Mise à jour du suivi à distance

Un épuisement précoce des stocks ménages dans les zones de culture pluviale et agropastorale

Février 2020

Février - Mai 2020

Juin - Septembre 2020

IPC v3.0 Phase d'Insécurité Alimentaire Aiguë

1: Minimale
2: Stress
3+: Crise ou pire
Serait probablement pire, au moins une phase, sans
l'assistance humanitaire en cours ou programmée
La manière de classification que FEWS NET utilise est compatible avec l’IPC. Une analyse qui est compatible avec l’IPC suit les principaux protocoles de l’IPC mais ne reflète pas nécessairement le consensus des partenaires nationaux en matière de sécurité alimentaire.
Pour les pays suivis à distance par FEWS NET, un contour coloré est utilisé pour représenter la classification de l’IPC la plus élevée dans les zones de préoccupation.

IPC v3.0 Phase d'Insécurité Alimentaire Aiguë

1: Minimale
2: Stress
3: Crise
4: Urgence
5: Famine
Serait probablement pire, au moins une phase, sans l'assistance humanitaire en cours ou programmée
La manière de classification que FEWS NET utilise est compatible avec l’IPC. Une analyse qui est compatible avec l’IPC suit les principaux protocoles de l’IPC mais ne reflète pas nécessairement le consensus des partenaires nationaux en matière de sécurité alimentaire.

IPC v3.0 Phase d'Insécurité Alimentaire Aiguë

1: Minimale
2: Stress
3+: Crise ou pire
Serait probablement pire, au moins une phase, sans
l'assistance humanitaire en cours ou programmée
La manière de classification que FEWS NET utilise est compatible avec l’IPC. Une analyse qui est compatible avec l’IPC suit les principaux protocoles de l’IPC mais ne reflète pas nécessairement le consensus des partenaires nationaux en matière de sécurité alimentaire.
Pour les pays suivis à distance par FEWS NET, un contour coloré est utilisé pour représenter la classification de l’IPC la plus élevée dans les zones de préoccupation.

IPC v3.0 Phase d'Insécurité Alimentaire Aiguë

Pays de présence:
1: Minimale
2: Stress
3: Crise
4: Urgence
5: Famine
Pays suivis à distance:
1: Minimale
2: Stress
3+: Crise ou pire
Serait probablement pire, au moins une phase, sans
l'assistance humanitaire en cours ou programmée
Pour les pays suivis à distance par FEWS NET, un contour coloré est utilisé pour représenter la classification de l’IPC la plus élevée dans les zones de préoccupation.

Messages clés

  • Malgré des revenus moyens ou supérieurs que les pauvres de la zone de culture pluviale pourraient tirer de la vente de paille et des transferts de la migration saisonnière, la zone sera exposée à l’insécurité alimentaire aigue Crise (Phase 3 de l’IPC) entre février et septembre en raison des déficits sévères de protection des moyens d’existence, de la dégradation de la consommation et des taux élevés de malnutrition aigües.

  • Dans la zone agropastorale où la transhumance est précoce, la hausse de la demande en main-d’œuvre pour le gardiennage des animaux, permettra aux ménages pauvres qui tirent habituellement plus de 50 pourcents de leur revenu de cette source, d’avoir des revenus similaires ou à la hausse et d’avoir accès aux marchés pour vivre une insécurité alimentaire aigue Stress (Phase 2 de l’IPC) jusqu’en juin. Cette situation se maintiendra jusqu’en septembre avec le renforcement de la disponibilité de lait et de produits de cueillette à partir de juillet.

  • Dans l’ensemble, l’approvisionnement des marchés en denrées de base et en aliments pour bétail est moyen et la production additionnelle de culture de décrues et les flux entrants du Mali devraient permettre de maintenir cette disponibilité satisfaisante pendant toute la période. Toutefois, en raison d’une soudure pastorale plus longue et de la baisse des prix du bétail, les ménages aisés seront contraints de vendre plus d’animaux pour l’achat d’aliments bétail et pour la rétribution de la main-d’œuvre.      

