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Insécurité alimentaire par endroits à cause d’un accès limité aux marchés

  • Perspectives sur la sécurité alimentaire
  • Mali
  • Juin 2018
Insécurité alimentaire par endroits à cause d’un accès limité aux marchés

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  • Messages clé
  • CONTEXTE NATIONAL
  • Suppositions
  • Résultats les plus probables de la sécurité alimentaire
  • Messages clé
    • L’installation de la campagne agricole 2018-19 a démarré dans le pays. Les prévisions de pluies moyennes à supérieures à la moyenne à travers le pays selon les prévisions saisonnières et les appuis multiformes (Intrants, équipements, aménagements hydro agricoles) du Gouvernement et de ses partenaires présagent d’une production de céréales moyenne à supérieure à la moyenne en octobre 2018.

    • L’approvisionnement des marchés en céréales reste suffisant à travers le pays en dépit de la baisse saisonnière des offres plus marquée que d’habitude. Les prix des céréales supérieurs à nettement supérieurs à la moyenne dans l’ensemble et la forte dégradation des termes de l’échange bétail/céréales par rapport à la moyenne limite l’accès des ménages pauvres aux denrées.

    • La soudure plus difficile que la moyenne dans les zones pastorales des régions de Gao et de Tombouctou, dans la zone des Lacs de Goundam et par endroits dans le delta intérieur du fleuve Niger et le sahel occidental amène les ménages pauvres à recourir aux stratégies d’adaptation inhabituelle pour satisfaire leurs besoins alimentaires. L’insécurité alimentaire de Stress (Phase 2 de l’IPC) en cours devrait se dégrader en phase pire en absence d’appuis humanitaires prévue de juin à septembre (Phase 2 ! de l’IPC).

    • L’accès alimentaire des ménages s’améliorera en octobre grâce aux productions céréalières et animales moyennes à supérieures à la moyenne attendues dans le pays, la baisse des prix des céréales et l’amélioration des termes d’échange bétail/céréale. Par conséquent, toutes les zones du pays seront en insécurité alimentaire Minimale (Phase 1 de l’IPC) d’octobre à janvier 2019.


    CONTEXTE NATIONAL

    Situation actuelle

    Progrès saisonnier

    La campagne agricole 2018-2019 a démarré grâce à l’installation erratique des pluies plus ou moins importantes dans les zones agricoles du sud du pays. Le cumul de pluie au 20 juin est globalement normal à déficitaire dans les zones agricoles du sud du pays. La reprise des activités agricoles à travers le transport et l’épandage de fumier, le nettoyage des champs et les semis offre des opportunités moyennes de revenus et de nourriture pour les ménages pauvres qui s’adonnent habituellement à ces activités. Les cultures de contre-saison évoluent  vers leur fin ? au niveau des périmètres irrigués, dans les zones de décrue des régions de Tombouctou et de Mopti. Les récoltes sont inférieures à la moyenne à cause de la baisse des réalisations liée à la mauvaise crue sur le fleuve et au niveau des lacs en cours. Cependant, ces récoltes se poursuivront jusqu’en juillet et amélioreront les disponibilités en vivres dans les zones concernées. Les prévisions de production de céréales pour la campagne qui démarre sont en hausse de 36,1 pourcent par rapport à la moyenne quinquennale et de 8,4 pourcent à celle de 2017. La poursuite de la subvention des intrants et des équipements agricoles, les aménagements hydroagricoles en plus des prévisions de pluies moyennes à excédentaires attendues permettent d’espérer sur des productions agricoles moyennes dans le pays.

    Conditions pastorales

    La régénération des pâturages et la reconstitution des points d’eau particulièrement dans les zones agricoles du sud du pays sont en cours grâce aux pluies enregistrées ; ce qui relance la reprise de l’embonpoint des animaux et des productions animales. Dans les zones pastorales du Nord et dans la bande du Sahel occidental, la soudure a été plus longue que d’habitude à cause des difficultés alimentaires (déficit de pâturage, tarissement précoce des points d’eau, prix de l’aliment de bétail élevé) qui ont engendré des cas de misère physiologique et de baisse importante de productions animales voire des cas de mortalité plus élevés que la moyenne. La campagne de vaccination du bétail se poursuit avec l’appui de certains partenaires au développement à travers le pays.

