Mise à jour du suivi à distance

Les effets résiduels de la pandémie et l’amenuisement des stocks limitent les capacités des ménages à satisfaire leurs besoins alimentaires

Juin 2021 - Janvier 2022

Juin - Septembre 2021

Stress (IPC Phase 2)

Octobre 2021 - Janvier 2022

Minimale (IPC Phase 1)

IPC v3.0 Phase d'Insécurité Alimentaire Aiguë

1: Minimale
2: Stress
3+: Crise ou pire
Serait probablement pire, au moins une phase, sans
l'assistance humanitaire en cours ou programmée
La manière de classification que FEWS NET utilise est compatible avec l’IPC. Une analyse qui est compatible avec l’IPC suit les principaux protocoles de l’IPC mais ne reflète pas nécessairement le consensus des partenaires nationaux en matière de sécurité alimentaire.
Pour les pays suivis à distance par FEWS NET, un contour coloré est utilisé pour représenter la classification de l’IPC la plus élevée dans les zones de préoccupation.

IPC v3.0 Phase d'Insécurité Alimentaire Aiguë

1: Minimale
2: Stress
3: Crise
4: Urgence
5: Famine
Serait probablement pire, au moins une phase, sans l'assistance humanitaire en cours ou programmée
La manière de classification que FEWS NET utilise est compatible avec l’IPC. Une analyse qui est compatible avec l’IPC suit les principaux protocoles de l’IPC mais ne reflète pas nécessairement le consensus des partenaires nationaux en matière de sécurité alimentaire.

IPC v3.0 Phase d'Insécurité Alimentaire Aiguë

1: Minimale
2: Stress
3+: Crise ou pire
Serait probablement pire, au moins une phase, sans
l'assistance humanitaire en cours ou programmée
La manière de classification que FEWS NET utilise est compatible avec l’IPC. Une analyse qui est compatible avec l’IPC suit les principaux protocoles de l’IPC mais ne reflète pas nécessairement le consensus des partenaires nationaux en matière de sécurité alimentaire.
Pour les pays suivis à distance par FEWS NET, un contour coloré est utilisé pour représenter la classification de l’IPC la plus élevée dans les zones de préoccupation.

IPC v3.0 Phase d'Insécurité Alimentaire Aiguë

Pays de présence:
1: Minimale
2: Stress
3: Crise
4: Urgence
5: Famine
Pays suivis à distance:
1: Minimale
2: Stress
3+: Crise ou pire
Serait probablement pire, au moins une phase, sans
l'assistance humanitaire en cours ou programmée
Pour les pays suivis à distance par FEWS NET, un contour coloré est utilisé pour représenter la classification de l’IPC la plus élevée dans les zones de préoccupation.

Messages clés

  • L’approvisionnement des marchés en produits alimentaires continue d’être en baisse en cette période avec une réduction saisonnière des flux en provenance du Mali et du Sénégal vers les marchés de consommation à l’intérieur du pays. Au vu de la détérioration la situation sanitaire liée à la pandémie de COVID-19 depuis la moitié du mois de mai, il y eu un renforcement des mesures restrictives, notamment la rallonge de la période du couvre-feu. Cela s’est traduit par le ralentissement des flux d’approvisionnement principalement pour les zones agropastorale et pluviale.  Par ailleurs, la reprise des activités économiques au niveau de Nouakchott et de Nouadhibou permet de favoriser un niveau acceptable d’offres des produits alimentaires dans les marchés urbains.  

  • Comme toutes les années, le niveau des ressources pastorales reste insatisfaisant en cette période marquée par un raréfaction saisonnière des pâturages dans les zones de transhumance, celles occidentales de la zone agropastorale et du Nord du pays. Les mouvements typiques de transhumance des zones déficitaires du Nord vers les zones du Sud à la recherche de pâturage continuent d’être observés. En outre, les mouvements typiques en direction du Sénégal, du Mali et de la Guinée continuent d’être observés avec un retour progressif dont le début est attendu entre juillet et août, avec la régéneration des pâturages et le remplissage des points dans les terroirs respectifs des éleveurs. En plus, la demande en aliment de bétail reste moyenne à supérieure à la moyenne et pourrait augmenter graduellement pour atteindre le pic en juillet avec l’installation optimale de campagne agricole. Enfin, cette demande connaitra une baisse avec la régénération du tapis herbacé et la disponibilité des points d’eau profitables pour le bétail.

