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Stress (Phase 2 de l’IPC) prévu pour les régions qui ont connu une mauvaise production agricole

  • Perspectives sur la sécurité alimentaire
  • Mali
  • Janvier - Juin 2014
Stress (Phase 2 de l’IPC) prévu pour les régions qui ont connu une mauvaise production agricole

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  • Messages clé
  • Conditions actuelles de la sécurité alimentaire
  • Zones de préoccupation
  • Evénements qui pourraient changer les scenarios
  • Messages clé
    • Le bilan alimentaire du Mali présente un excédent de plus de 650 000 tonnes de céréales avec une production céréalière en baisse de 9 pour cent par rapport à la moyenne. Les zones les plus affectées par les déficits de productions incluent les régions agropastorales du nord, le sahel occidental et le plateau dogon.
    • Dans des régions du nord, la situation sécuritaire connait une stabilité ce qui favorise la relance économique de ces régions et le retour des populations déplacées et des refugiés. Cette relance implique un accroissement des opportunités et des revenues pour les ménages pauvres par rapport aux mois passés.
    • L’arrivée progressive des nouvelles récoltes sur le marché et l’amélioration de la mobilité suite au retour progressif de la sécurité assurent un approvisionnement correct des marchés à travers tous le pays. Les prix des céréales de façon générale sont en dessous des niveaux de ceux de 2013 et proches ou légèrement supérieurs à la moyenne. Ces niveaux des prix facilitent l’accès à la nourriture pour les ménages pauvres.
    • L’insécurité alimentaire Minimale (Phase 1 de l’IPC) des ménages pauvres évoluera en Stress (Phase 2 de l’IPC) à partir de mars pour plus de 20 pour cent de la population dans les localités du plateau dogon et du sahel occidental et dans les zones agropastoraux du nord en raison de la baisse importante de leurs productions agricoles et les séquelles de la morosité du climat économique. Dans les régions les plus affectées, les poches d’insécurité alimentaire de Crise (Phase 3 de l’IPC) sont à craindre pendant la prochaine soudure (juillet à septembre) mais ne vont pas dépasser le seuil de 20 pour cent de la population.

    Conditions actuelles de la sécurité alimentaire

    Production agricole
    Le bilan céréalier de cette année donne un excédent de plus de 650 000 T, ce qui résulte d’une baisse de production d’envron 9 pour cent par rapport à la moyenne quinquenale et de 19 pour cent par rapport à 2012 (une année de production exceptionnelle). La baisse de production observée est liée à l’insuffisance des pluies pendant la saison pluviale (mai à septembre), aux dégâts des deprédateurs (oiseaux, chenilles) et à la faible crue des fleuves. Les poches importantes de mauvaise production sont sur le plateau dogon, le sahel occidental de Koulikoro et de Kayes, l’inter fleuve de Ségou, et la vallée du fleuve de Tombouctou et de Gao.

    Actuellement, les récoltes de riz se poursuivent au niveau des PIV et plaines à travers le pays et procurent des revenus et de la nourriture aux niveau normal aux ménages pauvres. L’installation de la campagne des cultures de contre saison de riz et de blé est aussi en cours à travers les zones habituelles du pays avec les perspectives de réalisation moyennes dans l’ensemble. Quant à la campagne maraichère, elle a débuté précocement en octobre cette année par rapport à décembre habituellement au niveau des zones ayant connu une mauvaise production des céréales pour limiter l’impact du faible niveau de la crue.

    Situation pastorale
    Les conditions d’élevage se caractérisent par un pâturage moyennement fourni avec toutefois des poches de net deficit dans les régions du nord et le sahel occidental. L’emboinpoint du bétail à la faveur de la disponibilité des pâturages et des points d’eau est moyen ce qui permet une production de lait normale pour l’instant. On assiste présentement au retour des troupeaux transhumants vers les points d’eau pérens (fleuve, mares, lacs..) et autour des champs pour les résidus de récolte. Les mouvements de troupeaux connaissent des perturbations au niveau du nord faguibine en raison du banditisme residuel qui sevit dans cette zone de concentration et sont précoces dans le Gourma de Gao en raison du déficit de paturage.

    Situation sécuritaire
    En général, le contexte sécuritaire reste stable dans les régions du nord avec toutefois des perturbations liées aux attentats sporadiques et des actes de banditisme particulièrement dans la région de Kidal. Bien que l’amélioration des conditions de sécurité par rapport aux mois passés ait conduit généralement à une relance des activités économiques, un retour des réfugiés et des personnes déplacées, et la normalisation des flux commerciaux , l’insécurité résiduelle continue d’affecter négativement les mouvements des personnes et des animaux par endroits dans le nord du pays.

