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Insécurité alimentaire persistante dans les zones de conflit du Liptako Gourma

  • Perspectives sur la sécurité alimentaire
  • Mali
  • Octobre 2019 - Mai 2020
Insécurité alimentaire persistante dans les zones de conflit du Liptako Gourma

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  • Messages clé
  • Contexte National
  • Evènements qui pourraient changer les scenarios
  • Messages clé
    • La hausse de la production de céréales d’environ 17 pour cent par rapport à la moyenne est favorable à une disponibilité alimentaire globalement satisfaisante dans le pays durant l’année alimentaire 2019-20. Les récoltes moyennes à bonne en cours et le prix des céréales inférieur à similaire à la moyenne permettent à la majorité des ménages d’être en insécurité alimentaire Minimale (Phase 1 de l’IPC).

    • Les conditions d’élevage moyennes à bonnes dans le pays augurent d’une soudure pastorale normale pour le bétail à partir d’avril exceptée dans le sahel occidental de Kayes où elle sera précoce à cause de la dégradation rapide des conditions d’élevage liée au déficit de pâturage. Les productions animales moyennes attendues et le maintien d’un embonpoint moyen procureront des revenus moyens favorables à une amélioration du pouvoir d’achat des ménages éleveurs.

    • L’accès des ménages aux céréales est moyen dans l’ensemble grâce à la disponibilité moyenne à supérieure à la moyenne de la propre production bien que faibles par endroits, des paiements en nature et des prix des denrées inférieurs à similaires à la moyenne. L’amélioration des termes de l’échange chèvre/céréales à des niveaux similaires à supérieurs à la moyenne est favorable à un accès adéquat des ménages éleveurs aux marchés.

    • L’épuisement précoce des stocks à cause de la baisse des productions agricoles dans le sahel occidental, le Liptako Gourma en plus de la dégradation des moyens d’existence liée aux conflits et aux inondations amènent les ménages pauvres touchés à recourir de façon atypique à la main d’œuvre, la migration, la réduction des dépenses non alimentaires, et à la dépendance à l’aide humanitaire ou des parents pour satisfaire leurs besoins alimentaires. Par conséquent, ils seront en insécurité alimentaire de Stress (Phase 2 de l’IPC) de mars avec nécessité d’assistance à partir d’avril pour éviter une dégradation en pire.


    Contexte National

    Situation actuelle

    Productions agropastorales : Les récoltes globalement moyennes en cours à travers le pays améliorent les disponibilités alimentaires auprès des ménages et sur les marchés. Les rémunérations en nature et en espèce pour les activités de mains d’œuvre agricole constituent des opportunités moyennes de nourriture et de revenus pour les ménages pauvres qui en dépendent excepté dans les zones de baisse de production du sahel occidental liée à l’insuffisance où la rémunération sera en dessous de la moyenne. Les prévisions de production de céréales sont en légère baisse par rapport à celles de l’année dernière et en hausse de 17 pour cent par rapport à la moyenne quinquennale (Source : CPS/SDR). La campagne de contre-saison de maraichage et de céréales qui démarre augure de belles perspectives grâce à la bonne disponibilité des eaux sur les cours d’eau et les barrages et mares de retenue.

    Les pâturages et les points d’eau sont jugés moyens à bons à travers le pays excepté dans la zone du Sahel Occidental où un déficit important de biomasse est observé ; ce qui est préoccupant à cause de la descente des troupeaux transhumants mauritaniens cette année. L’état d’embonpoint des animaux et le niveau des productions animales sont globalement moyens à bons dans l’ensemble. Le retour des troupeaux transhumants est attendu à partir de novembre pour les résidus de récoltes et dans la bande du fleuve pour le « Bourgou ». La situation zoo sanitaire est relativement calme en dépit de quelques foyers isolés de dermatose nodulaire contagieuse bovine constatés par endroits. La campagne de vaccination qui a démarré se poursuit partout à travers le pays, le taux de vaccination est de 64,51 pourcent en fin septembre.

    Production de pêche : Les captures sont habituellement faibles en cette période de hautes eaux. Le niveau d’inondation des zones de reproduction grâce à la bonne crue des cours d’eau augure des perspectives moyennes à bonnes de pêche pour la prochaine campagne de pêche de décembre jusqu’en avril. Le niveau des captures faible en cette période devrait s’améliorer à la faveur de la décrue ; ce qui contribuera à améliorer le revenu et l’alimentation des ménages pêcheurs. Cependant, tout comme les autres activités, certaines pêcheries restent difficilement accessibles aux pêcheurs dans les zones d’insécurité notamment dans le delta du Niger. 