  • L’amenuisement des stocks alimentaires au niveau des ménages et la baisse du pouvoir d’achat des ménages pauvres liés aux effets résiduels de la pandémie de la COVID-19 entrainant une diminution des revenus issus des transferts de la migration et du secteur informel, lequel à son tour limiteraient l’accès à une alimentation adéquate et suffisante des ménages pauvres jusqu’en septembre 2021. Malgré l’amélioration des conditions pastorales attendues due à l’installation de la saison pluvieuse, une insécurité alimentaire de Stress (IPC Phase 2) sera globalement observée dans les zones pluviales, agropastorales et les zones périphériques des centres urbains. 

  • Entre octobre 2021 et janvier 2022, les perspectives de récoltes issues de la prochaine campagne agricole permettront d’améliorer substantiellement les conditions de consommation alimentaire et les moyens d’existence des ménages dans les zones agropastorale (MR07), de cultures pluviales (MR09) et de la vallée du fleuve Sénégal. La campagne de contre-saison froide pour la production de riz et de maraichage démarrant généralement en novembre permettront aux ménages de ces zones d’accéder au travail agricole permettant ainsi d’améliorer leur niveau de revenu. En outre, la situation pastorale sera améliorée avec une disponibilité des ressources fourragères et des points d’eau favorisant ainsi une amélioration de l’état d’embonpoint des animaux et la production laitière. A cet effet, les ménages pauvres des zones pastorales, agropastorales pluviales et de la vallée feront face à une insécurité alimentaire Minimale (IPC Phase 1) pendant la période. 

ZONE ANOMALIES ACTUELLES ANOMALIES PROJETÉES
Nationale Sur le plan sanitaire, malgré une maîtrise de la source d’infection issue des cas importés, la courbe des contaminations des maladies de COVID-19 est en hausse avec une augmentation du nombre de cas issus des transmissions communautaires suite à la découverte des variants alpha et beta. A la date du 22 Juin, le pays a enregistré un cumul de 20, 415 cas confirmés dont 19,447 personnes déclarées guéris 482 décès et 415 cas actifs avec le taux de létalité de 2% en moyenne. Faisant suite à l’apparition des variants cités ci-haut, le couvre-feu a été rallongé de 00h à 6h avec le maintien officiel de la fermeture des frontières terrestres. La campagne de vaccination contre la COVID-19 a été lancée en mars par le gouvernement pour laquelle 145,000 personnes ont déjà été vaccinées représentant 0,03% par rapport à la population totale du pays. Cette campagne se focalise pour le moment sur le personnel de santé et les personnes à risque âgées de plus de 50 ans. Sur le plan économique, la reprise des activités est observée avec un retour progressif à la normale.  Avec les récoltes moyennes issues de la campagne agricole en perspectives, la reconstitution des stocks alimentaires permettra de garantir un accès acceptable à une alimentation au niveau des ménages. Les flux d’approvisionnement en provenance du Mali, du Sénégal et du Maroc ainsi que le retour à la normale des importations de produits alimentaires permettront de renforcer la disponibilité alimentaire au niveau des marchés. Ainsi le niveau des prix des produits attendus pour la période projetée sera similaire à la moyenne saisonnière.
  Cependant, malgré cette situation, la période actuelle coïncide avec une hausse généralisée saisonnière des prix sur les produits alimentaires (riz local, riz importé, blé et lait en poudre) qui se justifient par un niveau d’approvisionnement en produits alimentaires inferieur à la normale ainsi que des actions spéculatives perpétuées par les opérateurs économiques justifiées par un renchérissement du coût de transport et la fluctuation des cours mondiaux. En outre, les activités relatives à la pêche artisanale ont été ralenties du fait du départ assez important des pécheurs étrangers notamment sénégalais vers leurs pays d’origine. Avec la pause biologique attendue en juillet et août, la disponibilité en produits maritimes dans les marchés sera plus réduite que d’habitude. En outre, les revenus tirés des activités de pêche seront réduits pour les ménages vivant de la pêche. Dans les zones urbaines, malgré la reprise progressive des activités économiques, les effets résiduels de la pandémie vont limiter l’offre d’emploi issue du secteur informel entrainant ainsi une légère baisse des revenus. Cependant, la reprise effective des activités dans les zones minières, notamment dans les régions d’Inchiri et de Tiris Zemmour permettra de fournir des opportunités d’emploi journalier pour les ménages pauvres. En outre, le gouvernement encourage la promotion d’emploi dans le secteur de la pêche artisanale en mettant en place une politique de nationalisation des embarcations et la facilitation de l’accès au financement dans les villes de Nouakchott et de Nouadhibou, favorisant ainsi une amélioration du pouvoir d’achat des ménages pauvres.
  Par ailleurs, le secteur informel reste négativement impacté par la pandémie avec une baisse notoire de l’intensité des activités entrainant ainsi une baisse des revenus pour les ménages pauvres.   
  Pour la plupart des émigrés saisonniers vers les centres urbains du pays, tout comme à l’extérieur, même si l’on constate une reprise des activités économiques, voient le rythme de leurs activités en baisse du fait des effets résiduels de la pandémie limitant les transferts surtout pour les zones de Gorgol, Guidimakha et de l’Assaba.   
  À cause des difficultés financières des ménages nantis résultant de la pandémie, le niveau de la demande pour la main d’œuvre agricole est faible pour les activités de préparation des champs. Ce qui impacte négativement sur le revenu des ménages pauvres réduisant ainsi entre autres leur capacité pour accéder financièrement aux marchés.   

