Mise à jour sur la sécurité alimentaire

Crise alimentaire continue dans certaines zones

Mai 2014
2014-Q2-1-1-MR-en

IPC 2.0 Phase d'Insécurité Alimentaire Aiguë

1: Minimale
2: Stress
3: Crise
4: Urgence
5: Famine
Serait probablement pire, au moins une phase, sans l'assistance humanitaire en cours ou programmée
La manière de classification que FEWS NET utilise est compatible avec l’IPC. Une analyse qui est compatible avec l’IPC suit les principaux protocoles de l’IPC mais ne reflète pas nécessairement le consensus des partenaires nationaux en matière de sécurité alimentaire.

IPC 2.0 Phase d'Insécurité Alimentaire Aiguë

1: Minimale
2: Stress
3+: Crise ou pire
Serait probablement pire, au moins une phase, sans
l'assistance humanitaire en cours ou programmée
La manière de classification que FEWS NET utilise est compatible avec l’IPC. Une analyse qui est compatible avec l’IPC suit les principaux protocoles de l’IPC mais ne reflète pas nécessairement le consensus des partenaires nationaux en matière de sécurité alimentaire.
Pour les pays suivis à distance par FEWS NET, un contour coloré est utilisé pour représenter la classification de l’IPC la plus élevée dans les zones de préoccupation.

IPC 2.0 Phase d'Insécurité Alimentaire Aiguë

Pays de présence:
1: Minimale
2: Stress
3: Crise
4: Urgence
5: Famine
Pays suivis à distance:
1: Minimale
2: Stress
3+: Crise ou pire
Serait probablement pire, au moins une phase, sans
l'assistance humanitaire en cours ou programmée
Pour les pays suivis à distance par FEWS NET, un contour coloré est utilisé pour représenter la classification de l’IPC la plus élevée dans les zones de préoccupation.

Messages clés

  • L’échec de leurs cultures contraint les ménages pauvres du nord du Guidimakha, du Gorgol et du Brakna, à recourir aux emprunts et achats de nourriture trois mois avant la période habituelle. Vu que leurs revenus saisonniers sont très faibles, ils feront donc face, entre avril et juillet, à des risques de déficits de consommation et seront en Crise d’insécurité alimentaire aiguë (IPC Phase 3).

  • Dans la majeure partie des zones agropastorales, de cultures pluviales et de la vallée du fleuve, la modestie des activités post récoltes s’est soldée, pour les ménages pauvres, par de faibles revenus saisonniers alors qu’ils doivent acheter leur nourriture. Ils n’arrivent à protéger leurs moyens d’existence que grâce aux programmes d’assistance, ce qui les place en situation de Stress (IPC Phase 2 !) jusqu’en juillet.

  • Les prévisions saisonnières d’un hivernage normal nous autorisent à tabler sur une campagne agricole, des conditions pastorales et des revenus provenant des activités agropastorales typiques d’une année moyenne et conduire, entre juillet et septembre, a une Minimale (IPC Phase 1) insécurité alimentaire aiguë. Toutefois quelques poches du sud de la zone de cultures pluviales pourraient rester en situation de Stress (IPC Phase 2) jusqu’aux récoltes de septembre.

Situation Actuelle

Les conditions pastorales : La dégradation des conditions pastorales, nettement plus marquée qu’en année moyenne, a commencé depuis le mois de février et se poursuit dans la zone agropastorale, dans la zone de transhumances pastorale, dans la vallée du fleuve et l’ouest de la zone de cultures pluviales. Malgré le départ en transhumance de la plus grande partie du cheptel ovin et bovin (deux mois plus tôt qu’en année moyenne), les éleveurs sont contraints à l’achat de l’aliment bétail (tourteaux et blé) pour entretenir le bétail qui est sur place. Dans le reste du pays, les pâturages continuent comme en année typique, de répondre au besoin du cheptel local et transhumant.

Prix du bétail : Les prix de vente des animaux sont partout en hausse et nettement plus élevés que ceux de la même période de 2013 et de la moyenne des cinq dernières années. Les petites baisses observées au cours des mois passés, occasionnées par le passage des transhumants, ont été rapidement résorbées après le départe de ces derniers et les premières tendances des marchés, en ce début de mai, confirment la reprise de la hausse. Comparativement au mois de février et mars, la baisse du prix du mouton dans le nord du pays (marché d’Aoujeft) s’explique par un déstockage atypique des éleveurs locaux qui se préparent à la transhumer vers le nord de la zone agropastorale.

Stocks de production : La plupart des ménages pauvres agricoles et agropastorales ont déjà épuisé leurs stocks de production trois mois plus tôt qu’en année normale, ce qui rend l’achat d’alimentation au marchés plus importante que normale. Ils ne disposent encore de stocks que dans l’est de la vallée du fleuve (sud de la moughataa de Maghama), où les productions céréalières pluviales et de décrue sont globalement proches de celles d’une année moyenne, et dans le sud-ouest de la vallée du fleuve (sud des moughataa de Keur Macen, Rosso et R’Kiz) où la production de contre saison froide récoltée en février/mars a été assez bonne.

