Perspectives sur la sécurité alimentaire

Des déficits de consommation chez les pauvres du centre et du sud du pays

Juillet 2015 - Décembre 2015
2015-Q3-1-1-MR-en

IPC 2.0 Phase d'Insécurité Alimentaire Aiguë

1: Minimale
2: Stress
3: Crise
4: Urgence
5: Famine
Serait probablement pire, au moins une phase, sans l'assistance humanitaire en cours ou programmée
La manière de classification que FEWS NET utilise est compatible avec l’IPC. Une analyse qui est compatible avec l’IPC suit les principaux protocoles de l’IPC mais ne reflète pas nécessairement le consensus des partenaires nationaux en matière de sécurité alimentaire.

IPC 2.0 Phase d'Insécurité Alimentaire Aiguë

1: Minimale
2: Stress
3+: Crise ou pire
Serait probablement pire, au moins une phase, sans
l'assistance humanitaire en cours ou programmée
La manière de classification que FEWS NET utilise est compatible avec l’IPC. Une analyse qui est compatible avec l’IPC suit les principaux protocoles de l’IPC mais ne reflète pas nécessairement le consensus des partenaires nationaux en matière de sécurité alimentaire.
Pour les pays suivis à distance par FEWS NET, un contour coloré est utilisé pour représenter la classification de l’IPC la plus élevée dans les zones de préoccupation.

IPC 2.0 Phase d'Insécurité Alimentaire Aiguë

Pays de présence:
1: Minimale
2: Stress
3: Crise
4: Urgence
5: Famine
Pays suivis à distance:
1: Minimale
2: Stress
3+: Crise ou pire
Serait probablement pire, au moins une phase, sans
l'assistance humanitaire en cours ou programmée
Pour les pays suivis à distance par FEWS NET, un contour coloré est utilisé pour représenter la classification de l’IPC la plus élevée dans les zones de préoccupation.

Messages clés

  • L’absence de stocks alimentaires familiaux, l’importante baisse des revenus saisonniers et des programmes d’assistance insuffisants  placent les ménages pauvres du centre et du sud du pays en insécurité alimentaire de type Crise (Phase 3 et 3 ! de l’IPC) entre juillet et septembre.

  • Bien qu’on s’attende, dans les prochains mois, à des conditions pastorales et des apports agricoles qui augmenteront leur accès à la nourriture, les ménages pauvres des zones citées, seront en situation de Stress (Phase 2 de l’IPC) entre octobre et décembre. Les  remboursements des dettes, la diminution du cheptel, et l’arrêt des programmes d’assistance réduiront l’impact de ces apports pendant ce période, contribuant à des niveaux élevés d'insécurité alimentaire.

  • Contrairement aux  centres urbains, les prix des animaux sont, depuis juin,  en forte baisse dans les zones rurales. Les mauvaises conditions pastorales ont entraîné des surventes atypiques dont les méfaits sont accentués par les courtiers. Les ménages d’éleveurs pauvres du pays ayant des déficits de protection de leur principal moyen d’existence resteront en situation très accentuée de Stress (Phase 2 de l’IPC) jusqu’en septembre.

  • Les prévisions d’un hivernage probablement moyen nous autorise à considérer que les  zones actuellement en situation de Stress (Phase 2 de l’IPC) bénéficieront, entre octobre et décembre, de conditions pastorales favorables et des récoltes pluviales qui  placeront les ménages pauvres en insécurité alimentaire Minimale (Phase 1 de l’IPC).

Contexte national

Situation actuelle

Sur le plan agricole : Les activités agricoles pluviales n’ont commencé que dans le sud de la zone de cultures pluviales (partie frontalière du Mali) parce que malgré les pluies enregistrées, les paysans préfèrent attendre le départ des animales transhumants et de voir les résultats des semis à secs qu’ils avaient réalisés avant de se lancer dans des semis en humide.

La FAO et le gouvernement ont distribué 479 T de semences de céréales à 8050 ménages de toutes les wilayas du pays. Dans la vallée du fleuve, la campagne hivernale irriguée est en cours mais vu la limitation de l’accès au crédit agricole en raison du non-paiement des redevances de 2014, les superficies actuellement exploitées sont en nette baisse par rapport à la situation de la même période de 2014.

