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Accès limité des ménages par endroit aux denrées alimentaires à cause des conflits et la COVID-19

  • Perspectives sur la sécurité alimentaire
  • Mali
  • Février 2021
Accès limité des ménages par endroit aux denrées alimentaires à cause des conflits et la COVID-19

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  • Messages clé
  • CONTEXTE NATIONAL
  • Messages clé
    • La hausse de la production globale d’environ 20 pour cent par rapport à la moyenne quinquennale est favorable à une disponibilité alimentaire satisfaisante dans le pays durant l’année alimentaire 2020-21. La disponibilité de la propre production, la baisse saisonnière des prix des céréales et les récoltes moyennes de la contre-saison en cours amélioreront l’accès des ménages aux aliments.

    • La baisse de revenus pour 47,3 pour cent des ménages à cause de la COVID-19 combinée aux séquelles de l’insécurité particulièrement dans le Centre et le Nord du pays impactent négativement les moyens d’existence des ménages et par conséquent leur capacité d’accès à une alimentation adéquate.

    • Les conditions d’élevage globalement moyennes à supérieures à la moyenne sont favorables à une soudure pastorale normale dans le pays à partir de mars 2021. Cependant, les perturbations dans les mouvements de troupeaux liées à l’insécurité limiteront l’accès du bétail à une alimentation adéquate par endroits dans les régions du Nord et du Centre ; ce qui entrainera une baisse des revenus pastoraux consécutive à la baisse de l’embonpoint et des productions animales.

    • L’insécurité alimentaire de Stress (Phase 2 de l’IPC) pour les ménages pauvres du Liptako Gourma et par endroits dans les régions du nord à cause de leur incapacité à satisfaire leurs besoins alimentaires sans recourir de façon atypique à des stratégies d’adaptation inhabituelle, se dégradera en Crise (Phase 3 de l’IPC) à partir de mai à cause de la dégradation continue de leurs moyens d’existence en lien avec l’insécurité résiduelle doublée des effets de la COVID-19.  Il en sera de même pour les ménages pauvres déplacés et les victimes des inondations de juillet à août 2020.


    CONTEXTE NATIONAL

    Situation actuelle

    Productions agropastorales : L’évolution moyenne à bonne des cultures de contre-saison (maraichage, cultures de décrue, le riz de maitrise) se poursuit normalement dans les zones habituelles du pays. Les récoltes moyennes en cours constituent des opportunités moyennes de revenus et de nourriture pour les ménages de la zone.

    Les conditions d’élevage sont globalement moyennes dans le pays grâce à la disponibilité moyenne à bonne des pâturages et des points d’eau. La soudure pastorale attendue à partir de mars sera normale dans l’ensemble. Toutefois, les difficultés de mouvement des troupeaux dans les zones d’insécurité du Liptako Gourma et de certaines zones des régions du nord, limiteront l’accès à certains pâturages et par conséquent affecteront l’alimentation et les productions animales. L’état d’embonpoint des animaux et le niveau des productions animales sont globalement moyens dans l’ensemble et procurent des revenus moyens aux ménages-éleveurs et améliorent leur alimentation.

    La situation zoo-sanitaire est relativement calme. La campagne habituelle de vaccination du bétail contre les épizooties se poursuit partout à travers le pays avec l’appui de certains partenaires comme la FAO et le CICR.

    Production de pêche : Les captures moyennes à supérieures à la moyenne grâce à la décrue sur les cours d’eau se poursuivent dans les zones habituelles de pêche. Les revenus moyens issus de la vente des produits de pêche améliorent le pouvoir d’achat des ménages pêcheurs ainsi que leur alimentation. Toutefois, l’activité est perturbée par endroits dans le delta du Niger, où la baisse des captures réduira le revenu des pêcheurs dans cette grande zone de pêche, à cause de l’insécurité. Quant à la pisciculture, les productions se poursuivent et renforcent la disponibilité en poisson. 

