Perspectives sur la sécurité alimentaire

Probable insécurité alimentaire Minimale (Phase 1 de l’IPC) dans le pays à partir d’octobre

Juin 2017

Juin - Septembre 2017

Mauritania June 2017 Food Security Projections for June to September

Octobre 2017 - Janvier 2018

Mauritania June 2017 Food Security Projections for October to January

IPC 2.0 Phase d'Insécurité Alimentaire Aiguë

1: Minimale
2: Stress
3: Crise
4: Urgence
5: Famine
Serait probablement pire, au moins une phase, sans l'assistance humanitaire en cours ou programmée
La manière de classification que FEWS NET utilise est compatible avec l’IPC. Une analyse qui est compatible avec l’IPC suit les principaux protocoles de l’IPC mais ne reflète pas nécessairement le consensus des partenaires nationaux en matière de sécurité alimentaire.

IPC 2.0 Phase d'Insécurité Alimentaire Aiguë

1: Minimale
2: Stress
3: Crise
4: Urgence
5: Famine
Serait probablement pire, au moins une phase, sans l'assistance humanitaire en cours ou programmée
La manière de classification que FEWS NET utilise est compatible avec l’IPC. Une analyse qui est compatible avec l’IPC suit les principaux protocoles de l’IPC mais ne reflète pas nécessairement le consensus des partenaires nationaux en matière de sécurité alimentaire.

IPC 2.0 Phase d'Insécurité Alimentaire Aiguë

1: Minimale
2: Stress
3+: Crise ou pire
Serait probablement pire, au moins une phase, sans
l'assistance humanitaire en cours ou programmée
La manière de classification que FEWS NET utilise est compatible avec l’IPC. Une analyse qui est compatible avec l’IPC suit les principaux protocoles de l’IPC mais ne reflète pas nécessairement le consensus des partenaires nationaux en matière de sécurité alimentaire.
Pour les pays suivis à distance par FEWS NET, un contour coloré est utilisé pour représenter la classification de l’IPC la plus élevée dans les zones de préoccupation.

IPC 2.0 Phase d'Insécurité Alimentaire Aiguë

Pays de présence:
1: Minimale
2: Stress
3: Crise
4: Urgence
5: Famine
Pays suivis à distance:
1: Minimale
2: Stress
3+: Crise ou pire
Serait probablement pire, au moins une phase, sans
l'assistance humanitaire en cours ou programmée
Pour les pays suivis à distance par FEWS NET, un contour coloré est utilisé pour représenter la classification de l’IPC la plus élevée dans les zones de préoccupation.

Messages clés

  • Le bon approvisionnement des marchés de consommation par les importations internationales de denrées alimentaires (blé, riz, farine de blé, sucre, huile, lait, thé) assure une bonne disponibilité alimentaire nationale malgré les baisses des productions agricoles nationales et des flux transfrontaliers maliens de céréales.

  • En raison de la faiblesse de la disponibilité céréalière traditionnelle, les prix des sorghos, maïs et mil sont en hausse plus marquée qu’en année moyenne. Ceux des animaux suivent des tendances opposées avec des baisses atypiques sensibles dans les zones rurales et de fortes hausses dans les zones urbaines et les marchés de regroupement fréquentés par les courtiers qui s’approvisionnent pour les prochaines fêtes (Korité et Tabaski).

  • Les conditions pastorales restent globalement satisfaisantes au niveau national malgré l’élargissement des poches déficitaires soit par déficit pluviométrique (ouest de la zone agropastorale) soit par surcharge pastorale transhumances (centre et sud de la zone agropastorale). Les mises-bas sont moyennes et la production laitière suit sa tendance saisonnière normale de baisse.

  • La période de soudure s’est maintenant installée dans la majeure partie des zones rurales (exception probable des zones oasiennes où les productions de dattes sont en cours). Elle devrait, au regard des prévisions pluviométriques, durer jusqu’en juillet et s’inscrire, comme en année moyenne, dans une tendance régressive, d’aout à octobre grâce à l’amélioration des productions laitières (à partir de juillet) et des récoltes (septembre à octobre). Seuls les ménages pauvres de l’ouest de la zone agropastorale pourraient rester en situation de Stress (Phase 2 de l’IPC) à cause des déficits de protection de moyens d’existence qu’ils trainent depuis plusieurs années

CONTEXTE NATIONAL

Situation actuelle

L’agro-climatologie : La période sèche qui s’était installée avec des températures et des vents plus forts qu’en année moyenne entrainant un rapide dessèchement des eaux de surface et le déracinement de pâturages dans les zones aux sols fragiles (centre et sud de l’ouest de la zone agropastorale et nord de la zone de cultures pluviales) est en train de s’achever avec la chute des premières pluies dans le sud-est du pays.

