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Insecurité alimentaire d’Urgence (Phase 4 de l’IPC) à Menaka à la suite de la persistance de l’insecurité et des déplacements de population

  • Perspectives sur la sécurité alimentaire
  • Mali
  • Février - Septembre 2024
Insecurité alimentaire d’Urgence (Phase 4 de l’IPC) à Menaka à la suite de la persistance de l’insecurité et des déplacements de population

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  • Messages clé
  • Contexte national
  • Calendrier saisonnier pour une année typique
  • Zone de préoccupation: Région de Ménaka : Zone de moyen d’existence ML01 (Nomadisme et commerce transsaharien), ML02 (Nord élevage), et ML04 (Bétail, mil et envois de fonds dans le centre du pays) (Figure 4)
  • Résultats les plus probables en matière de sécurité alimentaire et zones bénéficiant de niveaux significatifs d’aide humanitaire
  • Messages clé
    • Depuis décembre, la poursuite des attaques de l'ISGS dans la région de Ménaka, associée à l'imposition de blocus par les groupes armés du CSP, ont entraîné d'importants déplacements de populations et ont accentué l'isolement de la région. Selon le rapport sur les mouvements des populations de décembre 2023, plus de 65 pour cent de la population de Ménaka est déplacée et se concentre autour des villes d'Andéramboukane et de Ménaka. Aussi, l'accès humanitaire est faible et sujet à des perturbations par les menaces de sécurité le long de la route principale, ce qui perturbe considérablement l'accès des ménages pauvres à une source importante de nourriture. Compte tenu des pillages importants de bétail, des prix des denrées alimentaires très élevés et des possibilités limitées d'activités rémunératrices, des résultats d'Urgence (Phase 4 de l'IPC) est probable pendant toute la période allant de février à septembre, avec une faible proportion de la population en Catastrophe (Phase 5 de l’IPC), notamment dans les zones inaccessibles de Ménaka pendant la soudure.
    • Dans le sud de Gao et de Mopti, aussi impacté par un niveau élevé d’insécurité, une dégradation probable de l’insécurité alimentaire de Stress (Phase 2 de l'IPC) à Crise (Phase 3 de l'IPC) est attendue à partir de mai. Bien que ces zones soient confrontées à une forte détérioration des moyens d’existence et la hausse des prix des denrées alimentaires qui limitent l’accès des ménages à la nourriture, les populations ont un accès meilleur aux marchés et aux assistances humanitaires avec un déplacement de population beaucoup moindre qu’a Ménaka ; ce qui permet un certain niveau d’activité bien que faible par rapport à la moyenne. 
    • En dépit des disponibilités alimentaires moyennes au niveau national, grâce à la production de céréales et aux importations globalement moyennes, les prix des denrées de base restent au-dessus de la moyenne. Dans le centre et le nord du pays, les perturbations des flux commerciaux et parfois l’imposition de blocus sur les principaux axes réduisent les disponibilités alimentaires et engendrent une hausse plus prononcée par rapport à la moyenne des prix ; ce qui limite l’accès des ménages pauvres aux denrées alimentaires.
    • Bien que les conditions d’élevage soient globalement favorables dans le pays, les fortes perturbations dans les mouvements de transhumance des troupeaux dans les régions de Ménaka, Gao et de Kidal engendreront une dégradation précoce des conditions d’élevage (pâturages et point d’eau) dans les zones accessibles. Les difficultés alimentaires pour le bétail attendues dans ces zones d’accueil réduiront les productions animales et les revenus des éleveurs voire des mortalités de bétail plus élevées que la moyenne.

    Contexte national

    Situation actuelle

    Situation sécuritaire : La reprise des anciennes bases de la MINUSMA dans le nord du pays, dont le mandat a officiellement pris fin le 11 décembre 2023, par les Forces Armées Maliennes (FAMa) a considérablement accru les tensions avec les groupes armés du Cadre Stratégique Permanent pour la paix, la sécurité et le développement (CSP). L’intensification des opérations militaires dans la zone particulièrement dans la région de Kidal continuent de maintenir une certaine tension notamment dans la bande frontalière avec l’Algérie, ce qui engendre des perturbations des flux commerciaux.

    En 2023, les attaques du Jama'a Nusrat ul-Islam wa al-Muslimin (JNIM) contre les civils et les forces de sécurité nationales et internationales dans les régions de Mopti, Ségou et Koulikoro se sont poursuivies à des niveaux plus élevés que ceux observés au cours de la même période en 2022. De même, les attaques menées par IS Sahel contre les civils, les forces de sécurité et les groupes armés pro-gouvernementaux se sont poursuivies à une fréquence et une intensité élevée dans la région de Ménaka. Les pillages de biens/équipements, la destruction d’infrastructures routières et de télécommunication, les exactions sur les populations civiles, les tueries et l’imposition de blocus sur les principaux axes d’approvisionnement des zones concernées, engendrent des perturbations énormes des activités économiques dans la zone et des mouvements inhabituels de population vers des endroits plus sécurisés. 

    Mouvement de population : La persistance des incidents sécuritaires avec des persécutions lors des attaques des groupes armés, continue d’engendrer des déplacements inhabituels de populations particulièrement dans la zone du Liptako Gourma et dans les régions de Tombouctou, de Gao et de Kidal. En décembre 2023, le pays comptait 354 739 personnes déplacées, avec une concentration de déplacements dans les régions de Mopti avec 25,1 pour cent des déplacés du pays, Ménaka (16,3 pour cent), Tombouctou (12,3 pour cent), Bandiagara (11,9 pour cent), et Gao (10,2 pour cent). Toutefois, l’ampleur des déplacements est plus élevée dans les régions de Ménaka et de Kidal où la proportion des déplacés atteint respectivement 67,4 pour cent et 30,3 pour cent de leur population totale. Ces déplacés vivant principalement dans les ménages hôtes et dans les camps connaissent des pertes moyennes à importantes de leurs moyens d’existence (bétail, main d’œuvre, récoltes/cueillette, etc.) et une réduction voire l’arrêt de leurs activités économiques. 

    Productions agropastorales : La production globale de céréales en 2023 est en légère baisse de 1 pour cent par rapport à l’année dernière et de 4 pour cent par rapport à la moyenne selon la Cellule de Planification et des Statistiques/Secteur du Développement Rural (CPS/SDR), ce qui est favorable à une disponibilité alimentaire moyenne dans le pays. Toutefois, des baisses localisées de production ont été observées dans les zones d’insécurité du centre et du nord, ce qui réduit les disponibilités alimentaires par rapport à la moyenne aussi bien au niveau des ménages que sur les marchés. L’évolution des cultures de contre-saison (maraichage, cultures de décrue, le riz de maitrise, etc.) est moyenne dans les zones de périmètres irrigués le long du fleuve Niger et au niveau des lacs et mares de décrue à travers le pays principalement dans les régions de Ségou, Mopti, Tombouctou et de Kayes. Les récoltes de contre-saison moyennes en cours offrent des opportunités moyennes de revenus et de nourritures pour les ménages exploitants dans la majeure partie du Mali. Cependant, le prix élevé des intrants agricoles et l’insécurité dans les zones du centre et du nord ont induit une baisse moyenne à importante des productions agricoles dans certaines zones de Mopti, Gao et Ménaka.

