Skip to main content

Hausse du nombre des personnes en insécurité alimentaire dans le Liptako Gourma et par endroits au Nord à cause des effets de l’insécurité et de la COVID-19

Hausse du nombre des personnes en insécurité alimentaire dans le Liptako Gourma et par endroits au Nord à cause des effets de l’insécurité et de la COVID-19 Subscribe to Mali reports

Télécharger le rapport

  • Télécharger le rapport

  • Messages clé
  • CONTEXTE NATIONAL
  • EVENEMENTS QUI POURRAIENT CHANGER LES SCENARIOS
  • Messages clé
    • La nouvelle campagne agricole a démarré dans le pays avec le début des pluies en juin. Les prévisions de pluies normales à excédentaires et les appuis du Gouvernement et des partenaires augurent une production de céréales globalement moyenne à supérieure à la moyenne. Les prévisions de production en hausse de 10,4 pour cent par rapport à la campagne 2020-2021 et de 18,5 pour cent par rapport à la moyenne des cinq dernières années (Direction Nationale de l’Agriculture), favoriseront un bon approvisionnement des marchés en céréales.

    • L’approvisionnement des marchés en denrées alimentaires reste satisfaisant dans l’ensemble. Les prix des céréales similaires à légèrement supérieurs à la moyenne de même que les termes de l’échange bétail/céréales moyens à supérieurs à la moyenne sont favorables à un accès des ménages aux aliments.

    • L’impact combiné de la crise sécuritaire et de la COVID-19 continue d’affecter négativement les activités économiques du pays même si une amélioration de la situation de la COVID-19 en termes de nouveaux cas positifs et d’assouplissement des mesures barrières est observée. La baisse de revenus qui en résulte rehausse la vulnérabilité des ménages, notamment dans les centres urbains.

    • L’insécurité alimentaire de Crise (Phase 3 de l’IPC) est en cours se poursuivra jusqu’en septembre pour les ménages pauvres du Liptako Gourma, les ménages pauvres déplacés, et les victimes des inondations de juillet à août 2021, à cause de leur incapacité à satisfaire leurs besoins alimentaires sans recourir aux stratégies d’adaptation négatives. La situation alimentaire s’améliorera à partir d’octobre jusqu’en janvier 2022 grâce à la disponibilité des récoltes et la baisse saisonnière des prix des céréales de base. Ainsi, ces populations se retrouveront en insécurité alimentaire de Stress (Phase 2 de l’IPC).

    CONTEXTE NATIONAL

    Situation actuelle

    Productions agropastorales : L’installation des pluies dans les zones agricoles du Sud du pays relance la nouvelle campagne agricole. Le nettoyage des champs, le transport de fumier en cours constituent des opportunités moyennes de revenus et de nourriture pour les ménages pauvres. Quant aux cultures de contre-saison (cultures de décrue, le riz de maitrise) leur évolution se poursuit normalement dans les zones de périmètres irrigués et des lacs à travers le pays avec toutefois des baisses de superficies dans le Nord de la zone Office du Niger dans les cercles de Niono et Macina (Région de Ségou) à cause de l’insécurité. Les récoltes moyennes attendues à partir de juin à juillet pour le riz et d’août à septembre pour les cultures de décrues amélioreront les disponibilités alimentaires dans les zones concernées.

    Un début de régénération de pâturages est observé suite à  l’installation des pluies. Toutefois, les difficultés de mouvements des troupeaux dans les zones d’insécurité du Liptako Gourma et de certaines zones des régions du nord, limitent l’accès à certains pâturages, et par conséquent, affectent l’alimentation et les productions animales. L’état d’embonpoint des animaux est moyen et les productions animales sont moyennes procurant ainsi une consommation et de revenus faibles aux ménages-éleveurs.

    La situation zoo-sanitaire est relativement calme. La campagne de vaccination du bétail contre les principales épizooties se poursuit partout à travers le pays avec l’appui de certains partenaires comme la FAO et le CICR.

    Production de pêche : Les activités de la pêche se poursuivent sur les cours d’eau et au niveau des mares. Les produits de la pêche sont considérés moyennes à supérieures à la moyenne grâce à la poursuite de la décrue sur les cours d’eau. Les revenus moyens issus de la vente des produits de pêche est supérieur grâce à la hausse du prix du poisson, et par conséquent augmente le pouvoir d’achat des ménages pêcheurs et améliore ainsi leur alimentation. Dans le delta du Niger, l’insécurité continue de perturber cette activité en limitant l’accès à certaines zones de pêche ; ce qui réduit le revenu des pêcheurs et du coup leur capacité à satisfaire leurs besoins alimentaires et non- alimentaires. Quant à la pisciculture, les productions se poursuivent et renforcent la disponibilité en poisson. 

