Perspectives sur la sécurité alimentaire

Des récoltes moyennes et des bonnes conditions pastorales réduisent l’insécurité alimentaire

Février 2016 - Septembre 2016

Février - Mai 2016

Mauritania February 2016 Food Security Projections for February to May

Juin - Septembre 2016

Mauritania February 2016 Food Security Projections for June to September

IPC 2.0 Phase d'Insécurité Alimentaire Aiguë

1: Minimale
2: Stress
3: Crise
4: Urgence
5: Famine
Serait probablement pire, au moins une phase, sans l'assistance humanitaire en cours ou programmée
La manière de classification que FEWS NET utilise est compatible avec l’IPC. Une analyse qui est compatible avec l’IPC suit les principaux protocoles de l’IPC mais ne reflète pas nécessairement le consensus des partenaires nationaux en matière de sécurité alimentaire.

IPC 2.0 Phase d'Insécurité Alimentaire Aiguë

1: Minimale
2: Stress
3: Crise
4: Urgence
5: Famine
Serait probablement pire, au moins une phase, sans l'assistance humanitaire en cours ou programmée
La manière de classification que FEWS NET utilise est compatible avec l’IPC. Une analyse qui est compatible avec l’IPC suit les principaux protocoles de l’IPC mais ne reflète pas nécessairement le consensus des partenaires nationaux en matière de sécurité alimentaire.

IPC 2.0 Phase d'Insécurité Alimentaire Aiguë

1: Minimale
2: Stress
3+: Crise ou pire
Serait probablement pire, au moins une phase, sans
l'assistance humanitaire en cours ou programmée
La manière de classification que FEWS NET utilise est compatible avec l’IPC. Une analyse qui est compatible avec l’IPC suit les principaux protocoles de l’IPC mais ne reflète pas nécessairement le consensus des partenaires nationaux en matière de sécurité alimentaire.
Pour les pays suivis à distance par FEWS NET, un contour coloré est utilisé pour représenter la classification de l’IPC la plus élevée dans les zones de préoccupation.

IPC 2.0 Phase d'Insécurité Alimentaire Aiguë

Pays de présence:
1: Minimale
2: Stress
3: Crise
4: Urgence
5: Famine
Pays suivis à distance:
1: Minimale
2: Stress
3+: Crise ou pire
Serait probablement pire, au moins une phase, sans
l'assistance humanitaire en cours ou programmée
Pour les pays suivis à distance par FEWS NET, un contour coloré est utilisé pour représenter la classification de l’IPC la plus élevée dans les zones de préoccupation.

Messages clés

  • Les récoltes céréalières moyennes, l’approvisionnement satisfaisant des marchés par les transferts céréaliers transfrontaliers normaux et les importations, auxquels s’ajoute la tendance haussière des prix des animaux qui se maintiendra jusqu’en septembre, assurent des conditions alimentaires suffisantes au plan national. La plupart des ménages pauvres accède ainsi, à une nourriture régulière et restera en situation d’insécurité alimentaire Minimale (Phase 1 de l’IPC) jusqu’en septembre 2016. 

  • Les bonnes conditions pastorales vont écourter la période de soudure pastorale et renforcer l’embonpoint des animaux. Elles favorisent aussi dans les zones pastorales et agropastorales, les nouvelles mises-bas, et la reconstitution du cheptel, réduit par les pertes et les ventes de trois précédentes années difficiles pour les zones pastorales. La disponibilité en lait va s’améliorer, entre juillet et septembre, et favorisera consommation des ménages pastoraux. 

  • Dans les moughataa d’Akjoujt en Inchiri et d’Aoujeft en Adrar et dans l’ouest de la zone agropastorale (moughataa de Moudjeria et de Monguel), les ménages d’agro-éleveurs affectés par la baisse de leurs productions agricoles n’ont plus de stocks de céréales et doivent acheter leur nourriture alors que leurs revenus sont fortement en baisse par la réduction des effectifs de leurs cheptels depuis 2013. Ils sont et resteront en situation de Stress (Phase 2 de l’IPC) jusqu’en septembre 2016. 

