Mise à jour du suivi à distance

Les mesures restrictives entravent la transhumance et affectent négativement les revenus des pauvres

Avril 2020

Avril - Mai 2020

Juin - Septembre 2020

IPC v3.0 Phase d'Insécurité Alimentaire Aiguë

1: Minimale
2: Stress
3+: Crise ou pire
Serait probablement pire, au moins une phase, sans
l'assistance humanitaire en cours ou programmée
La manière de classification que FEWS NET utilise est compatible avec l’IPC. Une analyse qui est compatible avec l’IPC suit les principaux protocoles de l’IPC mais ne reflète pas nécessairement le consensus des partenaires nationaux en matière de sécurité alimentaire.
Pour les pays suivis à distance par FEWS NET, un contour coloré est utilisé pour représenter la classification de l’IPC la plus élevée dans les zones de préoccupation.

IPC v3.0 Phase d'Insécurité Alimentaire Aiguë

1: Minimale
2: Stress
3: Crise
4: Urgence
5: Famine
Serait probablement pire, au moins une phase, sans l'assistance humanitaire en cours ou programmée
La manière de classification que FEWS NET utilise est compatible avec l’IPC. Une analyse qui est compatible avec l’IPC suit les principaux protocoles de l’IPC mais ne reflète pas nécessairement le consensus des partenaires nationaux en matière de sécurité alimentaire.

IPC v3.0 Phase d'Insécurité Alimentaire Aiguë

1: Minimale
2: Stress
3+: Crise ou pire
Serait probablement pire, au moins une phase, sans
l'assistance humanitaire en cours ou programmée
La manière de classification que FEWS NET utilise est compatible avec l’IPC. Une analyse qui est compatible avec l’IPC suit les principaux protocoles de l’IPC mais ne reflète pas nécessairement le consensus des partenaires nationaux en matière de sécurité alimentaire.
Pour les pays suivis à distance par FEWS NET, un contour coloré est utilisé pour représenter la classification de l’IPC la plus élevée dans les zones de préoccupation.

IPC v3.0 Phase d'Insécurité Alimentaire Aiguë

Pays de présence:
1: Minimale
2: Stress
3: Crise
4: Urgence
5: Famine
Pays suivis à distance:
1: Minimale
2: Stress
3+: Crise ou pire
Serait probablement pire, au moins une phase, sans
l'assistance humanitaire en cours ou programmée
Pour les pays suivis à distance par FEWS NET, un contour coloré est utilisé pour représenter la classification de l’IPC la plus élevée dans les zones de préoccupation.

Messages clés

  • Le blocage des transhumants dans les zones du sud du pays suite à la fermeture des frontières terrestres avec le Mali et le Sénégal, entraine une dégradation accélérée des pâturages dans ces zones. La demande en aliment bétail sera plus forte qu’habituellement pour soutenir une soudure pastorale plus difficile en attendant la régénération des pâturages à partir de juillet.

  • L’évolution de la pandémie dans les pays voisins pourrait amener les autorités à maintenir les frontières fermées et à restreindre les mouvements de populations jusqu’à juin. Par conséquent, la reprise des activités économiques dans les centres urbains ne sera pas aussi rapide pour permettre une demande suffisante de main-d’œuvre des migrants saisonniers généralement en provenance des zones de cultures pluviales et agropastorale.  

  • Nonobstant les mesures sociales dans le cadre de la réponse gouvernementale au COVID-19 destinées aux pauvres et principalement dans les centres urbains, la baisse de revenu due aux restrictions de mouvement va affecter négativement l’accès alimentaire et les moyens d’existence des pauvres. L’insécurité alimentaire aigue Crise (Phase 3 de l’IPC) persistera jusqu’en septembre dans la zone de culture pluviale. Elle touchera aussi les pauvres de la zone agropastorale jusqu’en juin avant de connaitre une amélioration entre juillet et septembre avec le renforcement de l’accès au lait frais et aux produits de cueillette.

ZONE

ANOMALIES ACTUELLES

ANOMALIES PROJETÉES

Nationale

Avec la fermeture des frontières terrestres du Mali et du Sénégal, les wilayas du sud qui constituaient habituellement des zones de transit, concentrent maintenant plus de transhumants, d’où une pression plus forte et une dégradation accélérée des pâturages qui affectent négativement l’embonpoint des animaux.