    Fonctionnement des marchés et prix : L’approvisionnement des marchés en céréales et légumineuses est suffisant dans l’ensemble grâce à la hausse des offres consécutive aux déstockages des stocks issus de la campagne de 2018 et l’arrivée des nouvelles récoltes. La hausse des offres par rapport à une demande de consommation faible explique la baisse saisonnière des prix entamée par rapport au mois passé sur certains marchés de production comme à Bankass, Koro, Diéma où la baisse est respectivement de -17  pourcent; -20  pourcent et -9%. Sur les marchés des capitales régionales, les prix de la principale céréale sont stables ou en baisse partout excepté à Kidal où une hausse liée à la baisse des flux à partir de l’Algérie est observée. Par rapport à la moyenne quinquennale, le prix de la céréale de base est en baisse de 22 pour cent à Ségou, 18 pour cent à Sikasso, 13 pour cent à Koulikoro et 10 pour cent à Mopti, similaire à Tombouctou et en hausse à Gao de 6 pour cent et à Kayes de 16 pour cent. Ces niveaux de prix sont favorables à un accès moyen des ménages aux denrées.

    Les marchés à bétail sont de plus en plus animés à la faveur du retour habituel des troupeaux transhumants et les besoins d’approvisionnement des éleveurs. Les prix du bétail sont stables ou en hausse par rapport au mois dernier grâce aux bonnes conditions d’élevage présentes. Par rapport à la moyenne quinquennale, le prix de la chèvre, qui est l’animal le plus vendu par les ménages pauvres pour accéder à la nourriture, est en hausse dans l’ensemble comme à Tombouctou (21 pourcent), Nara (20 pourcent), Bourem (9 pourcent), Rharous (25 pourcent) et Mopti (25 pourcent) et similaire à Ménaka. Les termes de l’échange chèvre/céréales sont dans l’ensemble stables ou en amélioration par rapport au mois passé. Par rapport à la moyenne quinquennale, les termes de l’échange chèvre/mil sont similaires ou en amélioration de 20 pourcent à plus sur les marchés pastoraux suivis excepté à Ménaka où une baisse de 11 pourcent est observée.

    Accessibilité : La disponibilité moyenne à supérieure à la moyenne de la propre production et les produits issus de la rémunération en nature dans les travaux de récoltes permettent à la majorité des ménages d’accéder à la nourriture sans grandes difficultés dans les zones de production. La baisse des prix des principales denrées de base à un niveau similaire à inférieur à la moyenne et l’amélioration des termes de l’échange bétail/céréale dans la plupart des zones pastorales (Figure 1) sont favorables à un accès moyen des ménages agropastoraux à la nourriture. Toutefois, les ménages déplacés pauvres et ceux présents dans les zones d’insécurité ont des difficultés d’accès aux vivres à cause de la baisse importante voire l’absence de revenus liée à l’arrêt des activités économiques.

    Consommation alimentaire : L’amélioration habituelle de la consommation alimentaire est observée à travers la disponibilité variée des produits alimentaires (céréales, légumineuses, légumes et des produits animaliers) et des prix favorables qui réduisent les stratégies d’adaptation alimentaire négatives. Elle reste toutefois problématique dans les zones d’insécurité et particulièrement pour les ménages déplacés démunies et les ménage hôtes qui subissent de fortes pressions limitant leurs accès adéquats aux vivres en dehors des assistances humanitaires. Le score de consommation alimentaire pauvre plus limite devrait être proche de la moyenne de la période et être similaire au score moyen des 4 dernières années de 27 pour cent à l’échelle du pays (ENSAN mars 2015 à 2018). Quant à la diversité alimentaire, elle est au maximum en cette période de disponibilité alimentaire satisfaisante dans l’ensemble.