  • Les zones agropastorales de Brakna et le centre de la zone oasienne touchées par les déficits pastoraux en 2014 et 2015, dépendront encore des ventes de cheptel après des productions agricoles limitées cette année. Ces déficits de production ont baissé les revenus agricoles des ménages pauvres et les placent en Stress (Phase 2 de l’IPC) entre février et juin. Avec les apports de l’élevage à partir de juillet, ils se retrouveront en situation Minimale (Phase 1 de l’IPC). 

Contexte national

Situation actuelle

Sur le plan agricole :

La production céréalière pluviale a été supérieure à celle d’une année moyenne. Cependant, celles de décrue, attendues en mars pourraient être moyennes à inferieures à la moyenne, malgré le bon niveau de remplissage du walo, des bas-fonds et barrages et l’importance des superficies emblavées. En raison du retrait tardif des eaux, les semis se sont étalés, dans les parties moyennes et basses jusqu’en mi-janvier alors qu’en année moyenne ils s’arrêtent en octobre-novembre. Par contre les hautes terres ont souffert dès décembre de dessèchement.

A ces contraintes sont venues se greffer les conséquences d’une forte pression des ennemis de cultures (sautereaux, cantharides, oiseaux granivores, etc.) qui ont considérablement réduit la productivité des cultures de sorgho et de maïs. La production de riz de contre saison chaude sera moins importante que celle de la moyenne quinquennale en raison de la baisse des superficies causées à la fois par la crainte des charges d’exploitation élevées au regard de la chaleur et de l’absence de programme de lutte efficace contre les oiseaux granivores. A cause de ses contraintes qui pèsent sur les cultures de décrue et irriguées, les tendances d’une production nationale supérieure à celle de 2015 mais inférieure à celle d’une année moyenne semblent se confirmer, malgré la bonne production céréalière pluviale cette année.

Les cultures maraichères en nette recul dans les zones oasiennes en raison du déficit hydrique sont moyennes dans la zone vallée du fleuve Sénégal (principalement au Trarza), mais très inférieures à la moyenne en Adrar (Aoujeft, Chinguitti et de Ouadane) et au Tagant (Tidjikja). Confrontés au désengagement de l’Etat qui ne rachète plus la production des maraichers du nord, ces agriculteurs doivent actuellement faire face à la concurrence des exportations de produit européens, marocains, et sénégalais, et par conséquent, ils ont limité les superficies.

Au niveau de l’irrigué, la campagne de contre saison chaude n’a commencé qu’au Trarza et les superficies exploitées sont nettement inférieures à celles de 2015 et à la moyenne quinquennale. De nombreuses collectivités du Trarza ont en effet suivi l’exemple de leurs confrères du Brakna et du Gorgol qui ont renoncé à cette campagne jugeant que les charges d’exploitation non soutenues par l’Etat cette année sont trop lourdes et que la pression aviaire qui n’a toujours pas été jugulée constitue une sérieuse menace pour les cultures de riz.

Sur le plan des revenus saisonniers :

Dans le centre et l’est de la zone agropastorale (MR07), comme dans la zone de cultures pluviales (MR09) où les activités agricoles et pastorales saisonnières ont suivi les tendances d’une année moyenne, les revenus des ménages pauvres sont proches de la moyenne quinquennale. Par contre, dans la zone du pastoralisme, oasis et oueds cultivés (MR03), la zone de vallée du fleuve (MR08), le centre de zone de la transhumance pastorale (MR01), et dans l’ouest de la zone agropastorale (MR07), la baisse des superficies exploitées pour cause d’irrégularité des pluies et de retrait tardif des eaux dans les zones de décrue ayant entrainé celle de la demande en main d’œuvre agricole, les revenus des ménages pauvres sont en forte baisse, par rapport à ceux d’une année moyenne. Dans la zone Vallée du fleuve au Brakna et au Gorgol, les revenus que les ménages pauvres tiraient du travail agricole pendant la contre saison chaude, dès février, sont pratiquement nuls. Au Trarza, ils sont en forte baisse du fait de la réduction des superficies exploitées. Dans toutes les zones agropastorales ayant accusé un déficit ou une irrégularité pluviométrique, le départ précoce en exode (depuis janvier au lieu de mars/avril) n’a pas encore entrainé des retombées alimentaires et monétaires significatives. Les ménages restés en place évoquent des difficultés d’insertion des migrants dans les activités des grandes villes (Nouakchott, Zouerate, Nouadhibou, etc.) fortement sollicitées par une offre de main d’œuvre supérieures à la demande.