    Production de pêche

    La production de poisson a été globalement inférieure à la moyenne à cause du faible niveau de reproduction des espèces halieutiques liée à la faiblesse de la crue qui n’a pas permis l’inondation adéquate des frayères. Les pêches collectives et la levée des mises en défens ont contribué à rehausser les captures par rapport au mois passé. Les revenus moyens améliorent le pouvoir d’achat des ménages pêcheurs. Le retour des ménages pêcheurs des pêcheries habituelles vers les terroirs sont en cours.

    Fonctionnement des marchés et prix des céréales 

    L’approvisionnement des marchés en céréales reste suffisant à travers le pays en dépit de la baisse saisonnière des offres plus marquée qu’en année moyenne. Les ventes subventionnées de l’OPAM et les récoltes de contre saison de riz en cours ont contribué à rehausser l’offre par rapport au mois passé. Dans les régions de Tombouctou, de Gao et du centre du pays, les flux commerciaux connaissent des perturbations liées aux incidents sécuritaires sans en empêcher. Le prix de la principale céréale (mil) en fin mai est en hausse par rapport au mois passé sur tous les marchés des capitales régionales de 3 pourcent à Bamako à 18 pourcent à Tombouctou excepté à Gao où il est stable. Les prix du mil/sorgho par rapport à la moyenne quinquennale en fin mai sont en hausse de 5 pourcent à Mopti, 12 pourcent à Gao, 17 pourcent à Tombouctou et similaires ou inférieurs sur les autres marchés des capitales régionales. Le transfert de la consommation de mil/sorgho, dont les prix sont élevés sur le maïs dont le prix est plus abordable, a engendré une hausse du prix de ce dernier à un niveau supérieur à la moyenne à Kayes et par endroits à Ségou.

    Marchés à bétail

    L’offre de bétail est moyenne dans le sud du pays et supérieure à la moyenne dans les régions du nord et le sahel occidental à cause des mauvaises conditions d’élevage dans ces zones. Pendant le Ramadan, les demandes internes et cellese des pays voisins ont suscité une hausse sur les principaux marchés d’approvisionnement du pays. Le prix de la chèvre qui est l’animal le plus vendu par les ménages pauvres est par rapport à la moyenne quinquennale en baisse de -23 pourcent à Gao et à Bourem, de -11 pour cent à Goundam, -2 pourcent à Rharous et Mopti et en hausse de 3 pour cent à Tombouctou. Quant aux termes de l’échange chèvre/céréales par rapport à la moyenne quinquennale, ils sont en baisse de -41 pourcent à Gao, -45 pourcent à Bourem, -27 pour cent à Goundam, -28 pour cent à Rharous, -15 pour cent à Mopti et de -8 pourcent à Tombouctou ; ce qui affecte négativement l’accès des ménages pasteurs aux marchés (Figure 1). La dégradation des termes de l’échange par rapport à la moyenne amène les ménages à vendre plus de bétail et à adopter plus de stratégies pour maintenir leur accès aux marchés ; ce qui contribue à une baisse des effectifs voire une décapitalisation pour les ménages pauvres à faible effectif de bétail.

    Appuis humanitaires 

    Le Plan National de Réponse du Commissariat à la Sécurité Alimentaire en collaboration avec le PAM, le CICR et d’autres ONG prévoit une assistance alimentaire gratuite à environ 935 000 personnes en insécurité alimentaire de juin à septembre 2018 dont 20,3 pourcent dans les régions de Tombouctou, Gao, Ménaka, Taoudenit, Kidal et 31 pourcent dans celle de Mopti qui sont en proie à une insécurité instable. En plus des distributions de vivres, des distributions d’intrants agricoles (semences, engrais, aliment de bétail), d’équipements agricoles et de reconstitution de bétail (2500 têtes) sont prévus pour plus de 2 500 000 personnes dans les mêmes zones. Les vivres et les intrants agricoles reçus améliorent l’accès des ménages pauvres bénéficiaires à la nourriture et contribuent à la reconstitution de leurs moyens d’existence faibles.

    Situation sécuritaire

    Des incidents sécuritaires continuent d’être enregistrés dans les régions du nord et du centre du pays avec une prédominance des conflits communautaires ; ce qui affecte négativement les mouvements des personnes et des biens et engendre des déplacements de population. Le dysfonctionnement des activités économiques limite les opportunités d’emplois et de revenus de même que la mise en œuvre des appuis humanitaires particulièrement pour les ménages pauvres.