Outre la soudure pastorale plus difficile à cause du déficit fourrager, les ménages pauvres, en particulier ceux de la zone de culture pluviale, connaissent depuis mars, un épuisement précoce des stocks de l’autoproduction.

Depuis la dernière soudure pastorale, les achats de compléments alimentaires pour le bétail restent au-dessus de la moyenne, en raison des déficits de production fourragère. Ces achats vont s’intensifier jusqu’à la période de régénération des pâturages en mi-juillet, entrainant ainsi une baisse de pouvoir d’achat pour les éleveurs.

 

PERSPECTIVE PROJETÉE À SEPTEMBRE 2020

En raison des déficits fourragers dans les Wilayas du centre et nord du pays (Trarza, Brakna, Tagant, Adrar, nord de l’Assaba, nord-est du Gorgol), les départs pour la transhumance ont commencé précocement dès le mois de novembre.  Depuis mars, les régions du sud, notamment le long du fleuve du Sénégal, le sud du Gorgol et Guidimakha, enregistrent une concentration d’animaux. En année normale, ces régions représentent des zones de transit, pourtant les mouvements des transhumant sont stoppés par la fermeture des frontières terrestre du Sénégal et du Mali. Cela entraîne une dégradation accélérée des ressources dans ces régions et accroît la dépendance des éleveurs des marchés pour l’achat de résidus de récoltes et de compléments alimentaires (son de blé, rakhal) pour le bétail. En attendant l’effectivité de la vente à moitié prix de 88000 tonnes d’aliment bétail décidé par le gouvernement, les prix des résidus de récoltes et du rakhal connaissent des hausses respectives de 60 et 25% par rapport à la normale dans les zones d’accueil du Gorgol et Guidimakha. Ils devront faire face à des déficits de protection des moyens d’existence car les mesures restrictives face à la maladie de COVID-19 affectent négativement l’essentiel de leur revenu tiré de la main-d’œuvre de la migration saisonnière.

A la date du 18 avril, le pays ne comptait plus de cas actif de COVID-19 après 7 cas confirmés depuis le mois de mars. Toutefois, les mesures restrictives telles que la fermeture des entreprises non-essentielles et l’interdiction des voyages inter-régionaux demeurent, même si elles pourraient connaitre un assouplissement pendant le carême de Ramadan (déjà, les horaires du couvre-feu sont réaménagés). Avant la déclaration de la maladie le 21 mars, l’approvisionnement des marchés était satisfaisant en denrées importées (blé et riz), mais en dessous de la moyenne pour les céréales locales (mil, sorgho, maïs). Pour maintenir l’approvisionnement du pays qui importe 42% de ses besoins, le gouvernement a supprimé pour le reste de l'année les taxes douanières sur les importations de blé, d'huile, de lait en poudre, de légumes et de fruits. Des prix plafond ont aussi été fixés pour les légumes frais (pomme de terre et oignon) et l’huile végétale. Malgré ces mesures, des pratiques spéculatives se sont développées dans la région de Guidimakha. Sur le marché de Sélibaby par exemple, les prix du riz, du sucre et de l’huile ont connu des hausses respectives de 30, 23 et 35 pour cent en début avril par rapport à mars avant l’instauration des mesures.