Sur le plan pastoral :

A l’exception de quelques poches du nord et de l’ouest de la zone agropastorale (MR07), les conditions pastorales répondent à la charge pastorale. L’embonpoint des animaux est satisfaisant et même en amélioration par rapport aux mois précédents et à la même période de 2015. Cependant, la production laitière est faible en raison de la lente reprise des mises-bas car les femelles ont été affaiblies par les mauvaises conditions pastorales des deux années précédentes. Les transhumances saisonnières s’inscrivent dans leurs tendances normales et les risques d’incendie ont été fortement réduits par le traçage et la réhabilitation des pare-feu. Les zones refuges du sud et de l’est du pays disposent de suffisamment de pâturages herbacés pour répondre à d’éventuels demandes des autres zones pastorales.

Sur le plan des marchés de consomption:

Les marchés de consommation sont toujours bien approvisionnés en denrées alimentaires de base importées (blé, riz, huile, sucre, farine, etc.). La nouvelle hausse des prix des produits (riz, huile, sucre) consécutive à l’incendie d’un dépôt de la Société Nationale d’Importation et d’Exportation (SONIMEX) n’a pour le moment, entrainé qu’une hausse sensible des prix à Nouakchott. Les prix dans la majeure partie du pays, qui s’approvisionne à partir des réexportations sénégalaises de riz, restent relativement stables.

L’approvisionnement des marchés en céréales traditionnelles restent encore nettement en dessous de celui d’une année moyenne. Outre le retard des récoltes, de nombreux paysans gardent encore leur production céréalière pluviale pour leur propre production et n’envisage des ventes qu’après les récoltes de la décrue (à partir d’avril). En raison des récoltes pluviales proches de celles d’une année moyenne, les prix du sorgho sont partout inférieurs à ceux de la même période de 2015 et la moyenne quinquennale. Les prix des céréales locales, du fait des récoltes pluviales bonnes à moyennes aussi bien dans le pays qu’au Mali, suivent leurs tendances saisonnières de baisse par rapport aux mois précédents. Au marché d’Adel Bagrou (zone des cultures pluviales), il tourne autour de 120 MRO (133.6 MRO en année moyenne) et à Boghé (zone de vallée) le prix de 250 MRO, est en légere hausse de 224 MRO de la moyenne quinquennale. Au marché de Aoujeft, en zone pastorale, oasis et des oueds, malgré les perspectives à peine passable des cultures de décrue, le prix du sorgho (362.5 MRO/kg) reste inférieur à celui de janvier 2015 (375 MRO) mais en hausse à celui de la moyenne quinquennale (351 MRO/Kg). La baisse de prix des céréales locales couplée avec une relative stabilité de ceux des denrées alimentaires importées créent de meilleures conditions d’accès alimentaire pour les ménages pauvres.

Sur le plan des marchés du bétail :

L’offre saisonnière en bétail est nettement inférieure à celle de la même période de 2015 et à celle d’une année typique. Pour les besoins de reconstitution des effectifs des cheptels, ovins et bovins, fortement réduits par les pertes et les ventes de 2015, les éleveurs ont limité les ventes tandis que les ménages pauvres, si pressés par les besoins d’achat de nourriture, optent pour des ventes tardives (pendant la période de soudure agricole et celle de la demande de Tabaski en juin) pour avoir des prix plus élevés que ceux du moment. Globalement les termes d’échange encore proches de ceux d’une année moyenne, restent favorables, aux ménages pauvres.