    Fonctionnement des marchés et prix : La hausse saisonnière des offres sur les marchés est observée grâce aux nouvelles récoltes. Les disponibilités alimentaires restent suffisantes sur tous les marchés en dépit des perturbations sécuritaires et des restrictions liées à la COVID-19 qui réduisent les flux sur certains marchés notamment dans le Liptako Gourma et le nord de Ségou. La reconstitution des stocks commerçants est en cours en prélude aux demandes locales et institutionnelles de l’Etat et des partenaires. Une hausse des exportations par rapport à la moyenne est observée vers le Burkina Faso pour compenser l'augmentation des besoins dans ce pays, ce qui crée une pression sur les marchés de Koutiala, Sikasso et de San. Le prix de la céréale de base en fin janvier sur les marchés des capitales régionales est stable dans l’ensemble. Par rapport à la moyenne quinquennale, le prix de la céréale de base est similaire à Koulikoro, Mopti, Tombouctou, en baisse à Kayes de -13 pour cent, en légère hausse à Sikasso de +8 pour cent, Ségou et Gao de +6 pour cent et de Ménaka de +13 pour cent. Ces niveaux de prix sont favorables à un accès moyen des ménages aux aliments. Toutefois, cette hausse localisée limite l’accès des ménages très pauvres aux denrées. Quant aux denrées importées, elles restent disponibles de façon suffisante en dépit des effets de l’insécurité et de la COVID-19. Leurs prix restent stables à légèrement supérieurs grâce à la poursuite des importations bien que faibles par rapport à la moyenne et aux facilités fiscales accordées par le Gouvernement.

    Les marchés à bétail sont animés à cause du retour des troupeaux de la transhumance et aux besoins de reconstitution des stocks des éleveurs qui profitent des bons termes d’échange bétail/céréales. Les prix du bétail sont stables ou en hausse par rapport au mois dernier grâce au bon embonpoint des animaux et aux moyennes conditions d’élevage qui n’incitent pas à plus de ventes.

    Par rapport à la moyenne quinquennale, le prix de la chèvre, qui est l’animal le plus vendu par les ménages pauvres pour accéder à la nourriture, est pratiquement similaire à Gao, en hausse de 9 pour cent à Rharous, Ansongo de 10 pour cent, 15 pour cent à Bourem, 18 pour cent à Mopti, 46 pour cent à Tombouctou et 26 pour cent à Ménaka, à la faveur de l’embonpoint moyen des animaux consécutif à des conditions pastorales moyennes. Les termes de l’échange chèvre/céréales sont dans l’ensemble pratiquement stables par rapport au mois passé et en amélioration par rapport à la moyenne des cinq dernières années. En comparaison à la moyenne quinquennale, les termes de l’échange chèvre/mil sur les marchés pastoraux suivis, sont similaires à Gao, Bourem, en hausse de 9 pour cent à Rharous, 11 pour cent à Ménaka, 18 pour cent à Mopti et plus de 40 pour cent à Tombouctou et Nara ; ce qui est favorable à un accès moyen des ménages éleveurs au marché.

    Mouvement de population : La persistance des incidents sécuritaires dans les régions du Nord et du Centre du pays continue d’engendrer des déplacements de populations à la recherche de zones plus sécures. Le nombre de déplacés est en augmentation constante depuis mars 2019 et est estimé en fin décembre 2020 à 332 957 personnes (DTM, rapport décembre 2020), soit une hausse de 6,7 pour cent par rapport au mois précédent. Au même moment, le retour timide des réfugiés et de certains déplacés sur la base des négociations et des accords entre communautés se poursuit avec l’appui du Gouvernement et des agences humanitaires. Les régions de Mopti (137 845 PDIs), Gao (69 984 PDIs), Tombouctou (48 011 PDIs), Ségou (38 118 PDIs), Ménaka (22 429 PDIs) abritent le plus grand nombre de déplacés. Ces déplacés qui ont perdu leur autonomie et ont comme sources de nourriture les dons venant des communautés hôtes et des assistances humanitaires pour 54 pour cent des ménages et d’emprunt pour 11 pour cent.

