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L’Urgence (Phase 4 de l’IPC) persistera pendant la soudure à Ménaka où plus de 60 pour cent de la population est déplacée

  • Perspectives sur la sécurité alimentaire
  • Mali
  • Juin 2024 - Janvier 2025
L’Urgence (Phase 4 de l’IPC) persistera pendant la soudure à Ménaka où plus de 60 pour cent de la population est déplacée

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  • Messages clé
  • Résumé
  • Contexte de la sécurité alimentaire
  • Conditions actuelles de sécurité alimentaire en juin 2024
  • Analyse des principales sources de nourriture et de revenus
  • Assistance alimentaire humanitaire
  • Résultats actuels de l’insécurité alimentaire en juin 2024
  • Suppositions clés sur les conditions atypiques de sécurité alimentaire jusqu’en janvier 2025
  • Résultats projetés de l’insécurité alimentaire aiguë de Juin 2024 à Janvier 2025
  • Évènements qui pourraient changer les résultats projetés de l’insécurité alimentaire aiguë
  • Aperçu d’une zone de préoccupation
  • Annexe : Résultats projetés en matière d’insécurité alimentaire et zones bénéficiant de niveaux significatifs d’assistance alimentaire humanitaire
  • Messages clé
    • L’insécurité alimentaire de Crise (Phase 3 de l'IPC) à Urgence (Phase 4 de l’IPC) est anticipé dans les zones d’insécurité du centre et du nord jusqu’en septembre. FEWS NET estime que 1.5-2.0 millions de personnes auront besoin d’une assistance alimentaire d’urgence pendant la soudure de juin à aout. Bien que le nombre de personnes dans le besoin diminuera dans la periode post-recolte, les besoins resteront élevés dans le nord du pays, notamment au niveau des PDIs et des ménages hôtes pauvres. 
    • La persistance des incidents sécuritaires continuera à perturber les moyens d’existences, notamment dans le centre et le nord du pays. A Ménaka, l’Urgence (Phase 4 de l’IPC), avec une proportion de ménages dans les zones inaccessibles en Catastrophe (Phase 5 de l’IPC), demeurera jusqu’en septembre. 
    • L’accès des ménages pauvres aux marchés est réduit par rapport à la normale dans le pays à cause de la hausse des prix des denrées alimentaires au-dessus de la moyenne quinquennale, de la détérioration des termes de l’échange bétail/céréales pour les éleveurs et de la baisse globale de revenus des ménages. Dans les zones d’insécurité du centre et du nord, ces hausses de prix affectent négativement l’accès des ménages pauvres aux aliments, notamment dans les zones pastorales et aupres les PDIs, ou les ménages dependent du marché pour la majorité de leurs besoins alimentaires.
    • L’installation de la campagne agricole 2024-2025 est en cours dans le pays. Des pluies normales à excédentaires attendues et les subventions des intrants agricoles du gouvernement sont favorables à une production globalement moyenne de céréales dans le pays. Toutefois, si les séquences sèches venaient à perturber la croissance des cultures, une augmentation de la population en Crise (Phase 3 de l’IPC) entre octobre et janvier dans le sud du pays sera probable.  

    Résumé

    Une aide humanitaire soutenue à Ménaka reste nécessaire jusqu’en janvier 2025 

    Figure 1. Répartition des incidents sécuritaires par région, 2024
    Répartition des incidents sécuritaires par région, 2024

    Source: FEWS NET, avec données d’ACLED

    Les effets de l’insécurité persistante, couplés à ceux des aléas climatiques, exposent davantage les ménages pauvres à l’insécurité alimentaire, particulièrement dans les zones du centre et nord du pays. Un niveau élevé d'intensité du conflit a persisté au cours de 2024 (Figure 1). À Ménaka, en particulier, les déplacements de personnes et de leurs biens, les mouvements de bétail, l'assistance humanitaire et la tenue des marchés hebdomadaires ont été gravement perturbés dans les parties sud-est et centrale de la région de Ménaka en raison de l’imposition des sièges intermittents par les groupes armés sur la région depuis décembre 2023. Pendant la soudure, où les ménages dépendent majoritairement du marché pour leur alimentation dans un contexte de hausse de prix, la région sera en Urgence (Phase 4 de l’IPC), avec une faible proportion de la population en Catastrophe (Phase 5 de l’IPC), notamment dans les zones inaccessibles. A partir d’octobre, l’amélioration saisonnière sera observée grâce à l’accès des ménages aux récoltes, aux produits de cueillette et animaliers et à la baisse saisonnière des prix des denrées alimentaires. Toutefois, des résultats de Crise (Phase 3 de l’IPC) persisteront à cause des effets continus de l’insécurité sur les moyens d’existence des ménages, surtout dans les zones à accès limité.

    La soudure agropastorale en cours dans le pays se déroule normalement, excepté dans les zones d’insécurité du centre et du nord du pays où elle a été précoce d’un à deux mois par rapport à la normale et contribuant à renforcer la dépendance des ménages aux marchés pour leurs approvisionnements en aliments dans un environnement de hausse des prix des denrées alimentaires. Les approvisionnements des marchés connaissent la diminution saisonnièrement à travers le pays, notamment dans les zones affectées par le conflit en raison des dysfonctionnements se traduisant par des baisses importantes voire des arrêts de flux commerciaux et l’épuisement précoce des stocks lié à la baisse de la production locale. Bien que les escortes militaires et la vente à prix modéré du gouvernement aient partiellement stabilisé les approvisionnements sur les marchés principaux, des défis persistent pour rétablir la normalité.

    L’accès des ménages pauvres aux marchés est réduit par rapport à la moyenne à cause de la hausse des prix des denrées alimentaires de base, particulièrement dans les zones d’insécurité où les prix dépassent de 30 pour cent à plus de 60 pour cent de la moyenne quinquennale, notamment à Ménaka. Ces niveaux élevés de prix et la baisse des termes de l’échange bétail/céréales, réduisent l’accès adéquat des ménages pauvres aux denrées alimentaires dans un environnement de baisse de revenus.

    Malgré les améliorations saisonnières attendues dans la période post-récolte allant d’octobre à janvier, le conflit persistant dans le nord du Mali continuera à fragiliser les moyens de subsistance, maintenant des besoins élevés en sécurité alimentaire au-delà de septembre. Bien que les projections du Gouvernement soient pour une production céréalière 2024/25 au-dessus de la moyenne, le conflit va continuer à perturber les activités agricoles au nord du pays et des déficits localisées de production sont probables. 

    Les assistances humanitaires en cours par le Gouvernement et ses partenaires humanitaires visent à atténuer les difficultés d’accès des ménages aux aliments et à réduire le recours des ménages aux stratégies d’adaptation négatives déjà constatées dans les régions de Ménaka et la zone du Liptako Gourma. Cependant, les contraintes d'accès humanitaire et la faiblesse de mobilisation du financement menacent de réduire l'efficacité de la distribution d'aide dans les zones critiques. De plus, le financement pour la réponse humanitaire est un des plus bas depuis 2012, avec seulement 13 pour cent des ressources nécessaires mobilisé en fin mai 2024, selon OCHADans le souci de répondre aux besoins d’urgence et renforcer la résilience des ménages affectés par la crise sécuritaire et alimentaire au Mali, une réponse humanitaire soutenu demeure impérative. Une action urgente est essentielle pour renforcer le financement humanitaire, améliorer l'accès des ménages aux aliments et atténuer l'impact profond du conflit et de la variabilité climatique sur des millions de personnes à travers le pays.

