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Précocité de la soudure agropastorale pour les pauvres du lac Faguibine et du Gourma

  • Perspectives sur la sécurité alimentaire
  • Mali
  • Juin 2016
Précocité de la soudure agropastorale pour les pauvres du lac Faguibine et du Gourma

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  • Messages clé
  • CONTEXTE NATIONAL
  • EVENEMENTS QUI POURRAIENT CHANGER LES SCENARIOS
  • Messages clé
    • Les prévisions de pluies moyennes à supérieures à la moyenne selon les prévisions saisonnières (ECMWFNOAA,IRI) et les appuis multiformes du Gouvernement et de ses partenaires présagent d’une production de céréales globalement supérieure à la moyenne ; ce qui sera favorable à un accès moyen des ménages aux denrées et par conséquent être en insécurité alimentaire Minimale (Phase 1 de l’IPC) à partir d’octobre. 

    • L’approvisionnement suffisant des marchés en dépit des incidents sécuritaires qui perturbent de temps en temps les flux vers certaines zones du nord et du centre du pays se maintiendra de juin à septembre. Les prix des céréales inférieurs à la moyenne et les termes de l’échange bétail/céréales supérieurs à la moyenne favorisent un accès moyen des ménages aux denrées.

    • Environ 800 000 personnes à travers le pays dont 70 pourcent au nord du pays bénéficieront d’appuis en vivres de juin à novembre 2016 par le Gouvernement et ses partenaires. Aussi, des appuis en intrants agricoles, de reconstitution de cheptel et de soutien aux activités économiques seront menés dans les zones victimes de la crise. Ces appuis limiteront le recours aux stratégies d’adaptation négatives.

    • Les ménages pauvres du lac Faguibine et ceux du Gourma de Tombouctou et de Gao ont des difficultés à satisfaire convenablement leurs besoins alimentaire et non alimentaire à cause de la baisse globale de revenus liée à la crise sécuritaire et à la baisse de production en 2015. Le recours aux stratégies d’adaptation inhabituelles les met en insécurité alimentaire de Stress (Phase 2 de l’IPC) de juin à septembre.

       

      This report is being translated into English.


    CONTEXTE NATIONAL
    Situation actuelle

    Disponibilité alimentaire globale 

    L’installation à temps des pluies à partir de mai dans les zones agricoles du sud du pays a permis le démarrage de la nouvelle campagne agricole dans ces zones. Le nettoyage des champs et les semis en cours dans ces zones offrent des opportunités de revenus et de nourriture pour les ménages pauvres qui dépendent de la main d’œuvre agricole. Les prévisions de production du Ministère de l’Agriculture pour la campagne en cours sont en hausse de 9 pourcent par rapport à 2015 et de 32 pourcent par rapport à la moyenne quinquennale grâce à la poursuite de la subvention des intrants agricoles et les aménagements hydroagricoles. Les récoltes moyennes des cultures de contre saison de riz attendues en juin-juillet contribueront à améliorer la disponibilité en cette denrée sur les marchés. 

    La régénération des pâturages particulièrement dans les régions du sud du pays à la faveur des pluies enregistrées et la reconstitution des points d’eau marquent la fin de la soudure qui a été globalement moyenne cette année pour le bétail ; ce qui relance la reprise de l’embonpoint des animaux et des productions animales. La campagne de vaccination du bétail se poursuit avec l’appui de certains partenaires au développement notamment dans les régions de Tombouctou, Gao et de Kidal.

    Fonctionnement des marchés et prix

    L’approvisionnement des marchés est moyen à travers le pays en dépit de la baisse saisonnière observée. Toutefois, des perturbations liées aux incidents sécuritaires et qui affectent négativement les flux commerciaux de certains marchés continuent à être signalés dans les régions de Mopti, de Tombouctou et de Gao.

