Mise à jour du suivi à distance

La distribution de cash permet aux ménages de faire face à la baisse des revenus issus des transferts et de la migration

Février 2021

Février - Mai 2021

Juin - Septembre 2021

IPC v3.0 Phase d'Insécurité Alimentaire Aiguë

1: Minimale
2: Stress
3+: Crise ou pire
Serait probablement pire, au moins une phase, sans
l'assistance humanitaire en cours ou programmée
La manière de classification que FEWS NET utilise est compatible avec l’IPC. Une analyse qui est compatible avec l’IPC suit les principaux protocoles de l’IPC mais ne reflète pas nécessairement le consensus des partenaires nationaux en matière de sécurité alimentaire.
Pour les pays suivis à distance par FEWS NET, un contour coloré est utilisé pour représenter la classification de l’IPC la plus élevée dans les zones de préoccupation.

IPC v3.0 Phase d'Insécurité Alimentaire Aiguë

1: Minimale
2: Stress
3: Crise
4: Urgence
5: Famine
Serait probablement pire, au moins une phase, sans l'assistance humanitaire en cours ou programmée
La manière de classification que FEWS NET utilise est compatible avec l’IPC. Une analyse qui est compatible avec l’IPC suit les principaux protocoles de l’IPC mais ne reflète pas nécessairement le consensus des partenaires nationaux en matière de sécurité alimentaire.

IPC v3.0 Phase d'Insécurité Alimentaire Aiguë

1: Minimale
2: Stress
3+: Crise ou pire
Serait probablement pire, au moins une phase, sans
l'assistance humanitaire en cours ou programmée
La manière de classification que FEWS NET utilise est compatible avec l’IPC. Une analyse qui est compatible avec l’IPC suit les principaux protocoles de l’IPC mais ne reflète pas nécessairement le consensus des partenaires nationaux en matière de sécurité alimentaire.
Pour les pays suivis à distance par FEWS NET, un contour coloré est utilisé pour représenter la classification de l’IPC la plus élevée dans les zones de préoccupation.

IPC v3.0 Phase d'Insécurité Alimentaire Aiguë

Pays de présence:
1: Minimale
2: Stress
3: Crise
4: Urgence
5: Famine
Pays suivis à distance:
1: Minimale
2: Stress
3+: Crise ou pire
Serait probablement pire, au moins une phase, sans
l'assistance humanitaire en cours ou programmée
Pour les pays suivis à distance par FEWS NET, un contour coloré est utilisé pour représenter la classification de l’IPC la plus élevée dans les zones de préoccupation.

Messages clés

  • Les stocks moyens ou supérieurs issus de l’autoproduction, les récoltes additionnelles attendues de la contre-saison froide et chaude, et les distributions de cash en cours permettant aux ménages pauvres de compenser les pertes de revenu des transferts de la migration et du secteur informel, favoriseront un accès alimentaire typique des ménages jusqu’en mai et une insécurité alimentaire aigue Minimale ! (IPC Phase 1!).

  • Entre juin et septembre, les moyens d’existence resteront sous pression en particulier dans les zones agropastorale (MR07) et de cultures pluviales (MR09) et en milieu urbain en raison de la baisse des transferts de la migration, des impacts négatifs des inondations passées et de la fièvre de la vallée du Rift, et des comportements spéculatifs qui maintiennent les prix des produits alimentaires importés supérieurs à l’année passée et réduisent ainsi le pouvoir d’achat des ménages. Les ménages pauvres dans ces zones feront face à une insécurité alimentaire de Stress (IPC Phase 2) pendant la période.   

  • La disponibilité des ressources pastorales est satisfaisante pour favoriser des mouvements de transhumance normaux des zones déficitaires du nord vers les zones du sud. A partir de mai, la transhumance transfrontalière pourrait eêtre également typique en direction des zones voisines du Sénégal et du Mali, les retours étant attendus pour juillet/aout avec la régénération des pâturages. Ces conditions favoriseront une reproduction typique des petits ruminants à partir du second trimestre de l’année. Toutefois, pour les bovins et camelins, le retour à un niveau normal des mises-bas pourraient atteindre l’année prochaine du fait des conséquences de la sous-alimentation au cours des deux dernières périodes de soudure.

