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Amélioration globale de sécurité alimentaire

  • Perspectives sur la sécurité alimentaire
  • Mali
  • Octobre 2012 - Mars 2013
Amélioration globale de sécurité alimentaire

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  • Messages clé
  • Préface
  • Présentation nationale
  • Zones de preoccupation
  • Evenements qui pourraient changer les scenarios

  • Préface

    Donnée l’incertitude sur l’évolution de la crise politique au nord du Mali et l’indication de la continuation de stabilité relative dans le pays, les projections des résultats de l’insécurité alimentaire pour cette perspective sont construits sur un scenario du statu quo. Pourtant, le rapport inclut une présentation des impacts possibles sur la sécurité alimentaire dans l’événement d’une reprise du conflit.  L’analyse suivante sera actualisée au fur et à mesure que des nouvelles informations seront disponibles.

    Messages clé
    • L’insécurité alimentaire située en IPC Phase 2 : Stress dans le sahel occidental et le nord, même dans les zones agropastorales, connait une amélioration d’ici décembre avec la disponibilité des récoltes (mil et riz), la bonne production laitière, la reprise timide d’activités économiques, et les opérations humanitaires en cours.  Au sud, ces facteurs conduisent aux habitudes saisonnières et la restauration d’IPC Phase 1 : insécurité alimentaire minime.

    • Les importantes pertes de superficies suite aux inondations en plus de l’insuffisance de semence dans les zones riz fluvial et élevage transhumant (LZ3) et le Delta du Niger (LZ6) de Djenné réduiront les revenus saisonniers des pauvres qui seront en IPC Phase 2 : stress d’ici mars. 

    • La menace d’invasion de criquet pèlerin s’affaiblit suite à la fin des pluies au Sahel et leur mouvement probable au Maghreb. Cependant, la multiplication des effectifs dans les zones grégarigènes continue de necessiter de la vigilance de la part du dispositif en charge du fléau. 

    • La situation politique reste statu quo, sans le renouvellement de conflit à grande échelle au nord.  L’accalmie relative encourage le retour des déplacées, la redynamisation graduelle économique, et globalement permet à une reprise de stabilité en terme de fonction de marché, disponibilité alimentaire, et la poursuite des activités agricoles.  Un résurgence en conflit pourrait avoir un impacte sur sécurité alimentaire pendant la période d'octobre à mars.


    Présentation nationale
    Situation actuelle

    La situation politique se caracterise par le statu quo et des initiatives impliquant l’organisation des nations unies sont en cours pour une gestion efficace et definitive du problème. Dans l’intervalle, l’accalmie sur la scène politique et et le semblant de paix dans ces regions explique le retour des déplacées pour les activités agricoles et pour échapper aux difficultés des zones d’accueil.

    Les prévisions en mai pour une pluviométrie sous-moyenne à moyenne dans les zones au sud ouest du pays ne se sont pas confirmées pendant la saison, où la saison a progressé d’une manière plutôt favorable dans tout le pays.  Le cumul des pluies au 10 octobre est normal à excédentaire (90 à plus de 130% de la normale) dans l’ensemble, avec les zones au centre et au centre nord qui ont reçu les pluies les plus fortes résultant à des inondations modérées à sévères, surtout au  centre du pays.

    Avec le bon déroulement de la saison pluvieuse et l’appui technique dans les zones sud agricoles, la campagne agricole se poursuit normalement à travers le pays. Les premières récoltes de céréales sont en cours aussi bien au niveau des régions du sud que dans les régions du nord. La disponibilité des produits de soudures (niébé, voandzou, fonio) et des premières récoltes de mil et de riz de décrue et pluvial depuis septembre ont permis de soulager l’accès alimentaire des ménages pauvres agricoles de la période de soudure relativement dure particulièrement pour les régions du nord, le delta du Niger et la bande du sahel des régions de Kayes et de Koulikoro. Les différents appuis en intrants agricoles au sud de la part de l’Etat et des partenaires au développement/assistance humanitaire ont permis aux paysans  dans le nord et le sud d’atteindre des niveaux de réalisation satisfaisants, y compris les céréales (mil, sorgho et maïs ), les cultures de rente (coton, arachides, niébé ) et le riz. Dans les régions du nord, conformément aux hypothèses présentée dans le rapport de mois d’août, la mise en œuvre des intrants agricoles a permis une exploitation rizicole optimale des potentialités avoisinant voire dépasser les réalisations de 2011 avec les nouveaux PIV.

    A la faveur de la bonne pluviométrie à travers le pays, les cultures ont bénéficié de conditions favorables avec moins d’ennemies de cultures pour leur développement. Cependant, cette bonne pluviométrie a causé des pertes plus ou moins importantes sur les cultures (riz, mil/sorgho, légumineuses) particulièrement dans les régions de Ségou, Mopti, Koulikoro et Sikasso. Les superficies cultivées sont supérieures à celles des deux dernières années pour presque toutes les cultures exceptées pour le riz de submersion par endroits dans le delta du Niger qui a souffert de l’insuffisance de semence et des noyades au niveau des zones basses.

    Les conditions d’élevages sont bonnes dans l’ensemble. Les animaux sont dans leurs zones habituelles de pâturages d’hivernage avec un début de descente vers la bande du fleuve dans les régions du nord. La production laitière est jugée bonne mais moins que l’année dernière dans le sahel occidental en raison de la période de soudure difficile pour les troupeaux dans cette zone. La campagne de vaccination est en cours comme d’habitude dans les régions du sud. Dans les régions du nord, elle se fait avec l’appui de certains partenaires humanitaires en dehors de la campagne nationale de vaccination, ce qui augure un faible taux par rapport à une année normale.