    Fonctionnement des marchés et prix
    En général, les disponibilités alimentaires au niveau des marchés sont moyennes et sont en amélioration par rapport à octobre avec l’arrivée progressive des récoltes sur les marchés notamment dans les zones de production. Dans les régions du nord, la normalisation des circuits commerciaux à la faveur de la sécurité contribue au bon approvisionnement des marchés à partir des marchés habituels d’approvisionnement du sud. Cependant, une hausse habituelle des demandes est actuellement observée avec la reconstitution en cours des stocks communautaires et institutionnels.

    Les prix des céréales au sud de pays se caractérisent par la stabitlité sur les marchés de consommation. Par exemple, les prix du mil en janvier sont stables ou en légère baisse d’environ 4 pour cent sur les marchés Bankass et Diema et en légère hausse d’environ 5 pour cent à Monimpé et Dioila par rapport au mois passé. Ils restent dans l’ensemble supérieurs à la moyenne quinquenale pour le mil d’environ 8 pourcent à Bankass et Monimpé, 14 pour cent à Diema et proche de la moyenne à Dioila. Pour le riz, les prix restent stables ou en baisse par rapport au mois passé et sont inférieurs de 2 à 7 pourcent à la moyenne dans l’ensemble.

    Dans le nord du pays, les prix suivent la même tendance à la stabilité pour le mil par rapport au mois passé. Par rapport à la campagne passée, ils sont en baisse sur les marchés de Tombouctou et de Gao d’environ 30 pourcent. Toutefois, ils restent supérieurs à la moyenne d’environ 5 pour cent à Gao et 11 pour cent à Ansongo. Dans la bande du fleuve de Tombouctou en raison de la reprise de la demande contrairement à 2013 où elle était très faible, les prix du riz à la production présentent une hausse de plus 25 pour cent à Diré par rapport à l’année dernière. Cette hausse des prix de riz a eu des éffets positifs pour les ménages locaux, qui sont généralement des vendeurs, plutôt que des consommateurs, de riz local à cette période de l'année.

    L’offre de bétail sur les marchés à travers le pays est en amélioration par rapport aux mois passés suite au retour des transhumants des pâturages d’hivernage et les ventes normales des pasteurs pour leur approvisionnement en céréales. Quant à la demande, elle s’améliore notamment dans les régions du nord à la faveur de la sécurité et des fortes demandes vers les pays cotiers. Par conséquent, les prix du bétail sont en hausse de plus de 20 pourcent par rapport à la moyenne. En outre, les termes de l’échange chèvre/mil sont en amélioration de plus de 20 pourcent pour cent par rapport à la moyenne ce qui améliore l’accéssibilité aux céréales des pasteurs.

    Activités économiques
    Dans le sud du pays, les activités économiques sont dominées par les travaux agricoles en cette periode de l’année. Les revenus pour le travail agricole sont moyens sauf dans les zones de mauvaise production où les opportunités de travail sont plus réduites que la normale. La vente des produits de rente (sesames, niébé, arachides, coton) se poursuit normalement et procurent des revenus moyens si non supérieurs notamment pour le niébé qui affiche un prix supérieur de plus de 20 pour cent de la moyenne. Le départ habituel à l’exode des bras valides dépuis septembre se poursuit en direction des centres urbains du pays et des pays voisins.

    Dans le nord du pays, les activités en berne dépuis deux ans ont repris mais restent moins intenses par rapport à l’habituel. Elles sont surtout dominées par les travaux agricoles, la construction, le petit commerce, et la vente des animaux. Le retour des deplacées et les besoins de réhabilitation des structures étatiques et des ONG contribuent énormement à l’essor économique de ces régions qui mettront du temps à se relever des sequelles de la crise. Les revenus des ménages seront en baisse par rapport au revenu habituel dans cette partie du pays. 

    Appui humanitaires
    Les appuis humanitaires en vivres se poursuivent à travers le pays en cette période de récolte renforcant du coup les réserves familliales issues de la propre production et des rémunérations en nature dans les récoltes. En fin décembre environ 1,4 millions de personnes dont plus de 60 pour cent dans le nord du pays ont béneficié des dons de vivres ou des actions de renforcement de moyens d’existence (distribution de petits ruminants, transfert de cash, kits maraichers…) ce qui attenue significativement les difficultés alimentaires des ménages pauvres des régions du nord et du sahel occidental. Les distributions de sémence aussi bien de riz que pour le maraichage dans la bande du fleuve aux petits producteurs soutiennent la production locale qui constitue un recours capital pour les ménages de cette zone. Le retour des deplacées et des refugiés se poursuit avec l’appui de l’Etat et des humaniatires en terme de transport, de vivres et en équipements pour faciliter leur réintégration.

