyenne quinquennale et cela affecte négativement le pouvoir d’achat des ménages pauvres et très pauvres.

    Il est probable qu’il y ait un déstockage d’animaux plus importants qu’en période de soudure typique. Les éleveurs devront faire face à une soudure plus difficile et plus longue que prévue par des achats supplémentaires pour leur propre besoins, ainsi que pour les besoins d’alimentation du bétail (rakkal) y compris les autres dépenses pour soutenir la transhumance vers les pays voisins du sud (Mali et Sénégal).

      Vu la morosité de l’économie actuelle et les perspectives d’une période de soudure longue et dure la hausse des prix des produits alimentaires de base (locaux et importés) ainsi que la baisse des revenus des ménages pauvres et les plus pauvres devront se poursuivre jusqu’à la fin de la période de soudure de septembre 2022. 

     


    PERSPECTIVES PROJETÉES À SEPTEMBRE 2022

    Les prix élevés des produits alimentaires enregistrée sur les marchés devrait se poursuivre jusqu’aux prochaines récoltes malgré une meilleure disponibilités des produits agricoles sur les marchés. Les prochaines récoltes (septembre) permettront ainsi de redynamiser l’approvisionnement des produits agricoles de saison sur les marchés locales tout en permettant au ménages pauvres et très pauvres de satisfaire une partie non négligeable de leurs besoins alimentaires et nutritionnels.  

    Au niveau national, l’insécurité alimentaire aiguë Minimale (Phase 1 de l’IPC) devrait prévaloir jusqu’en janvier/février 2022. Entre février et mai, il est probable que les ménages soient dépendants de manière plus accrus aux marchés mis en relief à une baisse du pouvoir d’achat et des prix élevés des produits sur les marchés. Les ménages pauvres et les plus pauvres resteront probablement exposés à l’insécurité alimentaire aiguë au Stress (Phase 2 de l’IPC) à partir de mai jusqu’en septembre qui correspond à la fin de la période de soudure et au début de la période des premières récoltes de la campagne agricole 2022/2023. Néanmoins, durant la période de soudure plus rude d’avril jusqu’à juin, de nombreux ménages dans ces zones de moyens d’existence sont susceptibles de faire face à une Crise (Phase 3 de l’IPC) mais ce sera inferieure a 20% de population totale dans ces zones.

    Le début de la saison des pluies en juin/juillet améliorera probablement les conditions de sécurité alimentaire pour la plupart des ménages pauvres et très pauvres des zones pastoraux avec la régénération des ressources pastorales, améliorant l'état corporel du bétail et les prix de marché pour le bétail. Cette période correspond aussi aux retours des transhumants dans leurs régions d’origine et aux travaux champêtres, à la préparation des sols pour les semis prochains. Cette demande croissante en mains d’œuvres et ouvrières agricoles générera une disponibilité de revenu journalier pouvant faire face au moins a une partie des besoins alimentaires et nutritionnelles des ménages.  

    Figures CALENDRIER SAISONNIER POUR UNE ANNÉE TYPIQUE

    Figure 1

    CALENDRIER SAISONNIER POUR UNE ANNÉE TYPIQUE

    Source: FEWS NET

    Figure 1. Anomalie de production de biomasse de la campagne agricole 2021

    Figure 2

    Figure 1.

    Source: ACF, 2021

    Figure 2a. Prix comparatif (MRU) des principaux bétails du mois de décembre 2020 et de décembre 2021, Marché de Aleg, Maurita

    Figure 3

    Figure 2a.

    Source: FEWS NET

    Figure 2b.  Prix comparatif (MRU) des principales denrées alimentaires du mois de décembre 2020 et de décembre 2021, Marché d

    Figure 4

    Figure 2b.

    Source: FEWS NET

    Dans le suivi à distance, un coordinateur travaille d’un bureau régional avoisinant. En comptant sur les partenaires pour les données, le coordinateur applique l’approche de développement des scenarios pour faire l’analyse et élaborer les rapports mensuels. Comme les données peuvent être moins disponibles que dans les pays avec des bureaux de FEWS NET, les rapports de suivi à distance peuvent montrer moins de détail. Pour en savoir plus sur le travail, clique ici.

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