    Le prix de la principale céréale (mil) est fluctuant avec une tendance à la stabilité dans toutes les capitales régionales à l’exception du maïs à Sikasso pour lequel une hausse de 6 pourcent est observée par rapport au mois dernier à cause de la hausse de la demande pour les unités de transformation. Les prix des mil/sorgho sont partout similaires ou inférieurs à la moyenne quinquennale sur tous les marchés des capitales régionales. La baisse pour le mil est de -16 pour cent à Ségou, -13 pourcent  à Koulikoro, -5 pourcent  à Tombouctou et de -6 pourcent  à Gao.

    Les marchés à bétail sont moyennement fournis en ce mois de ramadan qui explique la hausse des demandes intérieurs et des pays voisins sur les principaux marchés d’approvisionnement du pays. Le prix de la chèvre qui est l’animal le plus vendu par les ménages pauvres est en hausse de 35 pourcent à Tombouctou, 13 pour cent à Bourem, 14 pour cent à Gao 5 pourcent à Goundam, et en baisse d’environ 8 pourcent à Rharous par rapport à la moyenne quinquennale. Les termes de l’échange chèvre/céréales sont en hausse de 35 pourcent à Tombouctou, 29 pourcent à Bourem, 21 pourcent à Gao et en baisse de 20 pourcent à Goundam et 6 pourcent à Rharous par rapport à la moyenne quinquennale ; ce qui favorise un accès moyen des ménages pastoraux aux marchés excepté à Goundam et Rharous (Figure I).

    Appuis humanitaires

    La mise en œuvre du Plan National de Réponse du Commissariat à la Sécurité Alimentaire en collaboration avec le PAM, le CICR et le Cadre commun pour l’assistance alimentaire à 800 000 personnes en insécurité alimentaire d’avril à novembre 2016 est en cours dans les régions de Tombouctou, Gao, Kidal et le nord de celle de Mopti qui couvrent près de 70 pourcent du volume des interventions. Les distributions d’engrais, de semence et d’équipements agricoles sont prévues pour la campagne agricole en cours. Il en est de même pour la distribution de l’aliment de bétail, de petits ruminants (2500 têtes). Ces appuis renforceront la résilience et les moyens d’existence pour environ 1 500 000 personnes dans les mêmes zones et permettront aux ménages bénéficiaires de disposer des moyens pour s’adonner sereinement à la nouvelle campagne agricole et de favoriser l’accès aux vivres grâce à la réduction des charges de production.

    Situation sécuritaire

    Des incidents sécuritaires continuent d’être enregistrés dans les régions du nord et du centre du pays et affectent négativement les mouvements des personnes. Les ménages déplacés suite à ces conflits communautaires comme à Ménaka et à Tenenkou (2300 personnes) se trouvent dans une situation de vulnérabilité suite aux pertes de biens et d’arrêt des activités économiques. La persistance de ces incidents entrave la reprise économique dans ces zones et réduit les opportunités de revenus pour les ménages pauvres.

    Situation de sécurité alimentaire 

    La majorité des ménages agropastoraux et pastoraux à travers le pays, a un accès moyen aux denrées alimentaires grâce à la disponibilité moyenne des revenus issus des activités habituelles de mains d’œuvre, les paiements  en nature dans les zones agricoles et le niveau des prix des céréales inférieurs à la moyenne. Pour les ménages éleveurs, les termes de l’échange bétail/céréales supérieurs à la moyenne favorisent un accès moyen aux marchés pour satisfaire leurs besoins alimentaires. Par conséquent, la majorité des ménages est présentement en insécurité alimentaire Minimale (Phase 1 de l’IPC).

