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Des déficits fourragers entrainent des départs précoces en transhumance

  • Mise à jour du suivi à distance
  • Mauritanie
  • Décembre 2023
Des déficits fourragers entrainent des départs précoces en transhumance

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  • Messages clé
  • Calendrier saisonnier pour une année typique
  • Perspective Projetée à Mai 2024
  • Messages clé
    • En décembre, la plupart des ménages des zones agropastorales et agricoles font face à une insécurité alimentaire Minimale (Phase 1 de l'IPC), grâce aux récoltes du diéri. Toutefois, certains ménages pauvres restent en situation de Stress (Phase 2 de l'IPC). Il s’agit des ménages pauvres de la vallée, qui dépendent davantage des récoltes céréalières du walo et de contre saison chaude qui interviennent en mars et juin. Les ménages pauvres dans certaines parties du sud-est du pays, où la faible pluviométrie a entraîné un déficit de production agricole et une transhumance interne précoce seront également en situation de Stress (Phase 2 de l’IPC), tout comme les ménages pauvres des zones périurbaines dont les possibilités d’emploi sont faibles et les marchés, dont ils dépendent complètement, maintiennent des prix élevés. La période de soudure pastorale qui sera plus précoce que d’habitude sera marquée par une augmentation atypique des proportion des ménages en Crise (Phase 3 d'IPC) au sud-est jusqu'à mai. 
    • Selon le UNHCR, au 31 octobre en 2023, Le nombre de réfugiés maliens dans le pays est 106 468, dont 86 586 sont dans le camp de Mbéra. Ceux qui sont arrivés entre le début de l’année 2023 et la fin du mois d’octobre sont au nombre de 562 individus, contre 11 123 individus en 2022 (Figure 1). Bien que l'on ne dispose pas de chiffres plus récents, il y a des informations faisant état d’un accroissement du nombre d’arrivées de réfugiés depuis l’amorce du retrait de la MINUSMA, un regain d’affrontements entre les combattants Touaregs du Cadre Stratégique Permanent (CSP) et les forces armées maliennes, et l’imposition de plusieurs blocus par le CSP en décembre. Ces réfugiés, pour la plupart, dépendent fortement de l'aide humanitaire – compte tenu de l’afflux continu, l’UE a augmenté le financement humanitaire de 2,6 millions Euro. Cette population va rester en Stress ! (Phase 2 ! de l’IPC) tout au long de la période de projection. 
    • L’approvisionnement des marchés en produits importés est régulier et suffisant, et les prix globalement restent stables, bien qu'élevé, par rapport au mois précédent. Sur les marchés à bétail, la disponibilité des animaux est relativement importante et les animaux présentés sont dans un bon état d’embonpoint. L’importance de l’offre des animaux est assez typique en cette période de l’année où les éleveurs procèdent généralement à des ventes en vue de s’approvisionner en produits agricoles, ce qui fait baisser les prix du bétail. Sur le marché de Nouakchott, le mouton moyen qui valait 4 000 MRU le mois dernier se vend entre 3 700 et 3 800 MRU, et sur le marché de Boghé et Kaédi le taurillon de 2 ans qui coutait 16 000 MRU, e mois dernier a perdu 15 à 17 pour cent de sa valeur au mois de décembre.

    Calendrier saisonnier pour une année typique
    Calendrier saisonnier pour une année typique en Mauritanie

    Source: FEWS NET

    ZoneAnomalies ActuellesAnomalies Projetées
    Nationale
    • Dans la zone de la vallée, la situation alimentaire demeure difficile pour les ménages pauvres qui dépendent beaucoup plus des cultures de contre-saison chaude dont les récoltes n’interviendront qu’au cours du mois de juin 2023 et des cultures du walo dont les récoltes sont prévues en février /mars. 
    • Le déficit pluviométrique a entrainé une baisse de la production en culture pluviale du dieri de -7 pour cent au niveau national par rapport à la moyenne des 5 dernières années et de -35 pour cent par rapport à l’année dernière. 
    • Au sud-est du Hodh El Chargui (moughataa de Bassiknou), l’afflux des réfugiés maliens entrainent une forte demande en denrées alimentaires qui provoque une hausse des prix. La disponibilité des produits agricoles locaux (mil, sorgho, maïs, niébé et arachide) dans la quasi-totalité des marchés reste faible par rapport à une année typique.
    • La production de la biomasse est bonne dans  la partie sud-ouest du pays, tandis qu’elle est moyenne à très faible dans la partie nord et est du pays (Figure 2). Le tarissement précoce des eaux de surfaces au niveau de plusieurs localités notamment dans la partie centre du Hodh El Gharbi et sud du Hodh El Chargui, impacte négativement les conditions d’abreuvement des animaux.
    • Avec la transhumance qui a démarré précocement dans les zones à déficits fourrager, notamment au nord du pays, on observe un afflux de plus en plus important de troupeaux vers la bande frontalière de Hodh El Chargui et du Guidimakha. 
    • Les pâturages commenceront à se détériorer à l’approche de la période de soudure. Toutefois, compte tenu d’une production de biomasse inférieure à la normale dans certaines zones, la période de soudure commencera plus tôt que d’habitude avec des transhumances internes précoces. En outre, le cheptel des nouveaux réfugiés maliens dans le sud-est va créer une surcharge pastorale dans ces zones.
    • Les prix des produits locaux qui observent une baisse saisonnière depuis le début des récoltes va se poursuivre jusqu’en janvier 2023, toutefois cette baisse va demeurer moins marquée qu’en année normale à cause des prix internationaux relativement élevés. Quant aux prix des produits importé (riz, blé, huile) aucune baisse significative ne sera observé, on assistera plus tôt à une tendance à la stabilisation
    • Après l’annonce de la mise en place d’un blocus des principales routes du nord du Mali par le Cadre stratégique Permanent (CSP), une alliance de forces rebelles, il est à craindre des nouveaux déplacements forcés de population vers la Mauritanie ce qui risquerait d’intensifier le flux des réfugiés dans les différents camps.