    La vigilance reste de mise par rapport à la situation du criquet pèlerin qui poursuit leurs reproductions dans les zones grégarigènes au nord du pays. Toutefois, l’amélioration des conditions écologiques avec l’installation des pluies dans le Maghreb rend moins probable une invasion vers les zones agricoles du sud du pays. Les oiseaux granivores restent encore une menace pour les cultures particulièrement pour le riz dans le delta du Niger et la bande du fleuve des régions de Tombouctou et de Gao. Cette menace est d’autant plus grande, parce que les traitements de prévention d’habitude effectués en septembre (période de nidification et de regroupement) n’ont pas eu lieu pour raison budgétaire. Toutefois, un programme de traitement est élaboré et n’attends que le financement.

    Les prix des céréales sont globalement en baisse, en suivant les tendances typiques de la saison lorsque les perspectives de bonnes récoltes deviennent plus évidents, comme affirmée dans la perspective de Juillet 2012. La baisse des prix des céréales est de plus en plus observée sur les marchés en raison du déstockage constaté aussi bien au niveau des paysans que des commerçants. Les niveaux de baisse sont de 5% à 15% par rapport au mois passé mais les prix sont toujours supérieurs de plus de 50% par rapport à la moyenne des cinq dernières années sur les marchés. Par rapport à ceux de 2011, ils sont fluctuants d’un marché à un autre avec des niveaux inferieurs à ceux de 2011 particulièrement pour le maïs. Les fortes demandes en mil/sorgho pour la reconstitution des stocks institutionnels de l’OPAM plafonnés à 35 000 MT, des agences humanitaires, des banques de céréales qui peuvent arriver en décembre risquent de créer une demande supplémentaire sur les marchés qui tireront très tôt (décembre-janvier) un pause dans la diminution saisonnière des prix.

    La poursuite des opérations humanitaires de vivres constitue une aubaine pour les ménages pauvres des zones du nord du pays, du delta du Niger et dans le Sahel occidental pour satisfaire leurs besoins alimentaires. Aussi, les appuis en vivres, non vivres et en cash démarrés depuis les mois de juin au bénéfice des ménages déplacés du nord et aux familles d’accueil dans le sud du pays selon les données du cluster sécurité alimentaire/nutrition, se poursuivent allégeant les charges pour ceux-ci. Ces appuis émanent des humanitaires, de l’état et des bonnes volontés.

    Les populations deplacées des regions du nord continuent de faire l’objet d’une grande attention de la part de l’Etat et des partenaires au développement. Le nombre de déplacées à la date du 30 octobre est estimée à 174 000 personnes. La region de Mopti reste le principal point d’attraction avec 41 239 personnes pour 5 846 ménages. Cependant, les retours de deplacées dans les zones d’origines se poursuivent et se sont intensifiés en cette période de récoltes dans les régions du nord. De l’avis des comités de crises, un renforcement de soutiens aux humanitaires dont certains sont à bout de souffle. En perspective, la situation alimentaire des deplacés restera préoccupante pour ceux là qui n’arrivent pas à s’inserer dans le tissu socio-economique des zones d’accueil.

    Suppositions
    • Ennemies des cultures : Une accalmie dans le mouvement des criquets pèlerins sera observée avec une faible probabilité d’invasion vers les zones de culture du Sud et de légers dégâts sur les pâturages dans les zones grégarigènes de Kidal. En effet, l’installation des pluies dans le Maghreb favorisera leur remontée surtout que les conditions écologiques se dégraderont de plus en plus dans le sahel avec l’arrêt des pluies. Les oiseaux causeront des dégâts faibles à moyens sur les riz en novembre-décembre dans le delta  du Niger et la vallée du fleuve de Tombouctou et de Gao en raison de l’absence de traitement préventif qui n’a pas eu lieu cette année. Cependant, la présence de l’eau et du pâturage retiendra ces oiseaux dans les jachères mettant ainsi à l’abri les cultures de mil/sorgho à la récolte.
    • Productions agricoles : Les récoltes seront globalement moyennes à bonnes pour toutes les cultures à l’exception des zones localisées victimes des inondations comme la LZ6 de Djenné et la LZ3 de Bourem et de Gao. L’installation à temps des pluies et leur bonne répartition dans le temps et dans l’espace en plus des importants appuis en engrais et semences de qualités aussi bien au sud qu’au nord du pays permettent d’espérer sur de moyennes à bonnes productions dans l’ensemble. Les récoltes en cours pour les légumineuses et les variétés hâtives attestent de la bonne perspective.
    • Maraichage : Le bon remplissage des mares et points d’eau augurent de belles perspectives pour les cultures maraichères capitales dans la formation du revenu et dans l’alimentation des ménages pauvres. Ainsi, elle durera plus longtemps que d’habitude de 3 mois à 4 voire 5 mois. Dans les zones du nord, ces prix seront influencés par le dynamisme des marchés qui est tributaire de la situation sécuritaire. Ainsi, les ménages dans l’impossibilité de vendre leurs légumes iront les manger.  
    • Productions animales: Les productions de lait et de viande seront mieux qu’une année normale à partir d’octobre. La bonne disponibilité des pâturages aussi bien dunaires qu’en zones inondées et le bon niveau de remplissage des points d’eau (mares, puits) assurent des conditions normales d’élevages durant toute la période du scenario pour le bétail.
    • Transhumance : Les mouvements des troupeaux dans le cadre de la transhumance seront normaux en absence de grand changement dans la stabilité sociale et politique. L’accalmie de la situation sécuritaire favorise les mouvements normaux  des zones de concentration d’hivernage aux zones de saisons sèches entre novembre et juin des troupeaux pour l’exploitation des différents parcours pastoraux.
    • Epizootie au nord : Cette année, au nord, la situation épizootique sera plus mouvementée dans les zones isolées du nord, tels que la fièvre aphteuse et la pasteurellose, en raison de la faible couverture vaccinale du cheptel en l’absence d’une campagne bien organisée.
    • Prix du bétail : Les prix du bétail seront par rapport à la moyenne, plus élevés dans les zones agricoles du sud particulièrement en cette période de récolte (octobre) jusqu’en avril  et un peu moins dans les régions du nord à cause de la situation sécuritaire qui limite l’arrivée des chevillards étrangers sur les marchés à bétail. La forte demande en cette mouvance de la fête de Tabaski  et noël et la baisse de l’offre de la part des agriculteurs contribuent à cette hausse.
    • Prix des céréales : Les prix des céréales à la faveur des bonnes productions agricole dans le pays connaitront une baisse relativement importante saisonnière d’ici décembre mais resteront supérieurs à la moyenne quinquennale.  Apres décembre, on attend une pause de la baisse due aux reconstitutions des stocks institutionnels et les tendances typiques pour cette période.
    • Endettement des ménages pauvres. Les grandes ventes pour atténuer les difficultés de 2012 ont réduit le capital vendable pour les ménages pauvres de ces zones précédemment en crise, ce qui abaissera le potentiel de revenu de ces populations cette année, après les récoltes. Ainsi, le recours au crédit dans des proportions légèrement supérieures à la normale sera observé à partir de mars.  
    • Pêche : Les espèces piscicoles bénéficieront de bonnes conditions de reproduction avec le bon niveau de la crue au niveau des frayères. Les bonnes captures attendues permettront de rehausser le niveau de revenu tiré de cette activité décembre et avril plus qu’une année normale.
    • Situation politico sécuritaire : La situation politique reste le statu quo durant toute la période du scenario avec quelques remous localisés au nord. Cette relative accalmie incite les populations déplacées à regagner leur terroir d’origine.
    • Reprise des marchés et des activités économiques: En cas de statu quo, le dynamisme de reprise des marchés du nord se poursuivra, ce qui améliorera les échanges avec le reste du pays surtout que les flux de transport par route et par voie fluviale continuent de plus belle. Cependant, la timidité dans la reprise des activités économiques et surtout bancaires dans le septentrion limite les revenus habituels des populations urbaines du nord pendant toute la période du scenario.
    • Actions humanitaires : Les opérations humanitaires en vivres à l’endroit des pauvres se poursuivront jusqu’en fin décembre dans les zones du delta, du sahel occidental et du nord conformément aux différents programmes établis. Toutefois, avec le lancement du CAP 2013 (appel consolidé de fonds) et les mobilisations planifiées par les humanitaires, il est probable que les opérations d’appui se poursuivent dans les zones du nord après décembre.
    • Déplacement interne et mouvement de population: Le retour des déplacées vers leur terroir d’origine se poursuivra pendant toute la durée du scenario.
    Résultats les plus probables de la sécurité alimentaire