    En savoir plus

    L’analyse présentée ici est basée sur les informations disponibles au 14 juin 2024. Les liens suivants donnent des informations supplémentaires : 


    Contexte de la sécurité alimentaire

    Le Mali est en proie à l'insécurité et au conflit dans les régions du nord et centre du pays depuis 2012. Le conflit, né de la volonté d’autonomisation du nord par les groupes rebelles, s’est exacerbé par l'augmentation des opérations des groupes armés non étatiques (GANEs) dans le nord du pays autour de 2015. Les combats entre l'État Islamique du Sahel (IS-Sahel), Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin (JNIM) et les Forces Armées Maliennes (FAMa) se poursuivent dans le pays. De plus, les combats persistants entre le groupe du Cadre Stratégique Permanent (CSP) et les FAMa depuis août 2023 ont conduit à une escalade de la violence dans le nord du Mali. De plus, le contexte sociopolitique du Mali, marqué par le coup d'État en 2020, a entrainé l'imposition de sanctions économiques et financières de la part de la Communauté Economique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) et de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA). En janvier 2024, le Mali a annoncé son retrait de la CEDEAO, marquant une rupture significative avec les efforts de coopération régionale et d'intégration économique. 

    Le conflit prolongé a eu un impact immense sur les moyens d’existence au Mali. L'agriculture et le pastoralisme sont les principaux moyens d’existence pour la majorité de la population. Le secteur agricole repose fortement sur l'agriculture de subsistance, avec des cultures de base telles que le mil, le sorgho, le maïs et le riz. L'élevage est aussi important comme moyens d’existence dans les régions semi-arides et arides du pays. Cependant, ces moyens d’existence sont très vulnérables aux chocs, y compris les variations climatiques et le conflit en cours, qui perturbent les activités agricoles, les routes de transhumance et l'accès aux marchés. Pour les pasteurs, l'incapacité de suivre les routes de transhumance typiques perturbe la santé et la productivité du bétail. Bien que la majorité de la population soit concentrée dans les zones productrices du sud du pays, relativement épargnées par le conflit, les populations du nord dépendent fortement des flux commerciaux provenant de ces zones excédentaires pour la majorité de leurs besoins alimentaires. 

    Ces chocs ont sévèrement érodé les variations saisonnières typiques dans le nord du Mali. L'insécurité persistante a perturbé les activités agropastorales, entraînant une réduction de la production des cultures à la suite des abandons de champs. Le mois de juin, période actuelle de ce rapport, marque typiquement le début de la saison de soudure, qui est devenue plus longue et plus sévère dans le nord du pays. Alors que la période de projection de septembre à janvier marque la période post-récolte, où une amélioration significative de l'accès à la nourriture et aux revenus est observée dans le sud du pays, le manque d'accès à la propre production, la perturbation des flux commerciaux et les prix des denrées alimentaires de base supérieurs à la moyenne maintiendront les besoins élevés en aide humanitaire dans le nord du Mali bien après la période post-récolte. 

    Figure 2 : Calendrier saisonnier pour une année typique
    Seasonal Calendar image showing harvest and rainy periods for Mali

    Source: FEWS NET


    Conditions actuelles de sécurité alimentaire en juin 2024

    L’alerte précoce en cas d’insécurité alimentaire aiguë nécessite de prévoir les résultats futurs des mois à l’avance afin de donner aux décideurs suffisamment de temps pour budgétiser, planifier et répondre aux crises humanitaires attendues. Toutefois, en raison des facteurs complexes et variables qui influencent l’insécurité alimentaire aiguë, des prévisions définitives sont impossibles. Le développement de scénarios est la méthodologie qui permet à FEWS NET de répondre aux besoins des décideurs en développant un scénario « le plus probable » du futur. Le point de départ de l’élaboration de scénarios est une analyse solide des conditions actuelles de sécurité alimentaire, qui constitue l’objet de cette section. 

    Les principes clés du processus d’élaboration de scénarios de FEWS NET incluent l’application du cadre de réduction des risques de catastrophe et une optique basée sur les moyens d’existence pour évaluer les résultats de l’insécurité alimentaire aiguë. Le risque d'insécurité alimentaire aiguë d'un ménage dépend non seulement des dangers (comme une sécheresse), mais aussi de la vulnérabilité du ménage à ces dangers (par exemple, le niveau de dépendance du ménage à l'égard de la production de cultures pluviales pour sa nourriture et ses revenus) et de sa capacité d'adaptation (qui prend en compte à la fois la capacité des ménages à faire face à un danger donné et le recours à des stratégies d’adaptation négatives qui nuisent à la résilience future). Pour évaluer ces facteurs, FEWS NET fonde cette analyse sur une solide compréhension fondamentale des moyens d’existence locaux, qui sont les moyens par lesquels un ménage répond à ses besoins fondamentaux. Le processus d’élaboration de scénarios de FEWS NET prend également en compte le Cadre des moyens d’existence durables ; les Quatre dimensions de la sécurité alimentaire ; et le Cadre conceptuel de la nutrition de l’UNICEF, et est étroitement aligné sur le cadre analytique de la Classification intégrée des phases de la sécurité alimentaire (IPC).

    Principaux dangers 

    Insécurité/Conflits : De janvier à avril 2024, le conflit au Mali s'est étendu, notamment en raison des actions du JNIM dans les régions de Mopti et Ségou. Les attaques du JNIM ont augmenté avec 206 incidents et 493 décès, soit une hausse de 31  pour cent des incidents et de 62  pour cent des décès par rapport au début de 2023 (Figure 3). La violence s'est concentrée dans les cercles de Bandiagara, Bankass, Koro et Djenné (Mopti), et Tominian, Ségou et Niono (Ségou), provoquant des déplacements significatifs de populations. De plus en plus, JNIM tente d’imposer des sièges sur les villes, comme le siège partiel de la ville de Tombouctou en cours depuis août 2023. En février, le JNIM a bloqué Léré (Tombouctou) et Touara (Ségou) avec une extension des attaques au sud et l'ouest, augmentant la violence dans les régions de Kayes et Koulikoro.

    L'IS-Sahel a également intensifié les attaques, notamment autour de la réserve naturelle d'Ansongo-Ménaka et du cercle d'Andéramboukane, pour maintenir leur contrôle ou leur influence sur tous les cercles de Ménaka et la capitale régionale. Ce contrôle continue de perturber les mouvements des populations et l'aide humanitaire, notamment à Anchawadji, Tessit, Andéramboukane, Inékar et Ménaka, forçant de nouveaux déplacements de population vers les villes de Gao, Ménaka et Ansongo.

    Figure 3. Tendances des incidents securitaires et fatalites a travers le pays, Jan 2020-Mai 2024
    Tendances des incidents securitaires et fatalites a travers le pays, Jan 2020-Mai 2024

    Source: FEWS NET, avec données d’ACLED

    Déplacements de population : La poursuite des déplacements énormes de populations qui fuient les persécutions des groupes armés dans le but de s’éloigner des zones de conflit entre l’armée et les groupes armés est toujours observée notamment dans les régions de Mopti, Ménaka, Tombouctou, de Gao et de Kidal et aussi dans le nord de Ségou et Koulikoro. Le nombre de personnes déplacées en fin mai 2024 est estimé à 330 713 personnes selon le rapport de suivi des déplacements des populations.  Ces populations déplacées qui représentent plus de 25 pour cent de la population totale à Mopti et plus de 60 pour cent à Ménaka exercent une pression énorme sur les maigres ressources au niveau des zones d’accueil. En avril 2024, plus de 94 000 réfugiés burkinabès (53 800 enregistrés et 40 200 non enregistrés) sont au Mali. 