Suppositions

Le scénario le plus probable de la sécurité alimentaire au niveau national de février à septembre 2016 se fonde sur les hypothèses générales suivantes :

Les activités agricoles :

  • L’agro-climatologie : Selon l’analyse des modèles de projections saisonnières NOAA, ECMWS, IRI, et UK MET, il est estimé que la pluviométrie sera moyenne à inférieure à la moyenne pour la saison pluvieuse 2016. Les pluies commenceront, comme d’habitude, en fin juin et se termineront en début octobre avec des pics entre la troisième décade d’aout et la première décade de septembre. Les cumuls annuels seront suffisants pour le développement normal des cultures.
  • La production agricole : Vu les perspectives de baisse de la production de contre saison chaude à cause des craintes de redevances très élevées (absence d’appui de l’Etat depuis 2015) et de la pression aviaire encore non jugulée, on devrait arriver à une production agricole supérieure à celle de 2015 et à la moyenne quinquennale.
  • La situation phytosanitaire: Malgré la calme situation acridienne et la surveillance régulière exercée par le Centre National de Lutte Antiacridienne (CNLA), des risques d’invasion existent en raison de l’absence de surveillance dans les zones d’insécurité du nord Mali, du nord Niger et du sud du Sahara et des conditions écologiques favorables à une deuxième reproduction dans le nord du Mauritanie. Les niveaux d’infestation des autres ennemis de cultures tels que les sautereaux, les cantharides et la sésamie, seront stables mais la pression aviaire déjà très forte en 2015, le sera encore davantage car les nidifications en cours et l’absence de traitement laissent présager une forte augmentation de la densité aviaire.
  • Les revenus agricoles : La réduction des superficies exploitées en décrue et en irrigué de contre saison chaude conduira à une baisse de la demande en main d’œuvre agricole et vu que les prix du tarif journalier (1500 à 2000 MRO selon les formules de travail) n’ont subi aucune augmentation, les revenus qu’en tireront les ménages pauvres, entre février et juin, seront nettement plus bas que ceux d’une année moyenne. Par contre, à partir de juillet, avec la perspective d’un hivernage moyen à légèrement déficitaire et avec le démarrage de l’irrigué hivernal, il est probable que les revenus retrouvent leur niveau moyen.

Les activités pastorales :

  • Conditions pastorales : Les pâturages répondront aux besoins de la charge pastorale nationale durant toute la période du scénario. Les animaux garderont leur embonpoint sans que les éleveurs aient besoin de recourir à l’achat de l’aliment bétail sauf à quelques poches des moughataa d’Aoujeft, de Moudjeria et de Monguel qui ont des conditions pastorales inférieurs à la moyenne. Les prix de l’aliment bétail devraient s’inscrire fortement en baisse car sa demande (exception faite de celle des vendeurs de lait aux usines) sera fortement en baisse. Les mises-bas s’inscriront dans la dynamique saisonnière, mais la production laitière, un composant très important du système alimentaire, sera encore inférieure à celle d’une année moyenne du fait de la baisse des effectifs. De nombreux ménages des zones pastorales et agropastorales continueront d’acheter du lait en poudre, jusqu’en juillet, dont le prix restera au-dessus d’une année moyenne (il est déjà en hausse d’environ 20 pour cent). Pour les besoins en eau, on assistera à des transhumances plus ou moins typiques aussi bien dans leurs circuits que dans leurs périodicités.  
  • Les revenus du travail pastoral : Ils seront conformes aux revenus pastoraux saisonniers d’une annexe moyenne entre février et juillet vu les perspectives moyennes des pâturages. La vente de lait des ménages pauvres des zones agropastorale, de la vallée du fleuve, de la zone de cultures pluviales et de la zone de transhumance pastorale, fortement concurrencée par celle des collecteurs et des éleveurs insérés dans le système, rapportera moins qu’en année moyenne surtout car les effectifs des cheptels, ovins et bovins, ont considérablement baissé, dans la majeure partie des zones de moyens d’existence, à cause des pertes et des ventes des années précédentes et les mises-bas commencent à peine à reprendre.