    En se basant sur les hypothèses ci-dessus formulées, la sécurité alimentaire qui s’est améliorée à partir du mois de septembre dans les zones agricoles du sud et à partir d’août dans les zones pastorales à la faveur de la disponibilité des premières récoltes et de la bonne production laitière se maintiendra d’avantage durant toute la période du scenario à travers le pays. Dans les zones du sud du pays, les bonnes récoltes en cours constitueront des sources sûres d’alimentation et de revenus pour les différents ménages avec la hausse des besoins de mains d’œuvre suscitée par la bonne production agricole. Cette perspective de bonne production fera fléchir le niveau des prix favorisant ainsi l’accès des ménages pauvres à ces denrées d’octobre à mars étant entendu que plus de 60% des ménages dans ces zones ont recours à leur propre production d’octobre à janvier voir au delà.  Le bon niveau de remplissage des points d’eau dans toutes les zones (mares, barrages, etc.) permettent une intensification des contre saison maraichères à partir de décembre offrant ainsi une opportunité d’emplois pour les ménages pauvres et très pauvres. Avec ces conditions, les ménages des zones agricoles du sud seront en situation de sécurité alimentaire minimale (phase 1 de l’IPC 2) d’octobre 2012 en mars 2013.

    Dans les zones pastorales, le bon embonpoint du bétail et la bonne production de lait de même que des produits laitiers (crème, fromage) procureront des revenus moyens à bons aux ménages pasteurs durant toute la période du scenario.

    Les pauvres et très pauvres des zones au nord rizicoles et agropastorales  qui ont connu d’importantes pertes de superficies suite aux inondations trainent encore leurs difficultés jusqu’en fin octobre à partir duquel les récoltes du riz seront disponibles et permettront aux ménages pauvres de disposer de la nourriture et de revenus qui seront moins que pour une année normale. Ainsi, les ménages pauvres des zones rizicoles de Djenné et de la bande du fleuve de Tombouctou et Gao en situation de stress en octobre seront en phase 1 de l’IPC 2 de novembre à février à partir duquel une détérioration en phase 2 (stress) de leur situation suite à l’épuisement de leurs stocks, aux prix en hausse sur les marchés et à la faiblesse de leurs moyens d’existence suite fortement sollicités à la soudure passée, sera observée en l’absence d’assistance. La période de soudure sera précoce à partir de mars (alors un mois en avance) pour les populations de ces deux zones.  En plus, les ménages pauvres des zones rizicoles de Djenné et des régions du nord auront besoin d’appuis entre novembre et décembre en intrants agricoles surtout en semences et petits matériels pour leur permettre de profiter de ces bonnes conditions et améliorer leurs revenus de janvier à mars 2013 à travers la vente des légumes ce qui les mettrait à l’abri des stratégies d’adaptation négatives et diminuer l’effet des dettes.


    Zones de preoccupation

    Zone de moyen d’existence 3 : Riz fluvial et élevage transhumant

    Situation actuelle

    La riziculture constitue l’activité principale de cette zone en relation avec un élevage de type transhumant. Les ménages pauvres et très pauvres, représentant un peu plus de 60% de la population de cette zone estimée à environ 460,000 personnes, dépendent de leur faible production rizicole de novembre à janvier, du travail agricole pour les aisés, de l'élevage, du maraichage, de la pêche et du travail migrant. La zone est largement déficitaire en année normale car les productions agricoles ne couvrent à peine que 3 à 6 mois de consommation pour les ménages aisés et 1 à 3 mois pour les pauvres. Cette faible production fait que les populations de la zone 3 sont dépendantes du marché pour satisfaire plus de 60% de leur besoins alimentaires à partir de mars. L’accès au marché des ménages pauvres est assuré par les revenus provenant des activités agricoles d’août à décembre et d’avril à juin et des envois de migrants en juillet.

