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Stratégies d’adaptation atypiques en cours par les ménages des zones de mauvaise production

  • Perspectives sur la sécurité alimentaire
  • Mali
  • Avril - Septembre 2014
Stratégies d’adaptation atypiques en cours par les ménages des zones de mauvaise production

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  • Messages clé
  • Présentation nationale
  • Zones de préoccupation
  • Événements qui pourraient changer les scenarios
  • Messages clé
    • Les ménages pauvres des régions du nord et ceux du plateau dogon suite à la mauvaise production et à la baisse de revenus ont alors recours et de façon précoce aux stratégies d’adaptation comme l’intensification des activités de main d’œuvre, l’augmentation des emprunts et la réduction des dépenses non alimentaires pour satisfaire leurs besoins alimentaires minimales. Ils sont actuellement en Stress (Phase 2 de l’IPC).
    • La soudure pastorale précoce dans les zones pastorales du nord engendre une baisse plus que d’habitude des productions animales (lait, beurre, viande) ce qui affecte négativement la consommation alimentaire des ménages pasteurs.
    • La situation de stress des ménages agropasteurs pauvres de la bande du fleuve dans les régions du nord et de la zone mil-elevage transhumant et ceux du plateau dogon se durcira à mesure qu’on s’avance dans la soudure agricole. La dégradation de la consommation alimentaire et la vente de biens pour accéder aux marchés prévisibles à partir de juin-juillet mettent les ménages en phase de Crise (Phase 3 de l’IPC).

    Présentation nationale
    Situation actuelle

    La production céréalière

    La production céréalière revisée du Mali est en baisse d’environ 4 pour cent par rapport à la moyenne et de 14 pour cent à celle de 2013 (Cellule de Plannification et des Statistiques du Secteur du Developpement Rural, mars 2014). Cependant, le bilan alimentaire du Mali présente un excédent brut de plus de 800000T ce qui dénote de la bonne disponibilité céréalière interne en dépit des poches de mauvaise production identifiées dans le nord de Kayes et Koulikoro, à Mopti sur le plateau dogon de Bandiagara et par endroits dans la bande du fleuve de Tombouctou et de Gao. Les récoltes globalement moyennes de contre saison de maïs à Kayes et des produits maraichers à travers le pays améliorent la disponibilité alimentaire et le pouvoir d’achat des exploitations à travers les revenus moyens issus de la vente de ces produits. Les récoltes de blé, d’anis et de cumin dans la région de Tombouctou procurent des revenus moyens et de la nourriture aux exploitants.

    Le déficit fourrager

    Le déficit fourrager observé dans les zones pastorales de Tombouctou et de Gao et dans le sahel occidental engendre des mouvements inhabituels de bétail vers les communes de Tessit, Boura et les bourgoutières de Gao avec un risque de dégradation dans ces zones. L’arrêt précoce depuis mars de la traite des animaux pour éviter de les affaiblir d’avantage impacte négativement la consommation de lait. La réduction voire l’épuisement des effectifs de bétail suite aux ventes excessives consécutives à l’absence d’autres opportunités de revenus pendant l’année de crise en 2012-2013 constitue un manque à gagner pour les ménages pauvres ce qui impacte négativement sur leur accès au marché.

    Evolution des prix et accès aux marchés

    La tendance saisonnière des prix des denrées alimentaires stables ou en légère hausse maintient l’accès des ménages aux marchés notamment dans les zones agricoles du sud du pays où les revenus sont moyens. Le prix du mil, principale céréale consommée est en légère hausse de 7 pour cent à Sikasso et de 4 pour cent à Ségou et stable sur les autres chefs-lieux de région par rapport au mois passé. Il reste supérieur à la moyenne quinquennale de 14 pour cent à Koulikoro, 13 pour cent à Gao et 9 pour cent à Ségou. Pour le riz, les prix restent stables dans l’ensemble et proches de la moyenne exceptée à Ségou et Mopti où ils sont respectivement inférieurs de 11 et 7 pour cent en raison de leur bon niveau de production rizicole.

    Assistance humanitaires

    Les appuis humanitaires en vivres (céréales, légumineuses, huile) qui sont en cours à l’endroit de plus de 50 pourcent des populations vulnérables des régions du nord et de Bandiagara constituent une source importante de nourriture. Les transferts monétaires et les distributions d’intrants agricoles et d’élevages contribuent à la reconstitution des moyens d’existence des ménages bénéficiaires. Ces programmes planifiés et financés jusqu’en juillet 2014 atténuent les difficultés des ménages pauvres dans ces zones.