Situation agricole : La récolte des cultures de décrue est maintenant achevée et les productions ont été nettement plus basses qu’en année moyenne dans l’ouest de la zone agropastorale.

La campagne rizicole de contre saison chaude est en cours mais vu les difficultés d’accès au crédit agricole, les superficies emblavées sont nettement moindres que celle de 2016 et de la moyenne saisonnière quinquennale.

Dans les zones oasiennes, les productions maraichères saisonnières, en fin d’exploitation sont proches de celles d’une année normale et la production de dattes évolue positivement avec déjà la consommation de la production verte.

Situation acridienne : Elle est calme, selon, le dernier bulletin du Centre National de Lutte antiacridienne (CNLA) publié en mai.

Situation pastorale : Les pâturages répondent encore à la charge pastorale nationale. Les transhumances saisonnières, dictées beaucoup plus par les difficultés d’accès à l’eau exacerbées par des vents plus chauds et plus fréquents que d’habitude. Elles s’inscrivent, en gros, dans leurs axes habituels, avec cependant une forte pression sur les pâturages du centre de la zone agropastorale dont le cheptel est déjà parti pour le sud de la zone agropastorale et la zone de cultures pluviales. Les mises basses annuelles continuent de s’inscrire dans leur calendrier tout comme la baisse de la production laitière.

Revenus saisonniers : Leur baisse saisonnière est nettement opposée aux tendances d’une année moyenne où ceux que les ménages pauvres tiraient du travail agricole entre février et mai étaient renforcés par ceux qui provenaient de l’exode. On estime que ces derniers ne font pour le moment au plus que le quart de ceux d’une année moyenne qui tournaient entre 5000 et 10,000 MRO par mois. Les effets de la multiplication des partants et la précocité des sont limités par les difficultés d’insertion dans les systèmes économiques des zones d’accueil (villes mauritaniennes, maliennes et sénégalaises)

Flux transfrontaliers : Les flux maliens sont moins importants qu’en année moyenne du fait de la baisse de la production céréalière dans les zones qui les animaient. L’approvisionnement de marches mauritaniennes de la zone de cultures pluviales et du sud de la zone agropastorale s’en trouve affecté entrainant du coup un recours plus important sur le blé, très présent dans le marché formel et les boutiques de solidarité. Les flux sénégalais de riz ont considérablement baissé mais ceux des légumes et des fruits du Maroc s’intensifient.

Marchés de consommation : Tous les marchés de consommation sont bien approvisionnés en denrées alimentaires de base importées (blé, riz, huile, sucre, farine, etc.). Comparativement au mois précèdent le prix du blé est globalement stable dans la plupart des zones de moyens d’existence sauf dans et accuse une baisse de 7 pour cent dans la zone oasienne où la consommation de dattes réduit fortement sa demande. Le prix du sorgho, enregistre, du fait de la baisse de l’offre consécutive au déficit de la production nationale et la baisse des flux maliens, d’importantes hausses dans toutes les zones (+6.5 pour cent au marché d’Adel Bagrou, dans la zone de cultures pluviales pourtant frontalière du Mali ; +9 pour cent au marché d’Aoujeft dans la zone oasienne ; +51 pour cent au marché de Magta Lahjar en zone agropastorale où le déficit de la production céréalière annuelle a été le plus important de l’année. Ce n’est que dans la vallée du fleuve (marché de Boghé) où l’arrivée sur le marché des productions de sorgho des walo mauritanien et sénégalais, récoltés en mars, a accrue l’offre que son prix a chuté de 7.4 pour cent.

Les boutiques de solidarité alimentées par le gouvernement en denrées alimentaires de base (blé, riz local, huile, sucre, lait) et vendant à des prix 30 à 40 pour cent plus bas que ceux du marché formel continuent de fonctionner dans tout le pays.

Marchés du bétail : Conformément aux tendances saisonnières l’offre est faible (nettement inférieure à celle de la même période de 2016) dans tous les marchés de bétail. Les prix des animaux continuent donc de s’inscrire dans leur tendance saisonnière en haussière mais uniquement dans les centres urbains et les marchés de regroupement fréquentés par les courtiers. Dans les zones rurales, les prix connaissent de fortes baisses particulièrement dans l’ouest de la zone agropastorale (marché de Magta Lahjar où les ventes atypiques destinées à des achats de nourriture face à l’important déficit de production ont conduit à des ventes atypiques qui ont fait chuté le prix du mouton moyen de 28.6 pour cent accentuant ainsi la tendance observée depuis janvier avec l’échec des cultures pluviales.