Dans les zones oasiennes, la récolte des dattes est en cours. Bien que la production soit inférieure à celle de 2014 et à celle d’une année moyenne, les ménagés en tirent déjà des revenus saisonniers supérieurs à ceux de la même période de 2014 du fait de la forte hausse du prix du Kg de dattes (entre 1200 et 1500 contre 800 à 1200 en 2014 pour les variétés de qualité) causée par la grande demande du mois de Ramadan.

Dans les autres zones de moyens d’existence, comme en année moyenne, aucune activité agricole n’a encore commencé.

Sur le plan pastoral : Les conditions pastorales saisonnières sont mauvaises dans la majeure partie du pays et les pâturages ne répondent encore aux besoins de la charge pastorale présente que dans le nord du pays où la pluviométrie moyenne de 2014 avait permis la levée de pâturages exploitables uniquement par les camelins qui peuvent rester plusieurs jours sans boire. Dans la zone frontalière du Mali où est concentré le gros du cheptel mauritanien transhumant, la dégradation des pâturages, qui en année moyenne répondaient au besoin des animaux durant toute l’année, est si prononcée que les éleveurs recourent à l’aliment bétail et au sorgho maliens pour nourrir les bovins et ovins. Malgré l’exécution du programme d’assistance pastorale axé sur la vente de 30 296 tonnes d’aliment bétail à un prix subventionné (3500 MRO le sac de 50 Kg) ciblant environ 117 220 éleveurs, les prix de l’aliment bétail dans le commerce formel continuent, depuis avril, de s’inscrire dans une tendance haussière même si cette dernière a été ralentie depuis le démarrage du programme en mai. Actuellement, les prix d’aliment bétail sont entre 7000 et 9000 MRO, qui compare à 3800 à 6000 MRO pendant la même période en 2014.

Face au déficit de pâturages et à leur incapacité d’entretenir leurs animaux avec de l’aliment bétail acheté, les éleveurs pauvres et les basses couches de la classe moyenne (exception faite de ceux du sud de la zone de cultures pluviales) continuent de vendre des animaux à des courtiers ambulants qui leur imposent des prix bas auxquels ils sont obligés de souscrire vu l’éloignement des marchés de consommation. En guise d’exemple au marché d’Ould Yengé dans la zone pastorale du nord du Guidimakha un mouton proposé ne valait que  14000 MRO en zone rurale alors qu’à pareille période d’une année moyenne son prix aurait dû fluctuer autour de 20000 MRO.

Sur le plan des revenus saisonniers : Dans le sud-ouest de la vallée du fleuve Sénégal, l’absence d’activités saisonnières locales (les activités agricoles pluviales n’ont pas encore commencé) fait que les revenus sont limités. Dans de nombreuses zones de moyens d’existence les seules sources de revenus saisonniers actuellement actives sont la vente des animaux (pour ceux qui en ont encore) et les retombées de l’exode qui représentent à peine 25 à 30 pour cent de celles d’une année moyenne à cause de l’augmentation atypique du nombre de migrants qui a provoqué une concurrence accrue sur les opportunités d'emploi déjà limitées. Ces faibles revenus internes sont néanmoins renforcés dans certaines communes par les programmes de transfert monétaire mensuel accordés par le PAM et certaines ONG (Save the Children, OXFAM, ACCORD etc..) respectivement à 69 700 et à 92 334 ménages. Ces derniers s’étalent sur trois à quatre mois et varient de 15 000 à 22 000 MRO sauf dans les zones qui bénéficient également des distributions alimentaires gratuites où ils ne sont que 12 000 MRO.

Sur le plan des marchés et des prix : Les marchés de consommation sont toujours bien approvisionnés en denrées alimentaires de base importées. Les prix du kg de blé, principale céréale de substitution importée, fluctuent entre 125 et 170 MRO selon les zones, et sont stables par rapport aux trois mois précédents mais légèrement inférieurs à la moyenne quinquennale sauf dans la zone agropastorale où les transformations sociales en cours ont accru la demande sur le blé plus facile, pour les femmes, à transformer que le sorgho,

Sur le plan de la situation nutritionnelle : UNICEF et le Ministère de la Santé ont réalisé du 04 au 26 juin 2015, une enquête nutritionnelle SMART sur toute l’étendue du terroir nationale portant 12736 enfants de 6 à 59 mois. Les résultats préliminaires de cette enquête indiquent que, parmi ces enfants de 6 à 59 mois, 14 pour cent [13.0 – 15.0] des enfants souffrant de malnutrition aigüe globale (MAG) au niveau national qui représente une hausse de sa prévalence de MAG tant par rapport à la période de soudure de l’année dernière (9.8 pour cent) que par rapport aux cinq dernières années (entre 9.8 à 13.1 pour cent). Cela se traduit par le franchissement du seuil dit critique de 10 pour cent selon la classification de l’OMS.