    Insécurité alimentaire actuelle

    Dans les zones de production moyenne au sud du pays, les ménages ont recours aux activités habituelles qui maintiennent leur accès aux aliments. Par conséquent, ils sont pour l’instant en situation d’insécurité alimentaire Minimale (Phase 1 de l’IPC).

    Cependant, la soudure précoce que d’habitude dès mars-avril suite à l’épuisement précoce des stocks dans le nord des régions de Kayes, de Koulikoro, du plateau dogon, de Tombouctou et de Gao amène les ménages pauvres à recourir aux stratégies d’adaptation atypiques pour satisfaire leurs besoins alimentaires. L’intensification plus que d’habitude des activités de main d’œuvre, l’exploitation forestière, les emprunts, la migration, la vente de bétail et l’utilisation des volumes justes pour les besoins afin de limiter le gaspillage permettent aux ménages pour l’instant de disposer de la nourriture pour leurs besoins. En outre, les appuis humanitaires diversifiés en cours permettent aux ménages de limiter le recours aux stratégies très négatives même si une réduction des dépenses non alimentaires est observée. Dans ces zones, les ménages font face actuellement à l’insécurité alimentaires de niveau Stress (Phase 2 de l’IPC).

    Suppositions

    Le scenario le plus probable de la sécurité alimentaire d’avril à septembre 2014 se base sur des suppositions fondamentales par rapport à l’évolution du contexte national, qui sont :

    Suppositions en général :

    • Installation des pluies : L’installation normale des pluies à partir de juin dans la bande sahélienne et mai dans la zone soudanienne relance la nouvelle campagne de production et marque la fin de la soudure pastorale suite à la régénération des pâturages, des points d’eau et le regain d’embonpoint des animaux. Les cumuls de pluies attendus seront normaux à supérieurs dans le sahel. La relance des productions animales et les opportunités de travail qu’elle offre dans les zones agricoles constituent des sources de revenus et de nourriture pour les ménages pauvres.
    • Le criquet pèlerin : Des manifestations de criquets mais limitées ont été observées l’année dernière dans les zones habituelles du nord du pays. En outre, le développement du criquet pèlerin est resté faible et limité dans le nord-ouest et au nord de la Mauritanie et dans le Ténéré et le sud-est des montagnes de l’Aïr au Niger où des traitements ont été réalisés. De ce fait, on ne s’attend à aucun développement significatif du criquet pèlerin jusqu’en septembre 2014 dans la région.
    • Productions agricoles : Les récoltes du riz de contre saison attendues en juin au niveau des périmètres irrigués aussi bien au sud qu’au nord du pays amélioreront les disponibilités et atténueront la hausse des prix pour cette denrée. Ces productions seront moyennes dans l’ensemble et en baisse dans les régions du nord en raison de la baisse des réalisations liée au niveau faible de la crue sur les bras de fleuve. La disponibilité moyenne des produits de soudure (légumineuses, fruits sauvages) et les récoltes moyennes en vert à partir de fin août-septembre mettent fin à la soudure des ménages.
    • Productions animales: La baisse habituelle de la production de lait se poursuivra et est plus marquée cette année dans les zones de déficit de pâturages de Tombouctou et de Gao. La réduction de la consommation de lait qui en résulte impacte négativement sur la qualité de la diète des ménages concernés d’avril à mai. La régénération des pâturages en juin-juillet mettra fin à la soudure pastorale et améliorera la disponibilité de lait au profit des ménages.
    • Prix du bétail : La baisse habituelle des prix du bétail pendant la soudure pastorale d’avril à juin sera observée. Elle sera plus marquée sur certains marchés de Gao et de Tombouctou où un déstockage plus élevé que la moyenne est observée. Dans les régions du nord, le retour des demandeurs habituels maintient le niveau des prix proches de la moyenne en mai-juin. De juin à septembre, l’amélioration de l’embonpoint à la faveur des bonnes conditions d’élevage et l’augmentation de la demande pendant le Ramadan en juillet contribueront à rehausser le prix des animaux qui restera supérieur à la moyenne.
    • Prix des céréales : Les marchés fonctionneront normalement. La hausse saisonnière sera observée avec des prix des céréales qui seront légèrement supérieurs à la moyenne de 5 à 10 pourcent ce qui maintient un accès moyen des ménages pauvres aux vivres pour leur alimentation d’avril à juillet. Les demandes de céréales sur les marchés seront supérieures à la moyenne à cause des achats institutionnels plus élevés que d’habitude de l’Office des Produits Agricoles du Mali (31000 T) et des agences humanitaires en cours. L’existence de stocks au niveau des paysans, les distributions humanitaires de vivres dans les zones de consommation et la baisse de la demande des pays voisins atténueront la tendance inflationniste qui pouvait résulter de ces demandes. Les prix en raison de ces facteurs et de la hausse saisonnière habituelle resteront supérieurs à la moyenne quinquennale de juillet à septembre de 10 à 20 pour cent.
    • Pêche : Les captures de poissons à la faveur des conditions moyennes de reproduction s’amélioreront d’avril à juin avec la décrue ce qui procure de la nourriture et des revenus aux pêcheurs. Les revenus moyens issus de cette activité permettent aux ménages pêcheurs des zones de riz fluvial et élevage transhumant (LZ3), de lacs et du delta du Niger et élevage (LZ6) d’avril à mai d’améliorer leur accès aux marchés.
    • Migration et mouvements de population: Les mouvements habituels de bras valides des centres ruraux vers les milieux urbains à la recherche de ressources se poursuivront timidement jusqu’en juin. Compte tenu de la durée plus longue que la normale particulièrement dans les zones de mauvaise production de la bande du fleuve de Gao et de Tombouctou, de Bandiagara, et du sahel occidental, les ressources supérieures à la moyenne rapportées par les migrants de retour en mai-juin (vivres, argent) permettront d’améliorer le pouvoir d’achat des ménages de juin à septembre. La tendance de retour des déplacées et des refugiés se poursuivra en raison de la reprise économique observée dans les régions du nord.