    Cette année, suite aux fortes pluies et à la forte crue du fleuve entre août et septembre, les pertes importantes de production d’environ 40% par rapport à la normale réduisent les opportunités de travail pour les ménages pauvres payés en nature à la récolte entre novembre et décembre. Ces pertes sur les cultures rizicoles affecteront le revenu saisonnier des ménages pauvres dans ces zones par la réduction de leurs productions et des quantités reçues du payement en nature, typiquement fournit entre novembre et décembre. L’appui en semences et en engrais fournit par l’Etat et les partenaires au développement entre juillet et septembre a permis une exploitation optimale des périmètres irrigués qui ont fourni aux ménages pauvres en août des revenus à travers les activités de repiquages, de désherbage. Cependant, les revenus tirés de ces activités sont moins que la normale compte tenu de la forte demande car constituant pour certaines zones (Tombouctou, Diré) la seule opportunité garantie de travail en ces temps de perturbation économiques.

    La reprise du transport fluvial avec la bonne crue explique le regain de dynamisme sur les différents marchés de la zone. A la faveur de ces flux, l’approvisionnement des marchés est correctement assuré et des opportunités de travail à travers le courtage et le petit commerce s’offre aux populations en quête d’emplois, comme normale pour cette période. Une amélioration du prix des animaux notamment des petits ruminants est constatée par rapport au mois passé. Le niveau de prix est légèrement inferieur (5%) à celui de la moyenne. Cette amélioration des revenus tirés de la vente des animaux couplée avec les prix des céréales stables ou en baisse explique l’amélioration par rapport aux mois précédents des termes de l’échange chèvre/mil malgré qu’ils soient en baisse d’environ 10% et 40% de la moyenne respectivement à Tombouctou et Gao.

    La poursuite jusqu’en décembre des actions humanitaires en vivres (céréales, huile, légumineuses, sel) et non vivres (intrants agricoles, petits bétail, vaccination) démarré depuis le mois de mai à l’endroit des 1 476 000 personnes des régions du nord selon l’évaluation du SAP en avril 2012 contribue à soulager les populations pauvres. Ces appuis ont permis aux exploitants de poursuivre la mise en valeur de leurs champs. La prise en charge nutritionnelle de certains partenaires améliore le statut nutritionnel des enfants de moins de cinq. Ainsi le nombre d’admission de cas de malnutrition est tombé de 1925 cas en août à 1103 cas en septembre. Cette évolution suit la tendance saisonnière normale pour la zone. 

    Les départs en masse plus que d’habitude en direction principalement des centres urbains du pays et des pays voisins (RCI, Burkina, Ghana, Niger, Nigeria, Sénégal) à la recherche de travail se poursuivent dans les zones victimes des fortes pertes de superficies cultivées. Une certaine fluidité évoluant des liaisons entre le nord et le sud a permis une reprise des mouvements réguliers des bras valides dans les zones ordinaires du pays et de l’étranger. Cependant, les transferts de fonds des migrants aux parents restés sur place se sont maintenus voire augmentés compte tenu de la conjoncture difficile marquée par le niveau élevé des prix des denrées de base.

    Suppositions

    Le scénario le plus probable de la sécurité alimentaire dans cette zone d’octobre 2012 à mars 2013, se fonde sur les hypothèses suivantes spécifiques à la localité:

    • Pertes d’environ 40% des productions rizicoles suite aux noyades réduira la disponibilité alimentaire au près des ménages et partant la baisse des revenus tirés de la vente de cette production entre novembre et décembre, période normale de re-établissement de sécurité alimentaire au niveau de ménage.
    • Cependant, les récoltes bien que représentant environ 60% par rapport à la normale du riz en novembre contribueront à l’amélioration de la disponibilité en vivres et amélioreront la sécurité alimentaire à court terme chez les pauvres et très pauvres. Ainsi, les populations seront dans une situation relativement normale de sécurité alimentaire entre novembre 2012 et  février 2013.
    • Approvisionnement régulier des marchés en denrées alimentaires de base permettant aux populations une disponibilité physique aux céréales, qui serait critique entre février et mars 2013.  En dépit de disponibilité, les ménages pauvres et très pauvres feront face aux contraints d’accès à cause du pouvoir d’achat réduit, surtout entre février et mars 2013.  Alors, on attend un recours précoce par rapport à une situation normale aux marchés pour l’essentiel des ménages pauvres pour leur consommation alimentaire à partir de février 2013. Ainsi, les ménages dépendront plus longtemps du marché que d’habitude en raison des importantes pertes de production enregistrées.
    • Mouvements habituels des animaux dans les zones de concentration à partir d’octobre 2012 jusqu’en mars 2013 leur permettant de disposer d’une bonne alimentation étant donnée le bon état des pâturages et de garder la valeur marchande à travers le maintien d’un bon embonpoint. La production laitière sera assurée jusqu’au mois de mars 2013.
    • On attend une amélioration du revenu tiré de la vente des animaux surtout avec le retour des grossistes sur les différents marchés à bétail. La forte demande en bétail, notamment en petits ruminant en cette période de Tabaski et aussi Noel constitue une opportunité de vente à des prix normaux ou légèrement supérieurs à la normale. Cette situation permet aux ménages vendeurs d’avoir des revenus conséquents pour accéder aux marchés pour les besoins.
    • Disponibilité du nénuphar entre octobre et décembre 2012 (plante aquatique utilisé comme aliment de soudure) assurant aux ménages pauvres des substituts alimentaires avant les récoltes. 
    Résultats les plus probables de la sécurité alimentaire