Au niveau de région, le seuil d’urgence de l’OMS de 15 pour cent est franchi dans six régions à savoir, Hodh El Gharbi, Assaba, Gorgol, Brakna, Tagant et Guidimakha. Pour ces zones, la prévalence de MAG a également augmenté de 3,4 à 5,8 points de pourcentage par rapport à la moyenne quinquennale et les taux bruts de mortalité des enfants de moins de 5 ans variait de 0.17 par 10 000 personnes par jour [0.06 – 0.54] à Tagant à 0,67 par 10 000 personnes par jour [0.48 – 0.94] à Hodh Chargui. Seule la région du Guidimakha avait une prévalence supérieure au seuil d’urgence l’année dernière en période de soudure. Au vu des résultats économiques de la wilayas basés une production agricole de la campagne agricole 2014/2015 de 10 pour cent supérieure à la moyenne des cinq dernières années et de 101 pourcent supérieure à celle de 2013/2014) et des conditions d’accès caractérisés  par  des prix relativement stables depuis 2014 dans des marchés régulièrement bien approvisionnes tant par les flux internes que par ceux provenant du Mali, on devrait plutôt rechercher les causes de cette situation dans d’autres domaines (sanitaires, disponibilité et qualité de l’eau, éducation, sociologique etc..)

Au niveau du département, les prévalences de malnutrition aiguë globale sont assez concernant en Amourj et Kankossa où les résultats préliminaires indiquent que les prévalences en juin dépassent 20 pour cent et en forte augmentation par rapport aux niveaux de 2013, la seule année récente où des données de l'enquête SMART est disponible. Le taux de mortalité des enfants de moins de cinq n’est pas particulièrement élevé au Kankossa mais a été estimé à 1,25 [0,74 à 2,09] à Amourj, ce qui se compare à 0,13 [0,02 à 0,99] en 2013.

Sur le plan de l’assistance alimentaire : Selon le plan de réponse globale du 27 avril 2015, 524 165 personnes sont, en 2015, ciblées par les programmes d’assistance alimentaire (monétaires ou distributions des vivres) par le CSA, le PAM, la FAO, et des ONGs (Oxfam, ACF-E, Save the Children, GRET, OIM, ACCORD). Pour les bénéficiaires dans les zones d’interventions d’Assaba, Brakna, Gorgol, Guidimagha, Hodh Echarghi, Hodh El Gharby, Tagant, ces programmes vont améliorer l'accès aux aliments.

Suppositions

Le scénario le plus probable de la sécurité alimentaire au niveau national de juillet à décembre 2015, se fonde sur les hypothèses générales suivantes :