    Suppositions pour le nord :

    • Situation sécuritaire : Le déploiement de plus en plus actif des forces de l’ordre et de l’administration contribue à améliorer la situation sécuritaire dans les régions de Tombouctou, Gao et de Kidal et le nord de Mopti. Cependant, les épisodes d’insécurités observées de temps en temps continueront à affecter négativement l’environnement socio-économique particulièrement dans le grand nord ou des retours de djihadistes sont signalés. La situation sécuritaire en amélioration même avec des remous localisés permet le maintien du dynamisme de relance économique. Les appuis de l’état et des partenaires au développement et la mise en œuvre des opérations humanitaires permettront de relever le niveau de l‘environnement économique qui reste en dessous de la normale.
    • Actions humanitaires: Les opérations humanitaires d’urgence par l’Etat et les agences humanitaires (Word Food Program, International Committee of the Red Cross) en vivres et non vivres à l’endroit des ménages vulnérables se poursuivront à travers le plan national de réponse élaboré par le Gouvernement. En plus des vivres distribuées gratuitement, la reconstitution et le renforcement des moyens d’existence (distribution de semence, d’aliment de bétail, d’équipement agricoles, de bétail, de cash transfert…) seront effectués pour les ménages pauvres des régions du nord jusqu’en juillet. Aussi, les programmes d’appui aux déplacées et refugiés de retour et dans les villes hôtes se poursuivront.
    • Activités économiques/revenus : Le regain d’intensité des activités économiques entamées à la faveur du retour des populations, de l’administration et surtout des grands chantiers de rénovation, de construction et de soutien aux activités économiques (soutient aux activités génératrices de revenus, aux commerçants) se poursuivra. Les opportunités de mains d’œuvre en amélioration et partant des revenus tirés de ces activités restent encore en dessous du niveau normal en raison des séquelles de la crise. En milieu rural, les travaux de préparation des champs dès avril et d’installation des cultures de juin à août constitueront des opportunités moyennes de revenus et de nourriture pour les ménages agricoles pauvres.
    Résultats les plus probables de la sécurité alimentaire

    Dans les zones agropastorales du sud du pays, l’accès à l’alimentation des ménages ne devrait pas souffrir d’anomalies majeures en raison de la poursuite habituelle des activités ordinaires qui leurs procurent des revenus et de la nourriture pour leur alimentation d’avril à juillet. L’apport habituel des migrants de retour en mai-juin avec des ressources moyennes permettront de faire face aux dépenses de la soudure aidé en cela par les revenus issus de la main d’œuvre agricole locale. Les récoltes de maïs en cours dans la région de Kayes et celles du riz de contre saisons au niveau des différents périmètres rizicoles permettent une bonne disponibilité alimentaire dans les zones concernées ce qui maintient les ménages dans la phase d’insécurité alimentaire Minimale (phase 1 de l’IPC 2.0)