    Dans la zone des lacs du Faguibine dans le cercle de Goundam ainsi que  dans la zone « pastorale transhumant » du Gourma de Gao et de Tombouctou, on note la baisse de revenus et les pertes de moyens d’existence suite à la mauvaise production pour les premiers et à la réduction de la taille des troupeaux pour les seconds. Les ménages pauvres ont un accès difficile aux marchés et sont  incapables de satisfaire à la fois leurs besoins alimentaires et non alimentaires sans faire recours à des stratégies atypiques d’adaptation d’emprunt, de mains d’œuvre, de consommation d’aliments non préférés et de moindre qualité. Ces stratégies engendrent une dégradation plus que d’habitude de la situation nutritionnelle au-dessus du seuil critique de 10 pourcent de l’Organisation Mondiale de la Santé. Ils sont actuellement en situation de Stress (Phase 2 de l’IPC). Dans ces deux zones, certains ménages très pauvres qui n’atteignent pas les 20 pourcent requis pour le phasage de la zone, ne pourront satisfaire les besoins alimentaires de base qu’avec l’aide alimentaire à défaut de laquelle ils seront en situation de Crise (Phase 3 de l’IPC).

    Le retour des personnes déplacées et réfugiées dans les régions de Tombouctou, Gao et de Kidal se poursuit. En fin avril 2016, le nombre de déplacés enregistré dans le pays était de 36 762 personnes dont 27 422 dans les régions nord et 9 340 dans celles du sud ; ce qui fait une baisse de 29,5 pourcent par rapport au mois de février 2016. Ces ménages qui ont de la peine à s’intégrer dans le tissu économique local et de se rétablir (abris, reprise d’activités économiques, etc.) ont des difficultés à satisfaire leurs besoins alimentaire et non alimentaire et sont en situation de Stress (Phase 2 de l’IPC).

    Suppositions

    Le scenario le plus probable de la sécurité alimentaire de juin à janvier 2017 se base sur des suppositions fondamentales, par rapport à l’évolution du contexte national, qui sont :

    Pluviométrie : Les prévisions saisonnières disponibles au niveau des Centres climatiques (ECMWF, NOAA,IRI) et les prévisions saisonnières au Sahel de juin 2016 indiquent une probabilité de pluies normales à supérieures à la normale pour le pays même si le centre UK MET présente une forte probabilité de pluies inférieures à la moyenne. FEWS NET suppose que le cumul de pluies pour la période de juin à octobre sera proche  à supérieur à la moyenne.

    Déprédateurs: Selon le Centre d'Intervention Antiacridien d'Urgence de la FAO, en avril, des ailés solitaires en faibles effectifs étaient présents dans le centre de l’Algérie, le nord du Mali et du Niger, et des adultes en accouplement ont été observés dans le sud-ouest de la Libye. Des ailés en faibles effectifs vont probablement persister dans des parties de l’Adrar des Iforas et peut-être aussi dans le Timétrine et la vallée du Tilemsi ; ce qui ne permet pas une migration vers le sud en dehors de ces zones habituelles. Un suivi rigoureux s’impose dans les zones grégarigènes du pays afin de minimiser tout impact significatif sur la sécurité alimentaire et les moyens d'existence des ménages. Par ailleurs, la présence habituelle d’oiseaux granivores sera observée avec des dégâts légers à moyens dans les zones habituelles du Sahel occidental et au niveau de la vallée du Sourou et du fleuve Niger de Ségou à Gao.

    Productions agricoles: La poursuite de l’extension des aménagements hydro agricoles et du programme de subvention des intrants agricoles par le Gouvernement contribuera à augmenter les productions agricoles attendues à partir de septembre notamment pour le maïs et le riz qui connaissent un essor ces derniers temps. Les prévisions de production de céréales du Gouvernement qui sont en hausse de 9 pour cent par rapport à celle de 2015/16 et de 32 pourcent de la moyenne quinquennale confirment cette tendance surtout qu’on s’attend à un cumul de pluies moyen à supérieur à la moyenne et une situation phytosanitaire calme.