    Les conditions d’élevage sont dans l’ensemble moyennes dans le pays et sont favorables à une soudure pastorale normale dans la plupart des zones pastorales et agropastorales d’avril à juin. Cependant, dans les zones pastorales du nord du pays notamment dans la bande frontalière avec le Burkina et le Niger, les difficultés d’accès des troupeaux à certains pâturages à cause de l’insécurité engendrent des concentrations inhabituelles sur les pâturages et les points d’eau dans les zones accessibles. Les difficultés d’alimentation du bétail liées à la dégradation précoce des pâturages dans les zones de concentration réduisent en dessous de la moyenne les productions animales (lait, fromage, et beurre) dans ces zones. En plus, les vols/enlèvements importants de bétail en cours dans les zones d’insécurité réduisent les effectifs de bétail, les productions et les revenus pastoraux, ce qui abaisse le pouvoir d’achat des ménages éleveurs particulièrement dans les zones pastorales des régions de Gao et de Ménaka.

    Sur la base des informations disponibles, la situation zoo-sanitaire est relativement calme dans le pays avec toutefois des suspicions de charbon symptomatique dans la région de Kidal. La campagne habituelle de vaccination du bétail contre les épizooties se poursuit normalement partout à travers le pays avec l’appui de certains partenaires techniques.

    Production de pêche : Les captures de poissons sont en amélioration saisonnière grâce à la décrue sur les cours d’eau.  Toutefois, l’insécurité qui limite l’accès à certaines zones de pêche dans le delta du Niger et dans la vallée du fleuve Niger à Tombouctou et Gao, réduit le revenu tiré de cette activité très importante, ce qui affecte négativement le pouvoir d’achat des ménages pêcheurs dans ces zones. Le départ habituel des ménages pêcheurs vers les zones des barrages de retenues dans les régions de Sikasso et de Kayes se poursuivent afin de mener leurs activités. 

    Fonctionnement des marchés et prix : Le fonctionnement des marchés se poursuit normalement dans le pays excepté dans les régions du centre et du nord où des perturbations moyennes à importantes - notamment dans les zones sous blocus – réduisent l’approvisionnement des marchés. La hausse saisonnière de l’offre est observée grâce à la disponibilité des récoltes. L’approvisionnement des marchés reste suffisant dans l’ensemble excepté les zones d’insécurité du Liptako-Gourma et dans le nord de la région de Ségou où des perturbations sécuritaires engendrent des dysfonctionnements qui se traduisent par des baisses importantes voire des arrêts de flux (Figure 1). Le blocus intermittent imposé par les groupes armés sur les principaux axes d’approvisionnement des régions de Tombouctou, Gao, Ménaka et de Kidal et les effets des sanctions de la CEDEAO sur le Niger qui persisteront encore pour quelques mois après leurs suspensions, contribuent à la réduction des flux commerciaux vers ces marchés. Les stratégies de contournement, la préférence de la voie fluviale qui devient de plus en plus difficile avec la décrue déjà amorcée et les délais de route plus longs que d’habitude engendrent une insuffisance des stocks et une baisse des disponibilités par rapport à la normale sur les marchés, conduisant par conséquent de nombreux commerçants à réduire voire arrêter les activités. 

    Figure 1

    Fonctionnement des marchés dans la zone du Liptako Gourma, janvier 2024
    Carte de fonctionement des marches du Liptako Gourma

    Source: FEWS NET

    Les prix des aliments de base restent dans l’ensemble supérieurs à la moyenne quinquennale au niveau des marchés suivis à cause principalement de la hausse des coûts de production en lien avec l’inflation élevée sur les intrants agricoles, des coûts de transport ainsi que des demandes plus élevées liées à la baisse localisée des productions au Mali et dans les pays voisins, et la baisse des offres par rapport à la moyenne. Excepté à Sikasso et Koulikoro où il est similaire, la hausse du prix de la céréale de base par rapport à la moyenne est de 79 pour cent à Ménaka, 31 pour cent à Gao, 25 pour cent à Kayes, 22 pour cent à Tombouctou, 19 pour cent à Ségou, 20 pour cent à Kidal, 8 pour cent à Mopti. Ces niveaux de prix réduisent l’accès adéquat des ménages pauvres aux denrées alimentaires. Selon REACH, dans les zones sujettes aux blocus intermittents des groupes armés, une hausse des prix de 70 à 100 pour cent a été observée pour les produits de première nécessité tels que le sucre, l’huile, la farine de blé, le lait en poudre et le carburant durant les trois derniers mois à Tombouctou. 

    L’offre de bétail présente la hausse habituelle grâce au retour des troupeaux de la transhumance et aux besoins de reconstitution des stocks des éleveurs qui profitent de l’amélioration des termes de l’échange. L’offre reste inférieure à la moyenne dans les zones d’insécurité où les dysfonctionnements des marchés amènent les éleveurs à se tourner vers les marchés plus sécures au sud du pays voire dans les pays côtiers voisins. Le prix de la chèvre, qui est l’animal le plus vendu par les ménages pauvres pour accéder à la nourriture, est stable ou en hausse sur les marchés suivis excepté à Ménaka où il est en baisse de 19 pour cent. Bien que favorable à des revenus pastoraux moyens dans l’ensemble, il ne profite pas aux pauvres qui ont vendu ou perdu tous leur bétail à cause de la persistance de la crise sécuritaire. Les termes de l’échange chèvre/céréales restent inférieurs à la moyenne quinquennale à cause du niveau élevé des prix des céréales, en dépit de leur amélioration saisonnière par rapport au mois passé. Par rapport à l’an passé et à la moyenne quinquennale, les termes de l’échange chèvre/mil sur les marchés pastoraux suivis sont en baisse, ce qui réduit l’accès des ménages éleveurs à la nourriture, compte tenu des prix des céréales élevés à cause de la baisse des offres en lien avec les difficultés d’accès aux marchés (Figure 2).

    Figure 2

    Termes de l’échange chèvres/mil janvier 2023 dans les marchés principaux des zones en insécurité
    Termes d'échange chèvre/céréales Janvier 2024 (Kg/Tête)

    Source: FEWS NET

    Assistance humanitaire et aide aux moyens d’existence : Les appuis humanitaires de vivres et de non-vivres de la part du Gouvernement et des différents partenaires se poursuivent principalement à l’endroit des ménages pauvres et des déplacés dans le cadre du mécanisme rapide de réponse (RRM), notamment dans les zones de Gao et Ménaka. Le reste de la population ne reçoit pas actuellement d'aide alimentaire en raison d'une réduction habituelle de l'aide alimentaire pendant la période post-récolte. Au même moment, des appuis en renforcement des moyens d’existence à travers la distribution d’aliment de bétail, de petits équipements et d’intrants agricoles (semences, engrais) sont en cours par le Gouvernement et ses partenaires. Toutefois, la recrudescence des incidents sécuritaires restreint les mouvements, limitent l’accès des populations en besoin à l’assistance humanitaire dans certaines zones d’insécurité des régions de Gao et de Ménaka.