    Fonctionnement des marchés et prix : L’approvisionnement des marchés en denrées alimentaires reste satisfaisant dans l’ensemble en cette période de baisse saisonnière des offres, en dépit des perturbations sécuritaires et des restrictions liées à la COVID-19 qui réduisent les flux sur certains marchés notamment dans le Liptako Gourma et le nord de Ségou. Une redynamisation des flux est observée sur les marchés de Koro et de Bankass grâce à la réouverture de le RN16 qui lie cette zone de production au Burkina Faso.

    Le prix de la céréale de base en fin mai sur les marchés des capitales régionales est stable dans l’ensemble. Par rapport à la moyenne quinquennale, le prix de la principale céréale au niveau des marchés des capitales régionales est en hausse de 5 pour cent à Kayes, 24 pour cent à Sikasso, de 7 pour cent à Tombouctou, 12 pour cent à Gao et 24 pour cent à Ménaka ; en baisse de 11 pour cent à Koulikoro et 5 pour cent à Mopti ; similaire (-3 pour cent) à Ségou. Ces niveaux de prix,  limitent un accès des ménages pauvres aux aliments notamment à Ménaka à cause de leur faible capital animalier. Quant aux denrées importées, elles restent disponibles de façon suffisante et leurs prix restent stables à légèrement supérieurs grâce à la poursuite des importations bien que faibles par rapport à la moyenne et aux exonérations de taxes accordées par le Gouvernement. 

    Les marchés à bétail sont moyennement approvisionnés sauf dans les zones d’insécurité où la prudence continue de limiter les fréquentations au profit d’autres marchés plus sécures. Une hausse des offres est tout de même observée à cause des demandes importantes pour la Tabaski. Les prix du bétail sont en hausse dans l’ensemble.

    Par rapport à la moyenne quinquennale, le prix de la chèvre, qui est l’animal le plus vendu par les ménages pauvres pour accéder à la nourriture, est pratiquement similaire à Rharous, en hausse de 19 pour cent à Gao, de 15 pour cent Bourem, de 25 pour cent à Ménaka ; ce qui est favorable à des revenus pastoraux moyens à supérieurs à la moyenne pour les ménages qui disposent encore des effectifs pour le marché. Les termes de l’échange chèvre/céréales par rapport à la moyenne des cinq dernières années sont pratiquement similaires à Ménaka, Rharous (+1 pour cent), en légère hausse à Bourem (+7 pour cent), Mopti (14 pour cent), Tombouctou (17 pour cent), Nara (22 pour cent) et en baisse à Gao (-9 pour cent), ce qui est favorable au maintien d’un accès moyen des ménages éleveurs au marché.

    Mouvement de population : La persistance des incidents sécuritaires dans les régions du Nord et du Centre du pays continue d’engendrer des déplacements de populations à la recherche de zones plus sécures. Le nombre de déplacés en fin avril est de 372 266 personnes ce qui est en augmentation de 11,8 pour cent par rapport au mois de décembre (Rapport DTM, avril 2021). Au même moment, le retour timide des réfugiés et de certains déplacés sur la base des négociations et des accords entre communautés se poursuit avec l’appui du Gouvernement et des agences humanitaires. Les régions de Mopti (155 354 PDIs), Gao (86 155 PDIs), Tombouctou (56 519 PDIs), abritent le plus grand nombre de déplacés. Ces déplacés qui connaissent une forte dégradation de leurs moyens d’existence pour la majorité ont comme sources de nourriture les dons venant des communautés hôtes et 66 pour cent des ménages ont reçu de l’assistance humanitaire (Rapport DTM, avril 2021).