    Conjoncture économique: Depuis la fin de l'année 2023, le Mali fait face à une crise énergétique  due à des difficultés techniques et financières. Bien que le pays ait établi de nouveaux partenariats pour renouveler ses équipements, augmenter la part de l’énergie renouvelable et financer l'achat de carburant, les besoins en électricité du pays restent bien supérieurs à la disponibilité actuelle. Les délestages fréquents d’électricité ont contribué à la baisse importante du niveau des activités économiques liées à l’électricité, voire la fermeture de certaines unités industrielles et de licenciement de personnel ; ce qui exacerbe une situation économique déjà précaire dans le pays. La baisse des opportunités d’emplois et les pertes d’emplois qui en découlent, réduisent significativement le revenu des ménages. En plus, le niveau élevé de l’inflation globale qui est passé de 16,8 pour cent en avril 2023 à 18,6 pour cent en avril 2024 selon l’Institut National de la Statistique, ce qui a contribué à élever le coût de la vie.


    Analyse des principales sources de nourriture et de revenus

    Productions agricoles :  À travers le pays, les récoltes de contre-saison se terminent, notamment pour le riz irrigué dans les zones du centre et du nord. Le début de la saison des pluies en juin marque le lancement des activités agricoles pour la saison principale qui s'étendront de juin à septembre.

    • Les récoltes moyennes à inférieures à la moyenne pour les cultures de contre-saison de riz en cours, notamment dans les regions de Ségou, Mopti et Tombouctou, améliorent les disponibilités en riz dans le pays, l’accès et le revenu des ménages exploitants dans les zones de périmètres irrigués.

    • Quant aux activités agropastorales qui démarrent avec l’installation des pluies, elles offrent des opportunités moyennes de revenus et de nourritures pour les ménages pauvres à travers la main d’œuvre agricole excepté dans les zones d’insécurité où le niveau des activités est en baisse en raison des difficultés d’accès aux champs. Les prévisions de production de céréales en 2024 sont estimées à 11,1 millions de tonnes soit une hausse de 11,2 pour cent par rapport à  la moyenne quinquennale et de 12,1 pour cent à celle de l’année dernière selon le plan de campagne 2024/25 du gouvernement (Ecofin).

    • Dans les zones d’insécurité du centre et du nord du pays et le nord des régions de Ségou et de Koulikoro, l’accès aux champs est fortement perturbé à cause des persécutions et des assassinats de paysans par les groupes armés en ce début de campagne agricole. La baisse du niveau des activités en cette période d’installation des cultures, réduit les opportunités d’emplois agricoles dans ces zones au profit des ménages pauvres. 

    Productions animales : La baisse saisonnière des productions animales de lait, de fromage et de beurre est observée en cette période de soudure pastorale, mais beaucoup plus marquée dans les régions de Tombouctou, Gao et de Ménaka, qui constituent les grandes zones pastorales du pays. Dans ces zones d’insécurité, les problèmes d’alimentation du bétail à cause de la faible disponibilité des pâturages ont été exacerbés par les difficultés d’accès à certains pâturages en lien avec l’insécurité qui continue de perturber le mouvement du bétail. La réduction de la taille des troupeaux dans les zones d’insécurité à la suite des vols/enlèvements et ventes excessives, réduisent l’accès des ménages aux produits animaliers et le revenu pastoral pour les ménages éleveurs. 

    Main d’œuvre agricole/non agricole : Les activités de construction, confection de briques, ramassage de bois et de petits métiers se déroulent normalement dans le pays. Dans les zones agricoles, les préparatifs pour la nouvelle campagne agricole offrent des opportunités moyennes de revenus aux ménages pauvres à travers le nettoyage des champs, le transport de fumier, le labour et les semis. Cependant, la baisse des activités économiques en raison de la conjoncture économique difficile dans le pays réduit les opportunités d’emplois particulièrement dans les zones d’insécurité (Mopti, Tombouctou, Ménaka, Kidal et Gao). 

    •  Dans ces zones d’insécurité, la persistance de l’insécurité, les déplacements énormes de populations et les difficultés de mouvement de personnes limitent les opportunités d’emplois par rapport à la moyenne, y compris pour la main d’œuvre agricole ainsi que pour la main d’œuvre non agricole. 

     Marchés de céréales/bétail : La dépendance aux marchés est particulièrement élevée en cette periode de soudure, particulièrement pour les ménages pauvres urbains, dans les sites d’acceuil de deplacées, et dans les zones pastorales. La baisse saisonnière de l’approvisionnement est observée sur la pluplart des marchés du pays, mais plus marquée sur ceux des zones d’insécurité en raison des dysfonctionnements se traduisant par des baisses importantes voire des arrêts de flux commerciaux et l’épuisement précoce des stocks lié à la baisse de la production locale. Les escortes militaires organisées et les ventes de l’Office des Produits Agricoles du Mali (OPAM) sur les marchés du nord du pays, contribuent à améliorer une disponibilité, qui reste toutefois nettement en dessous de la moyenne sur les marchés concernés. Les blocus imposés par les groupes armés sur les principaux axes d’approvisionnement dans certaines régions du nord du pays comme à Ménaka, Gao et Tombouctou, même si un assouplissement est observé depuis le debut de 2024, perturbent significativement l’approvisionnement des marchés dans ces zones particulièrement à Ménaka où des ruptures d’approvisionnement sont signalées sur des marchés en dehors des villes de Ménaka et d’Andéramboukane. Selon REACH, dans les zones sujettes aux blocus intermittents des groupes armés, une hausse des prix de 70 à 100 pour cent a été observée pour les produits de première nécessité tels que le sucre, l’huile, la farine de blé, le lait en poudre et le carburant durant les trois derniers mois à Tombouctou.

    Suivez ce lien pour plus d’informations sur les bulletins des prix.

    Pouvoir d’achat des menages : En général, l’accès des ménages pauvres aux marchés est réduit par rapport à la moyenne à cause de la hausse des prix des denrées alimentaires de base, particulièrement dans les zones d’insécurité où les prix sont supérieurs à la moyenne quinquennale de plus de 30 pour cent voire plus de 60 pour cent à Ménaka (Figure 4). La hausse des coûts de production en lien avec l’inflation élevée sur les intrants agricoles, des coûts de transport ainsi que des demandes plus élevées que la moyenne à la suite des achats institutionnels, les exportations de céréales, la baisse localisée des productions au Mali et la baisse des offres par rapport à la moyenne ont contribué à la hausse des prix des céréales sur les marchés. Excepté à Koulikoro, Sikasso, Kayes et Tombouctou où elle est inférieure à 10 pour cent de la moyenne, la hausse du prix de la céréale de base par rapport à la moyenne quinquennale est de 63 pour cent à Ménaka, 27 pour cent à Gao, 18 pour cent à Mopti, 17 pour cent à Ségou. Ces niveaux de prix réduisent l’accès adéquat des ménages pauvres aux denrées alimentaires dans un environnement de baisse de revenus à cause de la conjoncture nationale difficile.