    Situation nutritionnelle : La disponibilité de la propre production agricole et des produits animaliers (lait, beurre, fromage), la baisse saisonnière des prix sur les marchés sont favorables à une amélioration saisonnière de la situation nutritionnelle dans l’ensemble du pays. Cependant, dans les zones d’insécurité du centre et du nord du pays, les difficultés d’accès des ménages pauvres aux aliments en plus du dysfonctionnement des structures socio-sanitaires ayant impacté la fourniture de services essentiels de santé et de nutrition tels que le traitement et la prévention de la malnutrition, la supplémentation en vitamine A, le déparasitage et la vaccination, contribueront à rehausser la prévalence de la malnutrition à un niveau plus élevé qu’en année moyenne pour la même période. L’enquête SMART de juillet/août 2023 donne une prévalence de la Malnutrition aiguë global (MAG) de 11,1 pour cent chez les enfants de 6 à 59 dont 2,1 pour cent pour la forme sévère contre 10,8 pour cent en 2022. Cette prévalence est jugée élevée selon l’échelle de classification de l’OMS particulièrement dans les régions de Gao (15,3 pour cent) et Ménaka (19,4 pour cent) où la situation est critique; ce qui dénote une situation alimentaire difficile pour les ménages dans ces zones en plus des difficultés d’accès aux services socio-sanitaires. Le dépistage et la prise en charge des cas de malnutrition se poursuivent au niveau des structures de santé opérationnelles mais beaucoup moins dans les zones d’insécurité où les difficultés d’accès aux services sociaux sanitaires persistent.

    Résultats actuels de la sécurité alimentaire

    La disponibilité moyenne des céréales issues des récoltes et sur les marchés en plus des récoltes des cultures de contre-saison maraichères, la baisse saisonnière des prix des céréales de base, l’amélioration des termes de l’échange bétail/céréales, les produits issus de la rémunération en nature durant les travaux de récoltes et les dons/zakat pour les pauvres, permettent à la majorité des ménages d’accéder à la nourriture sans grandes difficultés dans les zones agricoles. Dans les zones pastorales, la disponibilité moyenne des produits animaliers (lait, beurre, fromage) grâce aux conditions d’élevage moyennes, améliorent l’alimentation et les revenus issus de la vente de ces produits. Par conséquent, la majorité des ménages se retrouvent en insécurité alimentaire Minimale (Phase 1 de l’IPC).

    Dans les régions du centre et du nord du pays, les perturbations énormes des mouvements des personnes et des biens et le blocus imposé par les groupes armés sur les principaux axes routiers des régions de Tombouctou, Ménaka, de Gao et de Kidal continuent de réduire les revenus issus des activités économiques, le fonctionnement des marchés et leur accès physique aux ménages pour vendre le bétail et faire leur approvisionnement. En plus de la forte hausse des prix des denrées alimentaires que cela engendre, la forte détérioration des moyens d’existence, les difficultés d’accès voire l’inaccessibilité aux zones de produits de cueillette, la poursuite des déplacements inhabituels de populations, limitent l’accès des ménages aux vivres. Ces ménages pauvres dans ces zones qui connaissent un épuisement précoce des stocks lié à la baisse des productions agropastorales, et une dégradation importante des moyens d’existence, ont recours de façon atypique à la migration, aux emprunts en nature ou en espèce, à la réduction des dépenses non alimentaires et à la préférence des aliments les moins chers, sont par conséquent en insécurité alimentaire de Stress (Phase 2 de l’IPC), voire Crise (Phase 3 de l’IPC) dans le sud de Gao. Il en est de même pour les ménages pauvres du nord de Ségou, de Koulikoro et de Kayes qui connaissent un épuisement précoce des stocks et qui accroît la dépendance aux marchés plus qu’en année normale.

    Dans la région de Ménaka où des abandons de villages sont de plus en plus observés à la suite de la pression des groupes armés et où 67,4 pour cent de la population est déplacée, les ménages pauvres rencontrent des difficultés énormes d’accès aux aliments qui engendrent une détérioration inhabituelle de leur consommation alimentaire à cause des perturbations importantes des activités économiques voire leur arrêt dans les zones inaccessibles et une érosion totale du panier de protection des moyens d'existence et un déficit profond de survie. Le recours aux stratégies d’adaptation de crise à urgence par plus de 70 pour cent des ménages selon le DIEM de janvier 2024, les difficultés d’accès humanitaires, dénotent une situation d’Urgence (Phase 4 de l’IPC).


    Calendrier saisonnier pour une année typique
    Titre : Calendrier saisonnier Mali
Description : Saison des pluies : mi-mai à octobre. Préparation des sols : avril à juin.

    Source: FEWS NET

    Suppositions

    Le scénario le plus probable de la sécurité alimentaire de février à septembre 2024 se base sur des suppositions fondamentales suivantes, par rapport à l’évolution du contexte national:

    • Situation sécuritaire : Les incidents sécuritaires se poursuivront dans la région de Kidal avec le retour des FAMa dans la région et aussi l’organisation de lutte commune contre les groupes armés dans le cadre de la nouvelle organisation de l’Alliance des Etats du Sahel (AES) regroupant le Burkina Faso, le Mali, et le Niger. A partir de janvier, le nombre d’incidents connaitra l’évolution saisonnière à la hausse à un niveau similaire à légèrement supérieur à celui de 2023 avec une augmentation des déplacements de populations et un maintien du blocus autour de certaines zones des régions de Ménaka, Tombouctou, Kidal et de Gao à cause de l’intensification des offensives militaires; ce qui engendrera des baisses de flux d’approvisionnement et des hausses de prix qui limiteront l’accès des ménages pauvres à la nourriture. Quant aux conflits dans le centre du pays, la violence devrait rester au niveau actuel, proche de celui de 2023 grâce à la poursuite active des offensives militaires dans la zone et aussi aux négociations communautaires en cours.
    • Pluviométrie : Les prévisions consensuelles de IRI, NMME de décembre 2023 indiquent une forte probabilité de cumul pluviométrique normal à excédentaire au Mali particulièrement dans certaines zones de l’Ouest du pays et du Sud-Est à la bande frontalière avec le Burkina Faso où une situation excédentaire est attendue. La saison pluvieuse 2024 débutera à temps en mai au Sud du Mali à l’instar de certains pays Sahéliens dont la partie sud s’étend dans la zone soudanienne. Elle s’étendra ensuite graduellement vers le Nord en suivant la montée du Front Inter Tropical (FIT) pour enfin s’installer au début du mois de juillet dans la partie la plus septentrionale de la zone sahélienne. Cependant, la bonne répartition spatio-temporelle reste nécessaire pour un impact positif sur les productions agropastorales.
    • Crue des fleuves : La faiblesse des pluies de 2023 et les écoulements sur les cours d’eau à un niveau en dessous de la moyenne interannuelle sur les principaux cours d’eau ne sont pas favorables à un niveau moyen dans l’ensemble au niveau des points de retenue et des barrages jusqu’en juin 2024. Les prévisions de cumul pluviométrique normal à excédentaire attendues en 2024 selon les prévisions météo seront favorables à des écoulements moyens sur les différents fleuves qui desservent les bassins du fleuve Niger et du Sénégal à partir de juin jusqu’en septembre 2024.
    • Les cultures de contre-saison : L’évolution des cultures de contre-saison se poursuit normalement grâce à la disponibilité moyenne à inférieure à la moyenne des eaux au niveau des points de retenue et des cours d’eau. La faible disponibilité en eau liée à la faible crue de 2023 (Direction de l’Office du Niger), des intrants agricoles et leurs prix élevés notamment pour les engrais ont, en plus de l’insécurité, réduit les superficies exploitées dans le nord de l’Office du Niger et dans la vallée du fleuve de Mopti et de Gao. Cela réduira en dessous de la moyenne les récoltes attendues en mai/juin. Pour les cultures maraichères, les récoltes moyennes en cours amélioreront les disponibilités alimentaires et procureront des revenus moyens au niveau des ménages exploitants.
    • Productions agricoles de saison : Les prévisions saisonnières favorables sur les facteurs climatiques (pluies, crue), la poursuite du programme national de subvention des intrants agricoles (semences, engrais) à 50 pour cent du prix du marché pour certaines céréales, le coton, et les appuis en intrants agricoles, notamment dans les régions du nord par les partenaires techniques dans le cadre du renforcement de la résilience, sont favorables à une disponibilité moyenne des récoltes vertes de céréales et de légumineuses dans le pays en septembre 2024. Par ailleurs, à cause de l’insécurité, qui réduit les superficies cultivables dans les zones d’insécurité du centre et du nord du pays, le faible niveau de remplissage des lacs et mares de décrue réduira les productions agricoles dans les zones concernées.
    • Productions animales/mouvement du bétail : Grâce aux conditions d’élevage globalement moyennes à excédentaires dans le pays, les productions animales (lait, beurre, viande etc.) attendues seront globalement moyennes dans le pays mais en dessous de la moyenne dans les zones d’insécurité qui connaitront des difficultés à cause de la dégradation précoce des pâturages dans les zones de concentration inhabituelle des troupeaux. La baisse saisonnière de la production de lait en cours se maintiendra jusqu’en juin à partir duquel la reprise de la production de lait interviendra grâce à la reconstitution des conditions d’élevage liées à l’installation des pluies. La remontée habituelle des troupeaux transhumants vers les zones de concentration d’hivernage aura lieu à partir de juin selon le calendrier habituel excepté dans les zones d’insécurité du nord et du Liptako-Gourma où les perturbations dans le mouvement de troupeaux persisteront. 
    • Pêche : La hausse saisonnière des captures de poisson observée grâce à la décrue sur les cours d’eau se poursuivra jusqu’en mars/avril à partir duquel les pêches collectives ont lieu à travers le pays. Les perspectives de captures seront globalement inférieures par rapport à la moyenne à cause de la faiblesse du niveau d’eau sur les cours d’eau qui n’a pas été favorable à une reproduction adéquate des poissons, aussi des difficultés d’accès à certaines zones de pêche liées à l’insécurité notamment dans le delta intérieur du Niger et la vallée du fleuve de Tombouctou et de Gao qui constituent de grandes zones de pêche. 
    • Main d’œuvre agricole et non agricole : Les activités habituelles de main d’œuvre non agricole (construction, confection de briques, ramassage de bois, etc.), et de petits métiers se dérouleront normalement de février à mai, notamment dans le sud du pays. Quant à celles liées à la campagne agricole comme le nettoyage de champs, le transport de fumier d’avril à juin et le labour, le semis et l’entretien des cultures de juin à septembre se dérouleront normalement dans les zones agricoles du pays. Toutefois, dans les régions du centre et du nord du pays et particulièrement dans celle de Ménaka et le sud de celle de Gao où l’insécurité persiste avec des déplacements énormes de populations observés, les opportunités d’emplois seront en baisse par rapport à la moyenne. Les revenus issus de la main d’œuvre seront moyens dans l’ensemble sauf dans les zones d’insécurité où ils seront inférieurs à la moyenne. 
    • Migration : Les départs habituels des bras valides vers les centres urbains du pays, les sites d’orpaillage et des pays voisins observés se poursuivront jusqu’en mars/avril et seront plus marqués que la moyenne dans les zones de baisse de productions agricoles et dans les zones d’insécurité du centre et du nord du pays où les activités économiques y compris la production agricole sont fortement perturbées. Les revenus envoyés ou rapportés par les bras valides seront proches de la moyenne à cause de la conjoncture économique difficile moins favorable dans les zones d’accueil (baisse d’opportunités, plus de demande, etc.). 
    • Approvisionnement des marchés en vivres : L’approvisionnement des marchés restera suffisant dans l’ensemble jusqu’en septembre 2024 excepté dans les zones d’insécurité à cause des incidents sécuritaires voire les blocus imposés par les groupes armés qui perturberont le flux régulier et le fonctionnement des marchés notamment dans les régions de Gao, Tombouctou, Kidal et Ménaka. A partir d’avril, la baisse saisonnière des offres de céréales sera observée et beaucoup plus marquée dans les régions de Gao et de Tombouctou à cause de la décrue sur le fleuve qui constitue présentement la principale voie d’approvisionnement de ces marchés. Pour le bétail, la hausse des offres pour des besoins d’approvisionnement des pasteurs se maintiendra jusqu’en juin à partir duquel la baisse saisonnière sera observée à cause du départ des troupeaux transhumants. Les offres resteront au-dessous de la moyenne dans les zones d’insécurité qui connaissent un dysfonctionnement des marchés. 
    • Prix des céréales : La hausse du coût de la production agricole liée au niveau élevé du prix des intrants agricoles et aux coûts de transport, la faiblesse du stock de report, en plus de la hausse attendue des demandes pour la reconstitution de stocks commerçants, des stocks institutionnels et aussi de la part des pays voisins (Niger, Burkina Faso et Mauritanie), en dépit de la reconduction de la mesure d’interdiction des exportations, contribueront à maintenir la tendance des prix supérieurs à la moyenne quinquennale sur tous les marchés. La tendance des prix des céréales supérieure à la moyenne quinquennale se maintiendra probablement de février à septembre 2024 sur les principaux marchés de référence comme à Gao sur le graphique (fig.3). La hausse sera beaucoup plus marquée dans les zones du nord où les offres seront davantage plus réduites à cause des perturbations du circuit d’approvisionnement.
    • Prix du bétail : La tendance des prix supérieurs à la moyenne devrait se maintenir jusqu’en avril/mai grâce aux conditions d’élevage favorables et au dysfonctionnement des marchés dans les zones pastorales, qui réduisent les offres mais également la hausse des demandes pendant le Ramadan qui interviendra en mars/avril et la Tabaski en juin. En dépit de la baisse saisonnière des prix qui sera observée à partir d’avril, les prix resteront tout de même similaires à supérieurs à la moyenne. Dans les zones d’insécurité du centre et nord, la persistance du dysfonctionnement des marchés maintiendra le prix du bétail en dessous de la moyenne en dehors des marchés accessibles.
    • Reconstitution des stocks institutionnels : Des achats de céréales dans le cadre de la reconstitution du stock national de sécurité par le Gouvernement se dérouleront à partir d’avril et pour environ 20 000 tonnes de mil/sorgho. En plus de cet achat par l’Office des Produits Agricoles du Mali (OPAM), les achats du PAM et d’autres organismes humanitaires maintiendront la pression sur les marchés durant l’année de consommation 2024. 
    • La situation politique : Le report des élections prévues en 2024 par le Gouvernement pour raison d’insécurité a engendré une levée de bouclier de la part des partis politiques, des regroupements de partis politiques et de certaines associations. Ces réactions qui s’intensifient de plus en plus entraineront une perturbation de la quiétude sociale et de l’environnement économique déjà précaire. En plus, la réduction de la capacité du Gouvernement à soutenir les subventions sur les produits de première nécessité et à répondre aux demandes sociales, rehausseront davantage l’exposition des ménages à l’insécurité alimentaire particulièrement dans les zones d’insécurité où les activités économiques sont fortement perturbées. Toutefois, les initiatives de concertation entreprises par le Gouvernement avec les forces vives de la nation (partis politiques, société civile) militeront pour un environnement politique plus apaisé. Par ailleurs, il est probable que les conséquences néfastes sur l’économie nationale du retrait du Mali de la CEDEAO se fassent sentir après septembre à cause du mécanisme de retrait qui ne sera acté qu’après une année donc en janvier 2025 conformément aux dispositions légales de la CEDEAO.
    • Assistances humanitaires : Le plan national de réponses prévoit une assistance alimentaire mensuelle principalement sous forme de coupon et de cash, voire en nature pour quelques zones, couvrant entre 30 à 50 pour cent des besoins calorifiques des ménages bénéficiaires de juin à septembre 2024 pour plus d’un million trois cent mille personnes (1372 000) à travers tout le pays et particulièrement dans les régions du Nord et la zone du Liptako Gourma. 