    Situation sécuritaire : Les incidents sécuritaires continuent d’être enregistrés dans les zones du centre et du nord du pays et le nord des régions de Ségou et de Koulikoro.  Ils sont marqués par la poursuite de l’intensification des opérations militaires, les attaques armées, des affrontements entre groupes armés, des assassinats ciblés et la pose d’engins explosifs. Selon les données de Armed Conflict Location & Event Data Project (ACLED), le nombre d’incidents en mai est en baisse de 2 pour cent par rapport au mois passé. De janvier à fin mai 2021, 399 incidents sécuritaires (en hausse de 19,5 pour cent par rapport à la moyenne mensuelle de 2020) ayant occasionné 841 morts ont été enregistrés dont 24,8 pour cent pour le seul mois de mai. En dépit d’une baisse du nombre d’incidents sécuritaires dans certaines zones, ils continuent de perturber le mouvement des personnes et des biens et le fonctionnement régulier des marchés particulièrement dans la bande frontalière avec le Burkina Faso.

    Impact de la COVID-19 sur les ménages : La pandémie de la COVID-19 se poursuit avec une évolution à la baisse du nombre de nouveaux cas ces derniers temps.  Au 14 Juin 2021, le nombre cumulé de cas positifs est de 14350 pour un taux de positivité de 4,6 pour cent. La sensibilisation pour le respect des mesures barrières et la campagne de vaccination démarré en avril se poursuivent. Les activités économiques (le commerce, l’hôtellerie, le transport, le restaurant, les entreprises etc.)  continuent de subir les conséquences de la crise sanitaire même si une amélioration par rapport aux premiers mois est observée. Au niveau national, 11,1 pour cent des ménages en mars 2021 connaissent une baisse de revenus liée à la COVID-19 19 contre 44,1 pour cent en février et 43,8 pour cent en janvier 2021. A Bamako, cette proportion est de 25,5 pour cent contre 67,5 pour cent en février et 67,8 pour cent en janvier. (Rapport Impact COVID-19 INSTAT, Avril 2021). Selon le même rapport, la COVID-19 comme raison de perte d’emplois est mentionnée par 2,7 pour cent des répondants en mars, 2,3 pour cent en février et 9,4 pour cent en janvier. La proportion de ménages dont le revenu a été impacté par la COVID-19 est plus élevée en milieu urbain (14,5 pour cent et 25,5 pour cent à Bamako) qu’en milieu rural (7,3 pour cent). Selon ENSAN de février 2021, les activités de commerce pour 62 pour cent des communautés, le mouvement des populations pour 32,4 pour cent, le transfert monétaire des exodants pour 37 pour cent, l’accès physique aux marchés pour 55,5 pour cent sont les activités les plus touchées par les effets de la COVID-19 qui réduisent les opportunités d’emploi et de revenus pour les pauvres

    L’assouplissement des restrictions sanitaires aussi bien dans le pays qu’entre les pays frontaliers a permis d’atténuer leurs impacts négatifs sur les populations. En plus, les facilités fiscales et les assistances en vivres et en cash de la part du Gouvernement et des partenaires humanitaires ont contribué à atténuer l’impact du COVID-19 sur les populations durement touchées.

    Situation nutritionnelle : La prévalence de la malnutrition aiguë globale est de 7,2 pour cent au niveau national, ce qui dénote une situation précaire avec une exacerbation de la situation au niveau de la région de Tombouctou ayant enregistré une prévalence élevée de 14,9 pour cent. La dégradation habituelle de la situation nutritionnelle est observée à cause des difficultés d’accès à la nourriture en cette période de soudure notamment pour les ménages pauvres qui connaissent un épuisement précoce des stocks et un accès limité au lait et aux produits laitiers pour les ménages pastoraux. Les programmes de dépistages et de récupération nutritionnelle se poursuivent à travers le pays avec l’appui des partenaires. A la vingt deuxième semaine de l’an 2021, le cumul des admissions MAG est légèrement supérieur à celui de 2020 pour la même période (4865 cas en 2021 contre 4836 en 2020).

    Résultats de la sécuritaire alimentaire : Les céréales sont globalement disponibles dans le pays grâce à la production agricole moyenne à bonne de la campagne dernière. L’évolution des prix des céréales similaires à légèrement supérieurs à la moyenne permettent à la majorité des ménages d’accéder à la nourriture sans grandes difficultés à partir des revenus tirés des activités habituelles. Par conséquent, la majorité des ménages est en insécurité alimentaire Minimale (Phase 1 de l’IPC).