    Suppositions

    Le scenario le plus probable de la sécurité alimentaire de janvier à juin 2014 se base sur des suppositions fondamentales par rapport à l’évolution du contexte national, qui sont :

    • Situation sécuritaire: Elle restera stable dans les régions du nord ce qui soutiendrait la reprise économique amorcée et une amélioration des flux commerciaux. Toutefois, la présence des groupes rebelles dans la zone de Kidal continuera à affecter négativement la mobilité des marchandises à cause des braquages de bandits ce qui amène les fournisseurs à la prudence affectant du coup les volumes des transactions.
    • Productions agricoles: Les perspectives de production sont moyennes dans l’ensemble pour les cultures maraichères et céréalières de contre saison à l’exception du plateau dogon ou une réduction de la production de plus de 40 à 60 pour cent par rapport à l’habituel est attendue et au niveau de certains bras de fleuve de Tombouctou. Les récoltes en cours pour les cultures maraichères se poursuivront jusqu’en mars tandis que celles du blé sont prévues comme d’habitude en mars-avril et celles du riz en juin-juillet. Les appuis en intrants agricoles à travers le pays par la FAO, le CICR et d’autres ONG rehausseront le niveau de la production agricole plus que la moyenne pour les bénéficiaires.
    • Les stocks des ménages: Pour la plupart des régions du Mali, les stocks alimentaires des ménages s’épuiseront normalement cette année. Cependant, les ménages agropastoraux pauvres et très pauvres seront fortement dépendants du marché à partir de janvier-février au lieu de mars-avril en raison de la baisse de la production qui a négativement impacté les niveaux des stocks des ménages particulièrement dans le sahel occidental, la bande du fleuve des régions de Tombouctou et de Gao et sur le plateau dogon.
    • Productions animales/mouvement du bétail: En raison des poches de déficits fourragers répertoriées dans le sahel occidental et les régions du nord, la soudure pastorale sera précoce et enregistrera des mouvements inhabituels qui impacteront négativement sur la production laitière à partir de mai-juin pour les zones de bourgou et d’avril à juin pour les zones exondées. Cependant, on ne s’attend pas à une mortalité exceptionnelle en raison des stratégies d’adaptation habituelles des éleveurs comme la vente des plus faibles et la constitution de réserve d’aliment bétail pour les laitières. La taille des troupeaux seront légèrement plus réduite que la normale, en particulier pour les ménages pauvres en raison des effets des stratégies d'adaptation employées au cours des années précédentes de crise.
    • Prix des cultures de rentes: Les prix des cultures de rentes (arachides, niébé, fonio) resteront supérieurs à la moyenne durant la période du scenario ce qui améliore les revenu des ménages agricoles.
    • Reconstitution des stocks institutionnels: Les achats institutionnels pour le stock national de sécurité seront d’environ 31 000 tonnes et s’effectueront dans le premier trimestre de l’année comme d’habitude. Cependant, les achats des humanitaires se feront pendant toute la période de scénario (janvier à juin) en fonction de la disponibilité des fonds. Ils resteront supérieurs à la moyenne mais n’atteindront pas le niveau de 2013. Ces activités de reconstitution des stocks institutionnels créeront la pression sur la demande de céréales comme habitude pendant cette période de l’année.
    • Prix des céréales: Renforcés par l’offre globalement suffisante, les prix des céréales (mil) suivront les tendances saisonnières normales mais resteront supérieurs de 5 à 15 pour cent à la moyenne quinquennale durant la période du scenario sur les différents marchés du pays. Les prix stables jusqu’en janvier-février observent une tendance haussière à partir de mars jusqu’aux récoltes prochaines en octobre 2014. Ces hausses seront plus élevées au niveau des marchés du nord et du sahel occidental qui ont connu une mauvaise production agricole. La bonne disponibilité en céréales à travers du pays sera suffisante pour répondre à la hausse des demandes du mois de carême en juin sans engendrer une hausse significative des prix.
    • Prix du bétail: Les prix du bétail suivront la tendance saisonnière de baisse de prix à mesure qu’on s’approche du début de la soudure pastorale en mars. Les prix resteront toujours supérieurs à la moyenne en raison de la faiblesse des offres suite aux bons termes de l’échange, des appuis humanitaires, la forte demande des pays côtiers, et des bons prix des cultures de rente qui n’incitent pas au déstockage. Cependant, dans les zones de déficit, on assistera à un déstockage pour sauvegarder le capital animalier ce qui pourra abaisser les prix locaux pendant les mois d’avril à mai.
    • Migration et mouvements de population: Les départs de bras valides à la recherche de ressources vers les centres urbains du pays et des pays voisins en cours se poursuivront jusqu’en février. Les ressources rapportées ou envoyées en mai seront moyennes dans l’ensemble et supérieures à la moyenne dans les zones de mauvaise production agricole où les départs ont été précoces avant les récoltes. Ces ressources envoyées en mai permettront aux ménages de préparer la nouvelle campagne agricole et d’améliorer leur accès aux marchés. Dans les régions du nord, le retour des déplacées se renforcera à la faveur de l’amélioration de la sécurité et du climat économique.
    • Démarrage de la campagne agricole 2014: Selon les mouvements du FIT entre décembre et janvier les pluies s’installeront à bonne date entre mai et juin. Les cumuls pluviométriques et la distribution au cours de la saison des pluies 2014 seront normaux ce qui permet le démarrage à temps des activités agricoles pour la saison agricole 2014/15 et la régénération des pâturages.
    • Activités économiques/revenus: La reprise effective des activités économiques (commerce, transport, petits métiers…) observée au nord du pays se renforcera avec le retour de l’administration et des populations déplacées et les réfugiés. Ces activités procureront des revenus bien que faibles par rapport à la moyenne afin d’améliorer l’accès des ménages pauvres aux marchés pour toute la période du scénario. La reprise des activités agricoles en mai-juin constituera des opportunités de revenus et de nourriture pour les ménages pauvres dans les zones agricoles.
    • Actions humanitaires: Les opérations humanitaires en vivres et non vivres pour les ménages pauvres des régions du nord en cours se poursuivront avec moins d’intensité en raison du faible niveau de mobilisation des fonds qui n’atteindront pas le niveau de 2013. Dans le sud du pays, les actions de relèvement (appuis en semences, petits matériels) dans le cadre de l’amélioration des moyens d’existence se poursuivront dans toutes les zones affectées par la mauvaise production. Le programme de subvention de l’Etat en juin permettra aux exploitants de disposer des intrants agricoles pour leurs productions.

