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La baisse des termes de l’échange bétail/céréales limite l’accès des pasteurs aux marchés

  • Mise à jour sur la sécurité alimentaire
  • Mali
  • Juin 2015
La baisse des termes de l’échange bétail/céréales limite l’accès des pasteurs aux marchés

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  • Messages clé
  • Situation actuelle
  • Suppositions mise à jour
  • Perspective estimée jusqu'à septembre 2015
  • Messages clé
    • Le cumul pluviométrique du 1er mai au 24 juin est déficitaire dans le Nord-Ouest de la région de Kayes, le Sud-Est de la région de Sikasso, et le Nord des régions de Koulikoro et de Ségou. Ces déficits n’ont pas permis un démarrage adéquat de la campagne agricole et accuse un retard d’une à deux semaines selon les zones agricoles du pays.

    • La baisse des revenus des ménages pasteurs des régions du Nord à cause des conditions difficiles d’élevage affecte leur accès aux marchés. Par conséquent, les ménages pauvres dans ces zones se maintiennent en insécurité alimentaire de Stress (Phase 2 ! de l’IPC) et auraient fait face à des résultats pires en l'absence de l'aide humanitaire en cours.

    • Le recours aux stratégies de réduction des dépenses non alimentaires et la préférence aux aliments les moins chers par les ménages pauvres dans la bande du fleuve de Gao et de Bourem, la zone des Lacs de Goundam, le Haoussa de Niafunké et le Nord de Youwarou dénotent des difficultés qu’ont ces ménages agropastorales à satisfaire leurs besoins alimentaires. La situation alimentaire de Stress (Phase 2 ! de l’IPC) en juin devrait se maintenir en septembre grâce à la poursuite des appuis humanitaires.


    Situation actuelle

    Saison agricole

    Le retard dans l’installation des pluies et les cumuls déficitaires retardent les travaux d’installation des cultures notamment dans le Nord-Ouest de la région de Kayes, le Sud-Est de la région de Sikasso, et le Nord des régions de Koulikoro et de Ségou. Toutefois, les semis du mil, sorgho et coton ont démarré par endroits au Sud du pays avec des réalisations inférieures à la moyenne et à celles de l’année dernière à la même date. Ailleurs, les préparations de terres se poursuivent. Ces activités agricoles en cours constituent des opportunités moyennes de revenus et de nourriture pour les ménages pauvres dans ces zones. Au niveau des PIV, les récoltes moyennes du riz de contre saison sont en cours et améliorent la disponibilité alimentaire en cette denrée auprès des ménages et des marchés.

    Situation pastorale

    L’état d’embonpoint du bétail est moyen dans le Sud du pays et passable à mauvais dans les régions du Nord et dans le sahel occidental de Kayes et Koulikoro. La forte dégradation des pâturages et les difficultés d’abreuvement pour le bétail au niveau des zones de concentration de saison engendrent des déplacements inhabituels à la recherche de point d’eau. Des cas de misère physiologique voire des cas de mortalité plus élevés que la moyenne dans le Gourma de Tombouctou, surtout dans le secteur de Gossi, ont été observés. Dans les zones concernées, l’arrêt de la production de lait et les pertes de bétail par la faim affectent négativement les moyens d’existence des ménages. Ailleurs, la situation est moyenne et on assiste à la régénération des pâturages à la faveur des pluies enregistrées.

    Mouvements des populations

    Environ 59 245 personnes se sont déplacées dans les régions du nord à cause des dernières incidences sécuritaires dans les régions de Mopti, Gao et Tombouctou en début de mois selon la Direction Nationale du Développement Social (DNDS) et l’OIM (Organisation Internationale pour la Migration). Malgré le retour d’une certaine accalmie, un bon nombre de déplacées hésitent encore à rejoindre leurs différents sites. Des dispositions sont en cours pour appuyer en vivres et en non vivres ces personnes déplacées.

    Marchés et prix

    Les marchés fonctionnent normalement avec un approvisionnement moyen à l’exception des zones de Ménaka, Goundam et de Rharous où les derniers incidents sécuritaires ont affecté négativement les fréquentations et abaissé les flux commerciaux. Les ventes subventionnées de céréales par l’OPAM sur les marchés de Tombouctou et de Gao contribuent à améliorer la disponibilité en céréales dans ces zones. La hausse habituelle de la demande en cette période d’épuisement des stocks se trouve rehaussée par les achats institutionnels de l’OPAM et des humanitaires et aux besoins du Ramadan.

    Les tendances actuelles des prix des céréales varient selon le produit et la région du pays. Le prix du mil qui est la plus consommée est par rapport au mois passé, stable sur tous les marchés des chefs-lieux de région excepté à Koulikoro où une hausse de 20 pour cent est observée. Par rapport à la moyenne des cinq dernières années, il est similaire à Kayes, Tombouctou et en baisse de 8 pourcent à Koulikoro, Gao, Ségou et Sikasso. Cependant, dans les zones à anomalie, les prix sont en hausse de 14 pourcent à Bourem, 13 pourcent à Rharous et 38 pourcent à Goundam ; ce qui affecte négativement l’accès des ménages pauvres aux marchés dans ces zones.