  • Les bonnes conditions pastorales réduisent le recours des éleveurs aux achats d’aliments de complément sur les marchés. De mème, les distributions de cash qui touchent environ 41 pour cent des ménages les permettent de réduire les ventes saisonnières.  Les termes de l’échange bétail/céréales sont en leur faveur et cela devrait se maintenir au cours des prochains mois car la hausse de la demande d’animaux pour les fêtes de Ramadan en mai et de Tabaski en juillet permettra des prix au-dessus de la moyenne saisonnière entre février et septembre.

ZONE ANOMALIES ACTUELLES ANOMALIES PROJETÉES
Nationale

Depuis fin janvier, le pays est en train de sortir de sa deuxième vague de maladie de COVID-19 avec une baisse des cas de transmissions communautaires. A la date du 22 février, le cumul de cas confirmés était de 17110 dont 16438 guéris, 435 décès et 237 sous traitement. Le couvre-feu a été allégé, mais les frontières terrestres restent fermées. Malgré un approvisionnement moyen des marchés en denrées de base et des contrôles sur les prix, on assiste à une spéculation favorisant l’augmentation des prix en particulier pour les produits importés.

Outre les impacts négatifs des chocs saisonniers (inondations, pertes locales de récoltes, fièvre de la vallée du rift) sur les moyens d’existence, la pandémie continue d’entrainer une baisse du rythme ou l’arrêt des activités économiques, en particulier dans les centres urbains. En un an, la baisse du revenu touche la majorité des ménages dont les sources proviennent des emplois salariés dans le privé, les entreprises non agricoles y compris familiales, les transferts (ONS, Bulletin No3, Février 2021).

Avec les stocks de production pluviale supérieurs à la moyenne, les productions additionnelles moyennes ou supérieures attendues de la contre saison froide et chaude et les flux entrants typiques de céréales du Mali, l’offre de produits alimentaires restera moyenne ou bonne sur les marchés pendant toute la période de soudure jusqu’en septembre. De plus, les distributions alimentaires en cours contribueront à réduire la demande des ménages. Par conséquent les prix des denrées locales devraient évoluer suivant la tendance saisonnière moyenne. Par contre, les perturbations dans la chaine de transport, les fluctuations monétaires et la hausse des prix mondiaux, pourraient continuer de susciter des comportements spéculatifs dans le commerce des produits importés, notamment le riz, l’huile et le lait.

La morosité des activités économiques continuera de limiter la demande d’emplois, en particulier dans les centres urbains et entrainer ainsi une baisse des revenus de la migration saisonnière. Les transferts vers les zones de départ en particulier les zones cultures pluviales et agropastorales demeureront en-dessous de la moyenne. Ce qui réduira le pouvoir d’achat des ménages au moment où ceux-ci seront plus dépendant des achats alimentaires sur les marchés entre avril et juillet.

 

PERSPECTIVE PROJETÉE À SEPTEMBRE 2021

A la sortie de la saison pluviale, les niveaux de remplissage des barrages et du fleuve Sénégal étaient bons, ce qui a permis un démarrage à temps des activités de contre saison froide et chaude. Par ailleurs, les perturbations enregistrées entre octobre et décembre passés sur les importations de fruits et légumes avec le Maroc ont suscité une redynamisation des activités de maraichage à travers l’augmentation des superficies par rapport à la moyenne. En conséquence, avec une main-d’œuvre plus disponible, les perspectives de production maraichère (entre janvier et mars) et céréalière (entre avril et juin) pourront être au-dessus de la moyenne et renforcer les disponibilités locales. Présentement sur les marchés, l’offre de sorgho et de mil est supérieure à la moyenne du fait des bonnes productions locales et des flux entrant typiques du Mali. Cependant, l’offre de riz local est en-dessous de la moyenne en raison de la baisse des stocks de réserve depuis les trois dernières années et d’un contrôle renforcé sur les exportations du Sénégal.