    Résultats les plus probables de la sécurité alimentaire

    Région du sud
    Les récoltes en cours assureront la disponibilité alimentaire au niveau de la majorité des ménages de janvier à mars voire avril. Après, entre mai et la fin de la période de soudure en septembre, ces ménages dépendront sur les achats de marchés pour couvrir leurs besoins alimentaires. Cependant, la majorité des ménages continueront d’avoir accès aux denrées sans difficultés avec les niveaux normales des revenus des ventes des cultures des rentes et des cultures maraichères, ventes des animaux, la migration, et le travaux de préparation des champs pour la nouvelle campagne agricole. Par conséquent, la majorité des ménages dans les régions du sud sera capable de couvrir leurs besoins alimentaires et non-alimentaires entre janvier et juin et sera en phase de l’insécurité alimentaire minimale (Phase 1 de l'IPC).

    Cependant, comme sera discuté en plus de détail ci-dessous dans la section des zones de préoccupation, la baisse significative des productions agricoles suite aux caprices pluviométriques et aux déprédateurs amène au moins 20 pour cent des ménages de Bandiagara, du nord de Kayes et de Koulikoro à dépendre plus longtemps que d’habitude du marché et à user des stratégies d’adaptation inhabituelles (consommation accrue de feuille et de produits de cueillette, migration précoce vers les grand centres urbains, etc.) pour satisfaire leurs besoins alimentaires. Ils seront en phase de Stress (Phase 2 de l’IPC) entre mars à juin. Au-delà de la fin de la période de scénario et jusqu'à la fin de la soudure agricole en septembre 2014, la plupart des ménages pauvres dans ces zones resteront probablement en l’insécurité alimentaire de niveau Stress (Phase 2 de l’IPC). Cependant dans les régions les plus affectées, les poches d’insécurité alimentaire de Crise (Phase 3 de l’IPC) sont à craindre mais ne vont pas dépasser le seuil de 20 pour cent de la population.

    Région du nord
    La normalisation des activités économiques à la faveur du retour des populations déplacées et le retour de l’administration et les actions humanitaires de vivres et de renforcement des moyens d’existence contribueront à améliorer l’environnement socio-économique dans les différentes localités. Cependant, les ménages agropastoraux pauvres et très pauvres satisferont leurs besoins alimentaires avec difficultés grâce à la forte dépendance sur le marché à partir de janvier-février au lieu de mars-avril en raison d’une baisse de la production agricole, des revenus inférieurs par rapport à la moyenne consécutif à la crise que la zone a connue, et au niveau encore élevé du prix des denrées alimentaires sur le marché. Dans les zones pastorales du nord, les ménages bénéficient des bons termes de l’échange et du lait en plus des revenus de gardiennages moyens qui leur permettent de satisfaire leurs besoins alimentaires jusqu’en février-mars. Cependant, la dépréciation de la valeur du bétail avec le début de la soudure pastorale en mars ce qui coïncide avec la hausse des prix des céréales sur le marché de plus de 20 pourcent limitera l’accès des ménages pauvres aux marchés en raison de la faiblesse de leur capital animalier. En outre, les ménages pauvres en raison de la réduction des revenus des activités comme l’artisanat et la main d’œuvre locale feront recours à leurs stratégies d’emprunt plus marquée que d’habitude et de réduction des autres dépenses au profit de l’alimentaire pour satisfaire leurs besoins. Cependant avec les appuis humanitaires en vivres et en cash transfert de février à juin, le niveau de difficulté ne devrait pas excéder la phase de Stress (Phase 2 de l’IPC).