    Dans le scenario le plus probable, les ménages pauvres et très pauvres de la LZ3 arriveront à conserver leur besoins alimentaires en octobre 2012 au détriment d’une érosion de leurs moyens d’existences à travers la vente excessive de bétail aux prix élevés par rapport a normale, et la decapitalisation des cheptels suite aux ventes déjà effectuées tout au long de l’année.. Les appuis humanitaires de vivres démarrés depuis juin se poursuivent de façon mensuelle à l’endroit des ménages pauvres jusqu’en décembre. La conjoncture difficile incite les migrants à intensifier les envois en natures (denrées alimentaires) et en espèce aux ménages notamment pendant la période de soudure de juillet à octobre.  Ces deux facteurs en plus des récoltes des produits de cueillette disponibles et des captures de poisson qui procurent des revenus ont améliorés la disponibilité alimentaire auprès des ménages pauvres. Ainsi, les ménages pauvres en attendant les récoltes en novembre continuent à être en IPC Phase 2 : Stress jusqu’en fin octobre. En novembre, avec la disponibilité des récoltes de riz de saison, la baisse des prix des céréales et le revenu tiré de la vente de bétail, l’accès des ménages pauvres sera moyen et couvrira sans trop de difficultés leurs besoins alimentaires jusqu’en janvier. Ils seront en phase minimum de sécurité alimentaire (IPC Phase 1) à partir de novembre. En février avec la fin des stocks issus de la propre production, de la hausse saisonnière des prix des denrées et de la limitation du potentiel vendable en bétail  compte tenu de l’usure dont ils ont fait l’objet en 2011, les ménages pauvres seront en phase d’IPC Phase 2 : Stress de février à mars. Les envois de migrants durant ces trois mois serviront à rembourser les dettes contractées et permettront un accès limité aux denrées alimentaires.

    Zone de moyen d’existence 4 de Gao et Tombouctou : mil et élevage transhumant

    Situation actuelle

    Les populations de cette zone vivent principalement des récoltes du mil dunaire entre octobre à janvier voir mars qui leur procure les besoins céréaliers pour environ 3 à 6 mois selon les zones et du bétail qui leur procure du lait de juillet à décembre capital dans l’alimentation.  La cueillette du fonio sauvage de septembre à octobre est très capitale dans cette zone où il constitue une grande source de nourriture pour les ménages pauvres pouvant couvrir 1 à 3 mois de consommation. Le départ pour la migration se déroule normalement après les récoltes en décembre vers les centres urbains du pays et des pays voisins du Niger, du Burkina d’Algérie voire la Lybie constitue une source importante de revenus pour toutes les catégories socio-économiques de la zone. Cette période du scenario est la période indiquée pour les petits métiers et les activités de manœuvre au niveau local.

    Les pauvres ménages agropastoraux, en IPC Phase 2 : Stress en octobre commencent à améliorer leur sécurité alimentaire avec accès actuel aux premières récoltes de mil et surtout de fonio sauvage permettant de couvrir convenablement leurs besoins alimentaires comme d’habitude entre octobre et janvier. En effet, la bonne pluviométrie et son installation à temps pour cette campagne a permis un bon développement des plants de mil et des pâturages dans la zone. La bonne disponibilité des pâturages et des points d’eau en nombre expliquent le bon niveau de la production laitière enrichissant la diète pour tous les ménages de la localité. En raison des déplacements de populations consécutifs au conflit et qui commencent à retourner, on note une reprise de plus en plus active des activités économiques. Cette amélioration de l’environnement socio-économique permet aux ménages pauvres de couvrir leur besoin alimentaire de base à travers les récoltes en cours et aux appuis humanitaires qui se poursuivent.

    Contrairement à l’hypothèse du scenario de juillet à décembre qui prévoyait une baisse importante des productions suite aux déplacements des populations, les champs ont été cultivés à souhait même si les niveaux habituels n’ont pas été atteints, faisant recouvrir de l’espoir aux nombreux déplacées. La vente de bétail malgré quelques perturbations continue de façon plus ou moins normale sur les marchés du Niger habituellement fréquentés par les populations de cette zone. Ces différents circuits ont permis aux populations de tirer des revenus qui sont en amélioration de 15 à 20% par rapport à juillet à la faveur du bon embonpoint des animaux. Ces niveaux de prix restent fluctuants avec des hausses d’environ 15%  par rapport à la moyenne des cinq ans.

    L’exode en direction des centres urbains du pays et des pays voisins à la recherche de ressources pour subvenir aux besoins des ménages a repris. Ces départs pour l’instant revêtent un caractère normal compte tenu des productions moyennes à bonnes de la campagne agricole. Les bras valides se dirigent vers le sud du pays et dans les villes voisines des pays voisins du Niger et du Burkina. Les revenus tirés de la main d’œuvre agricole et les petits métiers (construction, artisanat, courtage) sont faibles par rapport à une situation normale suite à la perturbation du tissu économique. Les revenues agricoles sont en baisse en termes de durée de travail avec la réduction bien que faible des superficies exploitées entre (10 à 20%).   En effet, la conjoncture difficile contraint les ménages à privilégier les dépenses alimentaires au détriment d’autres postes qui constituent des sources de revenu pour les ménages pauvres. Cette stratégie de vie malgré le maintien du prix de la main d’œuvre réduit les opportunités de travail. Les ménages pauvres vivent des transferts de fonds en hausse compte tenu de la situation particulière dans la zone. Aussi, les envois de nourritures des parents installés ailleurs et des crédits auprès des commerçants et famille constituent de précieux recours pour les pauvres.

    L’amélioration du prix des animaux combinée à la baisse de celui des céréales contribue à une hausse des termes de l’échange par rapport au mois antérieurs et vis-à-vis de la moyenne. Ainsi, l’écart se trouve être réduit à environ 20 voire 10% par rapport à normale. Les bonnes conditions d’élevage permettent le maintient de ce niveau de prix pour le bétail.