    Mouvement de population : La poursuite des attaques armées et les affrontements inter communautaires continuent d’engendrer des déplacements inhabituels de population dans les régions de Mopti, de Ménaka, de Gao et de Tombouctou. En fin septembre 2019, plus de 171000 personnes déplacées avaient été dénombrées ; ce qui indique une hausse du nombre de déplacés d’environ 6 pourcent par rapport au mois d’août selon la Commission Mouvements des Populations (CMP). Au même moment le retour timide des réfugiés et de certains déplacés sur la base des négociations et des accords entre communautés est en cours mais restent timides. Les populations déplacées pauvres résidant au niveau des communautés hôtes et dans des abris de fortunes ont des difficultés à satisfaire leurs besoins alimentaire et non alimentaire ; ce qui explique leur dépendance aux assistances en cours à leur rapportées par les agences humanitaires. L’assistance humanitaire en vivres et en non vivres par le Gouvernement et les agences humanitaires se poursuit à l’endroit des déplacés répertoriés (147 628 personnes) dans le cadre du suivi de réponse rapide (RRM).

    Dégâts des inondations :  Des dégâts matériels importants et des pertes en vie humaine ont été enregistrés à cause des grandes pluies de mai à septembre à travers toutes les régions particulièrement dans celles Ménaka, Ségou, Sikasso, Tombouctou, Gao, Kidal, Koulikoro et le District de Bamako où des déplacés ont été affectés. La dégradation des moyens d’existence liée aux pertes d’habitats, de biens, d’équipements, de bétail, de cultures et de stocks a rehaussé la vulnérabilité à l’insécurité alimentaire des ménages pauvres qui ont recours à la solidarité locale voire aux emprunts pour limiter l’impact des dégâts. Des appuis en vivres et en non-vivres du Gouvernement et des partenaires humanitaires ont été apportés aux ménages victimes estimés à plus de 80000 personnes sinistrées en fin septembre selon la Direction Générale de la Protection Civile (DGPC)

    Situation sécuritaire : La situation sécuritaire reste instable et marquée par des incidents qui continuent de perturber la libre circulation des personnes et des biens dans le centre et le nord du pays. Les affrontements intercommunautaires enregistrés particulièrement dans le centre du pays et le cercle de Ménaka ont entrainé des déplacements inhabituels de personnes et perturbé les activités agricoles dans les cercles de Koro, Bankass, Bandiagara et de Douentza. Les perturbations de flux commerciaux et de fonctionnement des marchés, les restrictions de mouvement affectent négativement les activités économiques et d’assistance humanitaire dans ces zones ; ce qui affecte négativement le revenu global des ménages dans les zones concernées.

    Suppositions

    Le scenario le plus probable de la sécurité alimentaire d’octobre 2019 à mai 2020 se base sur des suppositions fondamentales, par rapport à l’évolution du contexte national, qui sont :