Les cultures de contre saison : Les productions maraichères récoltées à partir de janvier, surtout pratiquées dans l’ouest de la vallée du fleuve, dans les oasis du nord (Adrar et Tagant) et dans le centre de la zone agropastorale, se font de moins en moins importantes sur les marchés conformément aux tendances saisonnières. Toutefois, vu le faible niveau des nappes phréatiques en raison du déficit pluviométrique, on s’attend à une importante baisse des superficies exploitées et des productions à récolter en de saison chaude.

Des marchés de consommation : Les marchés sont toujours suffisamment approvisionnés en denrées alimentaires de base (principalement importées) mais, malgré la légère reprise des flux transfrontalières maliens (mil, maïs et sorgho) et sénégalais (riz local et riz importé), les offres saisonnières marchande et paysanne de céréales traditionnelles sont nettement moindres que celles d’une année moyenne. Il en résulte des hausses des prix du sorgho et du blé dans la plupart des zones de cultures pluviales et de la vallée du Fleuve Sénégal. Ces hausses bien que typiques de la saison sont néanmoins plus fortes du fait de la faiblesse de l’offre et d’une demande accrue de la part des ménages pauvres qui se rabattent sur le blé dont le prix reste plus bas que celui des autres céréales.

Si dans les centres administratifs des zones agropastorales et oasiennes, le prix du blé est resté relativement stable par rapport aux mois précédents, dans les zones rurales il affiche des hausses sensibles (165, 170 et 180 MRO le kilogramme respectivement à Male, Bijingal et Monguel) en raison de l’importante demande. Par rapport à la moyenne des cinq dernières années le prix du blé affiche des hausses de plus 20 pour cent et plus dans les marchés suivis de l’ouest de la zone agropastorale et en zone oasienne.

L’accès alimentaire : Bien que l’on ne soit qu’à l’entrée de la période de soudure, de nombreux ménages pauvres éprouvent déjà de grandes difficultés à s’assurer une alimentaire régulière et suffisante faute de stocks propres et de revenus suffisants. On retrouve ces ménages surtout dans le nord du Guidimakha et dans les moughataa de M’Bout, Monguel, Magta Lahjar, ainsi qu’au nord de celles de Bababé et M’Bagne. Dans la zone agropastorale et la zone de cultures pluviales les achats directs ne représentent que environ un tiers des aliments consommés et les emprunts entre la moitié et les deux tiers de ces derniers. Si dans la zone agropastorale la solidarité communautaire s’exprime autour des redistributions communautaires de l’assistance apportée à certains par le biais des programmes d’assistance, elle est encore très faible dans la zone de cultures pluviales où les distributions alimentaires gratuites, programmées par le gouvernement, n’avaient pas encore commencé en début avril. Les ventes de nourriture (blé, riz local, sucre et huile) aux prix modérés continuent de fonctionner normalement.

Suppositions Mise à Jour

L’évolution de la situation alimentaire dans les zones de modes d’existence reste conforme aux perspectives projetées pour la période de janvier à juin 2014.

Perspective Estimée Jusqu'à Septembre 2014

La situation d’insécurité alimentaire aiguë de Stress (IPC Phase 2 !) qui concerne actuellement la majeure partie des zones agropastorales, pastorales et de cultures pluviales pourrait se prolonger jusqu’en début juillet et les ménages pauvres continueront à avoir des difficultés à protéger leurs moyens d’existence. De nombreux ménages n’y arriveront qu’avec l’appui raison des programmes d’assistance en cours. Au cours de la même période, les ménages pauvres de nord Guidimaka, nord Gorgol et nord Brakna commenceront à connaitre des déficits de consommation jusqu’en début juillet et feront face à une Crise (IPC Phase 3) insécurité alimentaire aiguë. A partir de fin juillet, avec les perspectives d’une pluviométrie qui conduiraient à une production agricoles et a des conditions pastorales semblables à celle d’une année moyenne, on devrait assister, dans la majeure partie des zones de moyens d’existence, à une régression progressive de l’insécurité alimentaire, qui conduirait à une insécurité alimentaire aiguë Minimale (IPC Phase 1) entre Juillet et Septembre. Ce n’est que dans certaines parties des zones agropastorale et cultures pluviales du sud de la Mauritanie que, les ménages pauvres, très marqués par la faiblesse de leurs revenus et l’ampleur des emprunts à rembourser, pourront rester en situation de Stress (IPC Phase 2) jusqu’en août.

À Propos de ce Rapport

Cette mise à jour sur la sécurité alimentaire est un rapport mensuel sur les conditions actuelles et des changements sur les perspectives projetées de l'insécurité alimentaire dans ce pays. Il met à jour les Perspectives sur la sécurité alimentaires de FEWS NET. Pour en savoir plus sur notre travail, cliquez ici.

About FEWS NET

Le Réseau des systèmes d’alerte précoce contre la famine est l’un des principaux prestataires d’alertes précoces et d’analyses de l’insécurité alimentaire. Constitué par l’USAID en 1985 pour aider les décideurs à planifier pour les crises humanitaires, FEWS NET fournit des analyses factuelles  concernant quelque 35 pays. Les membres des équipes de mise en œuvre incluent la NASA, la NOAA, le département américain de l ‘Agriculture (USDA) et le gouvernement des États-Unis (USGS), de même que Chemonics International Inc. et Kimetrica. Vous trouverez d’autres informations sur notre travail.

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