    Les termes de l’échange chèvre/céréales restent inférieurs à la moyenne quinquennale à cause du niveau élevé des prix des céréales, en dépit de leur amélioration saisonnière par rapport au mois passé. Par rapport à l’an passé et à la moyenne quinquennale, les termes de l’échange chèvre/mil sur les marchés pastoraux suivis sont en baisse (Figure 2), ce qui réduit l’accès des ménages éleveurs à la nourriture, compte tenu des prix des céréales élevés à cause de la baisse des offres en lien avec les difficultés d’accès aux marchés. 

    Suivez ce lien pour plus d’informations sur les perspectives de l’offre et du marché.

    Figure 4. Prix de la principale céréale sur les capitales régionales
    Prix de la principale céréale sur les capitales régionales

    Source: FEWS NET, OMA


    Assistance alimentaire humanitaire

    L’assistance alimentaire humanitaire – définie comme une assistance alimentaire d’urgence (en nature, en espèces ou en vouchers) – peut jouer un rôle clé dans l’atténuation de la sévérité des conséquences de l’insécurité alimentaire aiguë. Les analystes de FEWS NET intègrent toujours les informations disponibles sur l’assistance alimentaire, sous réserve que les informations sur l’assistance alimentaire sont très variables selon les zones géographiques et dans le temps. Conformément aux protocoles IPC, FEWS NET utilise les meilleures informations disponibles pour évaluer où l'assistance alimentaire est « significative » (définie par au moins 25 pour cent des ménages dans une zone donnée recevant au moins 25 pour cent de leurs besoins caloriques grâce à l'assistance alimentaire) ; voir l’annexe du rapport. En outre, FEWS NET mène une analyse plus approfondie des impacts probables de l’assistance alimentaire sur la sévérité des résultats, comme détaillé dans les orientations de FEWS NET sur L’intégration de l’assistance alimentaire humanitaire dans l’élaboration de scénarios. D’autres types d’assistance (par exemple, l’assistance aux moyens d’existence ou à la nutrition ; les programmes de filet de sécurité sociale) sont incorporés ailleurs dans l’analyse plus large de FEWS NET, le cas échéant.

    Les assistances alimentaires mensuelles ont eu lieu de janvier à mars 2024 pour 491 474 personnes, soit 36 pour cent des bénéficiaires ciblés, principalement sous forme de bon d’achat dans toutes les régions, particulièrement dans celles de Tombouctou, Gao, Ménaka et Mopti où le taux d’exécution dépasse les 30 pour cent du ciblage. Ces assistances sont destinées à couvrir au moins 50 pour cent des besoins et se poursuivront jusqu’en septembre 2024, principalement à l’endroit des ménages pauvres et des déplacés dans le cadre du mécanisme rapide de réponse (RRM) à travers le pays. Au même moment, 60 344 personnes ont bénéficié des appuis en renforcement des moyens d’existence à travers la distribution d’aliment de bétail, de petits équipements et d’intrants agricoles (semences, engrais) de la part du Gouvernement et ses partenaires. Toutefois, les difficultés d’accès humanitaire dans les zones d’insécurité, limitent l’accès des populations les plus vulnérables à ces assistances qui constituent l’une des principales sources de revenus et de nourritures pour celles-ci et particulièrement pour les déplacés dans les zones accessibles. Bien que les assistances soient en cours dans les zones de préoccupation du pays, la hausse continue des besoins a un taux élevé de nouveaux déplacements ainsi que les difficultés d’accès à cette assistance par les ménages à cause de l’insécurité, limitent l’impact de cette assistance sur les résultats de l’insécurité alimentaire de la zone. En plus des défis sécuritaires liées à la délivrance de l’assistance humanitaire, les contraintes de financement persistent aussi. En fin mai 2024, le plan national de réponse n’avait que 13 pour cent du financement requis représentant un taux de financement le plus bas depuis le début de la crise en 2012; ce qui a déjà forcé les acteurs humanitaires à réduire la quantité et la fréquence de l’assistance alimentaire.


    Résultats actuels de l’insécurité alimentaire en juin 2024

    Sur la base de l'analyse des conditions de sécurité alimentaire, FEWS NET évalue ensuite dans quelle mesure les ménages sont susceptibles de satisfaire leurs besoins caloriques minimaux. Cette analyse fait converger les preuves des conditions de sécurité alimentaire avec les preuves directes disponibles de la consommation alimentaire au niveau des ménages et de l'évolution des moyens d’existence ; FEWS NET prend également en compte les preuves disponibles au niveau régional sur l'état nutritionnel et la mortalité, en se concentrant sur si celles-ci reflètent les impacts physiologiques de l'insécurité alimentaire aiguë plutôt que d'autres facteurs non alimentaires. En fin de compte, FEWS NET utilise l’échelle de Classification intégrée de la sécurité alimentaire (IPC) en cinq phases mondialement reconnue pour classer les résultats actuels de l’insécurité alimentaire aiguë. De plus, FEWS NET applique le symbole de « ! » pour désigner les zones où la Phase de l’IPC cartographiée serait probablement pire d'au moins une Phase de l’IPC sans les effets de l'assistance alimentaire humanitaire en cours.

    Zones d’insécurité du centre et du nord du pays (Ménaka, Gao, Mopti, Kidal, Tombouctou) : Ces régions toutes situées au nord et au centre du pays, abritent la majorité des personnes en insécurité alimentaire du pays du fait des déplacements importants de populations, des mauvaises récoltes, et de la situation sécuritaire qui continue de dégrader les moyens d’existence des ménages dans ces zones. 

    A Ménaka, les ménages rencontrent des difficultés énormes d’accès aux aliments à cause de la baisse importante des revenus et des prix élevés des denrées alimentaires. Ils ont actuellement recours de façon atypique aux ventes excessives de bétail jusqu’à la décapitalisation comme signalé par 29,6 pour cent des ménages selon l’ENSAN de février 2024, la dépendance à l’assistance humanitaire, à la mendicité et à la vente de biens productifs. La forte dégradation des moyens d’existence, et la hausse des prix de la denrée de base de plus de 50 pour cent par rapport à la moyenne quinquennale face à une baisse importante de revenus, aggravent la dégradation de la consommation alimentaire en cette période de soudure plus sévère que la moyenne. La situation est plus critique pour les ménages des zones inaccessibles et les déplacés qui n’ont pas accès aux assistances humanitaires. Par conséquent, les ménages incapables de satisfaire leurs besoins alimentaires sans recourir de façon atypique aux stratégies d’urgence se retrouvent en insécurité alimentaire d’Urgence (phase 4 de l'IPC). En dépit de l’atténuation des effets du blocus sur la région, le faible accès à certaines zones avec rupture d’approvisionnement et d’accès humanitaire, une proportion faible de ménages se trouve en situation de Catastrophe (Phase 5 de l’IPC).

    Dans certaines zones d’insécurité de Gao, Mopti et Tombouctou, l’épuisement précoce des stocks à cause de la baisse des productions agricoles de la saison dernière accroit la dépendance des ménages aux marchés face à des prix élevés des denrées alimentaires de base et de baisse de revenus. Les ménages connaissent actuellement une dégradation inhabituelle de la consommation alimentaire, et ont recours à la réduction des dépenses alimentaires et non alimentaires, aux ventes atypiques de bétail, aux emprunts, aux ventes de biens et à la migration. Par conséquent, les ménages pauvres aux moyens d’existence fortement dégradés dans ces zones et qui ne peuvent satisfaire leurs besoins alimentaires sans recourir aux stratégies d’adaptation négatives sont en insécurité alimentaire de Crise (Phase 3 de l'IPC).