    Dans le sahel occidental, le plateau dogon de Bandiagara, et les régions du nord, les ménages pauvres qui traversent une soudure précoce dès mars-avril en raison de leur mauvaise production qui a réduit les revenus tirés de la vente des produits agricoles (légumineuses, céréales, produits maraichers) font recours de façon atypique à leurs stratégies d’adaptation. Les appuis humanitaires en cours depuis février 2014 pour plus de 50 pour cent des ménages en insécurité alimentaire et les envois des migrants permettent pour l’instant de limiter le recours aux stratégies d’adaptation négatives comme la vente de biens productifs et la réduction du nombre de repas et de maintenir la phase de Stress (Phase 2 de l’IPC) d’ici juin-juillet.

    Entre juillet et septembre, les ménages pauvres des zones agropastorales des régions de Gao et de Tombouctou et le cercle de Bandiagara, pour atténuer les difficultés liées à la baisse de revenus agricoles et ou pastorales suite à la sècheresse et ou la réduction d’opportunités liée à la crise sécuritaire et la faible disponibilité alimentaire intensifieront de façon atypique le recours aux stratégies d’adaptation. La diminution importante des dépenses non alimentaires, la décapitalisation du bétail, le choix des aliments les moins chers et l’exploitation forestière ainsi que le niveau des emprunts plus élevé que la normale seront observées. Pendant ce période, les ménages seront en Crise (Phase 3 de l’IPC) ou en Stress (Phase 2 de l’IPC), selon la zone. En août-septembre, la disponibilité des aliments de soudure (légumineuses, voandzou, produits de cueillette) et les récoltes en vert de céréales atténuent les difficultés alimentaires pour les ménages agropasteurs en entendant les grandes récoltes à partir d’octobre-novembre.

    La reprise de la production de lait et de l’embonpoint du bétail à la faveur de l’amélioration des conditions d’élevage met fin à la soudure pastorale à partir de juin-juillet. Entre juillet et septembre, les ménages pastoraux resteront en Stress (Phase 2 de l’IPC) mais ne seraient plus détériorer en Crise en l'absence de l'aide humanitaire, en raison de la disponibilité de lait et de l'amélioration des termes de l'échange.


    Zones de préoccupation

    Zone de moyens d’existence 5 (Plateau Dogon, mil, échalote produits de cueillette et tourisme)

    Situation actuelle

    La mauvaise production céréalière et le faible niveau de remplissage des retenues d’eau pour le maraichage a réduit la disponibilité en produits alimentaires et le revenu tiré de la vente de ces produits (légumineuses, produits maraichers). La baisse de production dépasse les 30 à 70 pour cent de la moyenne. Malgré le bon niveau de prix de l’échalote qui est supérieur d’environ 40 pourcent au prix habituel, les revenus tirés de ces ventes restent inférieurs à la moyenne compte tenu de la baisse importante de la production. La dépendance au marché plus précoce que d’habitude dès janvier contrairement à mars en année normale amène les ménages à intensifier les activités de revenus pour pallier le déficit de production. L’intensification de la cueillette du tamarin, de l’exploitation du bois et des carrières et de manœuvre de construction plus que d’habitude procurent des revenus pour permettre aux ménages d’accéder aux marchés. En outre, le départ des migrants à la recherche de ressources vers les centres urbains du pays se poursuivait.

    Les marchés restent bien approvisionnés comme d’habitude à partir des importations des bassins céréaliers de Bankass et de Koro pour le mil et de Mopti pour le riz et le poisson. Les prix des céréales, en raison de la baisse de la demande suite aux distributions de vivres en cours sont stables par rapport au mois passé et en baisse d’environ 12 pour cent par rapport à la moyenne quinquennale.

    Les ménages pauvres et très pauvres à la faveur de la stabilité des prix des denrées qui sont proches ou en baisse par rapport à la moyenne, des distributions de vivres en cours dans la zone et des revenus issus de l’intensification atypique des activités habituelles arrivent à maintenir leur accès à l’alimentation au détriment des autres dépenses non alimentaires sans recourir à des stratégies très négatives comme la réduction du volume des repas et la vente de bien productifs. Toutefois, un léger changement dans les habitudes alimentaires est observé surtout pour les ménages pauvres qui commencent à privilégier les repas les moins chers par soucis d’économie pour la période difficile de culture en juin-juillet. Ils sont dans une situation de Stress (phase 2 de l’IPC).