    Résultats les plus probables de la sécurité alimentaire

    La production de céréales globalement moyenne dans le pays, l’amélioration saisonnière des termes de l’échange bétail/céréales et les revenus proches de la moyenne tirés des activités habituelles de main d’œuvre agricole et non-agricole sont favorables à un accès moyen des ménages aux denrées alimentaires. Par conséquent, l’insécurité alimentaire Minimale (Phase 1 de l’IPC) en cours pour la majorité des ménages du pays se poursuivra jusqu’en septembre 2024. Cependant, dans les zones d’insécurité des régions de Ménaka, Kidal, Tombouctou, Gao et de Mopti et par endroits dans le nord de celles de Kayes, Koulikoro et de Ségou qui ont connu une baisse de productions agricoles, les ménages pauvres continuent de rencontrer des difficultés à satisfaire convenablement leurs besoins alimentaires et non alimentaires à cause de l’épuisement précoce de leurs stocks dès avril/mai au lieu de juin/juillet et de leur faible pouvoir d’achat. Par conséquent, l’insécurité alimentaire de Stress (Phase 2 de l’IPC) en cours grâce à leurs propres récoltes, même faibles, aux rémunérations en nature pour les travaux de récoltes, et à la solidarité locale, se maintiendra jusqu’en mai 2024 avec une dégradation probable en Crise (Phase 3 de l’IPC) à partir de mai 2024 liée à la hausse attendue des prix des denrées alimentaires de base, et des recours élevés aux stratégies d’adaptation négatives. Quant aux ménages de Ménaka qui sont déplacés pour environ 67% de sa population, l’insécurité alimentaire d’Urgence (Phase 4 de l’IPC) en cours se maintiendra jusqu’en mai 2024 à cause d’une érosion totale du panier de protection des moyens d'existence avec un déficit profond de survie pour les ménages pauvres selon l’analyse de résultat HEA de FEWS NET, d’un accès humanitaire difficile et une forte dégradation de la consommation alimentaire.

    Entre juin et septembre, les ménages pauvres aux moyens d‘existence fortement dégradés connaitront une détérioration importante entre juin et septembre de leur consommation alimentaire dans les zones d’insécurité du nord et du centre particulièrement dans le sud de régions de Gao, Tombouctou, et Mopti, à cause des difficultés d’accès aux vivres liées à leurs prix élevés dans un environnement de baisse globale de revenus. Ces ménages pauvres qui ont recours à la réduction des dépenses non alimentaires et alimentaires, voire une réduction du volume et de la qualité des repas, aux emprunts, ou dépendant de la solidarité locale, se retrouveront en insécurité alimentaire de Crise (Phase 3 de l’IPC) de juin à septembre 2024 qui coïncide avec la soudure qui serait précoce dès avril/mai. Dans la région de Ménaka, la consommation alimentaire présentera une dégradation inhabituelle liée aux prix des denrées de base supérieurs à la moyenne de plus de 70 pour cent, à la baisse des revenus et des termes de l’échange bétail/céréales de 55 pour cent. Ces ménages qui ont recours à la mendicité pour 36,2 pour cent, à la vente des dernières femelles pour ceux qui en disposent encore et qui n’ont plus accès aux sources habituelles de nourritures et de revenus et aussi à l’assistance humanitaire à cause d’un accès très limité à la zone avec parfois des ruptures d’approvisionnement des marchés seront par conséquent en insécurité alimentaire d’Urgence (Phase 4, de l’IPC) entre février et septembre 2024. Bien que le plan de réponse nationale priorise ces zones, les difficultés d’accès humanitaires, de logistique particulièrement dans les régions de Kidal, Ménaka, de Gao et les difficultés de mobilisation des fonds pour les acteurs humanitaires ne permettront pas d’assurer une couverture à souhait pouvant induire un changement de phase dans les zones bénéficiaires.

    La situation nutritionnelle connaitra sa dégradation saisonnière habituelle dans l’ensemble à cause de la détérioration saisonnière de la consommation alimentaire due à l’épuisement précoce des stocks des ménages liée à la période de soudure (juin à septembre), des mauvaises pratiques alimentaires, d’hygiène et d’assainissement et, de la prévalence élevée du paludisme et des maladies hydriques en lien avec les conditions climatiques. Cette dégradation sera plus marquée que la moyenne dans les zones d’insécurité du centre et du nord où, en plus des difficultés d’accès alimentaire, le faible accès aux services sociaux de base qui limite les soins médicaux et la prise en charge des cas de malnutrition, maintiendront les prévalences de la malnutrition aigüe à des niveaux élevés.

    Évènements qui pourraient changer les scenarios

    Tableau 1
    Événements possibles au cours des huit mois à venir qui pourraient changer le scénario le plus probable
    ZoneEvénementsImpact sur les conditions de la sécurité alimentaire

    Régions de Tombouctou, 

    Kidal, Ménaka, Gao 

    Exacerbation de l’insécurité et renforcement du blocus sur les principaux axes. Une intensification des actes d’insécurité et le maintien du blocus des groupes armés, réduiront significativement l’approvisionnement des marchés en denrées alimentaires à partir du sud du pays et des importations de la Mauritanie et de l’Algérie. La baisse importante des offres voire des cas de pénuries en denrées alimentaires, les mouvements inhabituels de populations, engendreront des perturbations énormes d’activités économiques avec baisse importante de revenus ; ce qui exacerbera les difficultés d’accès des ménages pauvres aux aliments. Ainsi, on assistera à une augmentation du nombre de population en Crise (Phase 3 de l’IPC) voire des populations en Urgence (Phase 4 de l’IPC) dans ces zones. Compte tenu de l’augmentation du nombre de personnes déplacées à Kidal et des perturbations de flux commerciaux, une exacerbation de l’insécurité conduira à une détérioration de la situation alimentaire de la zone en Crise (Phase 3 de l’IPC). 