    Mouvement de population

    Le retour habituel des bras valides dans les terroirs d’origine pour les travaux de la nouvelle campagne agricole se poursuit. Les ressources en nature et en espèce moyennes à supérieures à la moyenne rapportées contribueront à améliorer le pouvoir d’achat des ménages en cette période de soudure. L’insécurité dans les régions du Nord et du centre du pays engendre des déplacements inhabituels de populations qui fragilisent davantage les moyens d’existence des ménages estimés à environ 61404 personnes en fin mai (Commission Mouvement de Population, mai 2018) et les pertes de biens qui en découlent rehaussent leur vulnérabilité à l’insécurité alimentaire. Aussi, des réfugiés nigériens et burkinabés sont signalés dans la zone de Ménaka et à Gossi et sont estimés à plus d’un millier de personnes selon le HCR.

     


    Suppositions

    Le scenario le plus probable de la sécurité alimentaire de juin 2018 à janvier 2019 se base sur des suppositions fondamentales, par rapport à l’évolution du contexte national, qui sont :

    Progrès saisonnier

    • Pluviométrie: Selon les dernières prévisions agro climatologiques d’avril 2017 du centre  IRINMME, PRESASS, ECMWF, les prévisions saisonnières ne présentent pas d’anomalies majeures en termes de pluviométrie à travers le pays. En dépit d’un démarrage normal à tardif et des séquences sèches similaires à plus longue que la moyenne attendue dans la bande du sahel, le cumul de pluies attendu de juin à septembre sera normal à supérieur à la normale (Fig. 2 et 3). La saison des pluies s’installera à partir de juin dans la zone soudanienne et sahélienne du pays et juillet dans les zones du nord du pays. Les hauteurs de pluies moyennes à supérieures à la moyenne attendues pendant cette période permettront un démarrage de la campagne agricole à travers le pays selon les différentes isohyètes.
    • Déprédateurs : Les conditions sèches dans les zones de reproduction traditionnelle ont réduit le niveau de reproduction du criquet dans le moyen orient. Toutefois des individus isolés ont été observés dans le Sahara en Algérie. Il se peut que des ailés en faibles effectifs soient présents et persistent dans des parties de l’Adrar des Iforas, le Tamesna et le Timetrine dans la région de Kidal. La faiblesse des effectifs actuels en dépit de l’installation des pluies favorable à leur reproduction ne permet pas une descente au-delà des zones habituelles de reproduction de l’Adrar des Iforas. Pour ce qui est de la Chenille légionnaire, les dispositions prises en 2017 ont permis de circonscrire les foyers. Toutefois, on s’attend à une résurgence grâce à l’installation des pluies ; ce qui engendrera des dégâts moyens à importants sur les cultures dans la région de Sikasso et dans le sud de celle de Koulikoro où la présence a été signalée. Quant aux oiseaux granivores, les sautereaux, les chenilles, des dégâts légers à moyens comme d’habitude seront observés.
    • Crue des fleuves : La décrue a été forte cette année sur l’ensemble des cours d’eau avec un étiage qui se poursuit activement. Le niveau actuel de la crue sur les cours d’eau est nettement inférieur à celui de l’année dernière à la même période et à la moyenne pluriannuelle. Toutefois, la reprise de la montée des eaux est attendue à partir de juin-juillet 2018 grâce à l’installation des pluies et elle se poursuivra jusqu’en septembre-octobre. Selon les prévisions PRESASS, les précipitations moyennes à supérieures à la moyenne attendues, permettront des écoulements supérieurs à la moyenne au cours de la campagne 2018-2019 au niveau des bassins fluviaux du Niger et du Sénégal.

    Productions agricoles : Les conditions sont favorables à une production agricole globalement supérieure à la moyenne dans le pays à cause notamment : une pluviométrie attendue qui sera moyenne ou supérieure à la moyenne, la poursuite du programme gouvernemental de subvention des intrants agricoles (semences, engrais), de distribution d’équipements et la poursuite des aménagements hydroagricoles. Toutefois, les difficultés alimentaires dans certaines zones qui limitent les investissements propres des ménages dans les intrants et les aléas climatiques (inondation, poche de sécheresse) pourraient réduire les productions agricoles par endroits à travers le pays.