    Dans les zones de conflit du centre et du nord du pays, les ménages pauvres, en raison des effets combinés de l’insécurité et du COVID-19 sur les activités économiques de la zone, connaissent des baisses importantes de revenus qui limitent leurs accès adéquats à la nourriture particulièrement pour les ménages déplacés qui connaissent une forte dégradation de leurs moyens d’existence. L’épuisement précoce des stocks à cause de la baisse de production amène les ménages pauvres de ces zones à adopter des stratégies d’adaptation atypiques telles que la réduction des dépenses, l’emprunt et la vente de biens pour satisfaire leurs besoins alimentaires et non-alimentaires, selon un « Outcome Analysis » mené par FEWS NET en mai 2021. Les ménages pauvres se retrouvent en insécurité alimentaire de Crise (Phase 3 de l’IPC) à cause de la dégradation de la consommation alimentaire déjà pauvre pour la majorité des ménages et leur incapacité à satisfaire convenablement leurs besoins alimentaires et non-alimentaires. Quant à la malnutrition aiguë globale qui est précaire selon le SMART de décembre 2021 en période de post- récolte, elle serait à un niveau supérieur à 10 pour cent comme d’habitude en cette période de soudure particulièrement dans les zones d’insécurité où l’accès aux services sociaux de base et aux assistances humanitaires reste limité.

    Aussi, la baisse de revenus liée aux impacts de la COVID-19 sur les activités économiques particulièrement au niveau des centres urbains et dans les zones qui dépendent de transferts de migrants particulièrement dans la région de Kayes et Koulikoro, a réduit les capacités des ménages pauvres dans ces zones à satisfaire convenablement leurs besoins alimentaires et non -alimentaires. Par conséquent, ils se retrouvent en situation de Stress (Phase 2 de IPC).

    Suppositions

    Le scenario le plus probable de la sécurité alimentaire de juin 2021 à janvier 2022 se base sur des suppositions fondamentales, par rapport à l’évolution du contexte national, qui sont:

    • Pluviométrie/crue : Les prévisions consensuelles de NMME, IRI, ECMWF et du PRESASS de mai 2021 indiquent une forte probabilité de cumul pluviométrique normal à excédentaire au Mali particulièrement dans le sud et le centre où une situation excédentaire est attendue. Il en est de même pour les différents fleuves qui desservent le Mali dans les bassins du fleuve Niger et de celui du Sénégal sur lesquels on s’attend à des écoulements moyens à supérieurs à la moyenne de juin à octobre 2021.
    • Inondations : Les prévisions de cumul de pluies normales à supérieures à la moyenne et les écoulements moyens à supérieurs à la moyenne attendus dans le pays augmentent le risque d’inondation particulièrement dans la bande du fleuve et le long des cours d’eau et au niveau des centres urbains.
    • Invasion acridienne : Selon le bulletin FAO de mai 2021 sur le criquet pèlerin, on s’attend à une reproduction à petite échelle grâce aux pluies enregistrées dans les zones habituelles de reproduction dans l’Adrar des Iforas. Au regard des conditions actuelles, notamment celles favorables au maintien du criquet pèlerin dans les zones de préoccupation (Arabie, Afrique de l’Est, Soudan), une invasion acridienne de grande ampleur au Sahel est pour le moment peu probable mais elle n’est toutefois pas improbable.
    • Productions agricoles : Les prévisions saisonnières favorables sur les facteurs climatiques (pluies, crue), la poursuite du programme national de subvention des intrants agricoles (semences, engrais) et les assistances en intrants agricoles notamment dans les régions du nord par la FAO, le CICR et d’autres ONG dans le cadre du renforcement de la résilience, augurent une production céréalière moyenne à supérieure à la moyenne dans le pays en octobre 2021. Toutefois, on s’attend à des baisses localisées de production à cause des conflits dans le Liptako Gourma et des inondations à travers le pays.
    • Productions animales : L’installation des pluies qui sont attendues normales à excédentaires favoriseront une reconstitution des pâturages et des points d’eau à des niveaux moyens à supérieurs à la moyenne à travers le pays. Les productions animales (lait, beurre, viande etc.) qui en dépendent seront moyennes dans l’ensemble pour atteindre le pic en août.
    • Transhumance : La reconstitution des conditions d’élevage relancera la remontée des troupeaux transhumants dès juin et qui se poursuivra en juillet vers les pâturages d’hivernage. Les perturbations observées dans les zones de conflit dans le centre et le nord du pays se poursuivront avec moins d’impact grâce à l’amélioration des conditions d’élevage qui favoriseront une large dispersion des troupeaux.
    • Approvisionnement des marchés en vivres : L’approvisionnement des marchés se poursuivra normalement grâce à la hausse de la production agricole de 2020 et le niveau des stocks estimées moyens à supérieurs à la moyenne même si des perturbations de flux seront observées par moment dans les zones de conflit du centre et du nord du pays. Les récoltes des cultures de contre-saison en juin et les ventes d’intervention de l’OPAM dans les régions du nord et dans le sahel occidental de Kayes et Koulikoro amélioreront les disponibilités en céréales dans le pays. Les récoltes moyennes attendues à partir d’octobre amélioreront comme d’habitude l’approvisionnement des marchés en denrées alimentaires de façon moyenne à supérieure à la moyenne jusqu’en janvier 2022.
    • Prix des denrées alimentaires de base : La tendance des prix des céréales de base globalement similaire à supérieure à la moyenne sur les marchés devrait se maintenir de juin à août. A partir de septembre, les récoltes moyennes à supérieures à la moyenne attendues engendreront la baisse saisonnière des prix qui seront similaires à la moyenne. Pour les denrées importées, les mesures d’exonération du Gouvernement permettront de limiter la hausse et de maintenir les prix à un niveau moyen à légèrement supérieur à la moyenne.
    • Prix du bétail : La tendance des prix du bétail similaires à supérieurs à la moyenne se poursuivra grâce à la reconstitution des conditions d’élevages favorables à un regain d’embonpoint du bétail et les demandes pour la fête de Tabaski. En plus, la reprise des exportations bien que faibles par rapport à la période d’avant COVID-19 vers les pays voisins contribueront à maintenir cette tendance. Toutefois, le dysfonctionnement des marchés dans les zones d’insécurité du Nord et du centre réduira le niveau des prix en dessous de la moyenne dans ces zones durant toute la période du scenario. 
    • Assistance humanitaire : L’assistance alimentaire du plan national de réponse pour la période de soudure agropastorale de juin à septembre 2021, prévoit une assistance alimentaire mensuelle couvrant les 2100Kcal principalement sous forme de cash pour 1 369 405 personnes à travers tout le pays. En plus de l’assistance alimentaire, des actions de renforcement de résilience (équipements, intrants agricoles, AGR, etc…) sont aussi prévues à travers le pays. Toutefois, les difficultés de mobilisation de fonds et d’accès humanitaire dans certaines zones d’insécurité risquent de limiter l’impact de ces assistances dans les zones de conflit.
    • Reconstitution des stocks institutionnels : Les achats institutionnels pour 40 000 tonnes de céréales qui se poursuivent en dehors de la période habituelle ne devraient pas avoir de grands impacts sur l’approvisionnement des marchés et les prix des denrées compte tenu du niveau de stocks important sur les marchés et du fait que les fournisseurs s’étaient déjà préparés à travers la reconstitution de stocks depuis l’année dernière.
    • Migration : Le retour habituel des bras valides en cours se poursuivra au rythme de l’installation de la nouvelle campagne agricole. Les ressources moyennes à inférieures à la moyenne rapportées en juin ou envoyées durant le séjour permettront aux ménages d’améliorer leur accès aux marchés notamment dans les zones de baisse de production agricole et les zones de conflit où les départs ont été plus précoces et massifs que d’habitude. A partir de septembre, on assistera aux départs habituels des bras valides vers les centres urbains du pays et des pays voisins en dépit des restrictions de mouvements entre les pays qui connaissent un assouplissement.
    • Pêche : Les captures pour la pêche connaitront leur baisse habituelle à cause du retour des pêcheurs dans les campements d’origine et à la reprise de la crue à partir de juin sur les cours d’eau et l‘installation de la nouvelle campagne agricole. Le niveau d’écoulement moyen à supérieur à la moyenne sur les cours d’eau attendu selon les prévisions saisonnières (PRESASS) est favorable à une campagne de pêche moyenne à supérieure à la moyenne qui démarrera en novembre 2021.
    • Impact COVID-19 : En dépit de l’amélioration par rapport à 2020, les activités économiques continuent de trainer les séquelles de la covid-19 avec des revenus inférieurs à la moyenne particulièrement pour les secteurs du tourisme, du commerce, et de la migration. La baisse progressive de l’impact de la COVID-19 sur les moyens d’existence devrait se poursuivre jusqu’en janvier 2022 grâce à la levée progressive des mesures barrières et à la vaccination en cours dans les différents pays.
    • Situation sécuritaire et mouvement des populations : La situation sécuritaire restera volatile durant toute la période du scenario en dépit des négociations en cours entre les différentes communautés. Des attaques armées, la pose d’engins explosifs et les offensives militaires conjointes dans la zone des trois frontières (Liptako-Gourma) et présentement dans le nord de la région de Ségou continueront à engendrer des déplacements inhabituels de population et perturber l’environnement économique.
    • Situation sociopolitique : Les échéances électorales prévues d‘octobre 2021 à mars 2022 dans un climat délétère entre les principaux acteurs (militaires au pouvoir, partis politiques, la société civile, etc.), en plus de la grogne sociale toujours latente des syndicats, aboutiront à des contestations qui rehausseront l’instabilité sociopolitique voire des perturbations majeures dans l’environnement socio-économique.
    • Situation nutritionnelle : La dégradation habituelle de la situation nutritionnelle à cause de la soudure agropastorale qui a été précoce dans les zones d’insécurité, les difficultés qu'ont les ménages pauvres d’accéder aux aliments, ainsi qu’à la prévalence élevée des maladies comme le palu, la diarrhée, etc.), se poursuivra jusqu’en septembre. En dépit de la dégradation attendue, la prévalence ne devrait pas être significativement différente de la médiane de la série historique des cinq dernières années des enquêtes SMART de soudure qui est de 10,7 pour cent. Toutefois, une dégradation supérieure à la médiane sera observée dans les zones d’insécurité où les difficultés d’accès aux vivres et aux services sociaux de base sont observées. A partir de juillet/août, la disponibilité du lait et des produits laitiers, les assistances alimentaires qui seront apportées permettront de limiter la détérioration de la situation nutritionnelle particulièrement au niveau des zones où les programmes de dépistage et de récupération nutritionnelle se poursuivent.