    Productions animales: La régénération des pâturages en juin-juillet met fin à la soudure des animaux ; ce qui relance la production de lait. La soudure moyenne que le bétail vient de traverser dans l’ensemble sera favorable à une production animalière globalement moyenne dans le pays excepté par endroits dans le Gourma de Gao et de Tombouctou où la réduction de la taille des troupeaux suite aux ventes et aux mortalités plus élevées que la moyenne de 2012 à 2015 pourrait réduire les niveaux de production notamment pour les ménages pauvres. Une amélioration progressive de la disponibilité de lait sera observée de juin à janvier avec un pic de production entre août à septembre.

    Transhumance: La remontée habituelle des troupeaux vers les pâturages d’hivernage sera observée à partir de juin-juillet grâce à la régénération des pâturages et la reconstitution des points d’eau. La disponibilité moyenne des résidus de récoltes à partir d’octobre engendrera le retour habituel des troupeaux vers les pâturages de saison sèche autour des points d’eau permanents et des fleuves.

    Mouvement de population : Les conflits communautaires qui sévissent présentement dans les régions du nord et dans le centre du pays engendrent des déplacements de population à la recherche de zones plus sécures. Ces mouvements de population suite à ces conflits particulièrement dans le cercle de Ménaka et de Tenenkou devraient connaitre une réduction grâce aux efforts de médiation en cours par le Gouvernement et les bonnes volontés.  

    Marchés à céréales: La baisse saisonnière habituelle des offres de céréales observée depuis mai se poursuivra jusqu’en septembre sur les marchés à cause de l’épuisement progressif des stocks paysans et la stratégie de rétention des producteurs pour profiter des bons prix en juillet-août. L’approvisionnement des marchés en céréales restera suffisant dans l’ensemble du pays face à la hausse progressive des demandes de consommation à cause des stocks importants au niveau des commerçants. La disponibilité des récoltes de soudure (légumineuses, maïs précoce) qui réduit les demandes en plus de la volonté des producteurs de déstocker contribueront à rehausser les offres sur les marchés.

    Prix des céréales : Les prix des céréales observent la hausse saisonnière mais moins marquée qu’en une année moyenne à cause de la bonne disponibilité des stocks issus des récoltes de 2015/16 à travers le pays et des demandes moyennes à faibles des pays voisins. Les prix des céréales en fin mai sont stables ou en baisse d’environ 10 pourcent par rapport à la moyenne quinquennale sur les principaux marchés des capitales régionales aussi bien au sud du pays que dans les régions du nord. La disponibilité moyenne des récoltes en vert en septembre qui réduira les demandes de consommation sur les marchés, contribuera à stabiliser voir rabaisser les prix des céréales de novembre à janvier. Basé sur son analyse fondamentale et technique de la tendance historique des prix et des dynamiques actuelles des marchés, FEWS NET suppose que le prix du mil qui constitue la principale céréale de consommation restera similaire à légèrement inférieur à la moyenne de juin à janvier dans les zones de production et moyenne dans les zones de consommation.

    Prix du bétail: La baisse habituelle des prix du bétail en cette période de soudure pastorale se poursuit timidement et le niveau reste supérieur à plus de 15 pourcent de la moyenne sur les principaux marchés à bétail. L’amélioration des conditions d’élevage à partir de juin-juillet et les demandes du Ramadan en plus des termes de l’échange favorables aux éleveurs contribueront à maintenir cette tendance des prix supérieurs à la moyenne de juin 2016 à janvier 2017. La soudure normale pour le bétail de mars à juin et les appuis humanitaires dans les zones pastorales au nord du pays n’incitent pas à un déstockage qui pourrait abaisser le prix des animaux.

    Achats institutionnels : Les achats institutionnels dans le cadre de la reconstitution du stock national de sécurité de l’OPAM, pour 10 000T de riz et 20 000T mil/sorgho, des achats du PAM et d’autres organismes humanitaires durant l’année 2016 dans le cadre du Plan National de Réponse seront globalement inférieurs à ceux de l’année 2015 à cause de la réduction du nombre de bénéficiaires d’aide dans le pays.