    Suppositions

    Le scénario le plus probable de la sécurité alimentaire d’avril à septembre 2014, se fonde sur les hypothèses spécifiques à cette zone de moyen d’existence en plus de celles citées au niveau national :

    • Retour des migrants : Le retour des migrants pour les préparatifs des champs pour la nouvelle campagne agricole sera observé à partir de mai-juin. Les ressources apportées ou envoyées par les bras valides seront supérieures à la moyenne ce qui améliore le pouvoir d’achat des ménages. La présence des bras valides constitue également une opportunité de disposer de la main d’œuvre pour les travaux agricoles rémunérés sur place de juin à août.
    • Transhumance : Les premières pluies attendues en juin marquent le départ pour la transhumance des troupeaux vers les pâturages d’hivernage. La baisse des offres sur les marchés avec la remontée des troupeaux et la forte demande pour le ramadan renchérissent le prix des animaux qui resteront supérieures à la moyenne pendant toute la période du scenario. La disponibilité en lait et dérivées au bas niveau comme observer habituellement en cette période de soudure pastorale (avril-juin) s’améliorera en juin avec la régénération des pâturages.
    • Emprunts : Les ménages pauvres en raison des besoins financiers plus importants que d’habitude suite à la baisse de la production et de revenus agricoles feront recours plus que d’habitude aux emprunts de vivres et d’argent pour satisfaire leurs besoins alimentaires. Ils le seront plus particulièrement en juin-juillet où les opportunités de travail autres qu’agricoles sont réduites.
    • Soudure : Elle sera précoce d’un mois (mai contre juin-juillet en année normale) en raison de la baisse importante des productions et des revenus agricoles. Le recours plus intense et précoce que d’habitude aux stratégies d’adaptation sera de mise pour les ménages pauvres pour atténuer les difficultés d’alimentation jusqu’à la disponibilité des premières récoltes en vert en septembre.
    • Appuis humanitaires : Le plan national de réponse du gouvernement prévoit des distributions gratuites de vivres à plus de 25 pour cent de la population du cercle. La distribution qui a démarré en février se poursuivra jusqu’en juillet et améliorera la disponibilité alimentaire auprès des ménages pauvres.
    Résultats les plus probables de la sécurité alimentaire

    Le recours précoce aux marchés des ménages dès janvier au lieu de mars pour leur approvisionnement en vivres dans une situation de baisse de productions et de revenus agricoles amène les ménages pauvres à recourir de façon atypique à leurs stratégies d’adaptation. L’intensification atypique de la main d’œuvre locale de même que le recours précoce aux emprunts à des niveaux supérieurs à la moyenne, la réduction importante dans la consommation de denrées alimentaires comme la viande, le poisson de même que la nature des repas avec une préférence aux plats sans sauce (crème, bouillie) contribuent à la dégradation de la consommation alimentaire des ménages. Les distributions de vivres en cours à l’endroit des ménages pauvres contribuent à limiter le recours aux stratégies très négatives et mettent les ménages pauvres dans une situation de Stress (Phase 2 de l’IPC) d’ici à juin 2014.

    Une dégradation de la consommation alimentaire à partir de juin sera observée en termes de réduction de volume et de qualité des repas. La consommation accrue de feuilles pour augmenter le volume des repas et de fruits sauvages deviendra une règle pour les ménages pauvres. Les ménages ne pourront répondre à leurs besoins alimentaires qu’en multipliant les travaux agricoles rémunérés au détriment de leur propre production. L’apport des revenus plus élevés que la moyenne des migrants de retour sera mitigé par le remboursement des emprunts plus élevés que la moyenne auprès des commerçants et des parents. Les ménages pauvres en déficit total de protection des moyens d’existence de juin à septembre et qui peinent à assurer leur alimentation de façon adéquate seront en situation de Crise (Phase 3 de l’IPC).

    La disponibilité des produits de soudure (voandzou, niébé) et des produits sauvages en septembre atténuera les difficultés d’alimentation des ménages et marque la fin de la soudure. La situation de l’insécurité alimentaire en Crise (Phase 3 de l’IPC) s’améliorera vers une phase de stress avant les grandes récoltes et les revenus de la vente des produits agricoles au-delà de la période du scenario.