    Les appuis humanitaires à travers les distributions de vivres et de non vivres à environ 148 000 personnes des zones mil et élevage transhumant des régions de Gao et de Tombouctou dans toutes les régions du nord en cours jusqu’en décembre se poursuivront selon les différents programmes. Il en est de même pour les campagnes de vaccination du bétail initiées par certains partenaires au développement. La prise en charge des cas de malnutrition se poursuivra au niveau des CSCOM fonctionnels.

    Suppositions

    Le scénario le plus probable de la sécurité alimentaire dans cette zone d’octobre à mars 2013, se fonde sur les hypothèses spécifiques à la localité suivantes:

    • La poursuite des récoltes du mil et du fonio sauvage en cours jusqu’en novembre améliorent du coup la disponibilité céréalière entre octobre et janvier au niveau des ménages pauvres.
    • La disponibilité en pâturages et en points d’eau permettront une bonne production laitière et un bon embonpoint des animaux durant toute la période du scenario. Ces bonnes conditions garantissent les revenus normaux tirés de la vente du bétail sur les différents marchés. Cette hausse des revenus tirés du bétail par rapport aux mois précédents améliore l’accès des ménages aux marchés.
    • Les mouvements habituels des animaux dans les zones de concentration à partir d’octobre maintiendront un bon embonpoint des animaux et assurent une bonne production laitière jusqu’en mars 2013.
    • Le fonctionnement normal de ces marchés à bétail constitue des débouchés sûrs pour les opérations de vente et  l’amélioration du revenu tiré de la vente des animaux surtout avec la fluidité de la communication avec les marchés à bétail des pays voisins du Niger et du Burkina.
    • La poursuite des appuis humanitaires pour les ménages pauvres jusqu’en décembre assurera une bonne disponibilité en vivres au niveau des ménages vulnérables.
    • La non mise en œuvre d’un programme cohérent de vaccination ne permet pas une bonne couverture malgré la volonté des partenaires au développement. Les troupeaux non vaccinés constituent donc de véritables risques de contamination au niveau des zones de concentrations.
    Résultats les plus probables de la sécurité alimentaire

    Avec la disponibilité des premières récoltes du mil et du fonio sauvage depuis fin septembre et très capital dans la zone, les ménages pauvres ont commence a couvrir les besoins alimentaires et sont en transition a une situation d’insécurité alimentaire plutôt minimale (IPC Phase 1) entre octobre et janvier. La production moyenne du mil dans la zone renforcée par les payements en nature et les appuis humanitaires en vivres qui se poursuivront jusqu’en décembre selon les différents calendriers permettent aux ménages pauvres de couvrir leurs besoins alimentaires d’octobre à janvier sans grandes difficultés.

    Entre février et mars, l’amenuisement des stocks au niveau des ménages, la hausse saisonnière des prix des denrées à des niveaux élevés réduisent l’accès des ménages pauvres aux marchés pour leur approvisionnement en denrées de base. La baisse de revenu attendue suite à la réduction du capital animalier vendable et malgré la hausse de revenus des transferts de parents permettra aux ménages pauvres de satisfaire leurs besoins alimentaires mais pendant cette période, les ménages pauvres feront une transition graduelle en situation de stress (IPC Phase 2).

    Zone de moyen d’existence 6 : Delta du Niger riz fluvial (Mopti)

    Situation actuelle

    La zone est constituée en majorité de ménages agro pêcheurs vivant de la culture du riz et de la pêche. Il s'agit d'une zone de production excédentaire et en sécurité alimentaire en année normale. Cette culture offre une grande opportunité de travail dans les mois de juillet et août et de novembre à janvier avec les récoltes du riz. La principale source de nourriture pour les populations de la zone porte présentement sur les achats et les emprunts auprès des commerçants et parents aisés compte tenu de la très mauvaise production rizicole suite à la sécheresse et de la mauvaise campagne de pêche en 2011. Ainsi, les ménages ont passé toute l’année sur le marché pour leur besoins alimentaire affectant du coup leurs moyens d’existence. Les ventes de bétail très faibles compte tenu du potentiel animalier faible pour les pauvres et portants surtout sur les volailles se poursuivent et constituent une source de revenu importante pour les pauvres.

    La forte crue du fleuve cette année combinée avec de grandes pluies ont rabaissé les opportunités d’emplois des pauvres suite à la réduction de superficie exploitables entre juillet et août. La cherté des semences qui ont connu une hausse de plus de 100% par rapport au prix normal n’a pas permis une exploitation optimale des superficies aussi bien du coté des ménages aisés que des ménages pauvres qui ont échangé voir annexer les prêts de semence aux hypothétiques récoltes attendues.

    La cherté des prix du riz, principale denrée consommée contraint les ménages à opter plus que d’habitude pour la consommation du maïs et le mil relativement moins chers. Pour ces derniers, des baisses de niveau de prix sont enregistrées particulièrement pour le maïs (-12%). Le riz malgré les subventions accordées est à un niveau non abordable pour les ménages pauvres qui ont usé de tous les moyens pour satisfaire leur besoins alimentaires. En effet, le riz local moins chers et plus accessible aux pauvres est devenu rare avec une hausse de plus de 50% par rapport à la normale.

    Depuis septembre, une amélioration dans les captures de poisson par rapport aux mois précédents est de plus en plus observée permettant aux ménages d’accéder aux marchés de vivres. La forte crue observée ne permet pas de bonnes captures souhaitées ce qui procurent des revenus faibles aux ménages. Les termes de l’échange poisson/mil malgré leur hausse d’environ 40% sont loin de combler les attentes suite à la faiblesse des captures en ce mois d’octobre suite à la forte crue et  la baisse de revenu liée à la pêche est estimée à environ 30 à 50% d’une année moyenne. La vente de volaille qui constitue une source importante de revenu reste normale et améliore l’accès de certains ménages pauvres aux marchés.