 

PERSPECTIVE PROJETÉE À JANVIER 2022

Avec les bonnes perspectives annoncées sur la situation pluviométrique, la saison agricole en cours de préparation sera similaire à celle de l’année dernière. Ce qui augure un démarrage normal de la campagne agricole avec une bonne perspective de production de céréales sèches notamment le mil et le sorgho. Cependant, au regard de la baisse globale du niveau de revenu des ménages, la demande en main d’œuvre agricole pour les activités de préparation des champs sera en dessous de la moyenne impactant ainsi le niveau de revenus des ménages pauvres dans les zones agricoles et agropastorales. Par ailleurs, la bonne perspective de la saison pluvieuse va permettre de bonifier le niveau de remplissage des retenus d’eau et des bassins naturels favorisant ainsi un accès adéquat aux ressources en eau et des pâturages pour les ménages éleveurs. Cependant, des risques d’inondation dans les zones de la vallée du fleuve Sénégal peuvent survenir limitant ainsi les capacités de production des ménages.

En cette période, les ménages font principalement recours aux achats pour satisfaire leur besoins énergétiques et alimentaires dans pratiquement toutes les zones. Ainsi, sur les marchés de Kaédi et d’Aleg en zone pluviale, les prix du sorgho et du mil sont restés stables par rapport au mois de mai 2020. Par contre, le prix du riz local a connu d’importantes hausses respectives par rapport à mai 2020 de 17 pour cent dans les marchés d’Aleg, de Kaédi et de Boghé. Le prix du riz importé suit également les mêmes tendances avec une hausse respective de 14 pour cent comparativement à mai 2020 dans les mêmes marchés. Au niveau de Nouakchott, les prix sont en légère baisse comparativement à l’année dernière à la même période. Une légère hausse est observée sur le prix des produits importés notamment le riz importé (14 pour cent) l’huile (10 pour cent), le sucre (25 pour cent) et le lait en poudre (7 pour cent) comparativement au mois de mai 2020. Ces hausses se justifient par une diminution des flux d’approvisionnement en provenance du Mali. En outre, le renforcement des mesures restrictives notamment la rallonge de la période de couvre-feu continuent toujours d’influencer les coûts de transport maritime et terrestre. Ajouter à cela, des mauvaises conditions maritimes observés en mai ayant perturbé les flux au niveau ports de Nouakchott et Nouadhibou, ce qui a contribué à exercer une tension sur les prix.