    • Productions agricoles de saison : L’évolution de la campagne agricole en cours est moyenne dans l’ensemble avec toutefois des poches de retard important sur le calendrier agricole. Les récoltes en vert des légumineuses et des premiers semis de céréale qui sont en cours, se poursuivront jusqu’en décembre/janvier. Les prévisions de récolte pour la campagne agricole en cours sont globalement en hausse de 17 pourcent  par rapport à la moyenne quinquennale selon la CPS/SDR ; ce qui est favorable à une disponibilité moyenne de céréale dans le pays durant l’année alimentaire 2019-2020. Toutefois, l’insuffisance de pluie par endroits à travers le pays particulièrement dans le Sahel Occidental et les pertes de cultures liées aux inondations, les conflits dans le centre du pays engendreront des baisses localisées de production de céréales.
    • Cultures de contre-saison : Le niveau de remplissage moyen à bon des retenus d’eau (mares et lacs de décrue) et sur les fleuves augure des perspectives de production moyennes à supérieures à la moyenne pour les cultures de contre-saison à partir d’octobre pour les cultures maraichères, de janvier/mars pour les cultures de riz au niveau des périmètres irrigués et les cultures de décrue dans les régions de Tombouctou, Kayes, Mopti et de Gao. Les perspectives de production moyennes à supérieures à la moyenne attendues à partir de décembre pour les produits maraichers et de mai à août pour les céréales amélioreront les disponibilités alimentaires et les revenus au niveau des ménages exploitants. Pour le blé, les récoltes moyennes sont prévues comme d’habitude en mars-avril à Diré.
    •  Productions animales : La bonne disponibilité des pâturages en plus des résidus de récolte et du bon niveau de reconstitution des points d’eau contribueront à maintenir un bon embonpoint pour le bétail de décembre mai. Les productions animales (lait, beurre, viande) seront moyennes dans l’ensemble grâce aux bonnes conditions d’élevages présentes au niveau des zones habituelles de concentration de saison sèche de février à mai (les zones agricoles et vers les bourgoutières dans la zone du fleuve et des lacs) excepté dans le sahel occidental où elles seront moyennes à mauvaise à cause de la soudure pastorale précoce attendue. Dans les zones de conflit communautaire de Ménaka, de Koro, de Bankass, les perturbations des mouvements de bétail qui limitent l’accès des troupeaux aux pâturages, affecteront négativement les productions animales.
    • Pêche : Les perspectives de capture pour la pêche sont moyennes dans le pays grâce au niveau de la crue des cours d’eau qui a permis une inondation des zones de reproduction du poisson. Les captures faibles en octobre à cause du niveau des eaux très élevé, s’amélioreront davantage à partir de novembre avec l’ouverture de la campagne de pêche et à la décrue des fleuves jusqu’en avril/mai à partir duquel les levées de mise en défens au niveau des mares pour les pêches collectives contribueront à relever le niveau de la disponibilité en poisson.
    • Main d’œuvre non agricole : Les activités habituelles de main d’œuvre non agricole et de petits métiers de décembre à mai se poursuivront normalement dans le pays excepté dans les zones d’insécurité où la réduction des opportunités abaisse le revenu tiré de ces activités en dessous de la moyenne. Les revenus moyens dans les zones hors conflit issus de ces activités permettront aux ménages pauvres qui en dépendent d’améliorer leur pouvoir d’achat.
    • Main d’œuvre agricole : Les récoltes qui démarrent constituent des opportunités moyennes de nourriture et de revenus d’octobre à janvier pour les bras valides dans les zones agricoles à l’exception de celles ayant connu une baisse des réalisations liée à l’insécurité et/ou à la pluviométrie. A partir d’avril, les opérations de nettoyage de champ et de transport de fumier pour les préparatifs de la nouvelle campagne agricole constitueront des opportunités d’emplois pour les ménages pauvres. Les revenus moyens et les payements en nature issus de ces activités amélioreront leur accès à la nourriture.
    • Migration : Les départs habituels de bras valides à la recherche de ressources vers les centres urbains du pays et des pays voisins entamés depuis septembre se poursuivront jusqu’en février vers les zones de grandes productions du pays pour les travaux de récolte et les pays voisins. Les sites d’orpaillage ouverts en octobre seront les destinations privilégiées de beaucoup de migrants dans les régions de Kayes, Koulikoro et de Sikasso. Les appuis en nature et en espèce envoyés d’octobre à mai et ou rapportés par les migrants de retour en avril-mai amélioreront le pouvoir d’achat des ménages.
    • Prix des céréales : L’évolution atypique des prix des céréales durant l’année alimentaire 2018/19 avec une longue stabilité voire des baisses de niveau en pleine soudure augure d’une disponibilité importante de stocks report au niveau des paysans et sur les marchés. La baisse saisonnière observée en octobre devrait se poursuivre jusqu’en mars grâce aux récoltes moyennes attendues dans le pays qui réduiront comme d’habitude les demandes de consommation. La reconstitution des stocks communautaires à partir de mars (Banques de céréales, coopératives et institutionnelles (OPAM, PAM, ONG) qui seront à un niveau moyen, les demandes attendues du Niger à cause de la fermeture de la frontière du Nigéria, relèveront le niveau des prix. La hausse habituelle amorcée à partir de mars se poursuivra jusqu’en mai à un rythme plus bas que la moyenne grâce à la production moyenne et la disponibilité de stocks reports importants dans le pays et particulièrement dans les grandes zones de production. La tendance des prix des céréales inférieurs ou similaires à la moyenne quinquennale se maintiendra d’octobre à mai 2020.
    • Prix du bétail : Le retour habituel des troupeaux en octobre rehaussera l’offre de bétail sur les marchés ; ce qui réduit l’effet inflationniste née de la fête de Tabaski. Le prix du bétail qui est présentement en hausse par rapport à la moyenne sur les principaux marchés à bétail se maintiendra dans l’ensemble grâce aux conditions d’élevage satisfaisantes qui n’incitent pas à un déstockage d’urgence, à la demande qui reste élevée pour les pays côtiers et pour les fêtes de fin d’année. A partir d’avril, la dégradation habituelle des conditions d’élevage avec perte d’embonpoint pour le bétail engendre la baisse habituelle des prix qui resteront tout de même supérieurs à la moyenne mais inférieurs dans le sahel occidental à cause des conditions d’alimentation difficiles. Les termes de l’échange chèvre/mil globalement similaires à supérieurs à la moyenne se maintiendront durant toute la période du scenario d’octobre à mai 2020.