Les marchés :

  • Les importations des produits alimentaires : Les importations de denrées alimentaires (riz, blé, sucre, huile, etc.) seront régulières et suffisantes durant la période du scénario pour répondre aux besoins de la consommation interne et alimenteront les réexportations normales en direction du Sénégal, du Mali et du sud du Maghreb où leur revente et celles des produits manufacturés constituent des sources de devises.
  • Les marchés de bétail : La baisse typique de l’offre de février à septembre sera accentuée par le besoin de reconstitution du cheptel par les éleveurs, l’impact des récoltes de la décrue (céréales et légumineuses) qui réduisent la demande sur les produits alimentaires obtenus de la vente des animaux, et la baisse des ventes des ménages pauvres et moyens dont les effectifs des cheptels ont été réduit par les pertes et les ventes de 2014 et de 2015. Par contre, à partir de mai, en prélude à la Tabaski, l’offre de bétail pourrait être normal au regard de la demande pour répondre à la fois à la demande interne et aux exportations de bétail vers le Sénégal et sud-ouest malien.
  • Les prix des animaux : Le prix moyen des animaux va, durant toute la période du scénario s’inscrira dans une tendance à la hausse plus marquée qu’en année moyenne du fait de la demande de la Tabaski et car le retour de bonnes conditions pastorales entre juillet et septembre après la Tabaski limitera les ventes. On devrait donc se situer au-dessus des seuils typiques (20 à 30 pour cent) observables en année moyenne, qui seront favorables aux ménages pauvres.
  • Les prix des céréales : Compte tenu des récoltes de décrue à peine moyennes, les prix des sorghos seront, après les récoltes (entre février et avril) en baisse moins marquée qu’en année moyenne (10 à 20 pour cent inférieurs à ceux de février). Par contre, de juin à septembre, avec l’épuisement des stocks des ménages pauvres en mai, les prix repartiront à la hausse mais vu le bon niveau d’approvisionnement des marchés en blé importé qui est la principale céréale de substitution du sorgho, on ne s’attend pas à une hausse saisonnière supérieure à 30 pour cent des cours actuels.

Les autres facteurs contributifs importants :

  • Les envois d’exode : Dans les zones ayant accusé un déficit pluviométrique assez important (ouest de la zone agropastorale, est et centre de la zone du pastoralisme, des oasis et oueds) malgré un départ précoce (décembre/janvier au lieu mars/avril) et un nombre de migrants plus importants (2 à 3 au lieu de 1) les envois seront, comparativement à une année moyenne, en forte baisse durant toute la période du scenario. Vu la morosité des économies urbaines et la saturation du secteur informel (une forte augmentation de l’offre de main d’œuvre dans un contexte de baisse des activités économiques non commerciales), les migrants qui ne disposent d’aucune qualification professionnelle peineront trouver un emploi stable et rémunérateur.
  • Les produits de cueillette : Les cueillettes des jujubes, de la gomme arabique, et des fruits de baobab sont à leurs phases finales dans la majeure partie des zones productives. Celle du fruit des balanites a commencé et pourrait se prolonger jusqu’en mars comme d’habitude. Sa production, proche de celle d’une année moyenne, rapportera des revenus conformes à ceux d’une année moyenne (autour de 50,000 MRO).
  • Les dettes : Une partie des récoltes de la décrue sera utilisée, entre février et mars, dans toutes les zones rurales affectées entre 2013 et 2015 par un déficit de production agricole, pour rembourser partiellement les dettes et les emprunts de nourriture. Dans certaines zones déficitaires (Aoujeft d’Adrar, Moudjeria au Tagant, et Monguel au Gorgol), les ménages pauvres ont recommencé à recourir aux emprunts de nourriture. Dans les autres zones rurales, ce système va reprendre pendant la période de soudure agricole (mai à aout) et devrait être moins intense qu’en année moyenne, du fait de la stabilité des prix du blé importé (principale céréale de substitution) et de la probable hausse du prix des animaux, (entre avril et juin) qui déterminera des termes d’échange toujours favorables aux ménages.
  • Des programmes d’assistance : Les programmes classiques tels que les Boutiques de Solidarité (BS), les Stocks Alimentaires Villageois de Sécurité (SAVS), les Cantines Scolaires (CS) et les Centres de Récupération Nutritionnelle Ambulatoire (CRENAM) fonctionnerontl à l’échelle du pays, comme dans les années précédentes. L’assistance humanitaire destinée aux réfugiés maliens vivant dans le camp de MBera sera régulière et suffisante durant la période du scenario.
Résultats les plus probables de la sécurité alimentaire