La situation pastorale se caractérise par une évolution saisonnière typique caractérisé par une raréfaction de la disponibilité des ressources fourragères dans les zones de transhumance. Cela se signale au niveau de la partie occidentale du pays (ouest de la zone agropastorale et zone de transhumance pastorale) et du nord (régions de Tiris Zemmour et d’Adrar). Ce qui réduit l’offre en lait en cette période. Cependant, avec la fin de la campagne de contre saison chaude en mai, des opportunités d’accès aux résidus de récoltes notamment la paille de riz sont disponibles au niveau des périmètres pilotes rizicoles dans les régions du Trarza, Brakna et Gorgol. Les mouvements de transhumance se déroulent actuellement via les corridors Nord-Sud avec une traversée vers le Mali et le Sud du Sénégal du cheptel constitués essentiellement de camelins et de bovins à la recherche de pâturage et pour la mise-bas. En termes de disponibilité du bétail dans les marchés, l’offre est satisfaisante avec un niveau bon d’approvisionnement dans les zones de cultures pluviales, agropastorales et les marchés des centres urbains. Les prix du bétail suivent une hausse au niveau des marchés d’Aleg, de Boghé et de Kaédi. En effet, les prix sont en hausse pour les petits ruminants respectivement de 9 pour cent, 18 pour cent et 20 pour cent par rapport à mai 2020. Ceci est du non seulement par la fête du mois de Ramadan mais aussi la fête de Tabaski en perspective qui poussent les consommateurs à des achats anticipés. Ce qui influe sur le niveau des prix du bétail. Cette situation est également exacerbée par la demande des courtiers mauritaniens, sénégalais et maliens qui anticipent sur les perspectives de fortes hausses du prix des petits ruminants à l’approche de la fête de Tabaski.

Dans une optique d’assister les populations vulnérables à la soudure 2021, le gouvernement mauritanien et ses partenaires ont mis en place un plan de réponse prévoyant une assistance alimentaire ciblée et une distribution gratuite de vivres sur l’ensemble du territoire national entre avril et septembre 2021. La ration alimentaire prévue pour la distribution gratuite comprend 50 kilogrammes de blé en milieu rural, 50 kilogrammes de riz local en milieu et 5 litres d’huile pour les deux milieux. Cette opération se fera sous forme d’une distribution unique couvrant un mois de consommation au début de la période de soudure au profit de 1,244,088 personnes représentant 27% de la population totale du pays et ciblant les ménages les plus touchées par les effets néfastes du COVID-19 et des inondations de 2020.  

L’amenuisement des stocks familiaux couplés à une hausse des prix des denrées de base ne favorisent pas un accès adéquat à une alimentation suffisante principalement dans les zones rurales. En outre, la réduction des opportunités d’emploi faisant suite à la situation de morosité économique globale ainsi que la baisse des transferts contribuent à accentuer les difficultés d’accès aux aliments pour les ménages pauvres même si une reprise progressive des activités au niveau national soit observée depuis février – Mars 2021. Malgré le plan de réponse à la soudure 2021 mis en place par le gouvernement et ses partenaires les ménages pauvres vont être en situation d’insécurité alimentaire aigue de Stress (IPC phase 2) de juin à septembre 2021.

Entre octobre 2021 à janvier 2022, la disponibilité des ressources pastorales et des points d’eau au vu de l’installation normale de la saison des pluies en juillet 2021 permettra d’améliorer les conditions de consommation alimentaire et les moyens d’existence des ménages éleveurs avec une disponibilité de lait et de viande. Les récoltes attendues issues de la campagne agricole 2021-2022 permettront d’améliorer de manière significative le niveau de la consommation alimentaire et la reconstitution des stocks des ménages dans les zones agropastorale, pluviales et la vallée du fleuve Sénégal. A ces effets, les conditions de consommation et de protection des moyens d’existence des ménages pauvres seront acceptables. Ces ménages seront en situation d’insécurité alimentaire Minimale (IPC phase 1) d’Octobre 2021 à janvier 2022.

À Propos du Suivi à Distance

Dans le suivi à distance, un coordinateur travaille d’un bureau régional avoisinant. En comptant sur les partenaires pour les données, le coordinateur applique l’approche de développement des scenarios pour faire l’analyse et élaborer les rapports mensuels. Comme les données peuvent être moins disponibles que dans les pays avec des bureaux de FEWS NET, les rapports de suivi à distance peuvent montrer moins de détail. Pour en savoir plus sur le travail, clique ici.

About FEWS NET

Le Réseau des systèmes d’alerte précoce contre la famine est l’un des principaux prestataires d’alertes précoces et d’analyses de l’insécurité alimentaire. Constitué par l’USAID en 1985 pour aider les décideurs à planifier pour les crises humanitaires, FEWS NET fournit des analyses factuelles  concernant quelque 35 pays. Les membres des équipes de mise en œuvre incluent la NASA, la NOAA, le département américain de l ‘Agriculture (USDA) et le gouvernement des États-Unis (USGS), de même que Chemonics International Inc. et Kimetrica. Vous trouverez d’autres informations sur notre travail.

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