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Récoltes moyennes à bonnes de la saison principale en cours améliorent la situation alimentaire

  • Perspectives sur la sécurité alimentaire
  • Mali
  • Octobre 2014 - Mars 2015
Récoltes moyennes à bonnes de la saison principale en cours améliorent la situation alimentaire

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  • Messages clé
  • Contexte National
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    • Les perspectives de production de céréales sont jugées moyennes à bonnes dans l’ensemble ce qui garantit une disponibilité moyenne de vivres dans le pays. Toutefois, la baisse localisée des productions agricoles par insuffisance de pluie engendrera un épuisement précoce des stocks pour les ménages des cercles de Gao, Bourem, Goundam, Niafunké et par endroits dans le nord des régions de Koulikoro et de Kayes et le cercle de Douentza.

    • La disponibilité des nouvelles récoltes et la baisse habituelle des prix qui s’en suit amélioreront l’accès des ménages à la nourriture d’octobre à mars. Les revenus issus de la vente des récoltes, les activités maraichères et les prix des animaux supérieurs de plus de 20 pour cent par rapport à la moyenne procureront des revenus moyens à supérieurs à la moyenne au moins jusqu’en mars.

    • Les ménages pauvres des zones agropastorales et pastorales en raison de la bonne disponibilité des vivres issues des récoltes d’octobre et des prix de céréales proches ou légèrement supérieurs à la moyenne ont un accès moyen aux vivres pour satisfaire leurs besoins alimentaires. Par conséquent, le pays peut rester en insécurité alimentaire Minimale (Phase 1 de l’IPC) d’octobre à mars.

    • Toutefois, une dégradation de la situation alimentaire vers Stress (Phase 2 de l’IPC) est probable à partir d’avril dans les zones rizicoles de la bande du fleuve des cercles de Gao, Bourem et dans la zone des lacs du cercle de Goundam et le Haoussa de Niafunké à cause de la baisse des productions agricoles suite à la mauvaise pluviométrie enregistrée pendant l’hivernage.


    Contexte National
    Situation Actuelle

    Campagne agricole

    La poursuite des pluies au-delà du mois de septembre augure des perspectives de production de céréales globalement moyennes à bonnes dans le pays. Les récoltes en cours pour le maïs, le mil hâtif, les tubercules, les légumineuses et le fonio qui se généraliseront dans le temps, procurent de la nourriture et des revenus moyens aux ménages dans les différentes zones agricoles du pays. Toutefois, on s’attend à des baisses de production dans certaines localités des régions de Tombouctou (Goundam, Haoussa de Niafunké), Gao (Bourem, Gao), Mopti (Douentza) et Kayes (Kayes, Nioro, Yélimané) où l’insuffisance des pluies a perturbé le développement normal des cultures.

    Les activités de maraichage ont démarré et promettent une bonne production au regard du niveau d’eau dans les mares, les barrages et les retenus. Les productions issues procureront de la nourriture dans le cadre de la diversification alimentaire et des revenus moyens pour l’accès des ménages aux marchés d’octobre à mars.

    L’état des pâturages et les conditions d’abreuvement sont moyens à bons dans l’ensemble sauf dans les zones signalées plus haut et qui ont enregistré des précipitations insuffisantes. L’embonpoint du bétail est bon dans l’ensemble mais moyens dans les zones ayant connu une soudure pastorale longue dans les régions de Tombouctou, Gao, le plateau dogon de Bandiagara, et le nord des régions de Kayes et de Koulikoro. Le niveau des productions animales (lait et viande) est moyen dans l’ensemble mais faible dans les zones de déficit ce qui abaisse le niveau de revenus tiré de la vente de ces produits.

    Situation sécuritaire

    La situation sécuritaire reste marquée par des perturbations isolées avec des explosions de mines sur les axes routiers et des affrontements entre milices occasionnant des pertes en vie humaines et de biens. Elle constitue une grande préoccupation surtout qu’elle retarde le retour à une situation normale.

    Evolution des revenus

    Les activités habituelles agricoles et non agricoles (manœuvre, exploitation forestière, migration, petit commerce, etc.) se poursuivent normalement dans le pays à l’exception de certaines parties des régions du nord où elles subissent les séquelles de la persistance de l’insécurité civile. Les revenus moyens tirés de ces activités contribuent à l’amélioration de l’accès des ménages aux marchés.