    La hausse inhabituelle des offres de bétail sur les marchés des zones de mauvais pâturage des régions du nord liée à la stratégie de déstockage des ménages afin de minimiser les pertes est observée. Toutefois, les difficultés d’alimentation réduisent les demandes ; ce qui engendre une baisse des prix. Le prix de la chèvre en début juin est en baisse de 17 pourcent à Goundam et environ 30 pour cent à Bourem par rapport à la moyenne quinquennale. En outre, la détérioration des termes de l’échange chèvre/céréales qui en découle ne permet pas aux ménages pauvres de satisfaire convenablement leurs besoins alimentaires. Par rapport à la moyenne quinquennale, les termes de l’échange chèvre/céréales sont en baisse de 5 pour cent à Gao et Tombouctou, 39 pour cent à Bourem et Goundam et 29 pour cent à Rharous.


    Suppositions mise à jour

    La situation actuelle n’a pas significativement affecté les hypothèses projetées les plus probables sur la sécurité alimentaire pour la période d’avril à septembre. Toutefois, l’hypothèse suivante sur l’assistance humanitaire a été mise à jour:

    • Actions humanitaires: Le Plan National de Réponse du Commissariat à la Sécurité Alimentaire en collaboration avec le PAM et le CICR prévoit l’assistance alimentaire à 650 000 personnes de juin à septembre dans les régions de Tombouctou, Gao, Kidal et le nord de celle de Mopti. En plus de ces dons de vivres, 42 394 ménages recevront des semences de mil et de riz de au titre de la campagne agricole 2015/16. Les vivres issus de ces opérations et les semences vivrières permettront aux ménages pauvres de réduire le recours aux stratégies d’adaptation négatives et de pouvoir s’adonner à la nouvelle campagne agricole. La poursuite des programmes de récupération nutritionnelle à travers le pays permettront de réduire les cas de malnutrition d’ici les récoltes prochaines en octobre.

    Perspective estimée jusqu'à septembre 2015

    L’insécurité alimentaire Minimale (Phase 1 de l’IPC) devrait se maintenir pour les ménages agropastoraux du Sud du pays d’ici octobre grâce à l’évolution moyenne des activités/sources de revenus et de nourriture. Les revenus moyens issus des activités agricoles, d’auto-emplois et de l’exode permettront aux ménages d’accéder aux marchés surtout que les prix des denrées alimentaires sont inférieurs ou similaires à la moyenne.

    Les ménages pauvres agropastoraux de la bande du fleuve des régions de Gao et de Tombouctou, la zone des Lacs de Goundam, le Haoussa de Niafunké, le Nord de Youwarou traversent une soudure précoce qui s’aggravera avec la hausse des prix des céréales et de la baisse des termes de l’échange chèvre/mil. Toutefois, la mise en œuvre des appuis en vivres du plan National de réponse pendant la soudure devrait contribuer à limiter la dégradation de la situation alimentaire d’ici la disponibilité des récoltes en vert en septembre. Par conséquent, la disponibilité des appuis en vivres et la disponibilité des récoltes en vert permettront aux ménages de se retrouver en situation de Stress (Phase 2 ! de l’IPC) entre juin et septembre 2015.

    D’une manière similaire, dans les zones pastorales des régions du Nord et du Sahel Occidental, la baisse des revenus pastoraux liée à la précocité et à la rigueur de la soudure pastorale engendre une situation d’insécurité alimentaire de Stress (Phase 2 ! de l’IPC) qui se maintient grâce aux actions humanitaires. A partir de juillet, la régénération du pâturage et le regain d’embonpoint des animaux relancent les productions animales et améliorent les revenus des pasteurs. Par conséquent, l’insécurité alimentaire de Stress (Phase 2 ! de l’IPC) des pasteurs pauvres s’améliorera en Stress (Phase 2 de l’IPC) même en absence d’assistance humanitaire à partir d’août.

    Figures Calendrier saisonnier pour une année typique

    Figure 1

    Calendrier saisonnier pour une année typique

    Source: FEWS NET

    Estimation des anomalies de précipitations cumulées (RFE) en millimètres – 01 mai 2015 – 24 juin 2015

    Figure 2

    Estimation des anomalies de précipitations cumulées (RFE) en millimètres – 01 mai 2015 – 24 juin 2015

    Source: NOAA

    Figure 3

    Source:

    Cette mise à jour des perspectives sur la sécurité alimentaire présente une analyse des conditions actuelles d'insécurité alimentaire aiguë et de toute évolution de la dernière projection de FEWS NET concernant les résultats de l'insécurité alimentaire aiguë dans la géographie spécifiée au cours des six prochains mois. Pour en savoir plus sur le travail, cliquez ici.

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