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Les réponses à la crise alimentaire sont compromises par l’instabilité, insécurité civile

  • Mise à jour sur la sécurité alimentaire
  • Mali
  • Mars 2012
Les réponses à la crise alimentaire sont compromises par l’instabilité, insécurité civile

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  • Messages clé
  • Préface
  • Mise à jour des perspectives de la sécurité alimentaire

  • Préface

    Depuis publication de ce rapport, les tensions militaire, politique, et économique augmentent.

    Les impacts sur l’insécurité alimentaire évoluent rapidement.

    Messages clé
    • Les déficits de production et de pâturages et les niveaux exceptionnellement élevés des prix des céréales locales pendant la période des récoltes engendrent une insécurité alimentaire de Stress (Phase 2 de l’IPC) chez les ménages pauvres pendant la période avril-juin 2012 (Figure 1). 

    • Malgré un fonctionnement normal des marchés, si la mise en œuvre du plan d’urgence n’est pas effective, certains ménages connaitront la Phase 3 de l’IPC: Crise entre juillet et septembre 2012, quand les prix des céréales atteindront leur maximum saisonnier, les stocks familiaux et les revenus agricoles seront à leur plus bas niveau (Figure 2). 

    • Dans les zones prévues en Crise (Phase 3 de l’IPC) en avril-septembre, le nombre des ménages en insécurité alimentaire sera plus nombreux lorsque les populations déplacées à cause du conflit au nord (Gao, Kidal et Tombouctou) arriveront. Les risques seront plus faciles à estimer dès que les impacts de la crise sociopolitique et militaire se préciseront d’avantage.


    Mise à jour des perspectives de la sécurité alimentaire

    Selon la (Cellule de Planification et des Statistiques du Ministère de l’Agriculture (CPS/MA), l’évaluation révisée des productions céréalières totales au Mali en 2011/12 donne 5 778 000 tonnes. Cette production en hausse par rapport aux prévisions de novembre 2011 ne reflète pas conséquemment l’impact des aléas climatiques. Par rapport à la moyenne quinquennale (2006-10), elle reste supérieure de 27 pourcent. La production céréalière nettement inférieure à la moyenne est concentrée au Sahel occidental du Mali (nord des régions de Kayes, Koulikoro et Ségou) et dans le Delta Intérieur du Niger de la région de Mopti. Dans ces zones, la production agropastorale et piscicole est globalement 50 pour cent inférieure à la moyenne et si non localement 80 pour cent inférieure à la moyenne, surtout au Sahel occidental.

    Le bilan céréalier établi en mars 2012 dégage un excédent net de 1 716 320 tonnes toutes céréales confondues en tenant compte des données prévisionnelles d’importations et d’exportations commerciales et des importations d’aides alimentaires.

    Les disponibilités apparentes attendues par tête sont estimées à 342 kg/habitant/an pour une norme de 214 kg/habitant/an. La juxtaposition de ce bilan et du plan de réponse approuvé par le comité de coordination et de suivi des programmes de sécurité alimentaire et le Gouvernement fait ressortir un paradoxe. Aussi, le caractère atypique de l’évolution des marchés suggère des niveaux de récoltes et de stocks plus bas qu’estimés dans le bilan. Néanmoins, ce bilan ne prend pas en compte la consommation céréalière animale qui sera significativement supérieure à la moyenne; de plus il sous estime les exportations plus importantes en 2011/12 vers les pays voisins, comme la Mauritanie.

    Les prévisions d’importation commerciales et d’aides alimentaires actualisées en mars 2012 s’élèvent déjà à 258 537 tonnes équivalant à la moyenne quinquennale (2005-2009) des importations totales annuelles. Elles se repartissent comme suit : 176 800 tonnes pour le riz, 73 020 tonnes pour le blé et 8 724 tonnes pour les céréales sèches. Pour pallier à la hausse de la demande céréalière intérieure et les niveaux de prix très élevés, les importations prévues (commerciales et aides) en 2012 seront nettement au dessus de la moyenne. Depuis 2007/08, les importations ont assurée un approvisionnement suffisant des marchés surtout en riz, le principal produit de substitution pour les ménages pauvres de la bande sahélienne.

    Les déficits de production dans les zones structurellement déficitaires et l’’incertitude liée aux perspectives de récoltes de la dernière campagne à forcé par endroits les producteurs des bassins de production du centre et du sud du pays à la rétention des stocks (notamment ceux reports des campagnes record de 2009/10 et 2010/11) malgré les niveaux de prix très incitatifs en fin 2011 et début 2012. Les achats institutionnels et le prolongement de la forte demande des régions et pays affectés ont contribué à maintenir les niveaux élevés des prix. Le niveau de l’offre sur les marchés de collecte en cette période de fin de récoltes pour certaines céréales telles que le sorgho, le mil et le maïs, est plus faible que d’habitude et similaire à celui de 2004/2005. Les marchés, malgré les multiples tracasseries ravitaillent les zones structurellement déficitaires et répondent convenablement à la demande locale. Sans empêcher les exportations plus importantes que d’habitude, du sorgho surtout, ces obstacles informels renchérissent les coûts des céréales dans les zones de destination.