    Des niveaux élevés de Malnutrition Aigüe Globale (MAG) corroborent ces résultats. La dégradation saisonnière de la MAG pendant cette periode de soudure est plus marquée dans les zones d’insécurité où en plus des difficultés d’accès aux aliments, le manque d’accès aux services sociaux de base et aux programmes de nutrition contribuent à rehausser plus que la moyenne le niveau de la malnutrition aiguë dans ces zones. La prévalence de la malnutrition aiguë globale (MAG) du pays est structurellement élevée (>10 pour cent) selon les normes OMS. La faible diversité alimentaire, les difficultés d’accès au régime alimentaire minimal acceptable, la détérioration de la situation des morbidités et l’impact négatif de la récurrence de l’insécurité alimentaire seraient les causes de cette situation de dégradation selon l’analyse IPC_Nut de juin 2023. A la vingt-et-cinquième semaine de l’an 2024, le cumul des admissions d’enfants souffrants de malnutrition aiguë globale selon la Sous Direction Nutrition est en hausse de 15,4 pour cent par rapport à celui de 2023 à la même période (151 293 cas contre 131 031 en 2023) .

    Centres urbains : Les ménages pauvres des centres urbains connaissent une baisse de revenus liée à la baisse du niveau des activités économiques exacerbée par le manque d’électricité qui engendre la baisse des opportunités d’emplois aussi bien dans les unités industrielles qu’au niveau des petits métiers. Les ménages pauvres qui connaissent une baisse de revenus dans un environnement de hausse des prix des denrées alimentaires, et qui ne peuvent satisfaire leurs besoins alimentaires sans recourir de façon atypique aux emprunts, à la vente de biens, à la solidarité locale et à la réduction importante des dépenses non alimentaires sont par conséquent en insécurité alimentaire de Stress (Phase 2 de l’IPC) à pire. 

    Zones pastorales du nord : Les ménages des zones pastorales du pays dans les régions de Tombouctou, Gao, Kidal connaissent des perturbations majeures dans le déroulement normal des activités pastorales et d’échanges (commerce) avec les marchés habituels. La baisse des prix du bétail en raison des difficultés d’accès aux marchés, le départ des troupeaux loin des ménages et les vols/pertes de bétail réduisent les opportunités de nourritures et de revenus pastoraux en dessous de la moyenne. La dégradation des termes d’échange bétail/céréales à cause des prix très élevés des denrées alimentaires amène les ménages pastoraux à vendre plus de bétail que la moyenne, voire décapitaliser pour les plus pauvres, à la migration atypique, aux emprunts et aussi à la réduction des dépenses non alimentaires et alimentaires. Ces ménages qui ne peuvent satisfaire leurs besoins alimentaires sans recourir à ces stratégies de Stress à Crise sont en insécurité alimentaire de Stress (Phase 2 de l'IPC) à pire.

    Zones agricoles du sud : La disponibilité moyenne des productions agricoles de la campagne dernière, l’approvisionnement normale des marchés, les prix des céréales bien que supérieurs à la moyenne et le déroulement des activités habituelles de revenus même si des réductions d’opportunités sont observées, permettent aux ménages pauvres d’accéder à la nourriture sans grande difficultés en cette période de soudure. Les opportunités moyennes de mains d’œuvre agricoles, les revenus issus de la migration et les ventes de bétail procurent des revenus proches de la moyenne aux ménages pour satisfaire leurs besoins alimentaires. Par conséquent, l’insécurité alimentaire minimale en cours se poursuivra jusqu’en janvier 2025.


    Suppositions clés sur les conditions atypiques de sécurité alimentaire jusqu’en janvier 2025

    La prochaine étape du processus d'élaboration de scénarios de FEWS NET consiste à développer des suppositions fondées sur des preuves sur les facteurs qui affectent les conditions de sécurité alimentaire. Cela inclut les dangers et les anomalies dans les conditions de sécurité alimentaire qui affecteront l'évolution de l'alimentation et des revenus des ménages au cours de la période de projection, ainsi que les facteurs qui pourraient affecter l’état nutritionnel. FEWS NET développe également des suppositions sur les facteurs censés se comporter normalement. Ensemble, ces suppositions sous-tendent le scénario « le plus probable ». La séquence de formulation des suppositions est importante ; les suppositions primaires (par exemple, les attentes relatives aux conditions météorologiques) doivent être élaborées avant les suppositions secondaires (par exemple, les attentes relatives à la production agricole ou animale), les suppositions qui sous-tendent cette analyse et les principales sources de preuves utilisées pour élaborer les suppositions sont énumérées ci-dessous : ces listes ne sont pas exhaustives.

    Suppositions nationales 

    • En dépit des prévisions pluviométriques normales à excédentaires, des séquences sèches plus longues que la moyenne, pourront entrainer des déficits hydriques, notamment dans la bande Sahélienne. Selon les données historiques, l'impact des séquences sèches sur les niveaux de production dépend de la durée et du moment de ces séquences pendant la saison de croissance. Bien qu’une production céréalière moyenne soit actuellement prévue, le FEWS NET continuera de surveiller les progrès saisonniers et l'impact potentiel des séquences sèches au cours des prochains mois.

    • La croissance du PIB réel devrait ralentir à 3.8  pour cent en 2024 contre 4,4 pour cent en 2023, en raison de graves délestages d’électricité, une baisse de la production d’or et de l’incertitude entourant le report des élections et la sortie de la CEDEAO(FMI).

    • Le caractère humide attendu de la saison présage des risques importants d’inondations, de submersion particulièrement dans les zones basses, donc de réduction des surfaces cultivables, des pertes des cultures et des fourrages et des dégâts sur les infrastructures, etc. (PRESASS).

    Suppositions sous-nationales pour zones de centre et du nord impactées par le conflit

    • Les niveaux de conflit vont persister au nord du pays. Les attaques de l'Etat Islamique au Sahel contre les populations civiles de Gao et Ménaka devraient rester à leur niveau actuel jusqu'en janvier 2025. Il en serait de même pour le JNIM qui poursuivra sa progression vers le sud, entraînant des violences continues à Koulikoro (Nara, Banamba, Dioila, Kangaba), Sikasso (Koutiala) et Kayes (Diéma, Kita), afin d'étendre son influence sur des zones historiquement paisibles.

    • Des baisses de production par rapport à la moyenne sont attendues dans les zones d’insécurité où une réduction des superficies en lien avec l’insécurité sera observée.

    • Des perturbations énormes de flux, voire des blocus sur les axes d’approvisionnement continueront à occasionner des ruptures d’approvisionnement en dehors des marchés des chefs lieu de cercle. Ces difficultés d’approvisionnement s’exacerberont avec les difficultés d’accès liées aux conditions climatiques. Les escortes militaires organisées par moment favoriseront l’approvisionnement des marchés concernés mais nettement en dessous de la moyenne.

    • Les prix supérieurs à la moyenne quinquennale des denrées alimentaires de base persisteront à cause des difficultés d’approvisionnement des marchés en lien avec l’insécurité (Figure 5).

    • Les perturbations énormes dans le mouvement de transhumance des animaux engendreront une baisse de la productivité et de la santé animale.