    Autres sources de nourriture et de revenus

    • Productions animales : La restauration des conditions plus favorables d’élevage permet une production animale (lait, beurre, viande) moyenne dans le pays, excepté dans la bande du fleuve des régions de Mopti, de Gao et de Tombouctou et dans le sahel occidental où la dégradation précoce des pâturages et l’assèchement précoce des mares ont significativement affecté négativement l’embonpoint et les productions animales. L’installation des pluies favorable à la reconstitution des pâturages et des points d’eau de juin-juillet relancera le regain d’embonpoint du bétail et la production de lait qui sera inférieure à la moyenne à cause de la soudure difficile.
    • Mouvements des animaux : Les troupeaux sont actuellement dans les zones habituelles de concentration de saison sèche et autour des points d’eau permanents (puits, fleuves, lacs,). Ils y resteront jusqu’à l’installation des pluies à partir de juin-juillet ; ce qui relancera la remontée habituelle des troupeaux vers les zones de pâturage d’hivernage où ils séjourneront jusqu’en octobre à partir duquel, le retour pour les résidus de récolte et au niveau des points d’eau permanents sera amorcé. Des retards de retrait des troupeaux notamment dans les zones agricoles du sud du pays seront observés et qui engendreront des conflits entre éleveurs et agriculteurs en juin-juillet. Dans les régions du nord, les incidences sécuritaires continueront d’affecter le circuit habituel de transhumance durant toute la période de juin à janvier.
    • Production halieutique : Les captures inférieures à la moyenne de poisson pendant la campagne de pêche (de décembre à avril) seront de plus en plus faibles à cause de la reprise de la crue sur les principaux cours d’eau et les pluies de juin à novembre. Les perspectives de crue proche à supérieure à la moyenne seront favorables à une bonne reproduction des espèces de poisson ; ce qui est favorable à une campagne de pêche moyenne à partir de novembre jusqu’en février 2019.
    • Migration : Le retour des bras valides partis à la recherche de ressources pour aider les familles sera observé à partir de mai-juin afin de participer à l’installation de la nouvelle campagne agricole. Les ressources en nature et en espèce moyennes à supérieures à la moyenne, rapportées contribueront à soulager les ménages pendant la période de soudure agricole de juin à septembre. La fin des travaux champêtres relancera à nouveau la migration des bras valides vers les centres urbains du pays, des pays voisins et de plus en plus vers les zones d’orpaillage du pays et des pays voisins.
    • Main d’œuvre : Les activités habituelles de main d’œuvre agricole de mai à octobre qui vont de la préparation des terres aux récoltes et de petits métiers se poursuivront normalement dans le pays. Les revenus moyens issus de ces activités permettront aux ménages pauvres qui en dépendent d’améliorer leur pouvoir d’achat. Cependant, à cause des difficultés financières liées à la mauvaise production de 2017 et à la situation sécuritaire instable, la baisse des opportunités d’emplois de main-d’œuvre (construction, petits métiers, etc.) dans les régions du nord et dans le nord de celles de Ségou et de Mopti affectera négativement les revenus de la main d’œuvre.
    • Soudure agropastorale : Les mauvaises conditions d’élevage ont affecté négativement les productions animales et les mouvements de bétail. La baisse de la disponibilité des produits animaliers (lait, beurre, fromage) et du revenu pastoral à cause de la perte d’embonpoint affectent le pouvoir d’achat des ménages pastoraux ; ce qui explique la soudure pastorale précoce en cours et qui se poursuivra jusqu’en juin. L’amélioration grâce à la reconstitution des conditions d’élevage à partir de juin relance la disponibilité en lait et produits laitiers et le regain d’embonpoint du bétail ; ce qui améliorera l’alimentation et le pouvoir d’achat des ménages pastoraux.