    Actions humanitaires : Le plan national de réponse conjoint entre le Gouvernement et les acteurs humanitaires prévoit un appui mensuel en vivres de la demi-ration pour les 800 000 personnes en insécurité alimentaire de crise et de stress d’avril à Novembre 2016. Aussi, des actions de renforcement des moyens d’existence pour 1 300 000 personnes à travers la distribution de 7000 tonnes d’aliment de bétail et de 2950 tête de bétail sont prévues. Ces actions qui se focalisent à près de 70 pourcent dans les régions de Gao, Tombouctou, Kidal et Mopti contribueront à limiter le recours des ménages pauvres aux stratégies d’adaptation négatives.

    Insécurité : Des incidents localisés continuent de troubler la quiétude des populations dans les régions du nord notamment avec les conflits communautaires dans les cercles de Ménaka et de Tenenkou. Des efforts dans la mise en place des accords de paix par le Gouvernement sont en cours pour ramener la paix et permettre le « mieux vivre » partout dans le pays. Cependant, des conflits de positionnement et d’expression de certains groupes continuent de perturber la quiétude des populations; ce qui se manifestera durant toute la période de scenario par des attaques spontanées et de raquette particulièrement dans les régions de Tombouctou, Gao, Kidal et le nord de celle de Mopti.

    Situation nutritionnelle : La prévalence de la malnutrition aigüe globale selon le poids/taille chez les enfants de 6 à 59 mois est habituellement préoccupante entre juin et septembre avec une valeur médiane pour les 10 dernières années qui reflète une situation nutritionnelle sérieuse soit 10.4 pourcent (Médiane SMART : 2015, 2014, 2011, 2010 et 2008). La situation nutritionnelle à l’échelle nationale se détériorera comme d’habitude de juin à septembre et sera pratiquement proche ou similaire à la médiane en dépit de la disponibilité alimentaire moyenne à supérieure à la moyenne dans le pays. La prévalence accrue des maladies diarrhéiques (14,6 pourcent), du paludisme (18,1 pourcent) et des infections respiratoires aiguës pendant l’hivernage de juin à octobre contribueront à cette dégradation qui sera limitée à cause de la poursuite du programme de dépistage et de prise en charge des cas de malnutrition aigues.

    Résultats les plus probables de la sécurité alimentaire

    La soudure agropastorale normale qui commence comme d’habitude en ce mois de juin pour la majorité des populations du pays se caractérise par une bonne disponibilité céréalière sur tous les marchés du pays. L’évolution saisonnière des prix qui sont en dessous de la moyenne quinquennale sur les principaux marchés du pays favorise actuellement un accès moyen de la majorité des ménages aux denrées à partir des revenus moyens issus des activités habituelles. Les revenus moyens et les nourritures du paiement en nature issus de la main d’œuvre agricole de juin à août et de la disponibilité habituelle des récoltes en vert en septembre qui mettront fin à la soudure permettront un accès moyen des ménages pauvres à la nourriture. Par conséquent, les ménages pauvres dans ces zones agropastorales qui traversent une soudure normale se maintiendront en insécurité alimentaire Minimale (Phase 1 de l’IPC) de juin à janvier 2017.

    Les ménages pastoraux pauvres des régions du nord particulièrement de la zone de transhumance du Gourma qui connaissent une soudure plus longue que d’habitude et les ménages agricoles pauvres de la zone des lacs du Faguibine à cause de la mauvaise production agricole de 2015 ont des difficultés d’accès aux marchés à cause des revenus et des productions animales en baisse par rapport à une année moyenne. Ces ménages pauvres ont alors recours aux stratégies d’adaptation inhabituelles de mains d’œuvre, de migration, d’emprunt voire de décapitalisation et de réduction des dépenses non alimentaires voire la préférence des aliments les moins chers pour satisfaire leurs besoins alimentaires. Par conséquent, ils se retrouvent actuellement dans une situation d’insécurité alimentaire de Stress (Phase 2 de l’IPC).