    Fonctionnement des marchés et prix

    L’approvisionnement des marchés en denrées alimentaires est satisfaisant partout à travers le pays. Une hausse habituelle de l’offre issue des stocks de la campagne passée en raison des besoins financiers pour la fête de Tabaski et des dépenses scolaires a été observée. Elle ne tardera pas à s’améliorer d’avantage avec l’arrivée habituelle des premières récoltes et le déstockage au niveau des producteurs dans les zones de production avec le regain d’espoir quant à la bonne issue de la campagne agricole en cours. La baisse habituelle de la demande est observée en raison de la disponibilité des récoltes en vert du maïs, du fonio, du voandzou, du Niébé et de l’arachide au niveau des ménages.

    Les prix des céréales par rapport au mois passé sont restés stables dans l’ensemble avec toutefois de légères fluctuations à la baisse pour le mil à Ségou (moins quatre pour cent). Le prix du riz est en hausse d’environ deux pour cent à Mopti, 18 pour cent à Tombouctou et stable sur les autres marchés. Les prix des céréales sont dans l’ensemble similaires ou légèrement inférieurs à la moyenne quinquennale sur les marchés des capitales régionales exceptées pour le mil à Koulikoro (moins huit pour cent), le maïs à Bamako (moins 12 pour cent) et à Sikasso (moins neuf pour cent). Par rapport à la même période de l’année dernière, ils sont dans l’ensemble similaires ou en baisse à l’exception du sorgho en hausse de 17 pour cent à Sikasso et du riz à Tombouctou (huit pour cent).

    Les marchés à bétail ont été bien fournis à cause de la demande pour la fête de Tabaski et des offres des éleveurs pour les besoins d’approvisionnement en céréales. Les prix du bétail grâce au bon état d’embonpoint et à la forte demande affichent des prix supérieurs à ceux de la moyenne. Le prix de la chèvre adulte (l'espèce la plus vendue par les ménages pauvres) est en hausse de 11 pour cent par rapport au mois passé à Gao mais en baisse de 10 pour cent à Tombouctou. Le prix de la chèvre est partout supérieur à la moyenne de plus de 25 pour cent. Les termes de l’échange chèvre/mil supérieurs de 35 pour cent à Gao, 46 pour cent à Tombouctou et 69 pour cent à Douentza par rapport à la moyenne permettent un accès moyen des ménages aux céréales.

    Appuis humanitaires

    L’assistance humanitaire en vivres, en cash et en intrants agricoles a limité le recours des ménages aux stratégies d’adaptation négatives et relancer la reconstitution des moyens d’existence dans les zones bénéficiaires des régions de Tombouctou, Gao, Kidal, Mopti et le nord des régions de Koulikoro et de Kayes . Environ trois millions de personnes ont bénéficié d’une assistance humanitaire de janvier à septembre 2014 portant sur les distributions de vivres (1,56 million), de cash, d’appui aux activités génératrices de revenus, d’intrants agricoles, d’appui aux activités pastorales.

    Suppositions

    Le scenario le plus probable de la sécurité alimentaire d’octobre 2014 à mars 2015 se base sur des suppositions fondamentales par rapport à l’évolution du contexte national, qui sont :