    Zones de préoccupation

    Plateau dogon (Zone de moyens d’existence 5 : Mil, échalote, produits de cueillette et tourisme)

    Situation actuelle

    Les récoltes pluviales des céréales et des légumineuses sont pratiquement terminées à travers le cercle avec des rendements nettement inférieurs à ceux d’une année normale de plus de 50 pour cent sur la falaise suite à la sècheresse et relativement moyennes dans la plaine. La campagne maraichère est en cours avec la conduite du deuxième cycle de production au niveau des retenus qui disposent encore de l’eau et où cela est possible cette année. Les premières récoltes effectuées en novembre étaient normales et ont permis aux exploitants de disposer des revenus supérieurs à la moyenne en raison du prix de l’échalote, principale spéculation supérieur de plus de 25 pour cent par rapport à la normale. 

    Les conditions d’élevage sont moyennes à travers le cercle. Les pâturages, renforcés par les résidus de récolte, fournissent aux bétails de retour de la transhumance et en partance vers les bourgoutières de la nourriture pour une production moyenne. Le mouvement habituel des troupeaux vers le « Seno » ou les bourgoutières est en cours.

    Les départs habituels des bras valides vers les zones de récolte du « Seno » et du delta du Niger sont observés ce qui procure des quantités significatives de nourriture pour les ménages. La vente des céréales et légumineuses reçues de cette rémunération constitue aussi une source de revenu pour les ménages pauvres. Une intensification de ces départs a été observée cette année dans le but d’atténuer les difficultés liées à la mauvaise production agricole.

    La disponibilité céréalière sur les marchés de la zone est moyenne avec une hausse des offres par rapport au mois passé suite à l’arrivée progressive des céréales des marchés habituels d’approvisionnement de Bankass, Koro et Mopti pour le riz. Malgré la mauvaise production agricole, la baisse habituelle de la demande est observée pendant cette période. Le prix du mil, principale céréale consommée, est en baisse par rapport au mois passé d’environ 10 pour cent. Ce prix est inférieur à celui de 2012 mais reste supérieur à la moyenne d’environ 20 pour cent sur le marché de Bandiagara.

    Le marché à bétail est bien animé par rapport aux mois passés avec le retour des animaux de la transhumance et les besoins de reconstitution des stocks familiaux aussi bien pour les éleveurs que pour les ménages moyens et nantis. La moyenne des prix est pratiquement stable pour les petits ruminants et en hausse d’environ 20 pour cent pour les bovins sur le marché de Bandiagara par rapport au mois passé. 

    L’assistance humanitaire en vivres et en renforcement des moyens d’existence par les agences humanitaires attenue les difficultés des ménages bénéficiaires. En fin décembre, plus de 2 500 personnes avaient bénéficié de distribution gratuite de vivres et 2 366 personnes de renforcement des moyens d’existence dans le cercle de Bandiagara.

    Suppositions

    Le scénario le plus probable de la sécurité alimentaire dans cette zone de janvier à juin 2014 se fonde sur les hypothèses spécifiques suivantes:

    • Maraichage: Les revenus tirés du maraichage d’ici mars connaitront une baisse importante en raison de la faible disponibilité en eau au niveau des retenus d’eau servant à cette activité Par conséquent, le nombre de cycle de production de 2 à 3 pendant une année normale sera de 1 à 2 cette année ce qui engendre une baisse de production à plus de 30 pour cent par rapport à la moyenne. Bien que les prix de ces produits soient au-dessus de la moyenne, ils ne seront pas suffisamment élevés pour compenser les effets de la production inférieure à la moyenne sur les revenus des ménages.
    • Migration: En raison d'un manque d'autres possibilités, la stratégie d'adaptation principale pour les ménages pauvres dans cette zone pendant la période de scenario sera la migration. L’intensification des départs de bras valides par rapport à une année normale continuera et permettra une amélioration des revenus tirés de cette activité ce qui soutiendra l’accès des ménages pauvres aux marchés. Cependant, la faible disponibilité des bras dans les ménages pauvres ne permet pas une augmentation à souhait pour à compenser entièrement les effets de la production agricole inférieure à la moyenne dans la zone.
    • Produits de cueillette: Les revenus tirés de la vente des produits de cueillette (tamarin et baobab), du bois, et de la paille connaitront une amélioration légère en raison de l’intensification de ces activités pendant la période de scénario. Malgré la volonté d’intensification, la faible potentialité en ces ressources limite la portée de ces sources. En mai-juin, la disponibilité de certains produits de cueillette (raisin sauvage, lianes) procureront des revenus normaux pour les ménages exploitants.
    • Assistances humanitaires: Ils seront présents à des proportions plus élevées que d’habitude dans la zone grâce à des programmes planifiés pour aider les personnes vulnérables, les déplacées et de traiter les effets résiduels de la crise de l'année dernière au nord du Mali.
    • Les marchés à céréales: Les marchés locaux seront approvisionnés par les sources d’approvisionnement habituelles de Bankass en mil et Mopti en mil et en riz. Toutefois, en raison des achats institutionnels dans ces zones d’approvisionnement, les prix des céréales augmenteront de façon saisonnière sur ces marchés d’approvisionnement au cours de la période du scénario, qui sera répercutée sur les marchés locaux. En outre, en raison de la production inférieure à la moyenne des cultures locales, les ménages de la région vont commencer en s'appuyant sur les achats de marché pour répondre aux besoins alimentaires en janvier, par rapport à mars dans une année normale. Cela entraînera une demande atypiquement forte. Les effets de cette augmentation de la demande au niveau local et sur les marchés d’approvisionnement entraîneront une hausse des prix d’environ 20 pour cent au-dessus de la moyenne pendant toute la période du scénario.