    Malgré la hausse des envois de l’étranger ou du sud du pays d’environ 20% de la normale, les ménages ont de la peine à couvrir convenablement leur besoins alimentaires. Les envois de migrants qui constituent un recours capital pour les ménages de la zone ont été engloutis dans l’achat des semences de riz. Cette situation difficile ajoutée aux mauvaises perspectives de récolte a amené un nombre plus important que d’habitude à prendre le chemin de l’exode afin de subvenir aux besoins des familles.

    Un programme d’appui humanitaire dans le cadre de la prise en charge des personnes âgées, des femmes enceintes et des enfants malnutris se poursuit dans la zone. Les travaux de vivres contre travail d’un ONG prévus de mai à Novembre 2012 se poursuivent offrant une opportunité de nourriture pour un peu plus de 8 000 personnes. Les ménages pauvres en dehors des appuis évoqués accèdent également aux dons et des prêts auprès des parents aisés.

    Situation actuelle

    Le scénario le plus probable de la sécurité alimentaire dans cette zone d’octobre à mars 2013, se fonde sur les hypothèses spécifiques à la localité suivantes:

    • Les mouvements habituels des ménages pêcheurs vers les pêcheries habituelles à partir d’octobre contribuent à rehausser le niveau des captures et d’améliorer les profits pour de cette activité de pêche jusqu’à avril 2013.
    • Les récoltes du riz auront lieu comme d’habitude à partir de novembre-décembre 2012 mais avec de forte réduction de la production. La réduction des productions réduit en plus de leur propre production, les paiements en natures tirés de cette activité par les ménages pauvres pour lesquels ils sont d’un apport capital dans la satisfaction des besoins alimentaires.
    • Pertes importantes d’environ 60% de la production rizicole dans la zone diminuent de façon signifiant la disponibilité en riz local au niveau des ménages. Cette très faible disponibilité tire les prix de ces denrées à la hausse la rendant moins accessible aux ménages pauvres.
    • L’ouverture de la campagne de pêche sera une opportunité de travail pour les ménages pauvres à côté des ménages de pêcheurs aisés et de petits commerces de poisson. Ces activités procurent des revenus permettant aux ménages pauvres d’accéder aux marchés à partir de décembre.
    • La poursuite du départ des bras valides vers les centres urbains du pays et de l’étranger vont probablement augmenter par rapport à la normale. Des envois compte tenu de la situation difficile prévisible seront observés car les envois sont fonction de la conjoncture locale. Ainsi, le départ précoce des bras valides contribuera à rehaussé le niveau des envois avec la prolongation plus que d’habitude du temps de séjour.
    Résultats les plus probables de la sécurité alimentaire

    En définitive, les ménages pauvres de la zone sont en stress en cette période d’octobre compte tenu de l’absence de récolte rizicole. En novembre à la faveur des récoltes du riz et des stocks issus des paiements en nature, la disponibilité alimentaire s’améliorera au niveau des ménages pauvres. L’amélioration des captures de poisson de plus en plus observées sur le fleuve constitue une opportunité de revenu et d’amélioration de la diète alimentaire pour les ménages de la zone d’ici mois. Ainsi, ces ménages en plus des facteurs ci-dessus cités bénéficient de la baisse des prix du mil compte tenu de leur proximité avec les zones de mil. Le départ entre octobre et décembre des bras valides dans le delta central du Niger (Tenenkou) où la campagne est moyenne à bonne procurera des profits importants comme d’habitude pour les besoins de consommation des ménages pauvres. Ainsi, ces ménages arriveront à satisfaire leurs besoins alimentaires pendant les mois de novembre à janvier et se retrouvent dans une situation d’insécurité alimentaire minime (IPC Phase 1). En Décembre, les bonnes conditions hydriques favorisent l’intensification du maraichage de contre-saison qui procurera des revenus substantiels leur permettant d’accéder aux marchés pour leurs besoins. Les revenus tirés de la vente des légumes entre les mois de janvier à mars en plus des  envois des exodants permettront aux ménages de faire face sans trop de peines aux besoins alimentaires sur les marchés qui vont afficher la tendance saisonnière à la hausse. Pourtant, la faiblesse des moyens d’existence et le règlement des dettes qui ont connu une hausse par rapport à la normale réduit l’impact des envois des migrants. Ainsi, les ménages pauvres seront en stress à partir de février 2013.  Quant aux ménages riches et moyens, ils seront en sécurité alimentaire durant toute la période du scenario.

    L’impact de conflit

    Dans l’optique d’une reprise et/ou intensification du conflit à cause de la situation politique au nord, on peut s’attendre à une perturbation de la situation socio-économique dans ces zones et un possible impact sur l’insécurité alimentaire.  Car l’analyse de l’évolution du conflit est difficile a élaborer, mais comme le conflit pourrait avoir un impact important sur le scenario décrit ici, on présente les résultats possibles de perturbation suite à la reprise du conflit à grande échelle au nord.   Les indicateurs qui suivent permettront de se faire une idée sur les impacts potentiels d’un tel conflit, n’importe quelle nature ou origine:

    Zone géographique

    Evènements possibles

    Impacts possibles sur les conditions de la sécurité alimentaire

    ZONE 1,2, 3 et 4 (de Tombouctou, Gao et Kidal)

    Inaccessibilité des zones de conflit par les commerçants, les humanitaires

    La rupture de liaison avec le sud du pays entrave l’approvisionnement des populations en denrées alimentaires. Cette perturbation dans l’approvisionnement aussi bien pour les produits importés d’Algérie et du sud du pays contribuerait à une inflation généralisée sur les marchés réduisant l’accessibilité physique et financière des ménages desdites localités ce qui pourrait aggraver leur vulnérabilité à l’insécurité alimentaire. Surtout que ces régions sont chroniquement dépendant des importations du sud et de l’Algérie.  Les agences humanitaires auraient des défis d’accéder aux personnes touchées par les conflits ce qui pourrait favoriser  l’aggravation rapide de la situation humanitaire.