La demande des ménages est typique et leur source de nourriture provient principalement de la propre production dans les zones de cultures pluviales et agropastorale et du marché dans les zones pastorales et en milieux urbains. Ainsi, sur les marchés de Kaedi et Ould Yengé, en zone de cultures pluviales, les prix du sorgho et du mil sont stables ou en légère baisse en février par rapport à la même période de l’année écoulée. En revanche, le prix du riz local enregistre des hausses respectives de 11 et 39 pour cent par rapport à l’année passée. Au niveau de la capitale Nouakchott, les prix de la farine de blé et du riz importé sont stables. Par contre de légères hausses sont observées pour l’huile alimentaire (18 pour cent), le sucre (15 pour cent) et le lait en poudre (11 pour cent). Les commerçants justifient ces hausses de prix par l’augmentation des frais de douane et des coûts d’importation. Ils évoquent aussi la concurrence au niveau mondial qui réduit les stocks et crée une tension sur les prix.

A l’exception de l’ouest de la zone agropastorale et de la zone de transhumance pastorale où des déficits de fourrages sont observés, les conditions pastorales sont dans l’ensemble similaires voire meilleures à celles d’une année moyenne. Malgré ces conditions favorables, la production laitière est inférieure à celle d’une année normale du fait que les conditions pastorales médiocres de 2020 impactent négativement la reproduction des femelles. L’impact des bonnes conditions de la présente saison sur les mises-bas et l’offre de lait ne se fera sentir qu’en mi-2021 pour les petits ruminants et l’année prochaine pour les bovins et les camelins. Pour les éleveurs des zones déficitaires, la transhumance interne a déjà commencé en direction des zones du sud. Cependant, au regard des bonnes conditions pastorales, on ne devrait pas observer des transhumances transfrontalières atypiques généralement lieu à partir de mai. Par ailleurs, malgré la fermeture des frontières, les accords avec les pays voisins faciliteront les mouvements et le commerce du bétail avec ces pays.

En raison des bonnes récoltes en zone agropastorale, des bonnes conditions pastorales limitant le recours aux aliments de complément sur les marchés et des distributions de cash en cours, les éleveurs ont réduit les ventes saisonnières. L’offre de bétail sur les marchés est en-dessous de la moyenne. La demande d’animaux est aussi typique pour les ovins, les camelins et les bovins, mais en hausse pour les caprins dont la viande est de plus en plus préférée dans les villes et sur le marché sénégalais. Dans l’ensemble, la demande pourrait croitre à l’approche des prochaines fêtes de Ramadan en mai et de tabaski en juillet. Les prix du bétail (toutes espèces confondues) sont en hausse comparé à l’année écoulé. Par exemple, sur le marché de Ould Yengé, la hausse est de 18 pour cent pour les taurillons, 58 pour cent pour les moutons moyens et 25 pour cent pour les boucs moyens. Cette hausse de prix des animaux et la stabilité des prix des denrées locales, favorisent les termes de l’échange pour les éleveurs.