    Le prix moyen du mil en février 2012 est entre 60 et 80 pour cent supérieur par rapport à son niveau relativement bas de février 2011 et à la moyenne des cinq dernières années. Les niveaux de prix exceptionnellement élevées sont observés à l’Ouest du Mali dans la bande sahélienne des régions de Kayes et de Koulikoro. A Nara, le prix moyen du sorgho en février 2012 est de 170 pour cent supérieur à son niveau du même moment en 2011 (Figure 3). Pour le riz local les écarts entre les niveaux de 2012 et 2011 sont relativement plus faibles (entre 10 et 20 pour cent).  

    Actuellement, l’état d’embonpoint des animaux est affecté par le manque de pâturages ou l’inadéquation eau-pâturages. Quant à l’aliment bétail, il est vendu à un prix environ 15 pour cent supérieur à l’année passée. Les gros acheteurs de l’aliment bétail sont surtout les Mauritaniens qui se donnent les moyens à travers le déstockage. Tant bien que ces achats ont baissé en intensité depuis février, ils se poursuivent timidement en mars.

    L’offre des bovins est actuellement plus élevée que celle de l’an passé et conforté essentiellement par les importations de bovins de la Mauritanie qui parviennent à satisfaire une partie de la demande locale des grandes villes du Mali et assurer en même temps les exportations vers le Sénégal et la Côte d’Ivoire. Pour les petits ruminants, on observe une stabilité des prix avec toutefois, une offre qui sera en augmentation au fur et à mesure que l’embonpoint des animaux sera le plus faible. Ce qui va entrainer à partir de mars une baisse significative des prix des animaux dans les zones pastorales au moment où les prix des céréales resteront très élevés. Par conséquent, les termes de l’échange mil/bétail plus faibles pour l’éleveur qu’en mars 2011, seront en baisse, accentuant ainsi les difficultés d’accès à la nourriture des éleveurs et agropasteurs.

    Selon l’évaluation révisée de la situation alimentaire au Mali par le Système d’Alerte Précoce (SAP) et les recommandations consignées dans le plan d’action approuvé par le comité de coordination et de suivi des programmes de sécurité alimentaire et le Gouvernement, les distributions alimentaires gratuites portent actuellement sur 49 721 tonnes destinées à 111 communes dont 07 nouvelles depuis février 2012]. De même les ventes à prix modérées portent depuis février 2012 sur 84 177 88 012 tonnes à 15 000 XOF/sac de 100 kg dans 85 communes classées en en « difficultés alimentaires» et « difficultés économiques ». Ces opérations ont commencé depuis janvier, mais risquent de ne pas se voir réaliser à hauteur de souhait en tenant compte des besoins additifs des populations victimes du conflit armé dans les régions de Tombouctou, Gao et Kidal.  

    Les populations les plus à risque d’insécurité alimentaire aiguë sont les ménages très pauvres et pauvres à la fois dépendants des activités agricoles (face à une diminution de la production propre et la demande de la main d’œuvre) et des consommateurs nets des céréales achetées sur le marché. Ceux-ci se trouvent concentrés dans les zones de cultures pluviales de mil et sorgho dans le Sahel occidental (nord Kayes et Koulikoro), des zones exondées de la région de Mopti et Gao (zones de moyens d’existence 04 mil/ élevage transhumants), celles rizicoles du Delta de la région de Mopti et dans une moindre mesure celle de la vallée du fleuve du Niger par endroits dans les régions de Mopti, Gao et Tombouctou de la zone 06 (Lac et Delta du fleuve Niger riz-élevage (agropastoral). Dans les régions nord du Mali (Gao, Tombouctou et Kidal) et dans une moindre mesure le long de la frontière avec la Mauritanie, la dégradation sécuritaire suite au conflit armé entre rebelles et les forces armées du Mali va exacerber l’insécurité alimentaire et élargir d’avantage les zones déjà projetées en Stress et crise. Une surveillance renforcée est requise pour répondre aux besoins humanitaires des populations déplacées dont le nombre ira de plus en plus croissant au fur et à mesure que le conflit s’étend et dure. 

    Figures Calendrier saisonnier et événements critiques

    Figure 1

    Calendrier saisonnier et événements critiques

    Source: FEWS NET

    Evolution du prix moyen du sorgho

    Figure 2

    Evolution du prix moyen du sorgho

    Source: FEWS NET

    Cette mise à jour des perspectives sur la sécurité alimentaire présente une analyse des conditions actuelles d'insécurité alimentaire aiguë et de toute évolution de la dernière projection de FEWS NET concernant les résultats de l'insécurité alimentaire aiguë dans la géographie spécifiée au cours des six prochains mois. Pour en savoir plus sur le travail, cliquez ici.

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