    ZONE Tous le pays

    Déplacements des populations

    Le conflit pourrait mettre sur les routes de l’exil une population significative de personnes à la recherche de zones calmes. Ces déplacements se feront au détriment des moyens d’existence qui seront dégradés voire disparaitre augmentant ainsi la vulnérabilité des personnes en déplacement.  On pourrait assister à une dégradation des conditions de vie particulièrement pour les ménages pauvres qui n’auraient pas les moyens de s’éloigner très loin du champ de conflit. Alors, la sécurité alimentaire aigue et partant la malnutrition, les maladies pourraient être au rendez vous en absence de toute assistance.  On pourrait assister à des formations de camps de déplacées et de refugiés dans les pays voisins. Dans les régions du sud, les ménages d’accueil qui ont souffert des premières expériences de mars à juillet 2012 pourraient voir une complication de leur situation.

    Nord du Mali                (ZONE 1, 2, 3,4), le delta du Niger (ZONE6) et la bande du sahel de Nara et l’Office du Niger

    Mouvement des animaux

    Les populations pastorales chercheraient à se déplacer avec leur bétail dans les zones d’accueil. Ces arrivées inhabituelles pourraient créer de forte concentration de bétail sur les parcours pastoureaux avec risque de surpâturage et de conflit entre autochtones et arrivants aussi bien à l’intérieur du pays que dans les pays voisins. Ces dégradations de pâturages pourrait provoquer des baisses de production avec des cas de mortalités plus ou moins élevés selon les zones. Aussi, le risque de contamination des maladies pourrait etre élevé.


    Evenements qui pourraient changer les scenarios

    Zone géographique

    Evènements possibles

    Impacts sur les conditions de la sécurité alimentaire

    ZONE 3, 4, 6 et 8 (de Kayes et Koulikoro)

    Dégâts importants d’oiseaux granivores sur les cultures.

    Les oiseaux peuvent anéantir les productions agricoles dans les zones citées surtout que les traitements de prévention n’ont pas été effectués cette année en septembre. Ces importantes pertes réduiront les disponibilités céréalières au niveau des ménages concernés et aggravent leur risque à l’insécurité alimentaire.

    ZONE 3,6

    Appuis conséquent en intrants agricoles pour les cultures de contre-saison de riz et de maraichage (engrais, semences et carburant) en novembre- décembre

    Un appui conséquent en semence de qualité en riz et en produits maraichers en novembre-décembre permettra une intensification de ces productions qui procureront des revenus et de la nourriture pour les populations des deux zones. Cette situation permettra de sauvegarder les opportunités d’emplois pour les ménages pauvres au niveau des zones concernées.

    Nord du Mali                (ZONE 1, 2, 3), le delta du Niger (ZONE6) et la bande du sahel(ZONE8)

    Dégâts importants de feux de brousse sur les pâturages

    Les grandes pertes de pâturages par les feux amènent des perturbations dans le mouvement des animaux ce qui affectera la disponibilité en produits laitiers pour les populations et la détérioration de leur embonpoint. Cette perte d’embonpoint s’accompagne de baisse de revenu et au pire des cas par des pertes de bétail par la faim.

    Zone 3 et 6

    La mise en place d’un système d’appui en équipements de pêche pour les ménages pauvres dès novembre

    Un équipement adéquat des ménages de pêcheurs améliorera leurs profits dans cette activité surtout que les conditions climatiques augurent de belles perspectives de campagne de pêche. Ces appuis mettront les pêcheurs pauvres à l’abri des usuriers.

    National

    Besoins de reconstitution des stocks institutionnels au niveau de l’état et des humanitaires entre novembre et décembre

    Pression forte sur les marchés à céréales entretenant une demande exceptionnellement élevée sur les marchés ce qui tirera très tôt les prix des denrées alimentaires.

    ZONE 1, 2, 3 et ZONE6 en partie (nord de Mopti)

    Ouverture de conflits armés par l’armée pour la reconquête des régions du nord

    Embrasement générale de la zone avec isolement des populations du nord provoquant la reprise des grands déplacements de population. Le fonctionnement des  marchés sera fortement perturbé avec risque de pénurie dans les zones concernées.

    Nord du Mali (zones agropastorales)

    L’hypothèse sur l’exploitation des superficies en céréales ou riz n’est pas précis

    Les ménages pauvres agropastorale, principalement en zones rurales, n’était pas capable de exploiter tante de superficies en céréales ou riz que prévu, résultant dans une récolte moyenne ou pire.  Dans le cas le plus extrême, la production céréalière est modérément à sévèrement inférieur à la moyenne dans les régions du nord agropastoraux, résultant en moins de mois de la sécurité alimentaire de la production agricole, une dépendance précoce sur l’assistance et l’appui externe a empêcher une dégradation a la sécurité alimentaire aigue.

    Figures Calendrier saisonnier pour une année typique

    Figure 1

    Calendrier saisonnier pour une année typique

    Source: FEWS NET

    Carte des résultats actuels de la sécurité alimentaire, Octobre

    Figure 2

    Carte des résultats actuels de la sécurité alimentaire, Octobre

    Source: FEWS NET

    Carte des zones de moynes d'existence

    Figure 3

    Carte des zones de moynes d'existence

    Source: FEWS NET

    Afin d’estimer les résultats de la sécurité alimentaire pour les prochains six mois, FEWS NET développe les suppositions de base concernant les événements possible, leurs effets, et les réponses probables des divers acteurs. FEWS NET fait ses analyses basées sur ces suppositions dans le contexte des conditions actuelles et les moyens d’existence locaux pour développer des scénarios estimant les résultats de la sécurité alimentaire. D’habitude, FEWS NET prévient du scénario le plus probable. Pour en savoir plus, cliquez ici.

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