    Dans ces deux zones, l’amélioration des conditions d’élevage en juin-juillet selon les zones et qui relance la production de lait et les revenus pastoraux à cause du regain d’embonpoint du bétail, les distributions alimentaires gratuites de vivres du Gouvernement et  des partenaires contribueront à améliorer leur accès aux aliments et à réduire le recours aux stratégies d’adaptation négatives comme se passer de la nourriture et ou décapitaliser. A partir de septembre, grâce à la disponibilité des produits de cueillette et des récoltes en vert, du prix des céréales qui resteront inférieurs à la moyenne, et l’amélioration des termes de l’échange à la faveur des fortes demandes habituelles de la tabaski et la baisse des prix grâce aux grandes récoltes d’octobre permettront aux ménages pauvres d’accéder à la nourriture sans trop de peine et par conséquent d’être en insécurité alimentaire Minimale (Phase 1 de l’IPC) à partir d’octobre jusqu’en janvier. Certains ménages très pauvres et certains déplacés qui ne valent pas les 20 pourcent de la population pour phaser toute la zone et ceux victimes des inondations seront dans une situation pire en absence d’un appui humanitaire en vivres et en action de résilience pendant la soudure de juin à septembre.


    EVENEMENTS QUI POURRAIENT CHANGER LES SCENARIOS

    Table 1: Événements possibles dans les prochains huit mois qui pourraient changer le scenario ci-dessus.

    ZONE

    EVÈNEMENTS POSSIBLES

    IMPACTS SUR LES CONDITIONS DE LA SÉCURITÉ ALIMENTAIRE

    National

    Retard et/ou insuffisance d’installation des pluies en juin-août

    Un retard d’installation des pluies prolonge plus que d’habitude la soudure pastorale qui engendrera des pertes d’embonpoint et par conséquent une baisse des revenus pastoraux. Les ressemis et le retard d’installation des pluies affecteront négativement les rendements et par conséquent les revenus agricoles (main d’œuvres, ventes de produits, etc.) et la disponibilité alimentaire.

    National

    Inondation entre juillet et Aout

    Les grandes pluies de juillet à août peuvent engendrer des dégâts importants aussi bien sur les cultures que sur les biens matériels ; ce qui affectera négativement les disponibilités alimentaires et les moyens d’existence des ménages. La baisse de production qui en résulte engendrerait une situation d’insécurité alimentaire pour les ménages victimes.

    National  (zones d’Office du Niger, la bande du fleuve de Gao et de Tombouctou)

    Dégâts des ennemis de culture de septembre à janvier

    Les dégâts importants d’oiseaux granivores sur les cultures à maturité entre septembre et janvier peuvent réduire la disponibilité en céréales dans les zones et engendrer une hausse précoce des prix qui réduirait l’accès des ménages pauvres aux denrées.

    Nord et centre du Mali

    Intensification des perturbations des marchés par l’insécurité résiduelle

    Une intensification des incidents sécuritaires affecterait négativement les revenus, les flux, l’approvisionnement et les moyens d’existence des ménages dans la zone, la relance économique de la zone ; ce qui rehausserait la vulnérabilité des ménages pauvres.

    Régions du nord

    Appuis humanitaires en vivres pour les ménages en difficultés alimentaires

    Une intensification des appuis couvrant au moins 50 pourcent des besoins pour la majorité des ménages pauvres améliorera leur niveau d’insécurité alimentaire ; ce qui contribuera à sauvegarder les faibles moyens d’existence qui sont sous pression.

    Afin d’estimer les résultats de la sécurité alimentaire pour les prochains six mois, FEWS NET développe les suppositions de base concernant les événements possible, leurs effets, et les réponses probables des divers acteurs. FEWS NET fait ses analyses basées sur ces suppositions dans le contexte des conditions actuelles et les moyens d’existence locaux pour développer des scénarios estimant les résultats de la sécurité alimentaire. D’habitude, FEWS NET prévient du scénario le plus probable. Pour en savoir plus, cliquez ici.

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