Les activités agricoles :
  • Pluviométrie : Les prévisions saisonnières indiquent des projections divergentes pour la période de juillet à septembre avec certaines prévisions (NOAA, PRESAO/ACMAD) indiquant des conditions moyennes ou supérieures à la moyenne tandis que d'autres indiquent une probabilité accrue de pluies inférieures à la moyenne (ECMWF, IRI, UK MET). Compte tenu de cette incertitude, FEWS NET suppose que le cumul de pluies pour la période de juillet à octobre sera moyen avec une fin de saison normale en octobre pour la majeure partie des zones agricoles du pays.
  • Production agricole : Avec la succession de deux années de mauvaises pluviométries, il y a eu plus de bras valides exode que comparativement à une année moyenne. Une faible présence de la main d’œuvre agricole (encore en exode dans l’attente du démarrage de la saison des pluies pour rentrer), les difficultés d’accès au crédit, et la forte pression des animaux transhumants sur les espaces de cultures qui sont également des zones pastorales, font que les probabilités d’une importante baisse des superficies exploitées sont grandes. Les récoltes de long cycle seront disponibles à partir du  mois d’octobre.
  • La production de dattes : Dans le nord (Adrar) et le centre Tagant, Assaba, et Hodh El Gharbi, la production dattier sera certes inférieure à celle d’une année moyenne du fait du déficit hydrique mais elle offrira, entre juin et août (par la vente  les dattes fraiches) et après septembre (par celles des dattes séchées), des revenus plus élevés que ceux de 2014 en raison de la forte hausse du prix du Kg de dattes (entre 1200 et 1500 MRO chez le producteur).
  • Les revenus agricoles : Les perspectives d’un hivernage moyen laissent prévoir des revenus agricoles similaires à légèrement inférieures à ceux d’une année moyenne dans la majeure partie des zones agricoles. Dans les zones de cultures irriguées, la baisse probable des superficies exploitées devrait se traduire par celle des revenus qui en provenaient.
Les activités pastorales :
  • Conditions pastorales : Elle devrait commencer à s’améliorer qu’avec l’installation régulière de la saison des pluies (mi-juillet) et ne deviendra optimale qu’à partir du mois d’août si toutefois la pluviométrie ne connaît pas de longues pauses. Les nouveaux pâturages verts, quelle que soit leur densité, contribueront, entre juillet et décembre, à réduire le recours des éleveurs à l’aliment bétail et à la suppression des ventes animales qui relèvent des stratégies adaptatives. Ils amélioreront l’embonpoint des animaux favorisant ainsi la remontée de leur prix et leur capacité de reproduction. Des prochaines mises bas et la grande période de production du lait seront 6 à 7 mois après la levée de pâturages consistants ou après le mois de décembre.
  • Les revenus du travail pastoral : L’amélioration des conditions pastorales grâce aux nouvelles pluies se traduira, entre août et décembre, dans toutes les zones pastorales,  comme en année normale, par le faible recours à une main d’œuvre pastorale et par la baisse des revenus qui en provenaient.
Les marchés :
  • Les importations des produits alimentaires : Les importations de denrées alimentaires (riz, blé, sucre, huile etc.) seront régulières et suffisantes durant la période du scénario pour répondre aux besoins de la consommation interne et alimenter les réexportations en direction du Sénégal, du Mali et du sud du Maghreb, où leur revente et celles des produits manufacturés constituent des sources de devises.
  • Les marchés de bétail : Les marchés de bétail des zones pastorales du centre, de l’ouest et du nord du pays seront mal approvisionnés du fait de la transhumance et de la forte baisse des effectifs du cheptel fixe (dont une grande partie a été vendue pour les besoins alimentaires humains et animaux ou décimée par le manque de nourriture). Cette baisse va s’accentuer avec l’installation progressive de l’hivernage qui permet la levée de nouveaux pâturages verts qui rassurent les éleveurs. En dehors des éleveurs de la zone de cultures pluviales qui disposent encore de conditions pastorales plus ou moins acceptables et où les cycles de reproduction seront plus ou moins normaux, dans toutes les autres pastorales, nous retrouverons une situation classique de toute période post crise dans les zones rurales où les éleveurs, qui ont perdu une grande partie de leur troupeau, cesseront de vendre dans l’espoir de le reconstituer avec les futures mises bas.
  • Les produits de cueillette : Avec la perspective d’une installation de l’hivernage en juillet, les produits de cueillette (feuilles surtout) envahiront les marchés, dès la troisième décade de ce mois et contribueront à réduire la demande sur d’autres denrées alimentaires importées (lait, pâtes alimentaires et..). D’octobre à décembre, les retombées d’un hivernage moyen devraient se traduire par des productions de fruits et graines sauvages comestibles égales à celles d’une année moyenne et qui contribueront à renforcer les revenus des ménages pauvres qui iront les cueillir pour les vendre dans les marchés locaux ou à des collecteurs qui les exportent vers Nouakchott et vers l’extérieur.
  • Les prix des céréales : A la différence d'une année typique où la baisse de l'offre entrainait pendant toute la période de soudure (mai à août) une hausse progressive du prix du sorgho, on ne devrait pas assister, malgré la faiblesse de l'offre, à une tendance haussière marquée en raison de la demande réduite parce que les ménages passent à des aliments moins chers (blé) et des programmes humanitaires en cours. La baisse amorcée depuis mars devrait se maintenir et à moins d'un disfonctionnement des programmes d'assistance ou d'un choc sur les cours mondiaux de blé ou sur les systèmes d'approvisionnement en blé, les prix du blé devraient rester stables jusqu'en septembre et de nouveau s'inscrire dans une tendance baissière si les productions de céréales pluviales (sorgho surtout) sont moyennes. Les prix des denrées alimentaires importées (riz, blé et produits dérivés et produits accompagnants tels que les huiles et les sucres) s’inscriront à la hausse conformément aux tendances typiques de la saison mais la hausse sera modérée (ou amoindrie) par la bonne disponibilité des céréales de substitution (blé, riz local, et maïs fortement réexporté par le Mali et le Sénégal, etc.).
  • Les prix des animaux : Le prix moyen des animaux sur les marchés des centres administratifs seront, comparativement à juin, en forte hausse du fait de la demande des deux prochaines fêtes religieuses (Ramadan en juillet et Tabaski en octobre) et de la réduction de l’offre consécutive à l’installation de l’hivernage. La hausse sera moins marquée dans les zones rurales qui continueront à subir la loi des courtiers ambulants.
Les autres facteurs contributifs importants :
  • Les envois d’exode : Une fois l’hivernage installé, en août, les migrants rentreront pour cultiver. L’absence  d’activités dans les zones d’accueil va accélérer  le retour au terroir qui en général était étalé dans le temps en fonction de l’évolution de la pluviométrie. Ceci devrait accentuer, de façon plus marquée qu’en année moyenne,  la baisse des revenus actuels qui font moins de 25 pour cent de ceux d’une année moyenne.
  • Les dettes : Les niveaux d’endettement actuellement plus élevés qu’en année moyenne du fait de la faiblesse des revenus saisonniers et de la dépendance accrue des achats de nourriture vont se maintenir jusqu’aux prochaines récoltes de septembre. Cette situation aura un impact sur les futurs revenus tirés du travail agricole (y compris ceux provenant de l’exode et des programmes d’assistance humanitaire) qui seront, entre juillet et septembre, utilisés pour rembourser les dettes. En outre, en année typique le remboursement des dettes par la production agricole se fait entre novembre et décembre après les récoltes des cultures de long cycle qui offrent plus de production. Cependant, quand les dettes contractées sont très important, comme cette année, les marchands exigent alors des remboursements partiels sur les récoltes de court cycle. Par conséquent,  une bonne partie des stocks de cultures de court cycle, récolté en fin septembre, sera utilisée pour rembourser les dettes.
  • Des programmes d’assistance : De nombreux programmes d’assistance (distribution d’aliments, transferts monétaires) du gouvernement, du PAM et des ONGs sont appelés à fonctionner au moins jusqu’en septembre dans les zones d'intervention indiqués au Figure 4. En outre, sur la base des chiffres de la population ciblée dans le plan de réponse publiée en avril 2015, FEWS NET suppose que l'assistance humanitaire atteigne au moins 50 pour cent des ménages très pauvres et pauvres dans les départements de Amourj, Bassikounou, Djigueni, M’Bout, Monguel, Moudjeria, Nema, Tibedra, and Tichit et leur fournira au moins 20 pour cent de leurs besoins caloriques. Les programmes en cours, depuis plusieurs années déjà, tels que les Stock Alimentaire Villageois de Sécurité (SAVS), les Boutiques de Solidarité (BS), les Centres de Récupération Nutritionnelle Ambulatoire (CRENAM) continueront jusqu’en décembre. Dans le contexte actuel du niveau d’information sur les taux de couverture départementaux et communaux de cette assistance il est difficile d’en déterminer le niveau d’impact. Sauf dans les wilayas mentionnés ci-dessus, tout en reconnaissant son existence on peut supposer qu’elle est encore insuffisance et  mal repartie dans le temps et l’espace pour arriver à modifier positivement et  de façon sensible les niveaux d’insécurité qui prévalent depuis juin.
  • La solidarité communautaire : Elle s’exprime tant au niveau interne (famille élargie, communauté villageoise) qu’au niveau externe avec le recours à une assistance provenant soit de parents appartenant à d’autres zones de moyens d’existence, soit travaillant dans les centres urbains et disposant de revenus plus ou moins réguliers. Actuellement très actifs dans les deux cas, ils resteront plus importants qu’en année moyenne et persisteront jusqu’aux futures grandes récoltes (septembre à décembre). C’est dans cette logique que les revenus et des quotas alimentaires octroyés par les programmes d’assistance sont redistribués entre tous les ménages pauvres de la communauté.
Résultats les plus probables de la sécurité alimentaire