Alimentation et nutrition : Malgré l’important déficit de production agricole annuelle observable dans certaines poches de la zone agropastorale et de la zone de culture pluviales, on ne signale pas encore des déficits de consommation susceptible de faire évoluer la situation de Stress (Phase 2 de l’IPC) le plus courant dans les zones peuplées de ménages pauvres, vers une situation de Crise (Phase 3 de l’IPC). Les stratégies adaptatives en cours pèsent surtout sur les moyens d’existence et principalement sur le cheptel dont la vente assure à la fois l’accès alimentaire des ménages pauvres et pérennise, par le biais des remboursements partiels, le fonctionnement des systèmes d’emprunts de nourriture. Dans certaines poches de l’ouest de la zone agropastorale (Moudjéria, Monguel, Magta Lahjar, M’Bout et Kankossa) cette situation de Stress est cependant difficilement vécue par les ménages très pauvres. Dans l’est de la zone agropastorale (Centre de Nema et Timbédra) il est probable, avec les ventes massives des grands éleveurs qui ont déjà commencé, qu’on revive le phénomène qui avait, en fin 2016/début 2017, contraint ménages pauvres à opérer des ventes atypiques conduisant à des déficits de protection de leurs moyens d’existence.  

Dans le nord des moughataa de Boghé, Bababé et M’Bagne l’échec des cultures de décrue et la rapide dégradation des conditions pastorales affectent, depuis mars, les ménages pauvres qui n’étaient habitués à vivre la soudure qu’à partir de juin.

Les niveaux de la malnutrition aiguë globale (MAG) devraient s’inscrire dans les tendances d’une année moyenne.

Suppositions                                                         

Le scénario le plus probable de la sécurité alimentaire au niveau national de juin 2017 à janvier 2018 se fonde sur les hypothèses générales suivantes :

  • La situation pluviométrique. Les prévisions du Forum de Prévisions climatiques saisonnières 2017 en Afrique soudano-sahélienne prévoient des cumuls pluviométriques excédentaires et des dates de début de saison précoces pouvant entrainer des inondations et des attaques phytosanitaires. La croissance des cultures pourrait en outre être affectée par les séquences sèches plus longues, attendues dans la première partie de la saison. Une fin de saison précoce est également probable même si les dernières prévisions de NOAA ne reflètent aucun indice pouvant conduire à une telle situation, qui exposerait les cultures à un risque de sécheresses et a des chutes de rendements, est probable.
  • L’agro-climatologie : La crue fluviale sera normale et inondera la vallée du fleuve à partir de juillet pour atteindre son niveau maximal entre aout et septembre.
  • La production agricole : La pluviométrie sera comme une année moyenne avec la possibilité des cumuls annuels plus importants que la normale. De ce fait, il est probable que la productivité des cultures de long cycle de sorgho et de mil (semées en juillet pour être récoltées en fin octobre/courant novembre)  qui représentent plus de 60 pour cent des cultures pluviales seront aussi comme en année moyenne. Similairement les cultures de court cycle exploitées entre juin et septembre sont susceptibles de s’inscrire dans leur tendance d’une année moyenne. De même vu la limitation de l’accès au crédit agricole à laquelle sont soumis les exploitants redevables de créances, on doit s’attendre, comparativement à 2016 (année ou ce problème avait déjà réduit les productions par rapport à la moyenne quinquennale) à une baisse des superficies exploitées en riz irrigué et donc à celle de la production hivernale. Comparativement à 2016, une baisse de la production est d’autant probable qu’aucune lutte anti aviaire n’a encore débutée. Les productions maraichères oasienne et de la vallée du fleuve, seront moyennes, entre octobre et janvier. Pour les productions maraichères saisonnières, les productions attendues seraient, au moins, moyennes, dans les principales oasis.
  • Les importations commerciales : On s’attend à ce qu’elles soient régulières et suffisantes pour alimenter les marchés intérieurs et animer les réexportations vers les pays voisins (Mali, Sénégal) et le sud du Maghreb. Les flux transfrontaliers maliens de céréales déjà moins denses qu’en année moyenne pourraient s’intensifier avec le démarrage précoce de l’hivernage qui peut rassurer les paysans maliens et les inciter à déstocker.
  • Les impacts internationaux et régionaux sur les marchés : Faible probabilité de disfonctionnement des circuits commerciaux de denrées alimentaires exportées. De ce fait, on ne s’attend pas, durant toute la période du scenario à une rupture de l’approvisionnement alimentaire du pays.
  • Les boutiques de solidarité ‘EMEL » : On s’attend à ce qu’elles continuent de fonctionner normalement et avec des prix toujours de 30 à 40 pour cent plus bas que ceux du marché formel durant toute la période du scenario. Ca favorise l’accès alimentaire des ménages pauvres, l’importante baisse de leurs revenus annuels (50 à 75 pour cent par rapport à une année moyenne) est un handicap qu’ils ne peuvent surmonter que par des ventes animales atypique qui entrainent des déficits de protection de leurs moyens d’existence.
  • Les prix du bétail : Vu le contexte (période de fêtes de juin à octobre) on s’attend à ce que la tendance haussière, qui prévaut dans la plupart des zones de moyens d’existence, s’accentue. Dans les zones rurales agropastorales la baisse actuelle du prix des ovins devrait progressivement s’estomper surtout qu’avec le démarrage du travail agricole qui génère des revenus permettant aux ménages pauvres de s’acheter de la nourriture. Ces derniers ne seront plus contraints de vendre leurs animaux pour se nourrir et le faible de l’offre y favoriserait la relance des prix des animaux.
  • Le travail agricole : Les revenus saisonniers tirés du travail agricole, entre juin et septembre seront conformément aux prévisions d’un hivernage précoce, moyens. Comme ceux de septembre à novembre qui portent essentiellement sur les récoltes et les activités annexes.  Dans les zones rizicoles, la baisse attendue des superficies à exploiter en raison de l’incapacité des exploitants redevables d’accéder au crédit agricole, devrait également se solder par une baisse des revenus sans affectation des salaires journaliers (autour de 2000 MRO/J).
  • Les produits de cueillette : Les pluies normales, dans le centre, le nord et l’ouest du pays pourrait y entrainer comme une année moyenne, la production moyenne de fruits sauvages cueillis entre septembre et octobre.  La production de dattes sera moyenne entre juin et début aout.
  • Les conditions pastorales : Le démarrage précoce des pluies va favoriser, dès début juillet, la levée de nouveaux pâturages verts. Un tel scénario entrainerait à la fois, la suppression de l’achat de l’aliment bétail (l’argent ainsi épargné pour servir à acheter de la nourriture), le retour des transhumants sets la relance de la production laitière. Ce sont là trois phénomènes qui contribueront à renforcer l’accès alimentaire des ménages.
  • Les mouvements et apport de l’exode : Conformément à ce qui se passe en année moyenne. on s’attend, en mai et début juillet, au retour des migrants qui rentrent pour s’adonner aux activités agricoles. Ces retours devraient accentuer la baisse des revenus provenant de l’exode déjà nettement inférieurs à ceux d’une année moyenne),