    Résultats les plus probables de la sécurité alimentaire

    L’insécurité alimentaire Minimale (Phase 1 de l’IPC) en cours pour la majorité des ménages du pays devrait se poursuivre grâce à la disponibilité alimentaire globalement moyenne dans le pays et l’évolution des prix des denrées alimentaires de base qui permettront à la majorité des ménages d’accéder sans grandes difficultés aux aliments à partir des revenus tirés des activités habituelles. La dégradation habituelle de la consommation alimentaire à cause de la soudure agropastorale liée à l’épuisement progressif des stocks des ménages pauvres, la hausse des prix des denrées de base se poursuivra jusqu’en septembre. Le score de consommation alimentaire pauvre plus limite devrait être similaire à la moyenne des cinq dernières années du mois de septembre qui est de 18,8 pour cent. La disponibilité moyenne des récoltes en vert à partir de septembre et les récoltes principales d’octobre à janvier qui engendrent la baisse attendue des prix d’octobre amélioreront l’accès des ménages à la nourriture. Par conséquent, la majorité des ménages sera en insécurité alimentaire Minimale (Phase 1 de l’IPC) de juin à janvier 2022.

    Aussi, la baisse des revenus liée à l’effet combiné de la COVID-19 et de l’insécurité, affectent négativement les capacités des ménages pauvres à satisfaire leurs besoins alimentaires et non-alimentaires particulièrement dans les centres urbains, les zones dépendant des transferts de migrants, et dans les zones d’insécurité des régions du Nord qui souffrent des séquelles de la perturbation des activités économiques due à l’insécurité volatile. Par conséquent, ces ménages continueront à recourir à des stratégies inhabituelles de réduction des dépenses non -alimentaires et d’intensification de la main d’œuvre pour satisfaire leurs besoins alimentaires. Par conséquent, ces ménages incapables de satisfaire leurs besoins non alimentaires seront en insécurité alimentaire de Stress (Phase 2 de l’IPC) jusqu’en septembre qui s’améliorera en insécurité alimentaire Minimale (Phase 1 de l’IPC) grâce aux récoltes et la baisse des prix des denrées alimentaires d’octobre à janvier 2022.