      Suppositions sous-nationales pour centres urbains du pays

    • Les revenus des ménages seront en baisse à cause de la réduction du niveau des activités économiques liée aux effets de la conjoncture économique nationale difficile exacerbée par la pénurie d’électricité qui a entrainé la fermeture de certaines unités industrielles voire l’arrêt de certaines activités.

    Figure 5. Projection de prix du mil a Menaka
    Projection de prix du mil a Menaka

    Source: FEWS NET, avec données du SAP

    Assistance alimentaire humanitaire

    Supposition nationale

    L’assistance alimentaire mensuelle en vivres et en non-vivres en cours et principalement sous forme de bon d’achat (voucher) et de cash transfert de la part du Gouvernement et des partenaires humanitaires s’intensifiera de juin à septembre 2024 pour 1 555 294 personnes planifiées à travers tout le pays. Ces assistances alimentaires couvriront moins de 50 pour cent des besoins pour 67 pourcent des bénéficiaires et plus de 50 pour cent des besoins calorifiques pour 33 pourcent des bénéficiaires, particulièrement dans les régions de Gao, Ménaka et Kidal. Le faible niveau de financement estimé à 13 pour cent du montant requis en fin mai 2024 et les difficultés d’accès humanitaires particulièrement dans les régions de Gao et de Ménaka affecteront négativement l’impact des assistances.

    Supposition sous-nationale pour les zones d’accueil des déplacés

    Le dépassement de la capacité des partenaires humanitaires par la volatilité de la situation d’insécurité qui engendre des déplacements continus des populations ne permettra pas une prise en charge adéquate des ménages déplacés particulièrement dans les zones où l’accès humanitaire reste un defi.

    La non prise en compte d’une partie des ménages résidents en besoin dans les assistances alimentaires affectera négativement l’insertion des deplacés dans le circuit socio-économique de la zone d’accueil ; ce qui ne permettra pas une bonne cohesion entre les communautés alors nécessaire pour un épanouissement des deplacés avant leur retour. 

    Tableau 1
    Principales sources de données intégrées par les analystes de FEWS NET dans le développement des suppositions ci-dessus

    Principales sources de données

    Prévisions saisonnières produite par IRINOAAPRESASS,  Mali-metéo Communiqué de presse du Fonds Monétaire International (FMIRapports des partners (OCHA, Cluster food sec.)
    Assistances alimentaires (Plan national de réponse 2024)FEWS NET évaluation rapide de terrain conduite en mai 2024.Rapport REACH sur le fonctionnement des marchés et l’impact du blocus au nord du pays.
    Analyses et prévisions de conflits produites par ACLED, Control Risks et d'autres sources  

    Résultats projetés de l’insécurité alimentaire aiguë de Juin 2024 à Janvier 2025

    En utilisant les suppositions clés qui sous-tendent le scénario « le plus probable », FEWS NET est alors en mesure de projeter les résultats de l’insécurité alimentaire aiguë avec un niveau de confiance raisonnable en évaluant l’évolution de la capacité des ménages à satisfaire leurs besoins caloriques minimaux tout au long de la période de projection. Semblable à l’analyse des résultats actuels de l’insécurité alimentaire aiguë, FEWS NET fait converger les attentes concernant la trajectoire probable de la consommation alimentaire au niveau des ménages et de l’évolution des moyens d’existence avec l’état nutritionnel et de la mortalité au niveau de la zone. FEWS NET classe alors les résultats de l’insécurité alimentaire aiguë.  Enfin, FEWS NET utilise le symbole de « ! » pour désigner les zones dans lesquelles la Phase de l’IPC cartographiée serait probablement pire d’au moins une Phase IPC sans les effets de l’assistance alimentaire planifiée – et susceptible d’être financée et fournie.

    Région de Ménaka : L’insécurité alimentaire d’Urgence (Phase 4 de l’IPC) en cours se poursuivra jusqu’en septembre 2024 à cause des difficultés énormes d’accès des ménages aux aliments liées à la baisse importante voire manque de revenus, aux prix très élevés des denrées alimentaires et les difficultés d’accès aux assistances humanitaires, ce qui créent un écart important de consommation. Les ménages intensifieront la réduction atypique du nombre de repas, la dépendance à l’assistance humanitaire et la mendicité. Les envois des migrants et les assistances humanitaires qui seront disponibles de juin à septembre permettront aux ménages d’accéder à la nourriture mais à des niveaux nettement inférieurs à la moyenne particulièrement dans les zones à accès limité.

    A partir d’octobre, la disponibilité même faible des productions agricoles, des produits de cueillette, des produits animaliers plus importants grâce au retour des troupeaux transhumants, et la baisse saisonnière des prix des denrées alimentaires, seront favorables à une amélioration de l’accès des ménages aux aliments. L’amélioration saisonnière de la consommation alimentaire réduira le recours aux stratégies d’adaptation négatives. Ainsi, l’insécurité alimentaire d’Urgence (Phase 4 de l’IPC) s’améliorera en situation de Crise (Phase 3 de l’IPC). Toutefois, à cause du niveau de dégradation important des moyens d’existence et de la baisse importante des activités économiques et de la perturbation des mouvements des personnes, les capacités des ménages pauvres à satisfaire leurs besoins alimentaires resteront significativement limités. Le recours aux stratégies de réduction du volume et du nombre de repas, de vente de biens, persisteront jusqu’en janvier 2025.

    Régions de Mopti, Tombouctou et Gao (cercles de Koro, Bankass, Douentza, Rharous, Ansongo, Gao): Les difficultés d’accès des ménages aux aliments à cause de l’épuisement précoce des stocks, les prix élevés des denrées alimentaires dans un environnement économique perturbé par la situation sécuritaire engendrent une dégradation par rapport à la moyenne. Les ménages pauvres ont alors recours de façon atypique à la migration, aux emprunts en nature ou en espèce auprès des parents/amis et commerçants, la vente des biens et la réduction des dépenses non alimentaires et à la préférence des aliments les moins chers. Par conséquent, les ménages pauvres dans ces zones sont en insécurité alimentaire de Crise (Phase 3 de l’IPC) qui se poursuivra jusqu’en septembre 2024.

    A partir d’octobre, la consommation alimentaire connaitra son amélioration saisonnière à la faveur de la disponibilité moyenne de la propre récolte, des rémunérations en nature dans les activités agricoles et la baisse saisonnière des prix des denrées alimentaires. Cependant, la conjoncture économique difficile caractérisée par la précarité des revenus et la flambée des prix des produits alimentaires, les difficultés d’accès aux services sociaux de base, l’insécurité alimentaire de Crise s’améliorera en insécurité alimentaire de Stress (Phase 2 de l’IPC) d’octobre à janvier 2025.

    Zones pastorales du nord : L’insécurité alimentaire de Stress (Phase 2 de l'IPC) à pire en cours pour les ménages des zones pastorales dans les régions de Tombouctou, Gao, Kidal se poursuivra jusqu’en janvier 2025 en raison de la persistance des impacts de l’insécurité sur les activités pastorales et de commerce. En effet, le dysfonctionnement énorme des marchés et dont l’accès reste un défi pour des populations fortement dépendantes aux marchés, continuera à réduire les capacités d’accès des ménages pasteurs aux aliments. La dégradation des termes d’échange bétail/céréales à cause des prix très élevés des denrées alimentaires maintiendra le recours des pauvres aux stratégies de Stress à Crise pour satisfaire leurs besoins alimentaires. L’amélioration saisonnière de la disponibilité du lait et des produits laitiers (fromage, beurre) à partir de son propre troupeau ou à travers les mécanismes locaux de solidarités qui permettent aux pauvres de disposer des produits animaliers et les produits de cueillette de juillet à janvier 2025 atténueront de peu l’accès aux aliments, notamment à Taoudenit, ou les résultats Minimales (Phase 1 de l’IPC) sont attendus à partir d’octobre.