De février à mai :

Dans la majorité du pays, les bonnes conditions pastorales, des productions agricoles moyennes, des prix des animaux en hausse et le bon approvisionnement des marchés avec des prix relativement stables, placent les ménages pauvres dans leurs conditions de vie typiques de la saison. Ils seront en insécurité alimentaire Minimale (Phase 1 de l’IPC).

Dans le centre du pays (moughataa d’Aoujeft en Adrar et moughataa d’Akjoujt en Inchiri), un important déficit pluviométrique a affecté les pâturages, réduit considérablement les activités agricoles (cultures de décrue, cultures maraîchères) et la productivité des dattiers. Les ménages pauvres continueront de recourir à des achats de nourriture pendante cette période alors qu’ils feront face à une importante baisse de leurs revenus saisonniers qui limiteront leur capacité d’accès aux denrées alimentaires commercialisées et les placeront en situation de Stress (Phase 2 de l’IPC).

Au Gorgol, les ménages pauvres du centre et de l’ouest de la moughataa de Monguel en situation de Crise (Phase 3 de l’IPC) en 2014 et jusqu’au septembre 2015, ont connu, cette année, des conditions d’exploitations agricoles et pastorales améliorées mais qui restent encore nettement moins bonnes que celles d’une année moyenne. Les faibles productions de cette année ne couvriront au plus que 3 à 4 mois (contre 6 à 7 en année moyenne) et la baisse des effectifs pastoraux ne permettra pas au secteur pastoral d’apporter à la fois les revenus assurant les compléments alimentaires suffisants ainsi que les revenus destinés au remboursement des dettes alimentaires accumulées depuis plusieurs mois (3 à 4 mois). Par conséquence, les ménages pauvres seront en situation de Stress (Phase 2 de l’IPC).

Au Tagant, les ménages pauvres des zones du sud-ouest (moughataa de Moudjeria) feront face à une situation similaire. Fortement affectés par les mauvaises conditions pastorales de 2014 et 2015 qui ont engendré des grandes pertes et ventes des bétails, les ménages pauvres accroitront la pression sur le cheptel par de nouvelles ventes cette année suite à une baisse de leur production céréalière pluviale, la forte baisse des apports alimentaires et monétaires du secteur pastoral causée par la réduction de taille des effectifs, et à défaut de nouvelles sources de revenus (les apports de l’exode sont faibles dans la zone). Ces ventes entraineront de facto des déficits de protection de leurs moyens d’existence. Ils seront en conséquence en situation de sécurité alimentaire de Stress (Phase 2 de l’IPC) entre février et juin.

Malgré les moyennes productions pluviales de l’ouest de la zone agropastorale (région de Brakna), la baisse attendue de celle de la décrue va entrainer une installation de la soudure plus précoce (avril) que prévue (mai). Comme dans les autres zones pastorales, la baisse des effectifs pastoraux et le poids des dettes des années précédentes vont contribuer à la baisse de la capacité de répondre à ce choc sans la réduction de dépenses non alimentaire qui placera, entre avril et juin, les ménages en situation de Stress (Phase 2 de l’IPC).