    Situation sécuritaire : Elle reste volatile à travers la zone centre et nord du pays et le nord des régions de Ségou et de Koulikoro. Elle est marquée par la poursuite de l’intensification des opérations militaires, les attaques armées, des affrontements entre groupes armés, des assassinats ciblés et la pose d’engins explosifs. Selon Armed Conflict Location & Event Data Project (ACLED), 104 incidents sécuritaires ont été enregistrés au cours des quatre dernières semaines au 12 février, ce qui est en baisse de 26,3 pour cent par rapport à la même période de l’année dernière grâce aux dialogues intercommunautaires et l’intensification des offensives militaires contre les forces négatives. En dépit d’une baisse du nombre des incidents sécuritaires dans certaines zones, ils continuent de perturber le mouvement des personnes et des biens et le fonctionnement régulier des marchés particulièrement dans la bande frontalière avec le Burkina Faso. En plus des déplacements des populations, ces incidents sécuritaires ont limité le niveau des superficies cultivées en 2020 de 15 à 20 pour cent dans les cercles de Bankass, Koro, Douentza et de Bandiagara. Ces pertes de production et de perturbation des activités économiques réduisent les capacités des ménages dans ces zones à satisfaire leurs besoins alimentaires et non-alimentaires.

    Impact de la COVID sur les ménages : L’avènement de la COVID-19 avec les mesures de restrictions prises par les Gouvernements dans le cadre de la lutte contre cette maladie a affecté négativement l’environnement socio-économique et réduit le revenu pour 47,4 pour cent des ménages selon ENSAN de Septembre 2020. Selon la même enquête, les activités de commerce pour 79 pour cent des communautés, le mouvement des populations pour 63,1 pour cent, le transfert des exodants pour 62,9 pour cent, l’accès physique aux marchés pour 48 pour cent sont les activités les plus touchées par les effets de la COVID-19 et réduisant les opportunités d’emploi et de revenus pour les pauvres. Les activités d’élevage ont aussi été touchées notamment dans son volet commerce et disponibilité des intrants vétérinaires et principalement dans les régions de Mopti, Tombouctou et Gao qui sont dépendants des exportations de bétail alors perturbées par les restrictions de déplacement. Quant à la production des cultures, elle a été aussi touchée selon 21,5 pour cent des ménages notamment en termes de réduction des capacités d’accès aux intrants et à la main d’œuvre en lien avec la réduction des revenus ; particulièrement dans les zones cotonnières où le boycott de la culture du coton pour raison de baisse de prix d’achat a réduit significativement les revenus des ménages.

    La baisse des revenus et des opportunités d’emploi à cause de la COVID-19 a affecté négativement les capacités de satisfaction des besoins alimentaires pour environ 47,3 pour cent des ménages et de façon sévère pour 8,4 pour cent. Les régions de Bamako (68,5 pour cent), Gao et Kidal (68,1 pour cent), Koulikoro (58,4 pour cent) sont les plus touchées en raison de l’importance de la migration et du commerce dans la vie des ménages et qui ont été fortement perturbés. Le milieu rural semble être moins touché par les difficultés d’accès aux denrées alimentaires que le milieu urbain où ces difficultés sont signalées par 74,8 pour cent des communautés contre 47,8 pour cent en milieu rural.

    Situation nutritionnelle : L’état nutritionnel connait son amélioration saisonnière grâce à un accès satisfaisant des ménages aux denrées alimentaires diversifiées en lien avec la disponibilité des récoltes principales, des produits maraichers et laitiers. La prévalence de la malnutrition aiguë globale selon l’enquête SMART de décembre 2020 est de 7,2 pour cent au niveau national ; ce qui dénote une situation alimentaire précaire. Elle est critique dans la région de Tombouctou qui a une prévalence de 14,9 pour cent. Les programmes de dépistages et de récupération nutritionnelle se poursuivent à travers le pays avec l’appui des partenaires. A la quatrième semaine de l’an 2021, le cumul des admissions MAG de 2021 est supérieur à celui de 2020 pour la même période (15 122 en 2021 contre 14 997 en 2020).