Entre juillet et septembre 2015, les ménages pauvres du Brakna, du sud-ouest du Tangant, de l’ouest d’Assaba et du nord du Gorgol qui ont un important déficit de leur production céréalière  et de leurs revenus annuels en 2014/5, va essayer de faire face par accroitront leur consommation des aliments moins cher vendues dans les Boutiques de Solidarité à des prix subventionnés (blé et riz local), vendre des animaux (lorsqu’il en leur reste), de sauter des repas et de pratiquer de sévères réductions de leur consommation alimentaire. Les déficits de consommation alimentaire contribueront également des taux de malnutrition aiguë globale qui seront similaires ou légèrement plus élevé que les niveaux de juin 2015, bien au-dessus des niveaux des années précédentes et du seuil critique de l'OMS de 15 pour cent. Bien que leur déficit d’accès à la nourriture sera tout au plus stabilisé par les distributions alimentaires gratuites et monétaires en cours dans certains zones, ils resteront ainsi, jusqu’en septembre en situation de Crise (Phase 3 et 3 ! de l’IPC). En outre, il existe une forte probabilité de déficits de consommations très marqués conduisant, seulement de juillet à septembre, certains ménages très pauvres (moins de 20 pour cent de la population des zones identifiées) à la phase d’Urgence (Phase 4 de l’IPC).