    Zone de moyen d’existence 3 (Riz fluvial et élevage transhumant) et 4 (mil pluvial et élevage transhumant) du nord du pays

    Situation actuelle

    La faible crue du fleuve et la mauvaise pluviométrie ont réduit le niveau des productions agricoles de novembre de plus de 30 pour cent de la moyenne par endroits dans la bande du fleuve des régions de Gao et de Tombouctou. Les ménages des zones de mauvaise production dans les cercles de Tombouctou, Rharous, Niafunké, Bourem et Gao font recours plus précocement (2 mois) aux marchés pour leurs besoins alimentaires.

    Les dernières récoltes pour les cultures maraichères d’oignon, d’échalote et de légumineuses en mars dans la bande du fleuve des régions de Tombouctou et de Gao avec l’appui en intrants agricoles et en petits matériels de la FAO, de la Croix rouge ont été jugées moyennes. Ces productions ont permis aux ménages exploitants de disposer des revenus moyens tirés de la vente de ces produits pour leurs besoins.

    La disponibilité des denrées alimentaires sur les marchés restent moyennes en raison du maintien d’un bon niveau des flux avec les zones habituelles d’approvisionnement des régions de Mopti, de Ségou et de Sikasso. Quant aux flux avec l’Algérie, ils évoluent en fonction du niveau de l’insécurité, il est meilleure par rapport aux mois antérieurs et moins qu’une année moyenne. Les prix du mil sont stables par rapport au mois passé sur les principaux marchés et restent supérieurs à la moyenne quinquennale d’environ 10 à 15 pour cent sur les marchés de Tombouctou et de Gao. Quant aux produits importés d’Algérie, le prix de la farine de blé très présente est égal voire en baisse par rapport à la moyenne à Gao et celui du lait en poudre reste supérieur de 15 à 20 pour cent sur les marchés de Tombouctou et de Gao.

    Les termes de l’échange chèvre/mil connaissent une diminution par rapport au mois passé en raison de la baisse habituelle de la valeur marchande des animaux en cette période de soudure pastorale marquée par le déficit de pâturage et le maintien du prix des céréales à un niveau élevé. Ils sont en baisse par rapport au mois passé d’environ 8 pour cent à Tombouctou, Ansongo et de 10 à 11 pour cent à Rharous et de Gao. Toutefois, avec le maintien de la demande des principaux acheteurs et le départ des troupeaux vers les zones de pâturage réduisant les offres, les prix restent supérieurs à la moyenne de plus de 20 pour cent ce qui ne profite pas aux pauvres qui sont en manque d’effectif vendus pendant les deux années de crise.

    La reprise économique soutenue par la dynamique de retour des populations déplacées et refugiées permet aux ménages pauvres de disposer des opportunités de travail de main d’œuvre, de domestiques, de petit commerce, et de petits métiers. Cependant, les revenus tirés de ces activités en raison de la baisse d’opportunités restent inférieurs à la moyenne même si les niveaux de rémunération par unité de travail restent moyens dans l’ensemble.

    Les appuis humanitaires en vivres (céréales, légumineuses, huile…) et en non vivres (kit d’hygiène…) à l’endroit des populations vulnérables se poursuivent. Environ plus de 30 pour cent des ménages des régions de Gao et de Tombouctou bénéficient de ces distributions alimentaires mensuelles du PAM jusqu’en juillet 2014. Le dépistage et la prise en charge de la malnutrition se poursuivent activement au niveau des structures socio sanitaires à travers la distribution de compléments nutritifs (plumpy, ration de couverture).

    Suppositions

    Le scénario le plus probable de la sécurité alimentaire d’avril à septembre 2014, se fonde sur les hypothèses spécifiques en plus de celles citées au niveau national.