Les ménages en milieu rural tirent les revenus principalement du travail agricole post-récolte, de la vente de la production agricole (zones pluviale et agropastorale), de la vente d’animaux (zones pastorale) et des distributions de cash en cours par le gouvernement. Habituellement à partir de mars/avril, les revenus de la main-d’œuvre agricole et de la vente des récoltes s’affaiblissent et les ménages font plus recours aux transferts de l’exode. Toutefois, avec la réduction de la demande de main-d’œuvre des exodants ou les pertes d’emplois dans les centres urbains (qui servent comme zones d’accueil des migrants saisonniers) suite au COVID-19, il est peu probable que la compensation se réalise. En milieu urbain, la morosité des activités économiques continue d’affecter négativement les revenus des ménages, particulièrement ceux du secteur informel. Là aussi, les ménages pauvres comptent sur les distributions de cash en cours.  Selon les résultats de l’enquête menée du 25 décembre 2020 au 06 Janvier 2021 (ONS, Bulletin No3, Février 2021), 41 pour cent ménages ont vu leur revenu diminué entre fin 2019 et fin 2020 lié à la pandémie. Les ménages les plus affectés étant ceux ayant des revenus de l'entreprise non-agricole des ménages, y compris l’entreprise familiale (50 pour cent). Il est noté également une diminution des transferts depuis l’étranger pour 46 pour cent des ménages et des transferts à l’intérieur du pays pour 42 pour cent des ménages.

Les distributions de cash en cours (environ 63 dollars USD par bénéficiaire) depuis janvier devraient atteindre 210,000 ménages soit 41 pour cent de la population. Excepté la wilaya de Nouakchott où la couverture est de 15 pour cent dans les autres wilayas, elle varie entre 23 pour cent et 64 pour cent. Cette distribution permet aux ménages pauvres de compenser les pertes de revenu et devrait aussi leur favoriser un accès alimentaire typique jusqu’en mai et d’être en insécurité alimentaire aigue Minimale ! (IPC Phase 1!) de février à mai.

Avec des stocks moyens ou supérieurs, l’accès alimentaire des ménages devrait rester typique pendant la soudure. Les prévalences de la MAG pourraient être stables et similaires à leurs médianes de soudure dont le taux national est d’environ 12 pour cent avec des taux généralement plus élevés dans les wilayas de Brakna, Assaba et Gorgol. La baisse globale des transferts de la migration pourrait réduire le pouvoir d’achat des ménages en particulier dans les zones cultures pluviales et agropastorales où ces transferts contribuent habituellement aux achats de vivres pendant la soudure. A cela s’ajoutent les impacts négatifs des inondations de la saison écoulée (Gorgol, Hodh el Chargui, et Hodh el Gharbi) et de la fièvre de la vallée du rift (Tagant, Brakna). En milieu urbain, la persistance des comportements spéculatifs sur les prix des denrées alimentaires pourrait continuer à réduire le pouvoir d’achat des ménages pauvres. L’insécurité alimentaire de Stress (Phase 2 de l’IPC) va prévaloir entre juin et septembre en milieu urbain et dans les zones agropastorale (MR07) et de cultures pluviales (MR09). Dans les zones pastorales, l’accès au lait restera typique après les mises-bas surtout des petits ruminants et l’amélioration de l’alimentation du cheptel. Aussi, les termes de l’échange favorables permettront aux ménages de réaliser des achats suffisants pour vivre une insécurité alimentaire aigue Minimale (IPC Phase 1) pendant la période.

À Propos du Suivi à Distance

Dans le suivi à distance, un coordinateur travaille d’un bureau régional avoisinant. En comptant sur les partenaires pour les données, le coordinateur applique l’approche de développement des scenarios pour faire l’analyse et élaborer les rapports mensuels. Comme les données peuvent être moins disponibles que dans les pays avec des bureaux de FEWS NET, les rapports de suivi à distance peuvent montrer moins de détail. Pour en savoir plus sur le travail, clique ici.

About FEWS NET

Le Réseau des systèmes d’alerte précoce contre la famine est l’un des principaux prestataires d’alertes précoces et d’analyses de l’insécurité alimentaire. Constitué par l’USAID en 1985 pour aider les décideurs à planifier pour les crises humanitaires, FEWS NET fournit des analyses factuelles  concernant quelque 35 pays. Les membres des équipes de mise en œuvre incluent la NASA, la NOAA, le département américain de l ‘Agriculture (USDA) et le gouvernement des États-Unis (USGS), de même que Chemonics International Inc. et Kimetrica. Vous trouverez d’autres informations sur notre travail.

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