Pour ces ménages, il leur faudra attendre l’amélioration des conditions pastorales, les apports agricoles (feuilles, niébé et sorgho de court cycle et surtout les récoltes des cultures de long cycle qui commencent en général en octobre) pour espérer la résorption partielle de leurs déficits actuels de consommation alimentaire. Cette amélioration  pourrait cependant être ralentie par les impacts négatifs de certains facteurs résiliant (remboursement de dettes, diminution du cheptel, arrêt des programmes d’assistance à partir de fin septembre etc.). Bien que les taux de malnutrition aiguë globale diminuer probablement et les résultats de la sécurité alimentaire seront en amélioration par rapport aux niveaux actuels, les ménages seront toujours confrontés à des difficultés de couvrir leurs dépenses essentiels non alimentaires et seront en situation de Stress (Phase 2 de l’IPC) jusqu’à décembre.

Les groupes d’éleveurs, d’agropasteurs toutes spécifications confondues, actuellement en situation de Crise (Phase 3 de l’IPC) dans les  zones à vocation pastorale ou agropastorale, ils évolueront progressivement vers une situation de Stress (Phase 2 de l’IPC), entre juillet et décembre, sous l’impact de l’assistance humanitaire (programme pastoral, distributions alimentaires et monétaires) et de l’amélioration des conditions pastorales.

Les zones de moyens d’existence a vocation pastorales, actuellement en situation de Stress (Phase 2 de l’IPC) très accentuée le resteront jusqu’en septembre, c’est-à-dire jusqu’à ce que de bonnes conditions pastorales viennent renforcer les apports des productions agricoles pluviales. A partir d’octobre, elles vont progressivement évoluer vers une insécurité alimentaire Minimale (Phase 1 de l’IPC), grâce à l’impact positif des récoltes de long cycle en octobre/novembre, de meilleures des conditions pastorales et des apports (surtout monétaires) de l’élevage renforcés par l’amélioration de l’état physique des animaux qui entraîne une meilleure valeur marchande.

A Propos de l’Élaboration de Scenarios

Afin d’estimer les résultats de la sécurité alimentaire pour les prochains six mois, FEWS NET développe les suppositions de base concernant les événements possible, leurs effets, et les réponses probables des divers acteurs. FEWS NET fait ses analyses basées sur ces suppositions dans le contexte des conditions actuelles et les moyens d’existence locaux pour développer des scénarios estimant les résultats de la sécurité alimentaire. D’habitude, FEWS NET prévient du scénario le plus probable. Pour en savoir plus, cliquez ici.

About FEWS NET

Le Réseau des systèmes d’alerte précoce contre la famine est l’un des principaux prestataires d’alertes précoces et d’analyses de l’insécurité alimentaire. Constitué par l’USAID en 1985 pour aider les décideurs à planifier pour les crises humanitaires, FEWS NET fournit des analyses factuelles  concernant quelque 35 pays. Les membres des équipes de mise en œuvre incluent la NASA, la NOAA, le département américain de l ‘Agriculture (USDA) et le gouvernement des États-Unis (USGS), de même que Chemonics International Inc. et Kimetrica. Vous trouverez d’autres informations sur notre travail.

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