    Résultats de la sécuritaire alimentaire : La disponibilité moyenne à supérieure à la moyenne de la propre production de la campagne écoulée permet à la majorité des ménages d’accéder à la nourriture sans grandes difficultés dans les zones de production et par conséquent, la plupart des ménages sont en insécurité alimentaire Minimale (Phase 1 de l’IPC). La baisse des prix des principales denrées de base à un niveau similaire à inférieur à la moyenne et l’amélioration des termes de l’échange bétail/céréale dans la plupart des zones pastorales excepté Gao et Ansongo sont favorables à un accès moyen des ménages agropastoraux à la nourriture. Toutefois, dans les zones de conflit du centre et du nord du pays, certains ménages particulièrement ceux déplacés ont des difficultés d’accès aux vivres et sont dépendants de l’aide des humanitaires et des parents/amis à cause de la dégradation de leur pouvoir d’achat. Les pertes de biens et l’arrêt des activités économiques engendrent une dégradation importante des moyens d’existence des déplacements inhabituels. Ils se retrouvent en Stress (Phase 2 de l’IPC). Les licenciements économiques, la baisse des échanges commerciaux internationaux, la baisse des transferts de migrants, et la baisse des opportunités de main d’œuvre en lien avec la COVID-19, rendent précaires les revenus des ménages pauvres surtout en milieu urbain avec comme conséquence directe des difficultés d’accès aux vivres. Par conséquent, ils se retrouvent en situation de Stress (Phase 2 de IPC). La consommation alimentaire connait son amélioration habituelle grâce à la disponibilité moyenne des nouvelles récoltes de céréales, de légumineuses, de produits maraichers et des produits animaliers (lait, fromage, viande). Le score de consommation alimentaire pauvre plus limite pour 18,3 pour cent à l’échelle du pays selon ENSAN de septembre 2020 devrait connaitre l’amélioration habituelle et être proche de la moyenne des mois de février de 2015 à 2019 qui est autour de 13,5 pour cent. Quant à la diversité alimentaire, elle est au maximum pour la plupart des ménages en cette période grâce à leur accès moyen aux denrées alimentaires diversifiées. L’indice de faim se situe au niveau moyen de la période qui est de 8 pour cent de faim modérée à sévère.

     Suppositions

    Le scenario le plus probable de la sécurité alimentaire de février à septembre 2021 se base sur des suppositions fondamentales, par rapport à l’évolution du contexte national, qui sont :

