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La résurgence de l’insécurité entrave les appuis humanitaires dans les régions du nord

  • Mise à jour sur la sécurité alimentaire
  • Mali
  • Mai 2015
La résurgence de l’insécurité entrave les appuis humanitaires dans les régions du nord

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  • Messages clé
  • Situation actuelle
  • Suppositions mise à jour
  • Perspective estimée jusqu'à septembre 2015
  • Messages clé
    • L’insécurité grandissante dans les régions de Tombouctou et de Gao avec des actes d’assassinat et de pillage perturbent les mouvements de personnes et de biens ; ce qui affecte négativement les activités sources de revenus et cause des pertes de biens des ménages qui ont de la peine à se relever de la crise sécuritaire depuis trois ans.

    • La dégradation plus que la moyenne des termes de l’échange bétail/céréales à cause de la baisse du prix du bétail limite l’accès des ménages pauvres au marché dans les zones pastorales des régions du nord; ce qui les amène à adopter des stratégies d’adaptation atypiques, baisser de volume d’aliment et même décapitaliser pour satisfaire leurs besoins alimentaires. 

    • Dans la bande du fleuve de Gao et de Bourem, la zone des lacs du Goundam, le Haoussa de Niafunké et le Nord de Youwarou, l’insécurité alimentaire actuel de niveau Stress (Phase 2 de l’IPC) à cause de la baisse importante des productions et des revenus agricoles et/ou d’élevage sera en phase de Crise (Phase 3 de l’IPC) pendant le pic de la soudure à partir de juillet jusqu’en début septembre. 


    Situation actuelle

    Campagne de contre saison

    La campagne de contre saison de riz se poursuit au niveau des PIV de Ségou, Gao et de Koulikoro. Les récoltes moyennes attendues en juin-juillet amélioreront les disponibilités alimentaires des ménages et des marchés dans ces zones. Le nettoyage de champs et le transport de fumier pour la nouvelle campagne de saison sont en cours au niveau des zones agricoles du pays et procurent des revenus moyens aux ménages pauvres qui s’adonnent à cette activité.

    Prévision météo

    Des pluies isolées ont été enregistrées au cours du mois dans plusieurs endroits du pays. Les divergences de point de vue entre les différents centres météo (NOAA/CPC, IRI, ECMWF, UK MET, PRESAO)  sur les prévisions saisonnières de pluies de la prochaine saison (juin à septembre) ne permettent pas d’avoir un niveau de confiance élevée pour une tendance par rapport à la moyenne. Toutefois, la majorité des centres comme le NMME, IRI et ECMWF  prévoie un cumul de pluie inférieur à la moyenne dans le sud et l’ouest du pays et une pluviométrie proche de la moyenne ailleurs dans le pays.

    Insécurité

    La multiplication des attaques sur les populations civiles avec son lot de perte de biens et de vies humaines devient préoccupante dans les régions du nord du pays. La poursuite de ces attaques entravent les mouvements de population et de biens et engendrent des déplacements de population comme signaler pour les populations du « Haoussa » du cercle de Gourma Rharous, de la zone des lacs de Goundam dans la région de Tombouctou. Au 24 mai 2015, environ 31 547 personnes dans les cercles de Gourma Rharous et de Goundam se sont déplacées vers d’autres zones plus sécures selon le Service du développement social. La mise en œuvre des appuis humanitaires en vivres aux ménages pauvres risque de se limiter aux zones plus sécurisées voire s’arrêter; ce qui risque de rehausser le niveau de l’insécurité alimentaire dans ces zones.

    Approvisionnement des marchés et prix des céréales

    Les disponibilités céréalières sont moyennes dans l’ensemble avec toutefois des baisses de flux en direction des régions du nord à cause des incidences sécuritaires qui se multiplient dans cette partie du pays. Des escortes militaires selon une fréquence de deux jours de la semaine sont organisées pour permettre le ravitaillement des principaux marchés d’approvisionnement des régions de Gao et de Tombouctou. Dans d'autres régions du pays, la baisse saisonnière de l’offre en céréale est observée sur les différents marchés du pays, surtout dans les zones de production à cause du niveau de prix pas intéressant ce qui réduit les offres. En outre, la hausse habituelle des demandes est observée dans les zones de consommation du pays particulièrement dans les régions du nord et le sahel occidental du pays.