ZONE ANOMALIES ACTUELLES ANOMALIES PROJETÉES
Nationale
  • Malgré la hausse globale la production d’environ 23 pourcent comparé à la moyenne quinquennale, favorisée par la bonne performance des cultures irriguées et de décrues, les stocks issus de la production des ménages pauvres dans les zones de cultures pluviales (MR09) et agropastorales (MR07) s’épuisent précocement en février en raison de la baisse de la production pluviale de sorgho et de mil enregistrée dans ces zones.
  • Les déficits fourragers enregistrés dans le centre et le nord du pays, ont entrainé une transhumance précoce dès novembre contre décembre habituellement.
  • La soudure sera plus longue entre février et juin, en particulier dans les Wilayas des zones de moyens d’existence MR09 et MR07 (Adrar, Assaba, Brakna, Gorgol, Hodh Chargui, Hodh Gharbi, Tagant, Tiris Zemmour,Guidimakha ) et les achats sur les marchés qui représentent en année normale 60 à 70 pourcent de la source de nourriture, devraient être plus importants
  • La demande en aliments bétail sur les marchés sera aussi plus forte entre février et juin. Pendant cette période, les ménages devraient vendre plus d’animaux pour répondre à la fois à l’entretien du reste du troupeau et à leur propre besoin alimentaire. 

 

PERSPECTIVE PROJETÉE À SEPTEMBRE 2020

La production agricole de la dernière saison a enregistré un accroissement de 23 pourcent comparativement à la moyenne quinquennale. Cette hausse est le fait de la production de riz, principalement produit en irrigué, et qui représente en moyenne 70 à 80 de la production nationale. Les cultures de décrue le long du fleuve Sénégal et dont les récoltes viennent de commencer devraient aussi être en augmentation en raison du bon niveau de l’eau. Mais cette production représente autour de 2 pourcent de la production totale. Ainsi, malgré la bonne performance de la saison dans son ensemble, le pays devra importer près de 42 pourcent de ses besoins de consommation céréalière, essentiellement à base de riz et de blé.

Cependant, dans les zones de moyens d’existence de culture pluviale, dans le sud-est de la Mauritanie dans le frontière avec Mali (MR09) et agropastorale, juste au nord du MR09, (MR07) et, les déficits pluviométriques et la mauvaise répartition des pluies ont entrainé une baisse de la production traditionnelle (mil et sorgho) de 16 et 3 pourcent respectivement par rapport à l’année passée et à la moyenne quinquennale. Ainsi, les stocks des ménages pauvres qui durent habituellement 3 à 4 mois, sont déjà presque épuisés en février et entrainant une dépendance précoce de ces ménages aux marchés. Le déficit fourrager, notamment dans les Wilayas du centre et nord du pays (Trarza, Brakna, Tagant, Adrar, nord de l’Assaba, nord-est du Gorgol), a conduit dès novembre à une transhumance précoce des animaux vers les autres wilayas du pays. En année normale la transhumance commence en décembre et les retours en juin. En conséquence, la demande en aliment bétail sur les marchés pourrait être plus importantes pour les agropasteurs, ce qui contribuera à réduire leurs pouvoir d’achat en aliments de base pour la famille.

Le niveau d’approvisionnement des marchés en produits importés est moyen, mais plus faible pour le sorgho et le mil. Les productions additionnelles de décrue et les flux entrant de céréales à partir du Mali, devraient contribuer à améliorer les disponibilités sur les marchés. Ainsi, avec la hausse de la demande des ménages, les prix des denrées qui étaient 10 à 25 pourcent en-dessous de la moyenne en octobre 2019 pourraient connaitre entre février et septembre 2020 des variations saisonnières stables ou légèrement au-dessus de la moyenne.