    • Pluviométrie/crue des fleuves : Sur la base des prévisions de saisonnières de NMME, ECMWF, les pluies s’installeront à partir de juin dans les zones agricoles du sud du pays et à partir de juillet dans celles du centre et du nord du pays. Le cumul pluviométrique sera normal à supérieur à la moyenne durant la saison des pluies; ce qui permettra la reconstitution des points d’eau à un niveau moyen à supérieur à la moyenne.
    • Productions agricoles : L’installation normale des pluies et la poursuite des appuis en intrants agricoles du Gouvernement et des partenaires (semence, engrais), de distribution d’équipements et les aménagements hydro-agricoles permettent de s’attendre à des récoltes moyennes à supérieures à la moyenne dans le pays pour les cultures de contre-saison en cours et à partir d’octobre 2021 pour celles de la saison principale. Toutefois, l’insécurité continuera à affecter les activités agricoles dans les zones de conflit communautaire et les pertes liées aux inondations de juillet à septembre, engendrera des baisses localisées de production notamment dans le nord et le centre du pays.
    • Mouvements du bétail et productions animales : La remontée habituelle des troupeaux vers les zones de concentration d’hivernage sera observée à partir de juin. Toutefois, des perturbations dans le mouvement habituel des troupeaux continueront à être observées dans les zones de conflit notamment dans les régions de Mopti, Ménaka et le cercle d’Ansongo (région de Gao) à cause de la poursuite des incidents sécuritaires et qui affecteront négativement les productions animales. La baisse saisonnière des productions animales sera observée de mars à juin à partir duquel, la reconstitution des conditions d’élevage relancera les productions animales qui atteindront le pic en août-septembre.
    • Production halieutique : Les perspectives de captures durant la campagne de pêche en cours et qui se poursuivra jusqu’en mars/avril, sont moyennes à supérieures à la moyenne. La levée des mises en défens et les pêches collectives qui auront lieu de mars à avril, contribueront à rehausser le niveau des captures au bénéfice des ménages pêcheurs avant la reprise de la crue en juin/juillet qui marque la fin de la campagne de pêche.
    • Migration et mouvements de populations : Les départs habituels des bras valides vers les centres urbains du pays et des pays voisins se poursuivront jusqu’en mars en dépit des restrictions de mouvements liées à la COVID-19 mais de façon un peu moindre par rapport à une année normale. Les retours pour les activités agricoles seront observés à partir d’avril.
    • Main d’œuvre agricole et non agricole : Les activités habituelles de main d’œuvre non - agricole se poursuivront de février à juin et baisseront d’intensité comme d’habitude à cause des opportunités de main d’œuvre agricole d’avril à septembre. Toutefois, les restrictions liées à la COVID-19 réduiront les opportunités pour certains secteurs comme le transport, la restauration, l’hôtellerie, les constructions des bâtiments, le commerce ; ce qui réduit par rapport à une année moyenne les revenus des ménages particulièrement dans les centres urbains du pays. Aussi, dans les régions du nord et dans les zones du delta de Mopti, la persistance des incidents sécuritaires qui perturbent l’environnement économique, maintiendra les opportunités d’emplois de main-d’œuvre (construction, petits métiers, etc.) à un niveau inférieur à la moyenne.
    • Prix des céréales : L’épuisement habituel des stocks des petits producteurs, les demandes de reconstitution des stocks communautaires et institutionnels à partir de février-mars contribueront à rehausser la demande plus que la moyenne sur les marchés, ce qui contribuera à la hausse saisonnière des prix. La hausse saisonnière amorcée se poursuivra jusqu’en septembre mais moins marquée par rapport à une année normale grâce à la bonne production de céréales dans le pays. La tendance de prix de la principale céréale (mil) inférieure ou similaire par rapport à la moyenne sur les principaux marchés se maintiendra jusqu’en septembre 2021.
    • Prix du bétail : A partir d’avril, la baisse saisonnière des prix à cause de la dégradation habituelle de l’embonpoint du bétail liée à la soudure pastorale sera observée. En dépit de cette baisse des prix, ils resteront moyens à supérieurs à la moyenne surtout que le prix de l’aliment de bétail utilisé pour l’entretien du bétail pendant la soudure, est attendu à des niveaux très élevés que la moyenne. Cependant, les dysfonctionnements sur certains marchés des régions du nord et de la zone du Liptako Gourma à cause de l’insécurité contribueront à maintenir les prix du bétail en dessous de la moyenne. L’amélioration des conditions d’élevage à partir de juillet et les demandes de la Tabaski contribueront à améliorer les prix des animaux. Les termes de l’échange bétail/céréales en dépit de leur amélioration resteront proches de la moyenne dans les zones pastorales.
    • Achats institutionnels : Les achats institutionnels dans le cadre de la reconstitution du stock national de sécurité de l’OPAM et des interventions humanitaires pour environ 30 000MT de mil/sorgho et ceux du PAM et d’autres organismes humanitaires durant l’année 2021 dans le cadre du Plan National de Réponses seront moyens à inférieurs à la moyenne.
    • Situation sécuritaire : La situation restera volatile durant toute la période du scenario. Les perturbations des mouvements des personnes et des biens, les déplacements inhabituels de personnes, les morts et les dégâts sur les moyens d’existences continueront à être observés. Par ailleurs, les échéances électorales en vue dans un climat délétère entre les principaux acteurs (militaires au pouvoir, partis politiques, la société civile, etc…) pendant cette transition, aboutiront à des contestations qui rehausseront l’instabilité politique voire des perturbations majeures dans l’environnement socio-économique.
    • Actions humanitaires : Le plan national de réponses qui sera finalisé à partir de mars prévoit une assistance alimentaire et de renforcement de la résilience pour plus d’un million de personnes. Des appuis en termes d’intrants agricoles pour la nouvelle campagne agricole et surtout pour les ménages pauvres qui souffrent des séquelles de la COVID-19 notamment dans les centres urbains se poursuivront. Il en sera de même pour les ménages déplacés et ceux de retour dans leurs terroirs d’origine. Cependant, les difficultés d’accès humanitaire dans les principales zones d’anomalie et les difficultés financières du Gouvernement affecteront négativement l’impact des assistances particulièrement dans les zones d’insécurité du Liptako Gourma.