    Marchés et prix 

    • Marchés à céréales : La tendance de hausse saisonnière des prix suite à des demandes relativement élevées par rapport à la moyenne se maintiendra jusqu’en septembre dans les zones de consommation habituelles du Nord du pays, du Sahel occidental qui ont connu des baisses de production et aussi une pression atypique de la demande des pays voisins (Mauritanie, Niger). Les demandes de reconstitution du stock national de sécurité et des partenaires humanitaires en plus de celles évoquées plus haut contribueront à maintenir cette tendance de hausse jusqu’en septembre 2018 à un niveau globalement supérieur à la moyenne pour les principales céréales. Les ventes subventionnées de céréales et les distributions gratuites de vivres du Gouvernement et des agences humanitaires à partir de juin atténueront la tendance de hausse sur les marchés de consommation pendant la période. A partir d’octobre, la disponibilité des premières récoltes qui réduisent les demandes de consommation et améliorent les offres sur les marchés, contribueront à l’amorce de la baisse saisonnière des prix sur les marchés.
    • Prix du bétail : La tendance des prix du bétail supérieurs à la moyenne dans le Sud du pays et inférieure à la moyenne dans le Nord devrait s’améliorer en raison des conditions d’élevage globalement moyennes à bonnes dans le pays et grâce à la demande qui restera moyenne. La baisse saisonnière des prix à cause de la dégradation habituelle des conditions d’élevage est observée particulièrement sur les marchés de Gao, Tombouctou, de Mopti et du Sahel occidental où les prix sont inférieurs à la moyenne. Le regain d’embonpoint à la faveur de la reconstitution des conditions d’élevage en juin-juillet, la baisse habituelle des offres liée à la remontée des troupeaux et la hausse des demandes pour les fêtes de ramadan en juin et de Tabaski en août, rehausseront le niveau des prix à des niveaux moyens ou proches de la moyenne.

    Autres enjeux

    • Insécurité civile : La situation sécuritaire restera marquée par des incidents isolés qui continueront à perturber la libre circulation des personnes et des biens notamment dans les régions de Tombouctou, Gao et le nord de celles de Mopti et de Ségou. Toutefois, la mise en œuvre des patrouilles conjointes et impliquant tous les belligérants, constitue un gage d’apaisement qui améliorera la situation sécuritaire et atténuera ses impacts sur la vie socio-économique des zones concernées qui continueront à trainer les séquelles de cette crise.
    • Mouvements des populations : Les incidents sécuritaires à connotation communautaire qui se poursuivent dans les régions du nord et le centre du pays continuent d’engendrer des déplacements de population à la recherche de zones plus sécures. En fin mai, selon le rapport CMP, environ 61404 personnes déplacées sont enregistrées ; ce qui est en hausse de 11093 par rapport à mars 2018. Ces mouvements de population pour échapper aux conflits, se poursuivront durant toute la période du scenario. Aussi, des réfugiés du Burkina Faso au nombre de 4000 en provenance de la bande frontalière ont été enregistrés à Gossi par le HCR.
    • Actions humanitaires : Le plan national de réponse en préparation prévoit une assistance alimentaire mensuelle et gratuite de la demi ration (9kg/pers/mois) de juin à aout pour 932651 personnes à travers tout le pays et de renforcement de la résilience pour plus d’un million de personnes dans le pays. Des appuis en termes d’intrants agricoles pour la nouvelle campagne agricole (semences, engrais), de soutien aux pasteurs en aliments de bétail (plus de 15000T) et de soins zootechniques dans les zones de déficit de pâturage et de reconstitution de cheptel sont en cours. Quant aux appuis à la réinsertion des populations retournées et rapatriées, ils se poursuivront durant toute la période du scenario. Ces programmes de renforcement de la résilience limiteront le recours des populations bénéficiaires à des stratégies d’adaptation négatives.

    Résultats les plus probables de la sécurité alimentaire

    La majorité des ménages agropastoraux du Sud du pays disposent des revenus moyens issus des activités habituelles de mains d’œuvre agricole et non agricole notamment en cette période de relance des activités agricoles, d’auto emplois (bois, charbon, petit commerce) et d’envois des migrants. La poursuite des sources habituelles de revenus et de nourriture en cette soudure habituelle permettra aux ménages d’accéder à la nourriture sans trop de peine jusqu’à la disponibilité des récoltes en vert en septembre qui mettront fin à la soudure. La consommation alimentaire et la situation nutritionnelle connaitront leur amélioration habituelle par rapport à la soudure et sera à un niveau moyen. L’insécurité alimentaire Minimale (Phase 1 de l’IPC) en cours se maintiendra jusqu’en janvier grâce à la disponibilité de la propre production et des rémunérations en nature dans les opérations de récolte et la baisse des prix des denrées alimentaires amélioreront davantage l’accès des pauvres à la nourriture.