    Résultats les plus probables de la sécurité alimentaire

    Sur le plateau dogon, la situation alimentaire sera fonction de l’évolution des marchés auxquels les ménages sont fortement dépendants de janvier à juin. Les récoltes et les revenus issus des activités habituelles permettent aux ménages d’accéder aux denrées jusqu’en février sans trop de peine. Pendant cette période, ils sont en phase d’insécurité alimentaire Minimale (Phase 1 de l’IPC) de janvier à février.

    A partir de mars, la dépendance plus prolongée que d’habitude des ménages sur les marchés avec des prix qui seront supérieurs de plus de 20 pour cent de la moyenne requiert des efforts supplémentaires de la part des ménages pauvres pour leur alimentation. Les stratégies d’adaptions des ménages très pauvres (migration, auto emplois, et collecte des produits de cueillette)  sont limitées compte tenu de la taille de leurs ménages et par conséquent, ces ménages vont commencer à avoir des difficultés pour satisfaire leurs besoins alimentaires et non-alimentaires. Bien que l'aide humanitaire limitera la dégradation des résultats de la sécurité alimentaire, la situation d’insécurité alimentaire minimale passera en phase de stress de mars à juin pour la majorité de la population. Cela est consistant avec les résultats d’une analyse HEA menée par FEWS NET en janvier sur la base des hypothèses décrites plus hauts qui a trouvé un déficit de protection des moyens d’existence pour les ménages très pauvres pendant l’année de consommation 2013/14 en Bandiagara (Figure 4).

    Au-delà de la période de scénario et pendant la prochaine soudure (juillet à septembre), la majorité de la population continuera d’être en Stress (Phase 2 de l’IPC). Cependant dans les régions les plus affectées, les poches d’insécurité alimentaire de Crise (Phase 3 de l’IPC) sont à craindre mais ne vont pas dépasser le seuil de 20 pour cent de la population.

    Zone de moyen d’existence 3 (Riz fluvial et élevage transhumant)

    Situation actuelle

    Les récoltes pour le riz sont en cours présentement dans toute la bande. Cependant, la production de riz et de niébé a connu un baisse de 30 percent par rapport à la moyenne en raison de la sécheresse et des dégâts des oiseaux pendant la dernière saison de pluies (mai à septembre 2013). Par conséquent, le nombre de mois de couverture des besoins par la propre production est réduit de 3 à 6 mois pendant une année normale à 1 à 3 mois cette année. L’intensification de l’activité de maraichage observée cette année à la faveur des appuis en intrants et de la disponibilité en eau constitue une stratégie pour les ménages d’atténuer les effets de la baisse de la production rizicole.

    En raison de la faible production agricole, la migration des bras valides vers les centres urbains du pays et des pays voisins se poursuit avec plus d’intensité que pendant une année moyenne. La main d’œuvre non agricole (manœuvre, petits métiers) continue de procurer des revenus qui restent encore faibles par rapport à la moyenne grâce à l'économie locale qui n'a pas encore complètement récupéré de la crise de l'année dernière. Les appuis humanitaires en vivres et équipements aussi bien pour les résidents que pour les ménages déplacés de retour se poursuivent dans les régions du nord. De janvier à décembre 2013, plus de 650 000 personnes ont reçu des appuis.

    Les disponibilités céréalières sur les principaux marchés d’approvisionnement des régions de Tombouctou et de Gao sont bonnes à la faveur de l’arrivée régulière des camions et des pinasses du sud et des productions locales de riz, de mil, de légumineuses (niébé) sur les différents marchés. L’offre de semoule, farine, riz et pâtes alimentaires en provenance de l’Algérie s’améliore d’avantage avec le retour de plus en plus marqué des fournisseurs habituels. La baisse habituelle de la demande est observée à cause des récoltes en cours mais connait une certaine amélioration par rapport aux mois antérieurs en raison de la baisse des volumes de distribution de vivres au profit du cash transfert, des besoins d’approvisionnement des pasteurs et de l’arrivée des déplacées et refugiés dans leur terroir.