    Résultats les plus probables de la sécurité alimentaire

    La consommation alimentaire connait son amélioration saisonnière grâce à l’accès moyen et à la diversité des produits alimentaires (maraichers, poisson et produits laitiers) ce qui contribue à l’amélioration saisonnière de la situation nutritionnelle des ménages dont la prévalence est de 7,2 pour cent pour la malnutrition aiguë globale en décembre 2020. La bonne disponibilité alimentaire globale dans le pays et l’évolution attendue des prix qui resteront similaires à légèrement supérieurs à la moyenne réduiront le recours des ménages aux stratégies d’adaptation atypiques. Par conséquent, l’insécurité alimentaire Minimale (Phase 1 de l’IPC) en cours pour la majorité des ménages du pays se maintiendra jusqu’aux nouvelles récoltes à partir de septembre 2021.

    Les ménages pauvres des zones d’insécurité du Nord et du Centre particulièrement dans la zone du Liptako Gourma aux moyens d‘existence fortement dégradés à cause de leur forte sollicitation sont en situation de Stress (Phase 2 de l’IPC) en cette période de récolte et qui se poursuivra jusqu’en mai. La soudure précoce à partir de mai, liée à la baisse importante des productions agricoles dans ces zones en lien avec l’insécurité, engendrera des difficultés d’accès aux vivres qui amèneront les ménages à intensifier les stratégies d’adaptation atypiques avec des moyens d’existence déjà dégradés. La dégradation de la situation nutritionnelle sera particulièrement plus élevée dans les zones de conflit du centre et du nord qui présentent des prévalences très élevées où les difficultés d’accès à la nourriture et aux services sociaux de base affecteront négativement la nutrition des ménages notamment pour les personnes déplacées. Selon le Outcom Analysis mené par FEWS NET, le déficit de survie d’environ 42 pour cent pour les plus pauvres dans la zone de Ménaka et de protection de moyen d’existence de 39 pour cent dans les cercles de Bankass et de Koro limiteront l’accès des ménages pauvres aux vivres. Les ménages pauvres de ces zones incapables de satisfaire leurs besoins alimentaires seront par conséquent en insécurité alimentaire de Crise (Phase 3 de l’IPC) à partir de mai jusqu’en septembre 2021 en absence d’assistance humanitaire. Toutefois, les difficultés d’accès humanitaires dans la zone rehausseront la vulnérabilité des ménages.

    Aussi, la baisse des revenus liée à l’effet combiné de la COVID-19 et de l’insécurité, affectent négativement les capacités des ménages pauvres à satisfaire leurs besoins alimentaires et non -alimentaires particulièrement dans les centres urbains, les ménages pauvres victimes des inondations et dans les zones d’insécurité qui souffrent de la dégradation des moyens d’existence. De plus, les difficultés d’accès à la nourriture à cause des restrictions liées à la COVID-19 contribueront également à dégrader davantage la situation nutritionnelle pour beaucoup de ménages. Par conséquent, ces ménages incapables de satisfaire leurs besoins alimentaires sans recourir à une intensification des activités de main d’œuvre, de migration et de réduction des dépenses non -alimentaires seront en insécurité alimentaire de Stress (Phase 2 de l’IPC) de février à septembre 2021.