    Perspective Projetée à Mai 2024

    Figure 1

    Evolution du nombre de réfugiés maliens arrivés en 2023 dans le camp de Mbéra
    Evolution du nombre de réfugiés maliens arrivés en 2023 dans le camp de Mbéra

    Source: Données UNHCR

    Figure 2

    Anomalie d'évapotranspiration cumulée en pourcentage de la médiane, juin - octobre 2023
    Anomalie d'évapotranspiration cumulée en pourcentage de la médiane, juin - octobre 2023

    Source: FEWS NET/USGS

    Figure 3

    Concentration animaux et état embonpoints en fin de novembre 2023
    Concentration animaux et état embonpoints en fin de novembre 2023

    Source: ACF suivi veille pastorale

    La période de décembre à mai qui sera marquée par une période sèche-froide suivie d’une période sèche-chaude, sera marquée par la grande migration des bras valides vers les grandes villes à la recherche du travail pour générer des ressources nécessaires à l’achat de la nourriture et des biens. Elle est également la période pic des ventes de bétail (janvier-mars) et de l’ensemble des activités génératrices de revenus notamment le petit commerce, la main d’œuvre artisanale, les opportunités de travail de main d’œuvre local pour les travaux champêtres avec l’entretien des parcelles rizicoles etc.  L’exploitation forestière notamment la cueillette des feuilles et la collecte de paille, sera aussi pratiquée. Toutefois, dans le sud-est notamment, la migration précoce des animaux est susceptible de réduire les possibilités de travail pastoral plus tôt que d’habitude. Les possibilités d’emploi saisonnier toujours limitées dans les zones urbaines, ainsi que l’insécurité au Mali, réduiront également les ressources en nature et en espèces envoyées par les migrants. En outre, la faible demande en main d’œuvre journalière du fait de la morosité économique, ne permettra pas de satisfaire la forte demande. Dans les zones péri-urbaines de Nouakchott, Nouadhibou et Zouérate qui dépendent uniquement des marchés pour leur alimentation et leur besoins essentiels, les opportunités d’emploi vont demeurer faibles tandis que les prix resteront supérieurs à la moyenne quinquennale. 

    L’approvisionnement des marchés sera suffisant dans l’ensemble du pays jusqu’en mai 2024 grâce aux importations régulières et suffisantes. Le volume des importations de blé connaitra une forte hausse, en substitution des céréales traditionnelles (mil, sorgho) dont les stocks vont s’amenuiser durant la période, particulièrement dans les zones Centre et est de la zone agropastorale, est et centre de la zone de cultures pluviales, ainsi que dans la zone oasienne. En outre, le volume des importations de céréales traditionnelles en provenance du Mali va se réduire avec le risque d’un blocage des principaux axes routiers du nord Mali par le CSP.

    De février à mai, certaines localités de la zone de culture pluviale et agropastorale, qui ont enregistré un déficit de production agricole et fourragère vont vivre une insécurité alimentaire de phase Stress (Phase 2 de l’IPC) au cours de cette période. Toutefois, avec les mesures prises par le gouvernement pour garantir l’approvisionnement et le fonctionnement réguliers des boutiques de solidarité, ils pourront disposer de denrées alimentaires à un moindre coût. En outre, un nombre croissant de ménages pastoraux dans le sud-est feront face à une insécurité alimentaire de Crise (phase 3 de l'IPC) avec le début de la soudure plus précoce que d'habitude. Toutefois, cette détérioration de l’insécurité alimentaire serait atténué par l'amélioration des prix du bétail qui vont demeurer supérieurs à la moyenne et se maintenir jusqu’en avril/mai à cause de la demande du Ramadan qui interviendra en avril. Les termes de l'échange seront en faveur des éleveurs, ce qui va améliorer leur accès aux marchés Les ménages pauvres des zones périurbaines des grandes villes seront en Stress (Phase 2 de l’IPC).

    Dans la zone de la vallée, où il est prévu un accroissement de production céréalière du walo de 86 pour cent par rapport à la moyenne des cinq dernières années, la situation alimentaire des ménages pauvres va s’améliorer et leur permettre de vivre une insécurité alimentaire de phase Minimale (Phase 1, IPC) après les récoltes au mois de mars-avril.

    Citation recommandée: FEWS NET. Mauritanie Mise à jour du suivi à distance Décembre 2023: Des déficits fourragers entrainent des départs précoces en transhumance, 2023.

    Dans le suivi à distance, un coordinateur travaille d’un bureau régional avoisinant. En comptant sur les partenaires pour les données, le coordinateur applique l’approche de développement des scenarios pour faire l’analyse et élaborer les rapports mensuels. Comme les données peuvent être moins disponibles que dans les pays avec des bureaux de FEWS NET, les rapports de suivi à distance peuvent montrer moins de détail. Pour en savoir plus sur le travail, clique ici.

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