    Les prix des denrées alimentaires marquent une tendance à la stabilité depuis des mois avec de légères fluctuations à la baisse. Pour les céréales sèches (mil/sorgho), les prix connaissent une baisse de 2 à 5 pour cent par rapport au mois passé. Ces prix sont inférieurs à la moyenne de 4 pour cent à Tombouctou et supérieurs de 2 pour cent à Gao. Pour le riz, les prix sont en baisse par rapport au mois passé et proches de la moyenne quinquennale sur les marchés de Tombouctou et Gao et en baisse d’environ 10 pour cent à Diré. Cette baisse des prix est favorable à l’accessibilité alimentaire des ménages mais limite les capacités d’investissement des producteurs qui s’en servent pour les dépenses de la nouvelle campagne. Les prix des denrées importées d’Algérie connaissent aussi une baisse par rapport aux mois passé d’environ 15 pour cent pour le couscous et une hausse de plus de 15 pour cent pour le lait. Pour la farine de blé, les prix ont été stables.

    La descente habituelle des troupeaux en cette période vers les rizières et le bourgou contribue à une augmentation des offres pour les besoins d’approvisionnement des ménages pasteurs en céréales. La demande est aussi en hausse par rapport au mois passé en raison de l’amélioration de l’accès aux marchés par les grossistes. En raison de ces facteurs, ainsi que le bon embonpoint des animaux, le prix du bétail est en hausse par rapport au mois passé et de plus de 20 pour cent par rapport à la moyenne. Les termes de l’échange chèvre/mil sont en hausse par rapport à la moyenne d’environ 20 pour cent à Tombouctou et de 11 pour cent à Ansongo ce qui favorise l’accès des ménages éleveurs de la zone aux denrées de base.

    Suppositions

    Le scénario le plus probable de la sécurité alimentaire de janvier à juin 2014 se fonde sur les hypothèses spécifiques suivantes:

    • Situation sécuritaire : Elle restera stable tout le long de la période du scenario ce qui favorise la mobilité à l’intérieur de la zone permettant aux marchés d’atteindre leur niveau normal de flux et soutient la relance économique dans la zone et aux humanitaires d’étendre leurs activités.
    • Sources des revenues non-agricoles : En raison des effets persistants de la crise de l'an dernier sur les moyens d’existences des ménages, les revenus des activités non-agricoles, tels que le travail de la main-d'œuvre locale et le petit commerce, resteront inférieures à la moyenne.
    • Stocks des ménages : En raison d'une baisse importante de la production agricole, les stocks alimentaires des ménages pauvres s’épuiseront pendant le mois de février, par rapport à mars-avril pendant une année normale. Entre le mois de mars et la fin de la période de scenario en juin, les ménages pauvres vont dépendre sur les achats sur le marché pour répondre à leurs besoins alimentaires.
    • Les cultures de maraîchage : Les perspectives sont moyennes à bonnes pour les activités de maraichage dans l’ensemble avec l’espoir d’une production supérieure à la moyenne compte tenu de la précocité de la campagne en maints endroits.
    • Mouvement du bétail : Une descente précoce des troupeaux dans les bourgoutières depuis janvier sera observée en raison du déficit de pâturage observé par endroits dans la zone exondée. Cette forte concentration engendre une dégradation des bourgoutières avec des conflits compte tenu de la poursuite des récoltes du riz.
    • Pêche : La campagne de pêche qui a démarré en décembre s’intensifiera plus que d’habitude à la faveur de la décrue du fleuve ce qui procurera des ressources alimentaires et financières moyennes pour les ménages riverains.
    • Prix des céréales : Les prix des céréales stables en janvier entameront leur hausse habituelle à partir de mars. La hausse attendue des prix de plus de 20 pourcent par rapport à la moyenne limite l’accès des ménages pauvres aux marchés.
    • Assistance humanitaire : L’assistance alimentaire des humanitaires en cours et ceux prévues à partir de février 2014 permettront aux ménages pauvres de disposer de la nourriture et de réduire leur dépendance aux marchés pendant la période de hausse de prix.

    Résultats les plus probables de la sécurité alimentaire

    Entre janvier et février, les stocks alimentaires issus de leur propre production, bien que faible par rapport à la moyenne, et les paiements en nature à la récolte assurent une disponibilité alimentaires pour les ménages pauvres. Pendant cette période, les ménages n’auront pas de difficultés pour accéder à la nourriture et seront dans une situation d’insécurité alimentaire Minimale (Phase 1 de l’IPC).