    Evènements qui pourraient changer les scenarios

    Événements possibles au cours des six mois à venir qui pourraient changer le scénario le plus probable.

    Zone

    Evénements 

    Impact sur les conditions de la sécurité alimentaire

     

     

     

     

     

    National

    Recrudescence des cas de COVID-19 dans le pays et ou dans les pays voisins et d’accueil des migrants.

    Le renforcement des restrictions dans le pays et ou dans les pays voisins à cause de la recrudescence des cas de COVID-19 impactera davantage sur les activités économiques qui trainent encore les séquelles de cette pandémie. La baisse de revenus qui en résultera, limitera les capacités des ménages pauvres à satisfaire leurs besoins alimentaires et non -alimentaires. 

    Les divergences politiques, sociales, économiques, dans la conduite des affaires de la transition politique

    Les divergences dans le timing des activités politiques et surtout des futures élections pourront engendrer des agitations sur la scène politique qui inciteront la communauté internationale à isoler le pays comme lors du coup d’état d’août 2020. Ces sanctions en plus des effets néfastes de la COVID-19 perturberont davantage une économie déjà fragilisée et limiteront la capacité du Gouvernement à répondre aux demandes sociales qui s’accumulent, ce qui rehaussera la vulnérabilité des ménages.   

    National (zones d’Office du Niger, la bande du fleuve de Gao et de Tombouctou)

    Dégâts des ennemis de culture de février à mai

    Les dégâts importants d’oiseaux granivores sur les cultures de contre -saison d’avril à mai réduiront les disponibilités en riz dans les zones agricoles ce qui, en plus de réduire la disponibilité engendrera une hausse des prix pour cette denrée. La hausse des prix réduira l’accès des ménages pauvres aux denrées et le revenu des ménages exploitants.

    Nord du Mali

    (ZONE 2, 3, 4), le

    Delta du Niger (ZONE 6) et la bande du sahel

    (ZONE 13)

    Dégâts importants de feux de brousse sur les pâturages de mars à mai

    Les feux de brousse causent habituellement d’énormes dégâts sur les pâturages de février à mai ; ce qui engendrera une dégradation inhabituelle des pâturages et induira des difficultés d’alimentation du bétail. La baisse d’embonpoint et des productions animales voire de mortalité qui en découleront, affectera négativement les moyens d’existences des ménages agropasteurs.

    Nord du Mali

    (ZONE 2, 3, 4), Centre,

    Bande du sahel

    (ZONE 13)

    Retard dans l’installation des pluies et leur arrêt précoce

    Le retard dans l’installation des pluies prolongera la soudure pastorale avec des impacts négatifs sur le revenu pastoral et les offres sur les marchés à cause de la rétention des céréales des producteurs. Il en sera de même pour un arrêt précoce des pluies en début septembre, ce qui contribuera à la hausse des prix sur les marchés qui limitera l’accès des plus pauvres aux marchés.

    Figures Calendrier saisonnier pour une année typique

    Figure 1

    Calendrier saisonnier pour une année typique

    Source: FEWS NET

    Figure 2

    Source: FEWS NET

    Afin d’estimer les résultats de la sécurité alimentaire pour les prochains six mois, FEWS NET développe les suppositions de base concernant les événements possible, leurs effets, et les réponses probables des divers acteurs. FEWS NET fait ses analyses basées sur ces suppositions dans le contexte des conditions actuelles et les moyens d’existence locaux pour développer des scénarios estimant les résultats de la sécurité alimentaire. D’habitude, FEWS NET prévient du scénario le plus probable. Pour en savoir plus, cliquez ici.

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