    Zones agricoles du sud : Les opportunités moyennes de revenus et de nourritures dans les activités de mains d’œuvre agricoles, les revenus issus de la migration et ceux de la vente de bétail permettront aux ménages de satisfaire leurs besoins alimentaires sans grandes difficultés. La disponibilité des récoltes en vert de légumineuses (niébé, arachide) de maïs et de fonio à partir de septembre, les récoltes principales d’octobre à janvier 2025 qui induisent la baisse saisonnière des prix des céréales, engendreront l’amélioration saisonnière de l’accès des ménages aux denrées alimentaires. Par conséquent, l’insécurité alimentaire minimale en cours se poursuivra jusqu’en janvier 2025.


    Évènements qui pourraient changer les résultats projetés de l’insécurité alimentaire aiguë

    Même si les projections de FEWS NET se concentrent sur le scénario « le plus probable », ce scénario repose sur une série de suppositions. Le niveau de confiance dans ces suppositions varie et il existe toujours un certain degré d’incertitude dans les prévisions à long terme, ce qui signifie que les conditions de la sécurité alimentaire et leurs impacts sur les résultats aigus de la sécurité alimentaire peuvent évoluer différemment de ce qui était initialement prévu. FEWS NET publie des mises à jour mensuelles de ses projections, mais les décideurs ont besoin d'informations préalables sur cette incertitude et d'une explication des raisons pour lesquelles les choses peuvent se dérouler différemment de ce qui était prévu. En tant que tel, la dernière étape du processus d’élaboration de scénarios de FEWS NET consiste à identifier brièvement les événements clés qui aboutiraient à un scénario alternatif crédible et modifieraient considérablement les résultats projetés. FEWS NET considère uniquement les scénarios qui ont une chance raisonnable de se produire.

    National 

    Évènement : mauvaise répartition des pluies 

    Impact probable sur les résultats de l’insécurité alimentaire aiguë : La mauvaise répartition des pluies dans le temps et dans l’espace pourrait engendrer des séquences sèches très longues durant la campagne agricole en cours. Aussi, les fortes pluies attendues en juillet-août pourraient occasionner des inondations au niveau des bas-fonds avec des dégâts sur les biens/équipements, les cultures, le bétail et les infrastructuresLes régions qui seront fortement touchées par la sécheresse et/ou les inondations connaitront une baisse importante de leur production agropastorale (céréales, lait et produits laitiers), ce qui réduira la disponibilité alimentaire pour les ménages (agricole et pasteur). La hausse des prix des denrées alimentaires et la baisse de revenus qui en résultent, réduiront l’accès des ménages pauvres aux aliments. En dépit du maintien de la phase Minimale (Phase 1 de l’IPC) et de Stress (Phase 2 de l’IPC) d’octobre à janvier (période de récolte), le nombre de personnes en phase Stress (Phase 2 de l’IPC) à pire sera plus élevé notamment dans les zones urbaines et pastorales fortement dépendantes du marché.

    Zones d’insécurité du nord

    Évènement : Exacerbation de l’insécurité

    Impact probable sur les résultats de l’insécurité alimentaire aiguë : L’exacerbation de l’insécurité dans les zones centre et nord du pays contribuera à perturber davantage l’environnement économique dans les zones concernées ; ce qui dégradera plus les moyens d’existence fortement touchés, limitera l’accès aux marchés, aux services sociaux de base et aux assistances humanitaires. L’incapacité des ménages à satisfaire convenablement leurs besoins alimentaires augmentera le nombre de personnes en besoin. Ainsi, il est probable que l’insécurité alimentaire de Crise (Phase 3 de l’IPC) à Urgence (Phase 4 de l’IPC) en cours se maintienne au-delà de septembre (période d’amélioration saisonnière) avec une proportion plus élevée de personnes en Catastrophe (Phase 5 de l’IPC) dans la région de Ménaka.

    Évènement : Augmentation d’assistance alimentaire

    Impact probable sur les résultats de l’insécurité alimentaire aiguë : Les régions fortement touchées par les conflits bénéficieront d'un meilleur accès à la nourriture, ce qui atténuera probablement les déficits de consommation alimentaire des bénéficiaires. La réduction du nombre de population confrontée à une situation de crise (phase 3 de l'IPC) à pire pourrait permettre de passer d'une situation d'urgence (Phase 4 de l'IPC) à une situation de Crise! (Phase 3 de l'IPC) ou de la phase de crise (Phase 3 de l'IPC) à la phase de Stresse ! (Phase 2 de l'IPC).

    Évènement : Amélioration des flux d’approvisionnement du nord du pays et du fonctionnement des marchés

    Impact probable sur les résultats de l’insécurité alimentaire aiguë : Les régions du nord sont fortement dépendantes du sud du pays pour leur approvisionnement en denrées alimentaires (céréales) et pour la vente de leur bétail. Une reprise satisfaisante des flux commerciaux améliorera le fonctionnement et les activités liées aux marchés. La baisse des prix des denrées alimentaires et la reprise de certaines activités économiques amélioreront l’accès des ménages aux aliments ; ce qui réduira le nombre de personnes en Crise (Phase 3 de l’IPC) dans ces zones.


    Aperçu d’une zone de préoccupation

    Zone de moyen d’existence ML01 (Nomadisme et commerce transsaharien), ML02 (Nord élevage), et ML04 (Bétail, mil et envois de fonds, Région de Ménaka (Figure 6)

    La raison du choix de cette zone : L’insécurité persistante dans les régions du nord continue d’impacter négativement les capacités des ménages à accéder aux sources habituelles de nourritures et de revenus. La situation est plus marquée dans la région de Ménaka à cause de la multiplication des incidents sécuritaires qui ont forcé plus de 50 pour cent de la population à se déplacer vers des zones plus sécures. Les perturbations énormes de flux commerciaux engendrent des ruptures d’approvisionnement et des hausses atypiques de prix des denrées alimentaires dans un environnement de baisse significative des revenus. En plus, la forte dégradation des moyens d’existence, les difficultés d’accès humanitaires engendrent le recours aux déplacements forcés, à la vente excessive de bétail jusqu’à la décapitalisation, à la vente de biens d’équipement et de production, à la mendicité et à la dépendance à l’aide et à la réduction importante du volume et de la fréquence des repas par les ménages de la région particulièrement dans les zones inaccessibles. FEWS NET a sélectionné cette zone de préoccupation pour ce rapport afin d'illustrer les impacts à moyen et long terme de l’insécurité/conflit de 2020-2024 dans le nord du pays.