    La hausse saisonnière des prix des céréales est observée sur les différents marchés mais plus sur les marchés de production que sur les marchés de consommation fournis par les grands commerçants avec de bons niveaux de stocks et où les prix sont stables ou en légère hausse. Par rapport au mois passé, le prix du mil est stable à Gao, Tombouctou, Nara et en hausse à Koulikoro et Ségou d’environ 7 pour cent, de 11 pour cent à Diéma, 8 pour cent à San. Par rapport à la moyenne, le prix du mil est inférieur dans l’ensemble des chefs-lieux de région excepté à Mopti et Kayes où il est pratiquement similaire. Dans les zones à anomalie, il est stable à Bourem et en hausse de 13 pour cent à Rharous, 29 pour cent à Goundam et 6 pour cent à Niafunké. Ces hausses de prix réduisent l’accès des ménages pauvres de ces zones au marché surtout que les revenus sont en baisse par rapport à la moyenne. La poursuite des perturbations de flux liées à l’insécurité pourrait contribuer à rehausser le niveau des prix sur les marchés des zones concernées d’ici les récoltes prochaines en octobre.

    Les conditions pastorales

    Les conditions d’élevage sont moyennes dans le sud du pays et mauvaises dans le sahel occidental de Kayes et de Koulikoro et dans les régions de Tombouctou et de Gao engendrant des cas de misère physiologique chez le bétail. La baisse de l’embonpoint et des productions du bétail réduit le revenu en dessous de la moyenne pour les ménages agropasteurs et pasteurs. Pour l’instant on n’enregistre pas de mortalité inhabituelle du bétail qui ne saurait tarder si les pluies ne s’installaient pas à temps en juin. Des mouvements inhabituels et de fortes concentrations de bétail sont observés au niveau des zones de concentration au pâturage fortement dégradé. Le prix élevé de la paille qui est de plus 25 pour cent à Nioro et d’environ 50 pour cent à Bourem par rapport à la moyenne rend difficile l’entretien des animaux pour les ménages pasteurs pauvres.

    Le marché à bétail est de plus en plus animé avec les besoins d’approvisionnement des ménages pasteurs et les stratégies de déstockage à cause des mauvaises conditions d’élevage. Les prix sont stables ou en légère baisse dans l’ensemble par rapport au mois passé. Par rapport à la moyenne, la baisse du prix du bétail est de -15 pour cent à Bourem, -6 pour cent à Gao, -13 pour cent à Gourma Rharous, -10 pour cent à Goundam et -15 pour cent à Niafunké. L’accès des ménages pasteurs aux denrées alimentaires sur les marchés est réduit à cause de la dégradation des termes de l’échange chèvre/mil de 23 pour cent à Rharous, 30 pour cent à Goundam et 25 pour cent à Niafunké. 


    Suppositions mise à jour

    Perspective estimée jusqu'à septembre 2015
    • L’insécurité alimentaire Minimale (Phase 1 de l’IPC) dans les zones agropastorales du sud devrait se maintenir en raison de l’évolution moyenne des activités habituelles de revenus et de nourritures en cette période de début des activités agricoles.
    • Actuellement dans les zones pastorales des régions de Tombouctou et de Gao, la situation de sécurité alimentaire est de type Stress (Phase 2 de l’IPC!) mais reste tributaire de l’aide humanitaire qui ne permet pas le passage à une phase pire. La reconstitution des pâturages et des points d’eau à partir de juin-juillet relancera la production de lait et l’embonpoint du bétail et contribuera à l’amélioration de la situation alimentaire et de revenu des pasteurs. Pendant cette periode, les ménages resteront en Stress (Phase 2 de l’IPC) sans détérioration des conditions de sécurité alimentaire à une phase pire de l’IPC dans l’absence de l’asssistance humantiare.
    • Les ménages pauvres et très pauvres en insécurité alimentaire de phase Stress (Phase 2 de l’IPC) dans la bande du fleuve de Gao, de Bourem, de la zone des lacs du Goundam, du Haoussa de Niafunké et le Nord de Youwarou à cause de la soudure précoce de un à deux mois plus que d’habitude réduisent le volume des repas et font recours aux stratégies d’adaptation atypiques comme la préférence des aliments les moins chers et intensification inhabituelle des activités de main d’œuvre. Pendant le pic de la soudure (juillet à aout), ils connaitront une dégradation de leur situation alimentaire à cause de leur incapacité à satisfaire les besoins alimentaires et non alimentaires  et seront par conséquent en insécurité alimentaire de type Crise (Phase 3 de l’IPC). Cependant, la disponibilité des aliments de soudure (légumineuses, voandzou, maïs frais, fonio sauvage…) en septembre soulagera les ménages agropastorales de la rigueur de la soudure et abaissera le niveau de l’insécurité alimentaire en phase de Stress (Phase 2 de l’IPC) en septembre.
    Figures Calendrier saisonnier pour une année typique

    Figure 1

    Calendrier saisonnier pour une année typique

    Source: FEWS NET

    Figure 2

    Source:

    Cette mise à jour des perspectives sur la sécurité alimentaire présente une analyse des conditions actuelles d'insécurité alimentaire aiguë et de toute évolution de la dernière projection de FEWS NET concernant les résultats de l'insécurité alimentaire aiguë dans la géographie spécifiée au cours des six prochains mois. Pour en savoir plus sur le travail, cliquez ici.

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