    • Reconstitution des stocks institutionnels : Les distributions gratuites de vivres et les ventes subventionnées dans le cadre du plan national de réponse 2019, ont réduit considérablement le niveau des stocks au niveau de l’OPAM et aussi au niveau du PAM et d’autres agences humanitaires. Les achats pour la reconstitution du Stock National de Sécurité et pour d’autres organismes en vue d’éventuelles interventions dans le cadre du plan national de réponse 2020 seront réalisés. La demande sera inférieure à similaire à la moyenne à cause de la préférence du cash transfert ou du Voucher en lieu et place des distributions directes jugées onéreuses et trop contraignantes.
    • Mouvement du bétail : Le retour habituel des troupeaux de la transhumance pour les résidus de récolte et vers les pâturages de saison sèche sera observé à partir d’octobre et se poursuivra jusqu’en février. On ne s’attend pas à une descente précoce des troupeaux grâce à la disponibilité moyenne à excédentaire de pâturage et des points d’eau bien fournis dans les zones de concentration actuelles. Toutefois, des perturbations à cause de l’insécurité dans le delta du Niger, la zone du Liptako Gourma et de la descente précoce des troupeaux mauritaniens dans le Sahel qui engendrera une dégradation précoce des pâturages, pourront être observées d’octobre à mai 2020. Les productions animales (lait, beurre, viande) seront moyennes dans l’ensemble grâce aux conditions d’élevages présentes au niveau des zones habituelles de concentration de saison sèche de février à mai (les zones agricoles et vers les bourgoutières dans la zone du fleuve et des lacs).
    • Soudure Pastorale : La disponibilité moyenne à supérieure à la moyenne de pâturages et de points d’eau au sortir de l’hivernage est favorable à une alimentation sans difficulté du bétail dans les différentes zones pastorales du pays. La soudure pastorale, débutera en mars-avril comme en année normale dans l’ensemble. Des difficultés d’alimentation pourront être observées et liées au déficit fourrager notamment dans le Sahel occidental de Kayes-Nioro-Diéma et dans les zones de conflit à cause des difficultés d’accès aux zones de pâturage ; ce qui créera un surpâturage dans les zones plus sécures.
    • Soudure agropastorale : La production agricole moyenne attendue dans le pays est favorable à une disponibilité moyenne de céréales pendant toute l’année alimentaire 2019/20 à des prix globalement similaires à inférieurs à la moyenne ; ce qui permet d’espérer sur une soudure agricole moyenne dans le pays. Cependant, dans les zones localisées de mauvaise production dans le sahel occidental et par endroits dans les régions du nord et du centre, l’épuisement précoce des stocks et une dépendance au marché plus longue que d’habitude engendreront une soudure précoce d’un à deux mois par rapport à la normale.
    • Impact Inondation : La baisse de la production agricole à cause des pertes de superficies de culture et la dégradation des moyens d’’existence à la suite des inondations à travers le pays, réduisent les capacités des ménages pauvres à satisfaire convenablement leurs besoins alimentaire et non alimentaire particulièrement à l’approche de la nouvelle saison.
    • Situation sécuritaire : Des incidents sécuritaires continuent d’être enregistrées dans les zones de conflit du centre et du Nord du pays en dépit des négociations en cours par le Gouvernement et les différentes communautés et qui ont abouti à la signature d’accord de cessation d’hostilité dans certaines zones du centre du pays. La pose d’engins explosifs et les confrontations avec l’armée et entre groupes rivaux devraient se poursuivre. En dépit de l’accalmie et de l’espoir suscités par ces négociations, des perturbations localisées particulièrement dans la zone du Liptako Gourma continueront à être enregistrées pendant la période du scenario à cause des groupes terroristes.
    • Mouvement des populations : L’insécurité persistance dans les régions du Nord et du Centre du pays continue d’engendrer des déplacements de population à la recherche de zones plus sécures. Le nombre de déplacés est en augmentation constante depuis mars 2019. L’évolution de la situation sécuritaire particulièrement dans la zone du Liptako Gourma avec la persistance des incidents et des attaques de villages, ne permet pas d’espérer à un grand changement par rapport à la situation actuelle. Au même moment, des retours timides de populations de réfugiés de la Mauritanie sont enregistrés
    • Situation nutritionnelle : La situation nutritionnelle habituellement élevée à la période de soudure (juin-septembre) à cause des difficultés d’accès à la nourriture s’améliorera à partir d’octobre grâce à la disponibilité des récoltes, de la diversité alimentaire et de la baisse des prix des aliments qui favorisent un accès moyen des ménages aux denrées alimentaires. A partir de mars-avril, la dégradation habituelle de l’hygiène par la rareté de l’eau, la dépendance de plus en plus forte des ménages sur le marché notamment dans les zones de faible production, contribueront à la dégradation de la consommation alimentaire et partant de la situation nutritionnelle. La baisse habituelle de la disponibilité des produits animaliers de mars à mai qui coïncide à la soudure pastorale et la mise en œuvre des stratégies de gestion des stocks affecteront davantage la situation nutritionnelle des ménages. La prévalence de la malnutrition aiguë globale suivra alors la hausse saisonnière de mars à mai.  Elle devrait rester proche de la moyenne durant toute la période compte tenu de la situation alimentaire globalement satisfaisante dans le pays et de la poursuite active des actions de dépistage et de prise en charge des cas de malnutrition. Toutefois, dans les zones d’insécurité, on assistera à une dégradation de la situation nutritionnelle au-dessus de la prévalence habituelle de la zone à cause des conditions difficiles de vie particulièrement pour les ménages déplacés.