    Nord du Mali (ML02, 

    ML03, ML04), le Delta du Niger (ML06) et la bande du sahel (ML13) 

    Dégâts importants de feux de brousse sur les pâturages de  décembre  à mai. Les feux de brousse sur les pâturages accessibles de décembre à mai dans les zones pastorales du nord du pays engendreront une dégradation précoce des pâturages, ce qui exacerbera les difficultés d’alimentation du bétail dans ces zones où les mouvements des troupeaux sont perturbés. La baisse des productions pastorales et des revenus qui en résultera voire des cas de mortalité inhabituels, dégradera la situation alimentaire des ménages agropasteurs par l’augmentation du nombre de populations en Crise (Phase 3 de l’IPC).
    Régions de Ménaka, Gao et Kidal Appuis      humanitaires conséquents en vivres et en non-vivres pour les ménages pauvres dans la région. Une intensification des appuis couvrant au moins 20 pour cent des besoins pour la majorité des ménages pauvres affectés par la crise sécuritaire et par les déplacements inhabituels, améliorera leur accès à la nourriture et réduira le recours aux stratégies d’adaptation négatives. Ainsi, on assistera à une réduction significative du nombre de ménages en Crise (Phase 3 de l’IPC) et qui se retrouveront en situation de Stress (Phase 2 de l’IPC). 

    Zone de préoccupation: Région de Ménaka : Zone de moyen d’existence ML01 (Nomadisme et commerce transsaharien), ML02 (Nord élevage), et ML04 (Bétail, mil et envois de fonds dans le centre du pays) (Figure 4)
    Carte de la zone de moyens d’existence 2 et 4 dans la région de Ménaka

    Source:

    Situation actuelle

    Situation sécuritaire/mouvement des populations : Les attaques menées par IS Sahel contre les civils, les forces de sécurité et les groupes armés progouvernementaux se sont poursuivies à une fréquence et une intensité élevée dans les environs de la réserve naturelle d'Ansongo-Ménaka et dans le cercle d'Andéramboukane, IS Sahel ayant poursuivi ses opérations offensives pour consolider sa présence dans la région. L'insécurité le long des routes a limité les déplacements du bétail et perturbe l'aide humanitaire, en particulier dans les zones inaccessibles d’Andéramboukane, Inékar, Ménaka, Anchawadji et Tessit.

    La volatilité de la situation sécuritaire, les braquages sur les axes routiers, les repressions sur les populations civiles par les groupes armés, continuent de perturber les mouvements des personnes et des biens ainsi que le fonctionnement régulier des marchés notamment dans les zones frontalières avec les pays voisins (Niger, Algérie) où les flux commerciaux sont fortement réduits à cause du blocus imposé par les groupes armés et la prudence des transporteurs qui ont arrêté le trafic. 

    Les déplacements inhabituels de populations et les difficultés d’accès humanitaire se poursuivent. Selon rapport sur les mouvements des populations, 14 192 ménages pour 57 931 personnes déplacées internes (PDI) soit environ 67,4 pour cent de la population de la région, ont été enregistrés en décembre 2023, principalement dans les villes de Ménaka et d’Andéramboukane à la faveur de la situation sécuritaire plus calme et des facilités d’accès aux assistances humanitaires et aux services sociaux de base. 

    Evolution des moyens d’existence : Les perturbations des mouvements des personnes et des biens à la suite de l’insécurité continuent de limiter l’accès aux sources habituelles de revenus et de nourritures pour les ménages pauvres de la région et particulièrement pour les ménages déplacés et ceux présents dans les zones inaccessibles où les activités économiques sont à l’arrêt. Ainsi, près de 92,7 pour cent des ménages ont recours aux emprunts en nature ou à la solidarité pour accéder à la nourriture, selon le DIEM de la FAO de janvier 2024.

    Les revenus pastoraux sont en forte baisse par rapport à la moyenne quinquennale dans la région en raison de la baisse des opportunités de ventes de bétail lié à la faiblesse des effectifs du troupeau voire l’absence de bétail surtout au niveau des ménages pauvres qui ont tout vendu ou perdu à cause de la persistance de l’insécurité. Selon le DIEM de janvier 2024, 25,4 pour cent des ménages ont vendu les dernières femelles ; ce qui dénote une érosion importante des moyens d’existence pour les ménages principalement pasteurs. Il en est de même pour l’auto-emploi (exploitation forestière, charbon de bois, artisanat) en raison de la baisse des opportunités sur le marché consécutive aux difficultés de mouvements et des déplacements inhabituels de populations. La vente de biens productifs pour ceux qui en disposent encore, la migration inhabituelle et la réduction des dépenses non alimentaires notamment de santé se poursuivent. En plus de la réduction des dépenses non alimentaires, le recours à la mendicité pour 36,2 pour cent des ménages selon la même enquête et la vente des dernières femelles pour 25,4 pour cent des ménages, dénotent une forte détérioration des moyens d’existence des ménages de la région et qui serait plus marquée dans les zones inaccessibles où les activités économiques sont presque à l’arrêt.

    Productions agropastorales : La campagne maraichère autour des mares et des points d’eau pérennes avec l’appui de certains partenaires humanitaires est en cours mais avec des perspectives de production nettement en dessous de la moyenne à cause de la faible disponibilité des eaux et des déplacements inhabituels des populations. Les récoltes faibles en cours améliorent la consommation alimentaire et les revenus tirés de la vente des produits maraichers pour les quelques ménages exploitants notamment dans la ville de Ménaka et d’Andéramboukane. Les stocks issus de la cueillette de fonio sauvage et de cram-cram sont nettement en baisse par rapport à la moyenne à cause des restrictions sécuritaires d’accès aux grandes plaines de cueillette des communes d’Inékar, Andéramboukane, et Ménaka. 

    Les pâturages (herbacés et ligneux) sont globalement moyens dans la zone et sont favorables à une alimentation satisfaisante du bétail. Quant aux conditions d’élevage, elles sont en dessous de la moyenne à cause du faible niveau de remplissage des points d’eau par rapport à celui d’une année normale en raison du déficit pluviométrique enregistré lors de l’hivernage écoulé. Toutefois, les perturbations énormes du mouvement des troupeaux à cause de l’insécurité limitent l’accès à certains pâturages ; ce qui engendre des concentrations inhabituelles de troupeaux dans les zones accessibles avec un risque de dégradation précoce des pâturages dans les zones d’accueil à la frontière avec Kidal et vers l’ouest de la région. Les difficultés d’alimentation du bétail qui en découlent réduiront les productions animales et la valeur marchande des animaux déjà en dessous du niveau moyen à cause de la réduction importante de l’effectif du bétail à la suite des ventes excessives, des vols/enlèvements et des perturbations du circuit de la transhumance. 

    Marchés : La réduction des flux d’approvisionnement des marchés en denrées alimentaires se poursuit et connait une exacerbation à la suite du blocus imposé par les groupes armés sur les principaux axes routiers de la région la liant aux sources habituelles d’approvisionnement de Gao, Ansongo et d’Algérie et aussi du Niger notamment pour le mil, le riz, les pâtes alimentaires, la farine de blé, le lait, l’huile végétale etc. Les escortes militaires de convois humanitaires et marchands qui sont observés contribuent à améliorer de peu le niveau d’approvisionnement des marchés. Les disponibilités en vivres aussi bien locales qu’importées sont nettement en dessous de la moyenne avec parfois des pénuries sur certains marchés intérieurs dans les cercles d’Inékar et de Tidermène ; ce qui contribue à maintenir la tendance élevée des prix sur les marchés. Sur le marché de Ménaka, le prix du mil, la céréale de base, est supérieur de 79 pour cent par rapport à la moyenne quinquennale, ce qui réduit significativement les capacités d’accès des ménages à cette denrée de même que pour les denrées importées qui affichent des prix supérieurs de 76 pour cent pour l’huile, 71,4 pour cent pour la farine de blé, 60 pour cent pour la semoule et 55,6 pour cent pour les pâtes alimentaires par rapport à la moyenne.