    Période d’analyse :

    Juin à septembre 2024

    Octobre à janvier 2025

    Classification la plus élevée au niveau de la zone 

    Urgence (Phase 4 de l’IPC)

    Crise (Phase 3 de l’IPC)

    Classification la plus élevé au niveau du ménage

    Catastrophe (Phase 5 de l’IPC)

    Urgence (Phase 4 de l’IPC)

    Figure 6 : Carte de référence pour la région de Ménaka
    Menaka

    Source: FEWS NET

    Les incidents sécuritaires se poursuivent dans la région et continuent de perturber significativement les activités économiques et les déplacements de la population. Les attaques se poursuivent entre les groupes armés du Mouvement pour le Salut de l'Azawad (MSA), le Groupe d'Autodéfense Touareg et Alliés d'Imghad (GATIA) considérés comme alliés au gouvernement, le JNIM et l’Etat Islamique du Sahel (IS-Sahel) pour le contrôle de la région. En plus, la multiplication des offensives militaires des FAMa et aussi dans le cadre conjoint des Etats de l’Alliance des Etats du Sahel (AES) est de plus en plus observée, ce qui engendre la multiplication des foyers de tension et des repressions par les groupes armés sur les populations civiles qui sont traitées de progouvernementales.

    En fin mai 2024, selon le rapport de suivi des déplacements des populations, le nombre de populations déplacées est estimé à 59 479 personnes, soit un peu plus de 60 pour cent de la population de la région. Ces populations qui se retrouvent principalement au niveau des deux villes de Ménaka et d’Andéramboukane dans les camps où chez les familles hôtes sont dans une situation d’incapacité importante à cause de la perte des avoirs et des activités lors de la fuite.

    L’élevage, qui constitue le principal moyen d’existence des populations de la région, connait une dégradation énorme en raison de la baisse de la taille des troupeaux à la suite des vols/enlèvements et les ventes excessives pour subvenir aux besoins des ménages. Les pertes de bétail par vol/enlèvement pour 29,5 pour cent des ménages selon l’ENSAN de février 2024 et les ventes excessives pour 51,9 pour cent ont significativement réduit la taille des troupeaux particulièrement pour les pauvres qui ont des effectifs limités. En plus de la réduction de la taille des troupeaux, les difficultés d’accès des troupeaux aux zones habituelles de transhumance couplées aux effets des aléas climatiques (sècheresse) qui engendrent des difficultés d’alimentation du bétail, ont contribué à réduire fortement les productions animales (lait, beurre, fromage, viandes) et les revenus pastoraux. Il en est de même pour les productions agricoles bien que structurellement faibles à cause des déplacements loin des zones d’exploitation et les aléas climatiques.

    Le dysfonctionnement significatif des marchés aussi bien pour les céréales que pour le bétail se poursuit activement en raison des difficultés d’accès physique à la zone qui ont fortement réduit les flux commerciaux à partir de Gao, Ansongo et aussi du côté du Niger et de l’Algérie à partir de Kidal vers la région voire des ruptures de stocks en dehors des villes de Ménaka et d’Andéramboukane. L’approvisionnement est assuré par des commerçants qui acceptent de payer des rançons aux groupes armés aux points de contrôle ; ce qui a permis d’assouplir les effets du blocus sur la zone. Des escortes militaires sont de temps en temps organisées, mais sont loin d’assurer un approvisionnement suffisant des marchés et particulièrement pour les marchés en dehors de Ménaka qui sont moins accessibles. Pour les céréales, l’évolution atypique des prix qui peut atteindre 100 pour cent voire plus, reste dépendants du niveau des flux d’approvisionnement. Quant au bétail, la hausse inhabituelle de l’offre de bétail qui reste l’une des seules sources de revenus à cause de la baisse des activités économiques et la baisse de la demande liée à l’absence des grands acheteurs venant de l’Algérie et du Niger ont réduit le prix du bétail. Ainsi, la hausse des prix des denrées de base de plus de 60 pour cent de la moyenne quinquennale et qui réduit les termes de l’échange bétail/céréales de 45 pour cent sur le marché de Ménaka, ne permet pas un accès convenable des ménages aux marchés qui constitue la principale source de leur approvisionnement.

    L’environnement économique local qui ne permet plus d’accéder aux sources habituelles de revenus a contribué à rehausser la proportion de ménages qui dépendent de l’assistance de la communauté et des aides. Selon l’ENSAN de février 2024, l’assistance communautaire et les dons humanitaires constituent la principale source de revenus pour 32,6 pour cent des ménages dont 10,8 pour cent pour les assistances humanitaires à travers les cash- transferts. Des contraintes majeures comme le manque d’opportunité d’emploi, le manque de cash pour investir / acheter du stock de marchandises, l’absence de marchés et l’insécurité dans la zone continuent de limiter les opportunités de revenus voire les arrêter pour les ménages ; ce qui amène les ménages à intensifier de façon atypique le recours aux stratégies d’adaptation négatives comme la décapitalisation du bétail, la mendicité et la dépendance à l’aide.

    Les assistances humanitaires en vivres et de non-vivres de la part des agences humanitaires se poursuivent à l’endroit des ménages en besoin, particulièrement ceux déplacés au niveau des principales villes d’accueil, dans le cadre du Mécanisme de réponse rapide. Ces assistances mensuelles de vivres sous forme de cash, voucher et en nature sont plus importantes pendant la soudure de juin à septembre et seront moins présentes d’octobre à janvier et principalement dirigées vers les ménages déplacés. Des ventes subventionnées de céréales par le gouvernement sont faites pour atténuer les difficultés d’accès des ménages aux aliments. Les difficultés d’accès humanitaire et la faible mobilisation des finances entravent la mise en œuvre correcte de ces opérations humanitaires surtout pour les zones inaccessibles en dehors des villes de Ménaka et d’Andéramboukane.

    La poursuite des perturbations énormes des activités économiques et les déplacements de la population engendrent une dégradation significative des moyens d’existence des ménages. L’environnement économique local qui ne permet plus d’accéder aux sources habituelles de revenus face à une flambée des prix des denrées alimentaires a contribué à dégrader fortement la consommation alimentaire des ménages. Ainsi, les ménages incapables de satisfaire leurs besoins alimentaires sans recourir aux stratégies d’adaptation de Crise à Urgence, se retrouvent en insécurité alimentaire d’Urgence avec une proportion faible de population en situation de catastrophe (Phase 5 de l’IPC) notamment dans les zones inaccessibles. A partir d’octobre, une amélioration de la situation en Crise (Phase 3 de l’IPC) sera observée grâce à l’amélioration saisonnière de l’accès aux aliments en lien avec la disponibilité même faible des productions agricoles, des produits de cueillette, des produits animaliers et à la baisse des prix des denrées alimentaires. Toutefois, les capacités des ménages pauvres à satisfaire leurs besoins alimentaires resteront significativement limitées.


    Annexe : Résultats projetés en matière d’insécurité alimentaire et zones bénéficiant de niveaux significatifs d’assistance alimentaire humanitaire

    Citation recommandée: FEWS NET. Mali Perspectives sur la sécurité alimentaire Juin 2024 - Janvier 2025: L’Urgence (Phase 4 de l’IPC) persistera pendant la soudure à Ménaka où plus de 60 pour cent de la population est déplacée, 2024.

    Afin d’estimer les résultats de la sécurité alimentaire pour les prochains six mois, FEWS NET développe les suppositions de base concernant les événements possible, leurs effets, et les réponses probables des divers acteurs. FEWS NET fait ses analyses basées sur ces suppositions dans le contexte des conditions actuelles et les moyens d’existence locaux pour développer des scénarios estimant les résultats de la sécurité alimentaire. D’habitude, FEWS NET prévient du scénario le plus probable. Pour en savoir plus, cliquez ici.

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