Sur les marchés à bétail, la mission conjointe d’évaluation des marchés (CILSS, février 2020), rapporte des offres d’animaux en plus importantes que l’année passée à la même période, des niveaux de prix inférieurs et des termes d’échange au-dessous de la moyenne pour des éleveurs. En attendant la régénération des pâturages à partir de juillet, les ménages seront contraints entre février et juin, de vendre plus d’animaux pour l’achat d’aliments de base, mais aussi pour l’achat d’aliments bétail pour l’entretien du reste du troupeau. Ce qui affectera négativement leur pouvoir d’achat et leur moyens d’existence.

Les ménages pauvres de la zone MR09 devraient tirer des revenus plus élevés de la vente de résidus de récoltes en raison de la hausse de la demande et des prix. De même, les départs en migration saisonnière vers les villes seront aussi plus importants en raison de l’épuisement précoce des stocks de ces ménages. Ces migrations qui durent jusqu’en juin concernent généralement les femmes et les jeunes et en moyenne 20 à 30 pourcent des gains sont transférés aux familles. Dans la zone agropastorale, les pauvres devraient compter sur des revenus similaires à supérieurs issus du gardiennage du troupeau des ménages plus aisés du fait des départs précoces en transhumance et de la demande plus élevée en main-d’œuvre. Dans les deux zones, les revenus de la main-d’œuvre contribuent en année normale pour plus de 50 pourcent au revenu total.

Les résultats d’analyse de l’économie des ménages (HEA, novembre 2019), indiquent la présence au moment des récoltes de déficits légers (inferieurs à 10 pourcent) de protection des moyens d’existence dans la plupart des moughataas de la zone agropastorale MR07. Pendant la même période, des déficits de plus 90 pourcent sont enregistrés dans les moughataas de Kankossa, Maghama, Mongel, Amourj, Bassikounou, Djigueni et Timbedra dans la zone de culture pluviale (MR09). Entre juin et aout, des déficits sévères de protection des moyens d’existence persisteront dans la zone MR09 et dans la moughtaa de Tintane (MR07).

Avec la dégradation de l’accès alimentaire et des moyens d’existence, les taux de malnutrition pourraient atteindre les médianes de la série historique de soudure avec une prévalence nationale de 12 pourcent, mais plus élevée dans les wilayas de Hodh Echargui, Assaba, Gorgol, Tagant, Guidimakha.

Dans l’ensemble, les déficits sévères de protection des moyens d’existence et les taux élevés de MAG, exposent les ménages pauvres de la zone de culture pluviale à l’insécurité aigue Crise (Phase 3 de l’IPC) entre février et septembre. Les ménages pauvres de la zone agropastorale (MR07) dépendront des marchés entre février et juin, mais les revenus de la main-d’œuvre de l’élevage leur permettront d’être en insécurité alimentaire aigue Stress (Phase 2 de l’IPC) pendant la période. Entre juillet et septembre, la régénération des pâturages permettra une améliorer la situation alimentaire du bétail et donc un renforcement de la disponibilité de lait. Avec l’accès au lait frais pour la consommation et l’accès aux produits de cueillette (légumes vertes) cette situation de Stress (Phase 2 de l’IPC) sera maintenue.

À Propos du Suivi à Distance

Dans le suivi à distance, un coordinateur travaille d’un bureau régional avoisinant. En comptant sur les partenaires pour les données, le coordinateur applique l’approche de développement des scenarios pour faire l’analyse et élaborer les rapports mensuels. Comme les données peuvent être moins disponibles que dans les pays avec des bureaux de FEWS NET, les rapports de suivi à distance peuvent montrer moins de détail. Pour en savoir plus sur le travail, clique ici.

About FEWS NET

Le Réseau des systèmes d’alerte précoce contre la famine est l’un des principaux prestataires d’alertes précoces et d’analyses de l’insécurité alimentaire. Constitué par l’USAID en 1985 pour aider les décideurs à planifier pour les crises humanitaires, FEWS NET fournit des analyses factuelles  concernant quelque 35 pays. Les membres des équipes de mise en œuvre incluent la NASA, la NOAA, le département américain de l ‘Agriculture (USDA) et le gouvernement des États-Unis (USGS), de même que Chemonics International Inc. et Kimetrica. Vous trouverez d’autres informations sur notre travail.

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