    Quant aux marchés à bétail, l’offre de bétail est en baisse importante à cause du dysfonctionnement des marchés lié aux difficultés d’accès physique aux différents marchés en lien avec la situation sécuritaire dans la zone. Le prix de la chèvre, l’animal le plus vendu par les ménages pauvres, est en baisse de 18,9 pour cent à cause du manque d’acheteurs et les difficultés d’alimentation du bétail, ce qui réduit le revenu des ménages pasteurs mais beaucoup plus pour les ménages pauvres qui disposent encore des effectifs très réduits. Les ménages des zones inaccessibles qui n’ont plus accès aux marchés procèdent à des bradages aux intermédiaires. En plus, la baisse importante des termes de l’échange chèvre/mil par rapport à la moyenne quinquennale de 55 pour cent à Ménaka à cause du prix des céréales très élevé et la baisse de celui du bétail, réduit significativement l’accès des ménages pasteurs aux marchés. 

    Assistances humanitaires : Les appuis humanitaires de vivres et de non-vivres de la part du Gouvernement et des différents partenaires se poursuivent à l’endroit des ménages pauvres et particulièrement pour les ménages déplacés pour 3190 ménages soit environ 20 000 personnes dans la région et dans le cadre du mécanisme rapide de secours (RRM). Ces opérations d’assistance humanitaires essentiellement concentrées à Ménaka ville, souffrent des difficultés d’accès humanitaire aux différentes zones de la région et aussi du retard dans la mise en œuvre des différentes opérations particulièrement dans les zones inaccessibles pour lesquelles les bénéficiaires sont contraints de faire le déplacement à Ménaka ville pour accéder à leurs quotas. En dépit de ces stratégies, certaines localités d’Andéramboukane, Inékar et de Tidermène restent inaccessibles par les acteurs humanitaires. 

    Suppositions

    Le scénario le plus probable de la sécurité alimentaire de février à septembre 2024 se base sur des suppositions fondamentales suivantes, par rapport à l’évolution du contexte national:

    • Situation sécuritaire/mouvement de population : Les attaques de l'Etat Islamique au Sahel contre les populations civiles devraient être stables jusqu'en septembre 2024, et supérieures aux niveaux observés en 2023 en raison de l’intensification des offensives militaires des FAMa et de leur coalition notamment dans le cadre de l’Alliance des Etats du Sahel (AES). L'activité de l'IS au Sahel devrait continuer à engendrer des déplacements de populations, réduisant leur accès aux services sociaux de base, en particulier dans la région de Ménaka et dans la partie sud des cercles d'Ansongo et de Gao (région de Gao), où une grande partie de la zone reste inaccessible. Il est probable que les combats entre le JNIM et IS Sahel resteront à des niveaux historiques ou inférieurs jusqu'en septembre 2024, les deux groupes continuant à respecter un cessez-le-feu de facto, bien que des affrontements localisés et sporadiques se poursuivent. Les incidents sécuritaires qui en résulteront, les persécutions sur les populations civiles, les pillages de biens, les vols/enlèvements, continueront d’engendrer les déplacements inhabituels de personnes et les perturbations de la transhumance dans la région. 
    • Approvisionnement des marchés et prix des céréales : Les circuits d’approvisionnement habituels de la région continueront à être perturbés en raison des attaques et des blocus intermittents sur les principaux axes routiers ; ce qui réduira significativement les offres en denrées alimentaires par rapport à une année moyenne sur le marché principal de Ménaka et beaucoup plus sur les marchés secondaires dans les zones inaccessibles d’Inékar et d’Andéramboukane. Les stratégies de contournement par les acteurs des marchés et les escortes militaires permettront une certaine disponibilité en denrées alimentaires locales et importées sur le marché principal de Ménaka. Quant au prix du mil, il restera nettement supérieur à la moyenne quinquennale de plus de 50 pour cent au niveau des principaux marchés de la région (Ménaka, Andéramboukane et Inékar), ce qui réduira les capacités d’accès des ménages pauvres aux marchés. Quant aux denrées importées à partir d’Algérie (pâtes alimentaires, lait, farine, huile végétale, sucre), la tendance des prix supérieurs à la moyenne de 25 à plus de 50 pour cent se maintiendra au regard des perturbations attendues des flux commerciaux à partir de Kidal en lien avec le blocus même moins rigoureux et la présence militaire dans cette région. 
    • Evolution des moyens d’existence : Les activités économiques dans la zone resteront nettement en dessous de la moyenne à cause de la persistance des incidents sécuritaires et des déplacements inhabituels des populations. La baisse importante des revenus des ménages à cause des perturbations énormes des activités économiques et la faible capacité de mobilisation des moyens d’existence notamment pour les plus pauvres à cause des enlèvements importants de bétail et aussi des ventes excessives continueront à maintenir les difficultés des ménages à satisfaire leurs besoins alimentaires. La persistance de l’insécurité et la baisse des activités économiques continueront à limiter considérablement l’accès des ménages aux revenus dans la zone.
    • Assistance humanitaire alimentaire : Le plan national de réponse élaboré par le Gouvernement en collaboration avec ses partenaires prévoit une assistance alimentaire mensuelle couvrant au moins 50 pour cent des besoins calorifiques de 87 pour cent de la population de la région de juin à septembre 2024 qui coïncide avec la période de soudure. Dans le cadre du mécanisme de réponse rapide (RRM), les assistances humanitaires pour les personnes déplacées se poursuivront principalement dans les villes de Ménaka et d’Andéramboukane qui constituent les principaux centres d’accueil. Des actions de renforcement de la résilience à travers les activités génératrices de revenus, de distribution de petits équipements, voire de bétail, de vaccination du bétail seront réalisées durant la même période. Cependant, les difficultés d’accès humanitaires dans la région, en dehors des villes de Ménaka et d’Andéramboukane, continueront à limiter l’accès des ménages aux assistances humanitaires en vivres et en non-vivres. En plus, les difficultés de mobilisation des fonds destinés au financement des assistances face aux besoins croissants d’assistance, impacteront négativement les capacités des acteurs humanitaires dans leurs réponses.