    Résultats les plus probables de la sécurité alimentaire

    La disponibilité de la propre production même faible, des produits en nature et en espèce issus de la rémunération dans les travaux de récolte, du lait et les prix des denrées inférieurs ou similaires à la moyenne sont favorables à un accès adéquat et diversifié des ménages aux aliments. Le score de consommation alimentaire pauvres plus limite serait proche de la moyenne de la période qui est de 27 pourcent. La reconstitution des stocks et les revenus agricoles tirés de la vente des récoltes et les activités de mains d’œuvre agricole ou non agricoles rehausseront à un niveau moyen le pouvoir d’achat des ménages agropasteurs. Il en est de même pour les ménages pasteurs qui bénéficieront des termes de l’échange bétail/céréales favorables pour satisfaire leurs besoins alimentaires. Par conséquent, la majorité des ménages agropasteurs et pasteurs seront en insécurité alimentaire Minimale (Phase 1 de l’IPC) d’octobre 2019 à mai 2020.

    Cependant, l’épuisement précoce des stocks à cause de la baisse importante de production liée à l’insuffisance des pluies et aux inondations engendrera une dépendance précoce aux marchés pour les populations touchées particulièrement dans la zone du sahel occidental et par endroits dans le delta du Niger. Les ménages pauvres en besoin de reconstitution des moyens d’existence dégradés, auront recours de façon atypique à la migration, aux emprunts, aux activités de mains d’œuvre et de réduction de dépenses non alimentaires (intrants agricoles, santé, éducation, hygiène, etc.) pour satisfaire leurs besoins alimentaires. Ces ménages qui ont un accès relativement moyen aux vivres en cette période de récolte bien que faibles, de la solidarité locale connaitront dès mars la dégradation de la consommation alimentaire et de la situation nutritionnelle à des niveaux supérieurs à la moyenne. Les ménages pauvres qui ne pourront satisfaire leurs besoins alimentaires sans recourir aux stratégies d’adaptation atypiques seront par conséquent en insécurité alimentaire de Stress (Phase 2 de l’IPC) de mars à mai 2020.

    Dans les zones d’insécurité particulièrement dans la région du Liptako Gourma, les ménages pauvres aux revenus en baisse surtout pour ceux de Bankass, Koro, Bandiagara, Douentza, Ménaka connaissent une forte dégradation des moyens d’existence qui limite leurs capacités à satisfaire convenablement leurs besoins alimentaires et non alimentaires. Ces ménages en situation d’insécurité de Stress (Phase 2 IPC) d’octobre jusqu’en mars grâce à leurs propres récoltes même faibles, des rémunérations en nature dans les récoltes, de la solidarité locale et des appuis du Gouvernement et des agences humanitaires connaitront dès mars la dégradation de leur consommation alimentaire à des niveaux supérieurs à la moyenne. Le recours aux stratégies d’adaptation négatives à cause de leur dépendance plus longue que d’habitude aux marchés et à l’assistance humanitaire particulièrement pour les ménages déplacés et la dégradation précoce de la consommation alimentaire cause des difficultés importantes d’accès aux vivres, les met en situation d’insécurité alimentaire de Stress avec nécessité d’assistance à partir d’avril (Phase 2 ! de l’IPC) jusqu’en mai.