    • Situation sécuritaire : Elle continuera à être marquée par des tensions bien que localisées dans les régions du nord durant toute la période du scenario ce qui continuera à perturber (aussi moins qui a été vu l'an dernier et en 2012) la sérénité des populations et le fonctionnement normal des circuits commerciaux notamment à Kidal. L’évolution des négociations en cours en Algérie sera déterminante à un retour de la quiétude dans le pays et particulièrement dans les régions de Tombouctou, Gao et Kidal.
    • Productions agricoles : La poursuite salutaire des pluies au-delà de septembre a permis de corriger les insuffisances de pluies de septembre dans beaucoup de zone de culture. Les perspectives de récoltes pour la campagne 2014-2015 d’octobre à décembre sont globalement moyennes à bonnes avec toutefois des poches localisées de baisse de productions inférieures de 20 à 30 pour cent  à la moyenne à cause de la mauvaise répartition des pluies dans les régions de Tombouctou (Goundam, Haoussa de Niafunké), Gao (Bourem, Gao), Mopti (Douentza) et Kayes (Kayes, Nioro, Yélimané).
    • Les cultures de contre-saison : Les cultures de contre-saison notamment dans les zones de décrue de Tombouctou et de Gao et au niveau des périmètres irrigués sur le fleuve Niger devront se réaliser comme d’habitude à travers le pays de janvier à mars. Le niveau d’étalement de la crue au niveau des mares et lacs de décrues, et des appuis en intrants agricoles augurent des perspectives de production moyennes à bonnes. La baisse de la production céréalière dans certaines localités de la bande du fleuve engendre un plus grand engouement autour des activités maraichères d’octobre à mars ce qui permettra de rehausser plus que d’habitude les productions maraichères à travers le pays.
    • Prix des céréales : La hausse habituelle de l’offre de céréales devrait s’observer d’octobre à mars malgré les poches isolées de baisse de production. Le déstockage attendu en octobre pour les besoins financiers de la fête de Tabaski, les dépenses de rentrée scolaire et de la disponibilité des premières récoltes sur les marchés contribueront à cette hausse. La baisse habituelle de la demande en cette période grâce aux nouvelles récoltes sera observée et plus marquée en raison de la poursuite des appuis humanitaires de vivres dans les zones de consommation habituelles (l’ouest et le nord du pays). Les prix en raison de la hausse de l’offre par rapport à la demande en baisse suivront la tendance saisonnière normale et seront à des niveaux similaires ou proches de la moyenne quinquennale.
    • Mouvements du bétail et productions animales : Les pâturages et le niveau de reconstitution des points d’eau augurent des conditions d’alimentation globalement moyennes pour le bétail d’octobre à mars. Toutefois, le déficit de pâturage observé dans le nord du Faguibine (Goundam), la bande du fleuve de Gao et de Bourem risque d’engendrer précocement des difficultés d’alimentation et d’abreuvement pour les troupeaux des deux cercles à partir de février. Les mouvements habituels de transhumance vers les pâturages de saison sèche débuteront comme d’habitude en novembre-décembre pour les résidus de récolte dans les zones agricoles et vers les bourgoutières du delta intérieur du Niger et les parcours habituels. La production animalière restera moyenne dans l’ensemble et inférieure dans les zones de déficit sévère de pâturage.
    • Prix du bétail : Le niveau élevé du prix du bétail de plus de 20 pour cent de la moyenne se maintiendra d’octobre à décembre. La hausse des offres pour les besoins d’approvisionnement des éleveurs et la baisse de la demande après la Tabaski contribueront à une baisse typique de niveau des prix qui resteront supérieurs à la moyenne pendant toute la durée du scenario en raison des conditions d’élevage moyennes à bonnes qui n’incitent pas à un déstockage du côté des éleveurs. Dans les zones de déficit fourrager de Gao, Bourem et de Goundam, les éleveurs seront tentés de vendre plus qu’en 2013-14 pour sauvegarder le capital et à cause de la baisse des appuis humanitaires en vivres qui limitaient le recours à la vente de bétail en 2014.
    • Migration et mouvements de population : Le départ habituel des bras valides vers les zones de grande production en novembre-décembre améliorera la disponibilité alimentaire pour les ménages pauvres des zones ayant connu une mauvaise récolte. Des départs précoces de bras vers les centres urbains du pays et des pays voisins qui sont observés dès septembre dans les zones de mauvaise production se poursuivront jusqu’en mars. Les envois de vivres et de revenus issus de ces mouvements devront être moyennes à supérieurs à la moyenne compte tenu des opportunités de travail moyennes dans les zones d’accueil et de la durée plus longue que d’habitude ; ce qui améliorera la disponibilité alimentaire et l’accessibilité des ménages. Le retour des déplacées et des réfugiés en cours se poursuivra durant la période du scénario en raison des programmes d’appuis à la réinsertion socio-économiques en cours par le Gouvernement et les agences humanitaires.
    • Pêche : Les perspectives moyennes de pêche au vu des conditions de reproduction moyennes du poisson augurent des captures moyennes pendant la campagne de pêche qui s’ouvrira en décembre. Une intensification de cette activité sera observée dans la bande du fleuve de Gao et de Bourem par les ménages pêcheurs en vue de combler le déficit de production de riz. Le prix du poisson supérieur à la moyenne d’environ 25 pour cent procurera des revenus moyens à supérieurs à la moyenne de décembre à mars.
    • Activités économiques/revenus : La dynamique de reprise des activités économiques se poursuivra dans les régions du nord. Les opportunités d’emplois seront à des niveaux inférieurs à la moyenne mais toujours améliorées par rapport à 2013 grâce à la dynamique de reprise économique soutenue par le retour des déplacés, des réfugiés et des structures techniques l’administration. Les activités habituelles telles que le transport, le petit commerce, l’artisanat procureront d’avantage de revenus moins que d’habitude aux ménages pauvres dans ces localités. La prudence qui est de mise dans la zone continuera à limiter les investissements ; ce qui affecte les opportunités d’affaire et de main d’œuvre. Les programmes d’appuis aux activités génératrices de revenus et des travaux à haute intensité de main d’œuvre autour de la reconstruction atténueront les effets de cette baisse d’opportunité.
    • Situation nutritionnelle : La situation nutritionnelle ne devrait pas connaitre une détérioration par rapport à une situation habituelle. Le taux de malnutrition aigüe globale (poids-taille < -2 Z-scores et/ou œdèmes) selon la dernière enquête SMART de juillet 2014 est de 13,3 pour cent (IC 95% 11,7-15,0) compris entre 9,4 pour cent (IC 95% 8,3-10,6) à Sikasso et 14,8 pour cent (IC 95% 11,3-19,2) à Tombouctou. Ce taux dénote d’une situation nutritionnelle sérieuse dans les régions de Mopti, Kayes, Koulikoro, Ségou, Tombouctou, et le District de Bamako. Toutefois, l’accès moyen des ménages à la nourriture à travers les récoltes d’octobre, les productions maraichères d’octobre à mars et les revenus moyens issus des sources habituelles en cette période amélioreront la situation nutritionnelle des ménages au moins jusqu’en mars. Le renforcement des programmes de prévention et de récupération nutritionnelle en cours à travers le renforcement des capacités et la fourniture d’intrants permettront d’éviter une exacerbation de la malnutrition dans le pays.
    Résultats les plus probables de la sécurité alimentaire