    Résultats les plus probables de la sécurité alimentaire

    Les difficultés extrêmes d’accès des ménages aux vivres liées à l’épuisement précoce des stocks consécutif  à la forte baisse des productions agricoles bien que structurellement faibles, aux difficultés d’accès des ménages aux zones de produits de cueillette et à la forte hausse des prix des denrées de base dans la zone dépassant les 75 pour cent à Ménaka de même que la détérioration des termes de l’échange bétail/céréales, engendrent une détérioration précoce de la consommation alimentaire pour les ménages pauvres. En plus, la baisse importante des revenus à la suite des perturbations sécuritaires qui réduisent les disponibilités en denrées alimentaires sur les principaux marchés et l’intensité des activités économiques dans la région, contribuent à une mobilisation importante des biens et équipements conduisant à une dégradation des moyens d’existence. En dehors des villes de Ménaka et d’Andéramboukane où les assistances humanitaires sont présentes, la réduction du nombre de repas de 1 à 2 par jour contre 3 en temps normal selon les informateurs clés, l’absence de lait, de viande dans la consommation des ménages à cause des pertes de bétail et le manque de revenus pour les payer, contribuent à un déficit de consommation nettement plus élevé qu’en année moyenne particulièrement pour les ménages déplacés qui représentent 67,4 pour cent de la population de la région. Pour satisfaire leurs besoins alimentaires, les ménages pauvres ont recours à la réduction importante des dépenses non alimentaires comme signalé par l’enquête ENSAN d’octobre 2023 qui indique que 61,7 pour cent des ménages ont réduit les dépenses de santé au profit de l’alimentation. Les ménages pauvres qui sont dépendants des emprunts, de la solidarité locale, des assistances humanitaires et à la mendicité signalée par 16,5 pour cent des ménages et la vente des dernières femelles pour 25,4 pour cent selon le DIEM de janvier 2024 sont par conséquent en insécurité alimentaire d’Urgence (Phase 4 de l’IPC) qui se poursuivra jusqu’en mai.

    De juin à septembre, qui coïncide avec la soudure qui sera plus longue que la moyenne, la consommation alimentaire se détériorera davantage à cause de l’exacerbation des difficultés d’accès en cette période liées à la hausse saisonnière des prix qui sera plus marquée et nettement supérieure à la moyenne et d’une baisse importante des opportunités de revenus. Les difficultés d’accès physique aux marchés en lien avec les conditions climatiques et l’insécurité dans la zone en plus de la baisse importante du pouvoir d’achat limiteront significativement l’accès des ménages aux aliments ; ce qui engendrera plus de recours des ménages aux stratégies d’adaptation de crise à urgence. L’assistance humanitaire en vivres notamment pour les ménages déplacés de la part du Gouvernement et des partenaires humanitaires contribuera à atténuer les difficultés d’accès aux aliments dans les zones accessibles autour des villes de Ménaka et d’Andéramboukane et beaucoup moins dans les zones inaccessibles qui regroupent encore au moins 20 pour cent de la population. Ainsi, l’insécurité alimentaire d’Urgence (Phase 4 de l’IPC) en cours se maintiendra jusqu’en mai 2024 à cause d’une érosion totale du panier de protection des moyens d'existence avec un déficit profond de survie pour les ménages pauvres, d’un accès humanitaire difficile et une forte dégradation de la consommation alimentaire. En raison des déficits énormes de consommation alimentaire, des stratégies d’adaptation d’urgence et du niveau de la malnutrition aigüe sévère observé, une faible proportion des ménages pauvres dans les zones inaccessibles de la région seront probablement en Catastrophe (Phase 5 de l’IPC).

    La forte réduction de la qualité et de la quantité des repas, les difficultés d’accès aux services sociaux de base, détérioreront la situation nutritionnelle déjà très critique selon SMART de juillet/août 2023 qui donne une prévalence de la malnutrition aigüe globale (MAG) de 19,0 pour cent indiquant des niveaux très sérieux (plus de 15 pour cent MAG poids par rapport à la taille [PPT]) dans la région de Ménaka. La situation est beaucoup plus critique pour les déplacés qui affichent une prévalence de MAG de 26,9 pour cent dont 8,2 pour cent de MAS selon le rapport SMART rapide de mars 2023. Si la population inaccessible maintient les gaps de consommation alimentaire pendant une période prolongée, cela entraînera probablement une augmentation des cas de malnutrition aigües sévères et à des niveaux élevés de mortalité.

    Autres zones de préoccupation dans le pays 

    Dans d’autres zones du pays, les conflits en cours et les déplacements inhabituels de population qui s’en suivent entrainent des perturbations majeures des activités économiques et les flux commerciaux qui réduisent les capacités des ménages à satisfaire leurs besoins alimentaires et non alimentaires. Dans ces zones qui se retrouvent principalement dans les cercles de Koro, Bankass, Bandiagara, Douentza (région de Mopti), Ansongo, Bourem, Gao (région de Gao), Gourma Rharous, Tombouctou (région de Tombouctou), l’accès des ménages pauvres aux sources habituelles de revenus et de nourritures est beaucoup réduit par rapport à une année moyenne. La hausse des prix des aliments au-dessus de la moyenne quinquennale, le dysfonctionnement des marchés qui réduit les offres en denrées alimentaires particulièrement dans les zones de Tombouctou, Kidal et Gao à cause du blocus imposé par les groupes armés, continuent de limiter l’accès adéquat des ménages aux vivres. Les ménages pauvres de ces zones qui arrivent à satisfaire leurs besoins alimentaires et qui ont de la peine à reconstituer leurs moyens d’existence continueront à adopter de façon atypique les stratégies d’intensification de main d’œuvre, de migration, de réduction des dépenses non-alimentaires, des emprunts en nature et en espèce pour accéder à la nourriture. La consommation alimentaire connaitra sa dégradation saisonnière mais plus marquée qu’en année moyenne pour les plus pauvres. 

    La persistance des incidents sécuritaires et l’intermittence des blocus en dépit des opérations d’escorte et de surveillance des FAMa, continueront à perturber l’approvisionnement régulier des marchés dans les régions de Tombouctou, Gao, Ménaka et de Kidal fortement dépendantes des marchés et des importations pour les besoins alimentaires. Le maintien de la tendance élevée des prix à la suite de ces perturbations contribuera à dégrader la situation alimentaire des ménages pauvres de ces zones particulièrement les plus pauvres et les déplacés, qui connaissent une perte totale ou partielle de leur moyens d’existence. Ainsi, l’insécurité alimentaire de Stress (Phase 2 de l’IPC) en cours se dégradera en Crise (Phase 3 de l’IPC) à la soudure de mai à septembre 2024. Quant aux pauvres des centres urbains qui subissent une baisse du pouvoir d’achat à cause de la baisse des revenus en lien avec la conjoncture économique difficile qui réduit les opportunités d’emplois, et l’inflation élevée dans le pays, ils sont en insécurité alimentaire de Stress (Phase 2 de l’IPC) à pire.


    Résultats les plus probables en matière de sécurité alimentaire et zones bénéficiant de niveaux significatifs d’aide humanitaire

    Citation recommandée: FEWS NET. Mali Perspectives sur la sécurité alimentaire Février - Septembre 2024: Insecurité alimentaire d’Urgence (Phase 4 de l’IPC) à Menaka à la suite de la persistance de l’insecurité et des déplacements de population, 2024.

    Afin d’estimer les résultats de la sécurité alimentaire pour les prochains six mois, FEWS NET développe les suppositions de base concernant les événements possible, leurs effets, et les réponses probables des divers acteurs. FEWS NET fait ses analyses basées sur ces suppositions dans le contexte des conditions actuelles et les moyens d’existence locaux pour développer des scénarios estimant les résultats de la sécurité alimentaire. D’habitude, FEWS NET prévient du scénario le plus probable. Pour en savoir plus, cliquez ici.

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