    Quant aux ménages pauvres des zones d’insécurité du Nord et du Centre particulièrement dans la zone du Liptako Gourma aux moyens d‘existence fortement dégradés ont des difficultés moyennes à importantes d’accès à la nourriture à cause de la baisse des productions agricoles, des pertes de biens et de revenus due à l’insécurité persistante. Selon l’ « Outcome Analysis » de FEWS NET, les ménages pauvres de la zone de Ménaka et dans les cercles de Bankass et Koro ne peuvent pas satisfaire leurs besoins alimentaires sans recourir à des stratégies d’adaptation négatives. La réduction du volume et de la qualité des repas, les difficultés d’accès aux services sociaux de base contribueront à rehausser la dégradation de la situation nutritionnelle au-dessus du niveau moyen de la zone pour la période de juin à septembre. Par conséquent, les ménages pauvres dans les zones signalées, incapables de satisfaire leurs besoins alimentaires, seront en insécurité alimentaire de Crise (Phase 3 de l’IPC) de juin jusqu’en septembre 2021 dans l’absence d’assistance humanitaire conséquente. Il en sera de même pour les ménages déplacés qui sont dans une situation de dénuement. En revanche, durant la période d’octobre à janvier 2022, l’insécurité alimentaire de Crise (Phase 3 de l’IPC) évoluera en insécurité alimentaire de Stress (Phase 2 de l’IPC) à la faveur de la disponibilité des récoltes.   

    EVENEMENTS QUI POURRAIENT CHANGER LES SCENARIOS

    Zone  

    Evénements   

    Impact sur les conditions de la sécurité alimentaire  

     

     

     

     

     

    National

    Recrudescence des cas de COVID-19 dans le pays et ou dans les pays voisins et d’accueil des migrants. 

    Le renforcement des restrictions dans le pays et ou dans les pays voisins à cause de la recrudescence des cas de COVID-19 impactera davantage sur les activités économiques qui trainent encore les séquelles de cette pandémie. La baisse de revenus qui en résultera, limitera les capacités des ménages pauvres à satisfaire leurs besoins alimentaires et non -alimentaires.  

    Les contestations socio-politiques qui pourront naitre de la mauvaise gouvernance et de l’organisation des élections au cours de la transition 

    Les troubles socio- politiques qui naitront de la mauvaise gouvernance et des contestations liées aux élections engendreront des perturbations économiques, une contraction des contributions des bailleurs de fonds allant jusqu’à l’isolement du pays. Cet état de fait en plus des effets néfastes de la COVID-19 perturberont davantage une économie déjà fragilisée et limiteront la capacité du Gouvernement à répondre aux demandes sociales qui s’accumulent ; ce qui rehaussera la vulnérabilité des ménages pauvres.    

    National (zones d’Office du Niger, zone cotonnière, le Sahel occidental,

    la bande du fleuve de Gao et de

    Tombouctou) 

    Dégâts des ennemis des cultures de septembre à novembre

    Les dégâts importants des déprédateurs (oiseaux granivores, chenilles…) sur les cultures à maturation de septembre à octobre réduiront les disponibilités céréalières dans les zones agricoles indiquées. La baisse des disponibilités et la hausse des prix des denrées de base réduiront l’accès des ménages pauvres aux denrées alimentaires et le revenu des ménages exploitants.

     

    Nord du Mali 

    (ZONE 2, 3, 4),

    Centre,

    Bande du sahel 

    (ZONE 13)

    Retard dans l’installation des

    Pluies, un déficit important et un arrêt précoce des pluies.

    Le retard dans l’installation des pluies prolongera la soudure pastorale dans les régions du Nord ; ce qui peut engendrer la misère physiologique avec une baisse importante des productions animales et une mortalité plus élevée que la moyenne. Il en sera de même pour un déficit pluviométrique de juin à septembre et un arrêt précoce des pluies en début septembre qui contribueront à la baisse des rendements ; ce qui pourrait limiter l’accès des ménages plus pauvres aux marchés.

    Figures Calendrier saisonnier pour une année typique Calendrier saisonnier pour une année typique

    Source : FEWS NET

    Figure 1

    Source : FEWS NET

    Figure 2

    Source : NOAA/USGS/FEWS NET

    Afin d’estimer les résultats de la sécurité alimentaire pour les prochains six mois, FEWS NET développe les suppositions de base concernant les événements possible, leurs effets, et les réponses probables des divers acteurs. FEWS NET fait ses analyses basées sur ces suppositions dans le contexte des conditions actuelles et les moyens d’existence locaux pour développer des scénarios estimant les résultats de la sécurité alimentaire. D’habitude, FEWS NET prévient du scénario le plus probable. Pour en savoir plus, cliquez ici.

    Related Analysis Listing View more
    Get the latest food security updates in your inbox Sign up for emails

    The information provided on this Website is not official U.S. Government information and does not represent the views or positions of the U.S. Department of State or the U.S. Government.

    Jump back to top