    Les ménages agropastoraux pauvres des régions du Nord et du Sahel occidental qui sortent d’une soudure pastorale plus longue que d’habitude et qui a réduit plus que d’habitude les productions agropastorales et les revenus, ont des difficultés d’accès aux marchés à cause de la hausse des prix céréales de plus de 25 pourcent et de la dégradation des termes de l’échange chèvre/mil de plus de 20 pourcent. Les ménages ont alors recours aux stratégies d’adaptation inhabituelles de main d’œuvre, d’emprunts, de réduction des dépenses non alimentaires et alimentaires, de vente inhabituelle de bétail pour accéder aux aliments. Le score de consommation alimentaire pauvre devrait être au-dessus de la moyenne pour la période et proche de celui de septembre 2017 qui était de 17,2 pourcent pour le score pauvre. L’insécurité alimentaire de Stress (Phase 2 ! de l’IPC) en cours en juin se maintiendra jusqu’en septembre grâce aux appuis humanitaires de vivres et de non vivres aux ménages en insécurité alimentaire dans ces zones. La tendance du taux de malnutrition aiguë global supérieur au seuil critique de l’OMS selon le SMART de juillet 2017 (15.7 pourcent à Tombouctou et 15.2 pourcent à Gao) devrait se maintenir à cause des difficultés d’accès à la nourriture jusqu’en septembre à partir duquel, l’amélioration saisonnière de la situation nutritionnelle sera observée.

    A partir de septembre, la disponibilité de la propre production même faible, des paiements en nature issus des travaux de récolte, des produits de cueillette, des produits animaliers et la baisse des prix des céréales permettront aux ménages de satisfaire leurs besoins alimentaires sans recourir aux stratégies d’adaptation atypiques. Par conséquent, la majorité des ménages pasteurs et d’agropasteurs dans les zones citées plus haut se retrouveront en insécurité alimentaire Minimale (Phase 1 de l’IPC) à partir d’octobre jusqu’en janvier. Toutefois, les ménages pauvres qui seront victimes des inondations de juillet à septembre à travers le pays et ceux déplacés et réfugiés de retour auront de la peine à satisfaire convenablement les dépenses alimentaires et de reconstitution de moyens d’existence. Par conséquent, ils seront en insécurité alimentaire de Stress (Phase 2 de l’IPC) à partir de janvier.

    Pour plus d'informations sur les perspectives des zones de préoccupation, veuillez, s'il vous plaît, cliquer en haut de la page pour télécharger le rapport complet.

    Figures Mali seasonal calendar  Rainy season is from mid-May until October. Land preparation is from April until June. Planting is fr

    Figure 1

    CALENDRIER SAISONNIER POUR UNE ANNEE TYPIQUE

    Source: FEWS NET

    Graph indicating changes in terms of trade for goats/millet (kg/animal)

    Figure 2

    Figure 1. Trends in terms of trade for millet and goats (kg/animal)

    Source: FEWS NET

    NMME forecast indicates average to above-average rainfall across most of the country from June to August 2018

    Figure 3

    Figure 2. Probability of most likely rainfall category – June to August 2018

    Source: NOAA/NMME

    NMME forecast indicates average to above-average rainfall across most of the country likely from July to September 2018

    Figure 4

    Figure 3. Probability of most likely rainfall category – July to September 2018

    Source: NOAA/NMME

    Figure 4.   Probability of most likely rainfall category – June to August 2018

    Figure 5

    Figure 4. Probability of most likely rainfall category – June to August 2018

    Source: Agence Nationale de la Météorologie - Mali

    Afin d’estimer les résultats de la sécurité alimentaire pour les prochains six mois, FEWS NET développe les suppositions de base concernant les événements possible, leurs effets, et les réponses probables des divers acteurs. FEWS NET fait ses analyses basées sur ces suppositions dans le contexte des conditions actuelles et les moyens d’existence locaux pour développer des scénarios estimant les résultats de la sécurité alimentaire. D’habitude, FEWS NET prévient du scénario le plus probable. Pour en savoir plus, cliquez ici.

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