    • Transferts des migrants : Les envois de fonds des migrants comme d’habitude pour faire face aux dépenses d’installation de la nouvelle campagne agricole d’avril à juillet et d’alimentation du ménage seront observés. En raison de la conjoncture difficile née de la mauvaise production agricole, ils seront légèrement supérieurs à la moyenne.
    • Opportunités de mains d’œuvre : La relance économique observée dans les deux régions présage une amélioration par rapport aux mois précédents notamment en milieu urbain. Les revenus tirés de ces activités resteront inférieurs à la moyenne à cause du faible niveau d’opportunité par rapport à la normale. Les besoins de mains d’œuvre pour les préparations de terrains d’avril à juin puis d’installation des cultures en juin-juillet au niveau des plaines et périmètres rizicoles constituent des opportunités moyennes de revenus et de nourriture pour les ménages pauvres.
    • Marchés: Ils resteront suffisamment approvisionnés et de façon régulière en denrées alimentaires de base et en produits importés d’Algérie en dépit de la persistance de l’insécurité dans la zone. Cependant, des difficultés habituelles d’accès sur certains marchés de l’intérieur entre juin et août seront observées à cause de la pluie ce qui contribue à rehausser comme d’habitude le niveau des prix des denrées. Les prix des céréales resteront supérieurs à la moyenne d’environ 15 à 20 pourcent. Quant aux prix du bétail, ils connaitront une baisse plus marquée que pour année normale mais resteront proches de la moyenne quinquennale pour les petits ruminants et supérieurs pour les bovins.
    • Soudure : Elle est précoce de un à deux mois (février-mars) par rapport à la normale en raison de la dépendance précoce aux marchés et des niveaux de revenus encore inférieurs à la moyenne. La baisse de revenu amène les ménages à recourir de façon atypique aux stratégies d’adaptation comme la réduction des dépenses non alimentaires, la réduction du volume des repas, la consommation accrue de produits de cueillette, qui seront de plus en plus corrosives à mesure qu’on s’avance dans la soudure jusqu’en septembre.
    • Mouvement des populations : Le retour salutaire pour l’économie locale des populations déplacées et des refugiés se poursuivra avec l’accompagnement des agences humanitaires dans le cadre de leur réinsertion.
    • Emprunt : Le recours aux emprunts supérieur à la moyenne sera une stratégie pour les ménages pauvres afin de disposer des revenus et des vivres pour leurs besoins.
    • Appuis humanitaires : Les distributions gratuites de vivres à plus de 30 pour cent de la population des deux régions ainsi que les actions de résilience comme les distributions de semence, d’appuis à la production agricole pour 20000 ménages, à l’alimentation du bétail et sa vaccination par le CICR et le PAM en cours se poursuivront jusqu’en juillet. Ces actions reconstitueront et renforceront en partie les moyens d’existence des ménages de la zone afin de rehausser leur niveau de résistance aux chocs. La reprise en force des programmes de dépistage et de prise en charge de la malnutrition permettront de modérer la dégradation de la situation nutritionnelle attendue de juillet à septembre.

    Résultats les plus probables de la sécurité alimentaire

    Les ménages pauvres et très pauvres aux moyens d’existence limités par la faiblesse ou manque effectifs de bétail, épuisement précoce des stocks et la baisse d’opportunité de travail par rapport à la moyenne traversent une soudure plus prolongée que d’habitude. Par conséquent, ils sont obligés de se passer des dépenses non alimentaires, d’augmenter les emprunts à des niveaux supérieurs à la moyenne, de réduire la consommation alimentaire. Les appuis humanitaires de vivres en cours ne permettent pas une dégradation forte de la consommation alimentaire des ménages d’avril à juin mais les ménages pauvres seront en situation de Stress (Phase 2 de l’IPC).

    Le déficit de protection des moyens d’existences né de cette situation s’agrandira à mesure qu’on avance dans la soudure avec les besoins d’intrants agricoles et d’équipements. La disponibilité des récoltes de contre saison en juin-juillet de même que les niveaux moyens de revenus et de nourriture dans le cadre du travail agricole améliorent la disponibilité alimentaire au niveau des ménages pauvres. Cependant, la baisse de revenus par rapport à la moyenne et les besoins croissants de production en plus du niveau élevé des prix des denrées d’environ 15 à 20 pour cent amènent les ménages à plus d’emprunts, de réduction des volumes de repas voire de réduction du nombre ce qui est préjudiciable pour la santé et les capacités de travail des ménages. Les ménages pauvres ne pourront satisfaire leurs besoins alimentaires de façon adéquate de juillet à septembre qu’après avoir épuisé leurs moyens d’existence et en se passant des dépenses telles l’achat de semences, d’équipements agricoles et de frais de santé. Une dégradation de la consommation alimentaire sera observée ce qui rehaussera le niveau de la malnutrition. Par conséquent, les ménages pauvres seront dans une situation de Crise (Phase 3 de l’IPC) pendant cette période.