Les mesures d’aide sociale devraient contribuer à atténuer les difficultés alimentaires entrainé par la réponse gouvernementale au COVID-19 pour les 30 000 bénéficiaires des centres urbains dont 20 000 à Nouakchott où les pauvres du secteur informel sont les plus affectés après la fermeture des restaurants, kiosque et points de commerce, à l’exception du commerce de produits alimentaires en détails et dans les magasins. Malgré cette assistance, la baisse des revenus due aux restrictions en place dans le cadre de la réponse à la pandémie va pousser la majorité des pauvres à adopter plus de stratégies néfastes d’accès alimentaire. Dans certaines régions, d’autres initiatives locales accompagnent celles du gouvernement. Dans la wilaya du Tiris Zemmour, 1000 ménages bénéficient d’une distribution de produits alimentaires et de l’ouverture de points de ventes de denrées à prix sociale. Des distributions alimentaires sont aussi réalisées au profit de 7000 familles dans la wilaya d’Adrar. Néanmoins, les mesures sociales ne touchent pas tous les pauvres qui représentent environ 45% de la population totale et dont les sources de revenu sont négativement affectées par les mesures restrictives et le confinement des villes de Nouakchott et de Kaedi. La baisse de la demande de main-d’œuvre dans les centres urbains et les restrictions mouvement affectent en particulier les jeunes migrants des milieux rurales qui partent en villes à la recherche du travail à la fin des saisons agricoles. Les pauvres dans les zones de cultures pluviale (zone de moyen d’existence MR09) et agropastorale (MR07) seront les plus affectés, dont 75% du revenu provient généralement de l’auto-emploi et de la main-d’œuvre de la migration saisonnière. Ils devront faire face à des déficits de protection des moyens d’existence car les mesures restrictives face à la maladie de COVID-19 affectent négativement l’essentiel de leur revenu tiré de la main-d’œuvre de la migration saisonnière.  Le ralentissement dans l’animation des marchés à bétail a entrainé davantage une baisse de la demande et des prix du bétail. Déjà en janvier les prix du bélier enregistraient une baisse de 13% sur le marché de Adel Bagrou par rapport à l’année passée. La baisse du revenu de la vente du bétail affecte particulièrement les pauvres de la zone nomadisme (MR01) qui en année normale tirent 60% de leur revenu de cette source.

Au regard de l’évolution de la pandémie dans les pays voisins, les frontières terrestres pourraient rester fermées au cours des deux prochains mois, empêchant les mouvements de transhumances. Les difficultés alimentaires vont entrainer une dégradation des embonpoints des animaux et réduire leur valeur marchandes comparativement à la moyenne.  Les termes de l’échange bétail/céréales vont demeurer en défaveur des éleveurs. Cela exposerait les pauvres dans la zone de nomadisme à l’insécurité alimentaire aigue Stress (Phase 2 de l’IPC). Avec le renforcement de l’accès au lait frais à partir de juillet, cette situation de Stress (Phase 2 de l’IPC) sera maintenue jusqu’en septembre.

Au cours des prochains mois, il n’est pas évident que la reprise des activités économiques dans les centres urbains soit aussi rapide pour permettre une demande suffisante de main-d’œuvre. Ainsi, les pauvres dans les zones de cultures pluviale et agropastorale dépendant de cette source et qui étaient exposés à des déficits de protection des moyens d’existence, seront contraints de développer des stratégies de Crise d’accès alimentaires en réduisant les quantités consommées et le nombre de repas, voire en sautant des jours sans repas. Avec la dégradation de l’accès alimentaire et des moyens d’existence, les taux de malnutrition pourraient s’accroitre, notamment dans les wilayas de Hodh Echargui, Assaba, Gorgol, Tagant, Guidimakha. L’insécurité alimentaire aigues Crise (Phase 3 de l’IPC) se manifestera dans la zone agropastorale jusqu’en juin, mais s’améliorera en Stress (Phase 2 de l’IPC) entre juillet et septembre avec l’accès des ménages au lait frais et aux produits de cueillette. Par contre, dans la zone de culture pluviale, la Crise (Phase 3 de l’IPC) persistera jusqu’en septembre en entendant l’accès des ménages aux premières récoltes en octobre.  

À Propos du Suivi à Distance

Dans le suivi à distance, un coordinateur travaille d’un bureau régional avoisinant. En comptant sur les partenaires pour les données, le coordinateur applique l’approche de développement des scenarios pour faire l’analyse et élaborer les rapports mensuels. Comme les données peuvent être moins disponibles que dans les pays avec des bureaux de FEWS NET, les rapports de suivi à distance peuvent montrer moins de détail. Pour en savoir plus sur le travail, clique ici.

About FEWS NET

Le Réseau des systèmes d’alerte précoce contre la famine est l’un des principaux prestataires d’alertes précoces et d’analyses de l’insécurité alimentaire. Constitué par l’USAID en 1985 pour aider les décideurs à planifier pour les crises humanitaires, FEWS NET fournit des analyses factuelles  concernant quelque 35 pays. Les membres des équipes de mise en œuvre incluent la NASA, la NOAA, le département américain de l ‘Agriculture (USDA) et le gouvernement des États-Unis (USGS), de même que Chemonics International Inc. et Kimetrica. Vous trouverez d’autres informations sur notre travail.

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