Résultats les plus probables de la sécurité alimentaire

Entre  juin et septembre : L’installation précoce de l’hivernage va relancer les activités agricoles et pastorales. Les revenus et les apports alimentaires qui proviennent de ces activités doivent logiquement entrainer une baisse de la pression sur le cheptel dont la vente servait jusque-là à nourrir les familles. Le niveau de Stress (Phase 2 de l’IPC), entretenu par un déficit de protection des moyens d’existence) qui prévaut dans l’ouest de la zone agropastorale (moughataa d’Aleg, de Magta Lahjar, de Moudjéria, de Monguel, de M’Bout, nord des moughataa de Boghé, Bababé, M’Bagne, ouest de celle de Kankossa et nord de Ould Yengé) devrait progressivement évoluer vers une insécurité alimentaire minimale (Phase 1 de l’IPC).  

Entre  octobre et janvier 2017 : Les productions agricoles, les bonnes conditions pastorales et les revenus tirés aussi bien des activités annexes des cultures pluviales que la mise en exploitation des zones de décrue avec le retrait des eaux devrait, en l’absence d’un choc sur les marchés, replacer les ménages dans leur situation saisonnière d’insécurité alimentaire Minimale (Phase 1 de l’IPC) 

 

A Propos de l’Élaboration de Scenarios

Afin d’estimer les résultats de la sécurité alimentaire pour les prochains six mois, FEWS NET développe les suppositions de base concernant les événements possible, leurs effets, et les réponses probables des divers acteurs. FEWS NET fait ses analyses basées sur ces suppositions dans le contexte des conditions actuelles et les moyens d’existence locaux pour développer des scénarios estimant les résultats de la sécurité alimentaire. D’habitude, FEWS NET prévient du scénario le plus probable. Pour en savoir plus, cliquez ici.

About FEWS NET

Le Réseau des systèmes d’alerte précoce contre la famine est l’un des principaux prestataires d’alertes précoces et d’analyses de l’insécurité alimentaire. Constitué par l’USAID en 1985 pour aider les décideurs à planifier pour les crises humanitaires, FEWS NET fournit des analyses factuelles  concernant quelque 35 pays. Les membres des équipes de mise en œuvre incluent la NASA, la NOAA, le département américain de l ‘Agriculture (USDA) et le gouvernement des États-Unis (USGS), de même que Chemonics International Inc. et Kimetrica. Vous trouverez d’autres informations sur notre travail.

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