    Les zones pastorales nord des régions de Tombouctou et de Gao

    La dégradation précoce des conditions d’élevage à cause de la mauvaise pluviométrie crée des difficultés d’alimentation pour le bétail. Les ménages pasteurs souffrent des baisses de productions animales (lait, beurre) ce qui réduit en plus de la consommation et le revenu tiré de la vente de ces produits. Les grands déplacements de bétail à la recherche de points relativement fournis en pâturage et en eau contribue à affaiblir d’avantage les troupeaux ce qui augmente les risques de mortalité. L’activité artisanale fortement pratiquée par les ménages pauvres et qui est en berne à cause des perturbations du circuit d’écoulement ne permet pas de disposer des revenus moyens pour satisfaire ces besoins. La baisse de revenu à cause du faible niveau voire de l’épuisement des effectifs de bétail avec la crise, des métiers d’artisanat et la baisse d’opportunités de mains d’œuvre ne permettent pas aux ménages de satisfaire convenablement leurs besoins alimentaires sans assistance alimentaire. Les ménages pauvres de ces zones qui connaissent une dégradation de la consommation alimentaire seront en situation de Stress (Phase 2 de l’IPC).


    Événements qui pourraient changer les scenarios

    Table 1: Événements possibles dans les prochains six mois qui pourraient changer les scenarios ci-dessus.

     

    Zone géographique

    Evènements possibles

    Impacts sur les conditions de la sécurité alimentaire

    ZONE 3,5 et 8 et 9

    Bonne disponibilités en intrants agricoles (engrais, semences et carburant) en avril-mai des agences humanitaires et de l’état

    Les appuis en intrants agricoles dans les zones de mauvaise production en avril-mai permettra de garantir une production moyenne à travers l’exploitation des superficies habituelles particulièrement pour les zones rizicoles pour lesquelles, le faible niveau de revenu des pauvres ne permet pas l’accès à la quantité de semence nécessaire pour les semis. Le maintien du niveau des réalisations constitue une opportunité moyenne de revenus et de nourriture issus de cette activité pendant les mois de juin à août.

    Nord du Mali   (ZONE 1, 2, 3), bande du sahel (ZONE 8)

    Dégâts importants de feux de brousse sur les pâturages en avril-mai

    Les importants dégâts de feux en avril-mai réduisent le disponible fourrager ce qui affecte négativement l’alimentation du bétail pouvant engendrer des mortalités supérieures à la moyenne par misère physiologique. Les pertes de bétail aggravent le déficit de protection des moyens d’existence et limite le pouvoir d’achat des ménages agropasteurs.

    National

    Dégâts importants des ennemies des cultures (oiseaux et sautériaux en juillet-août et octobre)

    La non maitrise de la situation aviaire et de celle des sautériaux risque de compromettre les productions agricoles particulièrement dans le sahel occidental et la bande du fleuve. La baisse importante de production qui en résulte réduit les niveaux de stocks des ménages et induit une hausse des prix plus que la normale.

    National

    Mauvaise pluviométrie et crue (juin à septembre)

    Une installation tardive des pluies aura pour effet un prolongement de la soudure pastorale avec des taux de pertes plus élevés que d’habitude affectant d’avantage les pasteurs et les agropasteurs. Les baisses importantes des productions animales et agricoles qui en résultent affecteront négativement la sécurité alimentaire dans le pays particulièrement dans les zones à risque à travers la hausse de prix des céréales qu’elle engendre.

    Régions de Tombouctou, Gao, Kidal, le sahel occidental et le plateau dogon

    Renforcement de l’assistance humanitaire dans la zone

    L’intensification des appuis humanitaires en vivres et non vivres pendant la période du scenario permettra de maintenir si non d’améliorer les conditions de vie des populations pauvres des zones d’insécurité alimentaires des régions du nord du plateau dogon et du sahel occidental.

     

    Figures Calendrier saisonnier pour une année typique

    Figure 1

    Calendrier saisonnier pour une année typique

    Source: FEWS NET

    Figure 2

    Source:

    Afin d’estimer les résultats de la sécurité alimentaire pour les prochains six mois, FEWS NET développe les suppositions de base concernant les événements possible, leurs effets, et les réponses probables des divers acteurs. FEWS NET fait ses analyses basées sur ces suppositions dans le contexte des conditions actuelles et les moyens d’existence locaux pour développer des scénarios estimant les résultats de la sécurité alimentaire. D’habitude, FEWS NET prévient du scénario le plus probable. Pour en savoir plus, cliquez ici.

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