    Cependant, la dépendance précoce à partir de la fin de février des ménages pauvres aux marchés grâce à la forte baisse de leurs productions, les opportunités de revenus encore moindres, et les prix céréales au-dessus de la moyenne limitent l’accès à la nourriture pour les ménages pauvres à partir de mars.  Par conséquent, ils vont utiliser des stratégies d’adaptation comme la préférence des aliments les moins chers, l’intensification des emprunts et/ou se passer de toutes autres dépenses au profit de l’alimentaire. Le recours à ces stratégies engendre un déficit de protection des moyens d’existence mais pas de survie pour la majorité des ménages (Figure 5) ce qui confirme les résultats de l’analyse HEA menée par FEWS NET en janvier 2014 sur la base des hypothèses décrites plus hauts. Grâce à ces stratégies, ainsi que l'assistance humanitaire en cours, les ménages seront capables de répondre à leurs besoins de consommation minimale entre mars et la fin de la période de projection en juin et seront en l’insécurité alimentaire de niveau Stress (Phase 2 de l’IPC). 

    Toutefois, certains ménages très pauvres n’atteignant pas le 20 percent requis pour la classification de la zone dans les cercles de Bourem, Gao, et Gourma Rharous (les régions les plus affectées) vont avoir des difficultés à satisfaire leurs besoins essentiels d’ici jusqu’a la fin de l'année de la consommation en septembre 2014. Pour ces ménages, les stratégies d'adaptation atypiques ne compenseront pas complètement les effets de leurs mauvaises productions agricoles. Par conséquent, l’insécurité alimentaire de niveau crise (Phase 3 de l’IPC), y compris les déficits de consommation et une détérioration de la situation nutritionnelle, est probablement à partir de juin.


    Evénements qui pourraient changer les scenarios

    Table 1: Événements possibles dans les prochains six mois qui pourraient changer les scenarios ci-dessus.

    Zone géographiqueEvènements possiblesImpacts sur les conditions de la sécurité alimentaire
    Zone de production de riz fluvial et élevage et zones du delta du Niger et des lacs (ZONES 3 et 6)Appuis conséquent en intrants agricoles pour les cultures de contre-saison de riz et de maraichage (engrais, semences et carburant) en janvier-févrierUn soutien aux cultures de saison auxquelles les ménages ont recours comme palliatif à la baisse de production permet de renforcer la résilience des ménages et de limiter le recours aux stratégies négatives d’adaptation aussi bien pour les producteurs que pour les ménages pauvres dépendant de ces activités par leur force de travail.
    Nord du Mali (ZONE 1, 2, 3), le delta du Niger (ZONE6) et la bande du Sahel (ZONE 8)Dégâts importants de feux de brousse sur les pâturages en février–marsLa réduction du disponible fourrager par les feux de brousse en février-mars dans les zones de déficit dans les régions du nord et du sahel occidental durcit la soudure pastorale de mars à juin et impacte négative les productions animales (lait et produits laitier, viande). La hausse de la mortalité du bétail qui en résultera affectera négativement les moyens d’existence des pasteurs et des agropasteurs.
    Régions de Tombouctou, Gao, Kidal et le plateau dogon et la bande du SahelFaible niveau d’exécution des actions d’urgence et de résilience à partir de marsLa faible niveau d’exécution des actions d’urgence et de résilience dans les zones à risque fait craindre une aggravation de la situation pour les ménages pauvres qui useront de toutes les stratégies de survie. En plus des déficits de protection des moyens d’existence, on observera des déficits de survie à des proportions plus importantes que celles décrites dans le rapport.

     

    Figures Calendrier saisonnier pour une année typique

    Figure 1

    Calendrier saisonnier pour une année typique

    Source: FEWS NET

    Figure 4. Résultats de l’analyse d’HEA pour l’année de consommation de 2013/14 – Revenus total (y inclut la nourriture et l’a

    Figure 2

    Figure 4. Résultats de l’analyse d’HEA pour l’année de consommation de 2013/14 – Revenus total (y inclut la nourriture et l’argent) pour les ménages très pauvres - Bandiagara

    Source: FEWS NET

    Figure 5. Résultats de l’analyse d’HEA pour l’année de consommation de 2013/14 – Revenus total (y inclut la nourriture et l’a

    Figure 3

    Figure 5. Résultats de l’analyse d’HEA pour l’année de consommation de 2013/14 – Revenus total (y inclut la nourriture et l’argent) pour les ménages très pauvres - Gao

    Source: FEWS NET

    Figure 2

    Source:

    Afin d’estimer les résultats de la sécurité alimentaire pour les prochains six mois, FEWS NET développe les suppositions de base concernant les événements possible, leurs effets, et les réponses probables des divers acteurs. FEWS NET fait ses analyses basées sur ces suppositions dans le contexte des conditions actuelles et les moyens d’existence locaux pour développer des scénarios estimant les résultats de la sécurité alimentaire. D’habitude, FEWS NET prévient du scénario le plus probable. Pour en savoir plus, cliquez ici.

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