    L’amélioration de la disponibilité alimentaire et de l’accès aux denrées alimentaires en cette période de récolte et de baisse des prix des céréales marque la fin de la soudure aussi bien dans les zones agricoles que pastorales du pays. Le recours habituel à la propre production d’octobre à mars et aux produits issus du travail rémunéré en nature dans les zones agricoles, les bons termes de l’échange bétail/céréales à la faveur de la hausse de la demande pour la fête de Tabaski et de l’embonpoint moyens à bon du bétail contribuent à l’amélioration de la situation alimentaire à travers le pays. Les revenus issus de la vente des récoltes et de la main d’œuvre agricole procureront des revenus moyens aux ménages pauvres pour leurs besoins financiers. Les ménages pauvres au regard des facteurs d’amélioration de la situation alimentaire évoqués ci-dessus seront en insécurité alimentaire minimum (Phase 1 de l’IPC) d’octobre 2014 à mars 2015.

    Toutefois, dans les zones rizicoles des cercles de Tombouctou, Bourem et de Gao, la zone des lacs de Goundam et le Haoussa de Niafunké, la baisse des productions à cause de la mauvaise pluviométrie engendrera un épuisement précoce des stocks au niveau des ménages pauvres à partir de février. Le recours précoce aux marchés pour leurs besoins amène les ménages à l’intensification des travaux de main d’œuvre, de vente de bétail, et de départ précoce de bras valides. Le bon niveau de remplissage des points d’eau dans toutes les zones (mares, barrages, etc.) permettent une intensification des contre-saisons maraichères offrant ainsi une opportunité d’emplois pour les ménages pauvres. Les revenus moyens tirés de l’intensification des activités habituelles de maraichage d’octobre à mars permettront aux ménages pauvres de ces localités de mitiger l’effet de la baisse de production pendant la période du scenario et éviter une dégradation de la situation alimentaire.

    Dans les zones pastorales, la soudure précoce est attendue dès mars pour le bétail à cause du déficit de pâturage dans le nord du lac Faguibine (Goundam), la bande du fleuve de Gao et de Bourem. Il aura un effet négatif sur l’embonpoint du bétail et la production de lait ce qui abaisse les revenus issus de la vente du bétail et des produits laitiers. Ailleurs la situation restera moyenne jusque-là.

     

    Pour plus d'informations sur les analyses des zones de préoccupation au cours de cette période des  perspectives, s'il vous plaît télécharger le rapport complet.

    Figures Calendrier Saisonnier pour une Année Typique

    Figure 1

    Calendrier Saisonnier pour une Année Typique

    Source: FEWS NET

    Current food security outcomes, October 2014

    Figure 2

    Current food security outcomes, October 2014

    Source: FEWS NET

    Figure 1

    Source:

    Afin d’estimer les résultats de la sécurité alimentaire pour les prochains six mois, FEWS NET développe les suppositions de base concernant les événements possible, leurs effets, et les réponses probables des divers acteurs. FEWS NET fait ses analyses basées sur ces suppositions dans le contexte des conditions actuelles et les moyens d’existence locaux pour développer des scénarios estimant les résultats de la sécurité alimentaire. D’habitude, FEWS NET prévient du scénario le plus probable. Pour en savoir plus, cliquez ici.

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