    Evènements qui pourraient changer les scenarios

    Zone

    Evénements

    Impact sur les conditions de la sécurité alimentaire

    National (zones d’Office du Niger, la bande du fleuve de Gao et de Tombouctou)

    Dégâts des ennemis de culture d’octobre à mai

    Les dégâts importants d’oiseaux granivores sur les cultures de contre saison d’avril à mai réduiront les disponibilités en céréales dans les zones agricoles et peuvent engendrer une hausse des prix sur les marchés. La hausse des prix réduira l’accès des ménages pauvres aux denrées et le revenu des ménages exploitants. Il en est de même pour les éventuels dégâts de chenilles sur les cultures maraichères d’octobre à mars.

    Nord et centre du Mali

    Intensification des perturbations des marchés par l’insécurité résiduelle d’octobre à mai

    Une intensification des actes d’insécurité affecterait d’avantage l’environnement économique dans les zones concernées ; ce qui impactera négativement sur les revenus, l’approvisionnement et les moyens d’existence des ménages et rehausserait la vulnérabilité des ménages pauvres à l’insécurité alimentaire.

    Nord du Mali (ZONE 2, 3, 4), le Delta du Niger (ZONE 6) et la bande du sahel (ZONE 13)

    Dégâts importants de feux de brousse sur les pâturages de mars à mai

    Les feux de brousse causent habituellement d’énormes dégâts sur les pâturages de décembre à mai; ce qui engendrera une dégradation inhabituelle des pâturages et induire des difficultés d’alimentation du bétail. La baisse d’embonpoint et de productions animales voire de mortalité qui en découlera, affectera négativement les moyens d’existences des ménages agropasteurs.

    Zones d’insécurité (Nord et centre du Mali, Ségou, Koulikoro)

    Epizootie de décembre à mai

    L’insécurité qui limite la couverture vaccinale du bétail pourrait engendrer une recrudescence des épizooties comme la fièvre aphteuse, la péri pneumonie contagieuse bovine et les charbons (bactéridien et symptomatique) dans les zones de concentration de bétail. Les pertes de ressource par mortalité et baisse des productions animales affecteront négativement le capital animalier des éleveurs et leurs revenus.

    Régions du nord et du centre

    Appuis humanitaires conséquent en vivres et en non-vivres pour les ménages pauvres dans les zones à anomalie

    Une intensification des appuis couvrant au moins 20 pour cent des besoins pour la majorité des ménages pauvres affectés par les baisses de production et la perte de moyens d’existence à cause de l’insécurité et des inondations améliorera leur situation alimentaire. La réduction des charges financières des ménages renforcera la résilience des ménages bénéficiaires et relancer la reconstitution des moyens d’existence dégradés.

    Figures Graph of changes in the terms of trade of millet and goat (kg/animal): More than average, September 2018, and August 2019 in

    Figure 1

    Figure 1.

    Source: FEWS NET

    Graph of the Projection of millet prices in Gao from September 2019 to August 2020: More than the average of the last 5 years

    Figure 2

    Figure 2.

    Source: FEWS NET

    Title: Seasonal calendar Mali; Description: Rainy season: mid-May to October. Land preparation: April to June. Planting: June

    Figure 2

    SEASONAL CALENDAR FOR A TYPICAL YEAR

    Source: FEWS NET

    Afin d’estimer les résultats de la sécurité alimentaire pour les prochains six mois, FEWS NET développe les suppositions de base concernant les événements possible, leurs effets, et les réponses probables des divers acteurs. FEWS NET fait ses analyses basées sur ces suppositions dans le contexte des conditions actuelles et les moyens d’existence locaux pour développer des scénarios estimant les résultats de la sécurité alimentaire. D’habitude, FEWS NET prévient du scénario le plus probable. Pour en savoir plus, cliquez ici.

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