Le déficit hydrique de 2015 a baissé des revenus (environ -50 pour cent) provenant du maraichage et de décrue des ménages pauvres des moughataa de Chinguitti et de Ouadane (région d’Adrar) ainsi que le moughataa de Tidjikja au Tagant. Ces ménages sont fortement dépendants en année moyenne des achats de nourriture qui leur provient en grande partie de Nouakchott et du sud du Maghreb. Les exportations maghrébines en grand baisse pour des raisons sécuritaires laisseront les ménages très dépendants du marché de Nouakchott où l’incendie des entrepôts de la SONIMEX a haussé les prix alimentaires. Ces baisses de revenus et prix alimentaires élevés dans leur zone d’approvisionnement les placeront en Stress (Phase 2 de l’IPC) pendant la période de février à juin.

De juin à septembre :

Des zones agropastorales ainsi que celles des oueds (moughataa de Monguel de Gorgol, de Moudjeria au Tagant, d’Aoujeft d’Adrar et d’Akjoujt d’Inchiri) resteront toujours en situation de Stress (Phase 2 de l’IPC) car ils vont subir encore le poids de certains facteurs résilients tels que la baisse des effectifs des cheptels qui limitent leur capacité de vente et en conséquence réduit les revenus qu’ils en tiraient ainsi que l’impact des dettes qui imposent des remboursements uniquement réalisables sur les revenus car les productions agricoles cette année ne pourront pas répondre à cet impératif. Ils seront alors incapables d’assurer leur accès à une alimentation suffisante et régulière sans risque de déficit de protection de ce qui leur reste de leur moyen d’existence (élevage).

Dans la zone agropastorale de Brakna, les nouvelles conditions pastorales vont renforcer la reprise actuelle des mises-bas et améliorer la disponibilité en lait à partir de juillet, placent les ménages pauvres en insécurité alimentaire Minimale (Phase 1 de l’IPC). Similairement dans les moughataa de Chinguitti et de Ouadane d’Adrar et de Tidjikja au Tagant, les productions et les ventes de dattes, bien qu’en baisse par rapport à une année moyenne, et les apportes pastoraux pendant l’hivernage devraient les mettre en situation Minimale (Phase 1 de l’IPC) entre juillet et septembre.

Dans le reste du pays, avec le démarrage normal de l’hivernage et la reprise des activités agricoles (Dieri et irrigué hivernal), le travail agricole qui fournit à nouveau des revenus moyens, la levée des pâturages qui améliorent la productivité pastorale, des prix des animaux élevés par la demande de la Tabaski et le fonctionnement régulier des programmes d’assistance interannuels, les ménages pauvres resteront dans une insécurité alimentaire minimale (Phase 1 de l’IPC).

 

Pour plus d'informations sur les perspectives des zones de préoccupation, veuillez, s'il vous plaît, cliquer en haut de la page pour télécharger le rapport complet.

A Propos de l’Élaboration de Scenarios

Afin d’estimer les résultats de la sécurité alimentaire pour les prochains six mois, FEWS NET développe les suppositions de base concernant les événements possible, leurs effets, et les réponses probables des divers acteurs. FEWS NET fait ses analyses basées sur ces suppositions dans le contexte des conditions actuelles et les moyens d’existence locaux pour développer des scénarios estimant les résultats de la sécurité alimentaire. D’habitude, FEWS NET prévient du scénario le plus probable. Pour en savoir plus, cliquez ici.

About FEWS NET

Le Réseau des systèmes d’alerte précoce contre la famine est l’un des principaux prestataires d’alertes précoces et d’analyses de l’insécurité alimentaire. Constitué par l’USAID en 1985 pour aider les décideurs à planifier pour les crises humanitaires, FEWS NET fournit des analyses factuelles  concernant quelque 35 pays. Les membres des équipes de mise en œuvre incluent la NASA, la NOAA, le département américain de l ‘Agriculture (USDA) et le gouvernement des États-Unis (USGS), de même que Chemonics International Inc. et Kimetrica. Vous trouverez d’autres informations sur notre travail.

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